Léo Malet est un auteur intéressant – et, paradoxalement méconnu. Ses « Nestor Burma » marquent une rupture dans sa vie, puisqu’il s’éloigne ainsi du groupe surréaliste, dont il avait été membre actif dans la deuxième moitié des années 1930, puis au sein du groupe La Main A Plume durant la seconde guerre mondiale. Ces petits rappels pour expliquer cet amour des déambulations poétiques dans le vieux Paris, que le poète Malet faisait (il adorait récupérer des lambeaux d’affiches, comme le fera plus tard Villeglé), comme Burma le fera dans ses romans.
C’est ce décor, ces déambulations (parfois proches du « Paysan de Paris » d’Aragon), mais aussi les bons mots, l’humour noir, qui resteront de cette période surréaliste. Les romans de Malet (les premiers en tout cas) offrent de chouettes moments de lecture.
Et il faut dire que Tardi s’est très bien approprié cet univers (je n’ai pas lu les adaptations suivantes), assez proches de ses préoccupations personnelles. Ses adaptations sont vraiment réussies, et plutôt fidèles aux romans de Malet.
Et son trait faussement brouillon et si caractéristique colle parfaitement à l’univers de Léo Malet.
De l’humour, du cynisme, le vieux Paris encore vivant, et des intrigues aux petits oignons, voilà 5 albums plus que recommandables ! Pour les autres, à vous de voir.
Le lecteur est tout de suite plongé au coeur d'un mystère: comment les habitants d'une ville peuvent-ils disparaître au cours d'une nuit en ne laissant comme survivants que quelques enfants qui vont tenter de survivre? Je me suis cru dans un épisode de la série TV "Lost" tant les similitudes sont grandes. Il y a tout d'abord ces animaux sauvages qui déambulent dans les rues. Et puis, c'est la même façon de distiller goutte à goutte le mystère sans donner la moindre explication mais tout en multipliant les hypothèses (sont-ils morts? ou bien dans une dimension parallèle?...).
On retrouve également la même multiplication des personnages qui avaient chacun leur vie et surtout leur caractère différent (la débrouillarde bricoleuse, le colérique, la bonne élève coincée, l'orphelin solitaire, le trouillard...) et qui vont se retrouver mêler à cette aventure étrange. On espère simplement que le scénariste ne va pas s'éterniser au risque de perdre son public comme dans la série Lost...
Le second opus m'a fait penser au film de Wes Craven "Scream". Bref, on tremble à l'idée de la menace que représente ce maître des couteaux alors que l'ambiance n'est déjà pas rassurante dans une ville déserte. En effet, j'ai été séduit par une atmosphère urbaine déserte pesante où l'angoisse est palpable à chaque instant. C'est déjà pas mal... A bien y réfléchir, c'est même franchement bien par rapport à la production actuelle. Il faut juste savoir le reconnaître !
Les tomes se sont succédés jusqu'au 5ème qui nous révèle une partie du mystère et qui ouvre une autre porte vers un second cycle. On peut observer une parfaite maîtrise du scénario notamment en ce qui concerne sa cohérence. Le dessin est précis et l'histoire parfaitement narrée.
A partir du 10ème tome et en même temps du 10ème anniversaire de cette série, on a un troisième cycle qui commence. Les personnages ont évolué. Les bons et les méchants ne sont pas ceux qu'on croit. On va les suivre un peu séparément pour de nouvelles aventures toujours aussi mystérieuses dans un univers toujours aussi angoissant.
La série a beaucoup gagné en notoriété parmi les jeunes dont les miens qui sont fans. Certains parents se sont tout de même inquiétés en voyant du sang sur les couvertures car cela n'inspirait guère confiance. En réalité, c'est quand même assez léger et ce n'est qu'un effet de style. On ne meurt pas vraiment dans cet univers assez étrange. Il ne faut pas se fier aux apparences. Cela rappelle un peu les "X Files" mais version junior. Rares sont quand même les séries qui s'adressent à un public jeune et plus adulte. Il y a une véritable dualité qui me plaît bien. Je conseille vivement l'acquisition.
Note Dessin : 3.75/5 – Note Scénario : 4.25/5 – Note Globale : 4/5
Et dire que cette bande dessinée aurait dû s’arrêter au premier tome paru en 2011 ! Par un « miracle diabolique », selon les propres termes de Fabien Vehlmann, la directrice de la collection « Métamorphoses », chez Soleil, fan du travail des Kerascoët, a eu la bonne idée de racheter les droits du tome 1 à Dargaud, permettant aux auteurs de publier le deuxième partie de leur histoire dans cette intégrale. Et on ne peut que s’en réjouir, tant le projet est une réussite, qui est plus est présenté dans une fort belle édition. Représentant une minuscule Charlotte (l’héroïne de l’histoire, rousse évidemment) reposant au milieu d’un enchevêtrement de lianes et de branches, épiée par des créatures démoniaques, la couverture d’un rouge ardent est somptueuse, rehaussée avec un lettrage doré.
Par son étrangeté et sa folie, « Satanie » rappelle le faussement enfantin et sulfureux Jolies ténèbres, autre projet de Vehlmann et du couple de dessinateurs Kerascoët, publié en 2009 chez Dupuis. C’est une longue descente aux enfers vers laquelle ces derniers nous entraînent, mais à notre corps bien peu défendant, car cet enfer auquel croyait le frère disparu de Charlotte, on rêve de voir à quoi il pourrait ressembler selon la vision des auteurs. Avec quelques longueurs dans la première partie – vite oubliées en raison de la fascination ressentie -, cette aventure, qui commence comme un récit de Jules Verne, évolue vers un délire dantesque dont le cadre est un univers souterrain grouillant d’une vie frénétique et menaçante, où tous les repères terrestres, physiques et moraux, ont disparu, sorte d’huis-clos sous acide où les protagonistes sont confrontés à leurs névroses. Un monde mouvant, instable, peuplé de créatures agressives, truffé de pièges organiques, où la menace omniprésente contraint à la fuite permanente. Non décidément, la Satanie n’a rien d’un paradis reposant, et pourtant… rien ne dit qu’il n’est pas possible d’y trouver l’extase…
C’est donc une aventure pleine de surprises, autant sur le plan du scénario que du dessin, que nous offrent le trio infernal. Et avec Kerascoët, ce n’est pas le trait, plutôt mal fagoté, qui impressionne, mais le graphisme d’une créativité débridée. Comme si décidément le thème de l’enfer et l’odeur de souffre les inspiraient, ces derniers se sont véritablement surpassés pour créer de toute pièce cette Satanie fantasmagorique et inquiétante, paradoxalement très vivante dans ces profondeurs supposées obscures. De la même façon, les couleurs explosent dans tous les sens, avec bien sûr une dominante de rouge à l’image de la couverture. Le résultat est convaincant quand bien même certaines planches ont un aspect bariolé qui peut piquer l’œil, mais d’autres sont carrément prodigieuses.
Sous couvert de l’aventure, la réflexion est bien présente, avec une description de l’enfer qui pourrait servir de guide de survie à nous autres humains, confrontés à un autre enfer, bien plus familier : celui que nous expérimentons en surface, créé par nos congénères, ou bien allez savoir, par nous-mêmes… L’humour affleure sans être la préoccupation principale des auteurs, mais il estampille la conclusion de l’histoire dans cette fin inversée assez inattendue, dont évidemment je ne pourrai rien dire ici. Une des meilleures BD de l’année et une autre très bonne idée-cadeau pour vos proches bédéphiles à l’approche des fêtes, car cet enfer-là, il faut le dire, ne s’offre qu’avec bienveillance.
3.5
Une bonne mini-série quoique je ne suis pas certain de vouloir mettre 3 ou 4 étoiles.
J'aime bien l'idée qu'un escroc se fasse enfermer à Arkham pour échapper à la prison et qu'il se rende vite compte que ce n'était vraiment pas une bonne idée. Il rencontre des criminels connus et moins connus de Batman et ceux qui ont le plus d'importance dans ce récit sont moins connus, ce qui ne me dérange pas trop car ça m'a permis de découvrir des vilains que je ne connaissais pas trop et qui sont intéressants. On suit donc l'escroc dans sa vie à Arkham, mais on voit aussi les pensées de certains criminels et de gens qui travaillent à Arkham.
Le scénario est bien construit, les personnages sont charismatiques et l'humour me fait rire. Toutefois vers le milieu de l'album il y a du surnaturel qui apparaît un peu de nulle part et il y a plusieurs intrigues parallèles (ou du moins différents points de vue sur ce qui se passe) qui font en sorte que vers la fin l'escroc à l'air d'être un personnage secondaire. Cela ne m'a pas dérangé parce que je trouvais toujours le scénario intéressant et il y a plein de bonnes scènes, mais ça ne me surprendrait pas si 10 posteurs débarquent en disant que l'histoire devenait n'importe quoi à la fin et que le scénario part dans tous les sens.
C'est pour cette raison que je ne suis pas sûr que je dois mettre 3 ou 4. Au final, je mets 4 étoiles parce que l'histoire m'a passionné et diverti malgré des défauts.
J'ai lu cet album uniquement pour le nom de Walter Simonson dont j'aime bien le dessin et son run sur Thor où il était aussi scénariste était excellent.
Ce premier tome est très bon. Décidément la mythologie nordiques inspire Simonson car ce monde fantasy se déroule dans un univers où les dieux nordiques sont morts et l'un de est ressuscité et va se venger. Le scénario est prenant dès le début. J'aime l'univers créé par Simonson et je trouve que c'est l'une des séries fantasy les plus originaux que j'ai lu. Il y a de l'action sans que cela soit trop bourrin et il y a pleins de rebondissement qui rend le scénario passionant. Je ne savais jamais trop ce qu'il allait se passer. Les personnages sont intéressant.
Le dessin de Simonson est toujours aussi bon quoique je préfère les couleurs dans les histoires des années 70-80 qu'il a dessiné et que j'ai lu que celles qui sont dans cet album. La narration est fluide et le découpage excellent.
C'est simple je ne pouvais pas lâcher l'album avant de l'avoir fini et j'ai très hâte de lire la suite !
Eh bien voilà une série de petites histoires qui, sans esbroufe, réussissent à captiver le lecteur que je suis et à se renouveler alors même que le point de départ aurait pu être redondant.
Fabien Wehlmann réussit le pari de boucler ses petites histoires policières en moins de dix pages à chaque fois, la plupart du temps avec succès, les chutes étant bien vues.
L’ambiance du Londres victorien est bien rendue, les intrigues naissant à chaque fois au sein d’un club huppé de l’upper class (là aussi attitudes et propos à la fois guindés et faussement décontractés sont bien rendus).
Les intrigues sont vite menées, avec un ton mêlant humour plus ou moins discret, cynisme et constructions cérébrales extravagantes.
Le dessin est lui aussi très réussi, à la fois simple et clair, dynamique, du très bon franco-belge. A noter que l’intégrale qui reprend les trois albums est de très belle facture (très chouette couverture !), avec un cahier graphique sympa en fin de volume montrant des crayonnés et le travail préparatoire de Denis Bodart.
Série à découvrir !
Note réelle 3,5/5.
Chasse aux trésors, complots, drames, contrées exotiques du bout du monde, pirates charismatiques, et un zeste de surnaturel pour couronner le tout...non je ne vous parle pas de Pirates des Caraïbes mais bien de Long John Silver, son équivalent en BD franco-belge, et fruit d'une nouvelle collaboration fructueuse entre Xavier Dorison et Mathieu Lauffray (ils s'étaient déjà fait remarqué avec Prophet quelques années plus tôt)
Pensé comme un hommage à l'Île au trésor de Robert Louis Stevenson (le tome 1 débute par une citation du livre), Long John Silver nous narre l'épopée fantastique du personnage éponyme, un vieux roublard fort en gueule qui noie son oisiveté dans les boissons alcoolisées des tavernes bristoliennes. En effet une certaine Vivian Hastings est venue le voir pour s'octroyer ses services. Ce qu'elle cherche ? Un pirate intrépide, un trompe-la-mort qui pourra l'aider à retrouver la mythique cité précolombienne de Guyanacapac, supposément gorgée d'or, et qui fut l'objet des fantasmes les plus fous des pirates et des explorateurs, dont Lord Byron Hastings, mari de Vivian et qui a disparu mystérieusement lors de sa quête frénétique.
A bord du rafiot Neptune volé à des Ottomans, Silver , Vivian, et tout un équipage d'aventuriers vont donc écumer les mers à la recherche de cette cité extraordinaire, tapie dans les entrailles sauvages et étouffantes de l'Amazonie.
Si l'on est fan de récits de piraterie alors on ne pourra qu'aimer cette quadrilogie, caractérisée par un scénario ma foi assez classique mais superbement maîtrisé , et par un souffle épique amplifié par le dessin de Lauffray, qui s'est visiblement fait plaisir à la tâche, il n'y a qu'à voir les planches immenses en deux pages éparpillées un peu partout dans ces quatre tomes, on en reste pantois d'admiration et l'immersion est complète.
La saga fonctionne en crescendo, on part d'un début relativement paisible (introduction des personnages, explication de l'enjeu, préparation au grand voyage) à un climax en apothéose ou ça part dans tous les sens, les balles sifflent, les boulets de canon grondent et le sang coule à flot. Certains ont moyennement apprécié ce déferlement d'action débridée dans ce dernier tome, c'est un avis que je ne partage pas, ça correspond à la logique habituelle de Dorison (voir le Troisième Testament ou c'est le même cas de figure) mais surtout à la logique du genre de la fiction de piraterie. C'est de l'aventure avec un grand A qui m'a d'ailleurs fait penser à Indiana Jones et le Temple maudit.
Pour moi cette saga est un sans faute, que ce soit au niveau scénaristique ou graphique, il y a tout pour nous charmer et nous ravir. Je pense que R.L. Stevenson lui-même ne bouderait pas cet hommage remarquable à l'un de ses plus célèbres romans.
Oklahoma, 1874. Antoine, Communard français exilé en Amérique après la répression sanglante de la révolte parisienne se lie d'amitié avec Two Moons, seul indien survivant du massacre de sa tribu. Ensemble, ils vont se faire une place à South Mountain, petite ville perdue au milieu du desert où tout le monde vit de l'exploitation d'une mine de cuivre. Antoine fait son trou du côté des travailleurs et Two Moons est engagé dans le service d'ordre de la bourgade tenue par l'omnipotent propriétaire de la mine. Peu à peu la révolte gronde. Les mineurs remettent en cause la sécurité et les prix prohibitifs des commerces appartenant à leur patron. Les deux amis se retrouvent dans des camps opposés...
Un western âpre et violent, ce n'est pas nouveau, mais sur une thématique sociale, c'est déjà moins ordinaire. Dessiné par Pontarolo dont le trait est expressioniste et le travail sur la couleur des plus particuliers, cela devient carrément original.
Mes premières lectures en matière de bd lorsque j’étais un enfant se sont reportées sur Mickey, Donald et Picsou. J’étais un lecteur assidu du Journal de Mickey et de Picsou magazine grâce à ma grand-mère qui collectionnait chaque numéro. Quelle joie de retrouver une intégrale de Carl Barks, le meilleur auteur et illustrateur des comics Disney avec Don Rosa bien entendu. La dynastie Donald Duck est une très bonne initiative des éditions Glénat qui exploite le catalogue. C’est un retour en arrière et il y a forcément de la nostalgie.
Donald, le canard colérique, n’était certes pas mon personnage préféré. Cependant, il a toujours un très bon fond : râleur mais sensible. Je suivais assidument ses aventures en compagnie de ses neveux Riri, Fifi et Loulou. Déjà 21 tomes qui reviennent en arrière après avoir fait un bond en avant. Le tome 1 commence avec l’année 1950 et le tome 21 revient sur les années 46 et 47. Je regrette juste ce manque de cohérence dans la chronologie. Ce n’est pas le top pour une collection.
A noter que la mise en couleur a été refaite ce qui redonne un peu de souffle à cette œuvre déjà fort ancienne. Il y a également une explication du contexte en introduction de chaque volume qui apporte des informations intéressantes. Je regrette juste également que l’édition ne soit pas plus luxueuse avec un format assez petit ainsi qu’un prix tout de même assez onéreux. Quelques ratages également du côté de l’impression mais c’est noyé dans la masse et à peine perceptible sauf pour un méticuleux.
Pour le reste, le vœu le plus cher de tous les fans de Carl Barks est enfin réalisé. Bref, c’est réservé à une certaine clientèle. Cela ferait en tout cas un beau cadeau de Noel que la collection entière.
Tout d'abord rendons hommage à l'épatante petite maison d'éditions de ce très joli bouquin : Les Requins Marteaux qui ont du se serrer grave la ceinture (et oui ils sont loin d'être aussi blindés qu'un Glénat ou Delcourt) pour publier un livre d'une telle qualité !
Si on n'y prête guère attention, on penserait presque tenir un missel entre les mains. Mais la couverture qui se poursuit également au dos et sur la tranche est un gag à lui tout seul entre une pauvre âme et son créateur.
Et le pire c'est que ce n'est que le début tant ce bouquin regorge de trucs hilarants complètement détournés de la religion Catholique qui va en prendre pour son grade à la sauce Winshluss...
Donc ça décape dans tous les sens, de la création de la Terre par un Dieu guère inspiré mais superbement représenté genre biker comme les dessinait si bien Coyote avec une belle barbe et un peu de gras du bide.
Dieu ou "God" a beau être cyclope et l'être le plus puissant du monde, il est prompt à faire pas mal de conneries. Faut dire que tout était foutu dès le départ avec Adam et Eve (ou Dave ?) et le fruit de ses propres pêchés avec la jolie Marie qui accouchera d'ici peu d'un Jésus pas piqué des hannetons.
Winshluss revisite sous forme de petites historiettes aux styles variés, quelques publicités vintage glissées ici et là toute l'histoire à sa façon et le moins qu'on puisse dire c'est que son interprétation des saints évangiles remporte les suffrages des zygomatiques.
Mention spéciale à la véritable histoire de la Résurrection de Jésus qui vaut à elle seule l'acquisition de ce superbe album.
Comme à son habitude, plusieurs styles graphiques sont dissimulés pèle mêle dans cette vaste auberge espagnole. Côté originalité on repassera car il n'y a rien d'original dans le thème (Tronchet avait aussi excellé en son temps avec sa série de Sacré Jésus) mais le petit côté trash de Winshluss rajoute une bonne couche de finesse pas déplaisante en ces temps où la dérision devrait prendre le dessus sur les bondieuseries en tous genre.
Envie de voir un combat entre God et Superman ou d'apprendre la recette de la Téquila frappée ? Rendez vous dans le petit monde poilant de Winshluss pour une bonne tranche de rigolade.
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Nestor Burma
Léo Malet est un auteur intéressant – et, paradoxalement méconnu. Ses « Nestor Burma » marquent une rupture dans sa vie, puisqu’il s’éloigne ainsi du groupe surréaliste, dont il avait été membre actif dans la deuxième moitié des années 1930, puis au sein du groupe La Main A Plume durant la seconde guerre mondiale. Ces petits rappels pour expliquer cet amour des déambulations poétiques dans le vieux Paris, que le poète Malet faisait (il adorait récupérer des lambeaux d’affiches, comme le fera plus tard Villeglé), comme Burma le fera dans ses romans. C’est ce décor, ces déambulations (parfois proches du « Paysan de Paris » d’Aragon), mais aussi les bons mots, l’humour noir, qui resteront de cette période surréaliste. Les romans de Malet (les premiers en tout cas) offrent de chouettes moments de lecture. Et il faut dire que Tardi s’est très bien approprié cet univers (je n’ai pas lu les adaptations suivantes), assez proches de ses préoccupations personnelles. Ses adaptations sont vraiment réussies, et plutôt fidèles aux romans de Malet. Et son trait faussement brouillon et si caractéristique colle parfaitement à l’univers de Léo Malet. De l’humour, du cynisme, le vieux Paris encore vivant, et des intrigues aux petits oignons, voilà 5 albums plus que recommandables ! Pour les autres, à vous de voir.
Seuls
Le lecteur est tout de suite plongé au coeur d'un mystère: comment les habitants d'une ville peuvent-ils disparaître au cours d'une nuit en ne laissant comme survivants que quelques enfants qui vont tenter de survivre? Je me suis cru dans un épisode de la série TV "Lost" tant les similitudes sont grandes. Il y a tout d'abord ces animaux sauvages qui déambulent dans les rues. Et puis, c'est la même façon de distiller goutte à goutte le mystère sans donner la moindre explication mais tout en multipliant les hypothèses (sont-ils morts? ou bien dans une dimension parallèle?...). On retrouve également la même multiplication des personnages qui avaient chacun leur vie et surtout leur caractère différent (la débrouillarde bricoleuse, le colérique, la bonne élève coincée, l'orphelin solitaire, le trouillard...) et qui vont se retrouver mêler à cette aventure étrange. On espère simplement que le scénariste ne va pas s'éterniser au risque de perdre son public comme dans la série Lost... Le second opus m'a fait penser au film de Wes Craven "Scream". Bref, on tremble à l'idée de la menace que représente ce maître des couteaux alors que l'ambiance n'est déjà pas rassurante dans une ville déserte. En effet, j'ai été séduit par une atmosphère urbaine déserte pesante où l'angoisse est palpable à chaque instant. C'est déjà pas mal... A bien y réfléchir, c'est même franchement bien par rapport à la production actuelle. Il faut juste savoir le reconnaître ! Les tomes se sont succédés jusqu'au 5ème qui nous révèle une partie du mystère et qui ouvre une autre porte vers un second cycle. On peut observer une parfaite maîtrise du scénario notamment en ce qui concerne sa cohérence. Le dessin est précis et l'histoire parfaitement narrée. A partir du 10ème tome et en même temps du 10ème anniversaire de cette série, on a un troisième cycle qui commence. Les personnages ont évolué. Les bons et les méchants ne sont pas ceux qu'on croit. On va les suivre un peu séparément pour de nouvelles aventures toujours aussi mystérieuses dans un univers toujours aussi angoissant. La série a beaucoup gagné en notoriété parmi les jeunes dont les miens qui sont fans. Certains parents se sont tout de même inquiétés en voyant du sang sur les couvertures car cela n'inspirait guère confiance. En réalité, c'est quand même assez léger et ce n'est qu'un effet de style. On ne meurt pas vraiment dans cet univers assez étrange. Il ne faut pas se fier aux apparences. Cela rappelle un peu les "X Files" mais version junior. Rares sont quand même les séries qui s'adressent à un public jeune et plus adulte. Il y a une véritable dualité qui me plaît bien. Je conseille vivement l'acquisition. Note Dessin : 3.75/5 – Note Scénario : 4.25/5 – Note Globale : 4/5
Satanie (Voyage en Satanie)
Et dire que cette bande dessinée aurait dû s’arrêter au premier tome paru en 2011 ! Par un « miracle diabolique », selon les propres termes de Fabien Vehlmann, la directrice de la collection « Métamorphoses », chez Soleil, fan du travail des Kerascoët, a eu la bonne idée de racheter les droits du tome 1 à Dargaud, permettant aux auteurs de publier le deuxième partie de leur histoire dans cette intégrale. Et on ne peut que s’en réjouir, tant le projet est une réussite, qui est plus est présenté dans une fort belle édition. Représentant une minuscule Charlotte (l’héroïne de l’histoire, rousse évidemment) reposant au milieu d’un enchevêtrement de lianes et de branches, épiée par des créatures démoniaques, la couverture d’un rouge ardent est somptueuse, rehaussée avec un lettrage doré. Par son étrangeté et sa folie, « Satanie » rappelle le faussement enfantin et sulfureux Jolies ténèbres, autre projet de Vehlmann et du couple de dessinateurs Kerascoët, publié en 2009 chez Dupuis. C’est une longue descente aux enfers vers laquelle ces derniers nous entraînent, mais à notre corps bien peu défendant, car cet enfer auquel croyait le frère disparu de Charlotte, on rêve de voir à quoi il pourrait ressembler selon la vision des auteurs. Avec quelques longueurs dans la première partie – vite oubliées en raison de la fascination ressentie -, cette aventure, qui commence comme un récit de Jules Verne, évolue vers un délire dantesque dont le cadre est un univers souterrain grouillant d’une vie frénétique et menaçante, où tous les repères terrestres, physiques et moraux, ont disparu, sorte d’huis-clos sous acide où les protagonistes sont confrontés à leurs névroses. Un monde mouvant, instable, peuplé de créatures agressives, truffé de pièges organiques, où la menace omniprésente contraint à la fuite permanente. Non décidément, la Satanie n’a rien d’un paradis reposant, et pourtant… rien ne dit qu’il n’est pas possible d’y trouver l’extase… C’est donc une aventure pleine de surprises, autant sur le plan du scénario que du dessin, que nous offrent le trio infernal. Et avec Kerascoët, ce n’est pas le trait, plutôt mal fagoté, qui impressionne, mais le graphisme d’une créativité débridée. Comme si décidément le thème de l’enfer et l’odeur de souffre les inspiraient, ces derniers se sont véritablement surpassés pour créer de toute pièce cette Satanie fantasmagorique et inquiétante, paradoxalement très vivante dans ces profondeurs supposées obscures. De la même façon, les couleurs explosent dans tous les sens, avec bien sûr une dominante de rouge à l’image de la couverture. Le résultat est convaincant quand bien même certaines planches ont un aspect bariolé qui peut piquer l’œil, mais d’autres sont carrément prodigieuses. Sous couvert de l’aventure, la réflexion est bien présente, avec une description de l’enfer qui pourrait servir de guide de survie à nous autres humains, confrontés à un autre enfer, bien plus familier : celui que nous expérimentons en surface, créé par nos congénères, ou bien allez savoir, par nous-mêmes… L’humour affleure sans être la préoccupation principale des auteurs, mais il estampille la conclusion de l’histoire dans cette fin inversée assez inattendue, dont évidemment je ne pourrai rien dire ici. Une des meilleures BD de l’année et une autre très bonne idée-cadeau pour vos proches bédéphiles à l’approche des fêtes, car cet enfer-là, il faut le dire, ne s’offre qu’avec bienveillance.
Les Patients d'Arkham
3.5 Une bonne mini-série quoique je ne suis pas certain de vouloir mettre 3 ou 4 étoiles. J'aime bien l'idée qu'un escroc se fasse enfermer à Arkham pour échapper à la prison et qu'il se rende vite compte que ce n'était vraiment pas une bonne idée. Il rencontre des criminels connus et moins connus de Batman et ceux qui ont le plus d'importance dans ce récit sont moins connus, ce qui ne me dérange pas trop car ça m'a permis de découvrir des vilains que je ne connaissais pas trop et qui sont intéressants. On suit donc l'escroc dans sa vie à Arkham, mais on voit aussi les pensées de certains criminels et de gens qui travaillent à Arkham. Le scénario est bien construit, les personnages sont charismatiques et l'humour me fait rire. Toutefois vers le milieu de l'album il y a du surnaturel qui apparaît un peu de nulle part et il y a plusieurs intrigues parallèles (ou du moins différents points de vue sur ce qui se passe) qui font en sorte que vers la fin l'escroc à l'air d'être un personnage secondaire. Cela ne m'a pas dérangé parce que je trouvais toujours le scénario intéressant et il y a plein de bonnes scènes, mais ça ne me surprendrait pas si 10 posteurs débarquent en disant que l'histoire devenait n'importe quoi à la fin et que le scénario part dans tous les sens. C'est pour cette raison que je ne suis pas sûr que je dois mettre 3 ou 4. Au final, je mets 4 étoiles parce que l'histoire m'a passionné et diverti malgré des défauts.
Ragnarök (Simonson)
J'ai lu cet album uniquement pour le nom de Walter Simonson dont j'aime bien le dessin et son run sur Thor où il était aussi scénariste était excellent. Ce premier tome est très bon. Décidément la mythologie nordiques inspire Simonson car ce monde fantasy se déroule dans un univers où les dieux nordiques sont morts et l'un de est ressuscité et va se venger. Le scénario est prenant dès le début. J'aime l'univers créé par Simonson et je trouve que c'est l'une des séries fantasy les plus originaux que j'ai lu. Il y a de l'action sans que cela soit trop bourrin et il y a pleins de rebondissement qui rend le scénario passionant. Je ne savais jamais trop ce qu'il allait se passer. Les personnages sont intéressant. Le dessin de Simonson est toujours aussi bon quoique je préfère les couleurs dans les histoires des années 70-80 qu'il a dessiné et que j'ai lu que celles qui sont dans cet album. La narration est fluide et le découpage excellent. C'est simple je ne pouvais pas lâcher l'album avant de l'avoir fini et j'ai très hâte de lire la suite !
Green Manor
Eh bien voilà une série de petites histoires qui, sans esbroufe, réussissent à captiver le lecteur que je suis et à se renouveler alors même que le point de départ aurait pu être redondant. Fabien Wehlmann réussit le pari de boucler ses petites histoires policières en moins de dix pages à chaque fois, la plupart du temps avec succès, les chutes étant bien vues. L’ambiance du Londres victorien est bien rendue, les intrigues naissant à chaque fois au sein d’un club huppé de l’upper class (là aussi attitudes et propos à la fois guindés et faussement décontractés sont bien rendus). Les intrigues sont vite menées, avec un ton mêlant humour plus ou moins discret, cynisme et constructions cérébrales extravagantes. Le dessin est lui aussi très réussi, à la fois simple et clair, dynamique, du très bon franco-belge. A noter que l’intégrale qui reprend les trois albums est de très belle facture (très chouette couverture !), avec un cahier graphique sympa en fin de volume montrant des crayonnés et le travail préparatoire de Denis Bodart. Série à découvrir ! Note réelle 3,5/5.
Long John Silver
Chasse aux trésors, complots, drames, contrées exotiques du bout du monde, pirates charismatiques, et un zeste de surnaturel pour couronner le tout...non je ne vous parle pas de Pirates des Caraïbes mais bien de Long John Silver, son équivalent en BD franco-belge, et fruit d'une nouvelle collaboration fructueuse entre Xavier Dorison et Mathieu Lauffray (ils s'étaient déjà fait remarqué avec Prophet quelques années plus tôt) Pensé comme un hommage à l'Île au trésor de Robert Louis Stevenson (le tome 1 débute par une citation du livre), Long John Silver nous narre l'épopée fantastique du personnage éponyme, un vieux roublard fort en gueule qui noie son oisiveté dans les boissons alcoolisées des tavernes bristoliennes. En effet une certaine Vivian Hastings est venue le voir pour s'octroyer ses services. Ce qu'elle cherche ? Un pirate intrépide, un trompe-la-mort qui pourra l'aider à retrouver la mythique cité précolombienne de Guyanacapac, supposément gorgée d'or, et qui fut l'objet des fantasmes les plus fous des pirates et des explorateurs, dont Lord Byron Hastings, mari de Vivian et qui a disparu mystérieusement lors de sa quête frénétique. A bord du rafiot Neptune volé à des Ottomans, Silver , Vivian, et tout un équipage d'aventuriers vont donc écumer les mers à la recherche de cette cité extraordinaire, tapie dans les entrailles sauvages et étouffantes de l'Amazonie. Si l'on est fan de récits de piraterie alors on ne pourra qu'aimer cette quadrilogie, caractérisée par un scénario ma foi assez classique mais superbement maîtrisé , et par un souffle épique amplifié par le dessin de Lauffray, qui s'est visiblement fait plaisir à la tâche, il n'y a qu'à voir les planches immenses en deux pages éparpillées un peu partout dans ces quatre tomes, on en reste pantois d'admiration et l'immersion est complète. La saga fonctionne en crescendo, on part d'un début relativement paisible (introduction des personnages, explication de l'enjeu, préparation au grand voyage) à un climax en apothéose ou ça part dans tous les sens, les balles sifflent, les boulets de canon grondent et le sang coule à flot. Certains ont moyennement apprécié ce déferlement d'action débridée dans ce dernier tome, c'est un avis que je ne partage pas, ça correspond à la logique habituelle de Dorison (voir le Troisième Testament ou c'est le même cas de figure) mais surtout à la logique du genre de la fiction de piraterie. C'est de l'aventure avec un grand A qui m'a d'ailleurs fait penser à Indiana Jones et le Temple maudit. Pour moi cette saga est un sans faute, que ce soit au niveau scénaristique ou graphique, il y a tout pour nous charmer et nous ravir. Je pense que R.L. Stevenson lui-même ne bouderait pas cet hommage remarquable à l'un de ses plus célèbres romans.
Compadres
Oklahoma, 1874. Antoine, Communard français exilé en Amérique après la répression sanglante de la révolte parisienne se lie d'amitié avec Two Moons, seul indien survivant du massacre de sa tribu. Ensemble, ils vont se faire une place à South Mountain, petite ville perdue au milieu du desert où tout le monde vit de l'exploitation d'une mine de cuivre. Antoine fait son trou du côté des travailleurs et Two Moons est engagé dans le service d'ordre de la bourgade tenue par l'omnipotent propriétaire de la mine. Peu à peu la révolte gronde. Les mineurs remettent en cause la sécurité et les prix prohibitifs des commerces appartenant à leur patron. Les deux amis se retrouvent dans des camps opposés... Un western âpre et violent, ce n'est pas nouveau, mais sur une thématique sociale, c'est déjà moins ordinaire. Dessiné par Pontarolo dont le trait est expressioniste et le travail sur la couleur des plus particuliers, cela devient carrément original.
La Dynastie Donald Duck
Mes premières lectures en matière de bd lorsque j’étais un enfant se sont reportées sur Mickey, Donald et Picsou. J’étais un lecteur assidu du Journal de Mickey et de Picsou magazine grâce à ma grand-mère qui collectionnait chaque numéro. Quelle joie de retrouver une intégrale de Carl Barks, le meilleur auteur et illustrateur des comics Disney avec Don Rosa bien entendu. La dynastie Donald Duck est une très bonne initiative des éditions Glénat qui exploite le catalogue. C’est un retour en arrière et il y a forcément de la nostalgie. Donald, le canard colérique, n’était certes pas mon personnage préféré. Cependant, il a toujours un très bon fond : râleur mais sensible. Je suivais assidument ses aventures en compagnie de ses neveux Riri, Fifi et Loulou. Déjà 21 tomes qui reviennent en arrière après avoir fait un bond en avant. Le tome 1 commence avec l’année 1950 et le tome 21 revient sur les années 46 et 47. Je regrette juste ce manque de cohérence dans la chronologie. Ce n’est pas le top pour une collection. A noter que la mise en couleur a été refaite ce qui redonne un peu de souffle à cette œuvre déjà fort ancienne. Il y a également une explication du contexte en introduction de chaque volume qui apporte des informations intéressantes. Je regrette juste également que l’édition ne soit pas plus luxueuse avec un format assez petit ainsi qu’un prix tout de même assez onéreux. Quelques ratages également du côté de l’impression mais c’est noyé dans la masse et à peine perceptible sauf pour un méticuleux. Pour le reste, le vœu le plus cher de tous les fans de Carl Barks est enfin réalisé. Bref, c’est réservé à une certaine clientèle. Cela ferait en tout cas un beau cadeau de Noel que la collection entière.
In God We Trust
Tout d'abord rendons hommage à l'épatante petite maison d'éditions de ce très joli bouquin : Les Requins Marteaux qui ont du se serrer grave la ceinture (et oui ils sont loin d'être aussi blindés qu'un Glénat ou Delcourt) pour publier un livre d'une telle qualité ! Si on n'y prête guère attention, on penserait presque tenir un missel entre les mains. Mais la couverture qui se poursuit également au dos et sur la tranche est un gag à lui tout seul entre une pauvre âme et son créateur. Et le pire c'est que ce n'est que le début tant ce bouquin regorge de trucs hilarants complètement détournés de la religion Catholique qui va en prendre pour son grade à la sauce Winshluss... Donc ça décape dans tous les sens, de la création de la Terre par un Dieu guère inspiré mais superbement représenté genre biker comme les dessinait si bien Coyote avec une belle barbe et un peu de gras du bide. Dieu ou "God" a beau être cyclope et l'être le plus puissant du monde, il est prompt à faire pas mal de conneries. Faut dire que tout était foutu dès le départ avec Adam et Eve (ou Dave ?) et le fruit de ses propres pêchés avec la jolie Marie qui accouchera d'ici peu d'un Jésus pas piqué des hannetons. Winshluss revisite sous forme de petites historiettes aux styles variés, quelques publicités vintage glissées ici et là toute l'histoire à sa façon et le moins qu'on puisse dire c'est que son interprétation des saints évangiles remporte les suffrages des zygomatiques. Mention spéciale à la véritable histoire de la Résurrection de Jésus qui vaut à elle seule l'acquisition de ce superbe album. Comme à son habitude, plusieurs styles graphiques sont dissimulés pèle mêle dans cette vaste auberge espagnole. Côté originalité on repassera car il n'y a rien d'original dans le thème (Tronchet avait aussi excellé en son temps avec sa série de Sacré Jésus) mais le petit côté trash de Winshluss rajoute une bonne couche de finesse pas déplaisante en ces temps où la dérision devrait prendre le dessus sur les bondieuseries en tous genre. Envie de voir un combat entre God et Superman ou d'apprendre la recette de la Téquila frappée ? Rendez vous dans le petit monde poilant de Winshluss pour une bonne tranche de rigolade.