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Couverture de la série Jérôme Moucherot
Jérôme Moucherot

Déjà aperçu dans une histoire de l’album La Dérisoire effervescence des comprimés, Jérome Moucherot se voit promu ici au statut de héros d’une série complète. On y retrouve une bonne partie de ce qui fait la force de Boucq. A savoir un dessin très bon, réaliste, en grand contraste avec des histoires s’écartant très légèrement du raisonnable ou de la « normalité ». Même s’il y a un peu de Raymond Calbuth chez ce chasseur d’imprévu de Jérome Moucherot (surnommé le tigre du Bengal par sa femme), Boucq développe ici un univers original, assez loufoque, qui fleure bon l’absurde et le non-sens. On y baigne aussi et surtout dans une poésie surréaliste, avec une floraison d’images, de personnages ou de dialogues véritablement déliés de leurs obligations littérales. Le premier album, surprenant, lance très bien la série (il est étonnant, mais très réussi !). C’est clairement mon préféré de ceux qui ne sont constitués que d’une longue histoire. J’ai moins accroché aux histoires courtes. Même si certaines sont réussies, et si j’ai trouvé franchement excellente l’une d’entre elles, « Manga-Jutsu », dans l’album « Sus à l’imprévu ! ». Une série déroutante, pour amateur du genre, inégale, mais qui est bourrée d’idées, et qui recèle quelques belles réussites. A feuilleter avant d’acheter, je conçois que cela puisse déplaire aux esprits trop cartésiens. Mais je suis friand de ce genre de folie douce.

04/02/2017 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Carmilla (Croci)
Carmilla (Croci)

L’œuvre de Pascal Croci est tout ce qu'il y a de plus atypique dans le monde de la bande dessinée. Son dessin est reconnaissable entre mille et les thèmes qu'il aborde sont très typés. Dessinateur gothique serait le terme qui lui convient le mieux, gothique au sens où son inspiration prend sa source chez les écrivains, pour la plupart anglo-saxons, de la fin du XIXème siècle. Sheridan Le Fanu est l'auteur irlandais de la nouvelle Carmilla qui précède de quelques années le célébrissime Dracula de Bram Stoker. Nouvelle novatrice pour l'époque puisque Le Fanu non content d'évoquer la figure du vampire, introduisait également la notion d'homosexualité féminine, ce qui était d'une grande audace en cette époque victorienne. S'il y fait allusion, P. Croci édulcore un peu cet aspect du propos et suggère plus qu'il ne montre, son récit se concentre sur la vie de Laura et Carmilla au château Karnstein oblitérant de ce fait les évènements qui se produisent dans le hameau jouxtant celui ci. Et l'on retrouve ses personnages asexués, diaphanes, d'une grande minceur mais suggérant une sensualité à fleur de peau. Si l'on veut se laisser prendre par les paysages, le récit, tout concourt à instaurer un climat de profonde mélancolie. En fait avec P. Croci c'est accepter de se laisser embarquer pour un voyage improbable. Personnellement j'adhère et aime au fil de mes lectures me laisser glisser au fil de l'eau sur une barque qui m'emmène je ne sais où, un ailleurs pas forcément joyeux mais riche de sensations.

03/02/2017 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série À coucher dehors
À coucher dehors

Malin, très malin le premier tome de ce diptyque qui est en fait un éloge de la différence, il dit sans avoir l'air d'y toucher que le premier regard compte certes mais qu'il ne faut pas s'y arrêter. Une bande de SDF improbables qui citent les écritures de leurs religions respectives c'est bien sur trop beau pour être vrai, quand en plus ceux ci se piquent de philosophie et quand en plus ils doivent prendre en charge un jeune trisomique rêvant d'étoiles il faut une bonne dose d'abnégation pour avaler la couleuvre. Mais ça marche, grâce à une narration enlevée, dynamique et également un dessin que je qualifierais d'enjoué, c'est le premier terme qui me vient à l'esprit en lisant cette BD. Aurélien Ducoudray au scénario ne cache pas ses références évidentes mais celles ci ne sont pas prégnantes et ne plombent en rien un récit qui possède de belles envolées dans les dialogues qui rappellent là aussi un célèbre faiseur de mots au cinéma. Bon il n'y à pas que nos trois rois mages qui soient un peu improbables, l'enchainement des évènements est forcément heureux et notre fameux dessin rajoute la touche qui fait que l'on sort de cette lecture le cœur ravigoté et en attente impatiente du deuxième tome. A lire!

03/02/2017 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Birthright
Birthright

Avis aux posteurs précédents j'ai la chance de n'avoir pas lu la même version que vous. Je m'explique; baguenaudant de ci de là dans la grande bulle d'Angoulême en compagnie du camarade PAco j'avise les couvertures colorisées et accrocheuses de la dite série. Le bougre m'en dit le plus grand bien et faisant quelques pas de plus je vois, sur le stand des éditions "Snorgleux",( le nom déjà est tout un programme), le dessinateur du fameux BirthRight qui dédicace l'objet mais en intégrale, grand format, et dans un somptueux noir et blanc. Du coup, après un feuilletage rapide, je m'insère subrepticement dans la file afin moi aussi de décrocher le petit dessin qui va bien. Andrei Bressan le dessinateur est pour moi un parfait inconnu, mais quel coup de patte me dis je in petto en attendant mon tour, un trait vigoureux, dynamique qui convient parfaitement tant pour les séquences se déroulant à notre époque que celles se passant dans le monde de Terrenos. Alors attention à la vue de certaines planches quelques esprits chafouins pourraient se dire encore un truc mâtiné d'Héroic Fantasy donc réservé aux bourrins accrocs de la chose. Hop là messieurs dames, ici les chose sont bien plus malignes que ça. Grâce à la construction du récit qui nous fait passer d'un monde à l'autre, oui l'idée n'est pas neuve mais ici fort bien agencée et la magie opère, l'ensemble est donc fluide, prenant et personnellement je n'ai pas lâché l'affaire après avoir commencé. C'est aussi cela la magie d'Angoulême, pouvoir se laisser happer par un truc imprévisible qui au final se révèle pour moi excellent. Si comme moi vous êtes amateurs de Fantasy intelligente, n'hésitez pas un instant, les réserves des autres avis sur la colorisation de l'autre version me conforte dans mon achat coup de cœur et qui une fois la lecture achevée en devient aussi un pour cet avis.

03/02/2017 (modifier)
Couverture de la série La Femme aux cartes postales
La Femme aux cartes postales

Le charme de cet album réside en de multiples petites attentions qui, en définitive, parviennent à lui donner une dimension supérieure à la seule qualité de son pitch de départ, assez classique. Tout d'abord, il y a le trait de Jean-Paul Eid. Un simple coup d'oeil à la couverture permet d'en cerner les principales qualités : une parfaite lisibilité, une agréable rondeur, un sens certain de la composition et du découpage. Vraiment très agréable à regarder, ce genre de trait est pour moi une véritable invitation à la lecture. Le cadre et l'époque sont les deux sources suivantes de mon enthousiasme. Sans être un expert, j'aime le jazz et les auteurs ont le mérite de me le présenter dans un autre contexte que celui dans lequel on me le montre d'ordinaire puisque nous sommes à Montréal et non aux USA. La fin des années 50 marque, quant à elle, un tournant dans l'histoire de la musique et nous assisterons à l'émergence de nouveaux courants tandis que le jazz, qui vient seulement d'atteindre son apogée, entame déjà son lent déclin. Nostalgie et dépaysement sont donc au rendez-vous, et j'ai aimé cette ambiance. Vient ensuite la structure du récit. Un récit qui va se développer sur deux époques et qui recèle d'un vrai mystère pour sa période moderne. cet événement intrigant est un réel moteur pour la lecture. Viennent s'ajouter au tableau ces cartes postales. Cela n'a l'air de rien mais ce simple petit élément apporte une certaine originalité à la narration. C'est... charmant. Naïf et charmant, et, du coup, je suis charmé. Et puis, il y a le langage. Les expressions québécoises fusent sans que les dialogues en souffrent. Tout reste constamment compréhensible et délicieusement exotique. C'est à mes yeux un pur régal, à l'image d'un filet de sirop d'érable sur une crêpe maison (avec une boule de glace à la vanille en prime). Et comme si tout cela ne suffisait pas, les auteurs ont poussé le souci du détail jusqu'à nous donner la possibilité, à nous lecteur, d'entendre deux morceaux de jazz (à l'origine totalement imaginaires) via un lien internet. Ces morceaux, qui se trouvent au coeur même du récit, puisqu'il y est à un moment question de l'enregistrement d'un 45T, prennent vie ! Une manière agréable de donner de la matière à une illusion, un souci du détail qui a le don de finir de me convaincre. Alors oui, le triangle amoureux n'est pas ce qu'il y a de plus original et certains rebondissements sont difficilement crédibles (mais pas trop farfelus non plus), il n'empêche que, grâce au soin accordé en profondeur à cet album, celui-ci est devenu une des petites perles de ma bibliothèque qu'il me plaira d'exhiber à mes amis. Vivement conseillé pour les amateurs de jazz, des années 50 et d'albums peaufinés jusque dans les moindres détails.

03/02/2017 (modifier)
Couverture de la série Saint-Barthélémy
Saint-Barthélémy

Boisserie et Stalner se retrouvent après La Croix de Cazenac pour un sujet très fort, sur les guerres de Religion, mais au contraire de Les Chemins de Malefosse qui brassait une période plus étalée, ils centrent leur récit sur cette Saint-Barthélémy qui a ravagé les rues de Paris en aout 1572, pour l'un des plus effroyables massacres de cette période en France. La Bd aborde aussi le sujet de façon beaucoup plus construite que ce que j'ai pu lire dans la série Vécu de chez Glénat intitulée Le Chevalier, la Mort et le Diable qui bien qu'intéressante, n'était pas sans quelques défauts narratifs, mais elle vise surtout le grand début de ce massacre religieux entre papistes et huguenots, et aussi ce qui m'a intéressé, c'est que les auteurs évoquent les vrais débuts de ce conflit sanglant avec le massacre de Wassy par les Guise, ainsi que la bataille de Jarnac où Condé trouva la mort. On sent toute la haine exacerbée par les 2 factions, et on comprend que la Saint-Barthélémy est le massacre emblématique de cette sombre période, avec une Catherine de Médicis plus dure et plus déterminée que dans d'autres Bd sur le sujet, on sent sa volonté à annihiler le parti huguenot. Quelques épisodes célèbres sont montrés, comme l'attentat contre Coligny qui le blessa à l'épaule, puis sa mort atroce cette fameuse nuit de la Saint-Barthélémy, également les paroles choc du faible Charles IX entièrement sous le contrôle de sa mère, "Tuez-les tous pour qu'il n'en reste pas un pour me le reprocher"... de même qu'on assiste à cette vague de violence frénétique, une véritable boucherie dans les rues de Paris comme au Louvre, à peu près semblable à ce que l'on voit dans le film "la Reine Margot" en 1993 ; je ne serais pas étonné d'apprendre que Stalner s'en est inspiré pour certaines scènes. Pour éviter le côté trop didactique de ce sujet horrible mais passionnant pour l'amateur d'Histoire que je suis, les auteurs content ce récit à travers un jeune hobereau provincial, Elie de Sauveterre, qui recherche son jeune frère et sa soeur enlevés tous deux par les papistes ; son combat se mêle à celui de la Saint-Barthélémy, et je subodore que pour lui, la quête n'est pas finie, donc rendez-vous au tome 2 qui promet d'être captivant. Quand en plus, c'est dessiné par Stalner dont j'aime beaucoup le style graphique, ayant suivi toutes ses séries, je ne peux que me réjouir. Il se surpasse littéralement ici, où son dessin d'une finesse et d'une précision impeccables, magnifie aussi bien les décors, les édifices, les costumes, les petits détails que les visages des personnages, bref un vrai régal graphique et narratif.

03/02/2017 (modifier)
Couverture de la série Le Crépuscule des Idiots
Le Crépuscule des Idiots

Les 300 pages de l’album se lisent très vite – et pas seulement parce que beaucoup de cases sont muettes. C’est aussi que l’histoire concoctée par Krassinsky est bien fichue, et qu’elle donne envie de tourner la page – alors même que la trame peut se deviner bien avant que des événements ne viennent la relancer. C’est une sorte de fable, de parabole ou de conte dont le sujet serait la naissance d’une croyance, d’une religion – mais aussi comment certains vont exploiter les croyances ou la recherche de repères, de guide de leurs semblables. Les personnages sont des macaques japonais (du genre de ceux que l’on rencontre dans les sources d’eau chaude d’Hokkaïdo), et un macaque Rhésus (choisi entre autre pour le jeu de mot bien évidemment !). Krassinsky montre bien comment chaque membre de la communauté tente de se positionner par rapport à Diou et ses prophètes successifs. Et comment la crédulité des uns sert la soif de pouvoir des autres, la religion et ses préceptes devenant rapidement un alibi pour étouffer les contestations. C’est édifiant, et l’on sent bien un vent d’athéisme souffler sur cette histoire parfois amusante, parfois violente. Je n’ai par contre ni compris ni apprécié l’épilogue, qui gâche un peu l’impression d’ensemble. Mais ne boudons pas notre plaisir, cette histoire bien menée, avec un dessin simple et efficace, est très recommandable.

02/02/2017 (modifier)
Couverture de la série Les Nouvelles de la jungle (de Calais)
Les Nouvelles de la jungle (de Calais)

Mention "Franchement bien" pour cet album car je trouve que c'est une grande preuve de talent de réussir un album aussi instructif et amusant sur un sujet autant matraqué par les médias et aussi déprimant ! Pourtant tout n'est pas parfait et le début du récit, directement adapté d'un blog, souffre un peu de son manque de structure. Des recoupements seront nécessaires pour enfin obtenir une idée d'ensemble et cela ne viendra qu'au fil de la lecture mais, a contrario, l'avantage de cette structure est qu'elle nous permet de pénétrer la jungle de Calais avec le même regard que les auteures. Au fil des planches, ce sont autant d'instantanés qui nous exposent le quotidien de la jungle. Un quotidien sinistre, déprimant, effrayant parfois, absurde souvent mais qui, grâce au trait caricatural de Lisa Mandel et à l'humour des deux auteures, nous est asséné d'une manière telle qu'il est difficile d'abandonner notre lecture en cours de route. En définitive, j'ai appris beaucoup de choses que j'ignorais, j'ai souvent souri, parfois ri, j'ai apprécié le fait que les auteures donnent la parole à tous les acteurs présents sur le terrain et si je ne vois pas de solution à terme (on ne fait que déplacer le problème d'un lieu à un autre), j'ai maintenant une vision plus complète du problème. A lire ! Vraiment ! Ne fusse que pour l'humanité qui se dégage de ces planches.

01/02/2017 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Dieu n'aime pas papa
Dieu n'aime pas papa

Un album découvert en dédicace à Angoulême 2017, et qui m’a beaucoup plu. Les thèmes très actuels de la religion et de l’homosexualité sont montrés au travers les yeux d’un enfant de 8 ans un peu dépassé par les événements qui sont venu chambouler sa vie. Suivre ses doutes et raisonnements enfantins est vraiment touchant voire poignant. J’ai trouvé le propos intéressant, le ton juste, et la narration parfaitement maîtrisée (l’album s’avale d’une traite !) Le dessin « à 4 mains » de Camille et Davy est parfaitement adapté. Camille s’occupe des pages de la trame principale, et Davy des pages dessinées par l’enfant. Un album prenant et touchant.

01/02/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Heads
Heads

J’ai beaucoup aimé la lecture de ce manga. Cependant, j’ai quand même pas mal de grief sur différents aspects de ce récit qui m’ont paru assez incohérents au point d’avoir des petites pointes d’agacement. C’est un peu pseudo-scientifique mais si on y regarde bien, c’est parfois crétin comme analyse. Mais bon, le rythme général et plein d’autres choses semblent pour le moins bien fonctionné. Alors, on temporise en se disant que c’est une bonne série. Un autre gros reproche concernera la qualité de l’impression. L’éditeur n’a pas fait un réel effort. Le papier est presque jauni. Et pourtant, cette série mériterait un meilleur sort au niveau de la forme avec également un dessin moins sobre. On est véritablement pris par l’intrigue sans la lâcher du début jusqu’à la fin et c’est plutôt bon signe. C’est assez fluide comme lecture. On sera également épargné par l’humour nippon que personnellement, je n’apprécie pas trop. Malgré les maladresses de cette histoire, je mets 4 étoiles. Ma réelle note : 3.5 étoiles. Il faut savoir qu’il s’agit de l’œuvre de jeunesse de l’auteur d’ Ikigami - Préavis de mort associé il est vrai à un autre scénariste.

30/01/2017 (modifier)