Magnifique d'humour et d’autodérision car vu le nom de l'écrivain c'est un indien ! J'ai appris plein de choses sur l'Inde les mœurs et us et coutumes très étranges pour nous occidentaux comme le malheur et le déshonneur de mourir chez soi !!!!
Voilà un album que je recherchais depuis pas mal de temps, en ayant beaucoup entendu parler – et en bien.
Publié au début des années 1970, cet album est par certains côtés sacrement « daté ». Et en particulier par le dessin et surtout la colorisation, typiques de cette période.
Le sujet ensuite. Dès le prologue, on sent le contexte de la fin des Trente glorieuses et des années Pompidou, avec la modernisation du pays, et en particulier les infrastructures de transport (c’est le moment de la construction du périphérique de Paris par exemple).
Ce prologue nous lance peu à peu dans une sorte d’anticipation « modérée » des développements de la civilisation de l’automobile, pour en arriver à une situation où tout se passe sur la route, chacun errant sans cesse sur les rubans d’autoroute, vivant dans des « cars » (un peu comme dans un sketch de Raymond Devos).
S’ensuivent plusieurs petites histoires, montrant l’absurdité, la froideur de ce monde dans lequel nul ne sort plus du rang – et de sa voiture.
Je regrette juste des commentaires off trop verbeux, un peu lourds.
Mais pour le reste, c’est vraiment un album intéressant. D’abord par sa dénonciation – par l’absurde (et parfois quelques moments de poésie et d’humour un peu noir) de la civilisation de l’automobile. Mais cela va aussi plus loin, en s’attaquant à la société de consommation, plus généralement, chaque automobiliste n’étant plus qu’un consommateur captif, voyageant et/ou achetant, consommant sans état d’âme ni volonté propre.
Enfin, l’une des histoires (la plus longue) est une critique très bien faite du fonctionnement de la démocratie, qui écarte les vrais débats au profit d’autres complètement annexes, et qui fait croire aux électeurs qu’ils décident vraiment de choses que d’autres (ici des machines) décident en fait pour eux.
La prise de pouvoir finale par les machines est un amusant pied de nez à cette civilisation du consommateur automobiliste, sensé acquérir sa liberté (de déplacement entre autres) grâce à l’outil qui pourtant l’asservit.
Après un prologue faisant l’apologie (ironique) du progrès, la chute est un amusant contrepied !
Pas facile à trouver –et pas toujours en bon état, comme souvent pour cette collection de Dargaud, très fragile – cet album est clairement à redécouvrir.
Note réelle 3,5/5.
A partir d'un roman truculent, rempli d'une poésie souvent morbide, Critone adopte un trait un peu moins soigné que dans Sept Missionnaires, use du lavis et de couleur directe selon l'ambiance qu'il veut donner à ce récit ; il réussit un brillant hommage au poète-brigand du XVème siècle qui savait mieux que personne manier l'art de la ballade, comme La Fontaine sera 2 siècles plus tard maître de la fable, personne ne l'égalera dans ce domaine.
Villon m'a fasciné très jeune alors que j'étais ado, et dernièrement, je lui ai consacré une conférence pour mon association. Poète au verbe brillant qui fréquentait les tavernes, les bordels, et s'acoquinait avec de sinistres assassins et détrousseurs dont certains finiront au gibet de Montfaucon, il a connu plusieurs fois le cachot où il composait ses poésies qui parlaient du peuple, des truands et des putains qu'il connaissait, et où planait son obsession de la mort et de la pourriture (la ballade des Pendus en témoigne). Il a heureusement échappé à chaque fois à l'issue fatale grâce à ses appuis dans le clergé et surtout des princes de sang royal (dont Charles d'Orléans) qu'on ne voit pas encore dans cet album. Sa vie fut donc étrangement partagée entre la rue et les fastes de la cour de Blois. J'ai visité le cul-de-basse-fosse du château de Meung-s/Loire, et je me suis toujours demandé comment un type comme Villon, de constitution chétive, avait pu survivre dans ce trou infect pendant 6 mois, avant d'être libéré sur les bonnes grâces de Louis XI qui venait à passer dans la ville, nouvellement couronné en 1461.
C'est après cette date qu'on perd la trace du poète, définitivement et mystérieusement, suite au bannissement définitif qui le chasse de Paris en raison d'un ultime larcin qui a mal tourné ; cette disparition , ce silence s'ajoute à la fascination que l'on éprouve pour Villon. Aussi, raconter cette vie de beaux vers noyés dans la débauche et le crime, était donc un challenge délicat pour Critone, d'autant plus qu'il n'est pas Français ; le sujet était en même temps difficile à cause des vers en vieux français qui peuvent rebuter plus d'un lecteur. Lorsqu'on lit une édition poche de ses vers, il faut qu'elle comporte un décryptage et une bonne traduction. L'ampleur du roman de Teulé était en elle-même difficile à retranscrire en bande dessinée ; le texte est respecté, mais la narration est celle de la BD, l'image remplace l'écrit quand elle lui est supérieure, aussi ceux qui ont lu le livre, ne seront pas gênés par cette adaptation. Critone communique au lecteur son plaisir évident qu'il a de décrire cette vie dissolue, fondée sur une bonne instruction au départ, grâce au bon chanoine qui lui sert de père, et où la beauté côtoie l'horreur. Et encore, ce tome 1 ne montre pas le pire ; pendaison, mutilation, prostitution, vol... tout y passe, mais sans exagération et sans voyeurisme, le dessinateur ayant édulcoré certains passages du livre plus crus.
Le tome 2 fut long à venir, car depuis 2011, je commençais à désespérer. Villon connait les périodes les plus sombres de sa vie mais aussi une agréable période consacrée à la poésie. ll rencontre Colin de Cayeux qui l'initie et le fait entrer dans la confrérie des Coquillards, résidus des mercenaires issus de la Guerre de Cent Ans et dont on n'a plus besoin ; c'était de sinistres assassins et détrousseurs dont beaucoup iront se balancer à Montfaucon. Après des peccadilles et les désordres carnavalesques d'étudiant au quartier Latin, le poète entre de plain pied dans le crime, le vrai. Il se passe plusieurs choses dans ce tome : d'abord cette intronisation, puis le meurtre du prêtre débauché Philippe Sermoise à propos d'une catin, le vol du Collège de Navarre, puis le départ pour Angers afin de se faire oublier, où il se rend à la cour du roi René. A partir de là, c'est sa période la plus faste, il fréquente les princes, puisqu'après, il se rend à Blois à la cour de Charles d'Orléans (père du futur Louis XII) qui lui impose comme thème poétique, le fameux vers "Je meurs de soif auprès de la fontaine" qu'il doit compléter. Ce poème est livré en entier ici, il est charmant.
Le récit s'arrête lorsqu'il quitte cette cour, et le tome 3 s'attache aux dernières années de Villon, entre 1457 et 1461, plus précisément l'année 1461 qui est la dernière sur ce qu'on sait du poète. Le récit s' enrichit et devient plus resserré, Villon est confronté à la torture d'abord dans le cul de basse fosse de Meung (d'où il est sauvé par Louis XI devenu le nouveau roi de France), puis au Châtelet où ses complices sont pendus, tandis que sa demande d'appel est entendue et sa condamnation est commuée en bannissement. Ces 2 épreuves l'ont rendu amer, il règle des comptes car il en profite pour écrire avant son départ le Testament qui sera son ultime oeuvre poétique en forme de repentance, qui s'exprime à travers le mot " merci " qui voulait dire "pitié" à cette époque.
Au niveau graphique, Critone a peaufiné son trait que j'ai trouvé plus doux et plus travaillé, il tranche avec celui du tome 1, ses pleines pages de Paris sont superbes à détailler, les monuments sont plus soignés et bien reproduits, notamment l'extérieur du Châtelet et le château de Meung. La fin qui voit Villon quitter Paris et se retrouver en pleine campagne, cheminant vers l'inconnu et un destin qu'on devine mélancolique ou chaotique, est très belle.
Ma note reste donc inchangée, c'est un triptyque un peu décalé, différent d'un biopic historique traditionnel, la part de réel et d'aventure mélangés aux textes du poète, donnent un récit étrange et en même temps prenant.
Je n’ai pas toujours été convaincu par les productions de Dufaux – loin s’en faut ! –, mais là, je dois dire que c’est plutôt une réussite.
L’histoire romaine a déjà donné de l’inspiration à de nombreux scénaristes, qui se concentrent généralement sur le tournant entre la République et l’Empire. Si l’on met de côté Astérix, qui ne prétend pas à la crédibilité historique (en faisant par exemple de Jules César un empereur), la plupart des séries ont cherché à maintenir un verni historique pour enjoliver les libertés prises par les scénaristes avec la réalité. Bien souvent c’est bancal et la mayonnaise n’a pas pris.
Ici, bien au contraire, je trouve que le travail de Dufaux est équilibré. Il a cherché à « respecter » une trame historique, jusque dans certains détails (expressions, mœurs, personnages, événements), ce que confirme la courte bibliographie (allant du relativement érudit à la grande vulgarisation) qui clôt chacun des albums. C’est plutôt bien fait, mais en plus, cela ne nuit pas à la fluidité d’une intrigue vraiment bien fichue, centrée autour de Néron (il faut dire que les premiers empereurs romains, leur entourage et leurs mœurs offrent aux scénaristes un terrain de jeu fourmillant de possibilités).
La grande et les petites histoires sont ici habillement mêlées, avec le personnage de Lucius Murena comme fil rouge et catalyseur d’intrigues entremêlées. Du classique, mais bien fichu donc, une aventure que je vous recommande. Peut-être une légère baisse de régime dans le neuvième tome, mais je fais confiance à Dufaux pour relancer l’aventure après l’incendie de Rome et les persécutions contre les chrétiens.
Si la lecture est aussi plaisante, captivante, c’est aussi que le dessin de Delaby est vraiment très bon. Très réaliste, il réussit tous ses personnages, leurs expressions, voire leur évolution (Murena par exemple). Et il croque de belles femmes, Dufaux agrémentant les albums de quelques scènes érotiques – justifiées et non pas simples prétextes – qui font d’Eros un bon complément de Thanatos, très présent dans cette série.
Une série très recommandable donc, en tout cas une belle réussite du genre historique. J’espère que la suite se haussera au niveau des deux premiers cycles (même si je m’interroge sur le temps qui passe depuis le premier album du troisième cycle ?).
Voilà une série qui procure de chouettes moments de lecture, et que je ne peux que vous recommander.
D’abord parce que le dessin d’Alfred, très moderne, et bien accompagné par une colorisation elle aussi réussie, est tout à fait raccord avec cette histoire d’aventures (politiques et/ou amoureuses).
Ensuite parce que cette histoire justement, est rapidement captivante – même si la trame n’est pas toujours originale. On y retrouve (surtout dans les deux derniers tomes) un peu du roman de Pasternak « Le docteur Jivago » (les passages enneigés, l’histoire d’amour au milieu d’une révolution, et cet officier implacable circulant en train spécial et, plus généralement, ce beau et triste lyrisme).
L’histoire nous décrit une dictature aux prises avec une menace révolutionnaire. Rien n’est précisément situé, que ce soit au niveau chronologique (le XXème siècle ?) ou géographique : des noms à consonance magyare nous rattachent à l’Europe de l’est ou du centre ? Enfin, l’histoire de cette mer intérieure, asséchée par une dictature imbécile la sacrifiant aux productions agricoles n’est pas sans rappeler la mort de la mer d’Aral : là aussi on en revient à l’URSS ?
Une belle série d’aventure, des histoires d’amour (qui, comme on le sait, finissent mal, en général) : une belle réussite en tout cas !
Cet album permet de découvrir toute une période de l’Histoire française, et en particulier la fondation des asiles de Laforce. « Pionnier de l’action sociale, John Bost créa au XIXe siècle l’un des premiers centres d’accueil des défavorisés de tous âges, qu’ils soient orphelins, simples d’esprits, épileptiques… » On découvre au travers de cette biographie détaillée la vie du personnage, la création des asiles, mais aussi le contexte politico-religieux compliqué de l’époque. Le contenu est vraiment intéressant, l’auteur s’est clairement documenté.
La mise en image de Bruno Loth, auteur de plusieurs ouvrages chez le même éditeur, est parfaitement adaptée au récit, et la narration reste fluide malgré un propos un peu académique et des textes assez présents.
Un album à réserver aux amateurs d’Histoire française, qui m’a beaucoup intéressé.
C’est le genre de bd que je n’aurais pas forcément lu car ce n’est pas trop mon style au premier abord. C’est là que ce site est toujours aussi intéressant car il nous fait découvrir des titres divers loin de la zone de confort. Bien m’en a pris car cette oeuvre est une véritable pépite. J’ai adoré cette lecture forte émouvante. Pourtant, c’est une histoire triste comme son titre l’indique.
On est tout de suite touché par ce qui arrive à ce garçon orphelin prénommé Louis. On a presque tous vécu cela quand on est trop petit ou trop gros ou encore trop intelligent. La norme et la cruauté sont sans égale. Il n’y a point de compassion ou de solidarité. C’est ainsi en ce monde. Cependant, l’amour ne s’arrête pas au physique et c’est là que cela devient intéressant. Pour autant, quand on connait le bonheur, il peut être de courte durée. On peut être également toujours rattrapé par la méchanceté des autres.
Au niveau du dessin, j’ai été séduit par la douceur du trait qui va à merveille avec ce type de récit. L’univers du cirque est bien retranscrit. J’ai bien aimé également les quelques touches de couleurs. Et dire que c’est la première œuvre de ces deux nouveaux auteurs ! Bravo car c’est magnifique !
Pour tout dire, ce n’est point une lecture dite revitalisante. Cependant, c’est aussi cela la vie et non un long fleuve tranquille.
D'abord la couverture franchement magnifique de cet album dérivé de la série Fables. La série mère est une sorte de tuerie qui s'amuse de manière iconoclaste à casser les codes de ce que les contes de notre enfance nous ont appris.
Les différentes histoires qui nous sont contées ici reprennent la classique trame des "1001 nuits" ou Blanche neige reprend allègrement le flambeau de la belle Shéhérazade. Sans doute moins jubilatoire que le Fables originel ces histoires se tiennent plutôt bien et il est fort plaisant de retrouver certains des personnages aperçus dans la série d'origine.
Forcément plusieurs dessinateurs prêtent leurs concours à ces récits et en fonction des goûts et des couleurs de chacun des lecteurs certains trouverons plus grâce à leurs yeux que d'autres.
Personnellement j'ai bien aimé ces différents apports avec une mention spéciale au dessin de James Jean également auteur de la couverture dont je parlais plus haut.
Dernier point, il me semble qu'avant de lire cet opus, la lecture de la série d'origine permet une meilleure compréhension des choses.
Le dévouement de cette infirmière à domicile pour sa patiente Joséphine m’a beaucoup touché. Je me disais que si toutes les infirmières travaillaient comme cela, le monde irait certainement beaucoup mieux. Je ne souhaite à personne d’être dans un hôpital car avec ce que j’ai déjà vu, cela donne envie de fuir.
Ce n’est pourtant pas un métier très facile avec toujours peu de moyens et surtout de reconnaissance. La récente lettre d’une infirmière en colère contre un homme politique se disant très vertueux a d’ailleurs fait le buzz sur internet. C’est clair que des personnes qui ne travaillent pas vraiment peuvent toucher des sommes faramineuses tout en nous faisant la leçon. A côté de cela, on a la petite infirmière à moins de 1750€ et qui donne ses heures sans compter. Triste pays.
J’ai également eu beaucoup de compassion pour cette vieille femme qui avait une identité, une vie, une profession et qui se perd dans une terrible maladie qui enlève nos plus chers souvenirs. C’est également grave de voir que les cas se comptent par centaines de milliers (presque le million). On arrive grâce au dessin et à la mise en page à s’identifier à ce qu’elle peut ressentir. C’est triste et sombre à la fois. L’épisode avec la tutrice est d’ailleurs assez symptomatique.
Cette œuvre se situe alors avec ces deux points de vue : celle d’une infirmière engagée qui essayent d’aider et celle de cette octogénaire atteinte de la maladie d’Alzheimer. Le message passe bien. Cette œuvre est traitée de telle manière à ce qu’on puisse véritablement ressentir ce qui ne va pas. J’ai bien aimé également la démarche que d’avoir le même langage que la patiente. C’est une approche toujours très intéressante.
La fin est intense, poignante et bouleversante. On en ressort totalement vidé. Cependant, Little Joséphine est une lecture à faire car j’ai été touché par sa sensibilité ainsi que par sa justesse.
Voilà longtemps que je n'avais pas eu un tel coup de coeur pour une série ! Au point d'avoir embarqué les deux tomes sur un rayonnage de ma librairie préférée après en avoir seulement feuilleté quelques pages et sans en avoir jamais entendu parler auparavant.
Tout est réussi dans cette série dont je ne connaissais même pas l'auteur. Mais Louise Joor a les qualités des plus grands. Son histoire est remarquablement écrite et prenante, construite avec rigueur et intelligence, sans temps morts. On devine une vaste histoire et de grands mystères derrière le récit à hauteur de personnages qui occupe chaque album. Louise Joor a d'ailleurs reussi à créer un monde très original, où les deux-pattes, des humains d'1 cm de haut voisinent avec les insectes et les escargots. Huit clans se partagent ce monde et ne se rencontrent qu'au marché des coccinelles, lieu d'echanges, de rencontres, de retrouvailles autour des spectacles qui rappellent les traditions partagées mais aussi lieu de jalousies, de trahisons, de négociations secrètes... Ce marché des coccinelles est la grande réussite du premier tome.
Mais d'où viennent les deux-pattes ? Les légendes sur leurs origines, racontées par le clan du papillon, ont-elles un fond de vérité ? Pourquoi les vieux récits parlent-ils des Immenses, ces humains d'une taille gigantesque par rapport aux deux-pattes ? Pourquoi tout le monde croit-il sûils ont disparu ? Et pourquoi alors Neska en a-t-elle vu un, qui a enlevé sa maman ?
Le personnage de Neska, adolescente enthousiaste et courageuse mais qui se cherche encore, est une très jolie héroïne, attachante surtout pour les lecteurs préado, qui s'identifient immédiatement. Les autres personnages, les parents de Neska, sa sœur, les autres clans... sont tout aussi bien campés et sympathiques.
Tout cet univers est servi par un dessin ligne claire soigné et précis, qui fait une large part à des décors de qualité, une gageure pour une histoire à hauteur de brin d'herbe ! La colorisation est claire et lisible, les dialogues naturels et limpides. Tous ces atouts réunis font de Neska du clan du lierre une lecture idéale pour des lecteurs de 8 à 16 ans environ.
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Calcutta
Magnifique d'humour et d’autodérision car vu le nom de l'écrivain c'est un indien ! J'ai appris plein de choses sur l'Inde les mœurs et us et coutumes très étranges pour nous occidentaux comme le malheur et le déshonneur de mourir chez soi !!!!
Les Mange-bitume
Voilà un album que je recherchais depuis pas mal de temps, en ayant beaucoup entendu parler – et en bien. Publié au début des années 1970, cet album est par certains côtés sacrement « daté ». Et en particulier par le dessin et surtout la colorisation, typiques de cette période. Le sujet ensuite. Dès le prologue, on sent le contexte de la fin des Trente glorieuses et des années Pompidou, avec la modernisation du pays, et en particulier les infrastructures de transport (c’est le moment de la construction du périphérique de Paris par exemple). Ce prologue nous lance peu à peu dans une sorte d’anticipation « modérée » des développements de la civilisation de l’automobile, pour en arriver à une situation où tout se passe sur la route, chacun errant sans cesse sur les rubans d’autoroute, vivant dans des « cars » (un peu comme dans un sketch de Raymond Devos). S’ensuivent plusieurs petites histoires, montrant l’absurdité, la froideur de ce monde dans lequel nul ne sort plus du rang – et de sa voiture. Je regrette juste des commentaires off trop verbeux, un peu lourds. Mais pour le reste, c’est vraiment un album intéressant. D’abord par sa dénonciation – par l’absurde (et parfois quelques moments de poésie et d’humour un peu noir) de la civilisation de l’automobile. Mais cela va aussi plus loin, en s’attaquant à la société de consommation, plus généralement, chaque automobiliste n’étant plus qu’un consommateur captif, voyageant et/ou achetant, consommant sans état d’âme ni volonté propre. Enfin, l’une des histoires (la plus longue) est une critique très bien faite du fonctionnement de la démocratie, qui écarte les vrais débats au profit d’autres complètement annexes, et qui fait croire aux électeurs qu’ils décident vraiment de choses que d’autres (ici des machines) décident en fait pour eux. La prise de pouvoir finale par les machines est un amusant pied de nez à cette civilisation du consommateur automobiliste, sensé acquérir sa liberté (de déplacement entre autres) grâce à l’outil qui pourtant l’asservit. Après un prologue faisant l’apologie (ironique) du progrès, la chute est un amusant contrepied ! Pas facile à trouver –et pas toujours en bon état, comme souvent pour cette collection de Dargaud, très fragile – cet album est clairement à redécouvrir. Note réelle 3,5/5.
Je, François Villon
A partir d'un roman truculent, rempli d'une poésie souvent morbide, Critone adopte un trait un peu moins soigné que dans Sept Missionnaires, use du lavis et de couleur directe selon l'ambiance qu'il veut donner à ce récit ; il réussit un brillant hommage au poète-brigand du XVème siècle qui savait mieux que personne manier l'art de la ballade, comme La Fontaine sera 2 siècles plus tard maître de la fable, personne ne l'égalera dans ce domaine. Villon m'a fasciné très jeune alors que j'étais ado, et dernièrement, je lui ai consacré une conférence pour mon association. Poète au verbe brillant qui fréquentait les tavernes, les bordels, et s'acoquinait avec de sinistres assassins et détrousseurs dont certains finiront au gibet de Montfaucon, il a connu plusieurs fois le cachot où il composait ses poésies qui parlaient du peuple, des truands et des putains qu'il connaissait, et où planait son obsession de la mort et de la pourriture (la ballade des Pendus en témoigne). Il a heureusement échappé à chaque fois à l'issue fatale grâce à ses appuis dans le clergé et surtout des princes de sang royal (dont Charles d'Orléans) qu'on ne voit pas encore dans cet album. Sa vie fut donc étrangement partagée entre la rue et les fastes de la cour de Blois. J'ai visité le cul-de-basse-fosse du château de Meung-s/Loire, et je me suis toujours demandé comment un type comme Villon, de constitution chétive, avait pu survivre dans ce trou infect pendant 6 mois, avant d'être libéré sur les bonnes grâces de Louis XI qui venait à passer dans la ville, nouvellement couronné en 1461. C'est après cette date qu'on perd la trace du poète, définitivement et mystérieusement, suite au bannissement définitif qui le chasse de Paris en raison d'un ultime larcin qui a mal tourné ; cette disparition , ce silence s'ajoute à la fascination que l'on éprouve pour Villon. Aussi, raconter cette vie de beaux vers noyés dans la débauche et le crime, était donc un challenge délicat pour Critone, d'autant plus qu'il n'est pas Français ; le sujet était en même temps difficile à cause des vers en vieux français qui peuvent rebuter plus d'un lecteur. Lorsqu'on lit une édition poche de ses vers, il faut qu'elle comporte un décryptage et une bonne traduction. L'ampleur du roman de Teulé était en elle-même difficile à retranscrire en bande dessinée ; le texte est respecté, mais la narration est celle de la BD, l'image remplace l'écrit quand elle lui est supérieure, aussi ceux qui ont lu le livre, ne seront pas gênés par cette adaptation. Critone communique au lecteur son plaisir évident qu'il a de décrire cette vie dissolue, fondée sur une bonne instruction au départ, grâce au bon chanoine qui lui sert de père, et où la beauté côtoie l'horreur. Et encore, ce tome 1 ne montre pas le pire ; pendaison, mutilation, prostitution, vol... tout y passe, mais sans exagération et sans voyeurisme, le dessinateur ayant édulcoré certains passages du livre plus crus. Le tome 2 fut long à venir, car depuis 2011, je commençais à désespérer. Villon connait les périodes les plus sombres de sa vie mais aussi une agréable période consacrée à la poésie. ll rencontre Colin de Cayeux qui l'initie et le fait entrer dans la confrérie des Coquillards, résidus des mercenaires issus de la Guerre de Cent Ans et dont on n'a plus besoin ; c'était de sinistres assassins et détrousseurs dont beaucoup iront se balancer à Montfaucon. Après des peccadilles et les désordres carnavalesques d'étudiant au quartier Latin, le poète entre de plain pied dans le crime, le vrai. Il se passe plusieurs choses dans ce tome : d'abord cette intronisation, puis le meurtre du prêtre débauché Philippe Sermoise à propos d'une catin, le vol du Collège de Navarre, puis le départ pour Angers afin de se faire oublier, où il se rend à la cour du roi René. A partir de là, c'est sa période la plus faste, il fréquente les princes, puisqu'après, il se rend à Blois à la cour de Charles d'Orléans (père du futur Louis XII) qui lui impose comme thème poétique, le fameux vers "Je meurs de soif auprès de la fontaine" qu'il doit compléter. Ce poème est livré en entier ici, il est charmant. Le récit s'arrête lorsqu'il quitte cette cour, et le tome 3 s'attache aux dernières années de Villon, entre 1457 et 1461, plus précisément l'année 1461 qui est la dernière sur ce qu'on sait du poète. Le récit s' enrichit et devient plus resserré, Villon est confronté à la torture d'abord dans le cul de basse fosse de Meung (d'où il est sauvé par Louis XI devenu le nouveau roi de France), puis au Châtelet où ses complices sont pendus, tandis que sa demande d'appel est entendue et sa condamnation est commuée en bannissement. Ces 2 épreuves l'ont rendu amer, il règle des comptes car il en profite pour écrire avant son départ le Testament qui sera son ultime oeuvre poétique en forme de repentance, qui s'exprime à travers le mot " merci " qui voulait dire "pitié" à cette époque. Au niveau graphique, Critone a peaufiné son trait que j'ai trouvé plus doux et plus travaillé, il tranche avec celui du tome 1, ses pleines pages de Paris sont superbes à détailler, les monuments sont plus soignés et bien reproduits, notamment l'extérieur du Châtelet et le château de Meung. La fin qui voit Villon quitter Paris et se retrouver en pleine campagne, cheminant vers l'inconnu et un destin qu'on devine mélancolique ou chaotique, est très belle. Ma note reste donc inchangée, c'est un triptyque un peu décalé, différent d'un biopic historique traditionnel, la part de réel et d'aventure mélangés aux textes du poète, donnent un récit étrange et en même temps prenant.
Murena
Je n’ai pas toujours été convaincu par les productions de Dufaux – loin s’en faut ! –, mais là, je dois dire que c’est plutôt une réussite. L’histoire romaine a déjà donné de l’inspiration à de nombreux scénaristes, qui se concentrent généralement sur le tournant entre la République et l’Empire. Si l’on met de côté Astérix, qui ne prétend pas à la crédibilité historique (en faisant par exemple de Jules César un empereur), la plupart des séries ont cherché à maintenir un verni historique pour enjoliver les libertés prises par les scénaristes avec la réalité. Bien souvent c’est bancal et la mayonnaise n’a pas pris. Ici, bien au contraire, je trouve que le travail de Dufaux est équilibré. Il a cherché à « respecter » une trame historique, jusque dans certains détails (expressions, mœurs, personnages, événements), ce que confirme la courte bibliographie (allant du relativement érudit à la grande vulgarisation) qui clôt chacun des albums. C’est plutôt bien fait, mais en plus, cela ne nuit pas à la fluidité d’une intrigue vraiment bien fichue, centrée autour de Néron (il faut dire que les premiers empereurs romains, leur entourage et leurs mœurs offrent aux scénaristes un terrain de jeu fourmillant de possibilités). La grande et les petites histoires sont ici habillement mêlées, avec le personnage de Lucius Murena comme fil rouge et catalyseur d’intrigues entremêlées. Du classique, mais bien fichu donc, une aventure que je vous recommande. Peut-être une légère baisse de régime dans le neuvième tome, mais je fais confiance à Dufaux pour relancer l’aventure après l’incendie de Rome et les persécutions contre les chrétiens. Si la lecture est aussi plaisante, captivante, c’est aussi que le dessin de Delaby est vraiment très bon. Très réaliste, il réussit tous ses personnages, leurs expressions, voire leur évolution (Murena par exemple). Et il croque de belles femmes, Dufaux agrémentant les albums de quelques scènes érotiques – justifiées et non pas simples prétextes – qui font d’Eros un bon complément de Thanatos, très présent dans cette série. Une série très recommandable donc, en tout cas une belle réussite du genre historique. J’espère que la suite se haussera au niveau des deux premiers cycles (même si je m’interroge sur le temps qui passe depuis le premier album du troisième cycle ?).
Le Désespoir du Singe
Voilà une série qui procure de chouettes moments de lecture, et que je ne peux que vous recommander. D’abord parce que le dessin d’Alfred, très moderne, et bien accompagné par une colorisation elle aussi réussie, est tout à fait raccord avec cette histoire d’aventures (politiques et/ou amoureuses). Ensuite parce que cette histoire justement, est rapidement captivante – même si la trame n’est pas toujours originale. On y retrouve (surtout dans les deux derniers tomes) un peu du roman de Pasternak « Le docteur Jivago » (les passages enneigés, l’histoire d’amour au milieu d’une révolution, et cet officier implacable circulant en train spécial et, plus généralement, ce beau et triste lyrisme). L’histoire nous décrit une dictature aux prises avec une menace révolutionnaire. Rien n’est précisément situé, que ce soit au niveau chronologique (le XXème siècle ?) ou géographique : des noms à consonance magyare nous rattachent à l’Europe de l’est ou du centre ? Enfin, l’histoire de cette mer intérieure, asséchée par une dictature imbécile la sacrifiant aux productions agricoles n’est pas sans rappeler la mort de la mer d’Aral : là aussi on en revient à l’URSS ? Une belle série d’aventure, des histoires d’amour (qui, comme on le sait, finissent mal, en général) : une belle réussite en tout cas !
John Bost - Un précurseur
Cet album permet de découvrir toute une période de l’Histoire française, et en particulier la fondation des asiles de Laforce. « Pionnier de l’action sociale, John Bost créa au XIXe siècle l’un des premiers centres d’accueil des défavorisés de tous âges, qu’ils soient orphelins, simples d’esprits, épileptiques… » On découvre au travers de cette biographie détaillée la vie du personnage, la création des asiles, mais aussi le contexte politico-religieux compliqué de l’époque. Le contenu est vraiment intéressant, l’auteur s’est clairement documenté. La mise en image de Bruno Loth, auteur de plusieurs ouvrages chez le même éditeur, est parfaitement adaptée au récit, et la narration reste fluide malgré un propos un peu académique et des textes assez présents. Un album à réserver aux amateurs d’Histoire française, qui m’a beaucoup intéressé.
La Tristesse de l'éléphant
C’est le genre de bd que je n’aurais pas forcément lu car ce n’est pas trop mon style au premier abord. C’est là que ce site est toujours aussi intéressant car il nous fait découvrir des titres divers loin de la zone de confort. Bien m’en a pris car cette oeuvre est une véritable pépite. J’ai adoré cette lecture forte émouvante. Pourtant, c’est une histoire triste comme son titre l’indique. On est tout de suite touché par ce qui arrive à ce garçon orphelin prénommé Louis. On a presque tous vécu cela quand on est trop petit ou trop gros ou encore trop intelligent. La norme et la cruauté sont sans égale. Il n’y a point de compassion ou de solidarité. C’est ainsi en ce monde. Cependant, l’amour ne s’arrête pas au physique et c’est là que cela devient intéressant. Pour autant, quand on connait le bonheur, il peut être de courte durée. On peut être également toujours rattrapé par la méchanceté des autres. Au niveau du dessin, j’ai été séduit par la douceur du trait qui va à merveille avec ce type de récit. L’univers du cirque est bien retranscrit. J’ai bien aimé également les quelques touches de couleurs. Et dire que c’est la première œuvre de ces deux nouveaux auteurs ! Bravo car c’est magnifique ! Pour tout dire, ce n’est point une lecture dite revitalisante. Cependant, c’est aussi cela la vie et non un long fleuve tranquille.
Fables - 1001 Nuits de Neige
D'abord la couverture franchement magnifique de cet album dérivé de la série Fables. La série mère est une sorte de tuerie qui s'amuse de manière iconoclaste à casser les codes de ce que les contes de notre enfance nous ont appris. Les différentes histoires qui nous sont contées ici reprennent la classique trame des "1001 nuits" ou Blanche neige reprend allègrement le flambeau de la belle Shéhérazade. Sans doute moins jubilatoire que le Fables originel ces histoires se tiennent plutôt bien et il est fort plaisant de retrouver certains des personnages aperçus dans la série d'origine. Forcément plusieurs dessinateurs prêtent leurs concours à ces récits et en fonction des goûts et des couleurs de chacun des lecteurs certains trouverons plus grâce à leurs yeux que d'autres. Personnellement j'ai bien aimé ces différents apports avec une mention spéciale au dessin de James Jean également auteur de la couverture dont je parlais plus haut. Dernier point, il me semble qu'avant de lire cet opus, la lecture de la série d'origine permet une meilleure compréhension des choses.
Little Joséphine
Le dévouement de cette infirmière à domicile pour sa patiente Joséphine m’a beaucoup touché. Je me disais que si toutes les infirmières travaillaient comme cela, le monde irait certainement beaucoup mieux. Je ne souhaite à personne d’être dans un hôpital car avec ce que j’ai déjà vu, cela donne envie de fuir. Ce n’est pourtant pas un métier très facile avec toujours peu de moyens et surtout de reconnaissance. La récente lettre d’une infirmière en colère contre un homme politique se disant très vertueux a d’ailleurs fait le buzz sur internet. C’est clair que des personnes qui ne travaillent pas vraiment peuvent toucher des sommes faramineuses tout en nous faisant la leçon. A côté de cela, on a la petite infirmière à moins de 1750€ et qui donne ses heures sans compter. Triste pays. J’ai également eu beaucoup de compassion pour cette vieille femme qui avait une identité, une vie, une profession et qui se perd dans une terrible maladie qui enlève nos plus chers souvenirs. C’est également grave de voir que les cas se comptent par centaines de milliers (presque le million). On arrive grâce au dessin et à la mise en page à s’identifier à ce qu’elle peut ressentir. C’est triste et sombre à la fois. L’épisode avec la tutrice est d’ailleurs assez symptomatique. Cette œuvre se situe alors avec ces deux points de vue : celle d’une infirmière engagée qui essayent d’aider et celle de cette octogénaire atteinte de la maladie d’Alzheimer. Le message passe bien. Cette œuvre est traitée de telle manière à ce qu’on puisse véritablement ressentir ce qui ne va pas. J’ai bien aimé également la démarche que d’avoir le même langage que la patiente. C’est une approche toujours très intéressante. La fin est intense, poignante et bouleversante. On en ressort totalement vidé. Cependant, Little Joséphine est une lecture à faire car j’ai été touché par sa sensibilité ainsi que par sa justesse.
Neska du clan du lierre
Voilà longtemps que je n'avais pas eu un tel coup de coeur pour une série ! Au point d'avoir embarqué les deux tomes sur un rayonnage de ma librairie préférée après en avoir seulement feuilleté quelques pages et sans en avoir jamais entendu parler auparavant. Tout est réussi dans cette série dont je ne connaissais même pas l'auteur. Mais Louise Joor a les qualités des plus grands. Son histoire est remarquablement écrite et prenante, construite avec rigueur et intelligence, sans temps morts. On devine une vaste histoire et de grands mystères derrière le récit à hauteur de personnages qui occupe chaque album. Louise Joor a d'ailleurs reussi à créer un monde très original, où les deux-pattes, des humains d'1 cm de haut voisinent avec les insectes et les escargots. Huit clans se partagent ce monde et ne se rencontrent qu'au marché des coccinelles, lieu d'echanges, de rencontres, de retrouvailles autour des spectacles qui rappellent les traditions partagées mais aussi lieu de jalousies, de trahisons, de négociations secrètes... Ce marché des coccinelles est la grande réussite du premier tome. Mais d'où viennent les deux-pattes ? Les légendes sur leurs origines, racontées par le clan du papillon, ont-elles un fond de vérité ? Pourquoi les vieux récits parlent-ils des Immenses, ces humains d'une taille gigantesque par rapport aux deux-pattes ? Pourquoi tout le monde croit-il sûils ont disparu ? Et pourquoi alors Neska en a-t-elle vu un, qui a enlevé sa maman ? Le personnage de Neska, adolescente enthousiaste et courageuse mais qui se cherche encore, est une très jolie héroïne, attachante surtout pour les lecteurs préado, qui s'identifient immédiatement. Les autres personnages, les parents de Neska, sa sœur, les autres clans... sont tout aussi bien campés et sympathiques. Tout cet univers est servi par un dessin ligne claire soigné et précis, qui fait une large part à des décors de qualité, une gageure pour une histoire à hauteur de brin d'herbe ! La colorisation est claire et lisible, les dialogues naturels et limpides. Tous ces atouts réunis font de Neska du clan du lierre une lecture idéale pour des lecteurs de 8 à 16 ans environ.