C’est un imposant recueil – très hétéroclite – de pas mal de travaux de cet auteur que j’aime bien, Fred donc. Cela va du dessin de presse (beaucoup publiés dans Hara-Kiri), à d’histoires plus ou moins courtes (plutôt courtes en général), souvent publiées dans Pilote.
Les deux tiers ont déjà été publiés dans plusieurs albums (et le titre reprend d’ailleurs en le modifiant légèrement, un titre ancien de Fred), mais le reste est inédit en album. On a donc là quelque chose que les complétistes de l’auteur peuvent acheter.
L’ensemble est inégal – forcément – mais, dès que je trouvais que l’intérêt diminuait, un dessin, ou une petite histoire faisaient remonter le plaisir. De la poésie, de l’humour noir, un absurde plus ou moins doux-dingue. Ça n’est pas le meilleur de Fred, mais c’est globalement une lecture plaisante.
Dans sa préface, Yves Frémion note la proximité du dessin de Fred avec celui d’auteurs comme Bosc ou Chaval. Et je dois dire qu’il a raison, ses dessins en Noir et Blanc ont la même finesse de trait faussement maladroit, que ces deux dessinateurs aujourd’hui oubliés, que j’avais découverts dans de vieilles publications de Jean-Jacques Pauvert. Un côté désuet mais toujours efficace, une poésie intemporelle.
Cet album très épais se déguste par petites tranches – ce que j’ai fait durant les dernières vacances. Fred est un auteur toujours frais !
Un ressenti identique à celui de PAco.
La partie graphique, couvertures comprises, est vraiment agréable à l’œil. Un style classique réaliste mais vraiment solide, costumes, désert … sont magnifiquement rendus.
J’ai aimé découvrir « cette reine ».
Par contre, j’ai été également un peu désappointé par ce 2eme tome (mais c’est peut être tout simplement dû à l’histoire de notre reine Berbère ?).
Alors que le 1er tome (formidable) présente un portrait de femme exceptionnelle et forte, j’ai trouvé notre Kahina bien fade, naïve et en retrait dans le second, son charisme a fondu comme neige au soleil, je trouve qu’elle méritait meilleur traitement (même si on se doit d’être historique dans cette collection, la faute aux auteurs ?).
Ça reste toutefois une chouette série qui a toute sa place dans cette collection.
Un manga harem qui ne se prend pas du tout au sérieux. Il fait aussi partie d'une catégorie que je vois de plus en plus: le héros choisit toutes les filles au lieu d'une et en plus on commence les relations dès le début. J'avoue que je préfère cela à ces vieilles séries harems où on fait du surplace pendant au moins une dizaine de tomes et ensuite à la fin le gars choisit finalement la fille dont on devine qu'il va la choisir dès le premier tome.
Notre héros n'a pas de chance en amour, mais après une rencontre avec le dieu de l'amour, il va apprendre qu'il y a eu une erreur lors de sa naissance et au lieu d'avoir une âme-sœur, il en a 100 et s'il les rejette, les filles vont mourir ! On commence avec deux filles et au fil des chapitres les autres s'ajoutent. C'est sympathique de voir le héros tout faire pour rendre les filles heureuses et les filles essaient de cohabiter ensemble. Il y a des bons gags, mais d'autres sont un peu lourds et bien sûr on n’échappe pas aux clichés du genre. Je pense que les auteurs parodient le genre harem, mais par moment on dirait juste des scènes tirées de n'importe quel manga harem.
Le principal problème est que si j'ai trouvé les premiers tomes sympathiques, j'ai peur de finir par me lasser comme c'est souvent le cas avec des mangas que je trouve juste sympas à lire. Or, le gars est censé finir avec 100 petites amies. Si on tient compte du fait que pour le moment il y a 15 tomes sortis au Japon (sans compter les chapitres pas encore parus en tome) et que selon mes recherches sur internet il y a juste 26 petites amies, et ben à ce rythme on va avoir au moins 60 tomes ! Ce qui va faire de cette série la comédie harem la plus longue et ça c'est si les lecteurs du magazine ne se lassent pas et finissent par faire annuler la série. Je trouve que c'est trop et je pense que plusieurs lecteurs vont avoir les mêmes réflexions que moi.
Donc voilà c'est agréable à lire pour le moment, mais j'ai un peu peur pour la suite.
Tout à fait l’univers que j’aime, le Nord Est de l’Amérique du Nord au XVIII eme siècle, pendant les guerres entre Anglais et Français, les différentes tribus nord amérindiennes, et les colons fermiers au milieu de tout ça.
A chaque foi je me réjouis d’avance de replonger dans ce monde, que j’avais découvert en bande dessinée avec Les Pionniers du Nouveau Monde, et qui m’avait fait tant rêver!
Ici c’est le scénario assez classique, la ferme de colons attaquée par des indiens, et toutes les conséquences que cela va avoir, leur captivité jusqu’au dénouement final.
Tout le long on ressent une atmosphère assez oppressante, où finalement les personnages sont en permanence victimes de la sauvagerie des hommes et ne sont en aucun cas maîtres de leur destin. Bien au contraire. Et quel ironie, ces hommes et femmes parties loin pour justement devenir plus libre et mieux contrôler leur avenir, ce retrouve complètement dépendant de la violence et de la sauvagerie des hommes, de leurs envies de pouvoir et intérêts d’état. J’ai bien ressentis ça tout l’album.
Et finalement c’est cette nature dite sauvage qui ce révèle être la plus douce, et la plus rassurante.
Graphiquement, c’est vraiment très beau, on ce retrouve parfaitement dans l’ambiance voulu être dépeinte. Des paysages magnifiques, la nature, une véritable invitation au voyage.
Seulement il me manquait un je ne sais quoi pour mettre un quatre étoile, il manque un scénario plus étoffé, plus dense, plus d’intrigues. J’ai lu les planches trop rapidement, et au final avec cette impression qu’il ne c’était vraiment pas passé grand chose…
Instructif . J'avais lu un bout de la BD dans la revue dessinée, et cela m'avait paru un peu univoque. Ici l'intérêt est de prendre le problème par tous les bouts, en essayant de rencontrer tous les intervenants, ceux qui sont partis, ce qui sont revenus, ceux qui ont vu partir les autres, ceux qui surveillent les frontières, ceux qui sont payés pour revenir, etc...
Et le constat c'est que le capitalisme est une pompe à désir indésamorçable. Augmenter la quantité de monnaie sur la planète et inonder le monde de nos images, c'est créer cette immigration et étendre les marchés des entreprises obèses...
Rien de nouveau, mais l'étude est étayée, on pourrait peut-être ajouter encore quelques intervenants pour être complets, et je suppose que d'autres tomes sont en cours...quoi faire d'autre, si on est journaliste ?
Comme cela a été dit avant moi, Lupano est un bon conteur. Il sait raconter des histoires intéressantes, bâties sur une narration et des personnages tous deux solidement construits. C'est donc logiquement le cas dans cette série dont j'ai découvert l'existence en traînant dans ma bibliothèque habituelle.
Le dessin de Tanco est assez élégant, quoique je n'adhère pas complètement au style, mais il fait bien l'affaire et bénéficie de somptueuse couleurs de Lorien restituant à merveille l'atmosphère du Sud de la France. On s'immerge donc assez facilement dans l'ambiance proposée et on passe un bon moment à déguster les pages qui sont offertes à notre regard.
Du côté du récit, il y a du bon et du moins bon. Du bon dans la construction des personnages, donc. On s'attache facilement à eux, et si l'on redoute au début un trop grand usage du cliché, Lupano sait retourner certaines images d'Epinal pour nous faire voir la réalité qu'elles cachent. C'est bien fait et assez intelligent. Sans en dire trop, j'ai bien apprécié les trajectoires de Goulard et de Violette Morris, qui s'éloignent de manière judicieuse des étiquettes qu'on leur colle vite de surveillant aussi tyrannique que monstrueux et de femme libre et moderne dans un monde étriqué. Quand les masques se fissurent, Lupano nous réserve de beaux moments d'humanité, que cette humanité soit belle ou décevante.
Peut-être la modernité revendiquée par Lupano encombre-t-elle un peu le récit par moments, d'ailleurs... Qu'il défende l'art abstrait, le droit d'être lesbienne ou le refus des conventions, tout cela fait quand même très convenu dans un récit écrit au XXIe mais se déroulant au XXe siècle. Non que cela soit mal fait, mais j'ai trouvé qu'on avait parfois l'impression que l'auteur plaquait un message un peu trop évident sur un récit qui méritait (et qui fait régulièrement preuve) beaucoup plus de subtilité. Néanmoins, il réussit à développer ses personnages sans s'enfermer dans le piège de la critique sociale bête et convenue, privilégiant l'avancée de son histoire et un art narratif consommé.
Mais voilà, si j'étais prêt à monter jusqu'à 4 étoiles à l'approche de la fin, lorsque vient le moment (pas loin du sublime) où se dénouent les fils d'une histoire d'un classicisme maîtrisée et d'une beauté simple surgit la conclusion. Ou plutôt l'absence de conclusion... et c'est là que le bât blesse. Tout cela finit quand même vraiment en queue de poisson.
On assiste à de belles scènes qui s'enchaînent les unes après les autres. Sans être bouleversant, c'est touchant et bien exécuté. Mais ce qu'on nommera l'épilogue par défaut ne conclut à peu près rien. Il laisse les personnages là où ils sont, en suspens. C'est sans doute voulu, pour accentuer le côté "tranche de vie" qui se poursuivra sans nous, mais je trouve cela regrettable, car ça nuit à la cohérence globale du récit. Pour moi, un tel récit et une telle conclusion ne pouvaient qu'amener un épilogue qui ferme les portes. Ici, rien ne semble totalement aboutir, et je trouve qu'on termine alors sur une curieuse note d'inachevée. Rien de rédhibitoire, bien sûr, mais c'est dommage.
Quoiqu'il en soit, ce que semble nous dire Lupano avec cette fin pas finie, c'est qu'il faut profiter du voyage bien plus que de la destination, et il n'a pas tout-à-fait tort. Et après tout, le voyage était rudement joli, quand on y pense !
Une lecture agréable. Comme le dit Josq, le contexte est fun avec ces extraterrestres qui s’immiscent en pleine croisade contre les albigeois. Après, je serai peut-être un poil moins enthousiaste que lui sur cette série.
Les aliens ne sont là que pour mettre la pâtée aux autres, mais leur présence ne se manifeste tout d’abord que par des morts suspectes, que l’expédition croisée va tenter d’éclaircir.
Certes, cette invasion est le prétexte à mettre en scène les deux idéologies qui s’affrontent.
Le récit nous montre bien comment la papauté traque tout ce qui lui paraît suspect d’hérésie et l’inquisiteur (caricatural mais proche de la vérité je crains) s’acharne bien sur la jeune cathare et suspecte tous les villageois de duplicité et d’accointance avec le Malin.
C’est vrai que les personnages sont assez bien développés, mais j’aurais aimé un peu plus quand même. On ne saura pas assez à mon goût l’historique de la jeune fille cathare et le personnage le plus touchant est le vieux routard croisé qui est revenu de tout.
En revanche, les deux jeunes croisés « héros » de l’histoire m’ont semblé moins crédibles, peu réalistes et mis en avant pour en faire une série destinée aux ados pour l’identification.
J’aurais aimé un peu plus de développement, et au niveau éditorial je regrette ce découpage en trois volumes. Pourquoi n’avoir pas fait un one-shot conséquent regroupant les trois et avec un peu plus de pages ?
De la belle ouvrage néanmoins, avec un beau dessin, certes classique et bien lisible mais de belles tronches de personnages. Pas mal du tout, et comme je l’ai dit, lecture agréable.
Après un 1er one shot assez remarqué, Lie-de-vin, les auteurs récidivent l’expérience.
Rosangella est un bon album mais qui se révélera, à mes yeux, moins magique et marquant. Une construction moins astucieuse, point de polar comme le souligne Noirdésir, ici on est vraiment dans le roman graphique avec ce portrait de femme forte abîmée par la vie.
Rosangella gère un manège avec ses 2 fils et sa fille, un équilibre fragile qui vacillera avec le retour de leur père, un être violent et manipulateur.
La narration est impeccable, on rentre facilement dans ce microcosme aidé par le bon dessin et couleurs de Berlion. Le ton y est réaliste et social, je trouve que ça lorgne un peu vers l’univers des frères Dardenne, il y a un côté dur qui se dégage ; pas le genre que je préfère j’avoue. Et malheureusement ici j’ai du mal à m’attacher aux personnages.
Une lecture fluide mais qui ne m’a pas marqué outre mesure malgré cet hommage des auteurs avec ce beau portrait.
Dans cette collection développée en partenariat avec le musée du Louvre, je trouve que cet album sort du lot, et utilise le cadre du musée et des œuvres qui sont exposées de façon assez originale, tout en apportant à l’histoire (au départ un peu absurde et pas forcément fouillée) des questionnements d’actualité, et sur le fond très intéressants.
Le trait de Zelba est simple, mais efficace, un mélange de dessin de presse et du trait de Gomont. Le Noir et Blanc est parfois rehaussé (de rouge le plus souvent). Le rendu n’est pas désagréable.
Pour ce qui est de l’intrigue, elle part sur du loufoque, pour introduire une réflexion sur le nu dans l’art, mais surtout sur l’égalité des sexes, et surtout la façon dont sont vues, traitées les femmes : les sculptures servent ici d’allégorie pour la réflexion. Il est amusant – ou regrettable ? – que d’un coup le sexisme ne soit qu’inversé, puisque seuls les hommes sont tenus de visiter le musée totalement nus (même si la fin nuance cet aspect). Malgré ce petit bémol, l'histoire se laisse lire très facilement, mélange de réflexions terre-à-terre (voir la fratrie dirigeant le Louvre, qui cherche au départ à garder son poste sans état d'âme ni scrupule, puis qui va peu à peu se rallier l'évidence pour défendre la vision féministe , sous la direction d'une femme de ménage et d'un vigile) et d'autres plus philosophiques, autour des sujets évoqués plus hauts.
J’ai trouvé l’album intéressant et agréable, Zelba a bien su tirer profit de la contrainte de cette collection pour développer une histoire originale.
Je n'ai lu que deux opus et j'ai surtout apprécié le tome 5 où Stella joue les enquêtrices prête à tout pour trouver l'assassin de son amie.
C'est un scénario très convenu qui permet d'enchaîner les scènes explicites de sexe à un rythme très élevé. C'est très convenu mais cela se lit facilement.
Ici c'est du sexe tradi plutôt soft car j'aime beaucoup moins les épisodes avec instruments.
Je suis partagé sur le graphisme. J'aime bien les plastiques proposées par Foxer ainsi que son trait détaillé mais son N&B fait trop scolaire avec des attitudes qui manquent d'expressivité.
Cela produit un visuel assez froid comme souligné par les autres aviseurs. Toutefois une lecture acceptable dans le genre.
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Le Fond de l'Air est Fred
C’est un imposant recueil – très hétéroclite – de pas mal de travaux de cet auteur que j’aime bien, Fred donc. Cela va du dessin de presse (beaucoup publiés dans Hara-Kiri), à d’histoires plus ou moins courtes (plutôt courtes en général), souvent publiées dans Pilote. Les deux tiers ont déjà été publiés dans plusieurs albums (et le titre reprend d’ailleurs en le modifiant légèrement, un titre ancien de Fred), mais le reste est inédit en album. On a donc là quelque chose que les complétistes de l’auteur peuvent acheter. L’ensemble est inégal – forcément – mais, dès que je trouvais que l’intérêt diminuait, un dessin, ou une petite histoire faisaient remonter le plaisir. De la poésie, de l’humour noir, un absurde plus ou moins doux-dingue. Ça n’est pas le meilleur de Fred, mais c’est globalement une lecture plaisante. Dans sa préface, Yves Frémion note la proximité du dessin de Fred avec celui d’auteurs comme Bosc ou Chaval. Et je dois dire qu’il a raison, ses dessins en Noir et Blanc ont la même finesse de trait faussement maladroit, que ces deux dessinateurs aujourd’hui oubliés, que j’avais découverts dans de vieilles publications de Jean-Jacques Pauvert. Un côté désuet mais toujours efficace, une poésie intemporelle. Cet album très épais se déguste par petites tranches – ce que j’ai fait durant les dernières vacances. Fred est un auteur toujours frais !
La Kahina - La Reine berbère
Un ressenti identique à celui de PAco. La partie graphique, couvertures comprises, est vraiment agréable à l’œil. Un style classique réaliste mais vraiment solide, costumes, désert … sont magnifiquement rendus. J’ai aimé découvrir « cette reine ». Par contre, j’ai été également un peu désappointé par ce 2eme tome (mais c’est peut être tout simplement dû à l’histoire de notre reine Berbère ?). Alors que le 1er tome (formidable) présente un portrait de femme exceptionnelle et forte, j’ai trouvé notre Kahina bien fade, naïve et en retrait dans le second, son charisme a fondu comme neige au soleil, je trouve qu’elle méritait meilleur traitement (même si on se doit d’être historique dans cette collection, la faute aux auteurs ?). Ça reste toutefois une chouette série qui a toute sa place dans cette collection.
Les 100 petites amies qui t'aiiiment à en mourir
Un manga harem qui ne se prend pas du tout au sérieux. Il fait aussi partie d'une catégorie que je vois de plus en plus: le héros choisit toutes les filles au lieu d'une et en plus on commence les relations dès le début. J'avoue que je préfère cela à ces vieilles séries harems où on fait du surplace pendant au moins une dizaine de tomes et ensuite à la fin le gars choisit finalement la fille dont on devine qu'il va la choisir dès le premier tome. Notre héros n'a pas de chance en amour, mais après une rencontre avec le dieu de l'amour, il va apprendre qu'il y a eu une erreur lors de sa naissance et au lieu d'avoir une âme-sœur, il en a 100 et s'il les rejette, les filles vont mourir ! On commence avec deux filles et au fil des chapitres les autres s'ajoutent. C'est sympathique de voir le héros tout faire pour rendre les filles heureuses et les filles essaient de cohabiter ensemble. Il y a des bons gags, mais d'autres sont un peu lourds et bien sûr on n’échappe pas aux clichés du genre. Je pense que les auteurs parodient le genre harem, mais par moment on dirait juste des scènes tirées de n'importe quel manga harem. Le principal problème est que si j'ai trouvé les premiers tomes sympathiques, j'ai peur de finir par me lasser comme c'est souvent le cas avec des mangas que je trouve juste sympas à lire. Or, le gars est censé finir avec 100 petites amies. Si on tient compte du fait que pour le moment il y a 15 tomes sortis au Japon (sans compter les chapitres pas encore parus en tome) et que selon mes recherches sur internet il y a juste 26 petites amies, et ben à ce rythme on va avoir au moins 60 tomes ! Ce qui va faire de cette série la comédie harem la plus longue et ça c'est si les lecteurs du magazine ne se lassent pas et finissent par faire annuler la série. Je trouve que c'est trop et je pense que plusieurs lecteurs vont avoir les mêmes réflexions que moi. Donc voilà c'est agréable à lire pour le moment, mais j'ai un peu peur pour la suite.
Captifs
Tout à fait l’univers que j’aime, le Nord Est de l’Amérique du Nord au XVIII eme siècle, pendant les guerres entre Anglais et Français, les différentes tribus nord amérindiennes, et les colons fermiers au milieu de tout ça. A chaque foi je me réjouis d’avance de replonger dans ce monde, que j’avais découvert en bande dessinée avec Les Pionniers du Nouveau Monde, et qui m’avait fait tant rêver! Ici c’est le scénario assez classique, la ferme de colons attaquée par des indiens, et toutes les conséquences que cela va avoir, leur captivité jusqu’au dénouement final. Tout le long on ressent une atmosphère assez oppressante, où finalement les personnages sont en permanence victimes de la sauvagerie des hommes et ne sont en aucun cas maîtres de leur destin. Bien au contraire. Et quel ironie, ces hommes et femmes parties loin pour justement devenir plus libre et mieux contrôler leur avenir, ce retrouve complètement dépendant de la violence et de la sauvagerie des hommes, de leurs envies de pouvoir et intérêts d’état. J’ai bien ressentis ça tout l’album. Et finalement c’est cette nature dite sauvage qui ce révèle être la plus douce, et la plus rassurante. Graphiquement, c’est vraiment très beau, on ce retrouve parfaitement dans l’ambiance voulu être dépeinte. Des paysages magnifiques, la nature, une véritable invitation au voyage. Seulement il me manquait un je ne sais quoi pour mettre un quatre étoile, il manque un scénario plus étoffé, plus dense, plus d’intrigues. J’ai lu les planches trop rapidement, et au final avec cette impression qu’il ne c’était vraiment pas passé grand chose…
A qui profite l'exil ? - Le Business des frontières fermées
Instructif . J'avais lu un bout de la BD dans la revue dessinée, et cela m'avait paru un peu univoque. Ici l'intérêt est de prendre le problème par tous les bouts, en essayant de rencontrer tous les intervenants, ceux qui sont partis, ce qui sont revenus, ceux qui ont vu partir les autres, ceux qui surveillent les frontières, ceux qui sont payés pour revenir, etc... Et le constat c'est que le capitalisme est une pompe à désir indésamorçable. Augmenter la quantité de monnaie sur la planète et inonder le monde de nos images, c'est créer cette immigration et étendre les marchés des entreprises obèses... Rien de nouveau, mais l'étude est étayée, on pourrait peut-être ajouter encore quelques intervenants pour être complets, et je suppose que d'autres tomes sont en cours...quoi faire d'autre, si on est journaliste ?
Le Droit Chemin
Comme cela a été dit avant moi, Lupano est un bon conteur. Il sait raconter des histoires intéressantes, bâties sur une narration et des personnages tous deux solidement construits. C'est donc logiquement le cas dans cette série dont j'ai découvert l'existence en traînant dans ma bibliothèque habituelle. Le dessin de Tanco est assez élégant, quoique je n'adhère pas complètement au style, mais il fait bien l'affaire et bénéficie de somptueuse couleurs de Lorien restituant à merveille l'atmosphère du Sud de la France. On s'immerge donc assez facilement dans l'ambiance proposée et on passe un bon moment à déguster les pages qui sont offertes à notre regard. Du côté du récit, il y a du bon et du moins bon. Du bon dans la construction des personnages, donc. On s'attache facilement à eux, et si l'on redoute au début un trop grand usage du cliché, Lupano sait retourner certaines images d'Epinal pour nous faire voir la réalité qu'elles cachent. C'est bien fait et assez intelligent. Sans en dire trop, j'ai bien apprécié les trajectoires de Goulard et de Violette Morris, qui s'éloignent de manière judicieuse des étiquettes qu'on leur colle vite de surveillant aussi tyrannique que monstrueux et de femme libre et moderne dans un monde étriqué. Quand les masques se fissurent, Lupano nous réserve de beaux moments d'humanité, que cette humanité soit belle ou décevante. Peut-être la modernité revendiquée par Lupano encombre-t-elle un peu le récit par moments, d'ailleurs... Qu'il défende l'art abstrait, le droit d'être lesbienne ou le refus des conventions, tout cela fait quand même très convenu dans un récit écrit au XXIe mais se déroulant au XXe siècle. Non que cela soit mal fait, mais j'ai trouvé qu'on avait parfois l'impression que l'auteur plaquait un message un peu trop évident sur un récit qui méritait (et qui fait régulièrement preuve) beaucoup plus de subtilité. Néanmoins, il réussit à développer ses personnages sans s'enfermer dans le piège de la critique sociale bête et convenue, privilégiant l'avancée de son histoire et un art narratif consommé. Mais voilà, si j'étais prêt à monter jusqu'à 4 étoiles à l'approche de la fin, lorsque vient le moment (pas loin du sublime) où se dénouent les fils d'une histoire d'un classicisme maîtrisée et d'une beauté simple surgit la conclusion. Ou plutôt l'absence de conclusion... et c'est là que le bât blesse. Tout cela finit quand même vraiment en queue de poisson. On assiste à de belles scènes qui s'enchaînent les unes après les autres. Sans être bouleversant, c'est touchant et bien exécuté. Mais ce qu'on nommera l'épilogue par défaut ne conclut à peu près rien. Il laisse les personnages là où ils sont, en suspens. C'est sans doute voulu, pour accentuer le côté "tranche de vie" qui se poursuivra sans nous, mais je trouve cela regrettable, car ça nuit à la cohérence globale du récit. Pour moi, un tel récit et une telle conclusion ne pouvaient qu'amener un épilogue qui ferme les portes. Ici, rien ne semble totalement aboutir, et je trouve qu'on termine alors sur une curieuse note d'inachevée. Rien de rédhibitoire, bien sûr, mais c'est dommage. Quoiqu'il en soit, ce que semble nous dire Lupano avec cette fin pas finie, c'est qu'il faut profiter du voyage bien plus que de la destination, et il n'a pas tout-à-fait tort. Et après tout, le voyage était rudement joli, quand on y pense !
Le Lac de feu
Une lecture agréable. Comme le dit Josq, le contexte est fun avec ces extraterrestres qui s’immiscent en pleine croisade contre les albigeois. Après, je serai peut-être un poil moins enthousiaste que lui sur cette série. Les aliens ne sont là que pour mettre la pâtée aux autres, mais leur présence ne se manifeste tout d’abord que par des morts suspectes, que l’expédition croisée va tenter d’éclaircir. Certes, cette invasion est le prétexte à mettre en scène les deux idéologies qui s’affrontent. Le récit nous montre bien comment la papauté traque tout ce qui lui paraît suspect d’hérésie et l’inquisiteur (caricatural mais proche de la vérité je crains) s’acharne bien sur la jeune cathare et suspecte tous les villageois de duplicité et d’accointance avec le Malin. C’est vrai que les personnages sont assez bien développés, mais j’aurais aimé un peu plus quand même. On ne saura pas assez à mon goût l’historique de la jeune fille cathare et le personnage le plus touchant est le vieux routard croisé qui est revenu de tout. En revanche, les deux jeunes croisés « héros » de l’histoire m’ont semblé moins crédibles, peu réalistes et mis en avant pour en faire une série destinée aux ados pour l’identification. J’aurais aimé un peu plus de développement, et au niveau éditorial je regrette ce découpage en trois volumes. Pourquoi n’avoir pas fait un one-shot conséquent regroupant les trois et avec un peu plus de pages ? De la belle ouvrage néanmoins, avec un beau dessin, certes classique et bien lisible mais de belles tronches de personnages. Pas mal du tout, et comme je l’ai dit, lecture agréable.
Rosangella
Après un 1er one shot assez remarqué, Lie-de-vin, les auteurs récidivent l’expérience. Rosangella est un bon album mais qui se révélera, à mes yeux, moins magique et marquant. Une construction moins astucieuse, point de polar comme le souligne Noirdésir, ici on est vraiment dans le roman graphique avec ce portrait de femme forte abîmée par la vie. Rosangella gère un manège avec ses 2 fils et sa fille, un équilibre fragile qui vacillera avec le retour de leur père, un être violent et manipulateur. La narration est impeccable, on rentre facilement dans ce microcosme aidé par le bon dessin et couleurs de Berlion. Le ton y est réaliste et social, je trouve que ça lorgne un peu vers l’univers des frères Dardenne, il y a un côté dur qui se dégage ; pas le genre que je préfère j’avoue. Et malheureusement ici j’ai du mal à m’attacher aux personnages. Une lecture fluide mais qui ne m’a pas marqué outre mesure malgré cet hommage des auteurs avec ce beau portrait.
Le Grand incident
Dans cette collection développée en partenariat avec le musée du Louvre, je trouve que cet album sort du lot, et utilise le cadre du musée et des œuvres qui sont exposées de façon assez originale, tout en apportant à l’histoire (au départ un peu absurde et pas forcément fouillée) des questionnements d’actualité, et sur le fond très intéressants. Le trait de Zelba est simple, mais efficace, un mélange de dessin de presse et du trait de Gomont. Le Noir et Blanc est parfois rehaussé (de rouge le plus souvent). Le rendu n’est pas désagréable. Pour ce qui est de l’intrigue, elle part sur du loufoque, pour introduire une réflexion sur le nu dans l’art, mais surtout sur l’égalité des sexes, et surtout la façon dont sont vues, traitées les femmes : les sculptures servent ici d’allégorie pour la réflexion. Il est amusant – ou regrettable ? – que d’un coup le sexisme ne soit qu’inversé, puisque seuls les hommes sont tenus de visiter le musée totalement nus (même si la fin nuance cet aspect). Malgré ce petit bémol, l'histoire se laisse lire très facilement, mélange de réflexions terre-à-terre (voir la fratrie dirigeant le Louvre, qui cherche au départ à garder son poste sans état d'âme ni scrupule, puis qui va peu à peu se rallier l'évidence pour défendre la vision féministe , sous la direction d'une femme de ménage et d'un vigile) et d'autres plus philosophiques, autour des sujets évoqués plus hauts. J’ai trouvé l’album intéressant et agréable, Zelba a bien su tirer profit de la contrainte de cette collection pour développer une histoire originale.
Stella
Je n'ai lu que deux opus et j'ai surtout apprécié le tome 5 où Stella joue les enquêtrices prête à tout pour trouver l'assassin de son amie. C'est un scénario très convenu qui permet d'enchaîner les scènes explicites de sexe à un rythme très élevé. C'est très convenu mais cela se lit facilement. Ici c'est du sexe tradi plutôt soft car j'aime beaucoup moins les épisodes avec instruments. Je suis partagé sur le graphisme. J'aime bien les plastiques proposées par Foxer ainsi que son trait détaillé mais son N&B fait trop scolaire avec des attitudes qui manquent d'expressivité. Cela produit un visuel assez froid comme souligné par les autres aviseurs. Toutefois une lecture acceptable dans le genre.