Vehlmann est un auteur que j'apprécie particulièrement, ses différentes productions portant la marque d'une grande originalité et de scénarii mûrement réfléchis.
Toutefois, l'auteur s'attaque ici à un mythe qui a la vie dure, et qui a maintes fois été exploité jusqu'alors : une Intelligence Artificielle est elle capable de ressentir et d'exprimer des sentiments ?
Le premier tome de cette nouvelle série lance bien l'aventure de IAN, même si, vous l'aurez compris, l'opus ne brille pas par son originalité. C'est plutôt du côté de la narration qu'il faut jeter un oeil, qui sans réel défaut parvient à nous tenir en haleine le temps de ces 48 pages.
Hélas, même si le sujet de la BD est clair, il passe plutôt en arrière-plan comparé à la mission principale de IAN, qui quant à elle ne s'est pas encore assez révélée pour être particulièrement passionnante. Un bon tome d'intro, donc, mais pas une révélation pour le moment.
Le dessin de Ralph Meyer, quant à lui, est plutôt propre. On reconnait très bien son style (que nous avions rencontré dans l'excellente trilogie de Berceuse assassine), et la mise en couleur, particulière, est aussi très recherchée sur certaines planches.
Un premier album sympa, donc, d'une série dont j'attends beaucoup... A voir.
Un bon 3/5, disons 3.5, pour cette fiction du grand et prolifique scénariste Jean David Morvan. Largement inspiré des diverses émissions "Real TV" qui innondent les ondes hertziennes (Loft Story et consorts), l'auteur nous propose ici une vision du futur assez effrayante, contrôlée par les médias, au travers de MediaCops, une émission qui suit en direct les interventions musclées de Baron, flic de choc, qui ne peut s'empêcher de jouer un rôle aux yeux des caméras.
Le tout, comme d'habitude, est particulièrement bien mis en scène, sans fausse note. On découvre petit à petit l'organisation de MediaCops, les teneurs de ficelles, et les enjeux importants en terme d'audimat.
Morvan, une fois de plus, propose donc sa vision d'un sujet on ne peut plus actuel au travers d'une fiction située dans un futur proche. Mais (et je reproche souvent à cet auteur la même chose), 48 pages, c'est un peu court. Du moins, trop court pour un développement poussé, ce qui oblige Morvan à survoler quelque peu le sujet pour aller à l'essentiel.
Mais cette série débute, j'attends donc la suite pour me forger un avis plus clair sur ce point.
Le dessin, quant à lui... bon.. il n'est pas laid. Mais pas beau non plus, et la mise en couleur n'arrange pas vraiment les choses. Bien sûr, il passe très bien et sert a merveille le scénario, mais il lui manque à mon sens beaucoup de caractère, d'énergie. Le trait est trop fin en fait, ce qui donne a l'ensemble un petit côté "hésitant", hélas. Toutefois, les différents cadrages sont bien étudiés (du Morvan typique !), rendant l'ensemble cohérent.
Un assez bon premier tome, qui lance une série qui promet beaucoup...
Cet album m'a séduit d'entrée, dès la première page. Le dessin, très atypique et que j'ai trouvé très séduisant, suscite une atmosphère glauque, sombre, légèrement floutée, un peu comme un rêve en train de tourner au cauchemar.
Sur ce point, "Dors petite fille" est une franche réussite, et on ne peut s'empêcher de frissonner d'angoisse à quelques reprises lors de la lecture.
Par contre, ce qui me fait mettre une note moyenne, c'est l'histoire. Simple et efficace, certes, mais surtout simple et directe. On n'a quasiment pas le temps de s'interroger, de se poser des questions, d'échafauder des possiblités, que déjà l'intrigue -- de surcroît pas du tout originale -- est révélée. Le lecteur n'est pas titillé, il est plutôt le "récépteur d'une histoire" qui se déroule presque indépendamment de lui.
Je pense que l'auteur peut faire de très bonnes choses, à condition de plus prendre son temps, de développer son sens de la narration, et de plus solliciter l'imagination du lecteur.
A lire, cependant, ne serait-ce que pour l'athmosphère oppressante.
Y'a d'l'idée, y'a d'l'idée... L'héritage d'Emilie est une bédé sympa, mais je suis un peu déçu tout de même. Le scénar me semble tissé avec un fil un peu trop gros à mon goût. Le thème et la manière dont il est amené ne me convaiquent pas trop ... bon, la série est encore en cours, donc mon jugement n'est pas définitif... mais j'ai tout de même peur d'être franchement déçu par la suite.
Quant au dessin, je le trouve un peu fadasse, mais bon, ce n'est pas rédhibitoire... dans l'ensemble, c'est plutôt joli, mais pas vraiment à mon goût non plus.
Powers n’est pas un comics comme on a l’habitude d’en voir.
Pour commencer, graphiquement on se rapproche de l’esprit (la mode ?) qui règne en ce moment dans certains dessins animés (comme l’a dit Cassidy, Batman et Superman en tête). C’est très cartoony, les traits de Oeming sont larges, la palette de couleurs limitée. Cette association aux dessins animés donne l’impression qu’il s’agit d’un style adapté plutôt à un lectorat jeune.
C’est tout le contraste d’ailleurs avec les histoires, très sombres, dures, bref adultes. Ce contraste est un point important, avec un graphisme plus approprié aux polars urbains, l’effet aurait été moindre, et Powers aurait perdu en originalité.
Autre particularité : le scénariste. Le très prolififique B. M. Bendis est lui aussi en ce moment à la mode dans l’univers comics, même si ses honnêtes prestations ne sont pas toujours à la hauteur de sa réputation. Dans Powers, c’est à du pur Bendis qu’on a droit. Le récit est découpé en une succession de dialogues pleins de répétitions et de nuances de ton, d’humour, mais toujours en répliques courtes et saccadées. Et comme en écho aux dialogues parfois envahissants, les vignettes vides de tout mot prennent de temps à autre une importance capitale. C’est là qu’on se rend compte que le dessin n’est pas si infantile que ça.
Si dans Powers, tout ceci est mené de main de maître, l’entente scénariste / dessinateur doit y être pour beaucoup. La construction du récit est donc impeccable. Là où je l’avoue j’ai le moins accroché, ce sont les histoires elles-mêmes, pas aussi passionnantes que ce en quoi on était en droit de s’attendre, compte tenu des éloges que Powers récolte un peu partout.
Au final, la série est bonne, c’est certain, mais pas exceptionnelle non plus. Elle reste un polar de bonne facture, servi par un contraste graphisme / ambiance original et une technicité sans faille dans l’art de dérouler une intrigue. À lire donc.
Voilà un album qui traîne avec lui un étrange paradoxe. Cette BD est à la fois tristement banale et très originale !
Banale parce que quand on lit l’histoire de Marco, ses préoccupations, ses rapports avec ses parents, avec l’amour, avec le travail, ses rapports avec lui-même en fin de compte, on ne peut pas ne pas faire à un moment ou à un autre le rapprochement avec quelque chose qu’on a nous-mêmes vécu. Avec ce qui nous arrive à tous un jour, dès lors qu’on se pose des questions sur notre vie. Pas de quoi fouetter un chat en somme ! Surtout que Larcenet ne propose ni solution miracle, ni réponses définitives aux questions qu’on se pose.
Originale parce que ce genre de sujet n’est pas ce qu’on a l’habitude de voir dans une BD. Qui l’eut cru : Larcenet arrive à remplir sans forcer (ça aurait même pu être plus long d’ailleurs) 52 pages sans action véritable, sans suspens, sans heurt. Juste un gars un peu paumé qui se débat comme il peut avec le monde pour y trouver sa place. Un gars qui nous livre ses pensées et ses souvenirs. Qui n’a rien d’exceptionnel et qui semble s’en rendre compte et l’accepter avec résignation. L’exact inverse d’une Amélie Poulain. En ce sens, le Combat ordinaire sort de la production courante, car il aborde des thèmes considérés comme peu attractifs.
Grâce à son humour qui sait mêler légèreté et gravité (exemple parfait : quand Marco va voir son père au fond du jardin, une scène vraiment excellente) et à ses dessins très simples mais néanmoins précis et expressifs, Larcenet nous fait passer un bon moment de lecture, c’est indéniable.
Finalement, ce livre est un immense constat, un état des lieux. On le referme et on se dit « c’est comme ça ». On n’a rien appris de neuf, si ce n’est peut-être qu’on n’est pas les seuls dans le cas de Marco.
Whiteout est un bon polar, dont l’action se situe en Antartique. Des meurtres sont commis au sein de la communauté scientifique qui peuple les stations gouvernementales de ce continent glacé et désertique. Une ambiance un peu à la The Thing qui n’est pas pour me déplaire.
Une jeune femme, Carrie Stetko, Marshal de son état, va devoir élucider ce mystère dans ce monde masculin qui fonctionne en vase-clos.
L’intrigue de Rucka est parfaitement bien ficelée et ne laisse aucun moment de répit, ni à ses protagonistes, ni au lecteur. Les personnages sont parfaitement maîtrisés, ce qui semble indispensable pour une histoire de ce type, à l’atmosphère inquiétante et oppressante, où la jeune marshal devra se débattre dans un environnement pétrifié par le froid pour découvrir la vérité.
Le N&B de Lieber fonctionne parfaitement bien dans ce décor immaculé et la mise en page à tendance classique sait ménager quelques effets sympathiques.
En bonus, on a droit à la contribution sous forme d’illustration en tête de chapitres de Mike Mignola (Hellboy) ou Dave Gibbons (Watchmen) par exemple. La palme revenant encore une fois à la couverture signée par l’incontournable Frank Miller (Sin City), qui trouve là l’élément adéquat à son superbe N&B : la neige.
Whiteout est un bon comics, tout simplement. Il mérite d’être découvert.
Marini s’est affirmé comme un artiste d’exception. Le suisse a développé un style simple et beau à la fois, mais surtout très efficace. Servi par un scénario solide de Desberg, il s’attaque donc à l’univers des westerns selon un schéma assez classique (hollywoodien presque !) : un homme seul contre tous.
L’intrigue est donc relativement simple. On sait, on s’attend plus ou moins à ce qui va se passer. On sent venir la confrontation finale au fur et à mesure que la tension monte. On sent bien (et on espère surtout !) qu’entre le héros et la prostituée, il va se passer quelque chose. Et pourtant, ça marche quand même, les effets sont réussis. C’est assez paradoxal, mais malgré le manque de surprise, on ne peut pas s’empêcher d’aimer cette histoire.
Alors bien sûr, si vous détestez les westerns, si la tronche ensablée de Clint Eastwood en cavaliero vous laisse froid dans les westerns-spaghettis des années 70, passez votre chemin.
Dans le cas contraire, n’hésitez pas, vous ne pourrez pas être déçus.
À mon avis, c’est très certainement le talent de Marini qui pèse lourd dans la balance. Son Style cinématographique colle parfaitement au sujet (de même que dans "Rapaces" ou "Le Scorpion" par ailleurs).
Pour résumer, cette série est très agréable, il suffit de se laisser porter par les auteurs. On n’en garde pas forcément des souvenirs exaltés, mais on reste sur une bonne impression, content de notre lecture. Que demander de plus ?
La théorie du chaos, c’est quoi ? C’est l’idée que l’imprévisibilité régit le monde. Que des évènements infimes sont capables de provoquer une chaîne d’actions et de réactions qui peuvent déboucher sur des conclusions énormes en comparaison avec la cause initiale. L’exemple le plus connu, c’est le battement d’ailes d’un papillon qui de fil en aiguille finit par déclencher une tempête à l’autre bout du monde.
C’est une idée très séduisante, il faut bien le reconnaître. Mais pas évident a priori de transposer ça en BD … c’est pourtant ce que Pierre Schelle a réussi à faire dans ce bouquin. Il a choisi pour ce faire d’utiliser une histoire sans parole ou presque, qui nécessite toute l’attention du lecteur puisque seules les images sont là pour nous guider dans la cascade d’évènements qu’il nous propose.
Schelle dessine en N&B, ce qui nous permet d’admirer le trait sûr et maîtrisé de l’auteur. Le découpage des vignettes est varié, adapté au récit et au format assez petit de l’album. Le dessin est très lisible, la construction et la mise en scène sont vraiment très abouties.
Évidemment, il y a le revers de la médaille : ça se lit très vite, trop vite, ce qui ne rend pas justice je trouve à la masse de travail et de réflexion qui se cache derrière ce bouquin … malgré tout, le résultat reste largement positif, ne serait-ce que par la qualité graphique, l’ambition et l’originalité du thème.
Alors oui ce n'est pas la meilleure bd de Bilal, mais les dessins sont bien ceux de Bilal et donc sont superbes.
Le scénario est bien mais sans plus, ça commence bien, voire très bien, mais au fur et à mesure de la lecture le scénario s'essouffle, et quand on a fini, on reste là sans avoir tout compris, il faut la lire plusieurs fois (2 ou 3 fois) avant d'avoir bien compris.
Mais voilà, en tant que fan de Bilal, je trouve ça quand même bien, il faut rappeler tout de même que c'est pas tout jeune et qu'évidemment il faut remettre la bd dans son contexte.
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IAN
Vehlmann est un auteur que j'apprécie particulièrement, ses différentes productions portant la marque d'une grande originalité et de scénarii mûrement réfléchis. Toutefois, l'auteur s'attaque ici à un mythe qui a la vie dure, et qui a maintes fois été exploité jusqu'alors : une Intelligence Artificielle est elle capable de ressentir et d'exprimer des sentiments ? Le premier tome de cette nouvelle série lance bien l'aventure de IAN, même si, vous l'aurez compris, l'opus ne brille pas par son originalité. C'est plutôt du côté de la narration qu'il faut jeter un oeil, qui sans réel défaut parvient à nous tenir en haleine le temps de ces 48 pages. Hélas, même si le sujet de la BD est clair, il passe plutôt en arrière-plan comparé à la mission principale de IAN, qui quant à elle ne s'est pas encore assez révélée pour être particulièrement passionnante. Un bon tome d'intro, donc, mais pas une révélation pour le moment. Le dessin de Ralph Meyer, quant à lui, est plutôt propre. On reconnait très bien son style (que nous avions rencontré dans l'excellente trilogie de Berceuse assassine), et la mise en couleur, particulière, est aussi très recherchée sur certaines planches. Un premier album sympa, donc, d'une série dont j'attends beaucoup... A voir.
Reality Show (Mediacop)
Un bon 3/5, disons 3.5, pour cette fiction du grand et prolifique scénariste Jean David Morvan. Largement inspiré des diverses émissions "Real TV" qui innondent les ondes hertziennes (Loft Story et consorts), l'auteur nous propose ici une vision du futur assez effrayante, contrôlée par les médias, au travers de MediaCops, une émission qui suit en direct les interventions musclées de Baron, flic de choc, qui ne peut s'empêcher de jouer un rôle aux yeux des caméras. Le tout, comme d'habitude, est particulièrement bien mis en scène, sans fausse note. On découvre petit à petit l'organisation de MediaCops, les teneurs de ficelles, et les enjeux importants en terme d'audimat. Morvan, une fois de plus, propose donc sa vision d'un sujet on ne peut plus actuel au travers d'une fiction située dans un futur proche. Mais (et je reproche souvent à cet auteur la même chose), 48 pages, c'est un peu court. Du moins, trop court pour un développement poussé, ce qui oblige Morvan à survoler quelque peu le sujet pour aller à l'essentiel. Mais cette série débute, j'attends donc la suite pour me forger un avis plus clair sur ce point. Le dessin, quant à lui... bon.. il n'est pas laid. Mais pas beau non plus, et la mise en couleur n'arrange pas vraiment les choses. Bien sûr, il passe très bien et sert a merveille le scénario, mais il lui manque à mon sens beaucoup de caractère, d'énergie. Le trait est trop fin en fait, ce qui donne a l'ensemble un petit côté "hésitant", hélas. Toutefois, les différents cadrages sont bien étudiés (du Morvan typique !), rendant l'ensemble cohérent. Un assez bon premier tome, qui lance une série qui promet beaucoup...
Dors, petite fille
Cet album m'a séduit d'entrée, dès la première page. Le dessin, très atypique et que j'ai trouvé très séduisant, suscite une atmosphère glauque, sombre, légèrement floutée, un peu comme un rêve en train de tourner au cauchemar. Sur ce point, "Dors petite fille" est une franche réussite, et on ne peut s'empêcher de frissonner d'angoisse à quelques reprises lors de la lecture. Par contre, ce qui me fait mettre une note moyenne, c'est l'histoire. Simple et efficace, certes, mais surtout simple et directe. On n'a quasiment pas le temps de s'interroger, de se poser des questions, d'échafauder des possiblités, que déjà l'intrigue -- de surcroît pas du tout originale -- est révélée. Le lecteur n'est pas titillé, il est plutôt le "récépteur d'une histoire" qui se déroule presque indépendamment de lui. Je pense que l'auteur peut faire de très bonnes choses, à condition de plus prendre son temps, de développer son sens de la narration, et de plus solliciter l'imagination du lecteur. A lire, cependant, ne serait-ce que pour l'athmosphère oppressante.
L'héritage d'Emilie
Y'a d'l'idée, y'a d'l'idée... L'héritage d'Emilie est une bédé sympa, mais je suis un peu déçu tout de même. Le scénar me semble tissé avec un fil un peu trop gros à mon goût. Le thème et la manière dont il est amené ne me convaiquent pas trop ... bon, la série est encore en cours, donc mon jugement n'est pas définitif... mais j'ai tout de même peur d'être franchement déçu par la suite. Quant au dessin, je le trouve un peu fadasse, mais bon, ce n'est pas rédhibitoire... dans l'ensemble, c'est plutôt joli, mais pas vraiment à mon goût non plus.
Powers
Powers n’est pas un comics comme on a l’habitude d’en voir. Pour commencer, graphiquement on se rapproche de l’esprit (la mode ?) qui règne en ce moment dans certains dessins animés (comme l’a dit Cassidy, Batman et Superman en tête). C’est très cartoony, les traits de Oeming sont larges, la palette de couleurs limitée. Cette association aux dessins animés donne l’impression qu’il s’agit d’un style adapté plutôt à un lectorat jeune. C’est tout le contraste d’ailleurs avec les histoires, très sombres, dures, bref adultes. Ce contraste est un point important, avec un graphisme plus approprié aux polars urbains, l’effet aurait été moindre, et Powers aurait perdu en originalité. Autre particularité : le scénariste. Le très prolififique B. M. Bendis est lui aussi en ce moment à la mode dans l’univers comics, même si ses honnêtes prestations ne sont pas toujours à la hauteur de sa réputation. Dans Powers, c’est à du pur Bendis qu’on a droit. Le récit est découpé en une succession de dialogues pleins de répétitions et de nuances de ton, d’humour, mais toujours en répliques courtes et saccadées. Et comme en écho aux dialogues parfois envahissants, les vignettes vides de tout mot prennent de temps à autre une importance capitale. C’est là qu’on se rend compte que le dessin n’est pas si infantile que ça. Si dans Powers, tout ceci est mené de main de maître, l’entente scénariste / dessinateur doit y être pour beaucoup. La construction du récit est donc impeccable. Là où je l’avoue j’ai le moins accroché, ce sont les histoires elles-mêmes, pas aussi passionnantes que ce en quoi on était en droit de s’attendre, compte tenu des éloges que Powers récolte un peu partout. Au final, la série est bonne, c’est certain, mais pas exceptionnelle non plus. Elle reste un polar de bonne facture, servi par un contraste graphisme / ambiance original et une technicité sans faille dans l’art de dérouler une intrigue. À lire donc.
Le combat ordinaire
Voilà un album qui traîne avec lui un étrange paradoxe. Cette BD est à la fois tristement banale et très originale ! Banale parce que quand on lit l’histoire de Marco, ses préoccupations, ses rapports avec ses parents, avec l’amour, avec le travail, ses rapports avec lui-même en fin de compte, on ne peut pas ne pas faire à un moment ou à un autre le rapprochement avec quelque chose qu’on a nous-mêmes vécu. Avec ce qui nous arrive à tous un jour, dès lors qu’on se pose des questions sur notre vie. Pas de quoi fouetter un chat en somme ! Surtout que Larcenet ne propose ni solution miracle, ni réponses définitives aux questions qu’on se pose. Originale parce que ce genre de sujet n’est pas ce qu’on a l’habitude de voir dans une BD. Qui l’eut cru : Larcenet arrive à remplir sans forcer (ça aurait même pu être plus long d’ailleurs) 52 pages sans action véritable, sans suspens, sans heurt. Juste un gars un peu paumé qui se débat comme il peut avec le monde pour y trouver sa place. Un gars qui nous livre ses pensées et ses souvenirs. Qui n’a rien d’exceptionnel et qui semble s’en rendre compte et l’accepter avec résignation. L’exact inverse d’une Amélie Poulain. En ce sens, le Combat ordinaire sort de la production courante, car il aborde des thèmes considérés comme peu attractifs. Grâce à son humour qui sait mêler légèreté et gravité (exemple parfait : quand Marco va voir son père au fond du jardin, une scène vraiment excellente) et à ses dessins très simples mais néanmoins précis et expressifs, Larcenet nous fait passer un bon moment de lecture, c’est indéniable. Finalement, ce livre est un immense constat, un état des lieux. On le referme et on se dit « c’est comme ça ». On n’a rien appris de neuf, si ce n’est peut-être qu’on n’est pas les seuls dans le cas de Marco.
Whiteout
Whiteout est un bon polar, dont l’action se situe en Antartique. Des meurtres sont commis au sein de la communauté scientifique qui peuple les stations gouvernementales de ce continent glacé et désertique. Une ambiance un peu à la The Thing qui n’est pas pour me déplaire. Une jeune femme, Carrie Stetko, Marshal de son état, va devoir élucider ce mystère dans ce monde masculin qui fonctionne en vase-clos. L’intrigue de Rucka est parfaitement bien ficelée et ne laisse aucun moment de répit, ni à ses protagonistes, ni au lecteur. Les personnages sont parfaitement maîtrisés, ce qui semble indispensable pour une histoire de ce type, à l’atmosphère inquiétante et oppressante, où la jeune marshal devra se débattre dans un environnement pétrifié par le froid pour découvrir la vérité. Le N&B de Lieber fonctionne parfaitement bien dans ce décor immaculé et la mise en page à tendance classique sait ménager quelques effets sympathiques. En bonus, on a droit à la contribution sous forme d’illustration en tête de chapitres de Mike Mignola (Hellboy) ou Dave Gibbons (Watchmen) par exemple. La palme revenant encore une fois à la couverture signée par l’incontournable Frank Miller (Sin City), qui trouve là l’élément adéquat à son superbe N&B : la neige. Whiteout est un bon comics, tout simplement. Il mérite d’être découvert.
l'Etoile du Désert
Marini s’est affirmé comme un artiste d’exception. Le suisse a développé un style simple et beau à la fois, mais surtout très efficace. Servi par un scénario solide de Desberg, il s’attaque donc à l’univers des westerns selon un schéma assez classique (hollywoodien presque !) : un homme seul contre tous. L’intrigue est donc relativement simple. On sait, on s’attend plus ou moins à ce qui va se passer. On sent venir la confrontation finale au fur et à mesure que la tension monte. On sent bien (et on espère surtout !) qu’entre le héros et la prostituée, il va se passer quelque chose. Et pourtant, ça marche quand même, les effets sont réussis. C’est assez paradoxal, mais malgré le manque de surprise, on ne peut pas s’empêcher d’aimer cette histoire. Alors bien sûr, si vous détestez les westerns, si la tronche ensablée de Clint Eastwood en cavaliero vous laisse froid dans les westerns-spaghettis des années 70, passez votre chemin. Dans le cas contraire, n’hésitez pas, vous ne pourrez pas être déçus. À mon avis, c’est très certainement le talent de Marini qui pèse lourd dans la balance. Son Style cinématographique colle parfaitement au sujet (de même que dans "Rapaces" ou "Le Scorpion" par ailleurs). Pour résumer, cette série est très agréable, il suffit de se laisser porter par les auteurs. On n’en garde pas forcément des souvenirs exaltés, mais on reste sur une bonne impression, content de notre lecture. Que demander de plus ?
La théorie du chaos
La théorie du chaos, c’est quoi ? C’est l’idée que l’imprévisibilité régit le monde. Que des évènements infimes sont capables de provoquer une chaîne d’actions et de réactions qui peuvent déboucher sur des conclusions énormes en comparaison avec la cause initiale. L’exemple le plus connu, c’est le battement d’ailes d’un papillon qui de fil en aiguille finit par déclencher une tempête à l’autre bout du monde. C’est une idée très séduisante, il faut bien le reconnaître. Mais pas évident a priori de transposer ça en BD … c’est pourtant ce que Pierre Schelle a réussi à faire dans ce bouquin. Il a choisi pour ce faire d’utiliser une histoire sans parole ou presque, qui nécessite toute l’attention du lecteur puisque seules les images sont là pour nous guider dans la cascade d’évènements qu’il nous propose. Schelle dessine en N&B, ce qui nous permet d’admirer le trait sûr et maîtrisé de l’auteur. Le découpage des vignettes est varié, adapté au récit et au format assez petit de l’album. Le dessin est très lisible, la construction et la mise en scène sont vraiment très abouties. Évidemment, il y a le revers de la médaille : ça se lit très vite, trop vite, ce qui ne rend pas justice je trouve à la masse de travail et de réflexion qui se cache derrière ce bouquin … malgré tout, le résultat reste largement positif, ne serait-ce que par la qualité graphique, l’ambition et l’originalité du thème.
Exterminateur 17
Alors oui ce n'est pas la meilleure bd de Bilal, mais les dessins sont bien ceux de Bilal et donc sont superbes. Le scénario est bien mais sans plus, ça commence bien, voire très bien, mais au fur et à mesure de la lecture le scénario s'essouffle, et quand on a fini, on reste là sans avoir tout compris, il faut la lire plusieurs fois (2 ou 3 fois) avant d'avoir bien compris. Mais voilà, en tant que fan de Bilal, je trouve ça quand même bien, il faut rappeler tout de même que c'est pas tout jeune et qu'évidemment il faut remettre la bd dans son contexte.