L'auteur de cet album est architecte et l'histoire racontée dans ce livre s'inspire pleinement de sa propre expérience. Enzo tout juste diplômé intègre en stage une prestigieuse agence parisienne. Au travers des quelques mois qu'il va passer à travailler sur le projet du musée d'art contemporain de Shangaï nous allons découvrir le quotidien d'un jeune architecte. Et autant dire que ce qu'il va nous raconter ne fait pas envie, en tout cas ça parait bien loin d'un métier de rêve.
L'enthousiasme du premier jour d'embauche disparait bien vite, pour laisser la place à un univers sous pression, entre exploitation et harcèlement. Bien loin du job de rêve. On a presque du mal à y croire tant ça parait fort et les personnages clichés. Le petit chefaillon qui traite ses collègues comme des moins que rien, qui donne des ordres, qui impose son point de vue est un personnage totalement détestable. On a du mal à croire que notre jeune stagiaire n'ai pas envie de jeter l'éponge au bout d'une semaine. Pourquoi accepter un tel traitement ? Comment est ce possible que personne n'ait encore envoyé balader un tel bonhomme ? Comment est possible qu'un jeune embauché passe autant de nuits à bosser, avec des responsabilités, alors qu'il est débutant complet ?
Je ne sais pas à quel point c'est autobiographique et quelle est la part de fiction, mais en tout cas l'ambiance au sein de l'agence ne fait pas envie. Et du coup malheureusement cet aspect prend un peu trop de place dans le récit. L'auteur retranscrit sans doute des souffrances vécues, mais ça aurait été tellement plus chouette de nous faire rêver un peu avec la dimension créative que nécessite un projet comme la création d'un musée.
D'ailleurs graphiquement il y a au début une planche très sympa qui intègre un plan de bâtiment à la mise en page. Mais malheureusement on ne retrouvera ce genre d'astuce qu'une fois ou deux, avec des plans de coupe intégrés aux cases de la BD. C'est typiquement le genre d'album où on pouvait espérer une mise en page et un découpage original. Mais cela reste assez sage et conventionnel.
Au final c'est interessant de découvrir l'intérieur d'une agence d'architecture mais le climat malsain qui règne dans celle-ci est un peu trop présent et un peu trop oppressant pour m'enthousiasmer pleinement.
La collection lépidoptère impose un petit format avec un nombre de pages limité (ici 30). Evidemment il peut en résulter un petit diamant comme le chat botté de Nancy Peña qui concentre à la fois ses qualités narratives, littéraires, graphique et d'humour.
Malheureusement la brièveté de l'exercice rend souvent un travail assez superficiel dans un ou plusieurs de ces domaines. C'est le cas de la série de Nicolas Moog qui n'est pourtant pas dénuée de qualités.
J'ai aimé la fluidité et la vivacité du récit même si l'auteur aborde plusieurs thématiques de façon superficielle. Moog réussit bien à décrire une ambiance de musicos ambulants qu'il affectionne particulièrement. Par ailleurs l'histoire de rose est assez commune et les amateurs de tatouages risquent d'être déçus.
Le graphisme m'a paru minimaliste avec un minimum de décors. Malgré cela les expressions sont sympas et les différents personnages attachants. Le trait souple reste agréable.
Un petit ouvrage qui se lit en dix minutes aussi léger qu'un papillon. Difficile à noter, un 3 tout léger.
Cette BD est l'adaptation d'un roman jeunesse dont la trame de base rappelle beaucoup Harry Potter mais en transformant son contexte en une ambiance angoissante et mystérieuse... et ayant été écrite avant l'oeuvre de JK Rowling, soit dit en passant.
Maltraité dans sa famille, le jeune David reçoit un jour une lettre lui proposant d'intégrer un collège très spécial. Embarquant à bord du train qui l'y mène, il va faire la connaissance de ses deux nouveaux amis, un garçon et une fille qui vont être dans sa classe. Et une fois arrivé sur place, ils découvrent un lycée où règne une ambiance magique, avec des professeurs visiblement vampires, loups-garous et autres momies. Mais contrairement à l'ambiance enchantée de Harry Potter, ici tout est bien plus sombre et angoissant, et les trois collégiens vont devoir faire une alliance, eux contre le collège, pour se protéger et s'enfuir en cas de besoin. Sauf que les choses ne sont pas comme ils l'imaginaient...
Malgré les très fortes similitudes avec l'oeuvre de JK Rowling, j'ai plutôt apprécié cette BD et son ambiance plus originale, celle de ces récits d'angoisse où le héros est enfermé dans le pensionnat d'une école trop spéciale qui lui cache bien des mystères.
Le graphisme est charmant avec une jolie personnalité et certaines planches très esthétiques, dans un esprit se rapprochant des illustrations pour la jeunesse.
L'histoire m'a bien plu sur les deux tiers de l'album, tant que règne le mystère et le suspens. Plus la fin s'approche, plus les choses se simplifient toutefois et j'ai trouvé la conclusion du premier tome un peu facile et trop gentille. Je m'attendais à quelque chose d'un peu moins enfantin.
Mais j'ai quand même bien aimé et je suis curieux de lire la suite s'il y en a une.
La couverture de ce tome a directement attiré mon regard et appréciant tout particulièrement Jarry, je n'ai pas pu résister à l'achat.
Mélanger 2 univers aussi différents peut être assez risqué, rappelez vous de "Cowboys vs envahisseurs".
Mais ici, cela semble bien fonctionner.
Le dessin est magnifique, l'histoire cohérente et bien ancrée dans le contexte de la WW2.
J'attends la suite pour voir si la série va dépasser le stade du "bon concept" pour devenir une "bonne série".
3 étoiles
MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
J'ai lu cette bd dans la collection Atomium publiée par Atomic Strip en 1983.
Pour le coup, l'histoire de Pinocchio est complètement revisitée. Comme souligné ci-avant, ce conte s'apparente plus à celui de Frankenstein. Il n'est point ici question de petit garçon désobéissant mais plutôt d'un monstre sans états d'âme. La noirceur du récit est renforcée par l'issue inéluctable qui se profile. Foerster propose un récit sombre et violent mais où rien est gratuit. En effet, le montre Pinocchio est enfanté par le rejet et la méchanceté des villageois envers la lilliputienne. La violence appelle la violence ... et cela ne peut que se finir tragiquement. Finalement, on récolte ce que l'on sème.
Récit court, comme tous ceux de la collection Atomium, mais rehaussé du trait de Foerster. A lire si l'occasion se présente ...
Je n'en ai lu que huit épisodes, n'ayant pas été convaincu par la pertinence de la version papier de cet ovni dramatico-Goldoresque qui, sous sa forme originelle d'Animé, m'a pourtant obsédé et fasciné pendant assez longtemps pour se détacher plutôt nettement sur l'ensemble de mes coups de cœurs d'adulte pour une histoire de S.F.
Obsédé par la mise en scène du sujet, si originalement exposé via des ellipses narratives privilégiant l'intime plutôt que l'action : épisodes riches d'intérêts et extrêmement bien présentés, sinon complètement inédits dans le genre ; et imposés autant par les choix artistiques des auteurs que par les circonstances plus prosaïques de la production de la série télévisée. Les nombreux plans fixes, si économiques (!), demeurent l'une des exploitations les plus réussies -et les plus culottés !- d'une contrainte budgétaire dans le genre du dessin animé ; et jouent énormément dans la spécificité du rythme et son unicité si puissante.
Fasciné par l'esthétique de l'ensemble, aussi surprenante et déroutante qu'elle semble pour les visages des personnages (pour un spectateur occasionnel du médium Nippon) que séduisante et franchement nouvelle (à l'époque) pour tout ce qui concerne le design, Mécha & Plug-Suit en tête ; et, bien sûr, nos gros Anges, autant belliqueux qu'improbables, bien souvent...
La bonne nouvelle, c'est que le Chara-designer de la série Télé assume la partie graphique du Manga imprimé, et le résultat est très réussi : l'élégance de son encrage (ces incroyables courbes "en creux" ?!) si délicat nous permet d'admirer ses réalisations en prenant tout notre temps et, même si cela change un peu radicalement le ton du récit en comparaison de l'Animé, les personnages bénéficient tous d'une palette bien plus étendue quant au rendu de leurs expressions. Du très beau travail qui ne peut que ravir le fan original. Les couvertures, magnifiques, font vraiment regretter le format : heureusement, il y a les Art-Books !
Là où l'approche est un peu plus délicate, c'est que ce médium-ci offre d'avantage de "temporalité" au récit et, fatalement, l'auteur s'en sert pour essayer d'enrichir ses scènes ; notamment au travers de nombreux dialogues qui, non seulement exposent bien trop "l'action" en cours (classique pour un Manga, dont la traduction est souvent très littérale...) mais, surtout, tendent à transformer un peu-beaucoup la perception que l'on a des héros ; quitte à les éloigner assez radicalement de leur incarnation originelle. Le procédé est, de mon point de vue, dommageable aux relations entretenues par ces derniers (alors qu'elles sont si subtilement exposées dans l'Animé) et, à mon grand regret, définitivement fatal pour Shinji et Rei. Incroyablement bavards (un comble pour cette dernière !), deux des principaux personnages s'en trouvent carrément transformés et, dans le cas de Shinji, la métamorphose est plutôt rédhibitoire : l'adolescent inhibé/dépressif, mais pourtant concerné et hyper-sensible, devient ainsi une sorte de provocateur passif/agressif moyennement sympathique dont les réactions sont beaucoup moins faciles à suivre.
L'histoire en elle-même s'éloigne de l'atmosphère expérimentale/psychologique originelle en essayant d’approfondir l'intrigue S.F. constituée par l'existence des Anges ; mais le fourre-tout (flou !) du sujet semble trop vaste pour fédérer d'avantage qu'une simple curiosité passagère -et ça demeure quand même très racoleur côté dramaturgie (la face de gâteau d'anniversaire de Kaworu et le régime si spécial de Gendo...!) sans amener plus d'éclaircissements que la série Télé qui, au demeurant et étant donnée sa fin abrégée complètement surréaliste mais particulièrement raccord avec la volonté très anticonformiste de ses auteurs, se suffisait finalement à elle-même.
Un travail de qualité, néanmoins : pour les aficionados collectionneurs.
Qui n'a jamais entendu parler de Lemmy Kilmister et de son groupe emblématique, Motörhead ? Que l'on en soit fan ou pas, il s'agit là d'un groupe incontournable qui, par son approche et sa sincérité, a influencé un nombre impressionnant de musiciens de la scène rock.
Cet album se consacre à la première partie de la carrière de Lemmy Kilmister et se clôture alors que Motörhead commence seulement à connaitre le succès. Plus qu'une biographie analytique, il s'applique surtout à nous dévoiler la caractère hautement sex, drugs & rock'n'roll de Lemmy et de ses compagnons. C'est d'ailleurs Lemmy Kilmister (du moins son personnages dans le comics) qui se charge de la narration, revenant sur les principales étapes de sa jeunesse et de ses débuts comme roadie puis musicien.
Si sa sincérité, le respect qu'il affichait tant pour son public que pour ses roadies, et sa rage de réussir sont admirables, on ne peut cependant pas dire que le personnage ressorte grandi de cet album. Ses excès, la manière dont il considérait les femmes (juste du sexe, pas d'attaches), son comportement au quotidien en font un symbole de la face sombre des rockeurs.
La mise en image privilégie les grandes illustrations. Le dessin (réalisé par une équipe de dessinateurs et de coloristes) est très homogène et de bonne qualité. On reconnait assez aisément les différents protagonistes et les décors nous replongent bien dans une époque et les lieux visités.
Pas mal, en résumé. un peu léger pour que je monte ma note un cran plus haut mais il s'agit d'une évocation assez réussie de l'état d'esprit général de Lemmy Kilmister et de ses galères des premières années. Si vous ne connaissez pas le personnage, c'est une bonne première approche (à compléter avec une écoute de quelques uns de ses titres emblématiques).
Sympathique histoire, très blockbuster dans son style, qui joue dans un cadre très classique de fantasy. Disons que ça ne vole pas plus haut que ça mais que ça ne descend jamais dans les abysses non plus.
L'histoire est intéressante, pourvue de quelques rebondissements sympathiques et d'une trame qui se déroule jusqu'à un final attendu mais efficace. Il y a de l'action, de l'humour, des jeux de mots sympathiques, quelques passages qui m'ont bien amusés, un zeste d'érotisme parce qu'on reste chez Soleil, et puis l'ensemble se tient. Je ne dirais pas que c'est formidable mais ce n'est clairement pas honteux. On passe un bon moment dans l'histoire, on en sort amusé et divertit, mais sans aucun réel plus. Je pense que ce n'est pas le genre d'histoire qui attends autre chose que ce pur moment de divertissement.
Le dessin est sympathique et je reconnais une certaine patte au dessinateur. Il s'est fait efficace dans la narration, mais j'ai parfois eu l'impression qu'il s'est limité à un gaufrier traditionnel qui ne permets pas de réellement laisser libre cours à son inventivité.
En somme, une bonne série de divertissement, pas recommandée mais qui saura divertir son public.
Je ne pensais pas tant accrocher à ce manga, j’ai enchaîné les tomes sans lassitude et avec un certain plaisir.
Une idée de base classique pour un isekai (réincarnation dans un monde de Fantasy) mais avec pas mal d’éléments farfelus qui pimentent un peu l’affaire.
Si l’histoire s’attache principalement à notre héroïne, elle ne sera pas la seule terrienne dans ce nouveau monde, en effet sa classe complète (prof inclus) a subi le même destin. Nous en découvrirons quelques-uns au cours de l’aventure. Mais la bonne idée du scénario n’est pas de les réincarner systématiquement dans un corps humain, en plus d’intégrer un gros côté RPG.
Nous suivrons ainsi la réincarnation de l’héroïne dans le corps d’une araignée ?! Une idée saugrenue qui peut faire tiquer mais finalement je me suis très facilement prêté au jeu.
Le dessin est sympa, ça ne manque pas d’humour mais c’est surtout l’évolution de notre araignée qui est agréable à suivre. Malgré des débuts difficiles, elle gagnera vite en statistiques et compétences pour se confronter à ce nouveau monde dangereux, je trouve cette partie cliché mais bien rendue, un petit plaisir coupable d’autant si vous êtes amateurs du genre.
Bon après, il y a bien quelques défauts inhérents au genre, c’est anecdotique et pas bien profond comme histoire, et surtout ça se traîne bien. Il faudra attendre 10 tomes avant de voir notre araignée quitter son labyrinthe et avoir enfin des interactions (et nouveaux enjeux) avec le monde extérieur… il était temps de passer à autre chose que de la survie, reste que l’aventure est bien relancée.
Je n’en conseille absolument pas l’achat mais du divertissement honnête. A essayer si vous aimez le genre, j’ai trouvé ça plus marrant et original que d’autres isekai lus.
J'ai découvert Efix avec son Putain d'usine et je me suis trouvé devant cette BD que j'ai décidé de lire pour voir. Et effectivement, c'est court mais c'est bon !
Sur une trentaine de pages, pas plus, dans des cases grandes et pas toujours encombrée de texte, l'auteur raconte une histoire d'amour simple. Elle l'aime, elle a 22 ans, il l'aime, il est marié. Il a 37 ans, elle est excentrique. Elle aime la vie, ils s'aiment. Et puis voila. C'est court, c'est rempli de petits moments forts, le genre de moments qu'on a envie de voir dans une histoire d'amour certes joli mais tout de même triste, qui ne peut pas bien finir.
C'est joliment raconté, donc, mais court. Un écueil qui m'empêche de noter plus large, parce que même si c'est bien, on est quand même assez vite au bout de la lecture et c'est dommage. Aurait-on pu avoir plus ? Pas sur. Mais c'est déjà très bien comme ça, je n'en demande pas plus. Un bon moment de lecture me suffit.
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Je suis charrette - Vie d'architecte
L'auteur de cet album est architecte et l'histoire racontée dans ce livre s'inspire pleinement de sa propre expérience. Enzo tout juste diplômé intègre en stage une prestigieuse agence parisienne. Au travers des quelques mois qu'il va passer à travailler sur le projet du musée d'art contemporain de Shangaï nous allons découvrir le quotidien d'un jeune architecte. Et autant dire que ce qu'il va nous raconter ne fait pas envie, en tout cas ça parait bien loin d'un métier de rêve. L'enthousiasme du premier jour d'embauche disparait bien vite, pour laisser la place à un univers sous pression, entre exploitation et harcèlement. Bien loin du job de rêve. On a presque du mal à y croire tant ça parait fort et les personnages clichés. Le petit chefaillon qui traite ses collègues comme des moins que rien, qui donne des ordres, qui impose son point de vue est un personnage totalement détestable. On a du mal à croire que notre jeune stagiaire n'ai pas envie de jeter l'éponge au bout d'une semaine. Pourquoi accepter un tel traitement ? Comment est ce possible que personne n'ait encore envoyé balader un tel bonhomme ? Comment est possible qu'un jeune embauché passe autant de nuits à bosser, avec des responsabilités, alors qu'il est débutant complet ? Je ne sais pas à quel point c'est autobiographique et quelle est la part de fiction, mais en tout cas l'ambiance au sein de l'agence ne fait pas envie. Et du coup malheureusement cet aspect prend un peu trop de place dans le récit. L'auteur retranscrit sans doute des souffrances vécues, mais ça aurait été tellement plus chouette de nous faire rêver un peu avec la dimension créative que nécessite un projet comme la création d'un musée. D'ailleurs graphiquement il y a au début une planche très sympa qui intègre un plan de bâtiment à la mise en page. Mais malheureusement on ne retrouvera ce genre d'astuce qu'une fois ou deux, avec des plans de coupe intégrés aux cases de la BD. C'est typiquement le genre d'album où on pouvait espérer une mise en page et un découpage original. Mais cela reste assez sage et conventionnel. Au final c'est interessant de découvrir l'intérieur d'une agence d'architecture mais le climat malsain qui règne dans celle-ci est un peu trop présent et un peu trop oppressant pour m'enthousiasmer pleinement.
Rose & les tatoués
La collection lépidoptère impose un petit format avec un nombre de pages limité (ici 30). Evidemment il peut en résulter un petit diamant comme le chat botté de Nancy Peña qui concentre à la fois ses qualités narratives, littéraires, graphique et d'humour. Malheureusement la brièveté de l'exercice rend souvent un travail assez superficiel dans un ou plusieurs de ces domaines. C'est le cas de la série de Nicolas Moog qui n'est pourtant pas dénuée de qualités. J'ai aimé la fluidité et la vivacité du récit même si l'auteur aborde plusieurs thématiques de façon superficielle. Moog réussit bien à décrire une ambiance de musicos ambulants qu'il affectionne particulièrement. Par ailleurs l'histoire de rose est assez commune et les amateurs de tatouages risquent d'être déçus. Le graphisme m'a paru minimaliste avec un minimum de décors. Malgré cela les expressions sont sympas et les différents personnages attachants. Le trait souple reste agréable. Un petit ouvrage qui se lit en dix minutes aussi léger qu'un papillon. Difficile à noter, un 3 tout léger.
L'Île du Crâne
Cette BD est l'adaptation d'un roman jeunesse dont la trame de base rappelle beaucoup Harry Potter mais en transformant son contexte en une ambiance angoissante et mystérieuse... et ayant été écrite avant l'oeuvre de JK Rowling, soit dit en passant. Maltraité dans sa famille, le jeune David reçoit un jour une lettre lui proposant d'intégrer un collège très spécial. Embarquant à bord du train qui l'y mène, il va faire la connaissance de ses deux nouveaux amis, un garçon et une fille qui vont être dans sa classe. Et une fois arrivé sur place, ils découvrent un lycée où règne une ambiance magique, avec des professeurs visiblement vampires, loups-garous et autres momies. Mais contrairement à l'ambiance enchantée de Harry Potter, ici tout est bien plus sombre et angoissant, et les trois collégiens vont devoir faire une alliance, eux contre le collège, pour se protéger et s'enfuir en cas de besoin. Sauf que les choses ne sont pas comme ils l'imaginaient... Malgré les très fortes similitudes avec l'oeuvre de JK Rowling, j'ai plutôt apprécié cette BD et son ambiance plus originale, celle de ces récits d'angoisse où le héros est enfermé dans le pensionnat d'une école trop spéciale qui lui cache bien des mystères. Le graphisme est charmant avec une jolie personnalité et certaines planches très esthétiques, dans un esprit se rapprochant des illustrations pour la jeunesse. L'histoire m'a bien plu sur les deux tiers de l'album, tant que règne le mystère et le suspens. Plus la fin s'approche, plus les choses se simplifient toutefois et j'ai trouvé la conclusion du premier tome un peu facile et trop gentille. Je m'attendais à quelque chose d'un peu moins enfantin. Mais j'ai quand même bien aimé et je suis curieux de lire la suite s'il y en a une.
Guerres & Dragons
La couverture de ce tome a directement attiré mon regard et appréciant tout particulièrement Jarry, je n'ai pas pu résister à l'achat. Mélanger 2 univers aussi différents peut être assez risqué, rappelez vous de "Cowboys vs envahisseurs". Mais ici, cela semble bien fonctionner. Le dessin est magnifique, l'histoire cohérente et bien ancrée dans le contexte de la WW2. J'attends la suite pour voir si la série va dépasser le stade du "bon concept" pour devenir une "bonne série". 3 étoiles MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
Pinocchio (Foerster)
J'ai lu cette bd dans la collection Atomium publiée par Atomic Strip en 1983. Pour le coup, l'histoire de Pinocchio est complètement revisitée. Comme souligné ci-avant, ce conte s'apparente plus à celui de Frankenstein. Il n'est point ici question de petit garçon désobéissant mais plutôt d'un monstre sans états d'âme. La noirceur du récit est renforcée par l'issue inéluctable qui se profile. Foerster propose un récit sombre et violent mais où rien est gratuit. En effet, le montre Pinocchio est enfanté par le rejet et la méchanceté des villageois envers la lilliputienne. La violence appelle la violence ... et cela ne peut que se finir tragiquement. Finalement, on récolte ce que l'on sème. Récit court, comme tous ceux de la collection Atomium, mais rehaussé du trait de Foerster. A lire si l'occasion se présente ...
Neon Genesis Evangelion
Je n'en ai lu que huit épisodes, n'ayant pas été convaincu par la pertinence de la version papier de cet ovni dramatico-Goldoresque qui, sous sa forme originelle d'Animé, m'a pourtant obsédé et fasciné pendant assez longtemps pour se détacher plutôt nettement sur l'ensemble de mes coups de cœurs d'adulte pour une histoire de S.F. Obsédé par la mise en scène du sujet, si originalement exposé via des ellipses narratives privilégiant l'intime plutôt que l'action : épisodes riches d'intérêts et extrêmement bien présentés, sinon complètement inédits dans le genre ; et imposés autant par les choix artistiques des auteurs que par les circonstances plus prosaïques de la production de la série télévisée. Les nombreux plans fixes, si économiques (!), demeurent l'une des exploitations les plus réussies -et les plus culottés !- d'une contrainte budgétaire dans le genre du dessin animé ; et jouent énormément dans la spécificité du rythme et son unicité si puissante. Fasciné par l'esthétique de l'ensemble, aussi surprenante et déroutante qu'elle semble pour les visages des personnages (pour un spectateur occasionnel du médium Nippon) que séduisante et franchement nouvelle (à l'époque) pour tout ce qui concerne le design, Mécha & Plug-Suit en tête ; et, bien sûr, nos gros Anges, autant belliqueux qu'improbables, bien souvent... La bonne nouvelle, c'est que le Chara-designer de la série Télé assume la partie graphique du Manga imprimé, et le résultat est très réussi : l'élégance de son encrage (ces incroyables courbes "en creux" ?!) si délicat nous permet d'admirer ses réalisations en prenant tout notre temps et, même si cela change un peu radicalement le ton du récit en comparaison de l'Animé, les personnages bénéficient tous d'une palette bien plus étendue quant au rendu de leurs expressions. Du très beau travail qui ne peut que ravir le fan original. Les couvertures, magnifiques, font vraiment regretter le format : heureusement, il y a les Art-Books ! Là où l'approche est un peu plus délicate, c'est que ce médium-ci offre d'avantage de "temporalité" au récit et, fatalement, l'auteur s'en sert pour essayer d'enrichir ses scènes ; notamment au travers de nombreux dialogues qui, non seulement exposent bien trop "l'action" en cours (classique pour un Manga, dont la traduction est souvent très littérale...) mais, surtout, tendent à transformer un peu-beaucoup la perception que l'on a des héros ; quitte à les éloigner assez radicalement de leur incarnation originelle. Le procédé est, de mon point de vue, dommageable aux relations entretenues par ces derniers (alors qu'elles sont si subtilement exposées dans l'Animé) et, à mon grand regret, définitivement fatal pour Shinji et Rei. Incroyablement bavards (un comble pour cette dernière !), deux des principaux personnages s'en trouvent carrément transformés et, dans le cas de Shinji, la métamorphose est plutôt rédhibitoire : l'adolescent inhibé/dépressif, mais pourtant concerné et hyper-sensible, devient ainsi une sorte de provocateur passif/agressif moyennement sympathique dont les réactions sont beaucoup moins faciles à suivre. L'histoire en elle-même s'éloigne de l'atmosphère expérimentale/psychologique originelle en essayant d’approfondir l'intrigue S.F. constituée par l'existence des Anges ; mais le fourre-tout (flou !) du sujet semble trop vaste pour fédérer d'avantage qu'une simple curiosité passagère -et ça demeure quand même très racoleur côté dramaturgie (la face de gâteau d'anniversaire de Kaworu et le régime si spécial de Gendo...!) sans amener plus d'éclaircissements que la série Télé qui, au demeurant et étant donnée sa fin abrégée complètement surréaliste mais particulièrement raccord avec la volonté très anticonformiste de ses auteurs, se suffisait finalement à elle-même. Un travail de qualité, néanmoins : pour les aficionados collectionneurs.
Motörhead - La Naissance du groupe le plus bruyant du monde
Qui n'a jamais entendu parler de Lemmy Kilmister et de son groupe emblématique, Motörhead ? Que l'on en soit fan ou pas, il s'agit là d'un groupe incontournable qui, par son approche et sa sincérité, a influencé un nombre impressionnant de musiciens de la scène rock. Cet album se consacre à la première partie de la carrière de Lemmy Kilmister et se clôture alors que Motörhead commence seulement à connaitre le succès. Plus qu'une biographie analytique, il s'applique surtout à nous dévoiler la caractère hautement sex, drugs & rock'n'roll de Lemmy et de ses compagnons. C'est d'ailleurs Lemmy Kilmister (du moins son personnages dans le comics) qui se charge de la narration, revenant sur les principales étapes de sa jeunesse et de ses débuts comme roadie puis musicien. Si sa sincérité, le respect qu'il affichait tant pour son public que pour ses roadies, et sa rage de réussir sont admirables, on ne peut cependant pas dire que le personnage ressorte grandi de cet album. Ses excès, la manière dont il considérait les femmes (juste du sexe, pas d'attaches), son comportement au quotidien en font un symbole de la face sombre des rockeurs. La mise en image privilégie les grandes illustrations. Le dessin (réalisé par une équipe de dessinateurs et de coloristes) est très homogène et de bonne qualité. On reconnait assez aisément les différents protagonistes et les décors nous replongent bien dans une époque et les lieux visités. Pas mal, en résumé. un peu léger pour que je monte ma note un cran plus haut mais il s'agit d'une évocation assez réussie de l'état d'esprit général de Lemmy Kilmister et de ses galères des premières années. Si vous ne connaissez pas le personnage, c'est une bonne première approche (à compléter avec une écoute de quelques uns de ses titres emblématiques).
Ogres
Sympathique histoire, très blockbuster dans son style, qui joue dans un cadre très classique de fantasy. Disons que ça ne vole pas plus haut que ça mais que ça ne descend jamais dans les abysses non plus. L'histoire est intéressante, pourvue de quelques rebondissements sympathiques et d'une trame qui se déroule jusqu'à un final attendu mais efficace. Il y a de l'action, de l'humour, des jeux de mots sympathiques, quelques passages qui m'ont bien amusés, un zeste d'érotisme parce qu'on reste chez Soleil, et puis l'ensemble se tient. Je ne dirais pas que c'est formidable mais ce n'est clairement pas honteux. On passe un bon moment dans l'histoire, on en sort amusé et divertit, mais sans aucun réel plus. Je pense que ce n'est pas le genre d'histoire qui attends autre chose que ce pur moment de divertissement. Le dessin est sympathique et je reconnais une certaine patte au dessinateur. Il s'est fait efficace dans la narration, mais j'ai parfois eu l'impression qu'il s'est limité à un gaufrier traditionnel qui ne permets pas de réellement laisser libre cours à son inventivité. En somme, une bonne série de divertissement, pas recommandée mais qui saura divertir son public.
So I'm a Spider, so what?
Je ne pensais pas tant accrocher à ce manga, j’ai enchaîné les tomes sans lassitude et avec un certain plaisir. Une idée de base classique pour un isekai (réincarnation dans un monde de Fantasy) mais avec pas mal d’éléments farfelus qui pimentent un peu l’affaire. Si l’histoire s’attache principalement à notre héroïne, elle ne sera pas la seule terrienne dans ce nouveau monde, en effet sa classe complète (prof inclus) a subi le même destin. Nous en découvrirons quelques-uns au cours de l’aventure. Mais la bonne idée du scénario n’est pas de les réincarner systématiquement dans un corps humain, en plus d’intégrer un gros côté RPG. Nous suivrons ainsi la réincarnation de l’héroïne dans le corps d’une araignée ?! Une idée saugrenue qui peut faire tiquer mais finalement je me suis très facilement prêté au jeu. Le dessin est sympa, ça ne manque pas d’humour mais c’est surtout l’évolution de notre araignée qui est agréable à suivre. Malgré des débuts difficiles, elle gagnera vite en statistiques et compétences pour se confronter à ce nouveau monde dangereux, je trouve cette partie cliché mais bien rendue, un petit plaisir coupable d’autant si vous êtes amateurs du genre. Bon après, il y a bien quelques défauts inhérents au genre, c’est anecdotique et pas bien profond comme histoire, et surtout ça se traîne bien. Il faudra attendre 10 tomes avant de voir notre araignée quitter son labyrinthe et avoir enfin des interactions (et nouveaux enjeux) avec le monde extérieur… il était temps de passer à autre chose que de la survie, reste que l’aventure est bien relancée. Je n’en conseille absolument pas l’achat mais du divertissement honnête. A essayer si vous aimez le genre, j’ai trouvé ça plus marrant et original que d’autres isekai lus.
K une jolie comète
J'ai découvert Efix avec son Putain d'usine et je me suis trouvé devant cette BD que j'ai décidé de lire pour voir. Et effectivement, c'est court mais c'est bon ! Sur une trentaine de pages, pas plus, dans des cases grandes et pas toujours encombrée de texte, l'auteur raconte une histoire d'amour simple. Elle l'aime, elle a 22 ans, il l'aime, il est marié. Il a 37 ans, elle est excentrique. Elle aime la vie, ils s'aiment. Et puis voila. C'est court, c'est rempli de petits moments forts, le genre de moments qu'on a envie de voir dans une histoire d'amour certes joli mais tout de même triste, qui ne peut pas bien finir. C'est joliment raconté, donc, mais court. Un écueil qui m'empêche de noter plus large, parce que même si c'est bien, on est quand même assez vite au bout de la lecture et c'est dommage. Aurait-on pu avoir plus ? Pas sur. Mais c'est déjà très bien comme ça, je n'en demande pas plus. Un bon moment de lecture me suffit.