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Couverture de la série Le Bol maudit
Le Bol maudit

Même si l’album n’a été publié qu’en 1982, les histoires qui le composent datent du début des années 1970. On a là les débuts d’un grand auteur, dont je suis friand. Une bonne partie de ces histoires ont été ensuite reprises dans "Mémoires d’autres temps". On a là un mélange de Fantastique et de SF (d’où le caractère relativement inclassable de l’ensemble) très marqué par son époque, et par les auteurs que Bilal côtoyait à l’époque. On retrouve pas mal de points communs (sujet et traitement) avec le travail de Moebius/Giraud et, sur la dernière histoire, avec Druillet (en particulier le dessin baroque, très chargé – et très beau !). Les premières histoires sont très marquées par Lovecraft, c’est du fantastique pur, un peu sur le même modèle. Puis peu à peu les histoires sont plus SF (un peu de fantastique reste encore quand même). Toutes les histoires se laissent lire, même si elles sont inégales, et souvent un peu trop courtes. Mais le dessin (où l’on ne voit pas encore le style qui signera ses oeuvres futures) est très bon. Un Noir et Blanc très classique et très années 70, que j’aime vraiment beaucoup (certaines planches sont superbes – et pas seulement dans la dernière histoire où là son trait éclate vraiment). Un album difficile à trouver, à réserver aux amateurs du grand Bilal (sinon, l’anthologie citée plus haut vous permet de découvrir ce travail de « jeunesse »). Une lecture très sympathique en tout cas.

21/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Mercredi
Mercredi

Sur les premières pages, je ne voyais pas trop où l’auteur (que je découvre avec cet album) voulait en venir. Cela ressemblait à un assemblage sans lien de petits détails du quotidien de personnages quelconques. C’est bien de ça dont il s’agit en fait. Mais peu à peu s’empilent des suites d’actions dans lesquelles divers personnages se trouvent embarqués, comme une suite de dominos qui s’écroulent les uns après les autres. Le procédé est amusant, même si l’effet de surprise est émoussé au bout d’un moment. Du coup il y a un peu d’humour, de surprise, un certain merveilleux du quotidien qui pointent, avec de faux airs de Monsieur Hulot (en tout cas de l’esprit de Tati) parfois (les personnages filiformes m’y ont aussi fait penser). Cette allusion/hommage est confirmé par un extrait d’émission télé que l’on aperçoit à un moment, durant lequel le présentateur parle de Jacques Tatischeff… Au final, cette lecture, que je pensais (craignais) être sans réel intérêt, voire rébarbative, s’est révélée légère, mais plaisante.

21/05/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Ma sœur & mon beau-frère
Ma sœur & mon beau-frère

Cet album adapte en BD cinq sketches de l'humoriste Sellig qui ont la particularité de mettre en scène sa soeur et son beau-frère fictifs. Celle-ci est présentée comme un un golgoth musclé qui fait régner la loi autour d'elle par la terreur, tandis que son mari est un petit beauf qui la fait rire par son imagination souvent catastrophique. A leurs côtés, leur fils aussi sadique qu'idiot, et leur créature canine, Pupuce, qui tient plus du diable de Tasmanie qui bouffe tout que du véritable chien. Et au milieu de ça, Sellig et sa femme qui se retrouvent trop souvent à leur goût forcés de les accompagner en vacances et dans leurs autres projets de groupe. J'ai probablement dû entendre l'un ou l'autre des sketchs de Sellig sur Rires & Chansons mais pas suffisamment pour les retenir pour de bon. Je partais donc presque vierge à la lecture de cet album. Premier constat, c'est un ouvrage collectif. Outre Sellig qui est auteur des textes originels, ce sont 3 scénaristes et 5 dessinateurs qui se partagent le travail, avec en plus Simon Léturgie le temps d'une page d'introduction s'amusant justement du fait que l'on trouve des représentations sensiblement différentes du même personnage dans chaque histoire. Les dessins des 3 premiers sketchs sont plutôt bons, détaillés et assez soignés, ma préférence allant au 3e, Juan. Ceux des 2 derniers sont plus proches du dessin de presse, plus simples et moins à mon goût. L'ensemble reste assez homogène grâce à un unique coloriste et à un design commun des personnages. Deuxième constat, effectivement ces sketchs sont bien appropriés à une adaptation en BD car ils forment véritablement de petites histoires. On suit pour de bon la petite brochette de personnages truculents de l'imaginaire de Sellig dans leur quotidien, qu'il s'agisse de partir en vacances, de réaliser un déménagement ou d'organiser un évènement festif. L'humour ne passe pas vraiment car j'ai le sentiment que l'humoriste devait avoir des intonations et une manière de mettre en scène ses dialogues qui devait les rendre plus percutants, plus à même de faire rire. Ca ne passe pas ici en BD. Mais le sourire reste présent car les situations, souvent extravagantes tant la sœur et sa famille sont caricaturaux, sont assez amusantes, sans être hilarantes. Un regret toutefois, les gags et éléments comiques sont assez répétitifs, notamment tout ce qui tourne autour de Pupuce, le chien-vache. Au long des 5 histoires de cet album, j'ai eu l'impression de voir répétés plusieurs fois certains mêmes gags ou situations : ça manque de renouvellement. Ce n'est en définitive pas de la grande BD d'humour mais c'est un album divertissant qui fait sourire ici et là, sans vraiment faire rire.

21/05/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Terreur Sainte
Terreur Sainte

Frank Miller n'a jamais été un analyste politique. - Il s'agit d'un récit complet écrit et illustré par Frank Miller, initialement paru en 2011, essentiellement en noir et blanc. Il se présente en format à l'italienne (ou paysage). L'histoire commence sur une double page où figure uniquement un énorme graffiti enjoignant le croyant à tuer l'infidèle. Il s'agit d'un extrait du Coran ; ni la sourate, ni le verset ne sont référencés. Suivent huit pleines pages servant à montrer la ligne d'horizon formée par les constructions d'Empire City, ainsi que la fuite de Natalie Stack, une femme en tenue moulante avec des bas résilles, un masque de cuir et des baskets rouge pétant. Elle tente d'échapper à un superhéros appelé Fixer. Ils se tapent dessus, s'étreignent, se tabassent, s'embrassent pendant quatorze pages. Survient une explosion destructrice et dévastatrice. La ville d'Empire City subit des actes de terrorisme qui vont aller crescendo. Fixer et Natalie vont tenter de mettre un terme à ces actes de terrorisme ; la course contre la montre a commencé. Dans les interviews, Frank Miller explique qu'il a conçu ce récit en réaction aux attentats du 11 septembre 2001. C'est un récit colérique, émotionnel qui substitue aux sempiternels méchants nazis ou néonazis (généralement utilisés par des auteurs en panne d'inspiration), des terroristes islamistes (portant des keffiehs, pour être sûr que les lecteurs ne se trompent pas). À partir de là, le récit permet deux niveaux de lecture. Le premier, le plus évident, correspond à un récit de superhéros faisant preuve de courage et d'acrobaties pour arrêter les méchants terroristes. Le début est très impressionnant graphiquement avec cette course poursuite de toit en toit, ces silhouettes pleines de mouvements, d'énergie cinétique, cette façon accrocheuse de dessiner la pluie, etc. Frank Miller retrouve l'énergie plus grande que nature de The Dark Knight returns (en abrégé DKR). Et puis tout d'un coup, le récit retombe dans les relations sadomasochistes invraisemblables entre Fixer et Natalie Stack (je dis retombe parce qu'il n'est pas facile de faire abstraction du parallèle avec Batman et Catwoman) pendant dix pages. À ce moment là, Miller situe clairement son récit dans une forme d'histoire dégénérée de superhéros. Il n'est plus question de héros valeureux et courageux, ou même de relations entre une alpha-mâle et une jeune femme libérée et athlétique (c'est-à-dire une vision dérivative, ironique et adulte du concept de superhéros à la DKR), mais bien d'une exagération railleuse et pervertie du concept de départ. Une fois le récit installé dans ce mode bête et méchant, Miller propose un passage dont l'objectif reste un mystère : quelques pages avec un responsable d'un des attentats suicides. Miller ne propose pas de point de vue sur ses actions, uniquement la mise en images de l'injustice qui s'abat sur ses victimes. Quelques pages plus loin, il redéveloppe l'horreur arbitraire de la mort des victimes. Et c'est reparti pour les actions du superhéros en mode brutal, vengeur et exterminateur. La scène finale se déroule dans un repaire secret souterrain sous Empire City qui inscrit définitivement cette histoire dans le registre de l'aventure, du monde du spectacle, de l'évasion. En fonction des séquences, les rétines du lecteur sont plus ou moins à la fête. Il s'agit du célèbre verre à moitié vide ou à moitié plein. Sur les cent-trois pages de bandes dessinées, cinquante-trois sont occupées par un dessin en pleine page. Évidemment, assez régulièrement, le lecteur peut se demander s'il est bien dans un récit raconté sur la base d'un art séquentiel, ou s'il s'agit plutôt d'une enfilade d'illustrations prêtes à être encadrées, reliées par une trame plus ou moins mince. L'avantage, c'est que ces pleines pages permettent de se repaître des trouvailles graphiques de Miller qui ne se contente pas de recopier les planches de DKR ou de Sin City. En revanche le revers de la médaille est que certaines autres pages croulent sous des phylactères massifs nécessaires à exposer suffisamment d'informations pour faire avancer l'intrigue, entre deux enfilades de pleines pages. Le deuxième niveau de lecture pourrait être de considérer cette histoire comme un commentaire politique et social sur le terrorisme. Ne me faites pas rire ! Quand Frank Miller écrit DKR, la dimension sociale qu'il introduit consiste à exagérer les petits délits, les crimes quotidiens, et la voracité des médias pour tout transformer en un spectacle oppressant. Le résultat est jouissif et cathartique, mais la résolution se limite à voir en Batman l'avènement d'un mythe capable de galvaniser les hommes de bonne volonté (aucune application pratique dans la réalité). Holy Terror ne peut être lu que comme un divertissement. C'est une réaction viscérale à un acte de terrorisme barbare et spectaculaire. Frank Miller propose une catharsis qui consiste à exterminer de l'extrémiste islamiste à tout de bras, sans faire de détail. On est dans le divertissement, pas dans l'analyse géopolitique. Les terroristes sont caricaturés et réduits au stéréotype du musulman générique. Aucune analyse, aucune finesse, aucune sensibilité ; c'est du même niveau que de dire que tous les allemands étaient des soldats SS responsables de camps de concentration et d'extermination pendant la seconde guerre mondiale. Holy terror raconte l'histoire d'un superhéros dépourvu de toute personnalité, se faisant aider par une femme costumée (qu'il a tabassée avant les attentats terroristes) pour exterminer avec le plus de cruauté possible les méchants terroristes. Il y a quelques fulgurances impressionnantes du point de vue graphique, moins du point de vue narratif. Pour une histoire de superhéros, elle n'est pas très bien racontée.

21/05/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Superman - Les Origines (Droit du Sang)
Superman - Les Origines (Droit du Sang)

Une version originale et personnelle, mais pas indispensable - Ce tome contient les 12 épisodes de la minisérie initialement parus en 2003/2004, écrits par Mark Waid, dessinés par Leinil Francis Yu, encrés par Gerry Alanguilan, et mis en couleurs par Dave McCaig. Ces 12 épisodes forment une histoire complète qui raconte les origines de Superman. Il est donc possible de découvrir le personnage à partir de cette histoire, dont la place dans la continuité a été invalidée depuis. L'histoire, tout le monde la connaît. La première séquence décrit une planète proche de l'anéantissement : Krypton. Jor-El et Lara Jor-El décident d'envoyer leur fils vers la Terre, à bord d'une frêle navette spatiale, en sachant que le soleil jaune lui donnera des pouvoirs. La deuxième séquence est inattendue puisqu'elle se déroule en Afrique alors qu'un Clark Kent jeune adulte effectue un reportage sur Kobe Asuru, le porte-parole de l'ethnie des Ghuri, dans un pays de l'ouest de l'Afrique. Clark Kent ne sait pas encore comment utiliser pour le mieux les capacités extraordinaires qui sont les siennes : superforce, capacité de vol autonome, vision brûlante, etc. Après ce séjour auprès de ce représentant politique d'une ethnie minoritaire et exploitée, il revient à Smallville dans le Kansas pour mettre au point le mode opératoire auquel il a pensé, en sollicitant l'aide de ses parents d'adoption Martha et Jonathan Kent. Par la suite il décide d'élire résidence à Metropolis et d'y exercer son métier de journaliste au Daily Planet. Il aura la surprise de se trouver confronté à un ancien ami d'enfance : Alexander Jospeh Luthor, Lex pour les intimes. Ce tome comprend également la proposition initiale pour cette série, écrite par Mark Waid et soumise aux responsables éditoriaux de DC Comics. Pour justifier la série, Waid indique simplement que la nouvelle génération de lecteurs des années 2000 a besoin d'un récit d'origine dans lequel ils pourront s'identifier au personnage principal. Il s'agit donc d'une actualisation de ce récit d'origine, dont la précédente version en cours de validité était celle de John Byrne L'homme d'acier datant de 1986. Pas facile de trouver un angle d'approche original pour écrire les origines de Superman, personnage ayant été créé par Jerry Siegel et Joe Shuster en 1938. Contre toute attente, Mark Waid décide de prendre le contrepied de plusieurs scénaristes et de faire de Superman la vraie personnalité. Superman a donc créé son identité secrète de Clark Kent, uniquement pour garder les pieds sur terre, ou en tout cas un contact direct avec les valeurs de l'humanité qui sont les siennes. Superman a une conscience aigüe d'être un extraterrestre, une minorité à lui tout seul, un immigrant, dans l'impossibilité de s'intégrer du fait de ses capacités hors du commun. Il a dû falloir une bonne dose de courage et un peu d'inconscience à Waid et à ses responsables éditoriaux pour faire passer ce point de vue et convaincre de sa viabilité. Une fois passée la scène obligatoire de l'explosion de Krypton, Mark Waid déstabilise le lecteur en situant l'action dans un pays fictif d'Afrique. Il établit ainsi clairement l'originalité de sa version. D'un côté son développement sur la reconnaissance d'une ethnie oscille entre le politiquement crédible et la caricature d'un peuple noir un peu arriéré, avec un résultat global acceptable à défaut d'être totalement convaincant. De l'autre côté, le lecteur comprend bien que Clark Kent est à la recherche d'un mode opératoire et que Kobe Asuru constitue un modèle d'engagement altruiste au service des autres. Il revient Leinil Yu, la lourde tâche de proposer une interprétation visuelle actualisée de l'homme d'acier. La seule évolution qu'il apporte réside dans la taille du S sur la poitrine de Superman. Il met également un point d'honneur à ce que Superman et Clark Kent présente la même carrure, avec une largeur d'épaule très impressionnante, et une grande taille. Ce parti pris a tendance à rendre fortement improbable la préservation de l'identité secrète de Superman, dans la mesure où c'est l'un des rares individus (voire le seul dans le cercle des gens qu'il fréquente) à disposer d'une morphologie aussi imposante. Leinil Yu et Gerry Aguilan utilisent une esthétique marquée par un encrage appuyé et légèrement anguleux, ce qui confère un caractère adulte à tous les personnages. Ils ont investi du temps pour conférer une personnalité visuelle marquée et cohérente à la technologie de Krypton, qui s'avère plutôt efficace. Yu fait montre d'un sens de la mise en scène réfléchi, que ce soit pour les conversations qui sont visuellement vivantes, ou pour les scènes d'action. Comme beaucoup de ses collègues dessinateurs de comics, les décors l'intéressent peu et le lecteur peut tourner 4 à 10 pages d'affilée sans arrière plan autre qu'un camaïeu de couleurs, ce phénomène allant en s'accentuant au fil des épisodes. La lecture de la proposition initiale de Mark Waid permet également de découvrir les intentions de l'auteur avec ses propres mots. Cette lecture s'avère très intéressante, tant pour l'explication de ses choix (Superman en tant que personnage principal plutôt que Clark Kent, ou encore les évolutions apportées à Lex Luthor pour s'inspirer librement de Smallville ). Le lecteur découvre également l'analyse que Mark Waid fait des qualités de Superman, attendues par le lectorat. Loin d'être une liste basique, il justifie en quoi Superman se doit d'être un individu luttant contre le statu quo (représenté ici par Lex Luthor) et obligé de paraître différent de ce qu'il est réellement (= le timoré Clark Kent). Sans cynisme, Waid livre des clefs de compréhension qui éclairent ses choix narratifs. Pour le héros de fiction récurrent comme Superman, les responsables éditoriaux ont besoin de les dépoussiérer régulièrement, de leur donner un coup de neuf. Cette énième version des origines de Superman respecte le canon du personnage (et reprend la majeure partie des modifications apportées par John Byrne en 1986, à commencer par Ma & Pa Kent toujours en vie), tout en opérant une volte-face concernant la personnalité du héros (= en faisant de Superman, la vraie personnalité, et de Clark Kent le déguisement). La forte personnalité visuelle de Yu et Alanguilan offre au lecteur une vision originale et intéressante, même si elle souffre d'absence très chronique d'environnements étoffés (= pas d'arrière plan). La version développée par Mark Waid propose une interprétation du personnage intéressante, avec un point de vue personnel et cohérent, même s'il subsiste quelques faux pas (un Clark Kent avec des superpouvoirs avant la puberté est source de destructions massives et incontrôlables lors de ses colères). Le lecteur amateur du personnage de Superman trouvera son compte dans cette version originale et personnelle, malgré le recours à plusieurs stéréotypes fatigués.

21/05/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Platon La Gaffe - Survivre au travail avec les philosophes
Platon La Gaffe - Survivre au travail avec les philosophes

2.5 Une BD qui mélange comme thème la philosophie et le monde du travail. Encore une fois avec Jul, il y a une partie BD faite par lui et encore chaque BD il y a un texte écrit par quelqu'un d'autre. On retrouve l'humour de Jul qui me faisait rire à un époque, mais que maintenant je trouve un peu plat. Il y a des moments qui font un peu sourire, surtout si on connait les philosophes misent en scènes, mais cela ne vole pas haut. Ce qui est surtout intéressant ce sont les textes de Pépin qui sans être exceptionnelle sont divertissant et j'ai appris des anecdotes pas mal sur certains philosophes. Disons qu'il y a un problème si dans un album de BD, c'est toute la partie BD qui est la moins intéressant. Je mets tout de même la moyenne en conseillant un emprunt.

20/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Monde à tes pieds
Le Monde à tes pieds

Même si je serai moins généreux dans ma note, je me retrouve très bien dans l’avis de gruizzli – y compris au niveau des convictions politiques, qui me rapprochent facilement de la critique sociétale sous-jacente dans les récits. C’est du roman graphique qui se lit bien, assez bavard, avec une succession de trois histoires centrées chacune autour d’un personnage. Le point commun de ces trois personnages est qu’ils souffrent d’un positionnement dans la société qui ne correspond pas à leurs attentes, à leurs compétences, et que leur vie sociale, amoureuse en est impactée. C’est là que Nadar glisse, mine de rien, une critique de nos sociétés, qui produisent de la frustration, et qui broient trop facilement les rêves et les individus. Moi qui pourtant apprécie le plus souvent le format à l’italienne, je n’ai pas trouvé ici qu’il soit utile. De plus, j’ai trouvé brutale et artificielle la transition entre ces trois histoires, qui chacune auraient pu mériter un 48 pages classique. Mais bon, ça reste quand même une lecture agréable.

20/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Cerveaux augmentés (Humanité diminuée ?)
Cerveaux augmentés (Humanité diminuée ?)

Cette lecture est exigeante et assez aride. Thierry Murat effectue un travail remarquable pour transcrire sous la forme d'un essai graphique l'ouvrage du philosophe argentin Miguel Benasayag " Cerveau augmenté, homme diminué". Il s'agit bien d'un essai et pas d'une adaptation sous forme d'un roman graphique. Murat entreprend ainsi un dialogue avec Miguel sur les chapitres de son livre. Cela fait appel à de nombreuses références de philo (surtout Leibniz) ou d'éthique. Les concepts abordés sont difficiles mais Murat parvient à les traduire de façon accessible pour un néophyte sans tomber dans une vulgarisation facile. De plus même si les auteurs tentent d'alerter sur l'inconnu historique que représente cette hybridation homme-numérique le ton évite un catastrophisme anxiogène. Perso j'appartiens à une époque sans portable et je suis resté peu connecté. Je comprends donc parfaitement les arguments présentés et je suis en accord avec ceux-ci. L'ouvrage touchera probablement plus une personne qui a connu, comme moi, tout ce développement du numérique, la transformation et l'influence que cela a sur la vie quotidienne. Le graphisme est à la fois secondaire et important. Secondaire car c'est un texte qui accapare l'attention et important pour proposer un visuel qui entre en résonnance avec la pensée proposée. Une lecture ardue sur un sujet fondamental dans le (dis ?) fonctionnement des sociétés d'un très proche avenir. Un bon 3

20/05/2024 (modifier)
Couverture de la série John Doe !
John Doe !

Une série empruntée au hasard, que j’ai globalement appréciée, même si certains changements de ton et de rythme m’ont un peu surpris. Le premier tome est mené tambour battant, mise tout sur le rythme. Peu de texte, il est donc très vite lu. Action et bons mots s’entremêlent. Nous suivons un tueur sûr de lui qui, à deux doigts de conclure son contrat, se trouve embarqué dans une course poursuite improbable durant laquelle il multiplie les gaffes et s'embourbe de plus en plus. Ça aurait pu rester un one-shot. Mais il y a eu une suite. Le deuxième album est beaucoup plus verbeux, plus dense, avec une intrigue plus construite et moins linéaire – même si quelques traces de loufoques persistent (notre héros – qui a connement dézingué un chef mafieux à la fin du tome précédent, se voit poursuivi par la haine et les sbires de son fils (des hordes de livreurs de pizzas tentent de l’éliminer !). Mais d’autres protagonistes apparaissent et l’histoire s’éloigne du ton du tome précédent. Le troisième tome bascule définitivement dans le polar/thriller. Il perd en originalité se qu’il gagne en crédibilité pour l’intrigue (même si, du coup, j’ai trouvé qu’il y avait une rupture de ton – mais aussi de construction du personnage John Doe – un peu trop importante entre ce tome et le tome inaugural). Comme s’il y avait eu deux scénarios différents utilisés dans une même série… Mais bon, ça se laisse lire (le dessin est correct, et la colorisation informatique – pas mon truc – passe elle aussi).

20/05/2024 (modifier)
Par Antoine
Note: 3/5
Couverture de la série Urban
Urban

J'ai hésité, et hésite encore, sur la note que je voudrais attribuer à cette série. Une fois n'est pas coutume, je prends la décision de sous-noter en ne mettant que 3 étoiles à ce qui est pourtant une série majeure dans la bibliographie de Luc Brunschwig. En réalité, je reconnais les indéniables qualités de l'ouvrage, déjà mentionnées dans les avis précédant le mien : un scénario relativement original, un dessin superbe, des couleurs intéressantes. Mais, puisque vous vous doutez qu'il y a un mais, je n'ai jamais réellement accroché à l'univers, même si j'ai lu l'intégrale d'une quasi-traite. Je n'ai que moyennement apprécié le personnage principal, Zach, vers qui je n'ai pas réussi à ressentir de la compassion. Dans la même veine, l'antagoniste, Springy Fool, n'est pas totalement crédible dans ce rôle à la Joker (face A : un gamin trublion et manipulateur, face B : un despote sanguinaire malgré lui). Je ne sais pas qui mentionnait cela, mais lorsque l'on a du mal à s'identifier aux personnages principaux d'une œuvre, il est bien plus difficile d'accrocher à cette dernière. C'est très juste et c'est ce qui m'est arrivé avec Urban, un peu malgré moi. Malgré moi, parce que l'univers avait tout pour me plaire. Une sorte de monde dystopique dans lequel la seule véritable bouffée d'oxygène d'une population harassée par le travail est de se voir offrir, le temps de vacances, un séjour à Montplaisir, un Las Vegas démentiel dans lequel tout le monde est (doit être) déguisé et dans lequel le plaisir est le maître-mot. Évidemment, on sent tout de suite que cet univers de plaisir n'est qu'un leurre afin de contrôler les masses et de les garder bien sages. On ajoute à cela une police spéciale, qui ne sert à pas grand chose - car les robots s'occupent déjà des délits mineurs - si ce n'est essayer d'attraper de vrais criminels qui sont en réalité inclus dans un jeu dont les dés sont pipés dès le début. Le scénario est intéressant et les premières pages m'ont vite conquis mais je ne suis jamais allé au-delà de cette étape, je suis resté plus ou moins hermétique au reste de l'histoire. C'est sévère, car j'ai tout lu et je conseillerai à d'autres de lire la série, que je considère comme bonne, mais les remarques émises plus haut m'ont empêchées d'aller au-delà dans mon expérience de l'univers.

20/05/2024 (modifier)