Comme Hervé, je découvre cet auteur, et son très bon et beau travail au dessin. En effet, si la colorisation (très lumineuse et lisible) m’est apparu un peu artificielle, il n’y a rien à dire au niveau du coup de crayon. Corps et visages, positions, tout est fluide et agréable à regarder. Quant aux décors, il n’y en a pas, puisque tout se passe sur une plage !
Le titre aurait en effet tout aussi bien pu être « Swinging Beach », ce qui aurait mieux résumé l’unité de lieu et d’action de l’intrigue. Une intrigue aussi ténue que les vêtements des quatre protagonistes (tout se passe sur une plage réservée aux nudistes). C’est clairement la faiblesse de cette histoire, cela manque un peu de « fond » (Axel a bien su le faire sur des sujets proches chez le même éditeur).
Et du coup, contrairement à Hervé, je ne suis pas sûr que l’idée d’une suite (tout à fait possible au vu de la dernière page) soit une bonne idée, à moins de souhaiter revoir les mêmes choses sous un autre éclairage (ce serait semble-t-il dans une sorte de club de vacances échangiste).
Mais pour revenir à cet album, le très beau dessin de Tarusov fait quand même passer cet après-midi torride et émoustillante. Une lecture sans prétention, à réserver à des adultes éclairés, qui ne recherchent pas forcément d’intrigue élaborée. C’est du basique très bien fait, agréable à l’œil.
C’est une série qui joue sur de l’ultra classique – sans vraiment tenter de le dépasser – et lorgne aussi vers les aventures hollywoodiennes de la grande époque (et ses surgeons).
Le premier tome nous plonge dans le Harlem de la prohibition, bien reconstitué, tandis que les tomes suivants nous emportent en Afrique, avec des clins d’œil à « Out of Africa » (j’ai d’ailleurs trouvé que Séjourné avait donné à Karen Blixen un visage presque plus proche de celui de Meryll Streep qui l’avait incarnée que celui de Blixen), pour finir sur de l’aventure pure, dans la lignée des romans de Rider Haggard, dans une Afrique fantasmée, mystérieuse, dangereuse, mais qui vampirise ceux qui s’en approchent.
Le titre est illustré de plusieurs manières. Anna, l’héroïne, part en Afrique chercher son père (qu’elle n’a jamais connu et dont elle vient d’apprendre l’existence), disparu lors d’une expédition cherchant justement des ossements des premiers humanoïdes.
La narration est fluide, et la lecture plaisante. Il manque juste ce qui a pu faire la force de certaines des références qui ont probablement influencé Callède, un souffle romanesque plus fort. Mais c’est un triptyque bien fichu. Et le dernier petit rebondissement dans l’épilogue est assez bien vu.
Le dessin de Séjouné est vraiment très bon et très agréable (peut-être un chouia trop gras). Ses personnages – féminins surtout – ressemblent à ceux de Gibrat. Et la colorisation est elle aussi réussi. Les décors – urbains au départ, puis grands espaces africains par la suite – sont eux aussi très bien réalisés.
Note réelle 3,5/5.
Certes, traiter ce genre de biographie en moins de 48 pages est une gageure, et impose des choix, des coupes. Mais je suis quand même surpris par certains de ces choix. Pour faire simple, cette biographie est circonscrite à la période 1922-1940 essentiellement (deux planches évoquent, de façon sibyllines la chute – sans même dire comment cela s’est terminé pour le « Duce »). De la même façon, aucun mot de Munich, et aucun sur sa jeunesse, sa « formation politique » (pourtant instructive pour comprendre la girouette politique qu’il a toujours été, au service de son seul intérêt).
Il faut attendre le dossier final pour qu’une partie de ces manques soient comblés pour le lecteur ne connaissant pas bien le bonhomme et cette période.
Voilà pour les critiques – importantes selon moi. Mais cette biographie possède quand même quelques qualités.
D’abord le dessin d’Andrea Meloni est plutôt bon et lisible.
Ensuite le récit, surtout centré sur les rêves mégalomaniaques du dictateur concernant sa capitale, remodelée selon ses vœux de démiurges à l’hubris démesuré est facile à suivre. Surtout, j’ai bien aimé l’autre accent mis sur les conquêtes coloniales, et surtout l’éclairage sur les méthodes (marches de la mort, massacres à très grande échelle, utilisation massive de gaz et produits chimiques contre des populations civiles). Cette information est généralement évacuée et peu connue (la guerre froide jettera un voile pudique sur ces horreurs et l’Italie ne sera jamais condamnée – pas plus que l’Angleterre ne l’avait été en Irak sous les ordres du jeune Churchill cela dit !).
Une biographie un peu bancale selon moi, mais qui lève tout de même certains voiles sur ce dictateur, qui a en partie servi de modèle (avant d’être dépassé) à Hitler (et que Chaplin avait génialement caricaturé dans son film « Le dictateur ».
Accessoirement, les événements récents en Italie (et ailleurs en Europe, y compris chez nous !) donnent une résonance particulière à la carrière de Mussolini. Je me suis aussi surpris à penser que Berlusconi - qui a beaucoup fait pour affaiblir les idées démocratiques en Italie, avait un visage très ressemblant à celui de Mussolini...
Luca Russo propose un ouvrage assez exigeant sur les thématiques de la longue maladie, de la mort, voire de l'euthanasie.
Le récit nous fait réfléchir sur l'imprévisibilité du lendemain. Au faîte du bonheur le couple amoureux se retrouve du jour au lendemain détruit dans son élan vital par l'annonce de la maladie de la JF.
Il y a un avant et un après comme pour ce type situation dramatique vécue avec un être aimé : conjoint ou enfant.
Le récit est très introspectif avec une parole rare mais puissante. J'ai même eu plusieurs fois l'impression que l'auteur se basait sur une expérience vécue.
Le graphisme suit la thématique de la tristesse avec des images contemplatives de la mer ou de la ville de Venise déserte et froide. Un monde de beauté qui peut se révéler indifférent à nos peines.
Il y a des incursions vers l'onirisme où le survivant se met en scène dans le cauchemar de sa culpabilité.
Une œuvre originale mais assez déprimante. Une lecture pas facile qui peut renvoyer à des situations vraiment difficiles. C'est un peu trop sombre pour moi ce qui explique que je reste à un très bon 3.
La propriétaire d'un hamster raconte ses observations de comment se comporte la petite bête au quotidien. Trop mignonne quand elle se nettoie, quand elle demande toujours des friandises, quand elle se cache ou tourne dans sa roue seulement quand il fait noir, quand elle fait preuve de son petit caractère. Et puis elle est tellement choupinou avec son poil tout doux, sa petite bouille et ses fesses rebondies ! Même ses crottes sont trop choupis !
Construit sous la forme de saynètes en une ou deux planches, elles portent à chaque fois sur une observation ou une anecdote différente. La narratrice est toujours la propriétaire, qui se met elle aussi en scène régulièrement, et la boule de poils reste purement naturelle, sans fiction ou exagération. Le dessin est propre et maîtrisé, fonctionnant heureusement très bien pour la représentation du hamster en lui-même qui est effectivement mignon.
Je n'ai jamais eu de hamster mais mes enfants ont eu un lapin nain et j'ai été curieux de voir les similitudes et les différences comportementales entre ces deux animaux. Les réactions de ce hamster (basés en réalité sur un mélange de la vie des 2 hamsters de Hamuhamu) sont parfois assez amusantes, et malgré quelques petites redites et sujets récurrents, et malgré une insistance légèrement pénible sur le fait qu'il soit trop choupinou, je ne me suis pas ennuyé au long de quelques 130 pages de cet album.
Et bien moi j’ai trouvé cet album pas mal, sans plus.
Je comprends bien que le roman dont il est tiré est un classique de la littérature américaine, et que la narration se centre volontairement sur le quotidien d’un soldat terrifié et rempli de doutes… mais j’ai trouvé le récit terriblement plat et ennuyeux. Je reste sur une impression de déjà-vu – cette approche narrative était peut-être innovante en 1895 lors de la sortie du roman, mais je découvre personnellement cette histoire après de nombreux récits sur le thème de l’horreur et de la bêtise de la guerre. Je n’ai pas réussi à m’attacher ou à m’intéresser au protagoniste, et je n’ai pas ressenti les émotions que l’auteur essayait clairement de me faire ressentir.
Le dessin est maitrisé, le trait est précis, mais la mise en couleur monotone me laisse dubitatif. Les pages sont austères, et surtout la lisibilité en prend un coup, impossible de reconnaitre les uniformes gris et bleus. Il s’agit peut-être d’un choix narratif pour gommer les différences entre les deux camps, mais je le trouve peu judicieux.
Je mets quand même 3/5, mais je ressors un peu déçu de ma lecture (et de mon achat) au vu des autres avis.
Après la grosse désillusion de l’album sur Kill tête de chien, je n’étais franchement pas pressé de découvrir les autres spin of sur des personnages de l’univers.
Le hasard a mis ce tome dans mes mains, et bah franchement c’est pas mal du tout. Les auteurs livrent du boulot honnête.
L’histoire va s’attarder sur le Capitaine Kaimann, un personnage qui n’apparaît pas dans la série mère, on le découvre pour la première fois dans Avant l'Incal (du coup j’ai rajouté Janjetov aux créateurs, il n’est même pas mentionné dans l’album !!).
Sans qu’il jouisse de l’aura du Méta-baron, ça reste à mes yeux un personnage plutôt intéressant, une sorte de pirate de l’espace tendance anarchiste qui doit lutter contre une mutation qui le transforme petit à petit en reptile.
Le dessin est sans fioritures mais plutôt bon, je lui trouve juste un coté un peu impersonnel et froid pour m’extasier plus.
C’est le scénario qui, sans être grandiose m’a agréablement surpris, on retrouve bien quelques éléments mystiques mais assez éloigné du carcan de l’incal et surtout compréhensible. En fait, l’histoire fonctionne bien sans aucune ramification à l’univers.
Grossièrement résumé on peut parler d’une histoire d’amour entre 2 époques, une sorte de Roméo & Juliette version SF. Le scénariste va en effet mélanger 2 temporalités durant la lecture, le passé où l’on suit les tribulations de notre héros et le futur avec une sorte de secte où les membres attendent une mort imminente.
Même si un peu long (et froid), j’ai trouvé ça plutôt bien amené, prophéties et amours contrariés au programme.
Ce spin-off de la série Cath & son chat prend pour prétexte les personnages de cette dernière pour nous présenter une suite de recettes de cuisine dont plusieurs sont vaguement reliées au thème des chats... pas dans le sens où c'est de la nourriture pour chats (quoiqu'il y ait une recette de biscuits pour nos amis félins, comestibles pour les humains aussi (les biscuits, pas les chats)) mais dans le sens où soit ça pourrait leur plaire, soit les créations culinaires présentent des formes ou des dessins de chats. Toutefois la majorité de ces recettes s'adressent en priorité à leurs maîtres et maîtresses, soit pour le pur plaisir, soit pour manger équilibré tout en se faisant quand même plaisir.
Sur la forme, on a droit à une poignée de pages de pure BD, des gags en une planche sur le thème de la cuisine, qui servent soit d'introduction soit de liaisons entre deux recettes de cuisine. Ces dernières se présentent en double pages de recette illustrée, essentiellement textuelles, avec ici et là les héros de la BD mis en scène pour commenter ou apprécier le résultat. Et on a aussi droit à quelques photos pleine page des fameuses recettes.
C'est donc avant un livre de recettes, la partie BD étant assez accessoire. Les gags y sont toutefois sympathiques, et le dessin d'ensemble ainsi que les illustrations des recettes sont bien faits. Quant au contenu de ces dernières, ils alternent des recettes faciles et d'autres plus complexes, en particulier pour de jeunes lecteurs, notamment parce qu'elles préconisent souvent de faire sa propre pâte pour les pains, pizzas et autres tartes, et d'avoir pas mal de matériel de cuisine et de temps à accorder à la préparation. Mais il y a quelques recettes qui donnent envie d'essayer.
Alors que son format est classique du franco-belge, cette nouvelle série parue chez Dargaud est un pur manga. Nombreux combats, personnages survoltés, univers de fantasy classique avec une opposition entre le bien et le mal (et c’est bien plus cool d’être aux côtés du « mal », surtout quand celui-ci est sympathique, quand le côté du bien semble surtout cruel et sans pitié), humour et action à chaque page, dessin très caricatural (voire carrément difforme) en ce qui concerne le design des personnages, décors rares mais soignés si le besoin s’en fait sentir : c’est du manga dans tous ses codes. Mais il y a manga et manga…
L’histoire est classique et plaira très certainement aux grands enfants auxquels elle est destinée (les 9-13 ans, à la louche). Le personnage central est un looser sympathique et courageux. Ses compagnes d’aventure, sorcières ou lucioles (on ne sait trop) apportent humour et magie au récit. Les méchants sont effrayants et, pour la plus cruelle d’entre eux, d’une beauté glaçante. Ce genre de récit est très balisé et sa force réside avant tout dans son rythme. Un rythme qui ne faiblit jamais tout au long de ce premier tome !
Donc voilà : jusqu’à présent, c’est sympa (du moins si on aime ce genre de récit très vitaminé). A voir sur la longueur comment le scénariste va réussir à garder ce rythme tout en proposant une intrigue solide et en développant un univers dont on n’a pas encore pu explorer grand-chose.
Pas mal mais à confirmer.
Vehlmann est un scénariste qui a du talent, mais qui ne me séduit pas la plupart du temps.
On peut trouver ses qualités dans cette série. Tout semble crédible et réaliste, sans doute qu'il s'est bien documenté pour écrire son histoire. Malgré tout, j'ai trouvé que cette série se lisait bien, mais sans plus. C'est le genre de récit qui ne m'a pas ennuyé, mais à aucun moment je ne suis totalement rentré dans le récit. Je n'ai même pas ressenti grand chose en voyant l'horreur des bagnes de l'époque.
La faute sans doute à une narration trop présente qui a fini par m'agacer et par un dessin que j'ai trouvé correct sans plus. Le genre de série à emprunter à la bibliothèque.
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Swinging Island
Comme Hervé, je découvre cet auteur, et son très bon et beau travail au dessin. En effet, si la colorisation (très lumineuse et lisible) m’est apparu un peu artificielle, il n’y a rien à dire au niveau du coup de crayon. Corps et visages, positions, tout est fluide et agréable à regarder. Quant aux décors, il n’y en a pas, puisque tout se passe sur une plage ! Le titre aurait en effet tout aussi bien pu être « Swinging Beach », ce qui aurait mieux résumé l’unité de lieu et d’action de l’intrigue. Une intrigue aussi ténue que les vêtements des quatre protagonistes (tout se passe sur une plage réservée aux nudistes). C’est clairement la faiblesse de cette histoire, cela manque un peu de « fond » (Axel a bien su le faire sur des sujets proches chez le même éditeur). Et du coup, contrairement à Hervé, je ne suis pas sûr que l’idée d’une suite (tout à fait possible au vu de la dernière page) soit une bonne idée, à moins de souhaiter revoir les mêmes choses sous un autre éclairage (ce serait semble-t-il dans une sorte de club de vacances échangiste). Mais pour revenir à cet album, le très beau dessin de Tarusov fait quand même passer cet après-midi torride et émoustillante. Une lecture sans prétention, à réserver à des adultes éclairés, qui ne recherchent pas forcément d’intrigue élaborée. C’est du basique très bien fait, agréable à l’œil.
L'Appel des Origines
C’est une série qui joue sur de l’ultra classique – sans vraiment tenter de le dépasser – et lorgne aussi vers les aventures hollywoodiennes de la grande époque (et ses surgeons). Le premier tome nous plonge dans le Harlem de la prohibition, bien reconstitué, tandis que les tomes suivants nous emportent en Afrique, avec des clins d’œil à « Out of Africa » (j’ai d’ailleurs trouvé que Séjourné avait donné à Karen Blixen un visage presque plus proche de celui de Meryll Streep qui l’avait incarnée que celui de Blixen), pour finir sur de l’aventure pure, dans la lignée des romans de Rider Haggard, dans une Afrique fantasmée, mystérieuse, dangereuse, mais qui vampirise ceux qui s’en approchent. Le titre est illustré de plusieurs manières. Anna, l’héroïne, part en Afrique chercher son père (qu’elle n’a jamais connu et dont elle vient d’apprendre l’existence), disparu lors d’une expédition cherchant justement des ossements des premiers humanoïdes. La narration est fluide, et la lecture plaisante. Il manque juste ce qui a pu faire la force de certaines des références qui ont probablement influencé Callède, un souffle romanesque plus fort. Mais c’est un triptyque bien fichu. Et le dernier petit rebondissement dans l’épilogue est assez bien vu. Le dessin de Séjouné est vraiment très bon et très agréable (peut-être un chouia trop gras). Ses personnages – féminins surtout – ressemblent à ceux de Gibrat. Et la colorisation est elle aussi réussi. Les décors – urbains au départ, puis grands espaces africains par la suite – sont eux aussi très bien réalisés. Note réelle 3,5/5.
Mussolini
Certes, traiter ce genre de biographie en moins de 48 pages est une gageure, et impose des choix, des coupes. Mais je suis quand même surpris par certains de ces choix. Pour faire simple, cette biographie est circonscrite à la période 1922-1940 essentiellement (deux planches évoquent, de façon sibyllines la chute – sans même dire comment cela s’est terminé pour le « Duce »). De la même façon, aucun mot de Munich, et aucun sur sa jeunesse, sa « formation politique » (pourtant instructive pour comprendre la girouette politique qu’il a toujours été, au service de son seul intérêt). Il faut attendre le dossier final pour qu’une partie de ces manques soient comblés pour le lecteur ne connaissant pas bien le bonhomme et cette période. Voilà pour les critiques – importantes selon moi. Mais cette biographie possède quand même quelques qualités. D’abord le dessin d’Andrea Meloni est plutôt bon et lisible. Ensuite le récit, surtout centré sur les rêves mégalomaniaques du dictateur concernant sa capitale, remodelée selon ses vœux de démiurges à l’hubris démesuré est facile à suivre. Surtout, j’ai bien aimé l’autre accent mis sur les conquêtes coloniales, et surtout l’éclairage sur les méthodes (marches de la mort, massacres à très grande échelle, utilisation massive de gaz et produits chimiques contre des populations civiles). Cette information est généralement évacuée et peu connue (la guerre froide jettera un voile pudique sur ces horreurs et l’Italie ne sera jamais condamnée – pas plus que l’Angleterre ne l’avait été en Irak sous les ordres du jeune Churchill cela dit !). Une biographie un peu bancale selon moi, mais qui lève tout de même certains voiles sur ce dictateur, qui a en partie servi de modèle (avant d’être dépassé) à Hitler (et que Chaplin avait génialement caricaturé dans son film « Le dictateur ». Accessoirement, les événements récents en Italie (et ailleurs en Europe, y compris chez nous !) donnent une résonance particulière à la carrière de Mussolini. Je me suis aussi surpris à penser que Berlusconi - qui a beaucoup fait pour affaiblir les idées démocratiques en Italie, avait un visage très ressemblant à celui de Mussolini...
Nocturne vénitien
Luca Russo propose un ouvrage assez exigeant sur les thématiques de la longue maladie, de la mort, voire de l'euthanasie. Le récit nous fait réfléchir sur l'imprévisibilité du lendemain. Au faîte du bonheur le couple amoureux se retrouve du jour au lendemain détruit dans son élan vital par l'annonce de la maladie de la JF. Il y a un avant et un après comme pour ce type situation dramatique vécue avec un être aimé : conjoint ou enfant. Le récit est très introspectif avec une parole rare mais puissante. J'ai même eu plusieurs fois l'impression que l'auteur se basait sur une expérience vécue. Le graphisme suit la thématique de la tristesse avec des images contemplatives de la mer ou de la ville de Venise déserte et froide. Un monde de beauté qui peut se révéler indifférent à nos peines. Il y a des incursions vers l'onirisme où le survivant se met en scène dans le cauchemar de sa culpabilité. Une œuvre originale mais assez déprimante. Une lecture pas facile qui peut renvoyer à des situations vraiment difficiles. C'est un peu trop sombre pour moi ce qui explique que je reste à un très bon 3.
Hamster et boule de gomme
La propriétaire d'un hamster raconte ses observations de comment se comporte la petite bête au quotidien. Trop mignonne quand elle se nettoie, quand elle demande toujours des friandises, quand elle se cache ou tourne dans sa roue seulement quand il fait noir, quand elle fait preuve de son petit caractère. Et puis elle est tellement choupinou avec son poil tout doux, sa petite bouille et ses fesses rebondies ! Même ses crottes sont trop choupis ! Construit sous la forme de saynètes en une ou deux planches, elles portent à chaque fois sur une observation ou une anecdote différente. La narratrice est toujours la propriétaire, qui se met elle aussi en scène régulièrement, et la boule de poils reste purement naturelle, sans fiction ou exagération. Le dessin est propre et maîtrisé, fonctionnant heureusement très bien pour la représentation du hamster en lui-même qui est effectivement mignon. Je n'ai jamais eu de hamster mais mes enfants ont eu un lapin nain et j'ai été curieux de voir les similitudes et les différences comportementales entre ces deux animaux. Les réactions de ce hamster (basés en réalité sur un mélange de la vie des 2 hamsters de Hamuhamu) sont parfois assez amusantes, et malgré quelques petites redites et sujets récurrents, et malgré une insistance légèrement pénible sur le fait qu'il soit trop choupinou, je ne me suis pas ennuyé au long de quelques 130 pages de cet album.
Le Combat d'Henry Fleming
Et bien moi j’ai trouvé cet album pas mal, sans plus. Je comprends bien que le roman dont il est tiré est un classique de la littérature américaine, et que la narration se centre volontairement sur le quotidien d’un soldat terrifié et rempli de doutes… mais j’ai trouvé le récit terriblement plat et ennuyeux. Je reste sur une impression de déjà-vu – cette approche narrative était peut-être innovante en 1895 lors de la sortie du roman, mais je découvre personnellement cette histoire après de nombreux récits sur le thème de l’horreur et de la bêtise de la guerre. Je n’ai pas réussi à m’attacher ou à m’intéresser au protagoniste, et je n’ai pas ressenti les émotions que l’auteur essayait clairement de me faire ressentir. Le dessin est maitrisé, le trait est précis, mais la mise en couleur monotone me laisse dubitatif. Les pages sont austères, et surtout la lisibilité en prend un coup, impossible de reconnaitre les uniformes gris et bleus. Il s’agit peut-être d’un choix narratif pour gommer les différences entre les deux camps, mais je le trouve peu judicieux. Je mets quand même 3/5, mais je ressors un peu déçu de ma lecture (et de mon achat) au vu des autres avis.
L'Incal - Capitaine Kaimann
Après la grosse désillusion de l’album sur Kill tête de chien, je n’étais franchement pas pressé de découvrir les autres spin of sur des personnages de l’univers. Le hasard a mis ce tome dans mes mains, et bah franchement c’est pas mal du tout. Les auteurs livrent du boulot honnête. L’histoire va s’attarder sur le Capitaine Kaimann, un personnage qui n’apparaît pas dans la série mère, on le découvre pour la première fois dans Avant l'Incal (du coup j’ai rajouté Janjetov aux créateurs, il n’est même pas mentionné dans l’album !!). Sans qu’il jouisse de l’aura du Méta-baron, ça reste à mes yeux un personnage plutôt intéressant, une sorte de pirate de l’espace tendance anarchiste qui doit lutter contre une mutation qui le transforme petit à petit en reptile. Le dessin est sans fioritures mais plutôt bon, je lui trouve juste un coté un peu impersonnel et froid pour m’extasier plus. C’est le scénario qui, sans être grandiose m’a agréablement surpris, on retrouve bien quelques éléments mystiques mais assez éloigné du carcan de l’incal et surtout compréhensible. En fait, l’histoire fonctionne bien sans aucune ramification à l’univers. Grossièrement résumé on peut parler d’une histoire d’amour entre 2 époques, une sorte de Roméo & Juliette version SF. Le scénariste va en effet mélanger 2 temporalités durant la lecture, le passé où l’on suit les tribulations de notre héros et le futur avec une sorte de secte où les membres attendent une mort imminente. Même si un peu long (et froid), j’ai trouvé ça plutôt bien amené, prophéties et amours contrariés au programme.
Cath & son chat en cuisine
Ce spin-off de la série Cath & son chat prend pour prétexte les personnages de cette dernière pour nous présenter une suite de recettes de cuisine dont plusieurs sont vaguement reliées au thème des chats... pas dans le sens où c'est de la nourriture pour chats (quoiqu'il y ait une recette de biscuits pour nos amis félins, comestibles pour les humains aussi (les biscuits, pas les chats)) mais dans le sens où soit ça pourrait leur plaire, soit les créations culinaires présentent des formes ou des dessins de chats. Toutefois la majorité de ces recettes s'adressent en priorité à leurs maîtres et maîtresses, soit pour le pur plaisir, soit pour manger équilibré tout en se faisant quand même plaisir. Sur la forme, on a droit à une poignée de pages de pure BD, des gags en une planche sur le thème de la cuisine, qui servent soit d'introduction soit de liaisons entre deux recettes de cuisine. Ces dernières se présentent en double pages de recette illustrée, essentiellement textuelles, avec ici et là les héros de la BD mis en scène pour commenter ou apprécier le résultat. Et on a aussi droit à quelques photos pleine page des fameuses recettes. C'est donc avant un livre de recettes, la partie BD étant assez accessoire. Les gags y sont toutefois sympathiques, et le dessin d'ensemble ainsi que les illustrations des recettes sont bien faits. Quant au contenu de ces dernières, ils alternent des recettes faciles et d'autres plus complexes, en particulier pour de jeunes lecteurs, notamment parce qu'elles préconisent souvent de faire sa propre pâte pour les pains, pizzas et autres tartes, et d'avoir pas mal de matériel de cuisine et de temps à accorder à la préparation. Mais il y a quelques recettes qui donnent envie d'essayer.
Wilderman
Alors que son format est classique du franco-belge, cette nouvelle série parue chez Dargaud est un pur manga. Nombreux combats, personnages survoltés, univers de fantasy classique avec une opposition entre le bien et le mal (et c’est bien plus cool d’être aux côtés du « mal », surtout quand celui-ci est sympathique, quand le côté du bien semble surtout cruel et sans pitié), humour et action à chaque page, dessin très caricatural (voire carrément difforme) en ce qui concerne le design des personnages, décors rares mais soignés si le besoin s’en fait sentir : c’est du manga dans tous ses codes. Mais il y a manga et manga… L’histoire est classique et plaira très certainement aux grands enfants auxquels elle est destinée (les 9-13 ans, à la louche). Le personnage central est un looser sympathique et courageux. Ses compagnes d’aventure, sorcières ou lucioles (on ne sait trop) apportent humour et magie au récit. Les méchants sont effrayants et, pour la plus cruelle d’entre eux, d’une beauté glaçante. Ce genre de récit est très balisé et sa force réside avant tout dans son rythme. Un rythme qui ne faiblit jamais tout au long de ce premier tome ! Donc voilà : jusqu’à présent, c’est sympa (du moins si on aime ce genre de récit très vitaminé). A voir sur la longueur comment le scénariste va réussir à garder ce rythme tout en proposant une intrigue solide et en développant un univers dont on n’a pas encore pu explorer grand-chose. Pas mal mais à confirmer.
Paco les mains rouges
Vehlmann est un scénariste qui a du talent, mais qui ne me séduit pas la plupart du temps. On peut trouver ses qualités dans cette série. Tout semble crédible et réaliste, sans doute qu'il s'est bien documenté pour écrire son histoire. Malgré tout, j'ai trouvé que cette série se lisait bien, mais sans plus. C'est le genre de récit qui ne m'a pas ennuyé, mais à aucun moment je ne suis totalement rentré dans le récit. Je n'ai même pas ressenti grand chose en voyant l'horreur des bagnes de l'époque. La faute sans doute à une narration trop présente qui a fini par m'agacer et par un dessin que j'ai trouvé correct sans plus. Le genre de série à emprunter à la bibliothèque.