Les derniers avis (48991 avis)

Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Hibakusha
Hibakusha

Sympathique mais qui manque de corps (sans mauvais jeu de mot). C'est une histoire de la Seconde Guerre Mondiale, du Japon impérialiste et surtout de ces fameux Hibakusha, ces images imprimées dans les monuments des corps qui se tenaient devant juste avant l'explosion. Une image presque poétique qui attire l’œil. Sauf que franchement, je suis assez peu intéressé par le développement fourni. Je n'ai pas compris le lien entre la première femme dans la voiture et la suite (c'est la même ou juste une scène pour nous montrer les galères du héros ?), de même que la partie au Japon est assez peu intéressante au final. J'ai l'impression que la nouvelle a été légèrement étirée, ce qui est dommage. Ça donne une légère sensation de creux, qu'il manque ce qu'il faut pour que ça soit réellement impactant. En l'état, la lecture finie ne m'a pas marquée et je pense qu'oublierais que j'ai lu cette BD dans quelques mois. Pas mauvais, juste vite oubliable et peu marquant pour ma part.

20/06/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Le Baiser de l'Orchidée
Le Baiser de l'Orchidée

Ça commençait franchement très mal, entre les dessins que j'ai trouvé souvent hésitant et les clichés du genre qui s'accumulent dans ce qui semble être une escalade aux poncifs. Mais finalement, la sauce prend doucement. C'est du très classique dans le déroulé, on a les enquêteurs beaux gosses, les liens avec le passé (avec ce vieux trope classique de tout qui est lié d'une façon ou d'une autre aux protagonistes), la belle voleuse, l'orphelinat abandonné, etc ... Les meurtres s'accumulent vite au début puis tout commence à prendre plus forme et si je n'ai pas été conquis par le final, la lecture a été beaucoup moins pénible que ce que j'en pensais aux premières pages. C'est typiquement le genre de BD à lire quand on peut l'emprunter. Ça ne vaut pas vraiment un achat, la relecture n'étant pas facilité par la volonté de l'auteur de jouer en permanence avec les cadrages, ce qui ne me semble pas maitrisé et dérange parfois à la lecture. D'autre part, la maitrise du dessin ne me semble vraiment pas parfaite, donc je suis plutôt peu enclin à retourner vers l'album. Quant à l'histoire, une seule lecture suffit !

20/06/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Danzai Lock
Danzai Lock

Ce manga se déroule dans un monde où toute personne ayant causé la mort d'un tiers est condamnée à mort et pour cela placée dans une ville prison dédiée avec un compteur égrenant le temps qu'il leur reste avant leur exécution. Mais ils peuvent acheter du temps à rajouter sur ce compteur, à condition d'effectuer les boulots que les autorités daignent leur proposer. Dans ce district de la mort, deux personnages sont au cœur de l'action. Le premier est une sorte de moine bouddhiste sensé amener la paix dans l'esprit des condamnés, mais il se comporte en réalité plutôt en exécuteur vengeur. Le second est une sorte de samouraï bourreau qui au contraire fait preuve de pitié envers les condamnés et, quand il ne peut pas les aider, il essaie d'abréger leurs souffrances. Les deux vont se retrouver à travailler ensemble et à s'influencer mutuellement. C'est un drôle de manga se plaçant dans un cadre un peu dystopique basé sur une société cruelle qui ne s'embarrasse pas de sentiments envers ses condamnés, et qui mêle de l'aventure et des formes d'enquêtes un peu policières, et toute une réflexion sur la mort, la peine de mort et ceux qui l'exécutent. Le ton est mature et relativement cru. La légèreté du comportement et des dialogues de certains personnages tranche (c'est le cas de le dire) avec la violence des faits : on y parle en effet de vraies mises à mort et les têtes tranchées y sont légion. Le moine, en particulier, ne se laisse pas facilement cerner, son comportement oscillant entre la fausse compassion, une légère folie douce dans ses paroles, une obsession implacable pour la justice expéditive et l'esprit torturé de quelqu'un qui souffre et cherche la vengeance. Son partenaire se révèle un bon contre-point, lui faisant preuve de plus de douceur et d'une vraie compassion même s'il n'hésite pas à tuer lui-même, mais plus dans un esprit de mettre fin au malheur. Le rythme du récit est bon, l'intrigue non linéaire et plutôt touffue, et le dessin est très maîtrisé et bien lisible. C'est un manga de bonne facture qui surprend un peu le lecteur par son contexte et ses protagonistes, et qui amène quelques réflexions sur la peine de mort, la justice et la vengeance. Il se termine en outre en 3 tomes seulement ce qui permet de ne pas le voir s'étaler trop en longueur.

20/06/2024 (modifier)
Couverture de la série La Fleur au fusil
La Fleur au fusil

Rares sont les sujets historiques que la bande dessinée n’a pas traités, mais je ne me souviens d’aucun album qui nous aurait parlé de celui au centre de ce récit. Nous voici donc au temps du risorgimento, qui va voir de nombreux brigands issus du sud de l’Italie s’opposer aux troupes piémontaises. En matière d’histoire, un parallèle entre ce conflit et celui qui va longtemps exister entre l’Irlande et l’Angleterre me semble assez judicieux même si les bandes de brigands du sud de l’Italie doivent aussi être vues comme des cousines de la Mafia (et plus spécifiquement de la Camorra). C’est l’occasion en tous les cas de découvrir un personnage historique très charismatique : Michelina Di Cesare. Cette jeune femme est en effet à l’origine de l’unification de plusieurs bandes de brigands et mènera avec son époux quelques actions d’éclat avant d’être arrêtée puis exécutée. Le récit qui nous est proposé est une biographie romancée. Elle mêle donc des faits réels à une vision romanesque du personnage. Le récit de sa mort dans la bande dessinée est ainsi très différent de la réalité historique. Au risque de me répéter, c’est le genre de liberté artistique qui me pose toujours problème. Le ton général est celui d’un western. On suit une bande de hors-la-loi qui ont basculé dans le banditisme à cause de la pauvreté, de mauvais traitements ou pour fuir l’armée. Leurs coups d’éclats découlent de stratégies audacieuses et de leur détermination. C’est plaisant à lire mais finalement peu dépaysant. Le dessin est plutôt plaisant dans l’ensemble même si les regards m’ont paru régulièrement un peu bizarres. C’est en tous les cas un style réaliste qui plaira à un large public. Public qui sera également séduit par la plastique de Michelina que l’on verra dénudée à plus d’une occasion. Si j’ai beaucoup aimé l’aspect historique du récit, je dois bien avouer être resté un peu en dedans pour tout le reste. Mais c’est une lecture facile et divertissante. Pas mal quoi… mais pas plus pour ma part.

20/06/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Harley Quinn & Power Girl
Harley Quinn & Power Girl

Le retour de l'homme le plus malin de la galaxie - Ce tome contient une histoire complète, mais aux circonstances fortement connectées à 2 autres. Il comprend les 6 épisodes de la minisérie, initialement parus en 2015/2016, coécrits par Jimmy Palmiotti, Amanda Conner et Justin Grey. Stéphane Roux dessine et encre l'épisode 1 en entier, les pages 1 à 18 de l'épisode 2, 1 à 7 + 12 à 19 de l'épisode 3, 10 à 22 de l'épisode 4, 1 à 9 + 19 à 21 de l'épisode 5, et un peu de tout de l'épisode 6 aidé par Moritat, Elliot Fernandez et Flaviano dans une proportion non précisée. Elliot Fernandez a dessiné les pages 19 à 22 de l'épisode 2, 20 à 22 de l'épisode 3, et 1 à 9 de l'épisode 4. Moritat dessine les pages 8 à 11 de l'épisode 3. Flaviano dessine les pages 10 à 18 de l'épisode 5. Souvenez-vous : dans le tome 2 de la série Harley Quinn (de Palmiotti & Conner) Power Girl (Karen Starr) arrivait sur Terre, amnésique et était prise en charge par Harley Quinn qui se faisait passer pour sa meilleur amie. Suite à quelques déboires, elles se retrouvaient projetées dans une autre galaxie. le lecteur apprend ici ce qui leur est arrivé dans le détail. Elles se retrouvent sur une planète inconnue, et tombent tout de suite sur un autochtone capable de leur dire où trouver un individu avec un anneau pouvant les téléporter sur Terre. Mais avant elles doivent le sauver d'une sorte d'hydre extraterrestre. Se dirigeant en suivant la direction obtenue, elles arrivent devant une tête de robot géant qui reconnaît Power Girl et qui les emmène dans une citée en pleine guerre civile. Elles doivent affronter une armée de gugusses en armure. Elles disposent de l'aide du chancelier Groovicus Mellow qui leur explique que Vartox de Valeron (le possesseur de l'anneau) est détenu prisonnier par Oreth Odeox qui gouverne sous forme d'une dictature oppressante. Heureusement, elles bénéficieront de l'aide de Cherub, Warfair, Sala Mandarr, Envoi, Firefox et Carnal. Mais pourquoi y a-t-il des restes de statues à l'effigie de Power Girl dans cette capitale ? Avec la remise à zéro de l'univers DC dans le cadre de l'opération New 52, Harley Quinn (le docteur Harleen Frances Quinzel) bénéficie de sa propre série coécrite par Amada Conner et Jimmy Palmiotti, qui obtient un franc succès. Pour nourrir leurs épisodes, il consacre les numéros 11 à 13 au retour de Power Girl dont Palmiotti avait coécrit 12 épisodes avec Justin Gray, mais avant New 52. Il s'agissait donc d'une autre version du personnage, celle des New 52 étant entièrement nouvelle, sans avoir vécu les aventures de la précédente. La présente minisérie met donc en scène la Power Girl version New 52, expliquant comment elle et Harley Quinn sont revenues d'une planète lointaine où les avaient envoyées Clock King et Sports-Master durant ces épisodes 11 à 13, chose qui n'avait pas été expliquée à ce moment-là. Palmiotti en profite également pour ramener Vartox, personnage ayant été une épine dans le pied de Power Girl pendant les épisodes 7 à 12 de sa série. Mais il s'agissait de l'ancienne Power Girl qui n'a en fait jamais rencontré ce Vartox New 52. Tout ça n'est pas très grave et est expliqué dans le détail au cours du récit. Foin de ces questions oiseuses de continuité, passons plutôt à l'intrigue. le lecteur prend contact avec ce tome via la couverture d'Amanda Conner. Elle réalise 6 couvertures dans lesquelles la dérision est le maître mot, Harley Quinn faisant la pitre de service. Sur les 4 premières, elle est affublée de sa cape pour singer celle de Power Girl et ressembler elle aussi à une superhéroïne. Elle adopte des postures exagérées comme si elle était en train de surjouer pour une comédie. Par contraste, Power Girl est sérieuse, entièrement au premier degré, prête à affronter la menace présente dans l'image. Dans les 2 dernières, elles ont revêtu d'autres costumes, dont les maillots de bain pour l'épisode 5 (ceux qui apparaissait déjà dans les épisodes de la série Power Girl). Amanda Conner maîtrise les moues et les postures pour en tirer tout le contraste possible, et en maximiser l'effet comique. Paul Mounts choisit des couleurs vives et un peu saturées pour donner plus de poids à l'image, et la tirer dans un registre exagéré relevant de la comédie. Le lecteur a donc bien compris qu'il s'agit pour les auteurs de raconter une farce, sans conséquence sur les personnages, puisque les épisodes de la série Harley Quinn ont montré qu'elles sont revenues indemnes et inchangées. Comme à leur habitude, les 3 scénaristes font preuve d'un abattage impressionnant débitant des bagues avec une régularité métronomique. Harley Quinn tient le rôle de l'Auguste, avec une grande palette d'initiatives et de réactions. Elle peut être en train de faire le pitre en arrière-plan (se débattre contre la végétation), faire une grimace, fanfaronner, se conduire de manière irresponsable. Il lui faut aménager régulièrement la vérité car elle continue de faire croire à Power Girl qu'elle est sa meilleure amie. Elle doit esquiver avec adresse les conflits les plus physiques car elle n'a pas de superpouvoirs, elle se place alors derrière Power Girl. Elle continue de se comporte comme une psychopathe n'hésitant pas à tuer un extraterrestre ou deux comme bon lui chante, subissant ensuite les remontrances de Power Girl. Les auteurs jouent également parfois avec un humour horrifique (Harley arrache la moustache de Vartox, avec la peau), une humour un peu sale (Harley vomissant après chaque téléportation), un humour référentiel (l'Hydre de Lerne, Las Vegas Parano d'Hunter S. Thompson, l'épisode 6 se passe dans un simulacre de Terre des années 1950, avec une évocation explicite de Mad Men), un humour jouant sur les stéréotypes (Coolicus, un mélange de Black des années 1970 et de jamaïcain), un humour en dessous de la ceinture (pas tant sur la taille de la poitrine de Power Girl, mais plus sur la plénitude de son corps, et sur les instincts reproducteurs de Vartox). Il y a bien une intrigue pour que ces 2 femmes puissent regagner la Terre. Conner, Gray et Palmiotti déroulent leur histoire à partir de la recherche de cet anneau téléporteur, en passant par la libération de Vartox, puis la relation non résolue entre lui et Power Girl (enfin la version pré New 52). Néanmoins, malgré les rebondissements et sa rigueur, le lecteur sent bien que l'intrigue sert avant tout de support pour que les scénaristes développent des blagues, aussi verbales que visuelles. La couverture annonce que Stéphane Roux a réalisé les dessins de la série, le détail montre qu'il n'a dessiné qu'un seul épisode en entier et deux tiers des autres. Il réalise des dessins réalistes, avec une attention particulière portée pour respecter la différence de morphologie entre Harley Quinn (fine et élancée), et Power Girl plus massive et plus costaude. Il s'amuse à réaliser les mises en scène comiques prévues par le scénario, en particulier Harley Quinn faisant le pitre. Il prend un grand plaisir à soigner les expressions des visages, en particulier les grimaces d'Harley Quinn. Ses dessins participent à la bonne humeur de la narration, en phase avec les scénaristes. Le récit comprend également plusieurs inventions et environnements sortant de l'ordinaire. Roux réussit à faire exister ce paysage extraterrestre un peu désolé initial, avec une végétation étrange. Il est un peu moins convaincant pour la ville dans laquelle les emmène la tête géante de robot. Il recourt régulièrement à la technique de dessiner de vagues arrière-plans, ou de laisser le metteur en couleurs s'en charger diminuant d'autant la sensation d'immersion du lecteur. Par contre quand il s'agit d'établir un lieu en début de séquence, il le représente avec détails. Il est beaucoup plus investi pour imaginer et dessiner avec détails la ribambelle de personnages : extraterrestre au faciès simiesque, robot quadripode avec des lames crantées à la place des avant-bras, équipe de 6 personnages venant en aide aux héroïnes, Coolicus Mellow, etc. Il se montre très enjoué pour la création du marteau lumineux manipulé par Harley Quinn (la marque de fabrique du personnage), avec un superbe travail complémentaire de Paul Mounts. Vartox est sympathique en macho sûr de lui, mais il exsudait encore plus de testostérone quand il était dessiné par Conner dans la série Power Girl. Moritat réalise une magnifique séquence psychédélique pour la parodie de Las Vegas Parano. Les dessins d'Elliot Fernandez et Flaviano ne déméritent pas mais sont moins personnels que ceux De Roux ou Moritat. À la fin, ce tome laisse une impression mitigée. L'intrigue n'a que peu d'importance, mais les scénaristes s'en servent comme d'un support pour une suite de blagues piochant des registres humoristiques très variés, avec une Harley Quinn tout feu tout flamme, irrésistible. Ils font l'effort de ne pas se contenter de resservir ce qu'ils avaient déjà fait en duo dans la série Power Girl (Gray & Palmiotti) ou dans la série Harley Quinn (Conner & Palmiotti). Il est visible qu'ils se sont bien amusés. Les dessins de Stéphane Roux portent un humour visuel très communicatif, avec un degré d'immersion variable d'une page à l'autre. Le lecteur comprend bien qu'il a préféré privilégier la qualité de ses pages à la vitesse d'exécution pour tenir le rythme de production et pour rester dans un modèle économique rentable, mais il ne peut pas s'empêcher de regretter qu'il n'ait pas tout dessiné. Le lecteur venu chercher une pochade y trouvera son content. Le lecteur qui souhaitait un récit plus porté sur le relationnel entre les deux têtes d'affiche sera moins comblé, avec un petit regret en songeant au travail d'Amanda Conner sur la série Power Girl, et au développement de sa relation avec Harley Quinn dans la série de cette dernière.

19/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Audrey Hepburn - Un ange aux yeux de faon
Audrey Hepburn - Un ange aux yeux de faon

Je ne sais pas si c’est le personnage d’Audrey Hepburn qui est trop lisse et consensuel, mais j’ai trouvé cette biographie un chouia trop sage. Je ne connaissais pas vraiment la vie de cette actrice, et j’ai donc été surpris d’apprendre qu’elle avait une mère de la haute noblesse néerlandaise, et qu’elle n’était pas du tout américaine. La partie se déroulant avant et durant l’occupation nazie (où l’on apprend que son père était un fieffé connard et nazi – désolé pour le pléonasme !) est elle aussi intéressante. Après, c’est un peu trop convenu je pense. Une carrière sans réelle anicroche, la rencontre de « stars », sa vie sentimentale, ses difficultés à avoir un enfant, à avoir une vie « stable », jusqu’à ses engagements en faveur des enfants dans les pays pauvres, j’ai eu du mal à me passionner pour ces péripéties, il y manquait un je ne sais quoi de folie, d’originalité, d’anticonformisme. Alors, certes, Hepburn n’est pas la potiche hollywoodienne incarnée par trop de ses consœurs. Mais je suis resté un chouia sur a faim. Comme si jamais on n'était réellement entré dans la personne, pour ne rester qu'à la surface, au niveau du personnage... Note réelle 2,5/5.

19/06/2024 (modifier)
Couverture de la série L'Ours de Ceausescu
L'Ours de Ceausescu

Ducoudray traite de façon loufoque, grotesque, la fin d’une dictature et d’un dictateur qui, s’il n’y avait pas eu toutes ces victimes de ses délires, aurait pu prétendre à être lui-même clown parmi les clowns, incarnation grotesque d’un pathétique Ubu. Par petites touches – et finalement sans doute sans trop forcer le trait – Ducoudray décrit une société où chacun doit occuper sa place, quand bien même le rôle que chacun y joue n’a aucun sens. L’interrogatoire du poète officiel, avec sa machine à écrire défectueuse est ainsi assez savoureuse ! Peu à peu apparaissent quelques personnages, qui vont se trouver rassemblés, chacun ayant en commun d’avoir un temps incarné une « déviation ». La fin est surprenante (je n’avais pas vu venir ce retournement de situation, sans doute la partie où Ducoudray a le plus mis de côté la réalité, celle-ci pour une fois n’ayant rien de drôle). Je ne suis pas fan du dessin, mais ça passe. Et si j’ai souri à plusieurs reprises, j’ai trouvé que la farce aurait pu être davantage poussée. Mais ça reste une lecture distrayante, mais je n'y reviendrai pas.

19/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Qui a cassé Enigma ?
Qui a cassé Enigma ?

L’ouvrage est adapté d’un bouquin du neveu d’Alan Turing, qui a retracé l’historique du « craquage » du fonctionnement de cette machine Enigma, qui permettait aux Allemands – Kriegsmarine surtout – de crypter leurs messages de façon très efficace. Plusieurs albums ont déjà évoqué la personnalité et le travail d’Alan Turing mais ici, de façon surprenante pour moi en tout cas – Turing est un peu en retrait, et si son rôle n’est pas occulté, il n’est qu’un échelon parmi d’autre. L’album est parrainé par le ministère de la défense, préfacé par le chef des services secrets français, et du coup le rôle (inconnu de moi avant cet ouvrage) des services français d’espionnages, dès le début des années 1930, est mis en avant. Il y a sans doute du cocorico mal placé là-dedans, mais le mérite de cet ouvrage est de replacer cette lutte dans le temps long et non pas seulement à partir de 1940 comme souvent), avec le travail de Français, mais aussi de scientifiques polonais, avant que les têtes pensantes – dont Turing – réunies à près de Londres ne réussissent à décrypter le fonctionnement d’Enigma. Si le sujet est intéressant, j’ai trouvé la narration un peu poussive, et le dessin trop figé (avec des visages pas toujours ressemblants au modèle historique). Mais ça reste une lecture intéressante (avec un dossier final qui complète bien l’album).

19/06/2024 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
Couverture de la série Elon Musk - Enquête sur un nouveau maître du monde
Elon Musk - Enquête sur un nouveau maître du monde

On peut dire que Darryl Cunningham, journaliste pour le New York Times, cultive l'art de se faire des amis ! Après Poutine - L'ascension d'un dictateur, le voilà de retour avec cette biographie d'Elon Musk, autre personnage controversé s'il en est. Comme pour son premier opus sur Poutine, Cunningham nous retrace le parcours de vie de Musk, déconstruisant rapidement le mythe du "self made man" que glorifie pourtant l'intéressé. Certes, Musk est un homme d'affaire doué, mais surtout un opportuniste qui a du flair et qui sait s'entourer des bonnes personnes... tant qu'elles vont dans son sens. Après, généralement, ça vole ^^ Il a également parfaitement su tirer profit de l'argent public pour bâtir son empire, évoluant aussi politiquement au gré de ses intérêts. Certes, l'album ne me semble pas des plus partial, mais se base pour autant sur des faits vérifiables et documentés (La bibliographie de fin d'album est assez conséquente !). Musk y laisse de sa superbe, mais n'en reste pas moins une des personnes les plus puissante et influente du monde grâce à la fortune qu'il a su accumuler ; d'où le danger potentiel qu'il représente avec les idées de plus en plus tranchées qu'il défend Côté dessin, c'est relativement "pauvre" ; on est plus dans l'illustration de texte, genre dessin de presse qu'autre chose, comme pour son précédent album.

19/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Nimuë
Nimuë

Très largement inspiré par les légendes arthuriennes, Nimuë nous offre un récit marqué par l’onirisme et le fantastique. Ici Merlin et Morgane n’ont pas le beau rôle et la Dame du Lac nous apparait dans un premier temps sous les traits d’une jeune fille. Le portrait est assez classique. L’étrangeté d’Anna/Nimuë suscite la peur, le dégoût ou le rejet mais ses qualités de cœur la font aimée de ses proches. La forêt l’appelle mystérieusement via un corbeau insistant. Dans la forêt, l’horreur côtoie le merveilleux et Nimuë découvrira ses origines. Bien que parfois fort maniérée, la narration reste fluide et l’album se lit sans peine. Le dessin renforce le côté onirique du récit. Il est parfois à la limite entre la peinture et le dessin mais reste suffisamment lisible pour ne pas me sortir de ma lecture. J’ai trouvé quelques longueurs dans ce récit et je ne sais pas trop s’il y a une morale à en tirer mais c’était une lecture plaisante pour passer le temps. Pas un chef-d’œuvre mais pas mal quand même.

19/06/2024 (modifier)