Un recueil relativement inégal et hétéroclite – comme souvent dans ce genre d’entreprise anthologique (et alors que les « best-of » de Junji Ito se multiplient dernièrement, chez Mangetsu, ou chez Tonkam ici).
Hétéroclite, car les histoires se déroulent dans une ambiance et un univers différents, sont de tailles différentes (quelques-unes sur la fin sont même très courtes !).
Inégal, même si la plupart des histoires sont a minima intéressantes. Il n’y a guère que celle consacrée à Kazuo Umezz (dans laquelle Ito exprime toute son admiration et affirme tout ce qu’il doit à son aîné) qui ne m’a pas intéressé. Sans doute emporté par son admiration, Ito a laissé dans cette histoire son récit tomber trop souvent dans la banalité.
Pour le reste, c’est du Ito classique, avec un fantastique plus ou moins poussé, et là les amateurs y trouvent leur compte.
D’autant plus que son dessin, avec un trait sage et très classique, très fin, très lisible et agréable, accompagne bien les petites horreurs du maître.
J’ai juste été surpris par la présence de couleurs sur certaines histoires, qui plus est uniquement sur les premières cases, le Noir et Blanc revenant par la suite (je préfère clairement son travail en Noir et Blanc).
Une lecture agréable.
Note réelle 3,5/5.
J’ai emprunté cet album au hasard, et je pensais que c’était un roman graphique plus ou moins polar. Il m’a fallu un certain temps pour comprendre qu’on est plus sur un documentaire. Il faut dire que c’est assez décousu, qu’il n’y a pas de problématique claire pour unir cet assemblage de « témoignages ».
C’est sans doute cette absence de « ligne directrice », ce côté un peu « fourre-tout » (même quand les thématiques sont proches, comme celle de la prostitution, commune à deux histoires) de ces témoignages (je ne sais pas ce que Corbeyran – ou les auteurs du livre originel – ont modifié, à part les prénoms je suppose) qui m’empêche d’apprécier davantage cet album.
Mais ça se laisse lire. Ces hommes et ces femmes de banlieue (de cité plutôt) donnent à voir une réalité pas toujours mise en lumière dans les médias.
Voici une BD que j’ai achetée les yeux fermés en lisant les critiques précédentes sur BDtheque. J’ai bien aimé, mais je suis moins enthousiaste que mes prédécesseurs.
C’est clairement une œuvre qui marque par sa qualité graphique. Les dessins en noir et blanc sont absolument magnifiques, chaque page est un tableau d’une précision impressionnante. Windsor-Smith a un talent indéniable pour capturer les émotions et les détails les plus subtils.
C’est le scénario qui m’a laissé sur ma faim. L’histoire de Bobby Bailey, transformé en monstre par des expériences militaires, est prometteuse, mais le récit traîne en longueur par moments. Les nombreuses digressions et les retours en arrière rendent la narration lourde, surtout quand on s’attarde sur des parties moins captivantes. J’irais jusqu’à dire que le livre a manqué de me tomber des mains (et pas que par son poids) à plusieurs reprises.
Mais Windsor-Smith maîtrise l’art de révéler les éléments clés de l’histoire de manière progressive, ce qui maintient une certaine tension narrative malgré les longueurs.
Le développement des personnages est par contre à mettre à son crédit. Bobby Bailey est un personnage tragique et complexe, et les autres personnages, même les plus antipathiques, sont dépeints avec une profondeur psychologique remarquable. Cette humanité ajoutée aux “monstres” du récit rend l’histoire encore plus percutante, car elle explore les différentes facettes de la monstruosité, qu’elle soit physique ou morale.
Je comprends qu’on puisse en faire une BD culte par son aspect visuel et la profondeur de ses personnages. En ce qui me concerne, le rythme lent du scénario qui s’attarde sur des éléments dont j’ai peu perçu l’intérêt ne me permet pas de mettre plus de 3.
Le mythe de Frankenstein, imaginé par une jeune autrice au talent immense il y a plus de 200 ans, est l'un des plus puissants et tenaces, comme en témoigne la flopée d'adaptations dans tous les arts existants. Fujita, dans le cadre du multivers du Black Museum, a décidé d'y rattacher cette histoire, ou plutôt la suite de la création de cette histoire.
En nous proposant au passage un hommage intéressant à Mary Wollstonecraft, devenue entretemps Mary Shelley, épousant le poète dont elle fut la maîtresse très jeune. Si le fait de confronter un auteur (ou une autrice) à son œuvre ou à un avatar de son œuvre n'est pas une idée neuve, c'est un thème qui mérite souvent le détour, et c'est le cas ici. On a un récit plutôt prenant, avec des personnages au caractère bien trempé, Mary Shelley en tête, et le baronnet Timothy Shelley, qui apparaît à la toute fin de ce premier tome, mais dont on entend parler auparavant. La construction du récit, si elle n'est pas haletante, donne quand même des moments de tension réguliers, suffisamment pour ne pas décrocher alors qu'Elcy est reléguée dans un rôle ingrat.
Dans le deuxième tome on a une idée des capacités physiques hors norme d'Elcy, dans une séquence qui n'a pas vraiment d'autre intérêt de nous montrer comment les jeunes filles étaient (mal)traitées dans les pensionnats anglais au début du 19ème siècle. Cet opus contient également une séquence intéressante, celle qui a amené la jeune Mary à écrire le roman qui lui permettra de passer à la postérité, et Fujita nous propose une "explication" qui ma foi n'est pas inintéressante, et qu'il a décidé de prolonger pour la suite de la vie de Mary. A voir tout de même de ce qu'il va faire de ce démon qui hante Mary, parce que pour l'heure cela n'a pas trop d'utilité.
Fujita fait preuve d'une certaine virtuosité et d'une mise en scène inventive, malgré l'aspect manquant de maîtrise des visages de certains de ses protagonistes.
Je suis curieux de lire la suite.
Je comprends que Larcenet soit un bon auteur, cependant il pèche dans ses adaptations de roman par un manque d'ambiance. Je ne sais pas comment l'expliquer mais il manque quelque chose qui ferait qu'on s'attache à nos personnages. Heureusement que le dessin est au rendez vous, et que j'aime le post apo.
Berserk est une œuvre avec un dessin très propre, une histoire prenante, un univers bien construit mais avec des personnages au mieux bornés sur leurs positions.
Guts c'est un peu monsieur pas de chance qui va subir jusqu'à avoir un pic du pire et redescendre pour le surmonter, j'ai trouvé ça très générique à la longue et prévisible. Passé le tome 13 (que j'ai trouvé anecdotique au possible) on attend que ça reparte sans trop y croire. Au final on arrive à revenir à quelque chose de très bien et stable, avec des questionnements sur le bien fondé de la vengeance et une foule d'introspections sur la vie en générale, mais à coté on se tape les pires personnages comiques qu'il m'ait été donné de voir, des méchants secondaires d'une platitude digne d'une crêperie bretonne et des intrigues qui n'avancent pas ou très peu.
Des contes et certains de leurs personnages emblématiques revisités de façon parodique et – très – légèrement loufoque, on a là une histoire amusante, plutôt plaisante à lire.
Mais j’ai préféré la première moitié, plus drôle que la suivante, où il y avait des longueurs et où le récit s’engourdissait quelque peu dans un road-trip de moins en moins dynamisé par bons mots et personnages décalés.
Mais malgré cette baisse d’énergie sur la fin, ça reste quand même une lecture sympa, autour d’un Petit chaperon noir gothique et son pote le loup, ainsi que d'autres personnages plus ou moins à contre-emploi.
Surprenant malgré une narration pataude
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Ce tome comprend un récit complet qui nécessite un minimum de connaissances préalables sur les Inhumains. Il contient les 5 épisodes de la minisérie, initialement parus en 2018, écrits par Donny Cates, dessinés et encrés par Ariel Olivetti et mis en couleurs par Jordie Bellaire. Les couvertures originales ont été réalisées par Kaare Andrews. Il contient également les couvertures alternatives réalisées par Javier Garrón, Russell Dauterman (*2), Greg Hildebrandt, Marco Chechetto, Aaron Kuder, Pepe Larraz, Mike del Mundo.
Il y a plusieurs millénaires de cela, les Krees (une race extraterrestre) ont essaimé les galaxies pour créer des soldats à envoyer dans leur guerre contre les Skrulls. Ils ont réalisé des modifications génétiques sur des êtres humains, des races extraterrestres (Incentaurian, Badoon, Kymellian, Wraith) pour créer des supersoldats. Mais l'Intelligence Suprême des Krees a prédit l'annihilation de leur empire, causée par le Roi de Minuit, un individu issu de ces expériences génétiques. du coup, il avait déclaré l'arrêt immédiat des expérimentations, et la destruction de toutes les tribus d'individus génétiquement modifiés, à l'exception de cinq. Au temps présent, les Krees ayant le pouvoir ont envoyé un message aux descendants des 5 tribus restantes : se joindre à eux ou mourir. le message est gravé sur les cadavres de leurs victimes. À bord du vaisseau des Inhumains, Blackagar Boltagon (Black Bolt) note scrupuleusement le nom de chaque personne dont il voit le cadavre, en silence. Dans le même temps, il pense à Rome, au fait qu'elle ne s'est pas bâtie en un jour et aux circonstances dans lesquelles elle est tombée.
Blackagar Boltagon est tiré de sa tâche par Medusalith Amaquelin (Medusa) qui lui indique que le vaisseau arrive à destination et que son peuple a besoin de son roi. Il remet sa cagoule et sort du vaisseau pour rejoindre Crystal Amaquelin, Triton, Gorgon Petragon, Karnak Mander-Azur et Lockjaw. Ils pénètrent ensemble dans le bâtiment qui doit abriter le conseil des 5 tribus. Black Bolt a déjà pris sa décision quant à l'injonction des Krees : il ne compte ni mourir, ni se soumettre, mais déclarer la guerre. En pénétrant dans la salle de réunion, les Inhumains découvrent les cadavres des représentants des 4 autres tribus, en particulier de leurs reines la matriarche Oola Udonta, la reine Aladi Ko Eke, la première élue Onomi Whitemane, la déesse Avoe. Triton s'approche de la seule personne encore vivante qui communique par télépathie avec lui. Elle indique que le message a été laissé par un individu masqué appelé Vox. Elle rend l'âme et la bombe implantée en elle explose. Les Inhumains en réchappent de peu et Black Bolt comprend l'objectif réel de ce message. Ils remontent précipitamment à bord de leur vaisseau spatial pour regagner Arctilan.
En 2014, l'éditeur Marvel a mis les petits plats dans les grands pour donner plus de visibilité aux personnages de la race des Inhumains, avec une puis deux séries mensuelles, peut-être pour accroître la visibilité d'une communauté vivant à l'écart de l'humanité, peut-être dans l'idée de faire fructifier cette franchise au cinéma. Finalement en 2018, les 2 séries encore en cours Black Bolt et The Royals s'arrêtent au bout de 12 épisodes, et l'éditeur publie une minisérie annonçant leur mort dans son titre. Elle est écrite par Donny Cates, jeune scénariste à la popularité croissante chez Marvel en 2018, à la fois pour une série inventive comme Venom avec Ryan Stegman, à la fois pour un personnage improbable comme Cosmic Ghost Rider avec Dylan Burnett. L'œil du lecteur commence par être attiré par les couvertures de Kyle Kaare Andrews (par exemple auteur de Renato Jones) macabres et sinistres à souhait, que ce soit ce crâne avec les visages grimaçants de inhumains se reflétant sur le masque, ou les mèches de cheveux de Medusa qui sont représentées comme des ruisseaux de sang. le lecteur apprécie également la rapidité du récit : dès le premier épisode le carnage a commencé, avec l'exécution de dizaines d'Inhumains, et la mise à mort des 4 reines, ainsi que la mort d'un inhumain de la famille royale.
Bien sûr, le lecteur n'est pas dupe : il sait que les personnages constituent le patrimoine de l'entreprise Marvel, et que cette dernière ne va pas jeter son capital par les fenêtres en réduisant son nombre de propriétés intellectuelles. Il sait aussi que pour régénérer l'intérêt de certains personnages, il peut s'avérer efficace de les retirer du devant de la scène, et de les laisser reposer quelques temps. Même si les personnages reviendront par la suite, un scénariste habile peut créer une tension narrative et capter l'attention du lecteur en le surprenant dans sa manière de faire. de fait, Donny Cates fait dans l'efficace : l'historique des Inhumains et des 4 tribus tient en 3 pages. Vient ensuite un dessin en double page montrant des cadavres flottant dans l'espace à proximité de la Lune. le scénariste maintient un rythme soutenu avec la mort des 4 reines, l'apparition de l'ennemi Vox dans le premier épisode. Il garde son élan dans le deuxième épisode, avec Karnak servant d'envoyé plénipotentiaire devant les chefs Krees, et une mutilation aussi énorme qu'imprévisible. En assistant à cet acte sadique, le lecteur se doute qu'une partie de ce qu'il lit sera annulé ou effacé dans un proche avenir, voire avant la dernière page de la minisérie. Mais ça n'annule pas l'effet de surprise, ni la perspicacité du scénariste qui sait appuyer là où ça fait mal.
Le lecteur plonge donc un jeu de massacre dont il n'est pas dupe, mais bien construit, avec des conséquences pour les personnages qui souffrent du fait la méchanceté sadique de ce qu'ils subissent, car ça les atteint personnellement. Pour mettre en images ce carnage, Ariel Olivetti a choisi de dessiner de manière traditionnelle, avec des contours détourés par des traits encrés, et non comme il a pu le faire auparavant avec une forme de couleur directe à l'infographie. Il utilise un trait fin et sec pour détourer les formes, ce qui donne une apparence fragile à certains personnages, mais qu'il contrebalance avec la mise en place d'aplats de noir qui viennent donner du poids aux cases. Très rapidement, le lecteur constate que l'artiste s'intéresse plus aux personnages qu'aux décors. S'il éprouve un doute à ce sujet, les 8 pages consécutives dépourvues de fond dans l'épisode 4 lui fournissent l'occasion d'en avoir le cœur net. Il fait l'effort de représenter les environnements les plus importants au moins le temps d'une case par page, comme par exemple le bâtiment devant abriter le conseil des 5 tribus, quelques couloirs et salles du vaisseau des Inhumains (avec des dimensions gigantesques), la plaine où Medusa, Gorgon, Karnak et Crystal vont chercher un allié, ou encore les couloirs et salles du laboratoire des Krees où se déroule l'affrontement final. Jordie Bellaire (coloriste dont le talent lui fait mériter le titre d'artiste) a pris le parti de combler les fonds de case par des camaïeux assez basiques, à base de dégradé progressif de la couleur dominante. Il s'agit d'un habillage qui ne permet pas de masquer le vide.
La narration visuelle d'Ariel Olivetti est claire et efficace, avec des plans de prise de vue simples. Il y a un certain nombre de cadrages allant du plan poitrine au très gros plan, dès que le récit passe dans une phase de dialogue, avec des postures ordinaires qui ne constituent pas un langage corporel révélateur de l'état d'esprit des personnages. de même, le registre des expressions de visage reste assez réduit, entre la neutralité, la colère, la résignation, la pugnacité, sans beaucoup de nuances. du coup la narration visuelle donne une impression un peu plate, avec peu de moments qui ressortent pour leur caractère spectaculaire, horrifique ou émotionnel. Par exemple, les cadavres flottant dans l'espace à proximité de la Lune ne présentent pas de caractéristiques à même de susciter de l'empathie ou du dégout chez le lecteur. Au fil des séquences, le lecteur retient la présence physique de Vox, le calme inaltérable de Karnak face aux chefs Krees, la page de mutilation (pas très graphique, mais horrible du fait de son pragmatisme), ou encore le langage des signes utilisés par Black Bolt. le lecteur peut comprendre que l'artiste n'ait pas souhaité abuser du sensationnalisme avec des cadrages aux perspectives exagérées, ou des gros plans répugnants, mais il finit par ressentir un manque de spectaculaire pour des événements sortant pourtant de l'ordinaire.
Donny Cates raconte l'extermination annoncé des Inhumains, avec un rythme soutenu et une inventivité qui tire sa richesse de l'utilisation intelligente des éléments de la mythologie des Inhumains, tout en restant intelligible par le plus grand nombre. le lecteur est séduit par la dérouillée que leur flanque Vox et les Krees, et par les conséquences des batailles (même s'il garde au fond de son esprit leur caractère forcément éphémère). Au fil des épisodes, il ressent le manque d'ampleur de la narration visuelle qui semble rester trop froide par rapport à ce qu'elle raconte. Il voit bien aussi que le scénariste revient à un schéma narratif très classique pour terminer son récit dans les deux derniers épisodes. le lecteur ressort de cette minisérie avec un sentiment partagé entre un jeu de massacre bien organisé, des dessins un peu plats, et une fin convenue.
Arleston, scénariste plus que rodé aux séries à succès – et à rallonges ! – nous propose ici une série fantasy qui ne brille pas vraiment par son originalité. Même s’il parvient à glisser quelques petits détails au niveau du bestiaire – finalement pauvre – et de l’univers insulaire dans lequel se déroule l’intrigue.
Il bâtit rapidement un groupe hétéroclite, dont les différences vont immanquablement nourrir saillies drolatiques et catastrophes forcément rattrapées. Et, bien sûr, parmi cette fine équipe, une bombasse peu frileuse et farouche, qui exhibe une poitrine très opulente et attire tous les mâles.
Du très classique donc, mais Arleston possède suffisamment de talent pour nous faire oublier ce déjà-vu et tous ces clichés (et quelques facilités – comme le navire Keresquin, visiblement facile à manœuvrer avec un simple gamin comme équipage !), grâce à un scénario très dynamique, quelques bons mots. Bref, c’est une lecture détente, pas prise de tête et plutôt agréable.
Le dessin de Mourier est lui aussi dynamique et globalement agréable, même si je l’ai trouvé inégal. La colorisation fait un peu datée par contre.
Malgré un petit manque d’originalité, j’aurais probablement arrondi aux quatre étoiles si la série n’avait pas été abandonnée brusquement, « La princesse sans mémoire » annoncée n’ayant jamais paru, laissant l’intrigue – et le lecteur – en plan (mais Soleil s’est fait une spécialité de ce genre d’abandon).
Note réelle 3,5/5.
Le premier album qui regroupe différents témoignages regroupé par Toulmé est pas mal sans être exceptionnel. Je me demande d'ailleurs si cela ne s'adresse pas en premier aux fans de l'auteur qui veulent tout lire de lui. En tout cas, ce n'est pas un album que je recommanderais si on veut découvrir l'œuvre de l'auteur.
Comme les sujets traités dans ses 6 histoire sont hétérogènes (même si certains thèmes se regroupe dans deux ou trois histoires comme la religion et l'amour), l'intérêt varie selon si on aime le sujet traité dans le récit ou non. Dans ce premier tome, il y a 4 témoignages que j'ai bien aimé et deux qui m'ont laisse indifférent. Les meilleurs selon moi sont la première et la dernière, il faut dire qu'elles sont si je ne me trompe pas les plus longues ce qui permet à l'auteur de mieux développer son sujet.
Il y a des moments touchants et on retrouve la pudeur de Toulmé lorsqu'il s'agit de montrer des choses graves. À lire si on aime l'auteur.
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Histoires courtes - Intégrale
Un recueil relativement inégal et hétéroclite – comme souvent dans ce genre d’entreprise anthologique (et alors que les « best-of » de Junji Ito se multiplient dernièrement, chez Mangetsu, ou chez Tonkam ici). Hétéroclite, car les histoires se déroulent dans une ambiance et un univers différents, sont de tailles différentes (quelques-unes sur la fin sont même très courtes !). Inégal, même si la plupart des histoires sont a minima intéressantes. Il n’y a guère que celle consacrée à Kazuo Umezz (dans laquelle Ito exprime toute son admiration et affirme tout ce qu’il doit à son aîné) qui ne m’a pas intéressé. Sans doute emporté par son admiration, Ito a laissé dans cette histoire son récit tomber trop souvent dans la banalité. Pour le reste, c’est du Ito classique, avec un fantastique plus ou moins poussé, et là les amateurs y trouvent leur compte. D’autant plus que son dessin, avec un trait sage et très classique, très fin, très lisible et agréable, accompagne bien les petites horreurs du maître. J’ai juste été surpris par la présence de couleurs sur certaines histoires, qui plus est uniquement sur les premières cases, le Noir et Blanc revenant par la suite (je préfère clairement son travail en Noir et Blanc). Une lecture agréable. Note réelle 3,5/5.
La Part du ghetto
J’ai emprunté cet album au hasard, et je pensais que c’était un roman graphique plus ou moins polar. Il m’a fallu un certain temps pour comprendre qu’on est plus sur un documentaire. Il faut dire que c’est assez décousu, qu’il n’y a pas de problématique claire pour unir cet assemblage de « témoignages ». C’est sans doute cette absence de « ligne directrice », ce côté un peu « fourre-tout » (même quand les thématiques sont proches, comme celle de la prostitution, commune à deux histoires) de ces témoignages (je ne sais pas ce que Corbeyran – ou les auteurs du livre originel – ont modifié, à part les prénoms je suppose) qui m’empêche d’apprécier davantage cet album. Mais ça se laisse lire. Ces hommes et ces femmes de banlieue (de cité plutôt) donnent à voir une réalité pas toujours mise en lumière dans les médias.
Monstres
Voici une BD que j’ai achetée les yeux fermés en lisant les critiques précédentes sur BDtheque. J’ai bien aimé, mais je suis moins enthousiaste que mes prédécesseurs. C’est clairement une œuvre qui marque par sa qualité graphique. Les dessins en noir et blanc sont absolument magnifiques, chaque page est un tableau d’une précision impressionnante. Windsor-Smith a un talent indéniable pour capturer les émotions et les détails les plus subtils. C’est le scénario qui m’a laissé sur ma faim. L’histoire de Bobby Bailey, transformé en monstre par des expériences militaires, est prometteuse, mais le récit traîne en longueur par moments. Les nombreuses digressions et les retours en arrière rendent la narration lourde, surtout quand on s’attarde sur des parties moins captivantes. J’irais jusqu’à dire que le livre a manqué de me tomber des mains (et pas que par son poids) à plusieurs reprises. Mais Windsor-Smith maîtrise l’art de révéler les éléments clés de l’histoire de manière progressive, ce qui maintient une certaine tension narrative malgré les longueurs. Le développement des personnages est par contre à mettre à son crédit. Bobby Bailey est un personnage tragique et complexe, et les autres personnages, même les plus antipathiques, sont dépeints avec une profondeur psychologique remarquable. Cette humanité ajoutée aux “monstres” du récit rend l’histoire encore plus percutante, car elle explore les différentes facettes de la monstruosité, qu’elle soit physique ou morale. Je comprends qu’on puisse en faire une BD culte par son aspect visuel et la profondeur de ses personnages. En ce qui me concerne, le rythme lent du scénario qui s’attarde sur des éléments dont j’ai peu perçu l’intérêt ne me permet pas de mettre plus de 3.
Crescent Moon, Dance with the Monster
Le mythe de Frankenstein, imaginé par une jeune autrice au talent immense il y a plus de 200 ans, est l'un des plus puissants et tenaces, comme en témoigne la flopée d'adaptations dans tous les arts existants. Fujita, dans le cadre du multivers du Black Museum, a décidé d'y rattacher cette histoire, ou plutôt la suite de la création de cette histoire. En nous proposant au passage un hommage intéressant à Mary Wollstonecraft, devenue entretemps Mary Shelley, épousant le poète dont elle fut la maîtresse très jeune. Si le fait de confronter un auteur (ou une autrice) à son œuvre ou à un avatar de son œuvre n'est pas une idée neuve, c'est un thème qui mérite souvent le détour, et c'est le cas ici. On a un récit plutôt prenant, avec des personnages au caractère bien trempé, Mary Shelley en tête, et le baronnet Timothy Shelley, qui apparaît à la toute fin de ce premier tome, mais dont on entend parler auparavant. La construction du récit, si elle n'est pas haletante, donne quand même des moments de tension réguliers, suffisamment pour ne pas décrocher alors qu'Elcy est reléguée dans un rôle ingrat. Dans le deuxième tome on a une idée des capacités physiques hors norme d'Elcy, dans une séquence qui n'a pas vraiment d'autre intérêt de nous montrer comment les jeunes filles étaient (mal)traitées dans les pensionnats anglais au début du 19ème siècle. Cet opus contient également une séquence intéressante, celle qui a amené la jeune Mary à écrire le roman qui lui permettra de passer à la postérité, et Fujita nous propose une "explication" qui ma foi n'est pas inintéressante, et qu'il a décidé de prolonger pour la suite de la vie de Mary. A voir tout de même de ce qu'il va faire de ce démon qui hante Mary, parce que pour l'heure cela n'a pas trop d'utilité. Fujita fait preuve d'une certaine virtuosité et d'une mise en scène inventive, malgré l'aspect manquant de maîtrise des visages de certains de ses protagonistes. Je suis curieux de lire la suite.
La Route
Je comprends que Larcenet soit un bon auteur, cependant il pèche dans ses adaptations de roman par un manque d'ambiance. Je ne sais pas comment l'expliquer mais il manque quelque chose qui ferait qu'on s'attache à nos personnages. Heureusement que le dessin est au rendez vous, et que j'aime le post apo.
Berserk
Berserk est une œuvre avec un dessin très propre, une histoire prenante, un univers bien construit mais avec des personnages au mieux bornés sur leurs positions. Guts c'est un peu monsieur pas de chance qui va subir jusqu'à avoir un pic du pire et redescendre pour le surmonter, j'ai trouvé ça très générique à la longue et prévisible. Passé le tome 13 (que j'ai trouvé anecdotique au possible) on attend que ça reparte sans trop y croire. Au final on arrive à revenir à quelque chose de très bien et stable, avec des questionnements sur le bien fondé de la vengeance et une foule d'introspections sur la vie en générale, mais à coté on se tape les pires personnages comiques qu'il m'ait été donné de voir, des méchants secondaires d'une platitude digne d'une crêperie bretonne et des intrigues qui n'avancent pas ou très peu.
Les Dents longues
Des contes et certains de leurs personnages emblématiques revisités de façon parodique et – très – légèrement loufoque, on a là une histoire amusante, plutôt plaisante à lire. Mais j’ai préféré la première moitié, plus drôle que la suivante, où il y avait des longueurs et où le récit s’engourdissait quelque peu dans un road-trip de moins en moins dynamisé par bons mots et personnages décalés. Mais malgré cette baisse d’énergie sur la fin, ça reste quand même une lecture sympa, autour d’un Petit chaperon noir gothique et son pote le loup, ainsi que d'autres personnages plus ou moins à contre-emploi.
Les Inhumains - La Mort des Inhumains
Surprenant malgré une narration pataude - Ce tome comprend un récit complet qui nécessite un minimum de connaissances préalables sur les Inhumains. Il contient les 5 épisodes de la minisérie, initialement parus en 2018, écrits par Donny Cates, dessinés et encrés par Ariel Olivetti et mis en couleurs par Jordie Bellaire. Les couvertures originales ont été réalisées par Kaare Andrews. Il contient également les couvertures alternatives réalisées par Javier Garrón, Russell Dauterman (*2), Greg Hildebrandt, Marco Chechetto, Aaron Kuder, Pepe Larraz, Mike del Mundo. Il y a plusieurs millénaires de cela, les Krees (une race extraterrestre) ont essaimé les galaxies pour créer des soldats à envoyer dans leur guerre contre les Skrulls. Ils ont réalisé des modifications génétiques sur des êtres humains, des races extraterrestres (Incentaurian, Badoon, Kymellian, Wraith) pour créer des supersoldats. Mais l'Intelligence Suprême des Krees a prédit l'annihilation de leur empire, causée par le Roi de Minuit, un individu issu de ces expériences génétiques. du coup, il avait déclaré l'arrêt immédiat des expérimentations, et la destruction de toutes les tribus d'individus génétiquement modifiés, à l'exception de cinq. Au temps présent, les Krees ayant le pouvoir ont envoyé un message aux descendants des 5 tribus restantes : se joindre à eux ou mourir. le message est gravé sur les cadavres de leurs victimes. À bord du vaisseau des Inhumains, Blackagar Boltagon (Black Bolt) note scrupuleusement le nom de chaque personne dont il voit le cadavre, en silence. Dans le même temps, il pense à Rome, au fait qu'elle ne s'est pas bâtie en un jour et aux circonstances dans lesquelles elle est tombée. Blackagar Boltagon est tiré de sa tâche par Medusalith Amaquelin (Medusa) qui lui indique que le vaisseau arrive à destination et que son peuple a besoin de son roi. Il remet sa cagoule et sort du vaisseau pour rejoindre Crystal Amaquelin, Triton, Gorgon Petragon, Karnak Mander-Azur et Lockjaw. Ils pénètrent ensemble dans le bâtiment qui doit abriter le conseil des 5 tribus. Black Bolt a déjà pris sa décision quant à l'injonction des Krees : il ne compte ni mourir, ni se soumettre, mais déclarer la guerre. En pénétrant dans la salle de réunion, les Inhumains découvrent les cadavres des représentants des 4 autres tribus, en particulier de leurs reines la matriarche Oola Udonta, la reine Aladi Ko Eke, la première élue Onomi Whitemane, la déesse Avoe. Triton s'approche de la seule personne encore vivante qui communique par télépathie avec lui. Elle indique que le message a été laissé par un individu masqué appelé Vox. Elle rend l'âme et la bombe implantée en elle explose. Les Inhumains en réchappent de peu et Black Bolt comprend l'objectif réel de ce message. Ils remontent précipitamment à bord de leur vaisseau spatial pour regagner Arctilan. En 2014, l'éditeur Marvel a mis les petits plats dans les grands pour donner plus de visibilité aux personnages de la race des Inhumains, avec une puis deux séries mensuelles, peut-être pour accroître la visibilité d'une communauté vivant à l'écart de l'humanité, peut-être dans l'idée de faire fructifier cette franchise au cinéma. Finalement en 2018, les 2 séries encore en cours Black Bolt et The Royals s'arrêtent au bout de 12 épisodes, et l'éditeur publie une minisérie annonçant leur mort dans son titre. Elle est écrite par Donny Cates, jeune scénariste à la popularité croissante chez Marvel en 2018, à la fois pour une série inventive comme Venom avec Ryan Stegman, à la fois pour un personnage improbable comme Cosmic Ghost Rider avec Dylan Burnett. L'œil du lecteur commence par être attiré par les couvertures de Kyle Kaare Andrews (par exemple auteur de Renato Jones) macabres et sinistres à souhait, que ce soit ce crâne avec les visages grimaçants de inhumains se reflétant sur le masque, ou les mèches de cheveux de Medusa qui sont représentées comme des ruisseaux de sang. le lecteur apprécie également la rapidité du récit : dès le premier épisode le carnage a commencé, avec l'exécution de dizaines d'Inhumains, et la mise à mort des 4 reines, ainsi que la mort d'un inhumain de la famille royale. Bien sûr, le lecteur n'est pas dupe : il sait que les personnages constituent le patrimoine de l'entreprise Marvel, et que cette dernière ne va pas jeter son capital par les fenêtres en réduisant son nombre de propriétés intellectuelles. Il sait aussi que pour régénérer l'intérêt de certains personnages, il peut s'avérer efficace de les retirer du devant de la scène, et de les laisser reposer quelques temps. Même si les personnages reviendront par la suite, un scénariste habile peut créer une tension narrative et capter l'attention du lecteur en le surprenant dans sa manière de faire. de fait, Donny Cates fait dans l'efficace : l'historique des Inhumains et des 4 tribus tient en 3 pages. Vient ensuite un dessin en double page montrant des cadavres flottant dans l'espace à proximité de la Lune. le scénariste maintient un rythme soutenu avec la mort des 4 reines, l'apparition de l'ennemi Vox dans le premier épisode. Il garde son élan dans le deuxième épisode, avec Karnak servant d'envoyé plénipotentiaire devant les chefs Krees, et une mutilation aussi énorme qu'imprévisible. En assistant à cet acte sadique, le lecteur se doute qu'une partie de ce qu'il lit sera annulé ou effacé dans un proche avenir, voire avant la dernière page de la minisérie. Mais ça n'annule pas l'effet de surprise, ni la perspicacité du scénariste qui sait appuyer là où ça fait mal. Le lecteur plonge donc un jeu de massacre dont il n'est pas dupe, mais bien construit, avec des conséquences pour les personnages qui souffrent du fait la méchanceté sadique de ce qu'ils subissent, car ça les atteint personnellement. Pour mettre en images ce carnage, Ariel Olivetti a choisi de dessiner de manière traditionnelle, avec des contours détourés par des traits encrés, et non comme il a pu le faire auparavant avec une forme de couleur directe à l'infographie. Il utilise un trait fin et sec pour détourer les formes, ce qui donne une apparence fragile à certains personnages, mais qu'il contrebalance avec la mise en place d'aplats de noir qui viennent donner du poids aux cases. Très rapidement, le lecteur constate que l'artiste s'intéresse plus aux personnages qu'aux décors. S'il éprouve un doute à ce sujet, les 8 pages consécutives dépourvues de fond dans l'épisode 4 lui fournissent l'occasion d'en avoir le cœur net. Il fait l'effort de représenter les environnements les plus importants au moins le temps d'une case par page, comme par exemple le bâtiment devant abriter le conseil des 5 tribus, quelques couloirs et salles du vaisseau des Inhumains (avec des dimensions gigantesques), la plaine où Medusa, Gorgon, Karnak et Crystal vont chercher un allié, ou encore les couloirs et salles du laboratoire des Krees où se déroule l'affrontement final. Jordie Bellaire (coloriste dont le talent lui fait mériter le titre d'artiste) a pris le parti de combler les fonds de case par des camaïeux assez basiques, à base de dégradé progressif de la couleur dominante. Il s'agit d'un habillage qui ne permet pas de masquer le vide. La narration visuelle d'Ariel Olivetti est claire et efficace, avec des plans de prise de vue simples. Il y a un certain nombre de cadrages allant du plan poitrine au très gros plan, dès que le récit passe dans une phase de dialogue, avec des postures ordinaires qui ne constituent pas un langage corporel révélateur de l'état d'esprit des personnages. de même, le registre des expressions de visage reste assez réduit, entre la neutralité, la colère, la résignation, la pugnacité, sans beaucoup de nuances. du coup la narration visuelle donne une impression un peu plate, avec peu de moments qui ressortent pour leur caractère spectaculaire, horrifique ou émotionnel. Par exemple, les cadavres flottant dans l'espace à proximité de la Lune ne présentent pas de caractéristiques à même de susciter de l'empathie ou du dégout chez le lecteur. Au fil des séquences, le lecteur retient la présence physique de Vox, le calme inaltérable de Karnak face aux chefs Krees, la page de mutilation (pas très graphique, mais horrible du fait de son pragmatisme), ou encore le langage des signes utilisés par Black Bolt. le lecteur peut comprendre que l'artiste n'ait pas souhaité abuser du sensationnalisme avec des cadrages aux perspectives exagérées, ou des gros plans répugnants, mais il finit par ressentir un manque de spectaculaire pour des événements sortant pourtant de l'ordinaire. Donny Cates raconte l'extermination annoncé des Inhumains, avec un rythme soutenu et une inventivité qui tire sa richesse de l'utilisation intelligente des éléments de la mythologie des Inhumains, tout en restant intelligible par le plus grand nombre. le lecteur est séduit par la dérouillée que leur flanque Vox et les Krees, et par les conséquences des batailles (même s'il garde au fond de son esprit leur caractère forcément éphémère). Au fil des épisodes, il ressent le manque d'ampleur de la narration visuelle qui semble rester trop froide par rapport à ce qu'elle raconte. Il voit bien aussi que le scénariste revient à un schéma narratif très classique pour terminer son récit dans les deux derniers épisodes. le lecteur ressort de cette minisérie avec un sentiment partagé entre un jeu de massacre bien organisé, des dessins un peu plats, et une fin convenue.
Les Feux d'Askell
Arleston, scénariste plus que rodé aux séries à succès – et à rallonges ! – nous propose ici une série fantasy qui ne brille pas vraiment par son originalité. Même s’il parvient à glisser quelques petits détails au niveau du bestiaire – finalement pauvre – et de l’univers insulaire dans lequel se déroule l’intrigue. Il bâtit rapidement un groupe hétéroclite, dont les différences vont immanquablement nourrir saillies drolatiques et catastrophes forcément rattrapées. Et, bien sûr, parmi cette fine équipe, une bombasse peu frileuse et farouche, qui exhibe une poitrine très opulente et attire tous les mâles. Du très classique donc, mais Arleston possède suffisamment de talent pour nous faire oublier ce déjà-vu et tous ces clichés (et quelques facilités – comme le navire Keresquin, visiblement facile à manœuvrer avec un simple gamin comme équipage !), grâce à un scénario très dynamique, quelques bons mots. Bref, c’est une lecture détente, pas prise de tête et plutôt agréable. Le dessin de Mourier est lui aussi dynamique et globalement agréable, même si je l’ai trouvé inégal. La colorisation fait un peu datée par contre. Malgré un petit manque d’originalité, j’aurais probablement arrondi aux quatre étoiles si la série n’avait pas été abandonnée brusquement, « La princesse sans mémoire » annoncée n’ayant jamais paru, laissant l’intrigue – et le lecteur – en plan (mais Soleil s’est fait une spécialité de ce genre d’abandon). Note réelle 3,5/5.
Inoubliables
Le premier album qui regroupe différents témoignages regroupé par Toulmé est pas mal sans être exceptionnel. Je me demande d'ailleurs si cela ne s'adresse pas en premier aux fans de l'auteur qui veulent tout lire de lui. En tout cas, ce n'est pas un album que je recommanderais si on veut découvrir l'œuvre de l'auteur. Comme les sujets traités dans ses 6 histoire sont hétérogènes (même si certains thèmes se regroupe dans deux ou trois histoires comme la religion et l'amour), l'intérêt varie selon si on aime le sujet traité dans le récit ou non. Dans ce premier tome, il y a 4 témoignages que j'ai bien aimé et deux qui m'ont laisse indifférent. Les meilleurs selon moi sont la première et la dernière, il faut dire qu'elles sont si je ne me trompe pas les plus longues ce qui permet à l'auteur de mieux développer son sujet. Il y a des moments touchants et on retrouve la pudeur de Toulmé lorsqu'il s'agit de montrer des choses graves. À lire si on aime l'auteur.