J'ai suivi le conseil de Noirdésir, celui de découvrir Marcel Ruijters. Et je ne le regrette pas.
Mon choix s'est porté sur ces bienheureuses, des femmes qui ont voué leur vie à Dieu. Une BD à l'ambiance moyenâgeuse.
Marcel Ruijters prend pour model La Légende Dorée de Jacques de Voragine, une œuvre écrite au XIIIe siècle sur la vie de cent cinquante Saints. Ruijters reprend ce schéma pour nous narrer, en 2 à 14 planches, les parcours de différentes Saintes, mais il choisi la voix de l'absurde, avec des histoires abracadabrantesques, pour se moquer de la chrétienté édifiante de cette période en caricaturant à l'extrême les personnages. À chaque histoire, une chute qui tombe comme un poil de cul dans la soupe. Aucun phylactère, juste une voix off sur un ton neutre.
Surprenant.
La partie graphique fait indéniablement penser à l'esthétisme médiéval. Ruijters utilise les mêmes codes avec des proportions personnages/décors non respectés et des visages croqués de profil.
J'ai pris mon temps pour admirer les nombreux détails de chaque vignette et de ces fabuleuses nonnes désarticulées aux yeux exorbitants.
Magnifique.
Note réelle : 3,5.
Je me suis bien marré en lisant cette BD. À première vue, on pourrait croire qu'elle est destinée aux enfants, mais détrompez-vous, c'est complètement barré avec quelques scènes trash par moment.
C'est le genre de BD qui sera plus utile pour divertir les invités pendant leur passage aux toilettes :D, que dans la bibliothèque principale.
Les blagues sont courtes mais efficaces, évidemment, elles ne se valent pas toutes, mais la plupart font leur petit effet.
Le dessin quant à lui est franchement moche, mais ça colle bien au côté décalé et absurde de la BD.
Une bonne série pour les plus jeunes.
Le début est assez captivant mais depuis le tome 8, j’avoue ne plus être trop dedans, je continue cependant à lire la série dès que je peux.
Mais ça s’éternise méchamment je trouve, je n’aurais pas aimé être un ado qui l’aurait suivi d’entrée de jeu !!
Je ne sais pas si c’était prévu aussi long à la base, mais ça s’étiole bien à force, même si le scénariste continue avec des zones d’ombre qui titillent le lecteur.
Le genre de série qui sera au top pour la jeune génération qui pourra enfin la découvrir dans son intégralité.
Parce que oui ça se traîne mais ça reste très bien réalisé et le style de Gazzotti me paraît intemporel.
Nota : la série a fait un tel buzz qu’elle a même fait l’objet d’une adaptation sur grand écran, malheureusement le résultat est assez maladroit, privilégiez la version papier.
L'ayant découverte dans ma prime jeunesse, j'ai toujours associé Nicole Claveloux à des récits pour enfants (Grabote était publié dans Okapi) ou au pire à des petits bonshommes ou des bébés qui se parlent avec des banderoles en guise de bulles de dialogues. Ce n'est qu'après avoir lu La Main verte que j'ai découvert ses œuvres bien plus adultes. Elle a en effet publié des histoires courtes dans divers magazines et en particulier dans Ah ! Nana, magazine réalisé par des femmes et essentiellement pour des femmes. Celles qui sont recueillies dans cet album proviennent de cette source là. A noter que plusieurs d'entre elles ont été reprises plus tard dans les albums La Main Verte et autres récits et Une gamine dans la lune et autres récits.
Ce sont des histoires courtes aux sujets variés, sans aucune thématique définie. Le ton y est très libéré, parfois presque surréaliste, ou psychanalytique. Que ce soit celle de ce légume qui parle et qui veut se transformer en femme-panthère sexy, celle de cette femme qui aura attendu toute sa vie le prince charmant, celle de cette petite fille qui s'ouvre à la sexualité et voudrait avoir ses règles, ou encore celle de cette femme raide dingue d'un homme découvert dans un magazine et qui va le harceler et tout faire pour l'atteindre, ce sont des récits axés sur la féminité, que ce soit corporelle, spirituelle ou émotionnelle. Et l'autrice s'y lâche sur un ton qui aurait eu sa place dans des magazines adultes comme Métal Hurlant ou le Psikopat.
Elle se lâche aussi sur le plan graphique, non pas dans le sens de produire un dessin bâclé et rapide mais bien au contraire d'utiliser son talent graphique pour faire varier ses styles visuels tout en produisant des planches soignées. Qu'on aime ou pas ces genres visuels, en particulier certains personnages et visages volontairement enlaidis, on ne peut que reconnaitre le boulot qu'il y a derrière.
Sur le fond, j'ai trouvé cette lecture intéressante, en particulier par la liberté de ton de l'autrice et de ses thématiques féminines. Toutefois, les histoires sont trop absurdes et décousues pour me satisfaire et m'accrocher réellement. J'ai lu cet album avec un œil curieux mais jamais vraiment emballé.
Une lecture déroutante, à propos de laquelle j’ai du mal à préciser mon ressenti. Je dirais qu’il est globalement positif, mais que cette lecture m’a quand même laissé sur ma faim.
C’est une sorte de fable, qui semblait partir vers quelque chose de très poétique, mais qui, plus la lecture avançait, s’est avérée un peu creuse. Disons que ça se laisse lire, mais qu’au bout d’un moment, j’attendais non pas une « explication », mais au moins de nouvelles idées, quelque chose de dynamique. Au lieu de quoi j’ai trouvé que ça ronronnait.
Le dessin est très lisible, mais pas très travaillé. Une tendance manga (qui m’avait aussi fait penser à quelque chose proche de ce que propose Ghibli).
Une lecture qui m’a surpris, mais dont j’attendais sans doute autre chose (sans trop savoir quoi en fait).
Ça n’est sans doute pas l’album de Dillies qui m’a le plus spontanément captivé. Il est un peu décousu, et semble presque construit au fil d’une improvisation onirique.
Mais ça reste quand même une lecture sympathique. Agréable. D’abord comme toujours grâce à ce dessin simple, efficace et très frais, ces personnages animaliers qui défient la banalité de l’existence.
Car Dillies, au travers de cette souris qui souffre d’une relative solitude, et d’une panne d’inspiration, nous montre une vision optimiste de la vie, grâce à la poésie, au hasard des rencontres, grâce à la capacité à faire tomber les masques (avec toujours cette présence de la musique, et une habituelle allusion à Django Reinhardt).
Pas le meilleur Dillies, mais un album sympathique.
Ça n’est pas la première série de Vanyda que je lis, et à chaque fois je me surprends à les trouver sympas, alors même qu’a priori elles ne semblent pas faites pour moi.
Les premières pages – et sans doute une partie des suivantes – font un peu penser au film « La boum » (d’ailleurs évoqué en fin du premier tome), ce qui n’est pas ma tasse de thé. Mais, comme à son habitude, Vanyda réussit à donner de la profondeur à ses personnages, Valentine en tête, et à les rendre attachants, évacuant banalité et mièvrerie qui menaçaient pourtant au vu de l’entame.
Si elle n’échappe pas à un certain déjà-vu, cette série donne à voir des personnages bien campés, et surtout des dialogues qui sonnent juste, autour de Valentine et de quelques-unes de ses copines (surtout) et copains (en troisième dans le premier album, puis lycéennes ensuite), avec les questionnements inhérents à cet âge charnière (relations amoureuses et amicales, passage à l’âge adulte, etc.). Ça ne renouvèle rien, mais Vanyda arrive à faire prendre la mayonnaise.
Même ressenti par rapport au dessin, qui lorgne pas mal vers le manga (en particulier les expressions du visage – aspect dont je ne suis pas fan), mais ça passe quand même. C’est un trait léger et très lisible, finalement pas désagréable.
Dans un genre dont je ne suis pas le cœur de cible, c’est plutôt réussi, et peut tout à fait plaire à un lectorat assez large.
Je ne me vois pas mettre en dessous de 3* pour cette série, pourtant je ne la suis plus depuis belle lurette,
En gros, je ne connais que la première grosse moitié et sans chercher à la boycotter, je n’éprouve pas d’envie particulière à lire l’autre moitié.
Le premier cycle est assez sympa, on est sur de l’aventure humoristique typique de son scénariste. Ça surfe bien sur le succès de Lanfeust mais je m’y suis retrouvé.
Par contre la suite est déjà très versatile en qualité. Jamais pour le dessin de Mourier qui est toujours dynamique et d’une belle constance, mais plutôt pour les scenarii en dents de scie.
L’idée d’aventures à la Astérix est bonne sur le papier mais fait malheureusement trop pchit dans le rendu, certains tomes sont particulièrement poussifs, voire vides.
Bon après, j’ai bien grandi aussi depuis les débuts de la série, le public visé me semble bien ado. Ça reste bon enfant et ça peut leur donner envie de poursuivre dans le 9eme Art.
Je n’ai pas grands choses à dire sur cet album si ce n’est qu’il est dans une moyenne haute de la collection.
C’est scolaire mais bien fait, un album parfait pour découvrir la destinée de ce héros. Le dessin sans être grandiose fait parfaitement le taf.
En plus, c’est complet et ça tient en un tome. J’ai également apprécié la fluidité de l’histoire, je n’ai pas eu ce sentiment de coupures ou maladresses (que le dossier final vient généralement palier), tout est compréhensible et bien montré.
J’ai trouvé cet album intéressant, pour plusieurs raisons.
D’abord grâce au personnage principal, Malamine donc, Africain surdiplômé, intellectuel ayant fui son pays (une dictature qui l’empêchait du fait de ses origines ethniques d’accéder aux postes auxquels il pouvait prétendre) pour s’installer en France, au milieu d’une diaspora hétéroclite. Contraint aux petits boulots (brancardier), là non plus il n’est pas reconnu à sa juste valeur.
Malamine est un personnage ambivalent. Au départ je l’appréciais. Son discours anticolonialiste, de combat contre le soutien des « démocraties » (dont la France) aux dictatures qui sclérosent l’Afrique, sa volonté de se battre, tout en s’inspirant de quelques penseurs de la décolonisation, voilà quelqu’un qui m’attirait. Mais rapidement, son aigreur, ses frustrations semblent tourner en rond, on le suit, on l’écoute geindre, rejeter dogmatiquement les rares personnes qui auraient pu trouver grâce à ses yeux (comme cette collègue de l’hôpital où il travaille) : il m’est presque devenu antipathique. D’autant plus qu’il bascule dans une spirale dangereuse, avec des activistes près à déclencher des actes terroristes. Jusqu’au final, qui lui redonne dignité et humanité.
L’autre attrait, ce sont bien sûr les questions soulevées par Malamine, sur la Françafrique – ou ses équivalents étrangers – , l’exploitation des migrants (sous-payés par rapport à leurs diplômes), les inégalités sociales (y compris entre migrants, le racisme (qu’il soit « anti » Blancs ou Noirs), etc.
Le dessin de Mbumbo est inégal (en particulier au niveau des visages), pas toujours très lisible. Parfois proches de simples crayonnés, parfois un peu plus élaboré, le rendu n’est pas désagréable.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Les Bienheureuses
J'ai suivi le conseil de Noirdésir, celui de découvrir Marcel Ruijters. Et je ne le regrette pas. Mon choix s'est porté sur ces bienheureuses, des femmes qui ont voué leur vie à Dieu. Une BD à l'ambiance moyenâgeuse. Marcel Ruijters prend pour model La Légende Dorée de Jacques de Voragine, une œuvre écrite au XIIIe siècle sur la vie de cent cinquante Saints. Ruijters reprend ce schéma pour nous narrer, en 2 à 14 planches, les parcours de différentes Saintes, mais il choisi la voix de l'absurde, avec des histoires abracadabrantesques, pour se moquer de la chrétienté édifiante de cette période en caricaturant à l'extrême les personnages. À chaque histoire, une chute qui tombe comme un poil de cul dans la soupe. Aucun phylactère, juste une voix off sur un ton neutre. Surprenant. La partie graphique fait indéniablement penser à l'esthétisme médiéval. Ruijters utilise les mêmes codes avec des proportions personnages/décors non respectés et des visages croqués de profil. J'ai pris mon temps pour admirer les nombreux détails de chaque vignette et de ces fabuleuses nonnes désarticulées aux yeux exorbitants. Magnifique. Note réelle : 3,5.
Toutes les blagues
Je me suis bien marré en lisant cette BD. À première vue, on pourrait croire qu'elle est destinée aux enfants, mais détrompez-vous, c'est complètement barré avec quelques scènes trash par moment. C'est le genre de BD qui sera plus utile pour divertir les invités pendant leur passage aux toilettes :D, que dans la bibliothèque principale. Les blagues sont courtes mais efficaces, évidemment, elles ne se valent pas toutes, mais la plupart font leur petit effet. Le dessin quant à lui est franchement moche, mais ça colle bien au côté décalé et absurde de la BD.
Seuls
Une bonne série pour les plus jeunes. Le début est assez captivant mais depuis le tome 8, j’avoue ne plus être trop dedans, je continue cependant à lire la série dès que je peux. Mais ça s’éternise méchamment je trouve, je n’aurais pas aimé être un ado qui l’aurait suivi d’entrée de jeu !! Je ne sais pas si c’était prévu aussi long à la base, mais ça s’étiole bien à force, même si le scénariste continue avec des zones d’ombre qui titillent le lecteur. Le genre de série qui sera au top pour la jeune génération qui pourra enfin la découvrir dans son intégralité. Parce que oui ça se traîne mais ça reste très bien réalisé et le style de Gazzotti me paraît intemporel. Nota : la série a fait un tel buzz qu’elle a même fait l’objet d’une adaptation sur grand écran, malheureusement le résultat est assez maladroit, privilégiez la version papier.
Le Petit Légume qui rêvait d'être une panthère et autres récits
L'ayant découverte dans ma prime jeunesse, j'ai toujours associé Nicole Claveloux à des récits pour enfants (Grabote était publié dans Okapi) ou au pire à des petits bonshommes ou des bébés qui se parlent avec des banderoles en guise de bulles de dialogues. Ce n'est qu'après avoir lu La Main verte que j'ai découvert ses œuvres bien plus adultes. Elle a en effet publié des histoires courtes dans divers magazines et en particulier dans Ah ! Nana, magazine réalisé par des femmes et essentiellement pour des femmes. Celles qui sont recueillies dans cet album proviennent de cette source là. A noter que plusieurs d'entre elles ont été reprises plus tard dans les albums La Main Verte et autres récits et Une gamine dans la lune et autres récits. Ce sont des histoires courtes aux sujets variés, sans aucune thématique définie. Le ton y est très libéré, parfois presque surréaliste, ou psychanalytique. Que ce soit celle de ce légume qui parle et qui veut se transformer en femme-panthère sexy, celle de cette femme qui aura attendu toute sa vie le prince charmant, celle de cette petite fille qui s'ouvre à la sexualité et voudrait avoir ses règles, ou encore celle de cette femme raide dingue d'un homme découvert dans un magazine et qui va le harceler et tout faire pour l'atteindre, ce sont des récits axés sur la féminité, que ce soit corporelle, spirituelle ou émotionnelle. Et l'autrice s'y lâche sur un ton qui aurait eu sa place dans des magazines adultes comme Métal Hurlant ou le Psikopat. Elle se lâche aussi sur le plan graphique, non pas dans le sens de produire un dessin bâclé et rapide mais bien au contraire d'utiliser son talent graphique pour faire varier ses styles visuels tout en produisant des planches soignées. Qu'on aime ou pas ces genres visuels, en particulier certains personnages et visages volontairement enlaidis, on ne peut que reconnaitre le boulot qu'il y a derrière. Sur le fond, j'ai trouvé cette lecture intéressante, en particulier par la liberté de ton de l'autrice et de ses thématiques féminines. Toutefois, les histoires sont trop absurdes et décousues pour me satisfaire et m'accrocher réellement. J'ai lu cet album avec un œil curieux mais jamais vraiment emballé.
Zoc
Une lecture déroutante, à propos de laquelle j’ai du mal à préciser mon ressenti. Je dirais qu’il est globalement positif, mais que cette lecture m’a quand même laissé sur ma faim. C’est une sorte de fable, qui semblait partir vers quelque chose de très poétique, mais qui, plus la lecture avançait, s’est avérée un peu creuse. Disons que ça se laisse lire, mais qu’au bout d’un moment, j’attendais non pas une « explication », mais au moins de nouvelles idées, quelque chose de dynamique. Au lieu de quoi j’ai trouvé que ça ronronnait. Le dessin est très lisible, mais pas très travaillé. Une tendance manga (qui m’avait aussi fait penser à quelque chose proche de ce que propose Ghibli). Une lecture qui m’a surpris, mais dont j’attendais sans doute autre chose (sans trop savoir quoi en fait).
Bulles & Nacelle
Ça n’est sans doute pas l’album de Dillies qui m’a le plus spontanément captivé. Il est un peu décousu, et semble presque construit au fil d’une improvisation onirique. Mais ça reste quand même une lecture sympathique. Agréable. D’abord comme toujours grâce à ce dessin simple, efficace et très frais, ces personnages animaliers qui défient la banalité de l’existence. Car Dillies, au travers de cette souris qui souffre d’une relative solitude, et d’une panne d’inspiration, nous montre une vision optimiste de la vie, grâce à la poésie, au hasard des rencontres, grâce à la capacité à faire tomber les masques (avec toujours cette présence de la musique, et une habituelle allusion à Django Reinhardt). Pas le meilleur Dillies, mais un album sympathique.
Celle que...
Ça n’est pas la première série de Vanyda que je lis, et à chaque fois je me surprends à les trouver sympas, alors même qu’a priori elles ne semblent pas faites pour moi. Les premières pages – et sans doute une partie des suivantes – font un peu penser au film « La boum » (d’ailleurs évoqué en fin du premier tome), ce qui n’est pas ma tasse de thé. Mais, comme à son habitude, Vanyda réussit à donner de la profondeur à ses personnages, Valentine en tête, et à les rendre attachants, évacuant banalité et mièvrerie qui menaçaient pourtant au vu de l’entame. Si elle n’échappe pas à un certain déjà-vu, cette série donne à voir des personnages bien campés, et surtout des dialogues qui sonnent juste, autour de Valentine et de quelques-unes de ses copines (surtout) et copains (en troisième dans le premier album, puis lycéennes ensuite), avec les questionnements inhérents à cet âge charnière (relations amoureuses et amicales, passage à l’âge adulte, etc.). Ça ne renouvèle rien, mais Vanyda arrive à faire prendre la mayonnaise. Même ressenti par rapport au dessin, qui lorgne pas mal vers le manga (en particulier les expressions du visage – aspect dont je ne suis pas fan), mais ça passe quand même. C’est un trait léger et très lisible, finalement pas désagréable. Dans un genre dont je ne suis pas le cœur de cible, c’est plutôt réussi, et peut tout à fait plaire à un lectorat assez large.
Trolls de Troy
Je ne me vois pas mettre en dessous de 3* pour cette série, pourtant je ne la suis plus depuis belle lurette, En gros, je ne connais que la première grosse moitié et sans chercher à la boycotter, je n’éprouve pas d’envie particulière à lire l’autre moitié. Le premier cycle est assez sympa, on est sur de l’aventure humoristique typique de son scénariste. Ça surfe bien sur le succès de Lanfeust mais je m’y suis retrouvé. Par contre la suite est déjà très versatile en qualité. Jamais pour le dessin de Mourier qui est toujours dynamique et d’une belle constance, mais plutôt pour les scenarii en dents de scie. L’idée d’aventures à la Astérix est bonne sur le papier mais fait malheureusement trop pchit dans le rendu, certains tomes sont particulièrement poussifs, voire vides. Bon après, j’ai bien grandi aussi depuis les débuts de la série, le public visé me semble bien ado. Ça reste bon enfant et ça peut leur donner envie de poursuivre dans le 9eme Art.
Persée et la Gorgone Méduse
Je n’ai pas grands choses à dire sur cet album si ce n’est qu’il est dans une moyenne haute de la collection. C’est scolaire mais bien fait, un album parfait pour découvrir la destinée de ce héros. Le dessin sans être grandiose fait parfaitement le taf. En plus, c’est complet et ça tient en un tome. J’ai également apprécié la fluidité de l’histoire, je n’ai pas eu ce sentiment de coupures ou maladresses (que le dossier final vient généralement palier), tout est compréhensible et bien montré.
Malamine - Un africain à Paris
J’ai trouvé cet album intéressant, pour plusieurs raisons. D’abord grâce au personnage principal, Malamine donc, Africain surdiplômé, intellectuel ayant fui son pays (une dictature qui l’empêchait du fait de ses origines ethniques d’accéder aux postes auxquels il pouvait prétendre) pour s’installer en France, au milieu d’une diaspora hétéroclite. Contraint aux petits boulots (brancardier), là non plus il n’est pas reconnu à sa juste valeur. Malamine est un personnage ambivalent. Au départ je l’appréciais. Son discours anticolonialiste, de combat contre le soutien des « démocraties » (dont la France) aux dictatures qui sclérosent l’Afrique, sa volonté de se battre, tout en s’inspirant de quelques penseurs de la décolonisation, voilà quelqu’un qui m’attirait. Mais rapidement, son aigreur, ses frustrations semblent tourner en rond, on le suit, on l’écoute geindre, rejeter dogmatiquement les rares personnes qui auraient pu trouver grâce à ses yeux (comme cette collègue de l’hôpital où il travaille) : il m’est presque devenu antipathique. D’autant plus qu’il bascule dans une spirale dangereuse, avec des activistes près à déclencher des actes terroristes. Jusqu’au final, qui lui redonne dignité et humanité. L’autre attrait, ce sont bien sûr les questions soulevées par Malamine, sur la Françafrique – ou ses équivalents étrangers – , l’exploitation des migrants (sous-payés par rapport à leurs diplômes), les inégalités sociales (y compris entre migrants, le racisme (qu’il soit « anti » Blancs ou Noirs), etc. Le dessin de Mbumbo est inégal (en particulier au niveau des visages), pas toujours très lisible. Parfois proches de simples crayonnés, parfois un peu plus élaboré, le rendu n’est pas désagréable.