Lecture intéressante, on apprend des choses sur l'histoire d'Alger sans que cela soit trop pompeux.
Malgré un style simple et non perfectionniste l'auteur parvient à retranscrire superbement la belle architecture unique de la ville d'Alger.
L'histoire est plutôt simple, sans être ennuyeuse ni hyper captivante. Certains personnages se démarquent par leur caractère et nous font sourire à plusieurs reprises. La mauvaise conscience, très grossière du jeune, apporte un contraste vraiment sympa au ton du récit.
Pas grand chose d'autre à dire, c'est une BD qui touchera certainement plus un public concerné par les sujets abordés et le pays visité, mais qui fera passer un bon moment dans tous les cas.
Totalement conquis par Zaï Zaï Zaï Zaï, c'est avec beaucoup d'intérêt que je me suis lancé dans cette lecture.
On retrouve ici immédiatement la patte de Fabcaro avec cet humour absurde si caractéristique et ce dessin au service de l'histoire, avec des personnages aux visages anonymes.
Cette fois, l'humour et l'absurde s'inscrivent dans le contexte d'un polar noir avec une enquête pour meurtre dans le milieu du cinéma. Betty Pennyway a été retrouvée morte, une bite dessinée sur la joue… Quelle ignominie ! Voilà qui donne le ton surtout.
Si j'ai retrouvé ce qui m'avait emballé dans Zaï Zaï Zaï Zaï, je n'ai pas été aussi transporté par le scénario et l'humour. Le moment de lecture est plaisant, efficace, mais pas marquant, sans doute en raison de l'effet de surprise absent cette fois, mais pas seulement. Moon River est tout simplement moins efficace que son aîné, notamment par un rythme qui retombe un peu après une bonne introduction. En cela, je me retrouve pas mal dans l'avis de bamiléké
Reste une belle édition avec une couverture au design sobre et efficace, avec une texture épaisse et moelleuse.
J'ai acheté l'intégrale des deux tomes car elle n'était pas trop chère et était classée dans les immanquables de Bdthèque, gage de qualité!
Au final, je sors un peu déçu de ma lecture. En effet, il ne se passe quand même pas grand chose durant le premier tome et ma curiosité n'a été piquée qu'à la fin du tome 2, sur les 15 dernières pages (ça fait peu sur une centaine...), lorsqu'on en apprend un peu plus sur l'origine du monde sur lequel s'est crashé notre héros. Et je n'ai pas trouvé non plus la chute extraordinaire... Alors oui, la quête de nos héros est quelque peu poétique mais cela relève parfois de la mièvrerie (mention spéciale à la compagne de Jan qui, à part tomber dans ses bras et dire qu'elle a peur, ne fait pas grand chose...)
Après réflexion, n'ayant pas non plus accroché à La Nef des fous ou à Garulfo, peut-être qu'au final ce type de conte onirique n'est pas forcément fait pour moi.
Au niveau du dessin, j'ai trouvé parfois des approximations dans les proportions des objets ou des personnages. Mais la colorisation vraiment très belle sauve l'ensemble et colle bien à l'univers féérique de l'histoire.
Originalité, Scénario : 6/10
Dessin, Mise en couleur : 6/10
NOTE GLOBALE : 12/20
Documentaire sur la faune marine, philosophie et relations humaines se mêlent dans ce manga au ton doux et assez contemplatif.
Il ne comporte pas de véritable intrigue mais plus un contexte, celui d'un grand aquarium, et des personnages, le personnel de celui-ci et leurs proches, à commencer par le jeune Kôtarô Tenjô qui s'y fait embaucher et ambitionne de devenir soigneur. Autour de ces lieux vont orbiter différents protagonistes et personnages plus secondaires et se créer de petites sous-intrigues successives, autour de sujets très humains, relations familiales, professionnelles, amitié, etc. Et à chaque fois, les thématiques seront soutenues par l'attention apportées à différents sujets maritimes et autres animaux marins, leurs caractéristiques et leur mode de vie que l'on découvrira en parallèle des histoires plus humaines et pour lesquels une page de texte documentaire viendra clore chaque fin d'histoire. L'ensemble est brillamment dessiné avec beaucoup de soin apportés aux détails et à la mise en scène.
C'est un joli manga, intéressant et assez mature, mais j'ai trouvé les sujets humains un peu sirupeux à la longue, tendance romantique mélancolique. Aucun de ces messages n'est mauvais ni mal amené, c'est juste qu'après quelques tomes, je les ressens comme un étalage un peu forcé de sages messages philosophiques sur la vie. En gros, à chaque nouveau chapitre, je me demandais quel message allait cette fois vouloir me faire passer l'auteur.
En outre, le fait qu'il n'y ait quasiment pas de vraie intrigue de fond et très peu de développement de l'histoire ne m'a pas motivé particulièrement à lire la suite. Je ne me suis pas trop attaché aux personnages. Je suis toutefois allé jusqu'au tome 9, le dernier paru en France à ce jour, mais sans réelle envie d'aller au-delà.
Hana et Taru est une BD pas mal sur la forme mais trop convenue sur le fond.
C'est un récit écologique sur la civilisation qui corrompt la nature et qui doit en subir les conséquences. On y retrouve beaucoup de déjà-vus, de grosses influences de Miyazaki et de Princesse Mononoke en particulier, avec en parallèle une sous-intrigue de conflit familial de mère en fille, les unes n'écoutant pas les autres. Tout est assez téléguidé et on s'agace assez vite de la hargne et du comportement violent et accusateur de la mère envers la fille : ça sonne faux tant c'est caricatural. En outre plusieurs révélations de l'histoire se devinent de nombreuses pages à l'avance. Au final, cet aspect prévisible et convenu donne à cet album le sentiment qu'il s'adresse plutôt à des adolescents qui n'ont pas encore trop de culture d'autres œuvres du même domaine.
Mais à côté de cela, le dessin et la mise en scène sont plutôt agréables, les personnages sont plutôt sympathiques, le rythme est correct et on ne s'ennuie pas. Bref, on ne passe pas un mauvais moment.
Cela reste donc une BD pas mal mais au sujet de laquelle il ne faudra pas être trop exigeant.
J'ai beaucoup aimé les premiers chapitres de ce manga. Ils présageaient le meilleur. J'étais en effet ravi du contexte amusant qui sert de base à l'histoire : faire se rencontrer le meilleur espion du monde, une incroyable tueuse à gages et une petite orpheline télépathe (ainsi plus tard qu'un chien qui sait lire l'avenir mais il est plus anecdotique) et les réunir dans une famille fictive où chacun cachera aux autres sa véritable nature. Seule la petite fille sait forcément les professions cachées de ses faux parents mais elle se garde bien de leur révéler car elle veut pouvoir vivre avec ses nouveaux papa et maman qu'elle aime tant.
Cela donne lieu d'emblée à des situations cocasses, faites de nombreux quiproquos, de surprenants exploits surhumains des deux parents, et de visages souvent horrifiés de la petite fille quand elle lit dans leurs pensées et comprend souvent de travers puisqu'elle est trop jeune pour tout assimiler.
Bref, le temps d'au moins les deux ou trois premiers tomes de la série, j'ai beaucoup ri et pris un réel plaisir à suivre ce trio et leurs missions alambiquées.
Seulement, au fur et à mesure des tomes suivants, j'ai trouvé que ça se tassait. Les scènes d'action se font plus nombreuses, moins drôles, et l'humour initial ne se renouvelle pas assez. L'intrigue de fond, la fameuse mission de l'espion qui a entrainé la création de cette fausse famille, n'avance pas assez vite, et tourne en rond. Et j'ai aussi trouvé que l'association de tels personnages n'était finalement pas aussi bien exploitée que je l'espérais, chacun agissant généralement en solo et n'ayant que peu d'interaction avec les deux autres au delà des quelques scènes d'un quotidien où chacun joue son rôle.
Bref, plus les tomes avançaient, moins j'ai ri et moins j'ai été pris par la progression de l'intrigue. L'auteur n'a pas su selon moins transformer l'essai que laissait espérer les premiers chapitres et son amusante combinaison de personnages.
Je m'intéresse beaucoup aux écrits sur la vie en communauté, et je dois dire que l'expérience de Lepage est étonnante. Vivant dans une communauté enfant, il retrace adulte les origines de celle-ci, qui sont assez surprenantes.
La première partie assez longue explique les différents personnages qui habiteront ensuite le lieu. Plusieurs personnes la trouvent trop longue, personnellement j'ai trouvé que ça permettait de découvrir l'origine de ceux qui voulaient vivre différemment sans faire communauté. Et cette origine mêlée de christianisme et d'engagement politique dans une gauche bien différente de celle que l'on connait est intéressante. La question du schisme religieux qui existe avant mai 68 m'a surpris, je n'en avais presque jamais entendu parler avant cette BD. Une découverte politique intéressante que j'ai bien envie de creuser !
La BD prend ensuite la direction d'une analyse de la vie à la communauté (le mot est impropre mais c'est l'idée), entre la réalité vécue par les adultes et la vision à hauteur d'enfant, une autre réalité qui sonne différente. Deux mondes se croisent et les caractères de chacun vont faire échouer certaines choses.
L'ensemble est dense, très bavard et mélange beaucoup de choses. A mon avis, il aurait fallu mieux cloisonner les informations par chapitre pour éviter un éparpillement des informations. Beaucoup de gens, de dates, de lieux, de sujets sont évoqués. J'ai eu plusieurs fois du mal à m'y retrouver avant de comprendre et retourner lire des pages que je trouvais étranges.
Mais l'ensemble a ceci de bon qu'il évoque une pratique qui devient progressivement plus présente dans notre monde. Et qu'il dévoile comment d'autres avant nous on pu tenter l'expérience. Ça rejoint Le Collectif - Histoire de notre éco-hameau, une autre BD récente qui aborde les mêmes questions et montrait aussi les différentes failles, surtout entre les attentes et la réalité.
Plus dense et plus politisée, la BD est néanmoins un peu lourde voir indigeste à certains moments. Lepage fait une BD personnelle et tient à ne surtout pas déformer les propos ou avancer des choses sans les vérifier, demandant à plusieurs personnes leur avis sur la même situation. De fait, c'est une BD longue et parfois un peu trop lourde à lire. Je pense qu'elle aurait gagné à être plus cadrée dans la forme. Mais la lecture fut très instructive et donne beaucoup de pistes pour poursuivre. Les idées d'habitat collectif se multiplient et j'en suis heureux !
BD autobiographique de Milad Nouri, illustrée par sa compagne Tian-You Zheng, qui raconte les tribulations d’un jeune Franco-Iranien venu en Chine pour ses études et qui décide d’y rester pour entreprendre. On y découvre un pays fascinant et complexe à travers ses yeux, avec humour et comme on peut s'y attendre une bonne dose de décalages et réflexions culturels.
Visuellement, la BD adopte un style simple et efficace. Les illustrations en bichromie noir et bleu clair de Tian-You Zheng sont nettes et claires, ce qui colle bien avec le ton léger du récit. Le dessin minimaliste rend la lecture fluide et agréable, facilitant l’immersion dans les diverses situations cocasses que Milad rencontre.
Le scénario est rempli d’anecdotes amusantes et de découvertes culturelles. Milad nous plonge dans les différences culturelles qu’il doit surmonter, que ce soit dans le monde professionnel ou dans sa vie quotidienne. L’auteur aborde avec sincérité les défis d’acclimatation à une culture radicalement différente, tout en évitant les clichés et le sensationnalisme.
Cependant, le récit prend un tournant plus sérieux lorsqu’un drame survient aux deux tiers de l’album. Cette partie de l’histoire manque pour moi de profondeur émotionnelle. C'est ce que je viens chercher dans ce style de BD, et je trouve que le personnage de Milad reste assez distant, et l’on ressent une certaine frustration de ne pas pénétrer plus avant dans son intimité et ses sentiments sans aller jusqu'à faire du Journal de Fabrice Neaud. Il manque cette touche personnelle à la Guy Delisle pour moi.
En résumé, c'est une lecture intéressante et divertissante qui offre un regard personnel sur l’expérience de l’expatriation en Chine. Si l’histoire manque parfois de profondeur émotionnelle, elle n’en reste pas moins enrichissante.
Voici un album qui se distingue avant tout par ses illustrations magnifiques. Masbou, qu’on connaît bien pour De Cape et de Crocs, nous régale avec des dessins riches en détails et des couleurs vibrantes. Chaque page est un vrai plaisir pour les yeux, et le grand format de l’album met parfaitement en valeur cet aspect visuel.
L’histoire suit les aventures du baron de Münchhausen, un personnage légendaire connu pour ses récits extravagants. L’idée de base est intéressante : le baron découvre que ses histoires ont été compilées dans un livre par un écrivain qu’il ne connaît pas. Cette situation donne lieu à des moments amusants et poétiques, où le baron cherche à rétablir "sa vérité".
Cependant, malgré la beauté des dessins et l’originalité du concept, le récit manque un peu de profondeur. Les différentes histoires courtes du baron sont divertissantes, mais elles manquent parfois de substance. J'aurais aimé voir des aventures plus développées et un scénario un peu plus dense. Les scènes se succèdent sans vraiment creuser les personnages ou les situations, ce qui peut laisser un sentiment d’inachevé.
Cela dit, l’album reste une lecture agréable. Les récits du baron, avec leur touche de folie et d’humour, sont plaisants à suivre. Les interactions avec les villageois, qui réagissent de manière variée à ses histoires, apportent une dynamique sympathique. On sent que Masbou s’amuse avec ce personnage et son univers, et cette légèreté se transmet bien au lecteur.
En conclusion, j'ai bien aimé, particulièrement pour les qualités graphiques. Si l’histoire pourrait gagner en profondeur, elle offre néanmoins un bon moment de lecture, plein de poésie et de fantaisie.
Compagnon idéal de Wesh Caribou, ce bouquin compile plusieurs petites histoires par un Eldiablo vieillissant et prenant conscience qu'il est père de famille, qu'il ne peut plus arborer le look hip hop triple XL qu'il portait lors de sa jeunesse et qu'il est peut être tout simplement devenu un vieux con.
Plutôt que de se lamenter sur son sort, c'est au travers de plusieurs petites histoires de son quotidien qu'il se raconte, se remémorant sa rencontre improbable avec un Michel Sardou imbuvable ou sa méthode rodée pour aller faire un "caca express". Comme Wesh Caribou, c'est à la fois drôle, accessible et bourré d'autodérision et on ne souhaite qu'une seule chose une fois le bouquin refermé c'est de rencontrer Boris Dolivet en chair et en os histoire de voir si on va autant se marrer dans la vie réelle qu'avec son avatar de papier.
Bien évidemment, ce livre ne plaira pas aux allergiques du trait improvisé façon Psikopat mais restent très accessibles et attachantes dans leur spontanéité. Ce livre ne plaira pas non plus aux pisse-froids ou aux coincés du derche mais qu'importe car ils ne sont clairement pas la cible !
Au final, Eldiablo est peut être un gauchiste gaucher et un hypocondriaque emmerdant mais c'est surtout un croulant poilant.
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Alger-Retour
Lecture intéressante, on apprend des choses sur l'histoire d'Alger sans que cela soit trop pompeux. Malgré un style simple et non perfectionniste l'auteur parvient à retranscrire superbement la belle architecture unique de la ville d'Alger. L'histoire est plutôt simple, sans être ennuyeuse ni hyper captivante. Certains personnages se démarquent par leur caractère et nous font sourire à plusieurs reprises. La mauvaise conscience, très grossière du jeune, apporte un contraste vraiment sympa au ton du récit. Pas grand chose d'autre à dire, c'est une BD qui touchera certainement plus un public concerné par les sujets abordés et le pays visité, mais qui fera passer un bon moment dans tous les cas.
Moon River
Totalement conquis par Zaï Zaï Zaï Zaï, c'est avec beaucoup d'intérêt que je me suis lancé dans cette lecture. On retrouve ici immédiatement la patte de Fabcaro avec cet humour absurde si caractéristique et ce dessin au service de l'histoire, avec des personnages aux visages anonymes. Cette fois, l'humour et l'absurde s'inscrivent dans le contexte d'un polar noir avec une enquête pour meurtre dans le milieu du cinéma. Betty Pennyway a été retrouvée morte, une bite dessinée sur la joue… Quelle ignominie ! Voilà qui donne le ton surtout. Si j'ai retrouvé ce qui m'avait emballé dans Zaï Zaï Zaï Zaï, je n'ai pas été aussi transporté par le scénario et l'humour. Le moment de lecture est plaisant, efficace, mais pas marquant, sans doute en raison de l'effet de surprise absent cette fois, mais pas seulement. Moon River est tout simplement moins efficace que son aîné, notamment par un rythme qui retombe un peu après une bonne introduction. En cela, je me retrouve pas mal dans l'avis de bamiléké Reste une belle édition avec une couverture au design sobre et efficace, avec une texture épaisse et moelleuse.
L'Autre Monde
J'ai acheté l'intégrale des deux tomes car elle n'était pas trop chère et était classée dans les immanquables de Bdthèque, gage de qualité! Au final, je sors un peu déçu de ma lecture. En effet, il ne se passe quand même pas grand chose durant le premier tome et ma curiosité n'a été piquée qu'à la fin du tome 2, sur les 15 dernières pages (ça fait peu sur une centaine...), lorsqu'on en apprend un peu plus sur l'origine du monde sur lequel s'est crashé notre héros. Et je n'ai pas trouvé non plus la chute extraordinaire... Alors oui, la quête de nos héros est quelque peu poétique mais cela relève parfois de la mièvrerie (mention spéciale à la compagne de Jan qui, à part tomber dans ses bras et dire qu'elle a peur, ne fait pas grand chose...) Après réflexion, n'ayant pas non plus accroché à La Nef des fous ou à Garulfo, peut-être qu'au final ce type de conte onirique n'est pas forcément fait pour moi. Au niveau du dessin, j'ai trouvé parfois des approximations dans les proportions des objets ou des personnages. Mais la colorisation vraiment très belle sauve l'ensemble et colle bien à l'univers féérique de l'histoire. Originalité, Scénario : 6/10 Dessin, Mise en couleur : 6/10 NOTE GLOBALE : 12/20
Deep Sea Aquarium Magmell
Documentaire sur la faune marine, philosophie et relations humaines se mêlent dans ce manga au ton doux et assez contemplatif. Il ne comporte pas de véritable intrigue mais plus un contexte, celui d'un grand aquarium, et des personnages, le personnel de celui-ci et leurs proches, à commencer par le jeune Kôtarô Tenjô qui s'y fait embaucher et ambitionne de devenir soigneur. Autour de ces lieux vont orbiter différents protagonistes et personnages plus secondaires et se créer de petites sous-intrigues successives, autour de sujets très humains, relations familiales, professionnelles, amitié, etc. Et à chaque fois, les thématiques seront soutenues par l'attention apportées à différents sujets maritimes et autres animaux marins, leurs caractéristiques et leur mode de vie que l'on découvrira en parallèle des histoires plus humaines et pour lesquels une page de texte documentaire viendra clore chaque fin d'histoire. L'ensemble est brillamment dessiné avec beaucoup de soin apportés aux détails et à la mise en scène. C'est un joli manga, intéressant et assez mature, mais j'ai trouvé les sujets humains un peu sirupeux à la longue, tendance romantique mélancolique. Aucun de ces messages n'est mauvais ni mal amené, c'est juste qu'après quelques tomes, je les ressens comme un étalage un peu forcé de sages messages philosophiques sur la vie. En gros, à chaque nouveau chapitre, je me demandais quel message allait cette fois vouloir me faire passer l'auteur. En outre, le fait qu'il n'y ait quasiment pas de vraie intrigue de fond et très peu de développement de l'histoire ne m'a pas motivé particulièrement à lire la suite. Je ne me suis pas trop attaché aux personnages. Je suis toutefois allé jusqu'au tome 9, le dernier paru en France à ce jour, mais sans réelle envie d'aller au-delà.
Hana et Taru
Hana et Taru est une BD pas mal sur la forme mais trop convenue sur le fond. C'est un récit écologique sur la civilisation qui corrompt la nature et qui doit en subir les conséquences. On y retrouve beaucoup de déjà-vus, de grosses influences de Miyazaki et de Princesse Mononoke en particulier, avec en parallèle une sous-intrigue de conflit familial de mère en fille, les unes n'écoutant pas les autres. Tout est assez téléguidé et on s'agace assez vite de la hargne et du comportement violent et accusateur de la mère envers la fille : ça sonne faux tant c'est caricatural. En outre plusieurs révélations de l'histoire se devinent de nombreuses pages à l'avance. Au final, cet aspect prévisible et convenu donne à cet album le sentiment qu'il s'adresse plutôt à des adolescents qui n'ont pas encore trop de culture d'autres œuvres du même domaine. Mais à côté de cela, le dessin et la mise en scène sont plutôt agréables, les personnages sont plutôt sympathiques, le rythme est correct et on ne s'ennuie pas. Bref, on ne passe pas un mauvais moment. Cela reste donc une BD pas mal mais au sujet de laquelle il ne faudra pas être trop exigeant.
Spy x Family
J'ai beaucoup aimé les premiers chapitres de ce manga. Ils présageaient le meilleur. J'étais en effet ravi du contexte amusant qui sert de base à l'histoire : faire se rencontrer le meilleur espion du monde, une incroyable tueuse à gages et une petite orpheline télépathe (ainsi plus tard qu'un chien qui sait lire l'avenir mais il est plus anecdotique) et les réunir dans une famille fictive où chacun cachera aux autres sa véritable nature. Seule la petite fille sait forcément les professions cachées de ses faux parents mais elle se garde bien de leur révéler car elle veut pouvoir vivre avec ses nouveaux papa et maman qu'elle aime tant. Cela donne lieu d'emblée à des situations cocasses, faites de nombreux quiproquos, de surprenants exploits surhumains des deux parents, et de visages souvent horrifiés de la petite fille quand elle lit dans leurs pensées et comprend souvent de travers puisqu'elle est trop jeune pour tout assimiler. Bref, le temps d'au moins les deux ou trois premiers tomes de la série, j'ai beaucoup ri et pris un réel plaisir à suivre ce trio et leurs missions alambiquées. Seulement, au fur et à mesure des tomes suivants, j'ai trouvé que ça se tassait. Les scènes d'action se font plus nombreuses, moins drôles, et l'humour initial ne se renouvelle pas assez. L'intrigue de fond, la fameuse mission de l'espion qui a entrainé la création de cette fausse famille, n'avance pas assez vite, et tourne en rond. Et j'ai aussi trouvé que l'association de tels personnages n'était finalement pas aussi bien exploitée que je l'espérais, chacun agissant généralement en solo et n'ayant que peu d'interaction avec les deux autres au delà des quelques scènes d'un quotidien où chacun joue son rôle. Bref, plus les tomes avançaient, moins j'ai ri et moins j'ai été pris par la progression de l'intrigue. L'auteur n'a pas su selon moins transformer l'essai que laissait espérer les premiers chapitres et son amusante combinaison de personnages.
Cache-cache bâton
Je m'intéresse beaucoup aux écrits sur la vie en communauté, et je dois dire que l'expérience de Lepage est étonnante. Vivant dans une communauté enfant, il retrace adulte les origines de celle-ci, qui sont assez surprenantes. La première partie assez longue explique les différents personnages qui habiteront ensuite le lieu. Plusieurs personnes la trouvent trop longue, personnellement j'ai trouvé que ça permettait de découvrir l'origine de ceux qui voulaient vivre différemment sans faire communauté. Et cette origine mêlée de christianisme et d'engagement politique dans une gauche bien différente de celle que l'on connait est intéressante. La question du schisme religieux qui existe avant mai 68 m'a surpris, je n'en avais presque jamais entendu parler avant cette BD. Une découverte politique intéressante que j'ai bien envie de creuser ! La BD prend ensuite la direction d'une analyse de la vie à la communauté (le mot est impropre mais c'est l'idée), entre la réalité vécue par les adultes et la vision à hauteur d'enfant, une autre réalité qui sonne différente. Deux mondes se croisent et les caractères de chacun vont faire échouer certaines choses. L'ensemble est dense, très bavard et mélange beaucoup de choses. A mon avis, il aurait fallu mieux cloisonner les informations par chapitre pour éviter un éparpillement des informations. Beaucoup de gens, de dates, de lieux, de sujets sont évoqués. J'ai eu plusieurs fois du mal à m'y retrouver avant de comprendre et retourner lire des pages que je trouvais étranges. Mais l'ensemble a ceci de bon qu'il évoque une pratique qui devient progressivement plus présente dans notre monde. Et qu'il dévoile comment d'autres avant nous on pu tenter l'expérience. Ça rejoint Le Collectif - Histoire de notre éco-hameau, une autre BD récente qui aborde les mêmes questions et montrait aussi les différentes failles, surtout entre les attentes et la réalité. Plus dense et plus politisée, la BD est néanmoins un peu lourde voir indigeste à certains moments. Lepage fait une BD personnelle et tient à ne surtout pas déformer les propos ou avancer des choses sans les vérifier, demandant à plusieurs personnes leur avis sur la même situation. De fait, c'est une BD longue et parfois un peu trop lourde à lire. Je pense qu'elle aurait gagné à être plus cadrée dans la forme. Mais la lecture fut très instructive et donne beaucoup de pistes pour poursuivre. Les idées d'habitat collectif se multiplient et j'en suis heureux !
Bienvenue en Chine
BD autobiographique de Milad Nouri, illustrée par sa compagne Tian-You Zheng, qui raconte les tribulations d’un jeune Franco-Iranien venu en Chine pour ses études et qui décide d’y rester pour entreprendre. On y découvre un pays fascinant et complexe à travers ses yeux, avec humour et comme on peut s'y attendre une bonne dose de décalages et réflexions culturels. Visuellement, la BD adopte un style simple et efficace. Les illustrations en bichromie noir et bleu clair de Tian-You Zheng sont nettes et claires, ce qui colle bien avec le ton léger du récit. Le dessin minimaliste rend la lecture fluide et agréable, facilitant l’immersion dans les diverses situations cocasses que Milad rencontre. Le scénario est rempli d’anecdotes amusantes et de découvertes culturelles. Milad nous plonge dans les différences culturelles qu’il doit surmonter, que ce soit dans le monde professionnel ou dans sa vie quotidienne. L’auteur aborde avec sincérité les défis d’acclimatation à une culture radicalement différente, tout en évitant les clichés et le sensationnalisme. Cependant, le récit prend un tournant plus sérieux lorsqu’un drame survient aux deux tiers de l’album. Cette partie de l’histoire manque pour moi de profondeur émotionnelle. C'est ce que je viens chercher dans ce style de BD, et je trouve que le personnage de Milad reste assez distant, et l’on ressent une certaine frustration de ne pas pénétrer plus avant dans son intimité et ses sentiments sans aller jusqu'à faire du Journal de Fabrice Neaud. Il manque cette touche personnelle à la Guy Delisle pour moi. En résumé, c'est une lecture intéressante et divertissante qui offre un regard personnel sur l’expérience de l’expatriation en Chine. Si l’histoire manque parfois de profondeur émotionnelle, elle n’en reste pas moins enrichissante.
Le Baron (Masbou)
Voici un album qui se distingue avant tout par ses illustrations magnifiques. Masbou, qu’on connaît bien pour De Cape et de Crocs, nous régale avec des dessins riches en détails et des couleurs vibrantes. Chaque page est un vrai plaisir pour les yeux, et le grand format de l’album met parfaitement en valeur cet aspect visuel. L’histoire suit les aventures du baron de Münchhausen, un personnage légendaire connu pour ses récits extravagants. L’idée de base est intéressante : le baron découvre que ses histoires ont été compilées dans un livre par un écrivain qu’il ne connaît pas. Cette situation donne lieu à des moments amusants et poétiques, où le baron cherche à rétablir "sa vérité". Cependant, malgré la beauté des dessins et l’originalité du concept, le récit manque un peu de profondeur. Les différentes histoires courtes du baron sont divertissantes, mais elles manquent parfois de substance. J'aurais aimé voir des aventures plus développées et un scénario un peu plus dense. Les scènes se succèdent sans vraiment creuser les personnages ou les situations, ce qui peut laisser un sentiment d’inachevé. Cela dit, l’album reste une lecture agréable. Les récits du baron, avec leur touche de folie et d’humour, sont plaisants à suivre. Les interactions avec les villageois, qui réagissent de manière variée à ses histoires, apportent une dynamique sympathique. On sent que Masbou s’amuse avec ce personnage et son univers, et cette légèreté se transmet bien au lecteur. En conclusion, j'ai bien aimé, particulièrement pour les qualités graphiques. Si l’histoire pourrait gagner en profondeur, elle offre néanmoins un bon moment de lecture, plein de poésie et de fantaisie.
Bonjour Vieillesse
Compagnon idéal de Wesh Caribou, ce bouquin compile plusieurs petites histoires par un Eldiablo vieillissant et prenant conscience qu'il est père de famille, qu'il ne peut plus arborer le look hip hop triple XL qu'il portait lors de sa jeunesse et qu'il est peut être tout simplement devenu un vieux con. Plutôt que de se lamenter sur son sort, c'est au travers de plusieurs petites histoires de son quotidien qu'il se raconte, se remémorant sa rencontre improbable avec un Michel Sardou imbuvable ou sa méthode rodée pour aller faire un "caca express". Comme Wesh Caribou, c'est à la fois drôle, accessible et bourré d'autodérision et on ne souhaite qu'une seule chose une fois le bouquin refermé c'est de rencontrer Boris Dolivet en chair et en os histoire de voir si on va autant se marrer dans la vie réelle qu'avec son avatar de papier. Bien évidemment, ce livre ne plaira pas aux allergiques du trait improvisé façon Psikopat mais restent très accessibles et attachantes dans leur spontanéité. Ce livre ne plaira pas non plus aux pisse-froids ou aux coincés du derche mais qu'importe car ils ne sont clairement pas la cible ! Au final, Eldiablo est peut être un gauchiste gaucher et un hypocondriaque emmerdant mais c'est surtout un croulant poilant.