Les derniers avis (48983 avis)

Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Grendel - L'enfant du démon
Grendel - L'enfant du démon

Stacy Palumbo - Il s'agit à l'origine d'une minisérie en 2 épisodes (parus en 1999) et regroupés en 1 seul tome paru en 2008. L'histoire concerne Stacy Palumbo, la jeune fille recueillie par Hunter Rose. Il est indispensable d'avoir lu Devil by the Deed, et il est recommandé d'avoir lu Devil's Legacy. Hunter Rose était un génie blasé par trop de victoires faciles qu'elles soient physiques ou intellectuelles. Il avait choisi de mener une double vie : écrivain (à succès) le jour, et meneur d'une organisation criminelle la nuit, sous l'identité masquée de Grendel. Dans le cadre de ses activités nocturnes, il avait adopté Stacy Palumbo, la fille d'un de ses hommes de main tué en pleine action. La loyauté de Stacy s'est vite retrouvée partagée entre Hunter Rose (son père adoptif) et Argent (une sorte de loup garou) ennemi juré de Grendel. Ce tome permet de retrouver Stacy Palumbo et fait le lien entre la fin de Devil by the deed et les souvenirs que Christine Spar a de sa mère Stacy, dans Devil's legacy. L'histoire commence avec Stacy Palumbo qui se souvient de ses premières règles. Elle est en fait adulte et elle suit une psychothérapie dans un établissement spécialisée où elle est pensionnaire à demeure. Elle se confie à Erik Olliver, son thérapeute. Ce dernier lui demande d'analyser ses actions qui ont conduit à la chute d'Argent et sa paralysie, et à la chute de Grendel. Stacy évoque donc l'image du père au travers d'Hunter Rose. Premier constat : inutile de vous lancer dans la lecture de ce tome si vous n'avez pas lu Devil by the Deed. La situation de départ vous serait incompréhensible et les enjeux également. Matt Wagner (le créateur de Grendel) a confié le soin d'écrire cette histoire à Diana Schutz qui a été la responsable éditoriale de la série d'abord chez l'éditeur Comico, puis chez Dark Horse (et qui est également la sœur de la femme de Matt Wagner, mais c'est une autre histoire). Cette dernière maîtrise donc parfaitement la mythologie créée par Matt Wagner et elle extrapole les traumatismes psychologiques subis par Stacy Palumbo. Ça commence très fort avec les premières règles de Stacy. La scène d'accouchement pour la naissance de Christine ne baigne pas non plus dans le romantisme. Stacy Palumbo est un individu complètement abimé et déformé par son enfance. Ses valeurs ont été perverties par les années passées sous la tutelle d'Hunter Rose, à bénéficier de son amour paternel. Sa vie ressemble à un accident de voiture et Diana Schutz sait rendre plausible ses malheurs et ses monologues intérieurs faussés dans leur jugement de valeur et dans sa relation à autrui. Ce récit est illustré par Tim Sale et mis en couleurs par Teddy Christiansen. Tim Sale avait déjà illustré Devil's Reign dans la série des Grendel. Dès le premier coup d'œil, le lecteur reconnaît le style caractéristique de ce dessinateur : de grandes cases, une utilisation savante de larges aplats de noir, des pièces hautes de plafond dans lesquelles les individus semblent perdus, etc. Comme à son habitude, Tim Sale utilise les ombres pour accentuer les expressions des visages, et rendre visible la solitude personnages. Dans ce tome il pousse cette technique un peu plus loin en illustrant quelques cases avec des ombres chinoises. Les silhouettes des personnages se découpent entièrement noires sur le fond du décor. Dans ce contexte, ce choix graphique ne ressemble pas à un raccourci pour dessiner plus vite, mais bien à un mode d'illustration qui réduit les individus à une caractéristique en la faisant encore plus ressortir comme la mèche blanche de la chevelure d'Hunter Rose, ou les grands yeux étonnés de Stacy Palumbo enfant. L'autre élément inattendu de la part de Tim Sale réside dans la nature explicite de certaines cases : nudité, ou maltraitance. de fait le récit est assez glauque et les illustrations ne laissent pas place au doute pour le lecteur. Christiansen effectue une mise en couleurs en retenue, mais plus élaborée que celles utilisées habituellement pour les dessins de Tim Sale. Sans prendre le dessus sur les dessins, les couleurs sont parfois à niveau égal pour capter l'attention du lecteur. À d'autres moments, elles servent d'effets spéciaux (par exemple, les tâches de sang sur les draps uniquement figurées par la couleur, sans trait pour délimiter les contours). Diana Schutz et Tim Sale proposent au lecteur une pièce de puzzle supplémentaire dans la lignée des Grendel, celle qui lie Hunter Rose à Christine Spar. Schutz dépeint Stacy Palumbo sous la forme d'une malade mentale victime de l'environnement dans lequel elle a grandi. Hunter Rose l'a perverti incidemment, sans faire exprès, sans que cela ne soit en rien son intention. Schutz réussit le portrait de cet individu incapable de s'extraire de ses schémas de pensée faussés. Mais elle ne parvient pas, ou peut être elle ne souhaite pas engendrer de sympathie chez le lecteur pour cette femme. du coup, l'histoire devient un exercice incorporant des éléments d'horreur, qui ne développe pas de liens affectifs avec le lecteur. de ce fait il est difficile de s'attacher à Stacy Palumbo et sa description psychologique semble finalement trop brève.

29/07/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Victorian Undead
Victorian Undead

Et pourquoi pas Sherlock Holmes contre Dracula ? - Ce tome contient les 5 épisodes de la minisérie du même nom, qui forment une histoire complète indépendante de toute autre. Ces épisodes sont initialement parus en 2010. le scénario est d'Ian Edginton, les dessins et l'encrage de Davide Fabbri (avec 6 pages dessinées par Tom Mandrake), et la mise en couleurs de Carrie Strachan. En 1854, un météorite s'écrase dans un quartier de Londres en libérant un gaz verdâtre, avec un effet inconnu. Quelques mois plus tard, le médecin de quartier constate plusieurs morts semblables. Il finit par tomber sur un cas où le défunt revient à un semblant de vie, dans un état qui fait peur à voir. En août 1898, Sherlock Holmes et le docteur Watson démantèlent un club très privé où les riches de ce monde pouvaient s'offrir des divertissements pour assouvir leurs vices les plus inavouables. Dans le même temps une équipe de terrassiers découvre un cadavre qui reprend soudain vie. L'inspecteur Lestrade convoque Holmes et Watson à Scotland Yard pour qu'ils examinent le cadavre. L'affaire leur est retirée par des agents des services spéciaux de sa majesté. Il n'en faut pas plus pour qu'Holmes s'empare de l'affaire. Rien que la couverture peut tenir le lecteur de comics éloigné de cette histoire : Sherlock Holmes contre des zombies. Difficile de faire plus racoleur, plus mercantile, et plus factice comme idée d'histoire. À tous les coups, il va s'agir d'un gugusse ressemblant vaguement au célèbre détective (ressemblance vraisemblablement limitée à la tenue vestimentaire) en train de se battre physiquement contre une horde de morts vivants sans personnalité et sans originalité. Toutefois en feuilletant ce tome, le lecteur constate que Davide Fabbri a fait un réel effort de reconstruction historique. À l'opposé de décors vagues et impersonnels, il s'applique à reproduire la mode vestimentaire de l'époque, les façades de Londres, les décors intérieurs. Il n'y a pas des arrières plans dans toutes les cases, et les contours des formes sont légèrement arrondis, ce qui donne une apparence de surface un peu inoffensive. Mais la reconstitution est assez étoffée pour que le lecteur puisse se projeter dans l'environnement de cette époque. Le lecteur doit quand même faire un petit effort supplémentaire parce que Carrie Strachan a décidé de privilégier une couleur dominante dans plusieurs séquences, noyant ainsi les détails des dessins. Par exemple dans l'épisode 2, lorsque Holmes et Watson explorent les tunnels souterrains, la voûte des tunnels est noyée dans une ombre épaisse qui masque les détails de maçonnerie que Fabbri a réellement dessinés. Fabbri a conçu une apparence svelte pour Sherlock Holmes qui sourit régulièrement, en faisant un personnage séduisant et agréable. le docteur Watson fait son âge et son poids, sans qu'il n'en devienne une caricature. Mycroft Holmes manque peut-être un peu de personnalité graphique par rapport à la description qu'a pu en faire Arthur Conan Doyle. Fabbri a pris le parti de les dépeindre comme des individus normaux, sans en faire des personnages de légende. Cette forme de modestie visuelle sied bien à l'histoire et évite de les transformer en héros d'action, aux muscles saillants et à la mâchoire contractée. Tom Mandrake dessine les 8 pages dévolues à la suite des événements de 1891 à Meiringen en Suisse, dans un très beau noir & blanc, dans le plus pur style de Gene Colan. Cela sied parfaitement à cette évocation du passé. Ces dessins permettent donc au lecteur de se plonger dans le Londres de 1898 détaillé sans être glauque, pour une enquête sur une infestation de zombies. Si l'idée de faire s'affronter zombies et Sherlock Holmes ne donne pas confiance, le nom du scénariste laisse espérer un récit bien construit, et d'une évocation de cette période un peu consistante. Ian Edginton avait en particulier réalisé un très beau croisement entre des monstres lovecraftiens et une aristocratie so british dans le premier tome des aventures d'Ampney Crucis : Vile Bodies. Comme Fabbri, Edginton a le bon goût et l'intelligence de ne pas vouloir en faire de trop. Il ne prétend pas être Conan Doyle à la place de Conan Doyle. Il utilise la mythologie de Sherlock Holmes, avec respect et mesure. Il insère assez de détails pour qu'il ne s'agisse pas d'un personnage générique servant de portemanteau au nom ; il n'en met pas de trop pour que cela ne devienne pas une exégèse réservée aux seuls initiés. Edginton insère également suffisamment de détails pour que l'intrigue trouve bien ses racines dans l'époque où elle se situe (plutôt qu'un scénario générique sans rapport avec l'époque). Il trouve un adversaire à la taille d'Holmes et une logique satisfaisante pour la présence des zombies et leur mode propagation. L'intrigue réserve plusieurs surprises et Holmes ne résout pas tout; tout seul, à grands coups de poing. Contre toute attente, cette histoire réussit le pari de mettre en scène un Sherlock Holmes acceptable, qui ne se transforme ni en superhéros, ni en personnage d'action générique. Scénariste et dessinateur ont assez potassé leurs références pour que l'intrigue se nourrisse organiquement de l'époque à laquelle elle se situe. Cette histoire ne révolutionne ni le genre des zombies, ni Sherlock Holmes, et ne déconstruit ni l'un ni l'autre. Il s'agit juste d'une bonne histoire, plutôt originale, ce qui n'est déjà pas rien. Les deux mêmes auteurs ont réalisé un épisode spécial mettant Sherlock Holmes face au docteur Jekyll, puis une deuxième minisérie opposant Holmes à des vampires. Ces histoires sont regroupées dans Sherlock Holmes versus Dracula

29/07/2024 (modifier)
Couverture de la série Pax Elfica
Pax Elfica

Contrairement à Gruizzli, je me suis lancé dans l’album sans connaître l’univers et le jeu de rôles. Si ma lecture n’a pas été désagréable, je n’en suis pas sorti plus emballé que ça. J’aime bien la Fantasy et la série possède des qualités mais dans le cas présent je n’ai pas été très réceptif. En fait hormis la naine, les personnages m’ont battu froids. Je n’ai pas réussi à m’immerger dans ce monde et cette auberge « benetton » a un peu de mal à passer. Je pense que cette série aura un peu de mal à se démarquer dans la pléthore de séries bd dans le genre. Malgré une réalisation honnête, ça m’a paru trop lambda. 2,5 Néanmoins pour une transposition, les auteurs fournissent du bon boulot. Les amateurs du jeux trouveront leur compte.

29/07/2024 (modifier)
Couverture de la série Là où nos pas nous mènent
Là où nos pas nous mènent

Une lecture fluide, un dessin faussement, ou véritablement, bancal qui fonctionne bien. Cependant je n'ai pas bien compris ou ça allait au début de l'histoire, ni au milieu, ni à la fin. J'ai refermé cette bd sans avoir bien compris le sens de tout ça. Certes il y a des idées sur le développement des relations sociales et leurs évolutions mais ça manque d'intrigue. On a le sentiment d'ouvrir la bd sur une histoire qui a déjà démarré et de la refermer sans quelle soit finie. C'est sympa, mais avec le manque d'intrigue ça donne une impression un peu de vide, d'un peu creux.

29/07/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Bluebells wood
Bluebells wood

Après lecture de toute la BD, je suis assez peu enthousiaste, en tout cas moins que dans son Hotel Particulier. L'auteur à un coup de pinceau magnifique, aucun doute là-dessus ! C'est beau, magnifique dans les décors et paysages, les cadrages travaillés et fouillés, tout concours à faire de la BD une œuvre visuellement sublime. Maintenant, je dois dire que la beauté ne fait pas tout ! Et je trouve que niveau narration on est assez proche de Hotel Particulier, il est vrai. C'est divulgâcher que de dire en quoi, mais je me suis retrouvé avant la fin à voir venir quelques twists. D'autre part les emprunts au conte de la petite sirène sont intéressants mais j'ai eu du mal à trouver le lien avec le deuil présenté dans la première partie, deuil qui est lié à l'art mais sans que je ne parvienne à comprendre ce qu'implique ces liens (et les discussions qui vont avec). De même il y a une certaine représentation de nature cruelle et parfois terrible, mais avec une beauté magnifique qui semble assez peu relié au reste, ou alors j'ai simplement pas compris le message. Ce qu'il me reste, c'est une jolie histoire pas franchement inoubliable et une impression visuelle forte. Pas assez pourtant pour que je le relise !

29/07/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Aliens - Alchimie (Alchemy)
Aliens - Alchimie (Alchemy)

Aliens et Corben en mode mineur - Ce tome contient une histoire complète, initialement parue sous la forme de 3 épisodes en 1997. le scénario est de John Arcudi, les dessins et encrages de Richard Corben, et la mise en couleurs de John Pound. Sur une planète indéterminée, une petite communauté subsiste, elle s'est donné le nom d'Emerson. Au cours de l'histoire, les personnages commentent qu'elle est en train de s'industrialiser petit à petit. Dans les environs de cette implantation humaine, se trouve la carcasse d'un vaisseau spatial de moyenne importance, dans lequel un spectre fait parfois son apparition. Au sein de la communauté, un ordre religieux dénonce les méfaits de l'industrialisation, à commencer par la pollution du milieu naturel (air et eau). Toch Newcomen est l'un des prédicateurs appelant au retour des traditions agricoles. Cet ordre religieux est dirigé par Carson Muir qui prétend communiquer avec le Premier Père, une vague déité. La communauté dispose d'une forme de gouvernement démocratique dirigé par Kartha. Un vote doit bientôt avoir lieu pour savoir si les habitants prennent l'initiative d'explorer les restes du vaisseau pour cannibaliser sa technologie. Un meurtre atroce survient et une créature diabolique est entraperçue, avec une forme repoussante, un appendice caudal capable de trancher un individu et un fluide corporel dissolvant tout. Rachel Newcomen (responsable des forces de l'ordre, et sœur de Toch) doit enquêter. En 1988, Dark Horse acquiert une licence d'utilisation des Aliens pour éditer des bandes dessinées utilisant ces extraterrestres teigneux. Les premières histoires restent assez proches du film Aliens, le retour de James Cameron, avant d'intégrer Ellen Ripley issue de Alien, le huitième passager. Au fur et à mesure du succès des bandes dessinées, les aliens ont servi d'argument de vente pour des histoires dans lesquelles ils pouvaient être relégués au simple statut ressort dramatique secondaire. C'est le cas pour cette histoire réalisée par 2 créateurs remarquables : John Arcudi (connu pour avoir créé The Mask, et pour coécrire BPRD avec Mike Mignola), Richard Corben (passé dans la légende avec la création de Den, et ramené sur le devant de la scène dans les années 2000 grâce à sa participation à la série Hellboy, par exemple dans La fiancée de l'Enfer). En 3 épisodes, John Arcudi met autant d'éléments qu'il peut, sans donner l'impression de noyer le lecteur et les pages dans une masse de texte envahissant. L'exercice est complexe, et le résultat donne parfois l'impression qu'il n'a pas pu tout développer comme il l'aurait souhaité, ou même qu'il n'a pas toujours pu (ou su) ordonner le flux des informations pour une narration fluide. La composante écologique du récit est éclatée dans plusieurs conversations qui semblent vouloir approfondir la question du changement de nature de société, du passage d'une communauté de fermiers, à une communauté industrielle. Arcudi insiste à deux reprises sur le fait que cette évolution s'accompagne d'une dégradation environnementale (cheminée d'usine recrachant des polluants dans l'air), et que cet état de fait crée une scission dans l'opinion publique, représentée d'un coté par les tenants de la religion (conservateurs, opposés au changement), et de l'autre les membres du gouvernement (mettant en avant les apports de la technologie, à commencer par un chauffage assuré pendant toute la période hivernale). Mais au final, ces discussions s'arrêteront là, elles n'auront que servi de prétexte pour opposer Carson Muir à Kartha, un simple artifice narratif promettant un développement, et ne débouchant sur rien. de la même manière, le lien unissant Toch et Rachel Newcomen promet le développement d'une relation affective conflictuelle et déchirante, mais en fait elle ne sert que de motivation pour pousser Rachel à s'inquiéter de son frère. Malgré tout, avec le troisième épisode, Arcudi ouvre une nouvelle perspective sur cette histoire qui réussit à maintenir un niveau d'intérêt suffisant. L'ensemble des apparitions de l'Alien se cumule sur une douzaine de pages au total. Corben (grand spécialiste de la représentation de créatures monstrueuses) se plie à la conception graphique de Hans Rudolf Giger, reproduisant le mélange techno-organique de manière assez servile, en particulier pour sa peau qui ressemble à une combinaison spatiale futuriste. Par contre, il apporte un savoir faire indéniable pour les mouvements de la créature, en particulier le balayage mortel de son appendice caudal. Il donne une consistance des plus répugnantes à l'acide excrété par l'Alien, parfait pour transcrire l'horreur de la dissolution. Il ne s'attarde pas trop sur les blessures, même si le sang gicle dans des proportions crédibles. Par contre, il s'est bien amusé à représenter le reflet d'un visage déchiqueté dans la flaque de son sang. Pour le reste, le lecteur retrouve un Corben en moyenne forme et propre sur lui. Il se montre très habile pour les visages et les morphologies des différents personnages : variés et très personnalisés. Sa mise en scène permet de rendre visuel aussi bien les séquences de dialogue que les séquences d'action. Par contre, à mon goût, il évite de trop lâcher la bride à son coté plus grand que nature, pour respecter le rythme et les thèmes du scénario. du coup le lecteur habitué à Corben ne retrouvera pas forcément le degré de démesure habituel du maître. Si le lecteur vient pour une bonne histoire des Aliens, il risque d'être un peu déçu par la place réduite qui leur est accordé, mais réjoui par l'interprétation visuelle viscérale de Corben. Si le lecteur vient pour Corben, il découvrira une histoire de science-fiction assez étoffée mais dont certains fils n'apportent pas grand-chose à la trame générale, avec un Corben en bonne forme, mais comme bridé par l'exercice de style.

28/07/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Lucky Luke - Les Indomptés
Lucky Luke - Les Indomptés

De tous les albums-hommages sur Lucky Luke paru ses dernières années, celui de Blutch me semble être celui qui essai de se rapprocher le plus de l'univers original du cow-boy alors que d'autres auteurs ont livré une version plus personnelle et parfois très éloigné du ton de la série originelle (les albums plus sérieux de Bonhomme par exemple). Je me suis d'ailleurs souvenu d'une histoire courte du temps de Goscinny et Morris où Lucky Luke devait emmener un sale gamin chez le dentiste et j'avais un peu peur qu'on ait droit qu'à 44 pages où Lucky Luke est au prise avec des enfants énervants et heureusement il y a aussi une intrigue policière plus palpitante dans le scénario. L'humour fonctionne la plupart du temps et j'ai bien aimé le dessin. C'et pas un indispensable, mais ça se lit bien si on aime bien Lucky Luke.

28/07/2024 (modifier)
Couverture de la série Beach Stars
Beach Stars

C’est en visionnant ce sport lors des JO que j’ai repensé à cette série. Ma lecture remonte un peu mais j’en garde un bon souvenir. Le sport mis en avant est ici le beach volley (à 95% féminin). Pour qui connaît bien les codes du shonen sportif, il n’y aura pas de grosses surprises, la trame est bien balisée mais se lit avec plaisir. Faute de joueurs et de pouvoir continuer dans le volley classique, notre jeune héroïne (tout en énergie) va migrer et découvrir ce sport version sable. Elle devra d’une certaine façon tout réapprendre, les différences et techniques entre ces 2 sports sont bien mises en avant. Elle ne cessera de s’améliorer pour aller chatouiller les meilleures. Le dessin est bon, le ton est léger et bon enfant. Les protagonistes étant essentiellement féminines, on n’échappe pas à un peu de fan service mais ça reste mineur. La plupart des personnages sont attachants, l’humour passe bien … bref bien calibré/équilibré dans le genre. J’avais apprécié que la série se termine à son tome 7, alors qu’il y avait largement de quoi rallonger la sauce. Dispensable mais sympathique. A noter que la série avait été sponsorisée (commandée ?) par la fédération de beach volley du Japon pour promouvoir ce sport.

28/07/2024 (modifier)
Par Jeïrhk
Note: 3/5
Couverture de la série La Malédiction de Mamo
La Malédiction de Mamo

"Mignonnet" est le mot qui me vient à l'esprit après cette lecture. C'est une belle histoire entre 2 jeunes filles qui tissent un lien de plus en plus fort. C'est d'ailleurs cette relation qui m'a le plus captivé, plutôt que le côté fantastique de l'histoire, qui ne m'a pas particulièrement emballé, mais que je n'ai pas détesté non plus. Le dessin et la colorisation sont en harmonie avec l'histoire, mignons et doux avec une touche poétique. C'est une petite lecture plaisante, que j'oublierai sans doute assez vite, mais que je recommande tout de même.

28/07/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Shino ne sait pas dire son nom
Shino ne sait pas dire son nom

L'auteur est quelqu'un que j'apprécie dans son traitement des récits. Dérangé, il le dit lui-même, il aime plus que tout se poser des questions sur ce qui le taraude lui et lui seul, faisant démonstration de ses tourments intérieurs pour ensuite mieux les explorer. Cet auteur est surtout connu pour l'aspect malsain de ses œuvres, qui est ici bien plus soft que dans les autres œuvres que j'ai lu de lui pour l'instant. C'est une présentation d'un trouble qui se démarque à l'adolescence, handicapant la jeune fille qui est incapable de parler devant d'autres personnes. Seul lorsqu'elle chante, sa voix se libère. Le manga est lent, se pose lentement et n'a pas de réel résolution, puisqu'il s'agit surtout de poser les soucis que ce tel handicap révèle chez elle. D'ailleurs la fin ouverte laisse planer la compréhension de ce handicap dans une vie de tout les jours. C'est une histoire qui présente l'apprentissage de celui-ci, les façons de le surmonter, l'apprentissage de l'amitié malgré celui-ci et surtout l'acceptation de celui-ci. Et en cela, le manga se lit comme une découverte mignonne mais un peu légère. Le dessin de l'auteur, par contre, est extraordinaire. Il arrive à rester dans le style manga tout en développant quelque chose de touchant dans les personnages et leur représentation. Leur faiblesse, les défauts ressortent dans un dessin où les nuances permettent d'exprimer les choses. Si plusieurs fois il reste dans des représentations classique manga, je vois déjà les prémices de ce qu'il arrivera à avoir comme rendu plus proche de peinture (notamment dans Dans l'intimité de Marie et "Welcome back Alice". Un manga qui est sans doute une bonne initiation à l'auteur : moins sombre, moins glauque, c'est une histoire touchante sur le handicap. Et une bonne façon de découvrir Shuzo Oshimi qui est un dessinateur que j'apprécie suivre !

27/07/2024 (modifier)