Les nouvelles aventures d'Harley Quinn. Ce que j'aime bien avec ce personnage c'est qu'avec elle les auteurs n'ont pas peur de faire des aventures amusantes à lire et qui ne se prennent pas trop au sérieux.
Pour cette nouvelle série, il y a à boire et à manger. Je n'ai pas été très convaincu par le nouveau copain d'Harley et je pense qu'il y a de bonnes chances pour qu'on ne le revoit plus après le départ de la scénariste sur la série. J'ai mieux aimé le méchant loser qui passe son temps à copier d'autres super-méchants, mais je trouve qu'on passe un peu trop de temps avec lui. Et comme je ne connais pas trop ce qui se passe dans l'univers de DC en ce moment, il y a quelques allusions que je n'ai pas trop comprises.
Cela reste globalement agréable à lire même si l'humour ne fonctionne pas toujours. En gros, si vous êtres un fan d'Harley Quinn en anti-héroïne, c'est une série pour vous. Je ne pense pas que ça soit une série à lire pour découvrir le personnage ou si on n'a pas aimé les précédentes séries la mettant en vedette.
Vincent Wagner a publié pas mal d’albums usant d’ombres chinoises. Si certains peuvent toucher un large public, ça n’est pas le cas ici. En effet, c’est clairement à réserver aux très jeunes lecteurs.
La lecture est fluide, très rapide, mais elle m’a laissé sur ma faim. Certes, je ne suis pas le cœur de cible, et les valeurs de tolérance développées ici sont plaisantes. Mais ça reste quand même un peu léger. Ça ne passe en tout cas pas la barrière de l’âge.
J’ai découvert Vincent Wagner sur des séries plus récentes, plus réalistes et davantage tournées vers un public bien plus adulte. Mais j’avais repéré depuis longtemps ses albums jeunesse, muettes, et usant uniquement d’ombres chinoises.
Si cet album convient très bien à un très jeune public, il est tout à fait lisible par des lecteurs plus âgés. En tout cas j’ai trouvé très réussi cet album d’histoires courtes, se déroulant le plus souvent dans une préhistoire minimaliste (malgré quelques petits anachronismes).
C’est très frais, parfois drôle, c’est une lecture plaisante en tout cas.
Note réelle 3,5/5.
Bizarre cette histoire. On y retrouve un peu les jeux verbaux dont de Groodt (qui signe ici sa première BD) s’est fait le spécialiste dans les médias. Il y a ainsi à plusieurs reprises un petit ping-pong entre plusieurs protagonistes, les malentendus et autres confusions entrainant le lecteur dans une sarabande des mots. C’est un peu forcé parfois par contre.
L’histoire est plaisante, mais aussi un peu légère et déroutante. Un côté artificiel de la construction, au service de jeux de mots, je ne sais pas. La fin est surprenante, et certains aspects loufoques, absurdes donnent un peu de saveur à une histoire qui manque un peu de coffre.
Mais c’est suffisamment plaisant pour que j’en sois sorti satisfait.
Pour amateur du style atome ! En effet, le dessin est le point fort de l’album. Laurent Zimny a parfaitement intégré les codes de ce style, sans trop en faire. Un trait léger, très agréable ; idéal pour une intrigue située dans les années 1950.
Intrigue qui se laisse lire. C’est une sorte d’uchronie mêlant histoire et Science-Fiction, en pleine guerre froide, mais les Nazis sont aussi de la partie. Si Jarry et Otto T. les avaient envoyés sur Mars (avec La Conquête de Mars), Lainé les envoie lui sur la Lune.
Une histoire qui se laisse lire, mais j’aurais quand même apprécié que soient un peu plus creusées les personnalités des protagonistes, et l’histoire elle-même. Disons qu’ici tout est misé sur le rythme, presque cartoonesque (certains aspects, comme l’accent lourdingue du savant nazi, certains décors, font aussi penser à un cartoon). Un rythme endiablé qui nous fait traverser l’histoire sans trop réfléchir.
On en sort satisfait (dessin oblige, déjà), mais je pense qu’elle va être oubliée rapidement.
La Terre est surpeuplée, les humains y survivent péniblement dans une ambiance désespérée faite de vols et de violence. Un espoir fait toutefois figure de rêve : celui de pouvoir embarquer à bord de ces vaisseaux spatiaux qui mènent des millions de colons vers Eden, une planète habitable : une nouvelle Terre pour une nouvelle vie indique le message publicitaire à la manière de Blade Runner. Inaccessible pour le tout venant, des familles régulièrement tirées au hasard peuvent toutefois profiter de cette opportunité. Gabe, sa femme et sa fille n'ont pas eu cette chance mais ils vont la provoquer en prenant par la force la place des trois gagnants du prochain voyage. Sauf qu'une fois le périple entamé, les choses ne vont pas du tout se passer comme espéré...
Nous sommes face à un one-shot de science-fiction et d'action destiné au divertissement. Il faut accepter une grande suspension d'incrédulité pour ne pas se faire sortir du récit par la très grande quantité d'invraisemblances et de facilités scénaristiques qu'il contient. Dire qu'ils se sont mis à trois pour écrire cela : un premier scénario sans doute destiné à un film, puis un second cinéaste qui l'a réécrit, avant que Christopher Sebela ne l'adapte finalement en BD.
Mais il aligne les clichés, à commencer par cette famille digne d'Espions de famille où les deux parents sont des super cambrioleurs combattants et la jeune fille un génie de l'informatique et de l'électronique, ou encore l'antagoniste qui a tout de la blonde nazie.
Toutes les péripéties sont résolues à coup de grosses ficelles : nos héros qui se font passer si facilement pour une autre famille, même avec l'analyse génétique qui lance l'alarme pour indiquer que ce ne sont pas les bons, puis qui échappent de justesse à la mort car réveillés pile poil au bon moment, ceux chargés de les éliminer qui discutent d'abord avant d'envisager de tirer, ceux aux commandes qui ignorent complètement la possibilité de dépressuriser leurs locaux alors qu'une fois les gentils à l'abri ils proposent sans hésiter de le faire contre d'autres personnes, et évidemment surtout la petite fille qui fabrique de super armes en démontant des drones sans aucun outil ou qui pirate la sécurité du navire en quelques clics... à ce niveau là, puisqu'elle peut toute faire, il n'y a plus aucun enjeu... à part celui de supporter les geignements de son père dont le rôle récurrent semble être de la brider et de l'empêcher de tout résoudre en quelques pages.
Et surtout toute la machination autour de ça ne tient pas debout du tout ; dans le genre pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué et surtout ultra onéreux ? Le concept des méchants est particulièrement foireux quand on y réfléchit. De même que ces longues et inutiles négociations entre le héros et l'antagoniste. Pourquoi l'une négocie quand elle aurait pu éliminer d'une simple commande (avant qu'il soit trop tard) ? Et comment les autres peuvent-ils croire à la moindre vérité dans ce qu'on pourrait éventuellement leur promettre ?
Sans parler de la conclusion de l'histoire qui est risible sur le plan technologique et logistique, mais je ne peux pas la dévoiler ici.
Voilà, j'ai fini de râler et de faire des reproches au scénario. Mais j'admets qu'il m'a été possible par le passé de me laisser porter par de telles histoires de pur divertissement SF sans me poser trop de questions sur leur cohérence et leur crédibilité (je pense par exemple à Cryozone ou Le Traque Mémoire auxquels cet album m'a fait penser). Et comme ici le dessin est de bon niveau, que la narration graphique est fluide et que le rythme est plutôt bon, j'imagine qu'il y a matière à passer un moment plutôt sympa sans prise de tête.
Note : 2,5/5
Comme Ro j'ai été séduit par l'introduction de cette série. La mise en place des personnages Nao/Wasabi et Emoji tous les deux très sympathiques est subtile et bien construite. Des héros qui vivent en dehors du monde réel mais virtuoses sur leur écran. L'univers proposé par Béka d'un cyber monde où robots et humains se côtoient n'est pas nouvelle mais les thématiques proposées comme l'IA, le dark web et les relations de dominations hommes/machines parleront très bien à un public de jeunes ados. Las j'ai trouvé la suite un ton en dessous. La faute à des méchants qui se révèlent bien inoffensifs. Le super robot tueur tire comme un enfant de trois ans. Cela donne un running gag du type "C'est bien embêtant ce problème de vue récourrent" avec un accent mexicain contestable. Ce défaut de fabrication de P-dro vide de son intensité les scènes d'actions entre P-dro et ses adversaires. De même l'exploration du Dark Web est un peu décevante. De plus je trouve que le personnage de la lieutenant Alalula qui porte beaucoup de la dynamique du récit un peu trop au second plan. En effet le souci d'un tel récit est que le combat entre deux hackers n'est pas très excitant en visuel. Cela ralentit et alourdit le rythme de la narration.
Le graphisme de Labourot s'en tire très bien. Si l'univers est assez classique dans le type -ème élément les personnages humains sont bien trouvés , crédibles et intéressants. Seul le grand Troll est trop passif et rigide à mon goût.
J'ai un faible pour la personne d'Alalula qui ouvre la série à public légèrement plus âgé.
Une série détente plaisante et agréable avec une thématique moderne pour un public assez large. Un bon 3.
J'ai commencé ma lecture sans aucune idée de ce que ça allait proposer comme histoire, et franchement c'est surprenant ! Je ne m'attendais pas du tout à ce que ça aille aussi loin.
Le personnage principal sort de prison et veut sa vengeance, estimant avoir été balancé par son collègue lorsqu'il était petite frappe pour des factions radicales des années 80. En chemin, il croise Césaria, une femme étrange. L'ensemble de l'histoire reste sur un canevas assez classique de quête de vengeance, avec un personnage féminin très différent de ce qu'on voit habituellement, même si je trouve que ça reste accolé au style hard-boiled.
Le dessin de Pierre-Henry Gomont est toujours aussi bon, jouant sur les couleurs d'une planche à l'autre, avec des ambiances de nuits magnifiques. Niveau dessin, c'est magistrale, rien à redire ! C'est plus niveau scénario que j'ai été un peu moins entrainé. Là, on est plus dans un commentaire personnel : je suis assez peu fan du style noir dans ce genre et les histoires de vengeances me passent souvent au-dessus de la tête. Lorsque le personnage commence à ressentir de l'hésitation, j'étais en train de me dire qu'il aurait du commencer à se poser la question bien plus tôt.
L'aspect qui m'a le plus intéressé finalement, c'est Césaria qui est un personnage très original, mais je ne sais pas trop pour son genre de coup de foudre qui va le guider. C'est un artifice scénaristique que je trouve un peu gros, surtout au vu de ce qu'il se passe. Soit il manque un morceau de son passé pour comprendre comment elle fait pour tout accepter, soit c'est trop rapidement survolé par son attirance pour Clovis.
Bref, pour ma part c'est du sympathique mais pas inoubliable. Je n'ai pas détesté, je n'ai juste pas beaucoup aimé.
Curieux depuis que j'ai découvert ce scénariste avec Le Gouffre des résurrections, c'est sa troisième série d'affilée que je lis, même s'il a signé celle-ci de son nom complet plutôt qu'HiroDjee. Et même si elle traite une fois de plus de fantastique et de surnaturel, c'est presque la plus sage des trois, avec un scénario un peu convenu mais agréable.
Même si elle se déroule une vingtaine d'années plus tôt, fin 19e plutôt que début 20e siècle, le titre et les personnages de policiers parisiens font rapidement penser aux Brigades du Tigre, les voitures en moins. On est effectivement dans un décor Belle Epoque pour une enquête policière empreinte de surnaturel. Le spectre d'un étrangleur vient prendre possession d'un homme pour venger son exécution, tuant ceux qui y ont participé et menaçant son ex-femme et son fils qu'elle a caché.
Le dessin est un agréable ligne claire agrémentée d'aplats noirs qui ne sont pas sans rappeler le style de Mike Mignola (Hellboy). Il s'en dégage une élégance et des tons sombres qui accentuent la menace et les scènes nocturnes quasi permanentes. Bonne ambiance graphique.
L'histoire est également soutenue par de bons personnages, qu'il s'agisse de l'ex-femme scientifique mais aussi médium dont la personnalité formelle et logique est agréable, de l'inspecteur sérieux et bagarreur qui garde son voile de mystère et de professionnalisme quand il ne participe pas à des combats de rue, ou des différents personnages secondaires qui les accompagnent.
L'intrigue prend un tour un peu facile quand on réalise que l'antagoniste peut s'emparer à volonté du corps des vivants pour accomplir ses actes vengeurs, mais le déroulé reste sympathique et plutôt prenant.
Ce n'est pas une lecture inoubliable mais c'est un bon divertissement servi par un bon dessin.
Un western fantastique qui se laisse lire. Mais je trouve que le potentiel n’a pas toujours bien été utilisé, et le scénario n’est pas exempt de défauts.
Le dessin de Kowalski est plutôt chouette, pour les décors – il y a vraiment matière parfois, comme dans la région des Pueblos et Anasazis. Les visages en gros plans sont très réussis (et Perla a quand même des airs de bombasse !) Mais, bizarrement, quelques plans larges, des visages plus éloignés sont moins réussis. Mais globalement le dessin est très agréable.
L’intrigue est intéressante, mais son déroulé m’a un peu déçu.
D’abord parce que le fantastique prend parfois trop de place (dans les deux derniers tomes), Corbeyran aurait largement pu s’en passer en grande partie.
Ensuite quelques détails m’ont interloqué. Nous suivons un quatuor (un Noir, un Indien métis et un savant européen, tous recrutés par une jeune femme, Perla, dans une quête qui ne livre que vers la fin sa finalité). Mais ces personnages, tous très typés – y compris au niveau de la personnalité – sont mal ou sous-employés. Notre savant ne sert pas à grand-chose. Et, à part des engueulades régulières, les deux autres sont laissés trop en retrait. Enfin, si les auteurs ont su ne pas abuser artificiellement de la plastique de Perla (seule une scène de bains la montre nue au début du deuxième tome – sur plus de quatre pages quand même !), son potentiel de séduction (accentué par les gros plans sur son visage, ses mimiques, et par sa forte personnalité) est paradoxalement peu employé.
L’intrigue est une sorte de road trip en chariot, avec finalement peu d’action. La fusillade avec les cow-boys auxquels notre groupe a volé un chariot au tout début (bizarrement ils ont volé et flingué quatre ou cinq gus sans qu’il n’y ait de suite judiciaire – ou même au niveau de l’intrigue), celle au moment du « bain » évoqué plus haut, et le massacre des participants de la table tournante en début de troisième tome me font dire que Corbeyran a placé artificiellement en début de chaque tome une scène violente, et qu’ensuite il mise sur l’élan pris…
Enfin, la capacité de Perla à « comprendre » facilement toutes les cultures amérindiennes, voire à maîtriser la langue secrète (que seul semblait comprendre le savant) pour actionner un cube dans le premier tome, n'est jamais vraiment expliquée.
Un triptyque qui se laisse lire, même s’il m’a un peu laissé sur ma faim.
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Harley Quinn Infinite
Les nouvelles aventures d'Harley Quinn. Ce que j'aime bien avec ce personnage c'est qu'avec elle les auteurs n'ont pas peur de faire des aventures amusantes à lire et qui ne se prennent pas trop au sérieux. Pour cette nouvelle série, il y a à boire et à manger. Je n'ai pas été très convaincu par le nouveau copain d'Harley et je pense qu'il y a de bonnes chances pour qu'on ne le revoit plus après le départ de la scénariste sur la série. J'ai mieux aimé le méchant loser qui passe son temps à copier d'autres super-méchants, mais je trouve qu'on passe un peu trop de temps avec lui. Et comme je ne connais pas trop ce qui se passe dans l'univers de DC en ce moment, il y a quelques allusions que je n'ai pas trop comprises. Cela reste globalement agréable à lire même si l'humour ne fonctionne pas toujours. En gros, si vous êtres un fan d'Harley Quinn en anti-héroïne, c'est une série pour vous. Je ne pense pas que ça soit une série à lire pour découvrir le personnage ou si on n'a pas aimé les précédentes séries la mettant en vedette.
La sorcière a le blues
Vincent Wagner a publié pas mal d’albums usant d’ombres chinoises. Si certains peuvent toucher un large public, ça n’est pas le cas ici. En effet, c’est clairement à réserver aux très jeunes lecteurs. La lecture est fluide, très rapide, mais elle m’a laissé sur ma faim. Certes, je ne suis pas le cœur de cible, et les valeurs de tolérance développées ici sont plaisantes. Mais ça reste quand même un peu léger. Ça ne passe en tout cas pas la barrière de l’âge.
Cromalin et Cromignonne
J’ai découvert Vincent Wagner sur des séries plus récentes, plus réalistes et davantage tournées vers un public bien plus adulte. Mais j’avais repéré depuis longtemps ses albums jeunesse, muettes, et usant uniquement d’ombres chinoises. Si cet album convient très bien à un très jeune public, il est tout à fait lisible par des lecteurs plus âgés. En tout cas j’ai trouvé très réussi cet album d’histoires courtes, se déroulant le plus souvent dans une préhistoire minimaliste (malgré quelques petits anachronismes). C’est très frais, parfois drôle, c’est une lecture plaisante en tout cas. Note réelle 3,5/5.
Qui ne dit mot
Bizarre cette histoire. On y retrouve un peu les jeux verbaux dont de Groodt (qui signe ici sa première BD) s’est fait le spécialiste dans les médias. Il y a ainsi à plusieurs reprises un petit ping-pong entre plusieurs protagonistes, les malentendus et autres confusions entrainant le lecteur dans une sarabande des mots. C’est un peu forcé parfois par contre. L’histoire est plaisante, mais aussi un peu légère et déroutante. Un côté artificiel de la construction, au service de jeux de mots, je ne sais pas. La fin est surprenante, et certains aspects loufoques, absurdes donnent un peu de saveur à une histoire qui manque un peu de coffre. Mais c’est suffisamment plaisant pour que j’en sois sorti satisfait.
Webster & Jones
Pour amateur du style atome ! En effet, le dessin est le point fort de l’album. Laurent Zimny a parfaitement intégré les codes de ce style, sans trop en faire. Un trait léger, très agréable ; idéal pour une intrigue située dans les années 1950. Intrigue qui se laisse lire. C’est une sorte d’uchronie mêlant histoire et Science-Fiction, en pleine guerre froide, mais les Nazis sont aussi de la partie. Si Jarry et Otto T. les avaient envoyés sur Mars (avec La Conquête de Mars), Lainé les envoie lui sur la Lune. Une histoire qui se laisse lire, mais j’aurais quand même apprécié que soient un peu plus creusées les personnalités des protagonistes, et l’histoire elle-même. Disons qu’ici tout est misé sur le rythme, presque cartoonesque (certains aspects, comme l’accent lourdingue du savant nazi, certains décors, font aussi penser à un cartoon). Un rythme endiablé qui nous fait traverser l’histoire sans trop réfléchir. On en sort satisfait (dessin oblige, déjà), mais je pense qu’elle va être oubliée rapidement.
Eden Corp
La Terre est surpeuplée, les humains y survivent péniblement dans une ambiance désespérée faite de vols et de violence. Un espoir fait toutefois figure de rêve : celui de pouvoir embarquer à bord de ces vaisseaux spatiaux qui mènent des millions de colons vers Eden, une planète habitable : une nouvelle Terre pour une nouvelle vie indique le message publicitaire à la manière de Blade Runner. Inaccessible pour le tout venant, des familles régulièrement tirées au hasard peuvent toutefois profiter de cette opportunité. Gabe, sa femme et sa fille n'ont pas eu cette chance mais ils vont la provoquer en prenant par la force la place des trois gagnants du prochain voyage. Sauf qu'une fois le périple entamé, les choses ne vont pas du tout se passer comme espéré... Nous sommes face à un one-shot de science-fiction et d'action destiné au divertissement. Il faut accepter une grande suspension d'incrédulité pour ne pas se faire sortir du récit par la très grande quantité d'invraisemblances et de facilités scénaristiques qu'il contient. Dire qu'ils se sont mis à trois pour écrire cela : un premier scénario sans doute destiné à un film, puis un second cinéaste qui l'a réécrit, avant que Christopher Sebela ne l'adapte finalement en BD. Mais il aligne les clichés, à commencer par cette famille digne d'Espions de famille où les deux parents sont des super cambrioleurs combattants et la jeune fille un génie de l'informatique et de l'électronique, ou encore l'antagoniste qui a tout de la blonde nazie. Toutes les péripéties sont résolues à coup de grosses ficelles : nos héros qui se font passer si facilement pour une autre famille, même avec l'analyse génétique qui lance l'alarme pour indiquer que ce ne sont pas les bons, puis qui échappent de justesse à la mort car réveillés pile poil au bon moment, ceux chargés de les éliminer qui discutent d'abord avant d'envisager de tirer, ceux aux commandes qui ignorent complètement la possibilité de dépressuriser leurs locaux alors qu'une fois les gentils à l'abri ils proposent sans hésiter de le faire contre d'autres personnes, et évidemment surtout la petite fille qui fabrique de super armes en démontant des drones sans aucun outil ou qui pirate la sécurité du navire en quelques clics... à ce niveau là, puisqu'elle peut toute faire, il n'y a plus aucun enjeu... à part celui de supporter les geignements de son père dont le rôle récurrent semble être de la brider et de l'empêcher de tout résoudre en quelques pages. Et surtout toute la machination autour de ça ne tient pas debout du tout ; dans le genre pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué et surtout ultra onéreux ? Le concept des méchants est particulièrement foireux quand on y réfléchit. De même que ces longues et inutiles négociations entre le héros et l'antagoniste. Pourquoi l'une négocie quand elle aurait pu éliminer d'une simple commande (avant qu'il soit trop tard) ? Et comment les autres peuvent-ils croire à la moindre vérité dans ce qu'on pourrait éventuellement leur promettre ? Sans parler de la conclusion de l'histoire qui est risible sur le plan technologique et logistique, mais je ne peux pas la dévoiler ici. Voilà, j'ai fini de râler et de faire des reproches au scénario. Mais j'admets qu'il m'a été possible par le passé de me laisser porter par de telles histoires de pur divertissement SF sans me poser trop de questions sur leur cohérence et leur crédibilité (je pense par exemple à Cryozone ou Le Traque Mémoire auxquels cet album m'a fait penser). Et comme ici le dessin est de bon niveau, que la narration graphique est fluide et que le rythme est plutôt bon, j'imagine qu'il y a matière à passer un moment plutôt sympa sans prise de tête. Note : 2,5/5
A-Lan
Comme Ro j'ai été séduit par l'introduction de cette série. La mise en place des personnages Nao/Wasabi et Emoji tous les deux très sympathiques est subtile et bien construite. Des héros qui vivent en dehors du monde réel mais virtuoses sur leur écran. L'univers proposé par Béka d'un cyber monde où robots et humains se côtoient n'est pas nouvelle mais les thématiques proposées comme l'IA, le dark web et les relations de dominations hommes/machines parleront très bien à un public de jeunes ados. Las j'ai trouvé la suite un ton en dessous. La faute à des méchants qui se révèlent bien inoffensifs. Le super robot tueur tire comme un enfant de trois ans. Cela donne un running gag du type "C'est bien embêtant ce problème de vue récourrent" avec un accent mexicain contestable. Ce défaut de fabrication de P-dro vide de son intensité les scènes d'actions entre P-dro et ses adversaires. De même l'exploration du Dark Web est un peu décevante. De plus je trouve que le personnage de la lieutenant Alalula qui porte beaucoup de la dynamique du récit un peu trop au second plan. En effet le souci d'un tel récit est que le combat entre deux hackers n'est pas très excitant en visuel. Cela ralentit et alourdit le rythme de la narration. Le graphisme de Labourot s'en tire très bien. Si l'univers est assez classique dans le type -ème élément les personnages humains sont bien trouvés , crédibles et intéressants. Seul le grand Troll est trop passif et rigide à mon goût. J'ai un faible pour la personne d'Alalula qui ouvre la série à public légèrement plus âgé. Une série détente plaisante et agréable avec une thématique moderne pour un public assez large. Un bon 3.
Les Nuits de Saturne
J'ai commencé ma lecture sans aucune idée de ce que ça allait proposer comme histoire, et franchement c'est surprenant ! Je ne m'attendais pas du tout à ce que ça aille aussi loin. Le personnage principal sort de prison et veut sa vengeance, estimant avoir été balancé par son collègue lorsqu'il était petite frappe pour des factions radicales des années 80. En chemin, il croise Césaria, une femme étrange. L'ensemble de l'histoire reste sur un canevas assez classique de quête de vengeance, avec un personnage féminin très différent de ce qu'on voit habituellement, même si je trouve que ça reste accolé au style hard-boiled. Le dessin de Pierre-Henry Gomont est toujours aussi bon, jouant sur les couleurs d'une planche à l'autre, avec des ambiances de nuits magnifiques. Niveau dessin, c'est magistrale, rien à redire ! C'est plus niveau scénario que j'ai été un peu moins entrainé. Là, on est plus dans un commentaire personnel : je suis assez peu fan du style noir dans ce genre et les histoires de vengeances me passent souvent au-dessus de la tête. Lorsque le personnage commence à ressentir de l'hésitation, j'étais en train de me dire qu'il aurait du commencer à se poser la question bien plus tôt. L'aspect qui m'a le plus intéressé finalement, c'est Césaria qui est un personnage très original, mais je ne sais pas trop pour son genre de coup de foudre qui va le guider. C'est un artifice scénaristique que je trouve un peu gros, surtout au vu de ce qu'il se passe. Soit il manque un morceau de son passé pour comprendre comment elle fait pour tout accepter, soit c'est trop rapidement survolé par son attirance pour Clovis. Bref, pour ma part c'est du sympathique mais pas inoubliable. Je n'ai pas détesté, je n'ai juste pas beaucoup aimé.
Naissance du tigre
Curieux depuis que j'ai découvert ce scénariste avec Le Gouffre des résurrections, c'est sa troisième série d'affilée que je lis, même s'il a signé celle-ci de son nom complet plutôt qu'HiroDjee. Et même si elle traite une fois de plus de fantastique et de surnaturel, c'est presque la plus sage des trois, avec un scénario un peu convenu mais agréable. Même si elle se déroule une vingtaine d'années plus tôt, fin 19e plutôt que début 20e siècle, le titre et les personnages de policiers parisiens font rapidement penser aux Brigades du Tigre, les voitures en moins. On est effectivement dans un décor Belle Epoque pour une enquête policière empreinte de surnaturel. Le spectre d'un étrangleur vient prendre possession d'un homme pour venger son exécution, tuant ceux qui y ont participé et menaçant son ex-femme et son fils qu'elle a caché. Le dessin est un agréable ligne claire agrémentée d'aplats noirs qui ne sont pas sans rappeler le style de Mike Mignola (Hellboy). Il s'en dégage une élégance et des tons sombres qui accentuent la menace et les scènes nocturnes quasi permanentes. Bonne ambiance graphique. L'histoire est également soutenue par de bons personnages, qu'il s'agisse de l'ex-femme scientifique mais aussi médium dont la personnalité formelle et logique est agréable, de l'inspecteur sérieux et bagarreur qui garde son voile de mystère et de professionnalisme quand il ne participe pas à des combats de rue, ou des différents personnages secondaires qui les accompagnent. L'intrigue prend un tour un peu facile quand on réalise que l'antagoniste peut s'emparer à volonté du corps des vivants pour accomplir ses actes vengeurs, mais le déroulé reste sympathique et plutôt prenant. Ce n'est pas une lecture inoubliable mais c'est un bon divertissement servi par un bon dessin.
Badlands (Corbeyran/Rowalski)
Un western fantastique qui se laisse lire. Mais je trouve que le potentiel n’a pas toujours bien été utilisé, et le scénario n’est pas exempt de défauts. Le dessin de Kowalski est plutôt chouette, pour les décors – il y a vraiment matière parfois, comme dans la région des Pueblos et Anasazis. Les visages en gros plans sont très réussis (et Perla a quand même des airs de bombasse !) Mais, bizarrement, quelques plans larges, des visages plus éloignés sont moins réussis. Mais globalement le dessin est très agréable. L’intrigue est intéressante, mais son déroulé m’a un peu déçu. D’abord parce que le fantastique prend parfois trop de place (dans les deux derniers tomes), Corbeyran aurait largement pu s’en passer en grande partie. Ensuite quelques détails m’ont interloqué. Nous suivons un quatuor (un Noir, un Indien métis et un savant européen, tous recrutés par une jeune femme, Perla, dans une quête qui ne livre que vers la fin sa finalité). Mais ces personnages, tous très typés – y compris au niveau de la personnalité – sont mal ou sous-employés. Notre savant ne sert pas à grand-chose. Et, à part des engueulades régulières, les deux autres sont laissés trop en retrait. Enfin, si les auteurs ont su ne pas abuser artificiellement de la plastique de Perla (seule une scène de bains la montre nue au début du deuxième tome – sur plus de quatre pages quand même !), son potentiel de séduction (accentué par les gros plans sur son visage, ses mimiques, et par sa forte personnalité) est paradoxalement peu employé. L’intrigue est une sorte de road trip en chariot, avec finalement peu d’action. La fusillade avec les cow-boys auxquels notre groupe a volé un chariot au tout début (bizarrement ils ont volé et flingué quatre ou cinq gus sans qu’il n’y ait de suite judiciaire – ou même au niveau de l’intrigue), celle au moment du « bain » évoqué plus haut, et le massacre des participants de la table tournante en début de troisième tome me font dire que Corbeyran a placé artificiellement en début de chaque tome une scène violente, et qu’ensuite il mise sur l’élan pris… Enfin, la capacité de Perla à « comprendre » facilement toutes les cultures amérindiennes, voire à maîtriser la langue secrète (que seul semblait comprendre le savant) pour actionner un cube dans le premier tome, n'est jamais vraiment expliquée. Un triptyque qui se laisse lire, même s’il m’a un peu laissé sur ma faim.