Je n'ai pas été convaincu par ce premier épisode. J'ai trouvé le scénario carte postale de ces deux villages frères (gentiment) ennemis assez cliché voire manichéen. Les auteurs travaillent sur trois fronts , la spécificité du rugby, une image rose pastelle de la lutte des classes, et une ambiance love story sur fond d'émancipation sexuelle. C'est le rugby qui sert de fil rouge avec pour point d'ancrage l'ambiance de fête produite par la victoire de Montauban en 67. Une décennie d'opportunité puisque en dix ans il y eut huit vainqueurs différents (sans le Stade Toulousain !). Tripp propose un discours assez enjolivé du jeu de l'époque mais cela lui permet d'introduire une caricature assez clichée de la lutte des classes puisque les figures réactionnaires classiques( le curé, le patron) se ridiculisent par une gestion humaine catastrophique de leur équipe. Par effet miroir Eric ,le héros à (beau) visage humain porte l'esprit de liberté et de justice. Cela permet aux scénaristes d'introduire certaines pages d'actualités à la façon des anciennes séances de cinéma. C'est habilement fait et assez dans l'esprit de l'époque. J'ai toutefois certaines réticences car le bel instit comme c'était le cas à l'époque à un discours assez sélectif qui pêche par omission. Ainsi quand les auteurs proposent une scène quasi comique avec des poussins tout mignons et trois noms qui pèsent lourds en (millions?) de morts j'ai un peu de mal à adhérer à l'esprit des auteurs. C'est dommage car j'apprécie ce type de graphisme semi réaliste tout en rondeurs bienveillantes avec une belle expressivité chaleureuse.
Une série avec un beau savoir faire mais un peu trop clichée à mon goût. La suite n'est pas une de mes priorités de lecture. Un petit 3
Une récit d'adolescence expatriée, dans un milieu social sans réels soucis de subsistance (une étudiante en art américaine qui vient passer un an en Europe) avec ses défauts et ses qualités.
Coté défauts : ceux de l'adolescence : une lenteur, un certain nombrilisme, des contradictions, des difficultés à lier des rapports humains fructueux, une sorte de frustration latente sans fin et sans formulation non plus. + les défauts des road-movies : pas de construction de l'histoire et une sorte de déploiement des actions au fil du voyage, sans soucis que l'histoire nous mène quelque part.
Coté qualités : le dessin, très stylisé et un peu froid dans une grille à 6 cases tracées à la règle. Un trait noir uniforme sur fond blanc le jour, avec des à plat noirs en fond de case, la nuit. Ca m'a fait penser aux formes de Sole Otero, autrice argentine, mais sans les couleurs vives : peu d'expression sur le visage, et du coup ce sont les corps qui adoptent les postures de l'adolescence prolongée des pays riches.
En fin de compte, le fait même d'appeler cet album "les contradictions" est une marque d'intelligence en soi. Je ne crois pas qu'à 20 ans, j'aurais autant pris conscience de mes propres contradictions, au point de les porter en avant comme un signe des temps.
Tome 2 :
Intitulé Gala, avec une couverture qui exprime bien l'album : une petite madame qui grimpe sur la tête d'une immense statue de tête de Salvador immergée au milieu des récifs. Gala était la femme d'Eluard (j'ignorais ce "détail") et on assiste à la rencontre de ces deux personnages qui vont se manier l'un l'autre, peut-être plus encore que Picasso et sa Fernande, parce qu'ici on sent que Gala est un esprit fort, qui ne va pas se laisser dominer socialement, et peut-être au contraire... Je reconnais que ce deuxième tome m'a plus accroché parce que justement la folie maladive et psychanalytique de Dali trouve un obstacle, et on sent que cet obstacle , même s'il reste énigmatique, va servir de support à une création plus légitime, voire de porte-voix à une époque 1929 ou le surréalisme, et André Breton en particulier, cherche une formalisation, un écran sur lequel déployer sa théorie esthétique... Bref cet épisode coud ensemble l'histoire de l'art et la tension amoureuse/admirative entre deux êtres. J'ai un petit coup de cœur pour ce deuxième opus
Tome 1 :
Toujours agréable à lire, les albums de ces deux auteurs : on s'identifie, c'est précis, documenté, c'est bien colorisé, les personnages ont de l'épaisseur, les dialogues sont drôles...Mais mon préféré est quand même la série sur Picasso Pablo qui garde pour moi la séduction de la nouveauté et de la nuance. Ni Isadora ni ce premier tome sur Dali ne réussissent aussi bien à nous rendre les situations réelles.
C'est un peu trop... Peut-être est-ce lié au personnage choisi. Effectivement Salvador Dali, question trop, c'est carrément "abuser". Mais ça nous éloigne un peu, ça parait excessif. Alors que le génie fragile de Picasso à coté est si bien contre-balancé par sa compagne Fernande qui s'en moque, ou s'en effraye, qui cherche de l'aide ailleurs... Bref cela nous ressemble plus : il y a quand même quelqu'un qui garde les pieds sur terre. Picasso n'est pas du tout un sujet qui m'attirait a priori, mais l'intérêt était dans les rapports entre Pablo et son entourage, ses folies et ses gentillesses, le sujet était riche en situation comparables aux nôtres. Ici Dali prend toute la place et ça agace. Pour Isadora, c'était un peu terne au contraire.
Bref plein de qualités mais sur un sujet qui finalement ne m'intéresse pas tant que ça. L'homme seul face à son génie, je n'y crois pas. Et d'ailleurs , la couverture est bien à cette image : le héros marchant sur la ville. Mais les tomes suivants me convaincront peut-être ?
David Rault fut (et est encore, a priori), un journaliste qui a depuis 25 ans eu l'honneur de faire des présentations et des traductions lors d'évènements cinématographiques aux quatre (non, six) coins de l'Hexagone. Il a traîné ses guêtres à Cannes, Deauville, Gérardmer, Cognac... Et rencontré des tonnes de stars, ce qui lui a valu des situations plus ou moins étranges.
L'auteur est clair dès le début : il n'y a pas de révélations fracassantes, pas d'histoires croustillantes dans sa BD. Non qu'il n'en ait pas sous le coude, mais plutôt parce que ce n'est pas l'objectif de l'ouvrage. Celui est donc clair : raconter l'envers du décor des festivals, sans leurs aspects peu ragoutants, mais délivrer quelques anecdotes plutôt sympathiques. Rault a croisé des mastodontes tels Weinstein, Depardieu, Pitt, tous mis sous le feus le feu des projecteurs pour des raisons similaires ou proches aujourd'hui, mais aussi des personnes à la réputation intacte, telles Spielberg, Scorsese, et une flopée d'acteurs/trices et réalisateurs/trices français. Ses historiettes semblent authentiques, elles en ont en tout cas le parfum, et sont la plupart du temps distrayantes. De plus l'auteur a un joli coup de crayon, à même de représenter de manière sinon parfaite, au moins très ressemblantes, les stars qu'il croise et avec lesquelles, parfois, il échange quelques mots voire plus.
Un album sympathique, donc, mais à réserver aux amateurs/trices de coulisses du 7ème Art.
Tome 3 Décidément la plaidoirie de Blueboy m'aura fait sauter le pas pour acheter le 3ème tome mais je ne suis pas emballée. La vivacité du premier épisode ne se retrouve ni dans le 2ème ni dans le 3ème. Gomont réussit à être à la fois sans surprise et invraisemblable : les magouilles des puissants mafieux ex-soviétiques sont toutes puissantes et invincibles, les espoirs coopératifs voués à l'échec et l'artiste, jouet du capitalise triomphant, se sauve avec sa progéniture : L'art est mort mais le dessin vit. C'est déjà ça, me direz-vous. ( si vous entendez comme moi une vieille chanson de Souchon, "c'est déjà ça" vous voyez à quoi nous en sommes réduits...) C'est la simplification des personnages qui m'énerve le plus : si on veux faire jouer Lino Ventura, il faut un scénario en béton et des dialogues, on ne peut pas tenir que sur les acteurs. Déçue, déçue, déçue...
Tome 2 Après lecture du second tome, je vais me raviser à 3 étoiles.
Trop de voix off, trop de longueurs, les dialogues qui deviennent moins drôle sans devenir crédibles pour autant, le scénario alambiqué qui n'amuse plus, les motivations des personnages qui s'étiolent, bref ça sent l'histoire en deux tomes qui a été rallongée sans nécessité...
Tome 1, 4 étoiles : Gomont m'avait emballé .
Son dessin qui donne l'illusion de la spontanéité, (comme Sfar pourrait le faire) mais avec de belles compositions par page (ce que Sfar ne fait pas), et on sent un grand plaisir de l'équilibre formel, des couleurs, des formes, des valeurs...De l'aisance, du mouvement, de la lumière (avec une tendance aux ambiances surexposées) . Pour les mouvements des silhouettes, une certaine parenté avec Vincent Perriot (que je vous conseille dans Belleville Story). C'est curieux comme il arrive à accorder mouvement et précision...
Ici il joue avec l'esthétique "années 30" dans un art déco socialiste qui se déploie dans des volumes gigantesques, dans d'anciennes usines, des maisons du peuple abandonnées. Mais pas du tout dans les visions de Bilal (dépressif et glacé), il y a une sorte d'émerveillement juvénile réjouissant.
Pour le scénario, c'est la même chose : les apparatchiks à la Bilal nous emmerdent, imaginons sortir du mauvais jeu... Des trafics, des amours, des vieux ouvriers s'assemblent dans une aventure idéaliste qui se déplie avec grâce et emporte le lecteur. Malheureusement les puissants ne sont pas encore morts, cela se passe en 1990, et rien n'est joué. Nous qui savons comment l'Histoire a continué, nous avons la permission de l'oublier le temps d'une BD.
Le plus chouette, c'est que ce n'est que le premier tome !
Bon ben moi j'aime beaucoup Fabcaro.
Cela faisait un moment que je n'avais pas lu un de ses albums, de ceux dans lesquels il se met en scène lui-même, qu'il soit son propre sujet, ou qu'il interfère, comme c'est le cas ici, dans une intrigue totalement étrangère.
Là nous avons droit à une nouvelle mise en abyme : lui-même écrivant sa nouvelle BD, contre l'avis de ses proches, qui la trouvent encore plus débile que les précédentes ; ensuite cette histoire de bite sur la joue, en effet totalement débile, qui déclenche une enquête policière sérieuse... ou pas. C'est cette faculté à faire surgir l'absurdité dès les premiers mots qui me plaît chez Fabcaro, et me fait lire avec délectation la plupart de ses albums. C'est du grand n'importe quoi de A à Z, et j'avoue que malgré le spoiler dès la page 13, absolument assumée, je me suis amusé à suivre cette enquête irrationnelle, où le coeur d'artichaut de l'auteur, et son faible pour les romances, transparaît à nouveau.
Le récit lui permet de faire des petits détours par un dessin un peu plus "réaliste", de dessiner une vieille bagnole américaine des années 60 ou 70, mais aussi, comme à son habitude, de jouer sur les cases semblables avec des dialogues différents. Cela n'a aucun sens, et je m'en réjouis à chaque fois. Il y a aussi, comme toujours, des fulgurances, des petites phrases qui font mouche.
Ceci dit, ce n'est tout de même pas son meilleur album, ce qui explique ma note plus modérée.
La mort de Franco et une certaine libéralisation de la parole ont permis à plusieurs auteurs espagnols de traiter de la guerre d’Espagne à partir de la fin des années 1970. C’est le cas de Palacios avec cette série.
Trois albums ont été publiés dans plusieurs collections des Humanos au début des années 1980, les deux premiers, « Eloy » et « Rio Manzanares » ayant été réédités par les éditions du Long Bec (leur disparition n’a hélas pas permis de rééditer le troisième, « 1936 »).
Les deux premiers albums sont centrés sur les combats autour de et dans Madrid, tandis que dans le troisième, Palacios revient « en arrière », pour traiter du début de la guerre civile au pays basque – autour d’Irun essentiellement (le récit ne tourne plus autour d’Eloy, mais autour de Gorka, jeune homme embarqué dans les rangs républicains par hasard).
Au vu de cet album et de sa conclusion, un peu brutale, je pense que Palacios avait sans doute imaginé d’autres albums (pour la Catalogne par exemple), mais qu’il s’est arrêté là avec cette série, probablement pris par d’autres projets.
Palacios s’est visiblement beaucoup documenté, et son récit est rempli de détails – certains passages sont même presque trop « appliqués ». Mais il nous donne une vision précise et vivante de la guerre civile. Surtout, on retrouve dans ces albums son dessin reconnaissable entre mille – et que j’aime vraiment beaucoup !
Un trait énergique, gras, totalement baroque, qui m’avait immédiatement séduit lorsque je l’avais découvert dans Mac Coy. Les combats, certaines scènes nocturnes et/ou sous la pluie sont saisissants.
Palacios ne s’embarrasse pas de longs développements sur le contexte politique, l’action prime. C’est sans doute la force et la faiblesse de cette narration souvent au style indirect, qui détaille par le menu quelques batailles importantes.
Une série qui m’a surtout convaincu par son graphisme.
Des histoires avec Catwoman comme anti-héroïne et c'est globalement sympathique à lire, mais cela ne m'a pas marqué plus que ça.
Il faut dire que je suis un grand fan de l'univers de Batman et de ce coté ci je suis un peu déçu. Il y a plusieurs histoires qui présentent peu d'élément de l'univers de la chauve-souris et du coup par moment j'avais l'impression que je lisais des histoires polar-action générique où Brubaker aurait juste ajouté Catwoman pour en faire des récits de super-héros. En plus, un des personnages de l'univers de Batman qu'on aperçoit dans ses récits est Black Mask, un méchant que je trouvais correcte avant, mais qui a été transformé par Brubaker et par d'autres scénaristes des années 2000 en gros sadique bien méchant tout droit sortit des films de style Saw et je n'aime pas cette version du personnage. Heureusement, les scènes entre Catwoman et Batman sont réussites.
Au niveau du dessin, je ne suis pas très fan des styles des différents dessinateurs, mais je pense parce que je suis tellement habitué à lire des scénarios de Brubaker dessiné par Sean Murphy que cela fait étrange de lire du polar par Brubaker avec un autre dessinateur, ce n'est pas la même atmosphère.
L'influence du cinéma social est indéniable sur cette BD. Que ce soit Ken Loach ou les frères Dardenne, il y a cette expérience d'un cinéma plus silencieux, proche de ses personnages et explorant les thématiques de l'individu face à la société.
Maintenant, l'aspect social d'une œuvre ne se contente pas d'être spectatrice d'un fait sociétal. Il s'agit également d'avoir un propos sur celui-ci, généralement sur la gestion de ce souci par la société ou l'origine par un système déshumanisant et aliénant. C'est la distinction que je fais entre l'art social (porteur d'une part importante de critique, de commentaire) et l'art pseudo-social, qui verse dans le voyeurisme sans jamais s'engager.
Ici, je trouve malheureusement qu'on verse plus dans le pseudo-social que dans le social. En effet, la BD développe une relation entre deux personnages très bien campés et qui sentent assez fortement la réalité, mais l'histoire en elle-même ne développe pas au-delà de leur amitié et de la vie de Dan (qui est central au récit).
Je ne sais pas exactement ce que l'autrice voulait développer, même si elle évoque à la fin quelques détails qu'elle voulait spécifiquement mettre. L'histoire est surtout celle de Dan, jeune homme asiatique et gay, sujet à certains soucis. Mais finalement, j'ai l'impression que Chris, tout aussi sympathique qu'est son personnage, ne sert pas réellement le récit. Elle accompagne mais n'a pas de réelle histoire. En dehors de Dan, rien d'important ne semble se passer et le final suggère juste que quelque chose pourrait changer ensuite. Du coup, je trouve l'ensemble plutôt léger, il manque ce fond de critique ou de réels questionnements. Et vu tout les sujets qui sont évoqués, il y aurait eu l'embarras du choix pour le développement !
Niveau dessin, ça fait parfaitement le travail et je dirais qu'il m'a évoqué un peu celui de Tom Tirabosco, dans son trait charbonneux et un peu gras. On sent l'ambiance de la vielle Angleterre qui se meurt dans son coin, mais aussi les petites gens, précaires et peu éduqués.
Une lecture sympathique mais qui manque clairement de consistance. Je pense que le gros défaut est l'absence claire de critique, de problématique soulevée dans le récit. Il m'aurait fallu d'avantage pour m'intéresser, là en l'état c'est juste sympathique mais je ne pense pas que je la relirais un jour.
Un comics qui aura attendu 25 ans avant sa traduction en français. On pourrait se poser la question de savoir si Delcourt ne veut pas surfer sur le succès de Monstres (du même auteur)...
Cet album aurait dû être la troisième et dernière partie de Lifedeath, les précédents épisodes étant publiés dans Uncanny X-MEN 186 et 198 (X-Men - La vie, la mort). Mais un différent avec Marvel fera que ce projet ne verra pas le jour. Bien plus tard, Barry Windsor-Smith ressortira de ses cartons son histoire. Par contre, il faut changer le personnage central, il n'est plus question d'Ororo Munroe (propriété de Marvel), place à la princesse Adastra de Young gods. Il y a bien une ressemblance physique, bien qu'Adastra fasse 2m40 de haut, mais lorsque l'on connaît les deux femmes, on sent bien qu'il y a un malaise : elles ont des caractères diamétralement opposés. Un subterfuge qui ne trompe personne, c'est bien une Ororo Monroe déguisée en Adastra qui sera l'héroïne de cette histoire.
Pour apprécier ce comics, il faut bien le prendre comme une fable. Une lecture rapide, seulement 39 planches, la narration est quelque peu alambiquée, même si je devine où veut en venir BWS, mais ça manque de consistance. Il n'est pas question pour BWS de suicide dans ce récit, mais bien de sacrifice. Chacun en fera son interprétation.
Un comics qui peut se lire indépendamment des deux épisodes précédents de Lifedeath.
Barry Windsor-Smith nous gratifie de superbes planches en noir et blanc, rien que pour ça l'album vaut une lecture. Je rejoins les avis ci-dessous, certaines pages sont trop chargées en détails et peuvent être un peu moins lisibles. Par contre, je ne suis pas convaincu qu'une mise en couleur made in BWS puisse plaire à une majorité de lecteurs. Sur BDtheque, je ne vois que Présence, Bruno :) et votre serviteur pour l'apprécier.
En fin d'album, un extra jouissif : des interviews d'Adastra où elle parle de ce comics. Et là, je retrouve la gouaille et l'humour politiquement incorrecte de la revue Storytellers dont j'avais pu profiter avec Young gods et Freebooters (c'est le moment de découvrir les couleurs made in BWS..... alors, j'avais pas raison ?). Jubilatoire.
Barry Windsor-Smith est une mine d'or, ce comics en est une petite pépite.
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Je n'ai pas été convaincu par ce premier épisode. J'ai trouvé le scénario carte postale de ces deux villages frères (gentiment) ennemis assez cliché voire manichéen. Les auteurs travaillent sur trois fronts , la spécificité du rugby, une image rose pastelle de la lutte des classes, et une ambiance love story sur fond d'émancipation sexuelle. C'est le rugby qui sert de fil rouge avec pour point d'ancrage l'ambiance de fête produite par la victoire de Montauban en 67. Une décennie d'opportunité puisque en dix ans il y eut huit vainqueurs différents (sans le Stade Toulousain !). Tripp propose un discours assez enjolivé du jeu de l'époque mais cela lui permet d'introduire une caricature assez clichée de la lutte des classes puisque les figures réactionnaires classiques( le curé, le patron) se ridiculisent par une gestion humaine catastrophique de leur équipe. Par effet miroir Eric ,le héros à (beau) visage humain porte l'esprit de liberté et de justice. Cela permet aux scénaristes d'introduire certaines pages d'actualités à la façon des anciennes séances de cinéma. C'est habilement fait et assez dans l'esprit de l'époque. J'ai toutefois certaines réticences car le bel instit comme c'était le cas à l'époque à un discours assez sélectif qui pêche par omission. Ainsi quand les auteurs proposent une scène quasi comique avec des poussins tout mignons et trois noms qui pèsent lourds en (millions?) de morts j'ai un peu de mal à adhérer à l'esprit des auteurs. C'est dommage car j'apprécie ce type de graphisme semi réaliste tout en rondeurs bienveillantes avec une belle expressivité chaleureuse. Une série avec un beau savoir faire mais un peu trop clichée à mon goût. La suite n'est pas une de mes priorités de lecture. Un petit 3
Les Contradictions
Une récit d'adolescence expatriée, dans un milieu social sans réels soucis de subsistance (une étudiante en art américaine qui vient passer un an en Europe) avec ses défauts et ses qualités. Coté défauts : ceux de l'adolescence : une lenteur, un certain nombrilisme, des contradictions, des difficultés à lier des rapports humains fructueux, une sorte de frustration latente sans fin et sans formulation non plus. + les défauts des road-movies : pas de construction de l'histoire et une sorte de déploiement des actions au fil du voyage, sans soucis que l'histoire nous mène quelque part. Coté qualités : le dessin, très stylisé et un peu froid dans une grille à 6 cases tracées à la règle. Un trait noir uniforme sur fond blanc le jour, avec des à plat noirs en fond de case, la nuit. Ca m'a fait penser aux formes de Sole Otero, autrice argentine, mais sans les couleurs vives : peu d'expression sur le visage, et du coup ce sont les corps qui adoptent les postures de l'adolescence prolongée des pays riches. En fin de compte, le fait même d'appeler cet album "les contradictions" est une marque d'intelligence en soi. Je ne crois pas qu'à 20 ans, j'aurais autant pris conscience de mes propres contradictions, au point de les porter en avant comme un signe des temps.
Dali
Tome 2 : Intitulé Gala, avec une couverture qui exprime bien l'album : une petite madame qui grimpe sur la tête d'une immense statue de tête de Salvador immergée au milieu des récifs. Gala était la femme d'Eluard (j'ignorais ce "détail") et on assiste à la rencontre de ces deux personnages qui vont se manier l'un l'autre, peut-être plus encore que Picasso et sa Fernande, parce qu'ici on sent que Gala est un esprit fort, qui ne va pas se laisser dominer socialement, et peut-être au contraire... Je reconnais que ce deuxième tome m'a plus accroché parce que justement la folie maladive et psychanalytique de Dali trouve un obstacle, et on sent que cet obstacle , même s'il reste énigmatique, va servir de support à une création plus légitime, voire de porte-voix à une époque 1929 ou le surréalisme, et André Breton en particulier, cherche une formalisation, un écran sur lequel déployer sa théorie esthétique... Bref cet épisode coud ensemble l'histoire de l'art et la tension amoureuse/admirative entre deux êtres. J'ai un petit coup de cœur pour ce deuxième opus Tome 1 : Toujours agréable à lire, les albums de ces deux auteurs : on s'identifie, c'est précis, documenté, c'est bien colorisé, les personnages ont de l'épaisseur, les dialogues sont drôles...Mais mon préféré est quand même la série sur Picasso Pablo qui garde pour moi la séduction de la nouveauté et de la nuance. Ni Isadora ni ce premier tome sur Dali ne réussissent aussi bien à nous rendre les situations réelles. C'est un peu trop... Peut-être est-ce lié au personnage choisi. Effectivement Salvador Dali, question trop, c'est carrément "abuser". Mais ça nous éloigne un peu, ça parait excessif. Alors que le génie fragile de Picasso à coté est si bien contre-balancé par sa compagne Fernande qui s'en moque, ou s'en effraye, qui cherche de l'aide ailleurs... Bref cela nous ressemble plus : il y a quand même quelqu'un qui garde les pieds sur terre. Picasso n'est pas du tout un sujet qui m'attirait a priori, mais l'intérêt était dans les rapports entre Pablo et son entourage, ses folies et ses gentillesses, le sujet était riche en situation comparables aux nôtres. Ici Dali prend toute la place et ça agace. Pour Isadora, c'était un peu terne au contraire. Bref plein de qualités mais sur un sujet qui finalement ne m'intéresse pas tant que ça. L'homme seul face à son génie, je n'y crois pas. Et d'ailleurs , la couverture est bien à cette image : le héros marchant sur la ville. Mais les tomes suivants me convaincront peut-être ?
Le Présentateur
David Rault fut (et est encore, a priori), un journaliste qui a depuis 25 ans eu l'honneur de faire des présentations et des traductions lors d'évènements cinématographiques aux quatre (non, six) coins de l'Hexagone. Il a traîné ses guêtres à Cannes, Deauville, Gérardmer, Cognac... Et rencontré des tonnes de stars, ce qui lui a valu des situations plus ou moins étranges. L'auteur est clair dès le début : il n'y a pas de révélations fracassantes, pas d'histoires croustillantes dans sa BD. Non qu'il n'en ait pas sous le coude, mais plutôt parce que ce n'est pas l'objectif de l'ouvrage. Celui est donc clair : raconter l'envers du décor des festivals, sans leurs aspects peu ragoutants, mais délivrer quelques anecdotes plutôt sympathiques. Rault a croisé des mastodontes tels Weinstein, Depardieu, Pitt, tous mis sous le feus le feu des projecteurs pour des raisons similaires ou proches aujourd'hui, mais aussi des personnes à la réputation intacte, telles Spielberg, Scorsese, et une flopée d'acteurs/trices et réalisateurs/trices français. Ses historiettes semblent authentiques, elles en ont en tout cas le parfum, et sont la plupart du temps distrayantes. De plus l'auteur a un joli coup de crayon, à même de représenter de manière sinon parfaite, au moins très ressemblantes, les stars qu'il croise et avec lesquelles, parfois, il échange quelques mots voire plus. Un album sympathique, donc, mais à réserver aux amateurs/trices de coulisses du 7ème Art.
Slava
Tome 3 Décidément la plaidoirie de Blueboy m'aura fait sauter le pas pour acheter le 3ème tome mais je ne suis pas emballée. La vivacité du premier épisode ne se retrouve ni dans le 2ème ni dans le 3ème. Gomont réussit à être à la fois sans surprise et invraisemblable : les magouilles des puissants mafieux ex-soviétiques sont toutes puissantes et invincibles, les espoirs coopératifs voués à l'échec et l'artiste, jouet du capitalise triomphant, se sauve avec sa progéniture : L'art est mort mais le dessin vit. C'est déjà ça, me direz-vous. ( si vous entendez comme moi une vieille chanson de Souchon, "c'est déjà ça" vous voyez à quoi nous en sommes réduits...) C'est la simplification des personnages qui m'énerve le plus : si on veux faire jouer Lino Ventura, il faut un scénario en béton et des dialogues, on ne peut pas tenir que sur les acteurs. Déçue, déçue, déçue... Tome 2 Après lecture du second tome, je vais me raviser à 3 étoiles. Trop de voix off, trop de longueurs, les dialogues qui deviennent moins drôle sans devenir crédibles pour autant, le scénario alambiqué qui n'amuse plus, les motivations des personnages qui s'étiolent, bref ça sent l'histoire en deux tomes qui a été rallongée sans nécessité... Tome 1, 4 étoiles : Gomont m'avait emballé . Son dessin qui donne l'illusion de la spontanéité, (comme Sfar pourrait le faire) mais avec de belles compositions par page (ce que Sfar ne fait pas), et on sent un grand plaisir de l'équilibre formel, des couleurs, des formes, des valeurs...De l'aisance, du mouvement, de la lumière (avec une tendance aux ambiances surexposées) . Pour les mouvements des silhouettes, une certaine parenté avec Vincent Perriot (que je vous conseille dans Belleville Story). C'est curieux comme il arrive à accorder mouvement et précision... Ici il joue avec l'esthétique "années 30" dans un art déco socialiste qui se déploie dans des volumes gigantesques, dans d'anciennes usines, des maisons du peuple abandonnées. Mais pas du tout dans les visions de Bilal (dépressif et glacé), il y a une sorte d'émerveillement juvénile réjouissant. Pour le scénario, c'est la même chose : les apparatchiks à la Bilal nous emmerdent, imaginons sortir du mauvais jeu... Des trafics, des amours, des vieux ouvriers s'assemblent dans une aventure idéaliste qui se déplie avec grâce et emporte le lecteur. Malheureusement les puissants ne sont pas encore morts, cela se passe en 1990, et rien n'est joué. Nous qui savons comment l'Histoire a continué, nous avons la permission de l'oublier le temps d'une BD. Le plus chouette, c'est que ce n'est que le premier tome !
Moon River
Bon ben moi j'aime beaucoup Fabcaro. Cela faisait un moment que je n'avais pas lu un de ses albums, de ceux dans lesquels il se met en scène lui-même, qu'il soit son propre sujet, ou qu'il interfère, comme c'est le cas ici, dans une intrigue totalement étrangère. Là nous avons droit à une nouvelle mise en abyme : lui-même écrivant sa nouvelle BD, contre l'avis de ses proches, qui la trouvent encore plus débile que les précédentes ; ensuite cette histoire de bite sur la joue, en effet totalement débile, qui déclenche une enquête policière sérieuse... ou pas. C'est cette faculté à faire surgir l'absurdité dès les premiers mots qui me plaît chez Fabcaro, et me fait lire avec délectation la plupart de ses albums. C'est du grand n'importe quoi de A à Z, et j'avoue que malgré le spoiler dès la page 13, absolument assumée, je me suis amusé à suivre cette enquête irrationnelle, où le coeur d'artichaut de l'auteur, et son faible pour les romances, transparaît à nouveau. Le récit lui permet de faire des petits détours par un dessin un peu plus "réaliste", de dessiner une vieille bagnole américaine des années 60 ou 70, mais aussi, comme à son habitude, de jouer sur les cases semblables avec des dialogues différents. Cela n'a aucun sens, et je m'en réjouis à chaque fois. Il y a aussi, comme toujours, des fulgurances, des petites phrases qui font mouche. Ceci dit, ce n'est tout de même pas son meilleur album, ce qui explique ma note plus modérée.
Eloy
La mort de Franco et une certaine libéralisation de la parole ont permis à plusieurs auteurs espagnols de traiter de la guerre d’Espagne à partir de la fin des années 1970. C’est le cas de Palacios avec cette série. Trois albums ont été publiés dans plusieurs collections des Humanos au début des années 1980, les deux premiers, « Eloy » et « Rio Manzanares » ayant été réédités par les éditions du Long Bec (leur disparition n’a hélas pas permis de rééditer le troisième, « 1936 »). Les deux premiers albums sont centrés sur les combats autour de et dans Madrid, tandis que dans le troisième, Palacios revient « en arrière », pour traiter du début de la guerre civile au pays basque – autour d’Irun essentiellement (le récit ne tourne plus autour d’Eloy, mais autour de Gorka, jeune homme embarqué dans les rangs républicains par hasard). Au vu de cet album et de sa conclusion, un peu brutale, je pense que Palacios avait sans doute imaginé d’autres albums (pour la Catalogne par exemple), mais qu’il s’est arrêté là avec cette série, probablement pris par d’autres projets. Palacios s’est visiblement beaucoup documenté, et son récit est rempli de détails – certains passages sont même presque trop « appliqués ». Mais il nous donne une vision précise et vivante de la guerre civile. Surtout, on retrouve dans ces albums son dessin reconnaissable entre mille – et que j’aime vraiment beaucoup ! Un trait énergique, gras, totalement baroque, qui m’avait immédiatement séduit lorsque je l’avais découvert dans Mac Coy. Les combats, certaines scènes nocturnes et/ou sous la pluie sont saisissants. Palacios ne s’embarrasse pas de longs développements sur le contexte politique, l’action prime. C’est sans doute la force et la faiblesse de cette narration souvent au style indirect, qui détaille par le menu quelques batailles importantes. Une série qui m’a surtout convaincu par son graphisme.
Ed Brubaker présente Catwoman
Des histoires avec Catwoman comme anti-héroïne et c'est globalement sympathique à lire, mais cela ne m'a pas marqué plus que ça. Il faut dire que je suis un grand fan de l'univers de Batman et de ce coté ci je suis un peu déçu. Il y a plusieurs histoires qui présentent peu d'élément de l'univers de la chauve-souris et du coup par moment j'avais l'impression que je lisais des histoires polar-action générique où Brubaker aurait juste ajouté Catwoman pour en faire des récits de super-héros. En plus, un des personnages de l'univers de Batman qu'on aperçoit dans ses récits est Black Mask, un méchant que je trouvais correcte avant, mais qui a été transformé par Brubaker et par d'autres scénaristes des années 2000 en gros sadique bien méchant tout droit sortit des films de style Saw et je n'aime pas cette version du personnage. Heureusement, les scènes entre Catwoman et Batman sont réussites. Au niveau du dessin, je ne suis pas très fan des styles des différents dessinateurs, mais je pense parce que je suis tellement habitué à lire des scénarios de Brubaker dessiné par Sean Murphy que cela fait étrange de lire du polar par Brubaker avec un autre dessinateur, ce n'est pas la même atmosphère.
Breakwater
L'influence du cinéma social est indéniable sur cette BD. Que ce soit Ken Loach ou les frères Dardenne, il y a cette expérience d'un cinéma plus silencieux, proche de ses personnages et explorant les thématiques de l'individu face à la société. Maintenant, l'aspect social d'une œuvre ne se contente pas d'être spectatrice d'un fait sociétal. Il s'agit également d'avoir un propos sur celui-ci, généralement sur la gestion de ce souci par la société ou l'origine par un système déshumanisant et aliénant. C'est la distinction que je fais entre l'art social (porteur d'une part importante de critique, de commentaire) et l'art pseudo-social, qui verse dans le voyeurisme sans jamais s'engager. Ici, je trouve malheureusement qu'on verse plus dans le pseudo-social que dans le social. En effet, la BD développe une relation entre deux personnages très bien campés et qui sentent assez fortement la réalité, mais l'histoire en elle-même ne développe pas au-delà de leur amitié et de la vie de Dan (qui est central au récit). Je ne sais pas exactement ce que l'autrice voulait développer, même si elle évoque à la fin quelques détails qu'elle voulait spécifiquement mettre. L'histoire est surtout celle de Dan, jeune homme asiatique et gay, sujet à certains soucis. Mais finalement, j'ai l'impression que Chris, tout aussi sympathique qu'est son personnage, ne sert pas réellement le récit. Elle accompagne mais n'a pas de réelle histoire. En dehors de Dan, rien d'important ne semble se passer et le final suggère juste que quelque chose pourrait changer ensuite. Du coup, je trouve l'ensemble plutôt léger, il manque ce fond de critique ou de réels questionnements. Et vu tout les sujets qui sont évoqués, il y aurait eu l'embarras du choix pour le développement ! Niveau dessin, ça fait parfaitement le travail et je dirais qu'il m'a évoqué un peu celui de Tom Tirabosco, dans son trait charbonneux et un peu gras. On sent l'ambiance de la vielle Angleterre qui se meurt dans son coin, mais aussi les petites gens, précaires et peu éduqués. Une lecture sympathique mais qui manque clairement de consistance. Je pense que le gros défaut est l'absence claire de critique, de problématique soulevée dans le récit. Il m'aurait fallu d'avantage pour m'intéresser, là en l'état c'est juste sympathique mais je ne pense pas que je la relirais un jour.
Adastra in Africa
Un comics qui aura attendu 25 ans avant sa traduction en français. On pourrait se poser la question de savoir si Delcourt ne veut pas surfer sur le succès de Monstres (du même auteur)... Cet album aurait dû être la troisième et dernière partie de Lifedeath, les précédents épisodes étant publiés dans Uncanny X-MEN 186 et 198 (X-Men - La vie, la mort). Mais un différent avec Marvel fera que ce projet ne verra pas le jour. Bien plus tard, Barry Windsor-Smith ressortira de ses cartons son histoire. Par contre, il faut changer le personnage central, il n'est plus question d'Ororo Munroe (propriété de Marvel), place à la princesse Adastra de Young gods. Il y a bien une ressemblance physique, bien qu'Adastra fasse 2m40 de haut, mais lorsque l'on connaît les deux femmes, on sent bien qu'il y a un malaise : elles ont des caractères diamétralement opposés. Un subterfuge qui ne trompe personne, c'est bien une Ororo Monroe déguisée en Adastra qui sera l'héroïne de cette histoire. Pour apprécier ce comics, il faut bien le prendre comme une fable. Une lecture rapide, seulement 39 planches, la narration est quelque peu alambiquée, même si je devine où veut en venir BWS, mais ça manque de consistance. Il n'est pas question pour BWS de suicide dans ce récit, mais bien de sacrifice. Chacun en fera son interprétation. Un comics qui peut se lire indépendamment des deux épisodes précédents de Lifedeath. Barry Windsor-Smith nous gratifie de superbes planches en noir et blanc, rien que pour ça l'album vaut une lecture. Je rejoins les avis ci-dessous, certaines pages sont trop chargées en détails et peuvent être un peu moins lisibles. Par contre, je ne suis pas convaincu qu'une mise en couleur made in BWS puisse plaire à une majorité de lecteurs. Sur BDtheque, je ne vois que Présence, Bruno :) et votre serviteur pour l'apprécier. En fin d'album, un extra jouissif : des interviews d'Adastra où elle parle de ce comics. Et là, je retrouve la gouaille et l'humour politiquement incorrecte de la revue Storytellers dont j'avais pu profiter avec Young gods et Freebooters (c'est le moment de découvrir les couleurs made in BWS..... alors, j'avais pas raison ?). Jubilatoire. Barry Windsor-Smith est une mine d'or, ce comics en est une petite pépite.