Les derniers avis (48940 avis)

Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Fragments d'horreur
Fragments d'horreur

Je rejoins l'avis de Noirdésir. C'est un autre album qui reprends des histoires courtes du maitre de l'horreur japonais à savoir Junji Ito. On retrouve son dessin si personnel et aussi son gout pour dessiner les trucs horrifiants et bien dégueulasse. On retrouve aussi le gros défaut de son œuvre et aussi de l'horreur japonais en général. C'est peut-être un problème de différence culturelle, mais je trouve que les mangas d'horreurs tournent souvent au grand-guignolesque et que ce qui est censé me faire peur me semble surtout grotesque et ridicule. On voit bien ça avec quelques récits comme celui avec la femme qui adore une maison. Ça commence bien et ça se termine en m'importe quoi. Les deux meilleurs récits de ce recueil selon moi sont les mêmes que cites Noirdésir de son avis: la première étant Doux adieux qui est bien différent des histoires habituelles de l'auteur où il montre même un coté poétique et la deuxième est la dernière histoire qui est une histoire d'horreur où il fait plus preuve de retenu que dans sa production habituel. J'aimerais bien que ça soit souvent le cas parce qu'avec ce récit il a le ton juste, c'est horrible sans tomber dans le ridicule. À emprunter si on veut mieux découvrir cet auteur, à acheter si on est déjà fan et qu'on veut tout posséder de ce mangaka.

29/10/2024 (modifier)
Couverture de la série Jamais renoncer - Le Vendée Globe qui déjoua tous les pronostics
Jamais renoncer - Le Vendée Globe qui déjoua tous les pronostics

Nouvel album consacré au Vendée Globe et toujours signé par la même équipe, ce « Jamais renoncer » ne m’aura cependant pas autant séduit que les précédentes œuvres du duo. Sans doute un phénomène de lassitude commence-t-il à s’installer de mon côté mais j’ai aussi l’impression que l’écriture est moins soignée et que les termes techniques sont moins bien expliqués. Pour ce dernier aspect, peut-être les auteurs se sont-ils rendu compte que leur lectorat était majoritairement composé de marins (ou du moins de personnes connaissant bien la voile). Malheureusement, malgré ma fascination pour cet univers, je n’y connais pas grand-chose du point de vue technique et j’ai donc besoin qu’on m’explique certains termes, ce qui m’a parfois manqué dans le présent album. Mais avoir moins apprécié ne signifie pas que je n’ai ressenti aucun plaisir durant ma lecture. L’histoire du Vendée Globe 2020, avec ses retournements de situation, ses naufrages et sauvetages sous haut stress, ses évolutions technologiques contrecarrées par les changements climatiques, méritait bien cet album. Et les auteurs essaient de se renouveler en se mettant eux-mêmes en scène à l’une ou l’autre occasion. Le dessin, lui, offre encore à plusieurs occasions de très belles et très spectaculaires images de la course. En résumé, cet album demeure bon, mais je n’ai pas ressenti le même frisson que lors de mes précédentes lectures (voir mes avis sur « Seul autour du monde », « Histoires du Vendée Globe » ou « Thomas Coville - La Quête de l'ultime »). Pas mal quand même, et un album qui continue à nourrir mon admiration pour ces navigateurs de l’extrême.

29/10/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Douze
Douze

Une autre BD que plusieurs adorent et que j'ai trouvé correct sans plus. Je reconnais qu'il y a des qualités dans l'album. Le scénario est efficace et les révélations finales montrent à quel point le scénariste maitrise bien son récit. Le dessin donne une bonne ambiance et la mise en page est très bonne aussi. Le problème vient plutôt des personnages qui m'ont laissé indifférent. Difficile donc de trouver cela jubilatoire de voir des salopards se tirer dessus si je me foutais un peu s'ils mourraient ou non. Je n'avais même pas de plaisir à les voir mourir parce que le fait qu'ils soient des salauds ne m'a même pas touché. Je pense même que j'aime mieux la première partie qui présente lentement les différents protagonistes dans une ambiance de huit-clos comme je les aime. Une curiosité à emprunter selon moi vu qu'elle ne m'a pas trop marqué.

28/10/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série La Truie, le Juge et l'Avocat
La Truie, le Juge et l'Avocat

Une BD sympathique qui présente un phénomène peu connu sur le moyen-âge: on a déjà convoqué au tribunal des animaux pour qu'ils répondent de leurs crimes. Cela semble absurde, mais en même temps est-ce mieux aujourd'hui où on ne fait qu'abattre les animaux sans aucun forme de procès dès qu'on les juge dangereux pour la société ? Même si le récit est pas mal, j'ai été un peu déçu par le traitement du sujet par les auteurs. Il y a des réflexions intéressantes sur plusieurs sujets comme la responsabilité des animaux sur leurs actes, mais je trouve que c'est gâché par un traitement caricatural de plusieurs personnages de l’histoire. Je pense que cela aurait été plus intéressant si la partie qui veulent la mort de la truie n'était pas présenter comme des riches qui abusent de leurs pouvoirs et qui semblent avoir rien d'autres à faire de leurs journée que d'être méchant envers la pauvre truie et son propriétaire. Et si j'ai adoré une bonne partie de l'album, j'aime moins le derniers tiers où un événement crée un retournement de situation que je n'ai pas trop aimé. Le dessin est correct.

28/10/2024 (modifier)
Couverture de la série La Ballade des dangereuses
La Ballade des dangereuses

Un album plein d'humanité, dans lequel nous suivons le parcours difficile de Valérie Zézé. C'est une histoire vraie, et le petit épilogue qui suit la partie BD donne encore plus de profondeur au personnage de Valérie. Ça donne aussi une touche finale un peu plus douce et optimiste. Car ce récit développe une histoire un peu triste et glauque. Celle de la descente aux enfers d'une femme qui, suite à un évènement brutal, sombre dans une mauvaise spirale : drogue, vols, multiples incarcérations, avec une attitude parfois nihiliste. On découvre aussi la réalité de l'univers carcéral. Un album intéressant, autour d'un personnage attachant.

27/10/2024 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pizzica Pizzica
Pizzica Pizzica

J'ai été assez secouée par cette aventure amoureuse inquiétante qui finit par se résoudre à la fois dans la danse et la conscience. C'est un album grand format de 180 pages en lavis, avec un dessin très réaliste et séduisant, qui se rapproche des aquarelles de Guillaume Sorel (Typhaon). Donc ça en impose, il y a une sorte de respect technique qui s'installe tout de suite. Puis il y a le scénario qui commence comme une histoire du "club des 5", un groupe de jeunes qui monte une pièce de théâtre et la jeune chorégraphe, qui va devenir l'héroïne, Apolline (on voit que le milieu social est ciblé), s'embarque dans une emprise amoureuse, lors d'une tempête en bateau. Ce traquenard sexuel va se poursuivre en voyage précipité dans le sud de l'Italie. Cette première partie fait aussi penser aux dispositifs de Jim dans sa description détaillée d'amours perverses. Et si ça en restait là, j'aurais eu comme pour les albums de Jim, le sentiment d'être un peu flouée. Ici la deuxième partie de l'histoire a retourné ma première impression parce que certaines scènes du début auxquelles je n'avais pas attaché tant d'importance, se mettent à prendre un sens, pour nous comme pour l'héroïne. Un accrochage en voiture se transforme en déclic pour fuir ce processus malfaisant. Et les paysages de l'Italie se mêlent aux danses locales pour aider Apolline à reprendre pied, dans son histoire personnelle. Bref, j'aime l'idée, c'est beau, mais ... Le rythme n'est pas encore très habile, la première partie est très longue et détaillée (trop peut-être? qu'apporte la belle scène de l'accouchement à l'affaire ?), alors que la deuxième manque de précision, de cohérence, et se perd dans un esthétisme pas forcément nécessaire. Il ne manque pas beaucoup pour que ce soit franchement bien. Une aide au scénario aurait été bienvenue pour agencer les dernières scènes et camper un peu mieux les personnages secondaires qui restent assez abstraits..

27/10/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Lawmen of the West
Lawmen of the West

Dans la lignée de Go West young man, GunMen of the West et Indians !, Tiburce Oger continue son panorama de l'histoire du Far West en s'associant à une quinzaine de nouveaux auteurs pour de courts récits mettant en scène de véritables hommes de loi américains du début du 19e au début du 20e siècle. Il s'agit tantôt de ces militiens nommés Minutemen, de rangers texans, d'US Marshalls, de shériffs ou de juges mais aussi parfois de chasseurs de primes ou de bourreaux... et parfois pas forcément du bon côté de la loi malgré les apparences. Comme pour les albums collectifs précédents de cette lignée, les dessinateurs sont tous de grands professionnels dont la majorité a une grande expérience et a déjà réalisé des BD Western par le passé. Leurs styles sont tous subtilement différents mais la quasi totalité d'entre eux forme un tout homogène, un seul se démarquant par ses couleurs façon brou de noix tout en conservant un trait proche des autres. Et ils sont tous très bons, avec une bonne narration graphique à l'exception de l'un des récits en début d'album qui m'a paru un peu plus confus dans son découpage. J'apprécie également la carte en début de chaque chapitre permettant de savoir dans quels états des USA se déroule l'histoire à venir. Les histoires sont intéressantes et plutôt variées puisque parfois d'un côté ou de l'autre de la loi, parfois se terminant bien et d'autres fois plus amères. On notera entre autres l'évolution en terme d'Histoire des Etats-Unis puisque les premières aventures ont souvent pour adversaires des amérindiens contre des représentants de la loi blanche, tandis que sur la fin nous sommes face à une justice américaine plus structurée et théoriquement plus équitable. Quelques histoires ont un aspect un peu académique, se rapprochant des récits historiques plutôt que de l'esprit d'aventure western, et de fait elles ne marquent que moyennement les esprits. D'autres en revanche m'ont beaucoup plu car elles permettent de mieux s'imprégner de leur ambiance et de leurs personnages, comme celle sur le Sheriff Owens ou celle sur le Juge Parker. C'est un bon recueil de récits formant un panorama de l'histoire des représentants de la loi aux Etats-Unis à l'époque du Far West, avec un dessin très pro dans l'ensemble, mais c'est un album légèrement moins marquant que Go West young man et Indians !, donnant peut-être l'impression que le sujet s'essouffle un peu.

27/10/2024 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série Psychologie des foules
Psychologie des foules

Cet album est réalisé par Team Banmikas qui est une équipe spécialisée dans l'adaptation de grands classiques de la littérature en manga. On est ici sur la version manga de Psychologie des foules de Gustave Le Bon paru en 1895. C'est une louable intention de la collection KuroSavoir de transmettre des notions sur des classiques littéraires ou des concepts philosophiques par le manga car, l'éditeur l'indique en post-face, un livre vendu sur 3 de nos jours est un manga (plutôt un livre sur 7 si j'en crois Le Point). Pour autant j'ai trouvé cela très superficiel, on a très peu de choses sur l'aspect psychologique des foules et la lecture de la page Wikipédia du livre vous en apprendra beaucoup plus sur l'original de Le Bon que ce manga. C'est pour cela que je ne mets pas G. Le Bon en auteur sur la fiche, et d'ailleurs en 4ème de couverture c'est bien écrit "librement inspiré de". Finalement très libre car seule la page 2 en préambule du manga en fait un résumé succinct. Il existe plusieurs caractéristiques en "-ité" des foules : d'abord l'impulsivité, mobilité et irritabilité, en second la suggestibilité et crédulité des foules et enfin l'exagération et le simplisme des sentiments des foules qui conduisent à des extrémités. Plusieurs procédés pour faire passer des idées à une foule - qui n'ont pas été sans me rappeler l'élection américaine en cours : l'affirmation, sans avoir à apporter de raison ou de preuve, la répétition, la contagion lorsque se forme un courant d'opinion. Les auteurs du manga prennent l'exemple de la Révolution française pour illustrer les effets de la foule. Le fait de former un groupe qui peut amener à la violence, au lynchage ou à la guillotine par exemple, alors que les individus isolément n'iraient jamais à de telles extrémités. On suit l'ascension de Robespierre qui utilise les procédés cités ci-dessus pour devenir député, puis les états généraux, la prise de la Bastille, la Convention et la dérive vers la Terreur avec le comité de Salut public où chacun est tour à tour pris pour cible, jusqu'à Robespierre lui-même. Cela reste une lecture correcte sur ce contexte historique de la Révolution qui m'a semblé fidèle aux faits, le dessin est parfois outrancier dans les expressions des personnages mais de bonne facture.

27/10/2024 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série Formica - Une tragédie en trois actes
Formica - Une tragédie en trois actes

c'est assez fascinant cette faculté qu'a Fabcaro de partir d'un sujet aussi négligeable que possible (ici, un repas du dimanche en famille) et d'en faire une comédie absurde émaillée d'instants de bravoure. Il y a d'abord ces huit personnes qui se retrouvent donc pour le poulet (aux hormones) du dimanche, et qui ne savent absolument pas de quoi parler. Une idée de départ qui va les amener à envisager des lieux communs, ou plutôt des sujets lambda. Avec forcément un trouble-fête qui casse la dynamique quand elle est enfin enclenchée. Et pour bien l'humilier, une remarque liée au sexe. Ensuite des didascalies (oui, j'utilise un terme grec) avec ce chœur forcément désaccordé, et pour finir des scènes hors repas dont on se demande ce qu'elles viennent faire là, mais trouvent leur justification de manière totalement inattendue et forcément pétrie de non-sens. J'ai eu un sourire quasiment tout au long de ma lecture, même s'il y a quelques longueurs. Et je me suis franchement marré lors du second acte de cette tragédie qui en compte trois. Pas forcément par son contenu mais par la façon dont il est mené. Pas forcément le meilleur Fabcaro (je trouve que lorsqu'il se met en scène il y a une dimension supplémentaire salutaire), mais dans une bonne moyenne.

26/10/2024 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série Une nuit avec Lovecraft
Une nuit avec Lovecraft

Pouvoir remonter le temps, et passer le temps (même si court) avec son auteur préféré, une personne dont l'action ou la pensée ont changé votre façon de voir le monde... Oui, c'est un sacré fantasme, et Rodolphe l'a imaginé pour Mary, son étudiante en littérature, qui se retrouve pendant une nuit à Providence, à l'époque où y vivait HP Lovecraft. L'occasion de passer en revue certaines de ses histoires les plus marquantes, d'évoquer certains aspects de sa vie privée,, ses influences, son train de vie, etc. C'est léger, même si les opinions politiques du personnage sont eux aussi évoquées puis balayées. On sent l'envie de parler un peu d'un auteur qui l'a influencé assez fortement dans cette histoire, même s'il y en a des plus pointues. Le scénariste chevronné collabore une nouvelle fois avec Philippe Marcelé, lui-même très attiré par le fantastique. Il livre des planches assez jolies, aux décors évocateurs, que ce soit dans la "réalité" des années 30 que dans les histoires évoquées par Mary. Son trait charbonneux en noir et blanc laisse une grande place aux expressions, à un côté "brut" de l'histoire. Certaines cases confinent d'ailleurs au croquis poussé, ce qui renforce l'authenticité de l'ensemble. On n'est clairement pas dans la meilleure BD parlant de Lovecraft, mais il n'en reste pas moins qu'elle est sympathique, sans grands enjeux, et reflète plus une envie de faire un clin d'œil/hommage de la part de Rodolphe qu'une véritable étude en profondeur de sa vie et de son œuvre.

26/10/2024 (modifier)