Les derniers avis (49556 avis)

Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Osez... en BD
Osez... en BD

Adaptation en bande dessinée de la célèbre collection de guides pratiques de La Musardine, cette série de quatre albums propose d'aborder la sexualité sous un angle à la fois pédagogique et ludique, avec des fortunes diverses selon les tomes. Ces quatre albums sont loin d'être homogènes. Non seulement ils sont dessinés par deux auteurs différents, mais ils adoptent également des approches différentes dans leur contenu et mise en scène. Deux tomes sont illustrés par Eve E, les deux autres par Karo. Eve E tente visiblement de se rapprocher du style d'Arthur de Pins, dont les couvertures avaient largement contribué au succès des ouvrages originaux. La comparaison ne lui est pas forcément favorable, car son dessin apparaît moins maîtrisé, plus raide et moins sensuel. Pourtant, c'est malgré tout le style que je préfère dans cette série. À l'inverse, je n'ai jamais réussi à adhérer au dessin de Karo. J'ai du mal à mettre précisément le doigt sur ce qui me dérange, mais les expressions faciales de ses personnages m'agacent rapidement, avec des airs entendus et des sourires convenus qui ne me parlent pas du tout. De plus, les albums dessinés par Eve E bénéficient d'une véritable mise en scène, alors que ceux de Karo ressemblent davantage à des catalogues d'informations où deux personnages discutent pendant qu'on déroule méthodiquement les conseils. Le premier tome, Rendre un homme fou de désir, sert d'introduction à l'univers de la série. On y découvre un groupe d'amies qui échangent sur leur vie sexuelle sous la houlette de Swan, une experte tellement omnisciente sur le sujet qu'on finit par se demander si elle n'est pas actrice porno. Les informations dispensées sont intéressantes et souvent instructives. La lecture se révèle agréable, davantage orientée vers la vulgarisation que vers l'érotisme. Je reste toutefois en profond désaccord avec certains passages, notamment lorsque l'ouvrage semble minimiser l'infidélité à partir du moment où elle reste discrète. Le deuxième tome, consacré au Kama-Sutra, est de loin celui qui m'a le moins intéressé. Il s'agit essentiellement d'un catalogue de positions sexuelles illustrées, avec une faible narration et peu de mise en situation. Toute la dimension philosophique et relationnelle traditionnellement associée au Kama-Sutra disparaît au profit d'une simple succession de fiches techniques. Le troisième album, Devenir l'amant parfait, est celui que j'ai préféré. Ce n'est certainement pas grâce à son protagoniste masculin, qui m'a plutôt donné l'image d'un gros con infidèle. En revanche, c'est le tome qui exploite le mieux son format de bande dessinée. Les conseils sont intégrés à une véritable histoire où une femme explique à son partenaire ce qu'elle aime, comment répondre à ses attentes et le met en pratique. L'ensemble est à la fois instructif, vivant et assez émoustillant, ce qui constitue probablement l'équilibre le plus réussi de la série. Le quatrième et dernier tome retombe malheureusement dans les travers du deuxième. Consacré aux moyens de raviver le désir dans les couples qui s'essoufflent, il accumule les conseils sous forme de liste plus ou moins déguisée. La mise en scène manque de dynamisme et je n'y ai trouvé aucun aspect excitant. Cela se lit sans déplaisir, mais avec l'impression persistante de parcourir un manuel illustré plutôt qu'une véritable bande dessinée. Mon avis est donc mitigé sur l'ensemble. La série souffre d'une qualité inégale d'un tome à l'autre et d'une tendance récurrente à transformer ses intrigues en catalogues de recommandations. En revanche, les premier et troisième albums remplissent plutôt bien leur rôle de guides de la sexualité accessibles, instructifs et parfois légèrement stimulants, ce qui les rend à mes yeux plus intéressants que les deux autres. Note : 2,5/5

23/06/2026 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Les Cendres du Nord
Les Cendres du Nord

L'histoire se déroule juste après la bataille d’Hastings, pendant la conquête des Normands du royaume d'Angleterre par Guillaume le Bâtard. On va suivre deux femmes et un homme dans un triangle amoureux, et en parallèle ils vont s'atteler à améliorer les défenses de leur village pour résister à l'envahisseur. L'une est la veuve du seigneur de ce village et l'autre est une simple habitante de ce bourg. Lui est un mercenaire danois au sombre passé. Le décor est planté. Une rivalité amoureuse qui donne, comme bien souvent, le mauvais rôle au genre masculin. Le récit se laisse lire mais je le trouve mal équilibré à mon goût, la partie sentimentale prenant trop le pas sur la partie historique hélas. Un choix assumé de l'auteur, mais il me laisse sur ma faim. Les histoires de cœur (et un peu de cul) de ce trouple ne m'ont pas vraiment passionné (jalousie et non-dits), le rythme est lent, les rebondissements sont attendus et une fin ouverte qui ne laisse guère d'espoir. Mais étrangement, je ne me suis jamais ennuyé et j'ai pris un certain plaisir à suivre les destins tragiques de nos protagonistes. Un plaisir qui doit beaucoup au dessin de Félix The Rover. Un trait fin à la ligne claire, certes, il est parfois grossier, quelques problèmes de proportions apparaissent ci et là mais son graphisme dégage une identité qui me plaît, elle m'a rappelé sur certaines planches celle de Philip Craig Russel (couleurs et encrage). Une narration qui s'appuie sur cette partie graphique avec de nombreuses planches sans texte. Par contre, il a déjà la science de la mise en page, simple et efficace. Un artiste à surveiller. Pour une première œuvre, c'est plutôt pas mal.

23/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Tigresse blanche
Tigresse blanche

J'ai lu le premier cycle de deux albums, et je pense m'arrêter là. En effet, si ça se laisse lire, ça reste quand même gentiment décevant. Avec Yann aux commandes, et après la lecture de quelques albums de la série Les Innommables, j'espérais trouver quelque chose de plus déjanté, de plus irrévérencieux. Mais aussi de plus drôle. Au lieu de ça l'intrigue et les dialogues restent un peu trop sages. De l'aventure exotique classique vaguement (mais pas assez) parodique. Certes, il y a bien quelques tentatives d'humour (quelques jeux de mots, comme ce duo constitué d'Alix et d'Eh-Nak), quelques tronches un chouia caricaturales et amusantes, une version un peu déjantée du Blake de Jacobs (en érotomane puceau frustré fantasmant sur sa mère). Mais c'est trop peu pour relever suffisamment le plat, un peu moins épicé que Les Innommables. J'étais même parti pour être plus dur. Mais si c'est inégal, quelques petits passages m'ont suffisamment plu pour que cette lecture soit divertissante. Inégal donc, moins corrosif qu'espéré. A emprunter éventuellement.

22/06/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Le Masque à l'envers
Le Masque à l'envers

Une anthologie consacrée aux publications de John Bolton chez Epic Comics (sauf le dernier récit) "Llehs" : évidemment ils ont mis la plus jolie au début. Scénarisé par Graham Marks en 1981. Une aventure fantastique sous-marine. Ça fait beaucoup penser à Marada au début et puis ça part sur quelque chose de plus contemporain. 4/5 "Heures de bureau" : scénarisé par Chris Claremont en 1983. Des monstres avec une sacré tronche, on dirait presque du Corben. 3/5 "Les deux ogres[...]" : scénarisé par Joe Duffy en 1984. Une chute trop moyenne. 2/5 "Le marché des lutins" : scénarisé par Christina Rosetti en 1984. On termine par un conte vénéneux très joliment illustré. 3/5 Notons une qualité éditoriale navrante, point commun partagé avec l'album A poil, le nounours ! : Le titre de l'album n'a aucun rapport avec les histoires proposées. La couverture est hideuse alors que Bolton a réalisé des dizaines d'illustrations magnifiques durant sa carrière. Certaines sont d'ailleurs à admirer entre deux histoires. Il faudra passer outre ces défauts pour apprécier cette bande d'un maître du dessin.

22/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Clear
Clear

Un futur cyberpunk où chacun peut porter un voile, une sorte de filtre permanent appliqué à la réalité, permettant de voir le monde tel qu'il souhaite le percevoir, comme des filtres Instagram appliqués à la vie entière. Le concept paraît un peu bancal si l'on réfléchit trop aux conséquences concrètes (voir le monde différemment ne change pas ce que l'on touche ni ce que l'on subit réellement), mais une fois cette réserve acceptée, je me suis laissé embarquer sans difficulté dans cette histoire. Francis Manapul livre un travail graphique intéressant, multipliant les couleurs néon et les inserts visuels liés aux différents voiles. Les personnages sont les plus réussis. Je suis plus réservé sur les décors et surtout sur la mise en scène, qui privilégie souvent l'effet et l'ambiance au détriment de la lisibilité. On ressent parfois davantage une impression générale qu'une véritable compréhension de l'espace et de l'action. Si le récit prend souvent la structure d'un polar noir à l'ancienne, avec son détective désabusé et la femme fatale qui l'emploie, l'intrigue rappelle régulièrement Philip K. Dick avec cette société qui préfère l'illusion au réel. D'ailleurs, à plusieurs reprises, je m'attendais presque à découvrir que le héros était lui-même un robot ou une création artificielle. Je vous spoile, ce n'est pas le cas. L'enquête fonctionne plutôt bien. J'ai eu envie de comprendre ce qui se cachait derrière les différents mystères et le récit entretient efficacement sa part d'ombre. En revanche, comme dans beaucoup de polars noirs, arrive un moment où les révélations, les manipulations et les motivations des différents protagonistes deviennent un peu confuses. Le dénouement apporte bien des réponses, mais certaines m'ont paru fragiles, notamment tout ce qui concerne le fameux "homme aux yeux jaunes", dont les actes et les motivations ne me semblent pas totalement cohérents. Malgré ces quelques faiblesses, j'ai trouvé l'ensemble suffisamment prenant pour me tenir en haleine jusqu'au bout. Ce n'est peut-être pas le chef-d'œuvre philosophique ou le thriller implacable qu'il ambitionne parfois d'être, mais c'est un thriller de science-fiction solide, portée par une bonne identité visuelle et quelques idées suffisamment stimulantes pour donner envie d'en découvrir les secrets.

22/06/2026 (modifier)
Couverture de la série La Mécanique
La Mécanique

Une lecture pas désagréable, plutôt rythmé, avec un habillage graphique assez élaboré et original. La série possède de réelles qualités. Mais elle m’a quand même moins captivé que la majorité de mes prédécesseurs. En effet, j’ai été à plusieurs reprises perdu dans le récit. Trop de personnages, trop de péripéties, et un dessin qui, si je lui reconnais de réelles qualités, n’est pas toujours très clair (c’est assez inégal en tout cas dans ce domaine). Du coup, mon plaisir de lecture en a été amoindri. Reste quelques belles planches, et des décors futuristes très sombres, glauques et morbides. Une ville de Lyon revisitée à la mode nihiliste, qui ne nous donne pas vraiment envie de connaitre ce « futur ». Au final, c’est trop fouillis pour moi, pour que j’y prenne suffisamment de plaisir. Affaire de goût sans doute, mais ça ne doit pas être ma came. Note réelle 2,5/5.

22/06/2026 (modifier)
Par Annabelle
Note: 3/5
Couverture de la série La Ferme des animaux
La Ferme des animaux

J'aime les illustrations mais je ne vois pas pourquoi édulcorer la fin, les enfants sont capables d'entendre la réalité. Quant à ceux qui affirment que cette histoire n'est pas pour les enfants, qu'ils se détrompent : comme tous les grands contes, elle est destinée aux 7 à 77 ans, car point n'est besoin d'un doctorat en histoire pour comprendre les dégâts de la propagande et de la violence. Je l'étudie chaque année avec mes CM2 et ils accèdent à une compréhension fine et font des analyses parfois très pertinentes, car leur cerveau n'est pas encore farci de propagande gauchiste ou libéralo-identitaire.

22/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Capitaine Espace
Capitaine Espace

Les mésaventures d'un anti-héros galactique contraint d'expliquer comment il a réussi à provoquer, plus ou moins involontairement, une impressionnante série de catastrophes à travers la galaxie. J'avais envie d'aimer cet album. Son ambition de proposer une aventure de science-fiction déconnante à la Fluide Glacial, pleine de créatures étranges, de mondes exotiques et d'idées absurdes, pouvait me plaire. Et le dessin me plaisait beaucoup : il est très sympathique, coloré, dynamique et regorge de détails. L'univers est visuellement riche, avec des décors variés et un bestiaire inventif qui témoignent d'une vraie générosité graphique. Le personnage principal possède lui aussi un certain charme. Ce Capitaine Espace est à la fois un peu mignon et un peu couillon, constamment dépassé par les conséquences de ses actes mais avançant malgré tout avec une désarmante bonne humeur, comme un gamin idiot. Quelques trouvailles font mouche, à l'instar de ce temple antique rempli de pièges toujours en place... sauf qu'ils sont... anciens. Ce genre de détournement des clichés de la SF et de l'aventure m'a amusé. Malheureusement, malgré toutes ces bonnes intentions, aussi bien de la part de l'auteur que des miennes en tant que lecteur, la sauce ne prend jamais complètement. Les gags sont agréables mais ils m'ont rarement fait rire et l'ensemble manque d'énergie et d'impact. L'humour absurde est omniprésent mais tombe souvent à plat, tandis que les péripéties s'enchaînent sans réellement créer d'enjeu ou de tension. L'album se lit agréablement grâce à son univers et à ses idées, mais il est finalement assez mollasson et peine à laisser une impression durable.

22/06/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Dragon ne dort jamais
Le Dragon ne dort jamais

Le format finalement peu banal, et surtout ce dessin tout à fait singulier, m'ont spontanément porté vers cette BD. Si l'histoire m'a laissé sur ma fin, avec l'impression que les auteurs ne savaient pas trop où ils allaient ni comment y aller, j'ai eu l'impression (rare) de pénétrer dans un univers très original, et ça, ça me plait. Le dessin surprend d'emblé tant il possède un charme évident. Malgré un côté qui pourrait, vite fait, paraitre un peu rigide (on pense à Aldébaran), le travail sur les couleurs apporte une chaleur et une profondeur insoupçonnées. Tout au long de ma lecture, j'ai eu l'impression d'être littéralement immergé dans les tableaux de Bruegel, ce qui colle parfaitement au contexte médiéval de l'histoire. J'ai beaucoup apprécié l'aspect fantastique distillé par touches impressionnistes. Y d'la fée, d'la sorcière, du dragon... Au final, j'ai ressenti un vrai plaisir de lecture, et ce malgré un scénario flou et mal peigné. Ouais, une BD n'est pas seulement une histoire. C'est pour moi avant tout un dessin, cela va sans dire, des personnages (ici bien taillés pour coller à l'époque), mais aussi (et on ne le dira jamais assez) un travail sur les couleurs qui, si on n'y prête pas nécessairement attention, demeure pourtant essentiel. Le Dragon ne dort jamais, sans être un chef d'œuvre, a ce petit truc entêtant qui la fait se démarquer du tout-venant. D'où le coup de cœur malgré une note un brin intransigeante.

22/06/2026 (modifier)
Par Yann135
Note: 3/5
Couverture de la série Sold Out
Sold Out

Avec ces deux albums de l’excellent Phil Castaza, vous plongerez allégrement dans un retour en arrière hilarant et touchant ! Ces deux BD sont une pépite de fraîcheur et d’humour. Et avec les grandes chaleurs que nous connaissons, cela fait du bien ! On suit avec beaucoup de plaisir, ces petits vieux attachants, déterminés à retrouver leur jeunesse rock’n’roll, et c’est drôle, émouvant et ultra dynamique. Entre gags savoureux et moments tendres, on ne s’ennuie pas une seconde ! Le trait rugueux et expressif de Phil Castaza donne une énergie folle à chaque planche. Les décors, les expressions, tout respire la vie et l’authenticité. Et puis, cette structure avec une Face A et une Face B, c’est malin et ça renforce l’immersion. je vous le dis, Sold Out, c’est du pur bonheur : un mélange de nostalgie, de rires et de rock. À dévorer sans modération !

22/06/2026 (modifier)