Comme Gaston, j’ai abandonné la lecture de cet album au bout d’une centaine de pages. Je me suis ennuyé. Le dessin ne m’a pas séduit plus que ça, et rien d’excitant dans cette histoire trop alambiquée à mon goût. Pour le côté des personnages, vous serez copieusement servis. Trop c’est trop. Et j’avoue avoir eu du mal à les identifier. Ce conte ne m’a pas picoté les yeux.
Bien évidemment tout n’est pas à jeter. Le boulot pour sortir un tel album est énormissime. Je salue au passage Gess de privilégier des histoires en one shot et non pas en plusieurs albums. L’utilisation des flashbacks est un procédé qui me plait particulièrement. Sur ce coup là je ne suis pas déçu. Le changement de la colorisation facilite la lecture mais pas suffisant pour aller au bout du récit.
Ce monde dessiné par Gess est trop étrange. Les textes de JJ Rousseau ne m’émeuvent pas du tout. Sur ce coup là je passe mon tour.
Le Syndrome [E] est le premier livre de Thilliez réunissant deux de ses personnages récurrents (Sharko et Henebelle). Le roman se termine alors que les enfants de cette dernière viennent d’être enlevés par un inconnu et une référence est faite en dernière page vers la suite du diptyque (Gataca). Il m’est donc difficile de parler de one-shot dans le cas présent et je pense que plus d’un lecteur ressentira une certaine frustration arrivé à la dernière planche de l’album.
Ceci dit, Le Syndrome [E] nous offre tout de même une intrigue menée à terme (ou du moins en partie). L’enquête en question exploite deux sources déjà vues par ailleurs : la manipulation mentale à des fins militaires d’une part, et l’internement illicite d’enfants illégitimes d’autre part. Se basant sur des faits réels, Franck Thilliez construit une intrigue aux limites du fantastique mais avec suffisamment de références scientifiques pour que l’ensemble reste plausible.
La version en bd souffre à mes yeux d’une très grande linéarité dans la résolution de l’enquête. Chaque événement mène directement à un témoin fiable ayant encore tous les détails en mémoire et il « suffit » aux deux enquêteurs de passer d’un témoin à l’autre (et 9 fois sur 10, ils n’ont pas même besoin de chercher l’adresse de ces personnes, soit qu’elle est connue du précédent maillon, soit que cette personne se présente d’elle-même) pour remonter aux origines du mal. Et comme les origines en elles-mêmes ont un goût prononcé de déjà-vu (un film comme « L’Echelle de Jacob » ne date jamais que d’une trentaine d’années), je dois bien avouer m’être quelque peu ennuyé en cours de lecture.
Par ailleurs, Luc Brahy commet quelques erreurs étranges en début de récit (ici, le dossier d’un divan qui disparait, là, un personnage qui passe de gauche à droite d’une pièce sans bouger) qui m’ont passablement irrité. Pourtant, j’aime bien son style mais ce type de bizarrerie a le don de me sortir d’un récit et je finis par passer mon temps à les traquer plutôt que de me passionner sur le récit uniquement.
Résultat : grosse déception pour moi. Je lirai peut-être la suite du diptyque (Gatica) mais je n’en fait pas une priorité.
J'aime bien l'héroïc fantasy et cette BD m'a fait passer un moment assez sympa, j'ai suivi l'aventure jusqu'à la fin sans trop sourciller. Mais la position de la femme en prend un trop gros coup, cette BD ne mérite pas son rang de culte à cause de ça.
Un récit en accord avec le titre, c’est bien Lanfeust qui porte la BD sur l’ensemble des tomes. Hebus est la solution facile pour sortir du guêpier. A eux deux, ils atteignent le QI d’une huître, pour autant ils avancent dans leur quête sans grand difficulté. Cette BD ne vise pas à avoir des personnages nuancés et le scénario n’aura rien de compliqué. Pourtant, ça tient bien la route (à part le tome 7, passé les premières planches je me suis un peu ennuyé)
On se laisse entraîner dans les aventures de la troupe et on prend plaisir à découvrir l’univers très riche du début à la fin. Les monstres fantastiques sont amusants et créent des situations originales. Le récit principal est aussi accompagné de scènes anecdotiques divertissantes (voir très drôles: ce dialogue sur la plume entre un valet beauf et un baron romantique dans le tome 7, page 43... J'ai ri). Les dessins ont du détail c'est sympa, et l'ensemble est agréable, peut-être grâce aux couleurs aux tons vifs et assez variés. Les planches sont bien foutues.
Hebus sera le personnage qui m’a le plus plu, paradoxalement à ce que je vais expliquer dans le prochain paragraphe. Cixi devient enfin intéressante dans le 2nd cycle. D’un point de vue général, j’ai bien aimé suivre la troupe et les personnages rencontrés sur leur chemin. Mais il y a un sacré couac qui m'a gêné tout du long et qui vient flinguer mon avis...
Globalement, c'est un humour sans finesse qui m’a rarement fait rigoler, mais bon, ça reste récréatif. Le vrai problème, c'est qu’il y avait régulièrement des situations beaufs, voir misogynes, au-delà de l’humour. Dans le 1er cycle (T1 à T4), les femmes sont vraiment vues comme encombrantes. Elles sont faibles sans le mâle alpha, elles ne servent à rien aux combats et jouent les infirmières à répétition. En dehors de la baston, nous avons une allumeuse-capricieuse ou une biche tendre qui veut la triplette mariage/maison/enfant. Y’en a une qui coud des bottes, une autre qui veut faire les boutiques… Et puis les hommes lubriques sont des biceps sur pattes, évidemment. Tous ces stéréotypes noircissent terriblement le tableau... Je trouve ça terriblement navrant de faire lire ça à des ados. Dans le 2nd cycle (T5 à T8), la position de la femme évolue… radicalement pour Cixi (qui a toujours eu l’âme indépendante, donc là ça se modélise), pas beaucoup pour C’ian mais ça s'arrange par la magie du scénario (elle finira nian nian avec un mec nian nian). D'ailleurs, le scénario du 2nd cycle a dû être écrit après avoir fini le 1er parce-que je ne vois pas le moindre indice qui laisse à penser que Cixi évoluera ainsi. Même si les derniers tomes viennent sauver l’image de cette série, le mal est fait sur le premier cycle.
Je ne veux pas posséder Lanfeust de Troy, ni m'aventurer sur les histoires parallèles de Troy. La lecture était agréable, l'aventure sympa à suivre. Sauf que le sexisme est bien trop présent pour recommander cette BD. Je participe à la démystification de cette saga, qui ne devrait pas être culte.
Ce one-shot parodie la série The Promised Neverland et principalement le premier arc narratif dont on reprend les grands lignes en ajoutant des gags.
En gros, c'est le genre de truc qui s'adresse surtout aux fans, je vois mal quelqu'un qui n'a pas lu la série originale avoir du plaisir à lire cette parodie. Il y a quelques gags qui marchent bien, mais pour un gag qui m'a fait sourire il y en a 10 qui m'ont ennuyé. Il faut dire qu'il y a plusieurs running gags dans l'album et qui sont un peu trop étirés. Le pire est sœur Krone dont le principal trait de personnalité est qu'elle a un humour nul, alors qu'elle pense être hilarante et disons que le gag 'le personnage fait un gag que tout le monde trouve nul' c'est pas très marrant après deux-trois fois. Il y a aussi le fait qu'on retrouve un défaut récurrent d'un type d'humour japonais: le personnage qui explique le gag (souvent le rôle d'Emma d'ailleurs). Ainsi si, par exemple, sœur Krone fait une blague nulle un personnage va dire un truc du genre 'mon dieu c'est nul et elle se pense marrante'. Ah oui merci de le préciser j'aurais pas compris autrement.
Il faut dire que c'est une parodie officielle, lue et approuvée par les auteurs de l'œuvre originale, alors cela reste gentil niveau humour. Il faut pas s'attendre à une parodie acide qui se moque de l'œuvre originale. Le dessin est volontairement caricatural et de niveau correct. Bref, après quelques pages, j'ai commencé à m'ennuyer. Un pur produit commercial.
Un album de Manu Larcenet pour dire qu'il est dépressif et manque d'inspiration ? Et en fait ce sera une trilogie... pas mal pour quelqu'un qui n'aurait rien à dire et s'interroge sur sa fibre créatrice. Le premier tome ne m'a pas convaincu de poursuivre même si je reconnais que le dessin est très bon et la colorisation plutôt réussie notamment sur les scènes un peu psychédéliques lorsque l'auteur abuse un peu trop des produits de l'armoire à pharmacie. Dans ces cas-là il trippe à mort et se trouve à présenter son travail de petits mickeys dans des cases à Paul Cézanne pour qui cet art n'existait pas encore. A d'autres moments il invente quelques histoires drôles de deux types au bureau, ce sont presque les pages les plus drôles, le style m'a rappelé Fabcaro... Ca tourne un peu en rond sur 50 pages, j'ai peu goûté cet humour.
Par la force des choses, je suis confronté de nouveau à un album de Sergio Toppi. Ma première expérience n’avait pas été convaincante du tout. J’avais lâché prise au bout d’une dizaine de pages. Pour cet album, j’avais pris la résolution d’aller jusqu’au bout ! c’est le quoi qu’il m’en coûte !
Le côté noir et blanc est déplaisant voire reboutant quand le décor n’est autre qu’une ile du Pacifique. Il y avait de la matière pour de belles couleurs chaudes. Pourquoi n’avoir que colorisé la couverture ? Pourquoi ne s’être limité qu’aux nuances sombres ?
Le côté graphique est couci-couça. Pas assez détaillé par moment, notamment pour les décors, en fond derrière les personnages. La base du dessin, des hachures dans tous les sens pour ombrer ne me plaît pas. Pour apprécier, il faudrait peut-être que je puisse voir l’album de plus loin, à bout de bras ! Tout n’est pas mauvais cependant. Certains personnages sont magnifiquement dessinés.
Reste l’histoire. Pouah ! C’est quoi ce récit extravagant ? Rien de passionnant à me mettre sous la dent. Sloane parle d’un ersatz du docteur Moreau, moi je dirais d’une fiction succédanée d’une série Z.
J’ai lu. J’ai vu. je n’ai pas apprécié. Toppi tant pis.
L'intégrale de cette série, trouvée un peu par hasard en librairie, m'a assez immédiatement séduit : superbe couverture très agréable au toucher, très beau papier agréablement épais, l'objet est vraiment séduisant.
La thématique science-fiction m'a attiré également, avec un début prometteur. Et le dessin / les couleurs me plaisaient plutôt (sans non plus me toucher beaucoup plus que ça), mais les quelques scènes aperçues en feuilletant cette intégrale avaient l'air assez prometteuses.
Mais, car oui, il y a un mais, et de taille.
Mais l'histoire part en cacahuète. D'abord un peu, puis complètement. La réalité commence à perdre de sa substance, à se confondre avec le délire, puis tout cela devient un franc délire hallucinatoire et psychédélique. Encore un peu plus avant, le héros (qui est en train de fusionner) est devenu surpuissant, et est le théâtre de transformations corporelles qui ne peuvent que rappeler Akira. La science-fiction a laissé la place à une bouillie métaphysique new-age ou transhumaniste. Le tout sur fond de plan machiavélique ourdi dès le départ par un génie fou qui se retrouve dépassé par sa création...
Alors oui, graphiquement on peut trouver ça très beau. Oui, on peut sans doute se laisser prendre par cette histoire. Mais non, je n'adhère pas du tout.
Dans les délires où la réalité objective se perd dans la réalité subjective, Philip K. Dick a fait des choses qui marquent encore aujourd'hui (Total Recall, Ubik, et bien sûr Blade Runner, entre autres). Leur lecture ou leur visionnage ne m'a pas transporté plus que ça sur le moment, mais ces oeuvres sont profondément marquantes.
Ici, face à ce gloubi-boulga, j'éprouve juste de la déception et de l'ennui.
Mouais. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cet opus de cette série concept très inégale ne m’a pas convaincu.
Pas enthousiasmé par le dessin (qui fait le job dans un style qui n’est pas ma tasse de thé), et encore moins par le scénario. Du recrutement de l’équipe de tueurs au déroulé de « l’opération », rien n’est réellement crédible, cela frôle même parfois le n’importe quoi.
Seul le pitch final (que l’on devine bien en amont quand même) apporte une légère originalité – et m’empêche de noter encore plus sévèrement. Mais pour le reste, j’ai refermé cet album assez décontenancé et je l’oublierai rapidement et sans regret.
Jérôme Dubois dessine très bien. Enfin mieux qu'il n'écrit. Il faut dire qu'il n'y a pas de texte dans cet album. Il imagine une cité en ruine, une ville vide de ses habitants. Comme dans les rues aux alentours de Fukushima désertées de ses habitants, ou comme pendant un confinement strict à sa maison. L'auteur réalise le dessin noir et blanc à partir de photos de ses pérégrinations citadines, tout cela est très réaliste, propre et net.
L'album fait écho à Citéville du même auteur mais aux éditions Cornélius, qui lui semble avoir des personnages et des dialogues. Il faudra que je le lise à l'occasion.
Il faut avouer que les éditions Matière ont des partis pris très pointus. Je ne sais pas s'ils vendent beaucoup de livres et arrivent à être rentables.
Ben non, la suite, si suite il y a, se fera sans moi. Malgré les multiples références à l'univers des contes de notre belle jeunesse, je n'ai pas du tout accroché et notamment à la construction du récit. Les chapitres s'enquillent en passant un peu du coq-à-l'âne. J'espérais qu'il y aurait véritablement une quête avec des évènements se suivant de manière un peu logique, mais que nenni.
Le dessin quant à lui n'a pas franchement trouvé grâce à mes yeux, je le trouve au mieux assez quelconque, quant aux regards dont parle PAco, ben je ne les ai pas vus, mon esprit étant déjà parti en balade.
Bon c'était un essai, peu concluant au demeurant.
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Un destin de trouveur
Comme Gaston, j’ai abandonné la lecture de cet album au bout d’une centaine de pages. Je me suis ennuyé. Le dessin ne m’a pas séduit plus que ça, et rien d’excitant dans cette histoire trop alambiquée à mon goût. Pour le côté des personnages, vous serez copieusement servis. Trop c’est trop. Et j’avoue avoir eu du mal à les identifier. Ce conte ne m’a pas picoté les yeux. Bien évidemment tout n’est pas à jeter. Le boulot pour sortir un tel album est énormissime. Je salue au passage Gess de privilégier des histoires en one shot et non pas en plusieurs albums. L’utilisation des flashbacks est un procédé qui me plait particulièrement. Sur ce coup là je ne suis pas déçu. Le changement de la colorisation facilite la lecture mais pas suffisant pour aller au bout du récit. Ce monde dessiné par Gess est trop étrange. Les textes de JJ Rousseau ne m’émeuvent pas du tout. Sur ce coup là je passe mon tour.
Le Syndrome [E]
Le Syndrome [E] est le premier livre de Thilliez réunissant deux de ses personnages récurrents (Sharko et Henebelle). Le roman se termine alors que les enfants de cette dernière viennent d’être enlevés par un inconnu et une référence est faite en dernière page vers la suite du diptyque (Gataca). Il m’est donc difficile de parler de one-shot dans le cas présent et je pense que plus d’un lecteur ressentira une certaine frustration arrivé à la dernière planche de l’album. Ceci dit, Le Syndrome [E] nous offre tout de même une intrigue menée à terme (ou du moins en partie). L’enquête en question exploite deux sources déjà vues par ailleurs : la manipulation mentale à des fins militaires d’une part, et l’internement illicite d’enfants illégitimes d’autre part. Se basant sur des faits réels, Franck Thilliez construit une intrigue aux limites du fantastique mais avec suffisamment de références scientifiques pour que l’ensemble reste plausible. La version en bd souffre à mes yeux d’une très grande linéarité dans la résolution de l’enquête. Chaque événement mène directement à un témoin fiable ayant encore tous les détails en mémoire et il « suffit » aux deux enquêteurs de passer d’un témoin à l’autre (et 9 fois sur 10, ils n’ont pas même besoin de chercher l’adresse de ces personnes, soit qu’elle est connue du précédent maillon, soit que cette personne se présente d’elle-même) pour remonter aux origines du mal. Et comme les origines en elles-mêmes ont un goût prononcé de déjà-vu (un film comme « L’Echelle de Jacob » ne date jamais que d’une trentaine d’années), je dois bien avouer m’être quelque peu ennuyé en cours de lecture. Par ailleurs, Luc Brahy commet quelques erreurs étranges en début de récit (ici, le dossier d’un divan qui disparait, là, un personnage qui passe de gauche à droite d’une pièce sans bouger) qui m’ont passablement irrité. Pourtant, j’aime bien son style mais ce type de bizarrerie a le don de me sortir d’un récit et je finis par passer mon temps à les traquer plutôt que de me passionner sur le récit uniquement. Résultat : grosse déception pour moi. Je lirai peut-être la suite du diptyque (Gatica) mais je n’en fait pas une priorité.
Lanfeust de Troy
J'aime bien l'héroïc fantasy et cette BD m'a fait passer un moment assez sympa, j'ai suivi l'aventure jusqu'à la fin sans trop sourciller. Mais la position de la femme en prend un trop gros coup, cette BD ne mérite pas son rang de culte à cause de ça. Un récit en accord avec le titre, c’est bien Lanfeust qui porte la BD sur l’ensemble des tomes. Hebus est la solution facile pour sortir du guêpier. A eux deux, ils atteignent le QI d’une huître, pour autant ils avancent dans leur quête sans grand difficulté. Cette BD ne vise pas à avoir des personnages nuancés et le scénario n’aura rien de compliqué. Pourtant, ça tient bien la route (à part le tome 7, passé les premières planches je me suis un peu ennuyé) On se laisse entraîner dans les aventures de la troupe et on prend plaisir à découvrir l’univers très riche du début à la fin. Les monstres fantastiques sont amusants et créent des situations originales. Le récit principal est aussi accompagné de scènes anecdotiques divertissantes (voir très drôles: ce dialogue sur la plume entre un valet beauf et un baron romantique dans le tome 7, page 43... J'ai ri). Les dessins ont du détail c'est sympa, et l'ensemble est agréable, peut-être grâce aux couleurs aux tons vifs et assez variés. Les planches sont bien foutues. Hebus sera le personnage qui m’a le plus plu, paradoxalement à ce que je vais expliquer dans le prochain paragraphe. Cixi devient enfin intéressante dans le 2nd cycle. D’un point de vue général, j’ai bien aimé suivre la troupe et les personnages rencontrés sur leur chemin. Mais il y a un sacré couac qui m'a gêné tout du long et qui vient flinguer mon avis... Globalement, c'est un humour sans finesse qui m’a rarement fait rigoler, mais bon, ça reste récréatif. Le vrai problème, c'est qu’il y avait régulièrement des situations beaufs, voir misogynes, au-delà de l’humour. Dans le 1er cycle (T1 à T4), les femmes sont vraiment vues comme encombrantes. Elles sont faibles sans le mâle alpha, elles ne servent à rien aux combats et jouent les infirmières à répétition. En dehors de la baston, nous avons une allumeuse-capricieuse ou une biche tendre qui veut la triplette mariage/maison/enfant. Y’en a une qui coud des bottes, une autre qui veut faire les boutiques… Et puis les hommes lubriques sont des biceps sur pattes, évidemment. Tous ces stéréotypes noircissent terriblement le tableau... Je trouve ça terriblement navrant de faire lire ça à des ados. Dans le 2nd cycle (T5 à T8), la position de la femme évolue… radicalement pour Cixi (qui a toujours eu l’âme indépendante, donc là ça se modélise), pas beaucoup pour C’ian mais ça s'arrange par la magie du scénario (elle finira nian nian avec un mec nian nian). D'ailleurs, le scénario du 2nd cycle a dû être écrit après avoir fini le 1er parce-que je ne vois pas le moindre indice qui laisse à penser que Cixi évoluera ainsi. Même si les derniers tomes viennent sauver l’image de cette série, le mal est fait sur le premier cycle. Je ne veux pas posséder Lanfeust de Troy, ni m'aventurer sur les histoires parallèles de Troy. La lecture était agréable, l'aventure sympa à suivre. Sauf que le sexisme est bien trop présent pour recommander cette BD. Je participe à la démystification de cette saga, qui ne devrait pas être culte.
The Promised Neverland - Gag Manga
Ce one-shot parodie la série The Promised Neverland et principalement le premier arc narratif dont on reprend les grands lignes en ajoutant des gags. En gros, c'est le genre de truc qui s'adresse surtout aux fans, je vois mal quelqu'un qui n'a pas lu la série originale avoir du plaisir à lire cette parodie. Il y a quelques gags qui marchent bien, mais pour un gag qui m'a fait sourire il y en a 10 qui m'ont ennuyé. Il faut dire qu'il y a plusieurs running gags dans l'album et qui sont un peu trop étirés. Le pire est sœur Krone dont le principal trait de personnalité est qu'elle a un humour nul, alors qu'elle pense être hilarante et disons que le gag 'le personnage fait un gag que tout le monde trouve nul' c'est pas très marrant après deux-trois fois. Il y a aussi le fait qu'on retrouve un défaut récurrent d'un type d'humour japonais: le personnage qui explique le gag (souvent le rôle d'Emma d'ailleurs). Ainsi si, par exemple, sœur Krone fait une blague nulle un personnage va dire un truc du genre 'mon dieu c'est nul et elle se pense marrante'. Ah oui merci de le préciser j'aurais pas compris autrement. Il faut dire que c'est une parodie officielle, lue et approuvée par les auteurs de l'œuvre originale, alors cela reste gentil niveau humour. Il faut pas s'attendre à une parodie acide qui se moque de l'œuvre originale. Le dessin est volontairement caricatural et de niveau correct. Bref, après quelques pages, j'ai commencé à m'ennuyer. Un pur produit commercial.
Thérapie de groupe
Un album de Manu Larcenet pour dire qu'il est dépressif et manque d'inspiration ? Et en fait ce sera une trilogie... pas mal pour quelqu'un qui n'aurait rien à dire et s'interroge sur sa fibre créatrice. Le premier tome ne m'a pas convaincu de poursuivre même si je reconnais que le dessin est très bon et la colorisation plutôt réussie notamment sur les scènes un peu psychédéliques lorsque l'auteur abuse un peu trop des produits de l'armoire à pharmacie. Dans ces cas-là il trippe à mort et se trouve à présenter son travail de petits mickeys dans des cases à Paul Cézanne pour qui cet art n'existait pas encore. A d'autres moments il invente quelques histoires drôles de deux types au bureau, ce sont presque les pages les plus drôles, le style m'a rappelé Fabcaro... Ca tourne un peu en rond sur 50 pages, j'ai peu goûté cet humour.
Ile Pacifique
Par la force des choses, je suis confronté de nouveau à un album de Sergio Toppi. Ma première expérience n’avait pas été convaincante du tout. J’avais lâché prise au bout d’une dizaine de pages. Pour cet album, j’avais pris la résolution d’aller jusqu’au bout ! c’est le quoi qu’il m’en coûte ! Le côté noir et blanc est déplaisant voire reboutant quand le décor n’est autre qu’une ile du Pacifique. Il y avait de la matière pour de belles couleurs chaudes. Pourquoi n’avoir que colorisé la couverture ? Pourquoi ne s’être limité qu’aux nuances sombres ? Le côté graphique est couci-couça. Pas assez détaillé par moment, notamment pour les décors, en fond derrière les personnages. La base du dessin, des hachures dans tous les sens pour ombrer ne me plaît pas. Pour apprécier, il faudrait peut-être que je puisse voir l’album de plus loin, à bout de bras ! Tout n’est pas mauvais cependant. Certains personnages sont magnifiquement dessinés. Reste l’histoire. Pouah ! C’est quoi ce récit extravagant ? Rien de passionnant à me mettre sous la dent. Sloane parle d’un ersatz du docteur Moreau, moi je dirais d’une fiction succédanée d’une série Z. J’ai lu. J’ai vu. je n’ai pas apprécié. Toppi tant pis.
Aâma
L'intégrale de cette série, trouvée un peu par hasard en librairie, m'a assez immédiatement séduit : superbe couverture très agréable au toucher, très beau papier agréablement épais, l'objet est vraiment séduisant. La thématique science-fiction m'a attiré également, avec un début prometteur. Et le dessin / les couleurs me plaisaient plutôt (sans non plus me toucher beaucoup plus que ça), mais les quelques scènes aperçues en feuilletant cette intégrale avaient l'air assez prometteuses. Mais, car oui, il y a un mais, et de taille. Mais l'histoire part en cacahuète. D'abord un peu, puis complètement. La réalité commence à perdre de sa substance, à se confondre avec le délire, puis tout cela devient un franc délire hallucinatoire et psychédélique. Encore un peu plus avant, le héros (qui est en train de fusionner) est devenu surpuissant, et est le théâtre de transformations corporelles qui ne peuvent que rappeler Akira. La science-fiction a laissé la place à une bouillie métaphysique new-age ou transhumaniste. Le tout sur fond de plan machiavélique ourdi dès le départ par un génie fou qui se retrouve dépassé par sa création... Alors oui, graphiquement on peut trouver ça très beau. Oui, on peut sans doute se laisser prendre par cette histoire. Mais non, je n'adhère pas du tout. Dans les délires où la réalité objective se perd dans la réalité subjective, Philip K. Dick a fait des choses qui marquent encore aujourd'hui (Total Recall, Ubik, et bien sûr Blade Runner, entre autres). Leur lecture ou leur visionnage ne m'a pas transporté plus que ça sur le moment, mais ces oeuvres sont profondément marquantes. Ici, face à ce gloubi-boulga, j'éprouve juste de la déception et de l'ennui.
Sept psychopathes
Mouais. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cet opus de cette série concept très inégale ne m’a pas convaincu. Pas enthousiasmé par le dessin (qui fait le job dans un style qui n’est pas ma tasse de thé), et encore moins par le scénario. Du recrutement de l’équipe de tueurs au déroulé de « l’opération », rien n’est réellement crédible, cela frôle même parfois le n’importe quoi. Seul le pitch final (que l’on devine bien en amont quand même) apporte une légère originalité – et m’empêche de noter encore plus sévèrement. Mais pour le reste, j’ai refermé cet album assez décontenancé et je l’oublierai rapidement et sans regret.
Citéruine
Jérôme Dubois dessine très bien. Enfin mieux qu'il n'écrit. Il faut dire qu'il n'y a pas de texte dans cet album. Il imagine une cité en ruine, une ville vide de ses habitants. Comme dans les rues aux alentours de Fukushima désertées de ses habitants, ou comme pendant un confinement strict à sa maison. L'auteur réalise le dessin noir et blanc à partir de photos de ses pérégrinations citadines, tout cela est très réaliste, propre et net. L'album fait écho à Citéville du même auteur mais aux éditions Cornélius, qui lui semble avoir des personnages et des dialogues. Il faudra que je le lise à l'occasion. Il faut avouer que les éditions Matière ont des partis pris très pointus. Je ne sais pas s'ils vendent beaucoup de livres et arrivent à être rentables.
Folklords
Ben non, la suite, si suite il y a, se fera sans moi. Malgré les multiples références à l'univers des contes de notre belle jeunesse, je n'ai pas du tout accroché et notamment à la construction du récit. Les chapitres s'enquillent en passant un peu du coq-à-l'âne. J'espérais qu'il y aurait véritablement une quête avec des évènements se suivant de manière un peu logique, mais que nenni. Le dessin quant à lui n'a pas franchement trouvé grâce à mes yeux, je le trouve au mieux assez quelconque, quant aux regards dont parle PAco, ben je ne les ai pas vus, mon esprit étant déjà parti en balade. Bon c'était un essai, peu concluant au demeurant.