Arlette sort de prison alors que la France est occupée par les Nazis. Elle vient d'y passer 3 ans car elle a refusé de dénoncer son cambrioleur d'amoureux. Maintenant, c'est le soir, personne n'est venue la chercher, et elle erre dans les rues d'un Paris en plein black-out imposé par l'occupant. Elle va rencontrer bientôt une camarade d'errance, ou plutôt de fuite, et découvrir ce qu'est devenu le milieu de la nuit durant ces premières années d'occupation.
Jérôme Tonnerre et Patrice Leconte, le fameux réalisateur de cinéma, ont fait appel à Al Coutelis pour mettre en image leur scénario combiné. Ce dernier met toute la personnalité de son dessin au service du récit. Son trait présente une vraie élégance tant pour les personnages que pour les décors, même si la mise en scène épurée fait souvent disparaître ces derniers. C'est surtout sur l'ambiance qu'il excelle, en grande partie grâce à son travail sur la colorisation. Il donne à ses rues d'une ville de Paris faussement endormie une atmosphère froide et oppressante. Et même lorsque les héroïnes croisent à nouveau quelques lieux de vie, il s'en dégage une méfiance et un sentiment d'étouffement. Ceci étant dit, je n'ai pas toujours apprécié le découpage du récit : il est parfois très haché et pas toujours clair. Il y a par exemple une courte scène de rencontre sous un porche à la quatrième page que je n'ai comprise qu'en seconde lecture.
Au départ, j'ai plutôt apprécié cette plongée dans la vie nocturne du Paris durant le black-out. On y découvre ce besoin de retrouver des moments de vie et d'insouciance de la part des parisiens mais aussi de certains allemands, et leurs différentes manières de braver l'interdit. Les deux héroïnes restent assez distantes tant l'une par rapport à l'autre que vis-à-vis du lecteur, mais j'ai apprécié leurs personnalités plutôt marquées.
Du coup, je me suis laissé porter mais je ne suis pas ressorti tellement enthousiasmé par ma lecture.
Il y a déjà le fait que, même au bout de deux tomes, je ne me suis toujours pas attaché aux héroïnes. Ensuite, il y a cette errance dans le Paris nocturne et occupé qui a fini par me lasser sur la longueur. Et enfin, il y a ce ressort dramatique de la fin du second tome qui m'a paru artificiel, avec le mauvais sort qui tombe sur l'une des héroïnes comme une fatalité inexplicable si on y réfléchit, et entraine ensuite une fin semi-tragique aux allures empruntées dont l'émotion n'a pas su me toucher.
Le sujet (le monde aztèque) m’intéresse a priori, d’autant plus qu’Andréas a choisi de situer son histoire juste avant la rencontre désastreuse avec les conquistadors de Cortès, dans les premières années du XVIème siècle. J’étais curieux de voir ce qu’il pouvait tirer de ce sujet.
Je suis sorti assez déçu de ma lecture.
D’abord graphiquement, je trouve le dessin d’Andréas moins bon et surprenant, moins dans des envolées lyriques que d’habitude. Même les cases dans chaque planche sont moins éclatées, c’est très classique. Et le dessin des personnages n’est pas extraordinaire, la colorisation ne m’ayant pas non plus convaincu.
Mais l’intrigue elle-même est aussi décevante. Obscure et, pour ce que j’en ai compris, pas folichonne. Et qui se finit un peu en eau de boudin. Si je reconnais à Andréas une bonne connaissance et utilisation des noms aztèques, il aurait pu davantage utiliser les guerres avec les Tlaxcaltèques pour dynamiser l’intrigue. De même, la destinée de Malinalli (parmi les personnages principaux), qui jouera un rôle essentiel dans la conquête de Cortès et- donc la destruction de l’empire, aurait mérité d’être plus développé (avec un autre tome voire plus ?), sinon, en l’état, c’est peu intéressant.
Bref, j'étais intrigué par le travail d’Andréas, aguiché par un sujet qui me touche, et j'ai été d’autant plus déçu par le résultat, raté de mon point de vue.
Cette série part d'une idée relativement originale, celle d'une société qui gère des transports par téléportation et d'une agente à son service. Son rôle : récupérer les voyageurs récalcitrants qui refusent de se présenter pour leur voyage retour qui est obligatoire pour le bon fonctionnement du système. Et quand certains de ces voyageurs trompent les contrôles de la société, elle est bien décidée à comprendre comment et pourquoi.
Hélas, j'ai trouvé que cette idée de téléportation était peu exploitée et que l'intrigue se résumait au final à une chasse à l'homme et une enquête policière dans un décor de space opera où la téléportation aurait pu être remplacée par des vaisseaux spatiaux. Et là où ça coince, c'est à quel point la narration se révèle confuse et le rythme décousu.
Graphiquement, c'est plutôt correct. Techniquement en tout cas, le niveau est là, avec un style visuel qui m'a un peu rappelé celui de Munuera pour les personnages notamment. Mais la mise en page est parfois embrouillée avec trop peu de sens de la profondeur, tous les éléments du dessin donnant le sentiment d'être empilés les uns sur les autres sur un même plan. Ca ajoute à ce sentiment de confusion du récit.
Car l'intrigue elle-même peine vraiment à se faire prenante. Pour commencer, les personnages ne m'ont pas paru très attachants. L'humour et l'action essaient de faire acte de présence mais ils manquent d'impact. Après une introduction sympathique mais sans grande surprise, on plonge dans les rouages de l'enquête de l'héroïne et il devient compliqué de s'y retrouver ou d'y trouver en tout cas une bonne accroche. Les scènes s'enchainent de manière décousue, avec parfois bien du mal à comprendre la logique de leur enchainement. Dans le second tome, notamment, je n'ai absolument pas compris ce qui a amené les deux héros à être invités/emprisonnés chez ce dignitaire dès leur arrivée sur sa planète, ni comment ils avaient prévu que ce serait le cas et le moyen de s'en sortir. Quant à la conclusion de l'enquête, elle ne m'a ni convaincu ni vraiment paru claire en réalité. J'ai l'impression de ne pas tout avoir compris, et de ne pas vraiment avoir envie de fouiller davantage car rien ne m'a particulièrement captivé dans l'ensemble.
Me voilà enfin arrivée au bout de ce pavé. Le mot n'est pas exagéré, compte tenu des 700 et quelques pages réunies en intégrale, qui en font un objet bien joli dans la bibliothèque mais peu ergonomique pour la lecture.
Si j'ai commencé ma lecture avec enthousiasme, motivée par la jolie couverture, les critiques élogieuses et la réputation de son auteur, j'ai assez rapidement déchanté. La lecture de cet album a fini par m'ennuyer, si bien qu'arrivée à la moitié de l'album je n'étais plus dedans, et je n'ai fini ma lecture que par principe d'aller au bout, avec peut-être quand même un vague espoir de trouver un intérêt à cette histoire.
La trame de fond est loin d'être inintéressante, mais dans la forme beaucoup de choses m'ont empêchée d'adhérer au récit. En multipliant les intrigues, l'auteur survole trop certains passages : j'aurais pour ma part davantage apprécié l'ensemble si le récit s'était recentré sur l'histoire familiale plutôt que de lorgner du côté de l'enquête policière, de l'espionnage ou encore des histoires de mafia. Car au final tous ces aspects sont abordés sans être vraiment creusés, et cela se fait au détriment de certains personnages dont le destin est quelque peu laissé de côté. Certains événements familiaux sont bien trop vite expédiés : rien que la révélation de l'ascendance d'Ayako, qui pourrait constituer le sujet d'un roman à elle toute seule, est amenée beaucoup trop rapidement, trop brutalement, comme si elle était anecdotique. Ce secret est traité de manière beaucoup trop anodine (sans compter qu'il pose un gros problème de crédibilité : ne serait-ce pas l'identité du père plutôt que celle de la mère qui devrait être tue ?)
Au-delà des choix scénaristiques, j'ai eu beaucoup de mal à m'intéresser aux personnages. Il est évidemment vain de vouloir s'attacher aux membres d'une famille dont tous les hommes sont des pourritures et dont les femmes n'ont pour la plupart aucun caractère, et donc pas grand intérêt. Mais le trait est trop grossier, trop caricatural. Il n'y a quasiment aucune nuance, en particulier chez le père et le frère obsédé par son héritage. Le patriarche qui est censé régner sur sa famille devrait dégager un certain charisme, mais son comportement et son traitement graphique ne transmettent que l'image d'un homme méchant et ridicule.
Et j'en arrive ici au dernier point qui vraiment ne m'a pas convaincue, c'est le graphisme. Il n'y a vraiment rien de folichon, je suis même très étonnée de voir des critiques élogieuses à ce sujet. Les proportions anatomiques sont la plupart du temps plus qu'approximatives, les visages sont fades (Jiro), ridicules (la simplette) voire grotesques (le patriarche), et il y a de sérieux problèmes de perspective dans les vues en plongée.
En définitive je ressors de cette lecture très déçue ; quand je lis que Tezuka est considéré comme un dieu du manga j'ai vraiment du mal à comprendre...
Alors là je ne vois pas du tout, mais alors vraiment pas du tout ce que je dois retenir de cette histoire.
J'ai commencé Duhamel par la lecture de #Nouveaucontact qui m'avait agréablement surpris pour son histoire originale et pour l'avoir intelligemment alimenté de clichés sociétaux à l'intérieur de ses mises en scène. Mais là...
Déjà dès le départ, ça m'a pas plu. Scénaristiquement. L'espace-temps file à une vitesse folle. A peine apprend-on qu'une construction d'immeubles est en cours - étincelle prête à déclencher un tourisme de masse - que voilà ce sauveur Cristobal qui, en 2/3 planches, retourne la situation en sa faveur en imposant un monopole politico-économique. C'est abracadabrantesque, irréaliste.
Il est aussi question de suivre les causes et responsable(s) de sa mort. Ca non plus, ça ne m'a pas emballé une seule seconde. Tous les individus interrogés ne lâchent aucune info et préfère conserver un mystère absolu sur l'homme et l'artiste... Ok, mais pour moi si une enquête n'a pas d'indice, alors à quoi sert l'enquête ? Si l'épilogue permet d'y répondre, cela conforte mon idée que j'ai lu plein de planches "pour rien".
Je n'ai pas ressenti non plus l'ambiance de corruption, alors qu'à travers le récit elle se trouverait partout sur l'île.
Et sur les idées qui s'en dégagent, je ne sais quoi retenir à vrai dire... Un vrai vide, une incompréhension. La place de l'artiste ? Mettre en avant l'extrémisme d'un mégalo? Nos convictions peuvent créer des dictatures? La corruption finit toujours par gagner? La création, d'accord, mais faut pas déconner ? Sincèrement, à l'aide...
Allé, une chose qui passe bien, même si c'est pas le feu non plus: la relation avec son père. C'est plutôt bien monté du début à la fin et ça a toujours alimenté le caractère de Cristobal. Et puis je retiendrai le dessin, qui me plaît beaucoup. Ca parait accessible, enfantin, mais y'a cette petite chose en plus qui donne un rendu sérieux, j'aime bien cette contradiction. C'est très agréable. Mais je vote toujours pour Doug dans #Nouveaucontact !
Le dessin sauve la mise, pour le reste je suis passé vraiment à côté ...
Publié en 1982, mais réalisé à la fin des années 1970, dédié à Antonin Artaud et Jean-Luc Godard, nous avons là un album marqué par une époque, formellement original, qui surprendra (ou repoussera ?) beaucoup de lecteurs contemporains l’ayant entre les mains. Il faut dire que sa rencontre n’est déjà pas des plus faciles !
Autant le dire tout de suite, je n’ai pas vraiment accroché à cette histoire, n’en ayant pas saisi grand-chose.
Une longue introduction/préface de l’auteur, sans réel lien avec la suite, place l’ensemble sous un éclairage poétique, mais assez obscur. Obscurité qui ne fera que se renforcer ensuite, puisque, sur un canevas rappelant la seconde guerre mondiale sur le front de l’est, il s’agit d’une suite d’images/actions décousues, enrobées par des textes (quelques dialogues, mais surtout un commentaire off à la fois littéraire et déstructuré) qui partent dans tous les sens (le final m’a complètement perdu !).
Et il faut dire que le côté graphique n’est pas en reste. Le dessin est réaliste et classique, mais la colorisation, mélange d’Andy Warhol et d’abstrait, avec des couleurs criardes et psychédéliques parfois, finissant de me détacher de la lecture, terminée sans enthousiasme. Heureusement, il n’y avait que 36 pages…
C’est un ovni dont je n’ai pas su trouver les clés, hélas. Je suis preneur d’une explication, si un lecteur peut m’éclairer.
Mouais. Même si l’approche est originale – un dessinateur de BD qui révèle quelques secrets d’états - je trouve que cette série est très moyenne. Rien de transcendantale à se mettre sous la dent au final. Les histoires sont sans saveur et côté graphisme je m’attendais à une exaltation visuelle sur les décors notamment car il y avait de matière entre la Nouvelle Orléans, Las Vegas, San Francisco ou encore New York en toile de fond. Feu Julio Ribera ne s’est pas trop foulé sur ce coup-là. A peine 2 - 3 vues de ces villes trépidantes.
Clairement ça manque de peps et cela va en décourager plus d’un à lire tous les albums de la série qui veut évoluer dans l’univers glauque des grandes villes américaines et de la corruption associée.
Sur ce coup-là, je passe mon tour.
J’ai vraiment eu du mal avec cette lecture, au point d’avoir quasiment décroché avant la fin. L’intrigue m’est apparue trop sombre, trop absconse, et en tout cas la narration n’aide pas : entre manque d’intérêt pour le sujet (pas grand-chose pour le dynamiser je trouve) et problème pour comprendre ce qui se passait, je ressors de ma lecture très déçu.
Si l’intrigue manque de clarté, il en est presque de même du côté graphique. C’est d’autant plus dommage que j’aime plutôt le dessin de Liberge, et qu’il a produit certains albums d’une très grande force dans ce domaine. Mais ici, si j’ai bien aimé les tons utilisés pour la colorisation, son dessin (pourtant empreint d’une certaine force), est bien trop sombre lui aussi (son travail semble mêler photos retouchées et dessin), et on se perd facilement, peinant parfois à déchiffrer ce dessin, alors même que l’histoire n’est pas engageante.
Bref, voilà un album sur lequel je ne compte pas revenir.
Encore une série abandonnée par Soleil.
J'ai acheté les deux tomes pour Sylvain Guinebaud, j'aime son dessin. Il va à merveille avec la Fantasy.
Le scénario reprend les codes du genre. Un héros baraqué au mauvais caractère et un héroïne félin aux formes généreuses.
Le premier album pouvait laisser espérer une bonne surprise, hélas le second fait du surplace ce qui amènera à l'arrêt de la série.
Côté dessin, Guinebaud nous offre une jolie panoplie de personnages. Son trait gras est précis et les visages, aux mimiques souvent accentuées, sont expressifs et beaux.
Pour les inconditionnels du genre.
Note réelle : 2,5.
Cette série part d'une idée délirante : il y a 2000 ans, Jésus a banni des démons et les a exilés dans le corps de porcs. Depuis lors, les cochons possédés qui ont survécu complotent pour prendre le pouvoir sur Terre par la force et la violence.
C'est délirant, oui, et le dessin est techniquement de bonne qualité quoiqu'un peu trop formaté comics pour retenir l'attention, mais en fait je n'ai pas trouvé cette lecture très drôle. Le ton est au sérieux, avec à peine une once de second degré. Il y a quelques passages légèrement amusants, comme le cochon avec une casquette d'aluminium sur la tête ou bien l'ironie du ridicule de nombreuses situations, mais ça ne m'a pas fait rire. Et pour le reste, c'est de l'aventure action avec pas mal de gore et beaucoup de baston, dans le cas présent contre des porcs démoniaques à coups d'arbalète et de couteau en argent. Les personnages sont corrects mais assez plats et oubliables. Aussi surprenants que soient les antagonistes, ils ne sont pas très palpitants non plus. Et surtout il y a beaucoup trop d'incohérences et de choses qui ne tiennent pas la route pour que l'intrigue d'ensemble soit crédible et prenante. Outre la légère surprise du cochon Simon en milieu d'album, il n'y a que le dernier chapitre qui sort un peu du lot en n'hésitant pas à rebattre momentannément les cartes, laissant croire à un retournement de situation tragique pour l'un des héros, mais celui-ci est finalement balayé par magie avant la fin de l'épisode pour permettre une possible suite... mais ce sera sans moi.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Deux passantes dans la nuit
Arlette sort de prison alors que la France est occupée par les Nazis. Elle vient d'y passer 3 ans car elle a refusé de dénoncer son cambrioleur d'amoureux. Maintenant, c'est le soir, personne n'est venue la chercher, et elle erre dans les rues d'un Paris en plein black-out imposé par l'occupant. Elle va rencontrer bientôt une camarade d'errance, ou plutôt de fuite, et découvrir ce qu'est devenu le milieu de la nuit durant ces premières années d'occupation. Jérôme Tonnerre et Patrice Leconte, le fameux réalisateur de cinéma, ont fait appel à Al Coutelis pour mettre en image leur scénario combiné. Ce dernier met toute la personnalité de son dessin au service du récit. Son trait présente une vraie élégance tant pour les personnages que pour les décors, même si la mise en scène épurée fait souvent disparaître ces derniers. C'est surtout sur l'ambiance qu'il excelle, en grande partie grâce à son travail sur la colorisation. Il donne à ses rues d'une ville de Paris faussement endormie une atmosphère froide et oppressante. Et même lorsque les héroïnes croisent à nouveau quelques lieux de vie, il s'en dégage une méfiance et un sentiment d'étouffement. Ceci étant dit, je n'ai pas toujours apprécié le découpage du récit : il est parfois très haché et pas toujours clair. Il y a par exemple une courte scène de rencontre sous un porche à la quatrième page que je n'ai comprise qu'en seconde lecture. Au départ, j'ai plutôt apprécié cette plongée dans la vie nocturne du Paris durant le black-out. On y découvre ce besoin de retrouver des moments de vie et d'insouciance de la part des parisiens mais aussi de certains allemands, et leurs différentes manières de braver l'interdit. Les deux héroïnes restent assez distantes tant l'une par rapport à l'autre que vis-à-vis du lecteur, mais j'ai apprécié leurs personnalités plutôt marquées. Du coup, je me suis laissé porter mais je ne suis pas ressorti tellement enthousiasmé par ma lecture. Il y a déjà le fait que, même au bout de deux tomes, je ne me suis toujours pas attaché aux héroïnes. Ensuite, il y a cette errance dans le Paris nocturne et occupé qui a fini par me lasser sur la longueur. Et enfin, il y a ce ressort dramatique de la fin du second tome qui m'a paru artificiel, avec le mauvais sort qui tombe sur l'une des héroïnes comme une fatalité inexplicable si on y réfléchit, et entraine ensuite une fin semi-tragique aux allures empruntées dont l'émotion n'a pas su me toucher.
Aztèques
Le sujet (le monde aztèque) m’intéresse a priori, d’autant plus qu’Andréas a choisi de situer son histoire juste avant la rencontre désastreuse avec les conquistadors de Cortès, dans les premières années du XVIème siècle. J’étais curieux de voir ce qu’il pouvait tirer de ce sujet. Je suis sorti assez déçu de ma lecture. D’abord graphiquement, je trouve le dessin d’Andréas moins bon et surprenant, moins dans des envolées lyriques que d’habitude. Même les cases dans chaque planche sont moins éclatées, c’est très classique. Et le dessin des personnages n’est pas extraordinaire, la colorisation ne m’ayant pas non plus convaincu. Mais l’intrigue elle-même est aussi décevante. Obscure et, pour ce que j’en ai compris, pas folichonne. Et qui se finit un peu en eau de boudin. Si je reconnais à Andréas une bonne connaissance et utilisation des noms aztèques, il aurait pu davantage utiliser les guerres avec les Tlaxcaltèques pour dynamiser l’intrigue. De même, la destinée de Malinalli (parmi les personnages principaux), qui jouera un rôle essentiel dans la conquête de Cortès et- donc la destruction de l’empire, aurait mérité d’être plus développé (avec un autre tome voire plus ?), sinon, en l’état, c’est peu intéressant. Bref, j'étais intrigué par le travail d’Andréas, aguiché par un sujet qui me touche, et j'ai été d’autant plus déçu par le résultat, raté de mon point de vue.
Téléportation Inc.
Cette série part d'une idée relativement originale, celle d'une société qui gère des transports par téléportation et d'une agente à son service. Son rôle : récupérer les voyageurs récalcitrants qui refusent de se présenter pour leur voyage retour qui est obligatoire pour le bon fonctionnement du système. Et quand certains de ces voyageurs trompent les contrôles de la société, elle est bien décidée à comprendre comment et pourquoi. Hélas, j'ai trouvé que cette idée de téléportation était peu exploitée et que l'intrigue se résumait au final à une chasse à l'homme et une enquête policière dans un décor de space opera où la téléportation aurait pu être remplacée par des vaisseaux spatiaux. Et là où ça coince, c'est à quel point la narration se révèle confuse et le rythme décousu. Graphiquement, c'est plutôt correct. Techniquement en tout cas, le niveau est là, avec un style visuel qui m'a un peu rappelé celui de Munuera pour les personnages notamment. Mais la mise en page est parfois embrouillée avec trop peu de sens de la profondeur, tous les éléments du dessin donnant le sentiment d'être empilés les uns sur les autres sur un même plan. Ca ajoute à ce sentiment de confusion du récit. Car l'intrigue elle-même peine vraiment à se faire prenante. Pour commencer, les personnages ne m'ont pas paru très attachants. L'humour et l'action essaient de faire acte de présence mais ils manquent d'impact. Après une introduction sympathique mais sans grande surprise, on plonge dans les rouages de l'enquête de l'héroïne et il devient compliqué de s'y retrouver ou d'y trouver en tout cas une bonne accroche. Les scènes s'enchainent de manière décousue, avec parfois bien du mal à comprendre la logique de leur enchainement. Dans le second tome, notamment, je n'ai absolument pas compris ce qui a amené les deux héros à être invités/emprisonnés chez ce dignitaire dès leur arrivée sur sa planète, ni comment ils avaient prévu que ce serait le cas et le moyen de s'en sortir. Quant à la conclusion de l'enquête, elle ne m'a ni convaincu ni vraiment paru claire en réalité. J'ai l'impression de ne pas tout avoir compris, et de ne pas vraiment avoir envie de fouiller davantage car rien ne m'a particulièrement captivé dans l'ensemble.
Ayako
Me voilà enfin arrivée au bout de ce pavé. Le mot n'est pas exagéré, compte tenu des 700 et quelques pages réunies en intégrale, qui en font un objet bien joli dans la bibliothèque mais peu ergonomique pour la lecture. Si j'ai commencé ma lecture avec enthousiasme, motivée par la jolie couverture, les critiques élogieuses et la réputation de son auteur, j'ai assez rapidement déchanté. La lecture de cet album a fini par m'ennuyer, si bien qu'arrivée à la moitié de l'album je n'étais plus dedans, et je n'ai fini ma lecture que par principe d'aller au bout, avec peut-être quand même un vague espoir de trouver un intérêt à cette histoire. La trame de fond est loin d'être inintéressante, mais dans la forme beaucoup de choses m'ont empêchée d'adhérer au récit. En multipliant les intrigues, l'auteur survole trop certains passages : j'aurais pour ma part davantage apprécié l'ensemble si le récit s'était recentré sur l'histoire familiale plutôt que de lorgner du côté de l'enquête policière, de l'espionnage ou encore des histoires de mafia. Car au final tous ces aspects sont abordés sans être vraiment creusés, et cela se fait au détriment de certains personnages dont le destin est quelque peu laissé de côté. Certains événements familiaux sont bien trop vite expédiés : rien que la révélation de l'ascendance d'Ayako, qui pourrait constituer le sujet d'un roman à elle toute seule, est amenée beaucoup trop rapidement, trop brutalement, comme si elle était anecdotique. Ce secret est traité de manière beaucoup trop anodine (sans compter qu'il pose un gros problème de crédibilité : ne serait-ce pas l'identité du père plutôt que celle de la mère qui devrait être tue ?) Au-delà des choix scénaristiques, j'ai eu beaucoup de mal à m'intéresser aux personnages. Il est évidemment vain de vouloir s'attacher aux membres d'une famille dont tous les hommes sont des pourritures et dont les femmes n'ont pour la plupart aucun caractère, et donc pas grand intérêt. Mais le trait est trop grossier, trop caricatural. Il n'y a quasiment aucune nuance, en particulier chez le père et le frère obsédé par son héritage. Le patriarche qui est censé régner sur sa famille devrait dégager un certain charisme, mais son comportement et son traitement graphique ne transmettent que l'image d'un homme méchant et ridicule. Et j'en arrive ici au dernier point qui vraiment ne m'a pas convaincue, c'est le graphisme. Il n'y a vraiment rien de folichon, je suis même très étonnée de voir des critiques élogieuses à ce sujet. Les proportions anatomiques sont la plupart du temps plus qu'approximatives, les visages sont fades (Jiro), ridicules (la simplette) voire grotesques (le patriarche), et il y a de sérieux problèmes de perspective dans les vues en plongée. En définitive je ressors de cette lecture très déçue ; quand je lis que Tezuka est considéré comme un dieu du manga j'ai vraiment du mal à comprendre...
Le Retour
Alors là je ne vois pas du tout, mais alors vraiment pas du tout ce que je dois retenir de cette histoire. J'ai commencé Duhamel par la lecture de #Nouveaucontact qui m'avait agréablement surpris pour son histoire originale et pour l'avoir intelligemment alimenté de clichés sociétaux à l'intérieur de ses mises en scène. Mais là... Déjà dès le départ, ça m'a pas plu. Scénaristiquement. L'espace-temps file à une vitesse folle. A peine apprend-on qu'une construction d'immeubles est en cours - étincelle prête à déclencher un tourisme de masse - que voilà ce sauveur Cristobal qui, en 2/3 planches, retourne la situation en sa faveur en imposant un monopole politico-économique. C'est abracadabrantesque, irréaliste. Il est aussi question de suivre les causes et responsable(s) de sa mort. Ca non plus, ça ne m'a pas emballé une seule seconde. Tous les individus interrogés ne lâchent aucune info et préfère conserver un mystère absolu sur l'homme et l'artiste... Ok, mais pour moi si une enquête n'a pas d'indice, alors à quoi sert l'enquête ? Si l'épilogue permet d'y répondre, cela conforte mon idée que j'ai lu plein de planches "pour rien". Je n'ai pas ressenti non plus l'ambiance de corruption, alors qu'à travers le récit elle se trouverait partout sur l'île. Et sur les idées qui s'en dégagent, je ne sais quoi retenir à vrai dire... Un vrai vide, une incompréhension. La place de l'artiste ? Mettre en avant l'extrémisme d'un mégalo? Nos convictions peuvent créer des dictatures? La corruption finit toujours par gagner? La création, d'accord, mais faut pas déconner ? Sincèrement, à l'aide... Allé, une chose qui passe bien, même si c'est pas le feu non plus: la relation avec son père. C'est plutôt bien monté du début à la fin et ça a toujours alimenté le caractère de Cristobal. Et puis je retiendrai le dessin, qui me plaît beaucoup. Ca parait accessible, enfantin, mais y'a cette petite chose en plus qui donne un rendu sérieux, j'aime bien cette contradiction. C'est très agréable. Mais je vote toujours pour Doug dans #Nouveaucontact ! Le dessin sauve la mise, pour le reste je suis passé vraiment à côté ...
Akromégalie
Publié en 1982, mais réalisé à la fin des années 1970, dédié à Antonin Artaud et Jean-Luc Godard, nous avons là un album marqué par une époque, formellement original, qui surprendra (ou repoussera ?) beaucoup de lecteurs contemporains l’ayant entre les mains. Il faut dire que sa rencontre n’est déjà pas des plus faciles ! Autant le dire tout de suite, je n’ai pas vraiment accroché à cette histoire, n’en ayant pas saisi grand-chose. Une longue introduction/préface de l’auteur, sans réel lien avec la suite, place l’ensemble sous un éclairage poétique, mais assez obscur. Obscurité qui ne fera que se renforcer ensuite, puisque, sur un canevas rappelant la seconde guerre mondiale sur le front de l’est, il s’agit d’une suite d’images/actions décousues, enrobées par des textes (quelques dialogues, mais surtout un commentaire off à la fois littéraire et déstructuré) qui partent dans tous les sens (le final m’a complètement perdu !). Et il faut dire que le côté graphique n’est pas en reste. Le dessin est réaliste et classique, mais la colorisation, mélange d’Andy Warhol et d’abstrait, avec des couleurs criardes et psychédéliques parfois, finissant de me détacher de la lecture, terminée sans enthousiasme. Heureusement, il n’y avait que 36 pages… C’est un ovni dont je n’ai pas su trouver les clés, hélas. Je suis preneur d’une explication, si un lecteur peut m’éclairer.
Le Grand Scandale
Mouais. Même si l’approche est originale – un dessinateur de BD qui révèle quelques secrets d’états - je trouve que cette série est très moyenne. Rien de transcendantale à se mettre sous la dent au final. Les histoires sont sans saveur et côté graphisme je m’attendais à une exaltation visuelle sur les décors notamment car il y avait de matière entre la Nouvelle Orléans, Las Vegas, San Francisco ou encore New York en toile de fond. Feu Julio Ribera ne s’est pas trop foulé sur ce coup-là. A peine 2 - 3 vues de ces villes trépidantes. Clairement ça manque de peps et cela va en décourager plus d’un à lire tous les albums de la série qui veut évoluer dans l’univers glauque des grandes villes américaines et de la corruption associée. Sur ce coup-là, je passe mon tour.
Tonnerre Rampant
J’ai vraiment eu du mal avec cette lecture, au point d’avoir quasiment décroché avant la fin. L’intrigue m’est apparue trop sombre, trop absconse, et en tout cas la narration n’aide pas : entre manque d’intérêt pour le sujet (pas grand-chose pour le dynamiser je trouve) et problème pour comprendre ce qui se passait, je ressors de ma lecture très déçu. Si l’intrigue manque de clarté, il en est presque de même du côté graphique. C’est d’autant plus dommage que j’aime plutôt le dessin de Liberge, et qu’il a produit certains albums d’une très grande force dans ce domaine. Mais ici, si j’ai bien aimé les tons utilisés pour la colorisation, son dessin (pourtant empreint d’une certaine force), est bien trop sombre lui aussi (son travail semble mêler photos retouchées et dessin), et on se perd facilement, peinant parfois à déchiffrer ce dessin, alors même que l’histoire n’est pas engageante. Bref, voilà un album sur lequel je ne compte pas revenir.
La Porte des mondes
Encore une série abandonnée par Soleil. J'ai acheté les deux tomes pour Sylvain Guinebaud, j'aime son dessin. Il va à merveille avec la Fantasy. Le scénario reprend les codes du genre. Un héros baraqué au mauvais caractère et un héroïne félin aux formes généreuses. Le premier album pouvait laisser espérer une bonne surprise, hélas le second fait du surplace ce qui amènera à l'arrêt de la série. Côté dessin, Guinebaud nous offre une jolie panoplie de personnages. Son trait gras est précis et les visages, aux mimiques souvent accentuées, sont expressifs et beaux. Pour les inconditionnels du genre. Note réelle : 2,5.
Porchery
Cette série part d'une idée délirante : il y a 2000 ans, Jésus a banni des démons et les a exilés dans le corps de porcs. Depuis lors, les cochons possédés qui ont survécu complotent pour prendre le pouvoir sur Terre par la force et la violence. C'est délirant, oui, et le dessin est techniquement de bonne qualité quoiqu'un peu trop formaté comics pour retenir l'attention, mais en fait je n'ai pas trouvé cette lecture très drôle. Le ton est au sérieux, avec à peine une once de second degré. Il y a quelques passages légèrement amusants, comme le cochon avec une casquette d'aluminium sur la tête ou bien l'ironie du ridicule de nombreuses situations, mais ça ne m'a pas fait rire. Et pour le reste, c'est de l'aventure action avec pas mal de gore et beaucoup de baston, dans le cas présent contre des porcs démoniaques à coups d'arbalète et de couteau en argent. Les personnages sont corrects mais assez plats et oubliables. Aussi surprenants que soient les antagonistes, ils ne sont pas très palpitants non plus. Et surtout il y a beaucoup trop d'incohérences et de choses qui ne tiennent pas la route pour que l'intrigue d'ensemble soit crédible et prenante. Outre la légère surprise du cochon Simon en milieu d'album, il n'y a que le dernier chapitre qui sort un peu du lot en n'hésitant pas à rebattre momentannément les cartes, laissant croire à un retournement de situation tragique pour l'un des héros, mais celui-ci est finalement balayé par magie avant la fin de l'épisode pour permettre une possible suite... mais ce sera sans moi.