Je n'ai pas été séduit par cette étrange série mi polar mi roman intimiste. J'ai l'impression que l'auteur est plus à l'aise dans l'écriture romanesque que dans un scénario de BD.
On se rend compte que la part de l'intime l'emporte sur l'intrigue qui se dévoile par un dénouement assez inattendu et improbable. Il faut reconnaître que beaucoup de propositions scénaristiques sont assez peu crédibles dans cette Amérique des années 50 encore très raciste.
De plus je n'ai trouvé aucun personnage attachant, sauf la petite Billie, et leurs pensées et attitudes m'ont laissé indifférent si ce n'est ennuyé.
Le graphisme ne m'a pas accroché plus que ça. Le trait évolue au fil des cases tantôt fin, ferme et séduisant sur le visage de Madeleine tantôt plus aléatoire pour certaines situations. J'y ai lu un manque de cohérence qui m'a gêné.
Une lecture sans attrait à mes yeux.
Des gags mettant en vedette deux femmes dans la quarantaine, une qui est célibataire et l'autre qui est en couple avec des enfants.
Le seul truc que j'ai vraiment aimé est le dessin qui est efficace pour ce style d'humour. C'est plutôt l'humour qui n'a pas fonctionné pour moi. Je n'ai même pas souri en lisant cet album. J'ai surtout vu une suite de situations que j'avais déjà vues, une accumulation de lieux communs même si certains sont un peu malheureusement vrais (la mère qui gère plus de choses à la maison que le père).
J'imagine que cela s'adresse surtout aux femmes qui vont sans doute se reconnaitre dans les situations, sauf que voilà je pense que même pour une lectrice l'intérêt de cet album va être mince parce que je vois pas ce qu'elles pourraient faire à la lecture hormis d'avoir des commentaires du genre 'c'est trop vrai' ou 'j'ai déjà vécu'.
Cette série s’adresse essentiellement aux jeunes lecteurs. Le ton est résolument enfantin. L’héroïne a l’âge des lecteurs auxquels la série est destinée. Les histoires mélangent humour facile et intrigues convenues. Lili parvient très facilement à déjouer les pièges qui lui sont tendus. Et le tout baigne dans une ambiance extrêmement naïve.
J’ai vraiment eu le sentiment à la lecture que les scénarios avaient été imaginés par des enfants qui se racontaient des histoires (et si on disait que… le shérif allait nous prendre comme adjoints… le chien, il mange tous les livres qu’il voit… la machine, elle peut nous emmener où et quand elle veut… etc…) Chez de jeunes lecteurs, ce genre d'histoire peut prendre. Mais en ma qualité de vieux con, je trouve ces récits vraiment trop faciles, trop enfantins.
Le dessin est à l’image des scénarios : léger. Les planches sont très aérées, les personnages sont expressifs à outrance, le chien a une bonne bouille. Tout pour plaire à un jeune lecteur au premier coup d’œil… mais un manque de profondeur que remarquera de plus en plus le-dit lecteur au fur et à mesure qu’il vieillira.
A titre personnel, je reste sur un simple bof… mais je ne suis pas le public visé.
Le Monde des Cancres est un de ces récits sur ces écoles très spéciales où un jeune héros se retrouve en pension dans un lycée sinistre et inquiétant, et doit en percer les mystères pour échapper à ses dangers. Cette fois, c'est Joseph qui est laissé par ses parents dans un internat d'excellence centré sur l'enseignement et la discipline. Il s'y fait quelques amis, mais gare à ceux qui n'obéissent pas et se retrouvent en colle dans les niveaux inférieurs de l'école car ils en ressortent visiblement dociles mais lobotomisés. Et en effet, quand Joseph finit par s'y infiltrer, il découvre un monde souterrain où l'éducation est assenée à coups d'hypnose et de machines robotiques absurdes et dangereuses.
C'est un récit jeunesse qui joue à la fois la carte du frisson et du suspens mais aussi celle d'une dérision un peu loufoque tant les situations paraissent incongrues et exagérées. Du moins, j'espère que c'est bien fait exprès. Si sa trame de base est complètement éculée et sans surprise, la visite des souterrains de cette école spéciale est surprenante et déstabilisante. Difficile de ne pas trouver ridicules et sans aucune crédibilité une grosse part des lieux et péripéties qui s'y déroulent... et pourtant le ton semble rester sérieux, ce qui fait qu'en tant que lecteur on ne sait pas trop comment le prendre.
Justine Cunha dessine ses planches sur ordinateur. Et si j'avais bien aimé son travail sur Dans les yeux de Lya, je suis moins séduit ici. D'abord parce que certaines planches semblent véritablement avoir été pensées pour être lues sur un écran qui dégage sa propre lumière : une fois imprimées, certaines planches et notamment celles en ambiance nocturne ressortent mal et il faut bien orienter sa lumière et les reflets du papier pour les lire correctement. Ensuite parce que j'ai trouvé que moins de soin avait été apporté ici aux personnages qui se ressemblent trop. En outre, les yeux mi-clos et l'expression endormie du héros collent mal aux scènes où il est sensé être effrayé. Et je ne parle pas de la petite voiture grotesque du début du premier tome, ni de ces passages où les héros courent complètement à l'amble : ça semble avoir été fait exprès... encore une fois j'espère en tout cas...
Je n'ai pas vraiment été charmé par cette histoire à la trame trop déjà vue et au déroulement qui manque de substance, de cohérence et de crédibilité. Je n'y ai pas retrouvé vraiment d'humour ni d'un suspens à la hauteur des évènements étranges qui se passent dans cette école. Peut-être la suite me convaincra-t-elle davantage...
Je n'ai pas été convaincu par cette série. Pourtant c'est une thématique qui me touche beaucoup comme je l'ai exprimé dans mon avis de Perpendiculaire au soleil. En effet je trouve que le scénario de Gloris Bardiaux-Vaiente hésite entre plusieurs directions un peu contradictoires.
On sent l'admiration de l'autrice pour le parcours de Robert Badinter à travers son parcours de jeunesse, et sa pugnacité à combattre la peine de mort. Malheureusement j'ai trouvé beaucoup trop de sentimentalisme dans la mise en scène du récit.
J'ai même trouvé qu'il y avait un certain voyeurisme dans le rappel de ces deux affaires criminelles qui ont marqué les années 70. Je trouve même que certains axes de l'auteure vont à l'encontre du discours fondamental anti peine de mort.
Par exemple mettre en avant le jeune âge de certains criminels ou du degré de culpabilité de Bontems sont des arguments émotionnels assez facilement contestables. Ainsi j'ai l'impression que les auteurs se contentent d'une approche assez superficielle et rapide de la question qui pour moi, doit se penser en nature et pas en degré.
Le graphisme travaille sur un dessin documentaire assez classique. Toutefois si Badinter est bien dessiné j'ai beaucoup plus de réserves pour les autres hommes politiques de l'époque. De plus je ne suis pas fan des scènes qui montrent les victimes dans des situations tragiques. J'y trouve un côté morbide assez peu respectueux pour les familles encore vivantes.
De plus les auteurs ne mettent pas assez en avant, le contexte politique européen qui obligeait pratiquement la France à abolir la peine de mort dans la perspective d'une harmonisation du Droit pour les états membres sur cette question fondamentale.
Une lecture moyenne à mon goût qui survole le sujet.
Ce n'est pas ma came.
Comme l'indique Cassidy ci-dessous, c'est du hard boiled ultra-violent qui rappelle fortement Sin City tant dans la forme que dans le ton.
Dans la forme, c'est le style noir et blanc typique de Zezlj: un trait très charbonneux, avec bien davantage de noir que de blanc, une mise en scène très cinéma d'art et d'essai, avec son lot de zooms sur des détails esthétiques du décor ou sensés être évocateurs, des personnages photo-réalistes aux expressions mortes, beaucoup d'itérations iconiques, de plans très rapprochés sur des visages au point que l'image en devienne presque illisible... Je n'aime pas du tout ce style qui pourtant semble séduire ses adeptes.
Dans le ton, c'est une histoire qui se résume très vite : un ex-policier emprisonné à tort s'est évadé de prison pour se venger très brutalement de ceux qui l'ont mené là. Devenu une énorme brute en réaction à ce qu'il a subi en prison, il défonce tout le monde, brise les barreaux de sa cellule, explose ses menottes à mains nues et va massacrer ceux qui se mettent dans son chemin. On n'est clairement pas dans la subtilité mais l'auteur déguise l'ensemble sous des atours de tragédie romantique, de sacrifice d'un homme qui n'a plus rien à perdre, avec forces papillons et autres effets de mise en scène pour rappeler que c'est si beau la violence d'un homme qui se rebiffe face à la violence du monde qui l'entoure. Mais en réalité, c'est simplement bourrin et sans surprise, si ce n'est l'irréalisme de ce héros survivant de l'enfer que rien ne peut arrêter.
Je me suis ennuyé et je n'ai aimé ni le dessin ni l'histoire.
Assez déçu par ce recueil, une fausse bonne idée.
On ne présente plus JVH, scénariste de talent, cet album adapte en images ses courts récits à chute, préalablement parus en revue.
Sur le papier, why not ? d’autant que le casting de dessinateurs est alléchant.
Pas grand chose à dire sur le graphisme, des styles éclectiques mais les différents intervenants soignent leurs parties, plutôt agréable dans l’ensemble.
Je serai plus sévère sur les mini-scénarios façon thriller, je reconnais la difficulté de l’exercice mais malgré des chutes acceptables, j’ai eu le sentiment que c’était souvent trop court et finalement assez redondant.
En fait c’est pas très marquant, ma lecture remonte à un mois et je ne me rappelle déjà plus de la plupart, jamais bon signe. En plus, je m'étais fait la réflexion qu’ils étaient de moins en moins bons au fil de ma découverte, je garde quand même une tendresse pour le tout premier avec cette histoire de romancier « serial-killer ».
Mouais. Vraiment pas convaincu par ce diptyque.
D’abord parce que l’histoire se traine sur un rythme trop lent, avec moult personnages qui multiplient les digressions, personnages souvent caricaturaux. Du coup l’intrigue perd en intérêt (même en y repensant d’ailleurs je ne la trouve pas vraiment captivante à la base).
Elle hésite aussi entre polar et fantastique (avec pour ce dernier thème un mixe entre créature échappant à son maître, dérivée de « Frankenstein » et la bête du Gévaudan – mais délocalisée en Sologne). Je me suis ennuyé dans cette lecture.
Le dessin n’est pas mauvais, mais là aussi je reste sur ma faim. Les forêts et étangs de Sologne, les brumes qui les enveloppent, tout ça est propice à de belles planches, mais le style de Mutti ne m’a pas convaincu ici.
Autre petit détail qui m’a chiffonné, ce sont les grosses erreurs de proportions, dès lors que des personnages pénètrent dans une habitation : on a presque à chaque fois l’impression que les plafonds se sont mystérieusement surélevés de plusieurs mètres !
Je n’y reviendrai pas en tout cas.
Je ne mets pas la note minimale, parce que j’ai bien apprécié le dessin, très lisible et agréable (avec des visages – pour la partie « médiévale » – assez ronds avec de gros yeux, comme peut en dessiner Ivan Brun : un résultat surprenant mais que j’ai bien aimé).
Pour le reste la lecture a été très laborieuse, voire carrément chiante pour certains passages. Cet album est censé être une sorte de préquel à Dans la prison, pour expliquer justement pour quelle raison l’auteur s’était retrouvé incarcéré.
Je spoile tout de suite, il l’a été pour possession illégale d’arme à feu. Et donc pendant des dizaines et des dizaines de pages, il nous explique (dessins méticuleux – et très réussis ! – à l’appui, comment il a récupéré un vieux pistolet, complètement boueux et rouillé, l’a remis en état, réparé, nous expliquant le lissage, soudage, grattage, limage, dévissage, revissage, polissage, etc, tout y passe, le tout accompagné par des considérations sur la valeur esthétique des différentes armes de points, comparant répliques et armes d’origine. C’est lent, c’est long, et seuls les passionnés – mais alors super passionnés d’armes à feu, voire même seulement du montage/démontage de ce genre précis de colt – peuvent y trouver un intérêt jusqu’au bout. N’étant pas du tout amateur d’arme à feu, autant vous dire que je me suis ennuyé ferme.
Mais ce n’est pas tout. Pour je ne me rappelle plus quelle raison, l’auteur raconte aussi en parallèle une histoire sans aucun lien, se déroulant dans le Japon médiéval, histoire qui ne m’a pas non plus passionné (même si elle m’a moins ennuyé). Et ces deux histoires totalement distinctes s’entrecroisent sans transition, trois ou quatre pages de l’une, deux ou trois pages de l’autre, etc. Bref, même ceux qui trouvent de l’intérêt à l’une ou l’autre (voire les deux !) de ces histoires seront forcément gênés par ce mélange, qui hache totalement – et inutilement – la lecture.
J’avoue n’avoir fait que survoler la vingtaine de dernières pages.
Note réelle 1,5/5.
Deadpool s'envole au Japon où on va aussi retrouver d'autres personnages Marvel (Iron Man, Captain America, Thanos et Loki entre-autres).
Un manga avec Deadpool, cela m'intéressait, mais j'ai vite trouvé que c'était vraiment moyen. On retrouve l'humour de Deadpool qui brise le quatrième mur et j'ai trouvé que c'était souvent prévisible avec des gags du genre 'mon dieu le scénario est cliché'. D'ailleurs c'est pas parce qu'un auteur pointe lui-même les faiblesses de son scénario que c'est drôle ou que cela améliore le récit. Il y aussi des références que les lecteurs qui ne connaissent pas le monde des mangas ne vont pas comprendre (Deadpool qui envoi une facture à un éditeur concurrent, Deadpool qui dit que Jump, le magazine qui publie son histoire, s'est nul et propose de lire le magazine d'un éditeur concurrent).
Au moins le scénariste évite de mettre Deadpool dans un univers complètement débile. Deadpool est meilleur lorsque c'est le seul élément comique dans un monde sérieux. Le problème s'est que j'ai eu l'impression de l'avoir déjà vu plusieurs fois. Par exemple, Deadpool va faire équipe avec une Spider-Woman japonaise qui n'aime pas ses conneries. En gros, encore un duo avec une femme intelligente qui doit gérer un homme super-lourd qui fait n'importe quoi. Les scènes de bastons ne m'ont pas captivé non plus.
En gros, c'est vraiment un produit formaté pour les ados. Si j'étais plus jeune, j'aurais peut-être mieux accroché, mais je pense que je suis trop vieux pour ce genre de truc.
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Je n'ai pas été séduit par cette étrange série mi polar mi roman intimiste. J'ai l'impression que l'auteur est plus à l'aise dans l'écriture romanesque que dans un scénario de BD. On se rend compte que la part de l'intime l'emporte sur l'intrigue qui se dévoile par un dénouement assez inattendu et improbable. Il faut reconnaître que beaucoup de propositions scénaristiques sont assez peu crédibles dans cette Amérique des années 50 encore très raciste. De plus je n'ai trouvé aucun personnage attachant, sauf la petite Billie, et leurs pensées et attitudes m'ont laissé indifférent si ce n'est ennuyé. Le graphisme ne m'a pas accroché plus que ça. Le trait évolue au fil des cases tantôt fin, ferme et séduisant sur le visage de Madeleine tantôt plus aléatoire pour certaines situations. J'y ai lu un manque de cohérence qui m'a gêné. Une lecture sans attrait à mes yeux.
40 ans c'est pas vieux pour un arbre
Des gags mettant en vedette deux femmes dans la quarantaine, une qui est célibataire et l'autre qui est en couple avec des enfants. Le seul truc que j'ai vraiment aimé est le dessin qui est efficace pour ce style d'humour. C'est plutôt l'humour qui n'a pas fonctionné pour moi. Je n'ai même pas souri en lisant cet album. J'ai surtout vu une suite de situations que j'avais déjà vues, une accumulation de lieux communs même si certains sont un peu malheureusement vrais (la mère qui gère plus de choses à la maison que le père). J'imagine que cela s'adresse surtout aux femmes qui vont sans doute se reconnaitre dans les situations, sauf que voilà je pense que même pour une lectrice l'intérêt de cet album va être mince parce que je vois pas ce qu'elles pourraient faire à la lecture hormis d'avoir des commentaires du genre 'c'est trop vrai' ou 'j'ai déjà vécu'.
L'Encyclopédie des peurs
Cette série s’adresse essentiellement aux jeunes lecteurs. Le ton est résolument enfantin. L’héroïne a l’âge des lecteurs auxquels la série est destinée. Les histoires mélangent humour facile et intrigues convenues. Lili parvient très facilement à déjouer les pièges qui lui sont tendus. Et le tout baigne dans une ambiance extrêmement naïve. J’ai vraiment eu le sentiment à la lecture que les scénarios avaient été imaginés par des enfants qui se racontaient des histoires (et si on disait que… le shérif allait nous prendre comme adjoints… le chien, il mange tous les livres qu’il voit… la machine, elle peut nous emmener où et quand elle veut… etc…) Chez de jeunes lecteurs, ce genre d'histoire peut prendre. Mais en ma qualité de vieux con, je trouve ces récits vraiment trop faciles, trop enfantins. Le dessin est à l’image des scénarios : léger. Les planches sont très aérées, les personnages sont expressifs à outrance, le chien a une bonne bouille. Tout pour plaire à un jeune lecteur au premier coup d’œil… mais un manque de profondeur que remarquera de plus en plus le-dit lecteur au fur et à mesure qu’il vieillira. A titre personnel, je reste sur un simple bof… mais je ne suis pas le public visé.
Le Monde des Cancres
Le Monde des Cancres est un de ces récits sur ces écoles très spéciales où un jeune héros se retrouve en pension dans un lycée sinistre et inquiétant, et doit en percer les mystères pour échapper à ses dangers. Cette fois, c'est Joseph qui est laissé par ses parents dans un internat d'excellence centré sur l'enseignement et la discipline. Il s'y fait quelques amis, mais gare à ceux qui n'obéissent pas et se retrouvent en colle dans les niveaux inférieurs de l'école car ils en ressortent visiblement dociles mais lobotomisés. Et en effet, quand Joseph finit par s'y infiltrer, il découvre un monde souterrain où l'éducation est assenée à coups d'hypnose et de machines robotiques absurdes et dangereuses. C'est un récit jeunesse qui joue à la fois la carte du frisson et du suspens mais aussi celle d'une dérision un peu loufoque tant les situations paraissent incongrues et exagérées. Du moins, j'espère que c'est bien fait exprès. Si sa trame de base est complètement éculée et sans surprise, la visite des souterrains de cette école spéciale est surprenante et déstabilisante. Difficile de ne pas trouver ridicules et sans aucune crédibilité une grosse part des lieux et péripéties qui s'y déroulent... et pourtant le ton semble rester sérieux, ce qui fait qu'en tant que lecteur on ne sait pas trop comment le prendre. Justine Cunha dessine ses planches sur ordinateur. Et si j'avais bien aimé son travail sur Dans les yeux de Lya, je suis moins séduit ici. D'abord parce que certaines planches semblent véritablement avoir été pensées pour être lues sur un écran qui dégage sa propre lumière : une fois imprimées, certaines planches et notamment celles en ambiance nocturne ressortent mal et il faut bien orienter sa lumière et les reflets du papier pour les lire correctement. Ensuite parce que j'ai trouvé que moins de soin avait été apporté ici aux personnages qui se ressemblent trop. En outre, les yeux mi-clos et l'expression endormie du héros collent mal aux scènes où il est sensé être effrayé. Et je ne parle pas de la petite voiture grotesque du début du premier tome, ni de ces passages où les héros courent complètement à l'amble : ça semble avoir été fait exprès... encore une fois j'espère en tout cas... Je n'ai pas vraiment été charmé par cette histoire à la trame trop déjà vue et au déroulement qui manque de substance, de cohérence et de crédibilité. Je n'y ai pas retrouvé vraiment d'humour ni d'un suspens à la hauteur des évènements étranges qui se passent dans cette école. Peut-être la suite me convaincra-t-elle davantage...
L'Abolition - Le Combat de Robert Badinter
Je n'ai pas été convaincu par cette série. Pourtant c'est une thématique qui me touche beaucoup comme je l'ai exprimé dans mon avis de Perpendiculaire au soleil. En effet je trouve que le scénario de Gloris Bardiaux-Vaiente hésite entre plusieurs directions un peu contradictoires. On sent l'admiration de l'autrice pour le parcours de Robert Badinter à travers son parcours de jeunesse, et sa pugnacité à combattre la peine de mort. Malheureusement j'ai trouvé beaucoup trop de sentimentalisme dans la mise en scène du récit. J'ai même trouvé qu'il y avait un certain voyeurisme dans le rappel de ces deux affaires criminelles qui ont marqué les années 70. Je trouve même que certains axes de l'auteure vont à l'encontre du discours fondamental anti peine de mort. Par exemple mettre en avant le jeune âge de certains criminels ou du degré de culpabilité de Bontems sont des arguments émotionnels assez facilement contestables. Ainsi j'ai l'impression que les auteurs se contentent d'une approche assez superficielle et rapide de la question qui pour moi, doit se penser en nature et pas en degré. Le graphisme travaille sur un dessin documentaire assez classique. Toutefois si Badinter est bien dessiné j'ai beaucoup plus de réserves pour les autres hommes politiques de l'époque. De plus je ne suis pas fan des scènes qui montrent les victimes dans des situations tragiques. J'y trouve un côté morbide assez peu respectueux pour les familles encore vivantes. De plus les auteurs ne mettent pas assez en avant, le contexte politique européen qui obligeait pratiquement la France à abolir la peine de mort dans la perspective d'une harmonisation du Droit pour les états membres sur cette question fondamentale. Une lecture moyenne à mon goût qui survole le sujet.
Rex
Ce n'est pas ma came. Comme l'indique Cassidy ci-dessous, c'est du hard boiled ultra-violent qui rappelle fortement Sin City tant dans la forme que dans le ton. Dans la forme, c'est le style noir et blanc typique de Zezlj: un trait très charbonneux, avec bien davantage de noir que de blanc, une mise en scène très cinéma d'art et d'essai, avec son lot de zooms sur des détails esthétiques du décor ou sensés être évocateurs, des personnages photo-réalistes aux expressions mortes, beaucoup d'itérations iconiques, de plans très rapprochés sur des visages au point que l'image en devienne presque illisible... Je n'aime pas du tout ce style qui pourtant semble séduire ses adeptes. Dans le ton, c'est une histoire qui se résume très vite : un ex-policier emprisonné à tort s'est évadé de prison pour se venger très brutalement de ceux qui l'ont mené là. Devenu une énorme brute en réaction à ce qu'il a subi en prison, il défonce tout le monde, brise les barreaux de sa cellule, explose ses menottes à mains nues et va massacrer ceux qui se mettent dans son chemin. On n'est clairement pas dans la subtilité mais l'auteur déguise l'ensemble sous des atours de tragédie romantique, de sacrifice d'un homme qui n'a plus rien à perdre, avec forces papillons et autres effets de mise en scène pour rappeler que c'est si beau la violence d'un homme qui se rebiffe face à la violence du monde qui l'entoure. Mais en réalité, c'est simplement bourrin et sans surprise, si ce n'est l'irréalisme de ce héros survivant de l'enfer que rien ne peut arrêter. Je me suis ennuyé et je n'ai aimé ni le dessin ni l'histoire.
Miséricorde
Assez déçu par ce recueil, une fausse bonne idée. On ne présente plus JVH, scénariste de talent, cet album adapte en images ses courts récits à chute, préalablement parus en revue. Sur le papier, why not ? d’autant que le casting de dessinateurs est alléchant. Pas grand chose à dire sur le graphisme, des styles éclectiques mais les différents intervenants soignent leurs parties, plutôt agréable dans l’ensemble. Je serai plus sévère sur les mini-scénarios façon thriller, je reconnais la difficulté de l’exercice mais malgré des chutes acceptables, j’ai eu le sentiment que c’était souvent trop court et finalement assez redondant. En fait c’est pas très marquant, ma lecture remonte à un mois et je ne me rappelle déjà plus de la plupart, jamais bon signe. En plus, je m'étais fait la réflexion qu’ils étaient de moins en moins bons au fil de ma découverte, je garde quand même une tendresse pour le tout premier avec cette histoire de romancier « serial-killer ».
Les Brumes hurlantes
Mouais. Vraiment pas convaincu par ce diptyque. D’abord parce que l’histoire se traine sur un rythme trop lent, avec moult personnages qui multiplient les digressions, personnages souvent caricaturaux. Du coup l’intrigue perd en intérêt (même en y repensant d’ailleurs je ne la trouve pas vraiment captivante à la base). Elle hésite aussi entre polar et fantastique (avec pour ce dernier thème un mixe entre créature échappant à son maître, dérivée de « Frankenstein » et la bête du Gévaudan – mais délocalisée en Sologne). Je me suis ennuyé dans cette lecture. Le dessin n’est pas mauvais, mais là aussi je reste sur ma faim. Les forêts et étangs de Sologne, les brumes qui les enveloppent, tout ça est propice à de belles planches, mais le style de Mutti ne m’a pas convaincu ici. Autre petit détail qui m’a chiffonné, ce sont les grosses erreurs de proportions, dès lors que des personnages pénètrent dans une habitation : on a presque à chaque fois l’impression que les plafonds se sont mystérieusement surélevés de plusieurs mètres ! Je n’y reviendrai pas en tout cas.
Avant la prison
Je ne mets pas la note minimale, parce que j’ai bien apprécié le dessin, très lisible et agréable (avec des visages – pour la partie « médiévale » – assez ronds avec de gros yeux, comme peut en dessiner Ivan Brun : un résultat surprenant mais que j’ai bien aimé). Pour le reste la lecture a été très laborieuse, voire carrément chiante pour certains passages. Cet album est censé être une sorte de préquel à Dans la prison, pour expliquer justement pour quelle raison l’auteur s’était retrouvé incarcéré. Je spoile tout de suite, il l’a été pour possession illégale d’arme à feu. Et donc pendant des dizaines et des dizaines de pages, il nous explique (dessins méticuleux – et très réussis ! – à l’appui, comment il a récupéré un vieux pistolet, complètement boueux et rouillé, l’a remis en état, réparé, nous expliquant le lissage, soudage, grattage, limage, dévissage, revissage, polissage, etc, tout y passe, le tout accompagné par des considérations sur la valeur esthétique des différentes armes de points, comparant répliques et armes d’origine. C’est lent, c’est long, et seuls les passionnés – mais alors super passionnés d’armes à feu, voire même seulement du montage/démontage de ce genre précis de colt – peuvent y trouver un intérêt jusqu’au bout. N’étant pas du tout amateur d’arme à feu, autant vous dire que je me suis ennuyé ferme. Mais ce n’est pas tout. Pour je ne me rappelle plus quelle raison, l’auteur raconte aussi en parallèle une histoire sans aucun lien, se déroulant dans le Japon médiéval, histoire qui ne m’a pas non plus passionné (même si elle m’a moins ennuyé). Et ces deux histoires totalement distinctes s’entrecroisent sans transition, trois ou quatre pages de l’une, deux ou trois pages de l’autre, etc. Bref, même ceux qui trouvent de l’intérêt à l’une ou l’autre (voire les deux !) de ces histoires seront forcément gênés par ce mélange, qui hache totalement – et inutilement – la lecture. J’avoue n’avoir fait que survoler la vingtaine de dernières pages. Note réelle 1,5/5.
Deadpool Samurai
Deadpool s'envole au Japon où on va aussi retrouver d'autres personnages Marvel (Iron Man, Captain America, Thanos et Loki entre-autres). Un manga avec Deadpool, cela m'intéressait, mais j'ai vite trouvé que c'était vraiment moyen. On retrouve l'humour de Deadpool qui brise le quatrième mur et j'ai trouvé que c'était souvent prévisible avec des gags du genre 'mon dieu le scénario est cliché'. D'ailleurs c'est pas parce qu'un auteur pointe lui-même les faiblesses de son scénario que c'est drôle ou que cela améliore le récit. Il y aussi des références que les lecteurs qui ne connaissent pas le monde des mangas ne vont pas comprendre (Deadpool qui envoi une facture à un éditeur concurrent, Deadpool qui dit que Jump, le magazine qui publie son histoire, s'est nul et propose de lire le magazine d'un éditeur concurrent). Au moins le scénariste évite de mettre Deadpool dans un univers complètement débile. Deadpool est meilleur lorsque c'est le seul élément comique dans un monde sérieux. Le problème s'est que j'ai eu l'impression de l'avoir déjà vu plusieurs fois. Par exemple, Deadpool va faire équipe avec une Spider-Woman japonaise qui n'aime pas ses conneries. En gros, encore un duo avec une femme intelligente qui doit gérer un homme super-lourd qui fait n'importe quoi. Les scènes de bastons ne m'ont pas captivé non plus. En gros, c'est vraiment un produit formaté pour les ados. Si j'étais plus jeune, j'aurais peut-être mieux accroché, mais je pense que je suis trop vieux pour ce genre de truc.