Sympathiquement naïve, voilà une courte série pour laquelle il faut retrouver son âme d'enfant afin de la juger avec toute l'indulgence requise.
Invincible et héroïque, notre archer blanc ne saurait que rétablir la justice dans un monde futuriste qui a basculé dans la dictature. Cortegianni fait preuve de suffisamment d'énergie et d'imagination pour livrer des histoires lisibles et agréables, à défaut d'originales et passionnantes. Tout reste gaiement superficiel, et c'est bien l'action qui domine...
Action qui ne fait pas peur à Mitton, qui fait preuve d'une belle énergie pour illustrer tout ça avec la nervosité voulue, tant au niveau de la mise en page que du trait, et il confirme la lisibilité des intrigues de son compère sans jamais démériter.
Bref, des récifs qui possèdent une certaine fraîcheur sympathique sans jamais prendre l'épaisseur qui en aurait fait une oeuvre marquante. A réserver avant aux amateurs des deux auteurs.
Voici encore une série qui s'inspire d'un héros connu pour partir dans une direction différente en revenant sur sa jeunesse.
Dans la série Barbe-Rouge, la puissance de l'oeuvre venait pour beaucoup des rapports entre l'impitoyable Barbe-Rouge et son fils adoptif, le généreux Eric. En revenant sur la jeunesse du terrible pirate, Perrissin lui enlève beaucoup de son mystère, même s'il a su lui donner une genèse intéressante. Le scénariste connaît l'univers qu'il décrit, et il parvient à titiller l'imagination du lecteur sensible aux aventures de Barbe-Rouge.
Cependant, le bât blesse par le traitement, car à l'exception du premier tome où Perrissin tente la transition avec le style de Charlier en livrant de nombreux dialogues fondés sur les différentes oppositions, ce qui donne une grande intelligence au récit, les textes frappent par leur modernité et finissent par lasser.
Si la violence et le sadisme sont au rendez-vous, on remarquera que les histoires de Charlier n'en manquaient pas, et il est difficile de mordre à des récits où des dialogues improbables tranchent avec un univers bien installé, sans le renouveler ou même le servir. Après tout, les aventures du démon des caraïbes se déroulent à une époque bien définie et gagne une intemporalité certaine comparées à des oeuvres contemporaines. Si les textes du scénariste créateur semblaient parfois sages, il n'en donnait pas moins de la crédibilité aux personnages, à l'inverse d'un langage fleuri plutôt déplacé (voire ridicule).
Le dessin de Redondo repose beaucoup sur la mise en couleur. Il lui manque de l'équilibre ou un sens du spectaculaire pour rivaliser avec les différents auteurs des aventures du Barbe-Rouge adulte. Il reste agréable tout en étant réduit à son minimum.
Un cycle qui tente quelques audaces pour moderniser un personnage qui n'en a sans doute pas besoin. Le temps dira si cette tentative en valait la peine, alors qu'on savoure encore les tomes du tandem Charlier/Hubinon (qui ont bien quelques rides tout de même), ou bien encore ceux réalisés avec Jijé ou Pellerin.
On pouvait attendre beaucoup plus de cette série, qui est le fruit de l'ambition du dessinateur Dermaut de donner une grande crédibilité psychologique aux personnages de sa série phare.
Or, même si ce premier tome est avant tout une mise en place d'une intrigue qui s'étalera sur plusieurs albums, il est dommage que Dermaut et son co-scénariste Gelot utilisent de nombreuses conventions du genre sans réelles innovations : Gunther a un brillant avenir devant lui mais rêve d'aventures, il est en conflit avec son père, il est accusé du meurtre de ce dernier, son frère est un traître qui est à l'origine de cette accusation...
Peu de surprises, pour un récit qui semble au contraire privilégier l'action. "MaleFosse" possède vraiment un ton différent de la série originale de Bardet et Dermaut. La documentation n'est plus aussi poussée, l'humour moins présent et surtout, les dialogues ne possèdent pas la densité et la magie de ceux de Bardet. De fait, ce sont eux qui imprimaient un vrai rythme aux "chemins de malefosse" et leur donnait un caractère authentique et original. Ce caractère manque ici, même si les textes sont bien rédigés, mais paraissent à la comparaison assez faciles.
Cependant, il faut reconnaître que le récit, s'il manque de sel, est bien construit, malgré certaines ruptures de rythme, et la rencontre de Gunther avec un autre personnage important des "chemins de MaleFosse" (que je ne citerais pas pour ne pas flinguer la surprise, scrupule que n'a pas eu Glénat sur sa quatrième de couverture) est bien agencée.
Niveau dessin, Dermaut mérite un cinq sur cinq. Son passage à la couleur directe, aux teintes hivernales, est une pure merveille. Sa mise en page suit parfaitement les déploiements d'action du scénario, et son trait n'a rien perdu de sa précision. Il croque des personnages plus vrais que natures et ses décors traduisent une rigueur historique peu commune. Il faut une grande maîtrise pour ne pas se laisser écraser par les détails et à la fois donner de la fluidité au récit : Dermaut possède cette qualité.
Bref, plutôt décevant au niveau d'un scénario un peu commun et fade, mais un graphisme absolument formidable. Certains trouveront cette série plus accessible que Les Chemins de Malefosse, d'autres (dont votre serviteur) n'y retrouveront pas le même univers, dans quelle direction évolueront les auteurs ? A suivre...
Bon alors je suppose qu'il s'agit d'une histoire par et pour des gens qui ont lu Lovecraft, et qui partagent un frémissement pour l'indicible de l'au-delà.
Mais qu'est-ce qu'on fait quand on ne partage pas du tout ce frémissement ?
On voit une grosse limace de l'espace accompagnée d'une flopée de morpions de l'espace, sans aucun intérêt littéraire ni esthétique, et qui mériteraient plus un bon coup de karcher qu'une interrogation ésotérique. On voit des personnages auxquels il arrive n'importe quoi pourvu que ça leur fasse peur et qu'ils n'y comprennent rien, une histoire de clé qu'on croirait sortie d'une série Z américaine.
Elle est top trop sucre d'orge et années 70, la clé. Un brin ringard psychédélique, quoi. Genre passage entre les babas cools et le disco. Genre série télé britannique.
Le dessin est magistral par moment, mais souvent il nuit aussi à la lecture, pas clair, fouillis. Doit-on rester sur une case plus de 30 secondes en fronçant les sourcils pour comprendre ce qu'il y a dedans ? Mais toujours, clair ou pas, le dessin se prend un peu trop au sérieux.
C'est pas nul, il y a visiblement beaucoup de talent. Mais peut-on en dire autant de l'inspiration ?
C'est vrai que cette BD n'est pas un chef-d'oeuvre, ni même une oeuvre marquante, à tel point que j'en avais presque oublié que je l'avais lue.
Pourtant, j'apprécie son décor et son dessin. Le trait de Juillard me plait beaucoup, de même que ses couleurs. J'aime cette ligne claire qu'il nous offre là. Et j'aime l'ambiance Europe de l'Est des lieux visités.
Le récit quant à lui intrigue un peu au début puis... Comme beaucoup, je me suis assez vite lassé et je me suis même un peu ennuyé à suivre cette Léna qu'on voit évoluer de rencontres en rencontres sans comprendre les motivations ni le comportement. Elle n'est pas attachante du tout.
Et quand vient enfin la révélation finale, le pourquoi de ces rencontres, de ces codes secrets, de cette mission mystérieuse, c'est... très décevant. Tout ça pour ça ? Quelle drôle d'idée... et quel vain scénario au final...
Une oeuvre très Clampesque, comme ces dessinatrices en font beaucoup trop depuis de nombreuses années.
Concernant le dessin, il n'y a pas grand chose à redire : ça ne plaira peut-être pas à tout le monde, mais c'est clairement maîtrisé, avec une mise en page magistrale.
Par contre, au niveau histoire, c'est carrément chiant : c'est redondant toutes les 5 pages, c'est gnan gnan à souhait (et ça tranche surtout avec les quelques moments plutôt bourrins, parfois jouissifs).
Autant l'oeuvre papier est selon moi à proscrire de toute bibliothèque (sauf si on ne l'achète que pour les dessins), autant le film d'animation qui en a été tiré voilà bientôt 10 ans est un petit bijou (certes très violent, mais magnifiquement réalisé).
J'ai été tout de suite attiré par le petit format et la jolie couverture de cet album. Et en feuilletant, je suis resté sur ma bonne impression.
Le dessin, franco-belge mais d'inspiration manga, bénéficie d'une belle maîtrise et d'une mise en page sympathique. J'aime beaucoup ce trait, sa simplicité, sa clarté et la composition de chaque case. Il est à la fois assez réaliste pour les décors et un mélange de cartoon, de franco-belge et d'un petit quelque chose de Leiji Matsumoto (Albator) pour certains personnages.
Hélas, le scénario ne m'a franchement pas enthousiasmé.
Décor de Japon médiéval, pas très original mais pourquoi pas.
Mais dès le début, j'ai eu un peu de mal à accrocher. Les personnages se rencontrent en début de récit et leurs dialogues sonnent aussitôt bizarrement, de manière un peu sybilline. L'intrigue se lance alors, mais sans rythme et un peu confuse. On a droit à quelques clichés, quelques scènes un peu cartoonesques mais sans saveur et sans tonus, des dialogues assez répétitifs au point d'en devenir plutôt lourds et une trame de récit à laquelle j'ai eu franchement du mal à m'intéresser.
Qu'est-ce qui pousse ces personnages à vouloir tuer toutes ces bonnes âmes, devenant sans raison crédible des tueurs sans pitié ? Et quelque soit l'oracle ou la malédiction qui semble les toucher, je trouve que ça ne passe pas, que ce n'est pas plausible, que les personnages n'ont rien de suffisamment attachants pour happer le lecteur dans le récit. D'autant que leur relation en permanence conflictuelle est lassante et on a du mal à comprendre ce qui les maintient unis. En tout cas, le récit ne permet pas de le ressentir correctement.
Bref, malgré un beau dessin et un format de récit très appréciable, je n'ai pas aimé ce début de scénario ni ses 3 protagonistes.
J'avoue que je ne comprends pas trop pourquoi cet album a été publié... Pour satisfaire une clientèle mâle à peine pubère en mal de poumons surdimensionnés ?
Bon, j'ai dépassé la puberté depuis plusieurs années maintenant, mais j'avoue que ces filles ne sont pas vraiment affriolantes... En fait j'ai eu la désagréable sensation que c'était du sous-Marini, avec un soupçon de Terry Dodson pour le côté "évaporé" de l'encrage et la propension à l'érotisme. Pourtant, d'érotisme il n'y a pas vraiment dans cet album. Juste quelques filles un peu dénudées.
Pas de quoi exciter qui que ce soit.
Mais à la limite, ça ne me gênait pas. S’il y avait eu une histoire. Parce que là, c'est plus fin qu'un papier de tabac à rouler, ce truc. J’avoue que j'ai failli lâcher l'album au bout de 10 pages. Et puis, n'écoutant que mon devoir, je me suis mis en demeure de le terminer. Ce n'est quand même pas très intéressant, comme histoire, des maisons closes qui font la course pour ne pas être fermées.
Ma vraie note serait aux alentours de 1,5/5, mais j'ai volontairement surnoté car je sens qu'il va y avoir des avis assassins. :)
Les éditions Treize Etrange m'avaient fait très bonne impression avec certains de leurs albums (notamment Malet). Et comme le titre de cette BD me plaisait et comme l'esthétisme de sa couverture me faisait penser à une "James Bonderie" rose, je me suis laissé tenter sans savoir à quoi m'attendre.
Eh bien, j'ai franchement été déçu.
Le dessin n'est pas mauvais. Il est dans la veine des cartoons américains modernes, un peu anguleux, un peu passe-partout. Cependant, malgré son bon encrage et sa bonne tenue, c'est le genre de dessin qui me lasse très vite quand l'histoire ne suit pas.
Et elle ne suit pas.
Le scénario est bourré de clichés et de facilités scénaristiques. Dès le début, on sent l'embrouille de couple, les deux jeunes fiancés qui s'engueulent un peu trop vite pour être crédibles. Puis s'accumulent les rebondissements prévisibles : échanges de billet, amourettes adultères dès qu'ils sont séparés, imbroglio policier à l'eau-de-rose avec des coïncidences grosses comme des poutres, et final façon portes-qui-claquent et tout le monde qui se retrouve sur scène pour se bagarrer.
A cela s'ajoute un humour bateau et sans surprise. Et surtout une vision caricaturale de l'Europe et de la France qui fait peur. Angleterre = concerts rock et punks. France = Tour Eiffel, cuisses de grenouille, serveur de café et tout le monde en béret et à petites moustaches. Ca pourrait être comique si ce n'était pas tellement usité depuis des décennies et si on imaginait que c'était vraiment du second degré, mais ce second degré, je crains qu'il soit dur à trouver.
Alors scénario ultra-prévisible façon téléfilm à bas budget, facilités scénaristiques, clichés par dizaines et humour de bas étage, je ne vois pas vraiment l'intérêt d'avoir importé ce comics en Europe malgré son titre.
Petits mensonges est un petit album souple d'une maison d'édition que je ne connaissais que vaguement de nom jusqu'à présent. Le thème de cet album, l'enfance et les souvenirs de jeunesse de la fin des années 70, l'époque de Goldorak à la télé.
Le dessin est tout simple, tout rond, pas exceptionnel. La narration est muette et son traitement graphique assez moyen, les émotions ne passant pas toujours bien et les personnages usant de mimiques répétitives et pas toujours très parlantes.
Le récit est divisé en histoires courtes, autant de moments-souvenirs et d'anecdotes. L'ambiance est plutôt à l'humour, avec le jeune héros qui râle parce que sa maîtresse dont il est amoureux en aime un autre ou encore qui martyrise son petit frère, souvent sans raison, juste pour le plaisir de le taquiner. Ce dernier point amène parfois le sourire, notamment quand les deux frères réunis s'imaginent bientôt avoir tous deux un autre petit frère qu'ils pourront martyriser ensemble.
Mais dans l'ensemble, je dois le dire, je n'ai pas trouvé cet album vraiment drôle. Et comme je ne l'ai pas non plus trouvé ni touchant ni intéressant, je me suis un peu ennuyé malgré le fait qu'il se lise très vite.
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L'Archer blanc
Sympathiquement naïve, voilà une courte série pour laquelle il faut retrouver son âme d'enfant afin de la juger avec toute l'indulgence requise. Invincible et héroïque, notre archer blanc ne saurait que rétablir la justice dans un monde futuriste qui a basculé dans la dictature. Cortegianni fait preuve de suffisamment d'énergie et d'imagination pour livrer des histoires lisibles et agréables, à défaut d'originales et passionnantes. Tout reste gaiement superficiel, et c'est bien l'action qui domine... Action qui ne fait pas peur à Mitton, qui fait preuve d'une belle énergie pour illustrer tout ça avec la nervosité voulue, tant au niveau de la mise en page que du trait, et il confirme la lisibilité des intrigues de son compère sans jamais démériter. Bref, des récifs qui possèdent une certaine fraîcheur sympathique sans jamais prendre l'épaisseur qui en aurait fait une oeuvre marquante. A réserver avant aux amateurs des deux auteurs.
La Jeunesse de Barbe-Rouge
Voici encore une série qui s'inspire d'un héros connu pour partir dans une direction différente en revenant sur sa jeunesse. Dans la série Barbe-Rouge, la puissance de l'oeuvre venait pour beaucoup des rapports entre l'impitoyable Barbe-Rouge et son fils adoptif, le généreux Eric. En revenant sur la jeunesse du terrible pirate, Perrissin lui enlève beaucoup de son mystère, même s'il a su lui donner une genèse intéressante. Le scénariste connaît l'univers qu'il décrit, et il parvient à titiller l'imagination du lecteur sensible aux aventures de Barbe-Rouge. Cependant, le bât blesse par le traitement, car à l'exception du premier tome où Perrissin tente la transition avec le style de Charlier en livrant de nombreux dialogues fondés sur les différentes oppositions, ce qui donne une grande intelligence au récit, les textes frappent par leur modernité et finissent par lasser. Si la violence et le sadisme sont au rendez-vous, on remarquera que les histoires de Charlier n'en manquaient pas, et il est difficile de mordre à des récits où des dialogues improbables tranchent avec un univers bien installé, sans le renouveler ou même le servir. Après tout, les aventures du démon des caraïbes se déroulent à une époque bien définie et gagne une intemporalité certaine comparées à des oeuvres contemporaines. Si les textes du scénariste créateur semblaient parfois sages, il n'en donnait pas moins de la crédibilité aux personnages, à l'inverse d'un langage fleuri plutôt déplacé (voire ridicule). Le dessin de Redondo repose beaucoup sur la mise en couleur. Il lui manque de l'équilibre ou un sens du spectaculaire pour rivaliser avec les différents auteurs des aventures du Barbe-Rouge adulte. Il reste agréable tout en étant réduit à son minimum. Un cycle qui tente quelques audaces pour moderniser un personnage qui n'en a sans doute pas besoin. Le temps dira si cette tentative en valait la peine, alors qu'on savoure encore les tomes du tandem Charlier/Hubinon (qui ont bien quelques rides tout de même), ou bien encore ceux réalisés avec Jijé ou Pellerin.
Malefosse
On pouvait attendre beaucoup plus de cette série, qui est le fruit de l'ambition du dessinateur Dermaut de donner une grande crédibilité psychologique aux personnages de sa série phare. Or, même si ce premier tome est avant tout une mise en place d'une intrigue qui s'étalera sur plusieurs albums, il est dommage que Dermaut et son co-scénariste Gelot utilisent de nombreuses conventions du genre sans réelles innovations : Gunther a un brillant avenir devant lui mais rêve d'aventures, il est en conflit avec son père, il est accusé du meurtre de ce dernier, son frère est un traître qui est à l'origine de cette accusation... Peu de surprises, pour un récit qui semble au contraire privilégier l'action. "MaleFosse" possède vraiment un ton différent de la série originale de Bardet et Dermaut. La documentation n'est plus aussi poussée, l'humour moins présent et surtout, les dialogues ne possèdent pas la densité et la magie de ceux de Bardet. De fait, ce sont eux qui imprimaient un vrai rythme aux "chemins de malefosse" et leur donnait un caractère authentique et original. Ce caractère manque ici, même si les textes sont bien rédigés, mais paraissent à la comparaison assez faciles. Cependant, il faut reconnaître que le récit, s'il manque de sel, est bien construit, malgré certaines ruptures de rythme, et la rencontre de Gunther avec un autre personnage important des "chemins de MaleFosse" (que je ne citerais pas pour ne pas flinguer la surprise, scrupule que n'a pas eu Glénat sur sa quatrième de couverture) est bien agencée. Niveau dessin, Dermaut mérite un cinq sur cinq. Son passage à la couleur directe, aux teintes hivernales, est une pure merveille. Sa mise en page suit parfaitement les déploiements d'action du scénario, et son trait n'a rien perdu de sa précision. Il croque des personnages plus vrais que natures et ses décors traduisent une rigueur historique peu commune. Il faut une grande maîtrise pour ne pas se laisser écraser par les détails et à la fois donner de la fluidité au récit : Dermaut possède cette qualité. Bref, plutôt décevant au niveau d'un scénario un peu commun et fade, mais un graphisme absolument formidable. Certains trouveront cette série plus accessible que Les Chemins de Malefosse, d'autres (dont votre serviteur) n'y retrouveront pas le même univers, dans quelle direction évolueront les auteurs ? A suivre...
Cromwell Stone
Bon alors je suppose qu'il s'agit d'une histoire par et pour des gens qui ont lu Lovecraft, et qui partagent un frémissement pour l'indicible de l'au-delà. Mais qu'est-ce qu'on fait quand on ne partage pas du tout ce frémissement ? On voit une grosse limace de l'espace accompagnée d'une flopée de morpions de l'espace, sans aucun intérêt littéraire ni esthétique, et qui mériteraient plus un bon coup de karcher qu'une interrogation ésotérique. On voit des personnages auxquels il arrive n'importe quoi pourvu que ça leur fasse peur et qu'ils n'y comprennent rien, une histoire de clé qu'on croirait sortie d'une série Z américaine. Elle est top trop sucre d'orge et années 70, la clé. Un brin ringard psychédélique, quoi. Genre passage entre les babas cools et le disco. Genre série télé britannique. Le dessin est magistral par moment, mais souvent il nuit aussi à la lecture, pas clair, fouillis. Doit-on rester sur une case plus de 30 secondes en fronçant les sourcils pour comprendre ce qu'il y a dedans ? Mais toujours, clair ou pas, le dessin se prend un peu trop au sérieux. C'est pas nul, il y a visiblement beaucoup de talent. Mais peut-on en dire autant de l'inspiration ?
Léna (Le Long Voyage de Léna)
C'est vrai que cette BD n'est pas un chef-d'oeuvre, ni même une oeuvre marquante, à tel point que j'en avais presque oublié que je l'avais lue. Pourtant, j'apprécie son décor et son dessin. Le trait de Juillard me plait beaucoup, de même que ses couleurs. J'aime cette ligne claire qu'il nous offre là. Et j'aime l'ambiance Europe de l'Est des lieux visités. Le récit quant à lui intrigue un peu au début puis... Comme beaucoup, je me suis assez vite lassé et je me suis même un peu ennuyé à suivre cette Léna qu'on voit évoluer de rencontres en rencontres sans comprendre les motivations ni le comportement. Elle n'est pas attachante du tout. Et quand vient enfin la révélation finale, le pourquoi de ces rencontres, de ces codes secrets, de cette mission mystérieuse, c'est... très décevant. Tout ça pour ça ? Quelle drôle d'idée... et quel vain scénario au final...
X 1999
Une oeuvre très Clampesque, comme ces dessinatrices en font beaucoup trop depuis de nombreuses années. Concernant le dessin, il n'y a pas grand chose à redire : ça ne plaira peut-être pas à tout le monde, mais c'est clairement maîtrisé, avec une mise en page magistrale. Par contre, au niveau histoire, c'est carrément chiant : c'est redondant toutes les 5 pages, c'est gnan gnan à souhait (et ça tranche surtout avec les quelques moments plutôt bourrins, parfois jouissifs). Autant l'oeuvre papier est selon moi à proscrire de toute bibliothèque (sauf si on ne l'achète que pour les dessins), autant le film d'animation qui en a été tiré voilà bientôt 10 ans est un petit bijou (certes très violent, mais magnifiquement réalisé).
Frères d'âmes
J'ai été tout de suite attiré par le petit format et la jolie couverture de cet album. Et en feuilletant, je suis resté sur ma bonne impression. Le dessin, franco-belge mais d'inspiration manga, bénéficie d'une belle maîtrise et d'une mise en page sympathique. J'aime beaucoup ce trait, sa simplicité, sa clarté et la composition de chaque case. Il est à la fois assez réaliste pour les décors et un mélange de cartoon, de franco-belge et d'un petit quelque chose de Leiji Matsumoto (Albator) pour certains personnages. Hélas, le scénario ne m'a franchement pas enthousiasmé. Décor de Japon médiéval, pas très original mais pourquoi pas. Mais dès le début, j'ai eu un peu de mal à accrocher. Les personnages se rencontrent en début de récit et leurs dialogues sonnent aussitôt bizarrement, de manière un peu sybilline. L'intrigue se lance alors, mais sans rythme et un peu confuse. On a droit à quelques clichés, quelques scènes un peu cartoonesques mais sans saveur et sans tonus, des dialogues assez répétitifs au point d'en devenir plutôt lourds et une trame de récit à laquelle j'ai eu franchement du mal à m'intéresser. Qu'est-ce qui pousse ces personnages à vouloir tuer toutes ces bonnes âmes, devenant sans raison crédible des tueurs sans pitié ? Et quelque soit l'oracle ou la malédiction qui semble les toucher, je trouve que ça ne passe pas, que ce n'est pas plausible, que les personnages n'ont rien de suffisamment attachants pour happer le lecteur dans le récit. D'autant que leur relation en permanence conflictuelle est lassante et on a du mal à comprendre ce qui les maintient unis. En tout cas, le récit ne permet pas de le ressentir correctement. Bref, malgré un beau dessin et un format de récit très appréciable, je n'ai pas aimé ce début de scénario ni ses 3 protagonistes.
Route des maisons rouges
J'avoue que je ne comprends pas trop pourquoi cet album a été publié... Pour satisfaire une clientèle mâle à peine pubère en mal de poumons surdimensionnés ? Bon, j'ai dépassé la puberté depuis plusieurs années maintenant, mais j'avoue que ces filles ne sont pas vraiment affriolantes... En fait j'ai eu la désagréable sensation que c'était du sous-Marini, avec un soupçon de Terry Dodson pour le côté "évaporé" de l'encrage et la propension à l'érotisme. Pourtant, d'érotisme il n'y a pas vraiment dans cet album. Juste quelques filles un peu dénudées. Pas de quoi exciter qui que ce soit. Mais à la limite, ça ne me gênait pas. S’il y avait eu une histoire. Parce que là, c'est plus fin qu'un papier de tabac à rouler, ce truc. J’avoue que j'ai failli lâcher l'album au bout de 10 pages. Et puis, n'écoutant que mon devoir, je me suis mis en demeure de le terminer. Ce n'est quand même pas très intéressant, comme histoire, des maisons closes qui font la course pour ne pas être fermées. Ma vraie note serait aux alentours de 1,5/5, mais j'ai volontairement surnoté car je sens qu'il va y avoir des avis assassins. :)
Trois jours en Europe
Les éditions Treize Etrange m'avaient fait très bonne impression avec certains de leurs albums (notamment Malet). Et comme le titre de cette BD me plaisait et comme l'esthétisme de sa couverture me faisait penser à une "James Bonderie" rose, je me suis laissé tenter sans savoir à quoi m'attendre. Eh bien, j'ai franchement été déçu. Le dessin n'est pas mauvais. Il est dans la veine des cartoons américains modernes, un peu anguleux, un peu passe-partout. Cependant, malgré son bon encrage et sa bonne tenue, c'est le genre de dessin qui me lasse très vite quand l'histoire ne suit pas. Et elle ne suit pas. Le scénario est bourré de clichés et de facilités scénaristiques. Dès le début, on sent l'embrouille de couple, les deux jeunes fiancés qui s'engueulent un peu trop vite pour être crédibles. Puis s'accumulent les rebondissements prévisibles : échanges de billet, amourettes adultères dès qu'ils sont séparés, imbroglio policier à l'eau-de-rose avec des coïncidences grosses comme des poutres, et final façon portes-qui-claquent et tout le monde qui se retrouve sur scène pour se bagarrer. A cela s'ajoute un humour bateau et sans surprise. Et surtout une vision caricaturale de l'Europe et de la France qui fait peur. Angleterre = concerts rock et punks. France = Tour Eiffel, cuisses de grenouille, serveur de café et tout le monde en béret et à petites moustaches. Ca pourrait être comique si ce n'était pas tellement usité depuis des décennies et si on imaginait que c'était vraiment du second degré, mais ce second degré, je crains qu'il soit dur à trouver. Alors scénario ultra-prévisible façon téléfilm à bas budget, facilités scénaristiques, clichés par dizaines et humour de bas étage, je ne vois pas vraiment l'intérêt d'avoir importé ce comics en Europe malgré son titre.
Petits mensonges
Petits mensonges est un petit album souple d'une maison d'édition que je ne connaissais que vaguement de nom jusqu'à présent. Le thème de cet album, l'enfance et les souvenirs de jeunesse de la fin des années 70, l'époque de Goldorak à la télé. Le dessin est tout simple, tout rond, pas exceptionnel. La narration est muette et son traitement graphique assez moyen, les émotions ne passant pas toujours bien et les personnages usant de mimiques répétitives et pas toujours très parlantes. Le récit est divisé en histoires courtes, autant de moments-souvenirs et d'anecdotes. L'ambiance est plutôt à l'humour, avec le jeune héros qui râle parce que sa maîtresse dont il est amoureux en aime un autre ou encore qui martyrise son petit frère, souvent sans raison, juste pour le plaisir de le taquiner. Ce dernier point amène parfois le sourire, notamment quand les deux frères réunis s'imaginent bientôt avoir tous deux un autre petit frère qu'ils pourront martyriser ensemble. Mais dans l'ensemble, je dois le dire, je n'ai pas trouvé cet album vraiment drôle. Et comme je ne l'ai pas non plus trouvé ni touchant ni intéressant, je me suis un peu ennuyé malgré le fait qu'il se lise très vite.