Léonard est un génie. Et son disciple en fait les frais.
Cette série humoristique inspirée par Léonard de Vinci donne la part belle à l’humour absurde jouant avec divers anachronismes. Le trait à gros nez et en ligne claire de De Groot convient particulièrement à ce type de série. Il est dynamique, très lisible et inspiré par les dessins de Tex Avery. Les scénarios ne sont qu’une suite de gags en quelques planches composés dans un canevas bien rigide.
1- Léonard a une idée
2- Son disciple en fait les frais
C’est simple, efficace parfois, répétitif à terme. Heureusement, le domaine des inventions est suffisamment riche pour permettre une grande diversité sur les sujets traités. Mais bon, la série ne casse quand même pas les briques. Des mêmes auteurs j’ai toujours préféré Robin Dubois, collection pour laquelle le principe du gag en une planche nécessite plus d’efficacité.
Une série moyenne qui méritait un 3/5 à ses débuts et qui, à force d’user la même corde, oscille entre 1/5 et 2/5 actuellement. Allez, soyons généreux : 2/5 pour l’ensemble.
Tintin est un mythe. Ce jeune et courageux reporter aura révolutionné la bande dessinée européenne et son auteur sera le fondateur d’une nouvelle école graphique : la ligne claire. Ce style, dynamique, épuré, simplifié (il n’y a pas d’ombres, par exemple) est d’une efficacité monstrueuse dans le domaine de la bd. Sa lisibilité est phénoménale et elle permet d’aborder les sujets les plus divers. Tant des œuvres pour la jeunesse que des ouvrages plus adultes peuvent être illustrés par ce procédé. Maintenant, l’évolution entre les premiers pas de « Tintin chez les Soviets » et la totale maîtrise du graphisme de « Tintin et les Picaros » (qu’Hergé dessinera finalement très peu) est telle que les comparer s’avère délicat. Raison pour laquelle je clos le chapitre « graphisme » sur ces quelques mots : clair, lisible, immédiat, efficace, visionnaire.
En matière de scénario, Hergé avait l’art de créer des histoires très mouvementées, truffées de péripéties, de rebondissements mais qui, dans l’ensemble, ont quand même mal vieilli. Les premiers tomes sont d’ailleurs d’une telle naïveté qu’une relecture à l’heure actuelle s’avère plutôt pénible. Certains album restent toutefois au-dessus du lot et un diptyque tel que « Le Secret de la Licorne »/« Le Trésor de Rakham le Rouge » demeure encore très bon à l’heure actuelle.
En matière de personnages, Hergé comprendra vite que Tintin est finalement un héros trop « propre sur lui » pour que le lecteur s’y identifie totalement. Il lui adjoindra donc une galerie de personnages secondaires absolument irrésistibles. Milou, Le capitaine Haddock, les Dupondt, le professeur Tournesol et la Castafiore sont les plus connus et l’on constatera que chacun d’entre eux a des défauts très prononcé qui le rendent si attachants.
Passons au point qui fâche : les sujets abordés. J’ai toujours trouvé Tintin très politique. Hergé a ses convictions et se plait à hurler avec les loups, et Tintin en est le reflet. Au Congo, les missionnaires sont les seules personnes compétentes. Les autochtones sont de fainéants imbéciles et les colons des crapules. L’Amérique est peuplée de sauvages et de bandits. Tandis que durant la guerre 40-45 (l’étoile mystérieuse), les gentils européens (de l’époque, c’est-à-dire les occupants allemands) doivent se défendre face aux agressions de fourbes américains (encore eux). Ce ne sont que quelques exemples. Hergé suivait toujours le courant et si l’on prend la date de parution originale de chaque tome, on se rend compte que l’option choisie est tout simplement celle soutenue par les personnes les plus influentes de l’époque : l’église ou le parti politique au pouvoir en Europe. Tintin est donc l’inverse d’un contestataire et, à ce titre, m’a toujours déçu. Il faudra attendre « Les bijoux de la Castafiore » pour que Tintin défende des coupables tout désigné.
Et, à ce niveau, Tintin ne fera jamais de l’ombre à l’audacieux Spirou dans ma galerie de personnages fétiches. Remember « Il y a un sorcier à Champignac » dans lequel déjà Spirou disculpait des Romanichels, ou le parti pris écologique de « Les voleurs du Marsupilami ».
En résumé, Tintin est pour moi une série qui n’a pas très bien vieilli, aux scénarios inégaux mais toujours rythmés, peuplée de seconds rôles savoureux, et défendant des thèses discutables. Reste un dessin visionnaire, un merchandising efficace et les somptueuses insultes du capitaine Haddock.
Dispensable, à notre époque.
Ce one-shot m’a attiré car j’affectionne tout particulièrement le Western, et les auteurs m’avaient déjà réservé de belles surprises avec certaines de leurs précédentes séries : Aquablue et Golden City sont des séries que j’aime beaucoup. Mais malgré tout cela et une couverture assez attirante, je dois bien dire qu’Angela m’a un peu déçu.
Le dessin de Vatine tout d’abord, dont j’avais fortement apprécié le coup de crayon dans Aquablue, m’a laissé comme un goût d’inachevé, de bâclé. Il est plus vif mais manque de finesse. Dans les dernières pages en particulier, j’ai remarqué certaines cases qui font plus penser à un story-board qu’à un album fini. De plus, la mise en couleur informatique ne vient pas relever l’ensemble. Dommage, d’autant plus que l’auteur est capable de beaucoup mieux.
Quant à l’histoire, elle se lit très rapidement, trop rapidement même. Le scénario aurait gagné à s’attarder plus sur les personnages, qui sont malheureusement assez transparents. Angela en particulier, l’héroïne pourtant, se cantonne à un petit rôle qui prend seulement un peu d’ampleur à la fin. Il ne se passe réellement pas grand-chose dans Angela, mais il reste cependant quelques scènes mémorables et le flashforward initial crée le suspense et donne envie de lire la suite.
C’est une pure BD de divertissement donc, ce qui n’est pas un mal en soi, bien au contraire, mais j’aurais aimé un peu plus de consistance dans le scénario et dans les dessins. J’ai un goût d’inachevé et de trop peu après lecture de cet album. Je ne dis pas que c’est mauvais, mais que c’est dispensable. Il existe beaucoup mieux dans le genre, que Angela ne renouvelle malheureusement pas.
J'ai cherché, après une longue errance de 20 tomes, une vague cohérence dans l'histoire... je n'en ai pas trouvé. Désolé pour les fans, mais pour ma part, je n'ai jamais apprécié ce manga, pas passionnant, ni rigolo, ni accrocheur. Les étapes se suivent et se ressemblent, les méchants se rajoutent, des bouts d'histoires aussi. Mais là j'abandonne. Cette histoire de Rave Master (y'en a qu'un seul pour une multitude de méchants pas beau avec leur Dark Bring, je ne développe pas c'est trop fatiguant à expliquer) qui combat le mal pour sauver la planète... vu et revu. La série ne décolle pas vraiment, quelques passages sont à peu près bien sentis mais hélas trop peu.
Le graphisme est dépouillé au possible. Bien sur c'est un manga, donc peu de décors mais là tout de même... les gros plans sur les visages (eux-aussi très minimalistes) sont légions.
Un shonen dans le mauvais sens du terme, qui alterne les mauvais aspects du genre. Le dépassement de soi parait limite ridicule, l'amitié poussé à son maximum, les personnages ont été doté d'une fonction courage hors du commun dès la naissance, les méchants frisent le ridicule, les techniques de-la-mort-qui-tue-la-mort pour terrasser l'adversaire...
Voilà encore un membre des séries 7 qui est vraiment, mais alors vraiment, décevant. L'histoire commence d'une manière convaincante avec de beaux dessins, où on voit un ascenseur futuriste Terre-Lune (les architectes ou autres ingénieurs en génie civil doivent quand même bien rigoler) qui mène des prisonniers sur notre satellite, devenu un pénitencier. Par la suite, la qualité des planches devient inégale. Sur certaines planches, on se demande pourquoi le dessinateur a été aussi négligent. Il faut aussi dire que du côté du scénario ça part aussi en lambeaux. Je n'en dirai pas plus pour garder secret le dénouement burlesque.
A sa décharge, j'ai lu ce tome juste après Universal War One qui est un chef-d'oeuvre de la bd de science-fiction. Note 2.
J'ai lu cette série dans sa version intégrale petit format, le rendu est assez bon, mais le dessin doit être nettement mieux mis en valeur dans son format normal. C'est assez joli et bien équilibré, il n'y a pas de surcharges ni de vides, les couleurs sont agréables et reposantes.
Tout le problème vient du scénario qui ne manque pas d'imagination mais qui est très mal traité. Il est truffé de raccourcis et de facilités scénaristiques hallucinantes, toutes les deux pages on y a droit. Amandine se tire de toutes les mauvaises situations avec une facilité et une rapidité déconcertantes. J'ai beaucoup apprécié le chat, Kafka, - car il est au moins aussi intelligent que l'écrivain ! Si ce n'est plus ! - il est très bien dessiné et ses expressions sont souvent drôles, mais avec lui on tombe dans un grand n'importe quoi. On ne sait plus si c'est du polar ou du burlesque.
Mes deux étoiles sont pour ledit chat Kafka et pour l'intrigue qui bien que mal menée, nous tient suffisamment pour lire toute la série jusqu'à la fin. Je ne dirais rien sur la chute qui est… du même acabit que le reste…
Pour commencer mon avis, je dois dire que je ne me considère pas comme la cible de cette BD avec son héroïne parfaite aussi bien physiquement que dans son métier de tueuse à gages. Mais bon, j'ai déjà eu quelques surprises inattendues en BD, donc attirée par la couverture, et avec une demi-heure à tuer dans un rayon BD, j'ai tenté le coup. Je ne m'attendais pas à ce que ça me plaise outre mesure, au final pas de surprise, même si graphiquement ça m'a fait meilleure impression tout de même que les quelques planches qui étaient en pré-publication sur le site de l'éditeur il y a quelques semaines.
Objectivement (si tant est que cela soit possible), le seul vrai reproche que je peux faire à cette histoire c'est que tout est expédié à une vitesse hallucinante, que ce soient les exécutions, les révélations ou les prises de décisions stratégiques. C'est sûr qu'au bout du compte ça donne une histoire dynamique et sans temps mort mais là c'est vraiment trop. Sans vouloir spoiler l'histoire, une révélation comme celle que se prend One Ø Wan dans les premières pages, j'aurais apprécié quelques pages de plus pour que l'héroïne la digère de manière plus crédible. De même, quelques missions antérieures à celle-ci pour nous mettre dans le bain et nous familiariser avec l'univers de cette jeune fille n'auraient pas été du luxe. Bref, ça manque cruellement de psychologie...
Le dessin est moyen, parfois bon, mais souvent approximatif. Les couleurs sont bien choisies, harmonieuses et souvent lumineuses. Correct, sans plus.
Comment décrire cette série dont je n'ai lu que le tome 1 (j'ai pas eu envie de lire le tome 2, bien que je l'avais en main et que j'étais bien installé dans mon fauteuil)
Fondamentalement, elle n'est pas mauvaise (du moins, je ne le pense pas) :
- les dessins sont jolis, il y a des détails et les monuments sont bien dessinés. Non, rien à redire
- les couleurs, dans l'ensemble, sont aussi sympas, elles ne m'ont pas dérangées et se marient bien avec ce type de dessin.
- le découpage est assez classique mais efficace, car le lecteur n'est pas perdu dans la lecture. De plus, il s'adapte parfaitement à l'ambiance assez "classique" qu'inspire cette BD.
- le scénar, ben je ne peux pas trop en juger, vu que j’en ai lu que le tome 1. Mais il ne m'a pas semblé mauvais, mais sans être extraordinaire non plus, sauf peut-être vers la fin, quand le héros devient source inépuisable de connaissance (je ne dit pas en quoi, pour ne pas gâcher le suspens) - mais peut-être est-ce dû au fait que ce héros était déjà le héros d'une autre série (si j'ai bien compris) et donc qu'il me manque une référence...
Non, le problème est que je n'ai pas accroché du tout avec l'ambiance qui ressort à la lecture (l'ambiance du petit village n'est peut-être pas assez lourde, la femme dont le mec ne revient que le week-end ne m'a pas inspiré, ...).
Bref, un BD qui n'est pas pour moi. Ca arrive...
Curieux pseudo pour un détective qui nous transporte en 2038.
Victime d’une machination, rayé de la police, il n’en poursuit pas moins des enquêtes assez difficiles. Pas seul quand même, « Polka », car il bénéficie de l’appui d’une jolie journaliste.
Polka ?… ça ne renouvelle quand même pas le genre et, même si les intrigues et leurs développements sont imaginatives : elles le sont d’une façon classique. Ben oui, cette série ne m’a pas surpris même si les histoires mêlent des « chipotages » politiques, des financiers véreux, des trafics divers…
Polka ?… pas que cela « sente le réchauffé » mais, même transposés dans un futur assez proche les sujets abordés l’ont déjà été à diverses reprises dans des séries qui se passent de nos jours. Pas de surprises donc côté scénarios, mêmes si bien faits je l’écris à nouveau.
Le dessin ?… un bon trait réaliste, bien lisible pour des personnages qui se meuvent dans des décors urbains où –heureusement- une colorisation appropriée, aux rares tons clairs, fait ressortir des ambiances « noires ».
Mais bon… histoires « classiques, personnages à la limite de l’antipathie générale, mise en page un tantinet « standard » malgré des effets de perspectives appréciés, je ne peux pas dire que je relirai les albums de sitôt. Classés. Point.
Je viens de relire « Le Troisième Testament », et de lui trouver les mêmes défauts qu’à ma première lecture. D’abord, et contrairement à beaucoup d’avis, je ne trouve pas le dessin si exceptionnel que ça. Certes, les décors (et plus particulièrement les bâtiments) sont splendides mais on ne peut pas en dire autant des personnages. Ou plus exactement, on ne peut pas dire que le soin apporté aux personnages est identique sur toutes les planches. Et rien ne m’énerve plus que de voir un artiste précipiter son travail (je n’ai pas dit bâcler, et je ne le pense pas) alors que, lorsqu’il s’applique, sa qualité est indéniable. Attendez-vous donc à voir 5 premières planches superbes puis une série réalisée sans le même soin avant de retomber sur une page de toute beauté et ainsi de suite. Et cela a le don de m’énerver, car autant je peux comprendre qu’un dessin progresse au fil d’une série, autant je n’admets pas une qualité « en montagne russe » pour l’ensemble d’une œuvre.
Ensuite le scénario est une sorte de synthèse entre « Le nom de la rose » et sa quête de connaissance et le « Da Vinci code » et sa vision de la famille de Jésus de Nazareth. Ce n’est pas mauvais, mais quand même plutôt prévisible. Et j’ai personnellement trouvé la fin à la limite du ridicule dans la forme et dans le fond.
Je dois reconnaître que je ne suis pas un grand fan de ce type d’histoire et que, pourtant, je suis arrivé au terme de la lecture. Pourquoi ? Je me le demande. Sans doute pour le plaisir de voir quelques planches de toute beauté, et pour la qualité d’écriture, qui nous incite quand même à tourner la page pour suivre ces aventures pourtant trop prévisibles.
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Léonard
Léonard est un génie. Et son disciple en fait les frais. Cette série humoristique inspirée par Léonard de Vinci donne la part belle à l’humour absurde jouant avec divers anachronismes. Le trait à gros nez et en ligne claire de De Groot convient particulièrement à ce type de série. Il est dynamique, très lisible et inspiré par les dessins de Tex Avery. Les scénarios ne sont qu’une suite de gags en quelques planches composés dans un canevas bien rigide. 1- Léonard a une idée 2- Son disciple en fait les frais C’est simple, efficace parfois, répétitif à terme. Heureusement, le domaine des inventions est suffisamment riche pour permettre une grande diversité sur les sujets traités. Mais bon, la série ne casse quand même pas les briques. Des mêmes auteurs j’ai toujours préféré Robin Dubois, collection pour laquelle le principe du gag en une planche nécessite plus d’efficacité. Une série moyenne qui méritait un 3/5 à ses débuts et qui, à force d’user la même corde, oscille entre 1/5 et 2/5 actuellement. Allez, soyons généreux : 2/5 pour l’ensemble.
Les Aventures de Tintin
Tintin est un mythe. Ce jeune et courageux reporter aura révolutionné la bande dessinée européenne et son auteur sera le fondateur d’une nouvelle école graphique : la ligne claire. Ce style, dynamique, épuré, simplifié (il n’y a pas d’ombres, par exemple) est d’une efficacité monstrueuse dans le domaine de la bd. Sa lisibilité est phénoménale et elle permet d’aborder les sujets les plus divers. Tant des œuvres pour la jeunesse que des ouvrages plus adultes peuvent être illustrés par ce procédé. Maintenant, l’évolution entre les premiers pas de « Tintin chez les Soviets » et la totale maîtrise du graphisme de « Tintin et les Picaros » (qu’Hergé dessinera finalement très peu) est telle que les comparer s’avère délicat. Raison pour laquelle je clos le chapitre « graphisme » sur ces quelques mots : clair, lisible, immédiat, efficace, visionnaire. En matière de scénario, Hergé avait l’art de créer des histoires très mouvementées, truffées de péripéties, de rebondissements mais qui, dans l’ensemble, ont quand même mal vieilli. Les premiers tomes sont d’ailleurs d’une telle naïveté qu’une relecture à l’heure actuelle s’avère plutôt pénible. Certains album restent toutefois au-dessus du lot et un diptyque tel que « Le Secret de la Licorne »/« Le Trésor de Rakham le Rouge » demeure encore très bon à l’heure actuelle. En matière de personnages, Hergé comprendra vite que Tintin est finalement un héros trop « propre sur lui » pour que le lecteur s’y identifie totalement. Il lui adjoindra donc une galerie de personnages secondaires absolument irrésistibles. Milou, Le capitaine Haddock, les Dupondt, le professeur Tournesol et la Castafiore sont les plus connus et l’on constatera que chacun d’entre eux a des défauts très prononcé qui le rendent si attachants. Passons au point qui fâche : les sujets abordés. J’ai toujours trouvé Tintin très politique. Hergé a ses convictions et se plait à hurler avec les loups, et Tintin en est le reflet. Au Congo, les missionnaires sont les seules personnes compétentes. Les autochtones sont de fainéants imbéciles et les colons des crapules. L’Amérique est peuplée de sauvages et de bandits. Tandis que durant la guerre 40-45 (l’étoile mystérieuse), les gentils européens (de l’époque, c’est-à-dire les occupants allemands) doivent se défendre face aux agressions de fourbes américains (encore eux). Ce ne sont que quelques exemples. Hergé suivait toujours le courant et si l’on prend la date de parution originale de chaque tome, on se rend compte que l’option choisie est tout simplement celle soutenue par les personnes les plus influentes de l’époque : l’église ou le parti politique au pouvoir en Europe. Tintin est donc l’inverse d’un contestataire et, à ce titre, m’a toujours déçu. Il faudra attendre « Les bijoux de la Castafiore » pour que Tintin défende des coupables tout désigné. Et, à ce niveau, Tintin ne fera jamais de l’ombre à l’audacieux Spirou dans ma galerie de personnages fétiches. Remember « Il y a un sorcier à Champignac » dans lequel déjà Spirou disculpait des Romanichels, ou le parti pris écologique de « Les voleurs du Marsupilami ». En résumé, Tintin est pour moi une série qui n’a pas très bien vieilli, aux scénarios inégaux mais toujours rythmés, peuplée de seconds rôles savoureux, et défendant des thèses discutables. Reste un dessin visionnaire, un merchandising efficace et les somptueuses insultes du capitaine Haddock. Dispensable, à notre époque.
Angela
Ce one-shot m’a attiré car j’affectionne tout particulièrement le Western, et les auteurs m’avaient déjà réservé de belles surprises avec certaines de leurs précédentes séries : Aquablue et Golden City sont des séries que j’aime beaucoup. Mais malgré tout cela et une couverture assez attirante, je dois bien dire qu’Angela m’a un peu déçu. Le dessin de Vatine tout d’abord, dont j’avais fortement apprécié le coup de crayon dans Aquablue, m’a laissé comme un goût d’inachevé, de bâclé. Il est plus vif mais manque de finesse. Dans les dernières pages en particulier, j’ai remarqué certaines cases qui font plus penser à un story-board qu’à un album fini. De plus, la mise en couleur informatique ne vient pas relever l’ensemble. Dommage, d’autant plus que l’auteur est capable de beaucoup mieux. Quant à l’histoire, elle se lit très rapidement, trop rapidement même. Le scénario aurait gagné à s’attarder plus sur les personnages, qui sont malheureusement assez transparents. Angela en particulier, l’héroïne pourtant, se cantonne à un petit rôle qui prend seulement un peu d’ampleur à la fin. Il ne se passe réellement pas grand-chose dans Angela, mais il reste cependant quelques scènes mémorables et le flashforward initial crée le suspense et donne envie de lire la suite. C’est une pure BD de divertissement donc, ce qui n’est pas un mal en soi, bien au contraire, mais j’aurais aimé un peu plus de consistance dans le scénario et dans les dessins. J’ai un goût d’inachevé et de trop peu après lecture de cet album. Je ne dis pas que c’est mauvais, mais que c’est dispensable. Il existe beaucoup mieux dans le genre, que Angela ne renouvelle malheureusement pas.
Rave
J'ai cherché, après une longue errance de 20 tomes, une vague cohérence dans l'histoire... je n'en ai pas trouvé. Désolé pour les fans, mais pour ma part, je n'ai jamais apprécié ce manga, pas passionnant, ni rigolo, ni accrocheur. Les étapes se suivent et se ressemblent, les méchants se rajoutent, des bouts d'histoires aussi. Mais là j'abandonne. Cette histoire de Rave Master (y'en a qu'un seul pour une multitude de méchants pas beau avec leur Dark Bring, je ne développe pas c'est trop fatiguant à expliquer) qui combat le mal pour sauver la planète... vu et revu. La série ne décolle pas vraiment, quelques passages sont à peu près bien sentis mais hélas trop peu. Le graphisme est dépouillé au possible. Bien sur c'est un manga, donc peu de décors mais là tout de même... les gros plans sur les visages (eux-aussi très minimalistes) sont légions. Un shonen dans le mauvais sens du terme, qui alterne les mauvais aspects du genre. Le dépassement de soi parait limite ridicule, l'amitié poussé à son maximum, les personnages ont été doté d'une fonction courage hors du commun dès la naissance, les méchants frisent le ridicule, les techniques de-la-mort-qui-tue-la-mort pour terrasser l'adversaire...
Sept prisonniers
Voilà encore un membre des séries 7 qui est vraiment, mais alors vraiment, décevant. L'histoire commence d'une manière convaincante avec de beaux dessins, où on voit un ascenseur futuriste Terre-Lune (les architectes ou autres ingénieurs en génie civil doivent quand même bien rigoler) qui mène des prisonniers sur notre satellite, devenu un pénitencier. Par la suite, la qualité des planches devient inégale. Sur certaines planches, on se demande pourquoi le dessinateur a été aussi négligent. Il faut aussi dire que du côté du scénario ça part aussi en lambeaux. Je n'en dirai pas plus pour garder secret le dénouement burlesque. A sa décharge, j'ai lu ce tome juste après Universal War One qui est un chef-d'oeuvre de la bd de science-fiction. Note 2.
Exit
J'ai lu cette série dans sa version intégrale petit format, le rendu est assez bon, mais le dessin doit être nettement mieux mis en valeur dans son format normal. C'est assez joli et bien équilibré, il n'y a pas de surcharges ni de vides, les couleurs sont agréables et reposantes. Tout le problème vient du scénario qui ne manque pas d'imagination mais qui est très mal traité. Il est truffé de raccourcis et de facilités scénaristiques hallucinantes, toutes les deux pages on y a droit. Amandine se tire de toutes les mauvaises situations avec une facilité et une rapidité déconcertantes. J'ai beaucoup apprécié le chat, Kafka, - car il est au moins aussi intelligent que l'écrivain ! Si ce n'est plus ! - il est très bien dessiné et ses expressions sont souvent drôles, mais avec lui on tombe dans un grand n'importe quoi. On ne sait plus si c'est du polar ou du burlesque. Mes deux étoiles sont pour ledit chat Kafka et pour l'intrigue qui bien que mal menée, nous tient suffisamment pour lire toute la série jusqu'à la fin. Je ne dirais rien sur la chute qui est… du même acabit que le reste…
9 tigres
Pour commencer mon avis, je dois dire que je ne me considère pas comme la cible de cette BD avec son héroïne parfaite aussi bien physiquement que dans son métier de tueuse à gages. Mais bon, j'ai déjà eu quelques surprises inattendues en BD, donc attirée par la couverture, et avec une demi-heure à tuer dans un rayon BD, j'ai tenté le coup. Je ne m'attendais pas à ce que ça me plaise outre mesure, au final pas de surprise, même si graphiquement ça m'a fait meilleure impression tout de même que les quelques planches qui étaient en pré-publication sur le site de l'éditeur il y a quelques semaines. Objectivement (si tant est que cela soit possible), le seul vrai reproche que je peux faire à cette histoire c'est que tout est expédié à une vitesse hallucinante, que ce soient les exécutions, les révélations ou les prises de décisions stratégiques. C'est sûr qu'au bout du compte ça donne une histoire dynamique et sans temps mort mais là c'est vraiment trop. Sans vouloir spoiler l'histoire, une révélation comme celle que se prend One Ø Wan dans les premières pages, j'aurais apprécié quelques pages de plus pour que l'héroïne la digère de manière plus crédible. De même, quelques missions antérieures à celle-ci pour nous mettre dans le bain et nous familiariser avec l'univers de cette jeune fille n'auraient pas été du luxe. Bref, ça manque cruellement de psychologie... Le dessin est moyen, parfois bon, mais souvent approximatif. Les couleurs sont bien choisies, harmonieuses et souvent lumineuses. Correct, sans plus.
Le Mal
Comment décrire cette série dont je n'ai lu que le tome 1 (j'ai pas eu envie de lire le tome 2, bien que je l'avais en main et que j'étais bien installé dans mon fauteuil) Fondamentalement, elle n'est pas mauvaise (du moins, je ne le pense pas) : - les dessins sont jolis, il y a des détails et les monuments sont bien dessinés. Non, rien à redire - les couleurs, dans l'ensemble, sont aussi sympas, elles ne m'ont pas dérangées et se marient bien avec ce type de dessin. - le découpage est assez classique mais efficace, car le lecteur n'est pas perdu dans la lecture. De plus, il s'adapte parfaitement à l'ambiance assez "classique" qu'inspire cette BD. - le scénar, ben je ne peux pas trop en juger, vu que j’en ai lu que le tome 1. Mais il ne m'a pas semblé mauvais, mais sans être extraordinaire non plus, sauf peut-être vers la fin, quand le héros devient source inépuisable de connaissance (je ne dit pas en quoi, pour ne pas gâcher le suspens) - mais peut-être est-ce dû au fait que ce héros était déjà le héros d'une autre série (si j'ai bien compris) et donc qu'il me manque une référence... Non, le problème est que je n'ai pas accroché du tout avec l'ambiance qui ressort à la lecture (l'ambiance du petit village n'est peut-être pas assez lourde, la femme dont le mec ne revient que le week-end ne m'a pas inspiré, ...). Bref, un BD qui n'est pas pour moi. Ca arrive...
Polka
Curieux pseudo pour un détective qui nous transporte en 2038. Victime d’une machination, rayé de la police, il n’en poursuit pas moins des enquêtes assez difficiles. Pas seul quand même, « Polka », car il bénéficie de l’appui d’une jolie journaliste. Polka ?… ça ne renouvelle quand même pas le genre et, même si les intrigues et leurs développements sont imaginatives : elles le sont d’une façon classique. Ben oui, cette série ne m’a pas surpris même si les histoires mêlent des « chipotages » politiques, des financiers véreux, des trafics divers… Polka ?… pas que cela « sente le réchauffé » mais, même transposés dans un futur assez proche les sujets abordés l’ont déjà été à diverses reprises dans des séries qui se passent de nos jours. Pas de surprises donc côté scénarios, mêmes si bien faits je l’écris à nouveau. Le dessin ?… un bon trait réaliste, bien lisible pour des personnages qui se meuvent dans des décors urbains où –heureusement- une colorisation appropriée, aux rares tons clairs, fait ressortir des ambiances « noires ». Mais bon… histoires « classiques, personnages à la limite de l’antipathie générale, mise en page un tantinet « standard » malgré des effets de perspectives appréciés, je ne peux pas dire que je relirai les albums de sitôt. Classés. Point.
Le Troisième Testament
Je viens de relire « Le Troisième Testament », et de lui trouver les mêmes défauts qu’à ma première lecture. D’abord, et contrairement à beaucoup d’avis, je ne trouve pas le dessin si exceptionnel que ça. Certes, les décors (et plus particulièrement les bâtiments) sont splendides mais on ne peut pas en dire autant des personnages. Ou plus exactement, on ne peut pas dire que le soin apporté aux personnages est identique sur toutes les planches. Et rien ne m’énerve plus que de voir un artiste précipiter son travail (je n’ai pas dit bâcler, et je ne le pense pas) alors que, lorsqu’il s’applique, sa qualité est indéniable. Attendez-vous donc à voir 5 premières planches superbes puis une série réalisée sans le même soin avant de retomber sur une page de toute beauté et ainsi de suite. Et cela a le don de m’énerver, car autant je peux comprendre qu’un dessin progresse au fil d’une série, autant je n’admets pas une qualité « en montagne russe » pour l’ensemble d’une œuvre. Ensuite le scénario est une sorte de synthèse entre « Le nom de la rose » et sa quête de connaissance et le « Da Vinci code » et sa vision de la famille de Jésus de Nazareth. Ce n’est pas mauvais, mais quand même plutôt prévisible. Et j’ai personnellement trouvé la fin à la limite du ridicule dans la forme et dans le fond. Je dois reconnaître que je ne suis pas un grand fan de ce type d’histoire et que, pourtant, je suis arrivé au terme de la lecture. Pourquoi ? Je me le demande. Sans doute pour le plaisir de voir quelques planches de toute beauté, et pour la qualité d’écriture, qui nous incite quand même à tourner la page pour suivre ces aventures pourtant trop prévisibles.