Classique western que ce Chito Grant. Classique mais décevant par un final bien trop gentil. Sinon, le scénario est plutôt bien construit et agréable à suivre, sans être très original. Le cowboy solitaire à la recherche de son passé, le sheriff cruel, lâche et violent, la bande de frères truands, et la femme de caractère, qui tente de contrôler tout ce beau monde d’une poigne d’acier. On est bien plus proche d’un hommage que d’une œuvre novatrice.
Au niveau du dessin, je serai plus nuancé.
Le premier tome est très proche du dessin d’animation, ce qui n’est pas ma tasse de thé. Il n’est cependant pas dénué de qualité et surtout, dans ses meilleurs moments, prometteur pour la suite. Le deuxième tome confirme mes espérances. Il est excellent dans son style et Etien se permet quelques clins d’œil de bon aloi. A la huitième planche de ce deuxième opus, par exemple, un regard d’acier ne peut que nous faire penser à Charles Bronson dans « Il était une fois dans l’Ouest ». C’est bien fait et cela reste discret. Le travail des visages est plus complexe, et les gros plans sont souvent excellents. La colorisation est également à la hauteur et l’ensemble m’a séduit sans être dans un style que j’apprécie habituellement. Mais le troisième tome semble avoir été fait à la va-vite. On retombe dans une espèce de dessin d’animation simplifié, sinon simpliste. De plus, la colorisation est trop flashante pour me plaire. Une énorme déception que le graphisme de ce troisième album, qui me laisse sur une mauvaise impression finale.
Dommage, car le potentiel tant scénaristique que graphique était présent. A revoir, en d’autres circonstances, car ce duo pourrait bien nous surprendre positivement à l’avenir.
L’idée de départ était intéressante, et ce prologue fantastique me laissait présager d’un traitement envoutant. Il m’a fallut quelque peu déchanter. Les relations entre les différents protagonistes sont à l’image du graphisme : froides. Ils paraissent sans âme. De ce récit se dégage une langueur finalement ennuyeuse.
Pourtant, par moment, le charme opère mais l’ensemble manque de consistance, de chaleur et retombe dans l’ennui.
De plus, pour un spadois, l’itinéraire de l’héroïne au sein de cette ville est des plus farfelu, ce qui gâche encore plus la lecture. Quitte à reproduire fidèlement un lieu, autant reconstruire également un parcours logique, qui tiendrait compte, et de la chronologie des lieux traversés et du temps nécessaire à les joindre.
J’ai par contre apprécié le clin d’œil à Olivier Strelli, célèbre créateur de mode belge, sans trop comprendre le rapport avec le reste de l’œuvre. Une private joke, sans doute.
Au final, un album qui m’aura déçu, tant dans le traitement de l’idée initiale que dans le dessin (où finalement les mosaïques reproduites sont mes œuvres graphiques préférées). Un bon 2/5, mais guère plus.
Un thriller campagnard au scénario assez léger. C’est bien fait mais trop simpliste pour vraiment me passionner. La psychologie des différents acteurs, et surtout du vieux Ferrand, n’est pas assez étoffée. Pourtant, il y avait de quoi faire et la galerie de personnage s’annonçait prometteuse. Gibelin tombe malheureusement trop souvent dans la facilité et plusieurs protagonistes (le vieux Ferrand, sa seconde épouse, la voisine ou le maire, par exemple) perdent en crédibilité du fait de cette approche directe, voire stéréotypée.
De plus, le scénario semble hésiter entre la farce et le thriller et me laisse le cul entre deux chaises. Trop léger pour créer une réelle angoisse, mais pas vraiment drôle non plus, ce récit navigue au final dans des eaux bien trop calmes.
Le dessin est à l’image du scénario : peu étoffé. Il est de qualité, très lisible mais un peu trop lisse à mon goût. Et il faudra attendre le troisième tome pour avoir enfin droit à une agréable colorisation. Les deux premiers tomes étant, de ce point de vue, assez quelconques.
Plus anecdotique mais amusant est le clin d’œil à la série télévisée « Magnum » via un hélicoptère et son propriétaire bien connu. Enfin, anecdotique ? Je dirais plutôt symptomatique de cette constante hésitation entre la farce et le thriller dont je fais mention ci-dessus.
Ce vieux Ferrand se lit finalement très vite sans laisser une trace indélébile dans ma mémoire. A lire à l’occasion, mais sans doute pas à acheter. Un bon 2/5
Dans le concept de la collection « 7 », il y avait pour les scénaristes deux manières d’appréhender le problème. Soit essayer de le détourner pour proposer une œuvre imaginative, originale, créative, soit pondre le scénario de « sept guerrières ».
Je suis peut-être un peu méchant, mais l’histoire imaginée par Le Galli est vraiment celle que le lecteur craint de trouver dans cette collection. Ce scénariste a toutefois du talent, et l’histoire se lit sans déplaisir mais ne surprend à aucun moment. Et quand un récit d’aventure coule comme un long fleuve tranquille, j’ai du mal à dire qu’il atteint son objectif. De plus, quelques absurdités sont disséminées dans cette saga (faudra qu’on m’explique comment deux guerrières sautent hors de l’eau pour atterrir sur le pont d’un bateau) et la fin nous est expliquée dès le début.
Le dessin est à l’image du récit. Sans surprise et avec quelques faiblesses. Comme beaucoup, j’ai eu du mal à discerner les différentes guerrières, même avec leurs coiffures. La colorisation est, elle aussi, sans surprise et contribue à faire de cet album une œuvre …
Quelconque.
Des histoires farfelues remplies de rebondissements et de personnages loufoques. Bob et Bobette sont une institution en Flandres mais ne m’ont jamais réellement convaincu. J’en ai lu et en lis encore de temps à autre, histoire de m’aérer le cerveau. J’arrive cependant rarement à la fin d’un album, l’abandonnant en cours de route sur mon ventre rebondi, vaincu par Morphée. Pourtant, Vandersteen et son équipe ne manquent pas d’imagination, mais je ne parviens pas à me passionner pour ces histoires. J’ai un peu l’impression de regarder un hamster courir dans sa roue. Ca bouge, mais bon sang, qu’est-ce que ça lasse vite. Le dessin en ligne claire est très réussi et les personnages ont de bonnes bouilles, la galerie en question est gratinée et Tante Sidonie ou Lambique sont bien sympathiques mais, bon, …
Dans tous les cas, cette série est à réserver au lectorat le plus jeune et le plus naïf.
La taupe Augraphie.
Vous avez saisi le jeu de mots ?
Parce que c’est le meilleur résumé que je puisse faire de cet album.
En effet, les aventures d’Arnest Ringard et Augraphie, à l’humour plutôt quelconque, furent surtout un prétexte.
D’abord chez Delporte, pour placer un paquet de jeux de mots, de jurons et de contrepèteries tout en évitant la censure. Les « Nœud de Dion » et autres « Mortel de Berthe » sont nombreux et accompagnés d’une multitude de variantes. Yvan Delporte avouait jubiler lorsqu’à l’impression du journal, le responsable lui sonnait en demandant s’il était sûr de ce qu’il avait écrit. Même les titres des chapitres sont l’occasion d’une contrepèterie souvent tordue. Si ce genre d’humour vous plait, alors vous allez vous régaler. Personnellement, j’ai trouvé le repas indigeste.
Ensuite chez Franquin, pour prendre sous son aile protectrice un jeune dessinateur prometteur. Jannin n’avait jamais vraiment fait de dessins dynamiques. Encore débutant, il officiait sur sa série fétiche (Germain et nous) dans un style figé. Franquin va progressivement lui apprendre les règles de base et ainsi modifier en profondeur sa vision des choses. A ce titre, le dossier qui complète la réédition de 2006 est vraiment à voir. Et Frédéric Jannin avouera que si Franquin le lui avait expliqué plus tôt, il aurait gagné 15 ans sur la qualité de sa production.
Arnest Ringard reste pour moi une blague de potaches, où deux auteurs reconnus se sont faits plaisir tout en fournissant du travail à leur petit protégé, le tout sur le compte d’un éditeur avec lequel le courant ne passait alors plus vraiment bien (nous sommes à l’époque du Trombone Illustré !) car les histoires en elles-mêmes, à de très rares exceptions, sont trop anodines pour présenter un réel intérêt.
Avec le recul, je ne peux que dire : bof …
Hubert-Félix Thiéfaine est un poète déjanté aux textes inspirés. Et il suffit d’écouter une chanson telle que « Exercice de simple provocation avec 33 fois le mot coupable» pour s’en convaincre. Bien plus représentatif que ses chansons les plus connues (« La fille du coupeur de joints », par exemple), ce texte traduit toute l’ironie désabusée de l’artiste.
Si vous ne connaissez que moyennement le personnage, je vous invite à écouter ses chansons, de préférence en performance « live ».
Evitez par contre cette bd. Elle n’est d’un intérêt que pour les fans atteints de collectionnite aigüe. Dans celle-ci, plusieurs auteurs, chapeautés par Scotch Arleston se succèdent, pour illustrer chacun une chanson. On passe du graphiquement beau au médiocre, mais personne, pas même Turf, ne parvient à sortir une œuvre originale. J’ai d’ailleurs du mal à parler ici de bande dessinée et il faudrait une catégorie « illustration de paroles » pour pouvoir vraiment classer cet album.
Reste une belle couverture, mais c’est loin d’être suffisant pour justifier une lecture approfondie.
Cette vision romancée de la relation entre Gauguin et Van Gogh m’a laissé une impression très mitigée. La narration est originale et tranche avec le ton habituellement employé dans ce genre de biographie. Il s’agit ici d’une rencontre imaginaire entre un Gauguin mourant et le fantôme de Vincent Van Gogh venu lui rappeler les événements marquants de leurs relations. Il en profite pour lui parler de son ressenti et de ses angoisses d’alors. Il ne faut donc pas voir ce récit comme une réalité historique, même si la plupart des événements relatés ont un fond de vérité.
C’est justement cet aspect d’une interprétation personnelle de l’auteur (Dick Matena) qui m’a quelque peu dérangé, ne sachant pas quoi prendre pour argent comptant et que rejeter. Le rythme narratif, aussi, est assez poussif, voire ennuyeux. On sent toutefois son estime pour ces deux peintres, ainsi que pour cette époque. Toulouse-Lautrec, lui-même, participera au récit sous sa forme graphique. Le dessin est de qualité et la colorisation, quoique datée, est assez réussie dans son style. C’est … « coloré », comme les toiles des peintres en question.
Désolé, mais je n'ai pas été captivé par cette œuvre. J'aimais bien au départ lorsqu'on nous présente les héros de l'histoire, mais dès qu'ils font leur voyage je m'ennuie. Leurs aventures ne m'ont pas du tout passionné. Pourtant, je voulais vraiment aimer cette série et la trouver exceptionnelle comme tout le monde, mais rien à faire. Je n'ai pas réussi à rentrer dans l'histoire et donc d'être touché par la beauté que semble dégager l'œuvre.
Il peut arriver parfois de comprendre pourquoi une série est aussi bien notée sans toutefois faire partie des gens qui l'ont bien notée. Pour moi, "Le Voyage en Italie" fait partie de ces séries.
Entre 1985 et 1995, Conservart a commencé une série consacrée aux musées européens. 10 albums étaient initialement prévus. Ils avaient pour but d'inciter nos enfants à visiter les musées comme celui du Louvre par exemple. Elles auraient pu servir pour une maîtresse d'école voulant faire découvrir les arts à nos chérubins.
Chaque aventure a pour cadre un musée célèbre. Il y a une aventure policière mâtinée d'explication sur les monuments célèbres et les tableaux. C'est ludique et instructif à la fois. Le second volume "Enigme au Louvre" paru en 1992 a été publié en français et en anglais.
Cette série pourrait aisément faire partie des bd oubliées. Le dessin est catastrophique dans une ligne claire pure et dure c'est à dire complètement vieillot et figé. Les enfants sont véritablement à claquer. Le scénario est insipide et ô combien insupportable.
Bref, une magnifique idée battue en brèche car sur un traitement pompeux et académique. Ce n'est pas la première fois... On s'en remettra !
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Chito Grant
Classique western que ce Chito Grant. Classique mais décevant par un final bien trop gentil. Sinon, le scénario est plutôt bien construit et agréable à suivre, sans être très original. Le cowboy solitaire à la recherche de son passé, le sheriff cruel, lâche et violent, la bande de frères truands, et la femme de caractère, qui tente de contrôler tout ce beau monde d’une poigne d’acier. On est bien plus proche d’un hommage que d’une œuvre novatrice. Au niveau du dessin, je serai plus nuancé. Le premier tome est très proche du dessin d’animation, ce qui n’est pas ma tasse de thé. Il n’est cependant pas dénué de qualité et surtout, dans ses meilleurs moments, prometteur pour la suite. Le deuxième tome confirme mes espérances. Il est excellent dans son style et Etien se permet quelques clins d’œil de bon aloi. A la huitième planche de ce deuxième opus, par exemple, un regard d’acier ne peut que nous faire penser à Charles Bronson dans « Il était une fois dans l’Ouest ». C’est bien fait et cela reste discret. Le travail des visages est plus complexe, et les gros plans sont souvent excellents. La colorisation est également à la hauteur et l’ensemble m’a séduit sans être dans un style que j’apprécie habituellement. Mais le troisième tome semble avoir été fait à la va-vite. On retombe dans une espèce de dessin d’animation simplifié, sinon simpliste. De plus, la colorisation est trop flashante pour me plaire. Une énorme déception que le graphisme de ce troisième album, qui me laisse sur une mauvaise impression finale. Dommage, car le potentiel tant scénaristique que graphique était présent. A revoir, en d’autres circonstances, car ce duo pourrait bien nous surprendre positivement à l’avenir.
Calypso
L’idée de départ était intéressante, et ce prologue fantastique me laissait présager d’un traitement envoutant. Il m’a fallut quelque peu déchanter. Les relations entre les différents protagonistes sont à l’image du graphisme : froides. Ils paraissent sans âme. De ce récit se dégage une langueur finalement ennuyeuse. Pourtant, par moment, le charme opère mais l’ensemble manque de consistance, de chaleur et retombe dans l’ennui. De plus, pour un spadois, l’itinéraire de l’héroïne au sein de cette ville est des plus farfelu, ce qui gâche encore plus la lecture. Quitte à reproduire fidèlement un lieu, autant reconstruire également un parcours logique, qui tiendrait compte, et de la chronologie des lieux traversés et du temps nécessaire à les joindre. J’ai par contre apprécié le clin d’œil à Olivier Strelli, célèbre créateur de mode belge, sans trop comprendre le rapport avec le reste de l’œuvre. Une private joke, sans doute. Au final, un album qui m’aura déçu, tant dans le traitement de l’idée initiale que dans le dessin (où finalement les mosaïques reproduites sont mes œuvres graphiques préférées). Un bon 2/5, mais guère plus.
Le Vieux Ferrand
Un thriller campagnard au scénario assez léger. C’est bien fait mais trop simpliste pour vraiment me passionner. La psychologie des différents acteurs, et surtout du vieux Ferrand, n’est pas assez étoffée. Pourtant, il y avait de quoi faire et la galerie de personnage s’annonçait prometteuse. Gibelin tombe malheureusement trop souvent dans la facilité et plusieurs protagonistes (le vieux Ferrand, sa seconde épouse, la voisine ou le maire, par exemple) perdent en crédibilité du fait de cette approche directe, voire stéréotypée. De plus, le scénario semble hésiter entre la farce et le thriller et me laisse le cul entre deux chaises. Trop léger pour créer une réelle angoisse, mais pas vraiment drôle non plus, ce récit navigue au final dans des eaux bien trop calmes. Le dessin est à l’image du scénario : peu étoffé. Il est de qualité, très lisible mais un peu trop lisse à mon goût. Et il faudra attendre le troisième tome pour avoir enfin droit à une agréable colorisation. Les deux premiers tomes étant, de ce point de vue, assez quelconques. Plus anecdotique mais amusant est le clin d’œil à la série télévisée « Magnum » via un hélicoptère et son propriétaire bien connu. Enfin, anecdotique ? Je dirais plutôt symptomatique de cette constante hésitation entre la farce et le thriller dont je fais mention ci-dessus. Ce vieux Ferrand se lit finalement très vite sans laisser une trace indélébile dans ma mémoire. A lire à l’occasion, mais sans doute pas à acheter. Un bon 2/5
Sept guerrières
Dans le concept de la collection « 7 », il y avait pour les scénaristes deux manières d’appréhender le problème. Soit essayer de le détourner pour proposer une œuvre imaginative, originale, créative, soit pondre le scénario de « sept guerrières ». Je suis peut-être un peu méchant, mais l’histoire imaginée par Le Galli est vraiment celle que le lecteur craint de trouver dans cette collection. Ce scénariste a toutefois du talent, et l’histoire se lit sans déplaisir mais ne surprend à aucun moment. Et quand un récit d’aventure coule comme un long fleuve tranquille, j’ai du mal à dire qu’il atteint son objectif. De plus, quelques absurdités sont disséminées dans cette saga (faudra qu’on m’explique comment deux guerrières sautent hors de l’eau pour atterrir sur le pont d’un bateau) et la fin nous est expliquée dès le début. Le dessin est à l’image du récit. Sans surprise et avec quelques faiblesses. Comme beaucoup, j’ai eu du mal à discerner les différentes guerrières, même avec leurs coiffures. La colorisation est, elle aussi, sans surprise et contribue à faire de cet album une œuvre … Quelconque.
Bob et Bobette
Des histoires farfelues remplies de rebondissements et de personnages loufoques. Bob et Bobette sont une institution en Flandres mais ne m’ont jamais réellement convaincu. J’en ai lu et en lis encore de temps à autre, histoire de m’aérer le cerveau. J’arrive cependant rarement à la fin d’un album, l’abandonnant en cours de route sur mon ventre rebondi, vaincu par Morphée. Pourtant, Vandersteen et son équipe ne manquent pas d’imagination, mais je ne parviens pas à me passionner pour ces histoires. J’ai un peu l’impression de regarder un hamster courir dans sa roue. Ca bouge, mais bon sang, qu’est-ce que ça lasse vite. Le dessin en ligne claire est très réussi et les personnages ont de bonnes bouilles, la galerie en question est gratinée et Tante Sidonie ou Lambique sont bien sympathiques mais, bon, … Dans tous les cas, cette série est à réserver au lectorat le plus jeune et le plus naïf.
Arnest Ringard et Augraphie
La taupe Augraphie. Vous avez saisi le jeu de mots ? Parce que c’est le meilleur résumé que je puisse faire de cet album. En effet, les aventures d’Arnest Ringard et Augraphie, à l’humour plutôt quelconque, furent surtout un prétexte. D’abord chez Delporte, pour placer un paquet de jeux de mots, de jurons et de contrepèteries tout en évitant la censure. Les « Nœud de Dion » et autres « Mortel de Berthe » sont nombreux et accompagnés d’une multitude de variantes. Yvan Delporte avouait jubiler lorsqu’à l’impression du journal, le responsable lui sonnait en demandant s’il était sûr de ce qu’il avait écrit. Même les titres des chapitres sont l’occasion d’une contrepèterie souvent tordue. Si ce genre d’humour vous plait, alors vous allez vous régaler. Personnellement, j’ai trouvé le repas indigeste. Ensuite chez Franquin, pour prendre sous son aile protectrice un jeune dessinateur prometteur. Jannin n’avait jamais vraiment fait de dessins dynamiques. Encore débutant, il officiait sur sa série fétiche (Germain et nous) dans un style figé. Franquin va progressivement lui apprendre les règles de base et ainsi modifier en profondeur sa vision des choses. A ce titre, le dossier qui complète la réédition de 2006 est vraiment à voir. Et Frédéric Jannin avouera que si Franquin le lui avait expliqué plus tôt, il aurait gagné 15 ans sur la qualité de sa production. Arnest Ringard reste pour moi une blague de potaches, où deux auteurs reconnus se sont faits plaisir tout en fournissant du travail à leur petit protégé, le tout sur le compte d’un éditeur avec lequel le courant ne passait alors plus vraiment bien (nous sommes à l’époque du Trombone Illustré !) car les histoires en elles-mêmes, à de très rares exceptions, sont trop anodines pour présenter un réel intérêt. Avec le recul, je ne peux que dire : bof …
Les Chansons illustrées de Thiéfaine
Hubert-Félix Thiéfaine est un poète déjanté aux textes inspirés. Et il suffit d’écouter une chanson telle que « Exercice de simple provocation avec 33 fois le mot coupable» pour s’en convaincre. Bien plus représentatif que ses chansons les plus connues (« La fille du coupeur de joints », par exemple), ce texte traduit toute l’ironie désabusée de l’artiste. Si vous ne connaissez que moyennement le personnage, je vous invite à écouter ses chansons, de préférence en performance « live ». Evitez par contre cette bd. Elle n’est d’un intérêt que pour les fans atteints de collectionnite aigüe. Dans celle-ci, plusieurs auteurs, chapeautés par Scotch Arleston se succèdent, pour illustrer chacun une chanson. On passe du graphiquement beau au médiocre, mais personne, pas même Turf, ne parvient à sortir une œuvre originale. J’ai d’ailleurs du mal à parler ici de bande dessinée et il faudrait une catégorie « illustration de paroles » pour pouvoir vraiment classer cet album. Reste une belle couverture, mais c’est loin d’être suffisant pour justifier une lecture approfondie.
Gauguin et Van Gogh
Cette vision romancée de la relation entre Gauguin et Van Gogh m’a laissé une impression très mitigée. La narration est originale et tranche avec le ton habituellement employé dans ce genre de biographie. Il s’agit ici d’une rencontre imaginaire entre un Gauguin mourant et le fantôme de Vincent Van Gogh venu lui rappeler les événements marquants de leurs relations. Il en profite pour lui parler de son ressenti et de ses angoisses d’alors. Il ne faut donc pas voir ce récit comme une réalité historique, même si la plupart des événements relatés ont un fond de vérité. C’est justement cet aspect d’une interprétation personnelle de l’auteur (Dick Matena) qui m’a quelque peu dérangé, ne sachant pas quoi prendre pour argent comptant et que rejeter. Le rythme narratif, aussi, est assez poussif, voire ennuyeux. On sent toutefois son estime pour ces deux peintres, ainsi que pour cette époque. Toulouse-Lautrec, lui-même, participera au récit sous sa forme graphique. Le dessin est de qualité et la colorisation, quoique datée, est assez réussie dans son style. C’est … « coloré », comme les toiles des peintres en question.
Le Voyage en Italie
Désolé, mais je n'ai pas été captivé par cette œuvre. J'aimais bien au départ lorsqu'on nous présente les héros de l'histoire, mais dès qu'ils font leur voyage je m'ennuie. Leurs aventures ne m'ont pas du tout passionné. Pourtant, je voulais vraiment aimer cette série et la trouver exceptionnelle comme tout le monde, mais rien à faire. Je n'ai pas réussi à rentrer dans l'histoire et donc d'être touché par la beauté que semble dégager l'œuvre. Il peut arriver parfois de comprendre pourquoi une série est aussi bien notée sans toutefois faire partie des gens qui l'ont bien notée. Pour moi, "Le Voyage en Italie" fait partie de ces séries.
Une aventure de Julien et Clarisse
Entre 1985 et 1995, Conservart a commencé une série consacrée aux musées européens. 10 albums étaient initialement prévus. Ils avaient pour but d'inciter nos enfants à visiter les musées comme celui du Louvre par exemple. Elles auraient pu servir pour une maîtresse d'école voulant faire découvrir les arts à nos chérubins. Chaque aventure a pour cadre un musée célèbre. Il y a une aventure policière mâtinée d'explication sur les monuments célèbres et les tableaux. C'est ludique et instructif à la fois. Le second volume "Enigme au Louvre" paru en 1992 a été publié en français et en anglais. Cette série pourrait aisément faire partie des bd oubliées. Le dessin est catastrophique dans une ligne claire pure et dure c'est à dire complètement vieillot et figé. Les enfants sont véritablement à claquer. Le scénario est insipide et ô combien insupportable. Bref, une magnifique idée battue en brèche car sur un traitement pompeux et académique. Ce n'est pas la première fois... On s'en remettra !