Mon dernier jour au Vietnam est l'une des rares oeuvres de Will Eisner que je n'avais pas lues. Ma libraire me l'avait déconseillée par rapport à d'autres oeuvres plus abouties. Et elle avait incontestablement raison... Heureusement que je l'ai découvert lors d'un emprunt de bibliothèque.
L'envie était plus forte que moi car je voulais voir ce que l'auteur avait pu faire loin des quartiers du Bronx. Le sujet semblait passionnant. Or, nous avons droit à de courtes histoires dont la plupart sont pas vraiment charismatiques de ce qu'a pu être la vie des soldats lors de ce conflit. Reste le dessin toujours aussi exceptionnel et cette mise en page moderne.
J'ai même l'impression que c'est presque comme un montage de petits bouts pour faire une bd à vendre. Je ne suis pas preneur. Et d'ailleurs pas le seul puisque je viens de découvrir qu'il y a unanimité. Bref, ce grand auteur nous a habitués à beaucoup mieux.
Une vraie lecture "bof" sans plus sur une série d'humour passable. Celle-ci relate les aventures de Franky Snow et de sa bande de copains qui adorent les sports de glisse.
La première chose frappante est de se dire qu'on a un Franky Snow (comme la neige en anglais) qui ressemble comme deux gouttes d'eau à un Titeuf qui serait devenu un jeune homme courant maladroitement après toutes les belles femmes aux contours généreux.
Les gags sont lourds et gras et toujours répétitifs. Bref, de la vraie collection Tchô dans toute sa splendeur et décadence...
J'ai souvent entendu parler de cet auteur que l'on présente dans les milieux comme le prodige de la bande dessinée de ces dernières années. J'avais déjà lu une de ses oeuvres qui ne m'avait guère convaincu. Voilà que j'ai l'occasion d'essayer de comprendre ce qui fait de lui un auteur exceptionnel avec ce nouveau one-shot au titre déjà bien pompeux.
Ma conclusion: c'est certainement un auteur exceptionnel dans la manière dont il dessine et met en oeuvre son histoire. Ici, il n'y a pas le moindre dialogue. C'est au lecteur d'imaginer. Or, c'est un exercice qui se révèle fort difficile lorsqu'on rencontre un univers absurde. C'est déjà ce qui m'avait rebuté quand j'ai découvert Là où vont nos pères. Pour moi, cela ne le fait pas, d'autant que la description de ce monde est plutôt brutale.
Un album mûr par un auteur au sommet de son art pour certains quand d'autres passeront complètement au travers. Je suis dans la seconde catégorie. Bref, ce n'est manifestement pas mon style de bd, ni d'auteur.
J'ai conscience que je suis le premier à émettre un avis négatif sur cette série. J'avais le choix de me forcer pour trouver cela "pas mal". Cependant, vous me connaissez. Je ne transige pas avec mon ressenti sur une lecture. Ceci dit, cela me fait toujours un peu de peine quand mes goûts sont en décalage avec la majorité. Bref, peut-être une peur irrationnelle de marginalisation. Bon, vous savez que ce n'est tout de même pas ma spécialité.
Qu'est ce donc je n'ai pas aimé ? Le dessin tout d'abord que je ne trouve pas exceptionnel car beaucoup trop imprécis. Le découpage ensuite que j'ai trouvé peu innovant et pas toujours utilisé à bon escient. Et pour finir : la colorisation bien terne. Cependant, tout ceci n'est que la forme. Si le fond est bon, on pourrait passer outre.
Or, je n'ai pas aimé l'histoire de cet enfant à qui on accorde trop d'importance dans la vie difficile d'un ghetto colombien. J'ai détesté le personnage de Joan qui n'hésite pas à tuer son bienfaiteur pour se plonger un peu plus dans le mal. Bien sûr, je pourrai pardonner au vu des motivations mais je n'y parviens pas. C'est trop crade pour moi. Il est clair que c'est une bd triste qui donne à réfléchir sur le sort atroce de ces enfants abandonnés dans la rue. D'autres pourront trouver ce personnage très attachant. La dureté comme leitmotiv n'est pas ce que j'apprécie le plus. Il manque singulièrement quelque chose qui pourrait le faire entre violence et soif de pouvoir.
C'est peut-être objectivement une bonne série. J'avoue être passé totalement au travers.
Après avoir lu Les Cathares et Aymeric, Donjon Cathare est la troisième BD presque d'affilée que je lis sur le sujet de la Croisade des Albigeois.
Cette dernière ne porte non pas sur l'ensemble de la croisade de son début à sa fin, comme les deux autres, mais elle se focalise sur un personnage, Bernard de Cazenac, et son conflit contre Simon de Montfort, chef des croisés. Ce conflit se compose ici d'un long chapitre puis d'un épilogue. La BD raconte essentiellement la prise puis la reconquête et finalement la destruction de Castelnaud, le donjon de Cazenac, entre 1214 et 1215. Et sa conclusion nous montre la fin de Simon de Montfort devant les murs de Toulouse en 1218.
Pour une BD amateur, le résultat ne serait pas mauvais. On sent le soin apporté au dessin, le travail historique, le souci de redonner un peu vie au Périgord et au pays d'Oc tel qu'il était au début du 13e siècle. La religion cathare y est également présentée succinctement mais de manière assez compréhensible.
Mais pour une BD professionnelle, il y a trop de défauts pour être vraiment appréciée. Le dessin présente des erreurs techniques qui sautent aux yeux, notamment au niveau des perspectives. Les visages sont approximatifs et souvent laids. Et les couleurs ne sont clairement pas terribles.
Quant au récit, il vaut mieux connaître déjà l'historique du conflit cathare pour en comprendre les ficelles. La narration laisse parfois à désirer et certaines scènes sont assez bancales (je n'ai d'ailleurs toujours pas bien compris ce qu'il se passe à propos du Château de Beynac et de son seigneur).
L'ensemble en bande dessinée est en outre assez court et pas passionnant. L'album est heureusement composé également de textes assez instructifs sur la croisade, la langue d'Oc, les donjons d'époques et sur les machines de guerre (trébuchets, etc...).
L'album se termine sur une publicité pour le musée de la guerre au Moyen-âge de Castelnaud, indiquant à l'occasion qu'il s'agit probablement d'un travail de commande de l'office du tourisme local ou équivalent.
"Jazz Maynard" a une immense qualité : un graphisme péchu, stylé et dynamique comme on n'en voit que peu en BD, avec un vrai sens du cadre et de la mise en scène. C'est ce qui m'a donné envie de lire cette BD d'ailleurs.
Mais je n'ai pas été séduite par le scénario, que j'ai trouvé peu original et finalement un peu ennuyeux. Faut dire qu'au vu de la couverture du tome 1, je m'attendais à lire la vie d'un jazzman, autant dire que j'ai été un peu déçue.
C'est cependant une BD vraiment bien faite, bourrée de qualités, mais qui n'a jamais réussi à m'intéresser. Je ne suis pas rentrée dans le trip... je conseille néanmoins de jeter un coup d'oeil attentif, car nul doute qu'elle saura trouver des fans, et elle le mérite.
Je ne suis pas un très grand fan de science-fiction, mais je trouve que cette histoire possède plusieurs bonnes idées comme les différents clans formés par les prisonniers.
Malheureusement, le scénariste ne possède que 64 pages pour raconter son histoire. Les bonnes idées ne sont donc qu'effleurées. Deux ou trois tomes auraient été l'idéal pour ce récit. De plus, la fin est totalement bâclée. J'avais l'impression de regarder un mauvais film d'action.
J’avais essayé avec le tome 1, je viens de retenter avec le tome 3, vraiment je n’y arrive pas.
Il s’agit de petites scénettes de formats différents avec des techniques différentes de dessin et de narration, tantôt avec des traits très agressifs et très anguleux, tantôt avec de jolies couleurs type aquarelle. Généralement le dessin n’est pas très soigné. Il ne faut pas chercher d’arrière-plan ou de finesse graphique, les expressions sont réduites au strict minimum sur un personnage autobiographique.
Il s’agit donc de petites divagations écrites en vrac sans fil conducteur au gré des questions qui nous viennent à l’esprit en cours de vie. C’est généralement adroit et narré avec un détachement agréable, c’est souvent frais, mais ça ne m’a pas fait beaucoup rire. Au contraire j’ai trouvé la succession des histoires ennuyeuse avec quelquefois de jolies trouvailles et un rien de poésie mais souvent des situations vues et revues dans ce type d’ouvrage en réalité très nombriliste. En fait en le lisant j’ai eu l’impression d’avoir devant moi l’illustration exacte du 3ème niveau décrit par Mc Cloud dans son étude sur la BD : à savoir un auteur maîtrisant son art graphique, ayant le sens de la narration et ayant trouvé un créneau qui fonctionne. Il me manque le contenu, les planches sont souvent sympathiques mais à mon sens elles manquent de message, de contenu, de matière réelle.
Je n’ai jamais réussi à finir l’un des tomes mais je reconnais qu’il y a un joli travail de mise en scène et d’écriture. Côté dessin je n’aime pas ce style mais je reconnais également une maîtrise technique indéniable. A en croire l’impressionnante file d’attente lors de dédicaces l’album plaît. Pour ma part le blog aurait suffi.
En entamant la lecture de "fruits basket", J'avoue, je m'attendais au pire.
J'ai un peu de mal avec cette variété d'idéal féminin au syndrome de "blanche-neige", qui trouve l'accomplissement de son existence dans le cocktail ménage + cuisine + prince charmant.
Or, Tohru, l'héroïne de l'histoire, exerçant la fonction de femme de ménage dans une maison habitée par de beaux et ténébreux garçons-qui-cachent-un-lourd-secret, avait tout pour remporter la palme de la cruche niaise.
Mais, finalement, bien qu'elle soit parfois un peu nunuche, Tohru est vraiment sympathique. Déjà, elle ne fait le ménage chez les Soma que pour payer son gite, ce qui est une raison des plus honorables, et surtout, elle est l'incarnation de la gentillesse. C'est ce qui m'a plu dans ce manga : c'est un véritable éloge de la gentillesse, non pas de la gentillesse facile et niaiseuse, mais de la vraie, désintéressée. Ça change des héros s'apitoyant sur leur sort qui abondent dans les BDs pour ados.
Après, j'ai eu du mal à accrocher à l'histoire en tant que telle. Je crois que j'ai passé l'âge de fantasmer sur de jeunes hommes efféminés, et du coup j'ai du mal à me passionner pour le sort de la famille Sôma.
Et puis, il faut avouer que graphiquement c'est très moyen : il n'y a quasiment que des gros plans ou des plans moyen, et on comprend pourquoi tellement l'auteure a du mal à dessiner ses personnages en entier. De plus, le dessin est particulièrement stéréotypé, même pour un manga, ce qui fait qu'on a parfois du mal à distinguer les personnages (en gros tout se joue au niveau de la coupe de cheveux..). Il s'ensuit une narration parfois franchement confuse...
Je passe sur les dessins d'animaux particulièrement loupés, ce qui est pour le moins dommage dans une série où les héros se transforment régulièrement en animaux.
Finalement, "Fruits basket" est un série sympathique pour préadolescentes (et même préadolescents je pense), mais passé cet âge c'est tout juste gentillet.
Je n'ai pas accroché à cette bd. Pourtant, je reconnais qu'elle possède plusieurs qualités comme la fin qui est excellente. Malheureusement, je ne suis jamais rentré dans l'histoire et ça pour plusieurs raisons. Tout d'abord, je ne suis pas fan du dessin de Juillard. Je trouve qu'il manque de dynamisme et que les visages sont moches.
Deuxièmement, la narration est franchement confuse par moment. Comme le dit pol, Cothias mélange deux ou trois histoires et ce n'est pas facile au début de se souvenir qui est qui. Finalement, je trouve que l'histoire débute lentement. Il ne se passe pas grand chose qui m'a intéressé dans les premiers tomes. Dans les autres non plus d'ailleurs. Je trouvais que certaines péripéties étaient bien trouvées, mais, paradoxalement, ça ne m'a pas permis de trouver l'histoire plus intéressante...
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Mon dernier jour au Vietnam
Mon dernier jour au Vietnam est l'une des rares oeuvres de Will Eisner que je n'avais pas lues. Ma libraire me l'avait déconseillée par rapport à d'autres oeuvres plus abouties. Et elle avait incontestablement raison... Heureusement que je l'ai découvert lors d'un emprunt de bibliothèque. L'envie était plus forte que moi car je voulais voir ce que l'auteur avait pu faire loin des quartiers du Bronx. Le sujet semblait passionnant. Or, nous avons droit à de courtes histoires dont la plupart sont pas vraiment charismatiques de ce qu'a pu être la vie des soldats lors de ce conflit. Reste le dessin toujours aussi exceptionnel et cette mise en page moderne. J'ai même l'impression que c'est presque comme un montage de petits bouts pour faire une bd à vendre. Je ne suis pas preneur. Et d'ailleurs pas le seul puisque je viens de découvrir qu'il y a unanimité. Bref, ce grand auteur nous a habitués à beaucoup mieux.
Franky Snow
Une vraie lecture "bof" sans plus sur une série d'humour passable. Celle-ci relate les aventures de Franky Snow et de sa bande de copains qui adorent les sports de glisse. La première chose frappante est de se dire qu'on a un Franky Snow (comme la neige en anglais) qui ressemble comme deux gouttes d'eau à un Titeuf qui serait devenu un jeune homme courant maladroitement après toutes les belles femmes aux contours généreux. Les gags sont lourds et gras et toujours répétitifs. Bref, de la vraie collection Tchô dans toute sa splendeur et décadence...
Prosopopus
J'ai souvent entendu parler de cet auteur que l'on présente dans les milieux comme le prodige de la bande dessinée de ces dernières années. J'avais déjà lu une de ses oeuvres qui ne m'avait guère convaincu. Voilà que j'ai l'occasion d'essayer de comprendre ce qui fait de lui un auteur exceptionnel avec ce nouveau one-shot au titre déjà bien pompeux. Ma conclusion: c'est certainement un auteur exceptionnel dans la manière dont il dessine et met en oeuvre son histoire. Ici, il n'y a pas le moindre dialogue. C'est au lecteur d'imaginer. Or, c'est un exercice qui se révèle fort difficile lorsqu'on rencontre un univers absurde. C'est déjà ce qui m'avait rebuté quand j'ai découvert Là où vont nos pères. Pour moi, cela ne le fait pas, d'autant que la description de ce monde est plutôt brutale. Un album mûr par un auteur au sommet de son art pour certains quand d'autres passeront complètement au travers. Je suis dans la seconde catégorie. Bref, ce n'est manifestement pas mon style de bd, ni d'auteur.
Cuervos
J'ai conscience que je suis le premier à émettre un avis négatif sur cette série. J'avais le choix de me forcer pour trouver cela "pas mal". Cependant, vous me connaissez. Je ne transige pas avec mon ressenti sur une lecture. Ceci dit, cela me fait toujours un peu de peine quand mes goûts sont en décalage avec la majorité. Bref, peut-être une peur irrationnelle de marginalisation. Bon, vous savez que ce n'est tout de même pas ma spécialité. Qu'est ce donc je n'ai pas aimé ? Le dessin tout d'abord que je ne trouve pas exceptionnel car beaucoup trop imprécis. Le découpage ensuite que j'ai trouvé peu innovant et pas toujours utilisé à bon escient. Et pour finir : la colorisation bien terne. Cependant, tout ceci n'est que la forme. Si le fond est bon, on pourrait passer outre. Or, je n'ai pas aimé l'histoire de cet enfant à qui on accorde trop d'importance dans la vie difficile d'un ghetto colombien. J'ai détesté le personnage de Joan qui n'hésite pas à tuer son bienfaiteur pour se plonger un peu plus dans le mal. Bien sûr, je pourrai pardonner au vu des motivations mais je n'y parviens pas. C'est trop crade pour moi. Il est clair que c'est une bd triste qui donne à réfléchir sur le sort atroce de ces enfants abandonnés dans la rue. D'autres pourront trouver ce personnage très attachant. La dureté comme leitmotiv n'est pas ce que j'apprécie le plus. Il manque singulièrement quelque chose qui pourrait le faire entre violence et soif de pouvoir. C'est peut-être objectivement une bonne série. J'avoue être passé totalement au travers.
Cathares et Templiers (Donjon Cathare/Les Derniers Templiers)
Après avoir lu Les Cathares et Aymeric, Donjon Cathare est la troisième BD presque d'affilée que je lis sur le sujet de la Croisade des Albigeois. Cette dernière ne porte non pas sur l'ensemble de la croisade de son début à sa fin, comme les deux autres, mais elle se focalise sur un personnage, Bernard de Cazenac, et son conflit contre Simon de Montfort, chef des croisés. Ce conflit se compose ici d'un long chapitre puis d'un épilogue. La BD raconte essentiellement la prise puis la reconquête et finalement la destruction de Castelnaud, le donjon de Cazenac, entre 1214 et 1215. Et sa conclusion nous montre la fin de Simon de Montfort devant les murs de Toulouse en 1218. Pour une BD amateur, le résultat ne serait pas mauvais. On sent le soin apporté au dessin, le travail historique, le souci de redonner un peu vie au Périgord et au pays d'Oc tel qu'il était au début du 13e siècle. La religion cathare y est également présentée succinctement mais de manière assez compréhensible. Mais pour une BD professionnelle, il y a trop de défauts pour être vraiment appréciée. Le dessin présente des erreurs techniques qui sautent aux yeux, notamment au niveau des perspectives. Les visages sont approximatifs et souvent laids. Et les couleurs ne sont clairement pas terribles. Quant au récit, il vaut mieux connaître déjà l'historique du conflit cathare pour en comprendre les ficelles. La narration laisse parfois à désirer et certaines scènes sont assez bancales (je n'ai d'ailleurs toujours pas bien compris ce qu'il se passe à propos du Château de Beynac et de son seigneur). L'ensemble en bande dessinée est en outre assez court et pas passionnant. L'album est heureusement composé également de textes assez instructifs sur la croisade, la langue d'Oc, les donjons d'époques et sur les machines de guerre (trébuchets, etc...). L'album se termine sur une publicité pour le musée de la guerre au Moyen-âge de Castelnaud, indiquant à l'occasion qu'il s'agit probablement d'un travail de commande de l'office du tourisme local ou équivalent.
Jazz Maynard
"Jazz Maynard" a une immense qualité : un graphisme péchu, stylé et dynamique comme on n'en voit que peu en BD, avec un vrai sens du cadre et de la mise en scène. C'est ce qui m'a donné envie de lire cette BD d'ailleurs. Mais je n'ai pas été séduite par le scénario, que j'ai trouvé peu original et finalement un peu ennuyeux. Faut dire qu'au vu de la couverture du tome 1, je m'attendais à lire la vie d'un jazzman, autant dire que j'ai été un peu déçue. C'est cependant une BD vraiment bien faite, bourrée de qualités, mais qui n'a jamais réussi à m'intéresser. Je ne suis pas rentrée dans le trip... je conseille néanmoins de jeter un coup d'oeil attentif, car nul doute qu'elle saura trouver des fans, et elle le mérite.
Sept prisonniers
Je ne suis pas un très grand fan de science-fiction, mais je trouve que cette histoire possède plusieurs bonnes idées comme les différents clans formés par les prisonniers. Malheureusement, le scénariste ne possède que 64 pages pour raconter son histoire. Les bonnes idées ne sont donc qu'effleurées. Deux ou trois tomes auraient été l'idéal pour ce récit. De plus, la fin est totalement bâclée. J'avais l'impression de regarder un mauvais film d'action.
Notes
J’avais essayé avec le tome 1, je viens de retenter avec le tome 3, vraiment je n’y arrive pas. Il s’agit de petites scénettes de formats différents avec des techniques différentes de dessin et de narration, tantôt avec des traits très agressifs et très anguleux, tantôt avec de jolies couleurs type aquarelle. Généralement le dessin n’est pas très soigné. Il ne faut pas chercher d’arrière-plan ou de finesse graphique, les expressions sont réduites au strict minimum sur un personnage autobiographique. Il s’agit donc de petites divagations écrites en vrac sans fil conducteur au gré des questions qui nous viennent à l’esprit en cours de vie. C’est généralement adroit et narré avec un détachement agréable, c’est souvent frais, mais ça ne m’a pas fait beaucoup rire. Au contraire j’ai trouvé la succession des histoires ennuyeuse avec quelquefois de jolies trouvailles et un rien de poésie mais souvent des situations vues et revues dans ce type d’ouvrage en réalité très nombriliste. En fait en le lisant j’ai eu l’impression d’avoir devant moi l’illustration exacte du 3ème niveau décrit par Mc Cloud dans son étude sur la BD : à savoir un auteur maîtrisant son art graphique, ayant le sens de la narration et ayant trouvé un créneau qui fonctionne. Il me manque le contenu, les planches sont souvent sympathiques mais à mon sens elles manquent de message, de contenu, de matière réelle. Je n’ai jamais réussi à finir l’un des tomes mais je reconnais qu’il y a un joli travail de mise en scène et d’écriture. Côté dessin je n’aime pas ce style mais je reconnais également une maîtrise technique indéniable. A en croire l’impressionnante file d’attente lors de dédicaces l’album plaît. Pour ma part le blog aurait suffi.
Fruits Basket
En entamant la lecture de "fruits basket", J'avoue, je m'attendais au pire. J'ai un peu de mal avec cette variété d'idéal féminin au syndrome de "blanche-neige", qui trouve l'accomplissement de son existence dans le cocktail ménage + cuisine + prince charmant. Or, Tohru, l'héroïne de l'histoire, exerçant la fonction de femme de ménage dans une maison habitée par de beaux et ténébreux garçons-qui-cachent-un-lourd-secret, avait tout pour remporter la palme de la cruche niaise. Mais, finalement, bien qu'elle soit parfois un peu nunuche, Tohru est vraiment sympathique. Déjà, elle ne fait le ménage chez les Soma que pour payer son gite, ce qui est une raison des plus honorables, et surtout, elle est l'incarnation de la gentillesse. C'est ce qui m'a plu dans ce manga : c'est un véritable éloge de la gentillesse, non pas de la gentillesse facile et niaiseuse, mais de la vraie, désintéressée. Ça change des héros s'apitoyant sur leur sort qui abondent dans les BDs pour ados. Après, j'ai eu du mal à accrocher à l'histoire en tant que telle. Je crois que j'ai passé l'âge de fantasmer sur de jeunes hommes efféminés, et du coup j'ai du mal à me passionner pour le sort de la famille Sôma. Et puis, il faut avouer que graphiquement c'est très moyen : il n'y a quasiment que des gros plans ou des plans moyen, et on comprend pourquoi tellement l'auteure a du mal à dessiner ses personnages en entier. De plus, le dessin est particulièrement stéréotypé, même pour un manga, ce qui fait qu'on a parfois du mal à distinguer les personnages (en gros tout se joue au niveau de la coupe de cheveux..). Il s'ensuit une narration parfois franchement confuse... Je passe sur les dessins d'animaux particulièrement loupés, ce qui est pour le moins dommage dans une série où les héros se transforment régulièrement en animaux. Finalement, "Fruits basket" est un série sympathique pour préadolescentes (et même préadolescents je pense), mais passé cet âge c'est tout juste gentillet.
Les 7 vies de l'épervier
Je n'ai pas accroché à cette bd. Pourtant, je reconnais qu'elle possède plusieurs qualités comme la fin qui est excellente. Malheureusement, je ne suis jamais rentré dans l'histoire et ça pour plusieurs raisons. Tout d'abord, je ne suis pas fan du dessin de Juillard. Je trouve qu'il manque de dynamisme et que les visages sont moches. Deuxièmement, la narration est franchement confuse par moment. Comme le dit pol, Cothias mélange deux ou trois histoires et ce n'est pas facile au début de se souvenir qui est qui. Finalement, je trouve que l'histoire débute lentement. Il ne se passe pas grand chose qui m'a intéressé dans les premiers tomes. Dans les autres non plus d'ailleurs. Je trouvais que certaines péripéties étaient bien trouvées, mais, paradoxalement, ça ne m'a pas permis de trouver l'histoire plus intéressante...