L'idée était très bonne et je suis sure qu'en conférence, avec quelqu'un de vivant en face de moi pour me présenter tout ça, j'aurais adoré, mais le support BD de cet Art Invisible ne m'a pas du tout emballée : je ne compte pas le nombre d'essais à mon actif pour tenter d'arriver à la dernière page (j'avoue, à l'heure où j'écris ces mots, je n'ai pas encore réussi…) ni le nombre de fois où j'ai piqué du nez au cours de ma lecture… Notamment lorsque l'auteur tente de replacer ça dans le contexte artistique en général…
Et pourtant certains passages sont très intéressants, notamment ceux sur l'ellipse ou la notion du temps, l'équilibre entre les mots et le dessin et je me surprends aujourd'hui à regarder d'un autre œil les BD que je lis.
Empruntez le pour vous faire une idée, je ne regrette pas ce que j'y ai trouvé mais le plaisir de lecture était souvent bien ténu.
Mouais, bof…
L'objet a un charme indéniable : belle couverture toilée, dessins soignés et fioritures autour des cases qui font leur petit effet, bouilles expressives des enfants, grande et mystérieuse maison avec ses pièces interdites, etc. Mais l'histoire est tout de même décevante au final car on n'en apprend pas assez pour s'attacher aux personnages et avoir réellement envie de lire la suite. Le début est assez étrange et intrigant, mais dès que les enfants mettent les pieds dans cet espèce d'univers parallèle, tout devient trop absurde pour attirer ma sympathie et pas assez pour susciter mon intérêt…
Sans moi pour la suite.
Assez dérouté par ce deuxième volume consacré aux casses inoubliables.
Certes le dessin de Guérineau est toujours aussi bon mais je me suis ennuyé à la lecture de cet opus. J'avais plus l'impression d'assiter à une pièce de théatre qu'à une superproduction sur le casse du siècle.
Très peu d'action (voire aucune) ne rythme ce récit, ponctué de dialogues voire de monologues interminables... d'où un album bavard où chaque case ne repose que sur le dialogue entre uniquement deux personnages.
Le rôle de Marie-Madeleine, et le parti pris des auteurs sur la version évangélique sont certes intéressants mais pour ma part cela ne m'a guère enthousiasmé.
En outre, certains personnages ou certaines situations, comme la représentation de Judas ou la réaction des deux sentinelles romaines, sont si caricaturaux que la lecture en devient génante (voir la page 57 par exemple).
Reste le dessin soigné de Guérineau dans un genre où on ne l'attendait pas et une superbe mise en couleur de Delf (les scènes de nuit sont particulièrement réussies).
Donc bof sans plus comme bd.
Dommage car cette série, prévue en 6 one shot, repose sur des auteurs confirmés.
Dans la collection "Drôles de métiers", voici les agences touristiques. Et voilà une série de plus d'humour à la chaine, sans passion.
C'est malheureux car ce n'est pas drôle. Le travail de commande se ressent trop. Certaines séries de ce type sont réussies car de vrais professionnels ou habitués du ou des métiers abordés y ont participé, mais là on sent des gags recyclés, des clichés, des a priori de gens du commun qui n'ont qu'une vague idée du travail d'agent touristique.
Tant et si bien que les gags n'ont vraiment pas réussi à me faire rire, à peine quelques sourires vite oubliés.
Par contre, je trouve le dessin sympa. J'aime bien ce style et ces couleurs un tout petit peu désaturées. Même s'il est très classique dans son genre, il arrive à me rendre les personnages plutôt sympathiques.
C'est tout ce qui fait que je ne trouve pas cette BD simplement nulle.
Mon avis rejoindra peu ou prou celui de cac.
J'ai cru au départ qu'il s'agissait d'un one shot contenant une histoire complète. Une sorte de truc apocalyptique impliquant des gamins et des tortues. Ou quelque chose d'approchant. Et puis quand la seconde histoire m'est apparue très différente, je me suis dit que je commençais à ne rien comprendre (oui, il était tard, j'avais un insomnie, mais ça ne garantit pas l'intégrité de l'allumage des neurones). Et puis à la cinquième histoire je me suis demandé ce que fumait l'auteur. Parce que soit c'était impropre à la consommation, soit c'était des parpaings. Les histoires sont carrément barrées, même si celles impliquant les deux "enfants" était réellement originale et intéressante dans sa construction et son sujet. Comme cac je suis assez circonspect quant à l'utilité de publier la dernière histoire (laquelle peut presque, en plus, se lire dans les deux sens) à l'européenne. Peut-être pour en rajouter dans le côté déjanté, destroy, subversif ou complexe de l'ensemble ? peut-être.
Je retiendrai cependant un joli dessin, très lisible.
Je suis assez circonspect quant à cette oeuvre de commande.
Je ne connais pas l'univers du jeu original, mais ça ne me donne pas forcément envie de me plonger dedans. Ce tome 1 est en effet assez embrouillé, les péripéties s'enchaînent sans véritable logique, on saute plusieurs fois dans le temps -en ce qui concerne la trame principale- sans justification réelle.
Quant à la partie "virtuelle", il s'agit de courts laps de temps sans aucune énergie, malgré les efforts de Defali pour varier ses cadrages et les éclairages. A noter que trois coloristes différents ont travaillé sur ce tome, et même si on reconnaît la palette de Raphael Hédon, à l'oeuvre sur Le Chant des Stryges, il n'y a pas vraiment d'unité en termes de teintes.
Defali n'est pas loin de son meilleur niveau, mais avec un scénario assez inepte, pas sûr que cela suffise.
Bref, une oeuvre de commande qui me semble assez dispensable, même pour les aficionados du jeu...
Comme vous le suggère ma note, je ne suis pas entièrement convaincu par la collaboration de Sente et Rosinsky père. Il est clair que cette BD est bien enrobée sous le dessin attrayant du talentueux dessinateur, mais qui devient amère quand on goutte au scénario.
Le postulat est pourtant intéressant. Un peintre qui a du fuir la capitale quelques années auparavant revient pour se venger. Certes la vengeance n'est pas en soi un élément nouveau, mais la tournure qu'elle prend ici se fera au contraire à la lumière de la justice. En effet, le coup du tribunal est bien pensé; mais bien que l'idée soit audacieuse, la réalisation est à la traine. Comme le dit Altaïr, la narration nuit considérablement au dynamisme de l'ensemble. La multiplication des voies off enferme cette BD dans un rythme assez lent. Certes les flashbacks sont nombreux et l'histoire reposent sur ce procédé, mais c'est très maladroit dans l'ensemble.
Passons aussi sur les ficelles inutiles, comme le fait d'introduire Chopin dans cette histoire (j'étais déjà à moitié certain de l'identité du fameux cousin bien avant la fin du premier tome), ou encore des insinuations très lourdingues sur la prétendue paternité du fameux roman de Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, auquel ce diptyque se veut être un hommage flamboyant. Je ne jugerai pas du plagiat possible puisque mes souvenirs du roman remontent un âge peu avancé, à cet âge où le roman susdit n'est pas d'un attrait farouche. Quant aux ficelles de l'histoire, elles sont bien trop visibles, et l'on anticipe bien trop souvent les futures dires de l'accusateur.
Je terminerai par un mot sur le dessin de Rosinsky. Bien différent de ses réalisations sur Thorgal, il est dans un premier temps très agréable à contempler. Pourtant, avec le temps, et je ne saurais dire réellement pourquoi, il m'est apparu fade et sans saveur. Moi qui pensais en ouvrant le premier tome me régaler avec le graphisme, j'ai été déçu. Les faciès manquent d'expression, et le tout, sans donner l'impression d'être figé, manque de dynamisme.
Au final, c'est une lecture décevante. Pas catastrophique, mais pas non plus suffisamment intéressant ni surprenant pour m'encourager à lire les pages suivantes. Ca se laisse lire mais le plaisir n'est pas là.
Note finale: 2.5
Je trouve que le postulat de départ était très intéressant. On arrive vraiment à entrer dans l'histoire de ce fugitif qui vient se perdre sur une île mystérieuse.
Par la suite, on se dit que l'invention de Morel est vraiment une projection étrange. Nous aurons des réponses à nos questions mais rien ne se passera réellement comme on le souhaitait. Il y a comme une direction à la fois mi-poétique, mi-onirique qui s'empare de ce récit. On s'éloigne de la science-fiction qui était pourtant le postulat de base.
Dès lors, le lecteur deviendra le contemplateur d'une imagerie répétitive sans âme. On n'y croira pas une seule seconde malgré tout l'énergie déployée par l'auteur pour nous faire ressentir une atmosphère atypique.
Sans doute l'adaptation de cette oeuvre littéraire était difficile. A défaut d'être inaccessible, on ne parvient pas à ressentir des émotions à l'image de cet homme isolé qui tombe amoureux d'une image. Pas mauvais mais sans âme ...
"Bloody September", la couverture et le titre sont évocateurs mais je n'avais pas fait le rapprochement tout de suite. L'histoire commence une nuit de décembre 2000 à New York, une femme vêtue d'un imperméable et pieds nus se jette du haut d'un immeuble. L'histoire se poursuit avec le réveil de l'inspecteur Pezzulo, dans le Queens, flic cinquantenaire amer et blasé depuis l'accident de sa femme, aujourd'hui paralysée. C'est lui qui va mener l'enquête qui va le conduire d'abord dans le milieu de la pornographie puis sur les traces de Ed, un dangereux tueur en série nécrophile.
Le récit est divisé en chapitres de longueur variable égrenant les mois comme un compte à rebours vers le dénouement final. Le suspens est bien mené, les pièces s'imbriquant au fur et à mesure. Les personnages sont expressifs et les émotions sont plutôt bien rendues entre le flic mélancolique et le tueur en série sournois et torturé.
Ca se lit tellement bien que j'ai été surpris par la fin en oubliant le contexte dans lequel se déroule cette histoire. Du coup la conclusion arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, même l'épilogue de deux planches laisse un goût de trop peu.
Côté dessin on a le droit à un trait "haché" avec des portraits réalistes qui, combinés aux couleurs froides, renforcent l'impression d'angoisse.
La fin m'ayant un peu déçu je ne mettrais qu'un 2/5.
Ce récit qui raconte sous l'angle amusé d'une figure mythologique serbe les pages sombres de la tumultueuse histoire des Balkans aurait pu être intéressant. Le pari était audacieux mais le résultat est décevant.
En effet, ce livre va insinuer en vous un ennui extrêmement puissant. Ce n'est guère captivant alors que l'Histoire de cette région l'est en réalité. La Première Guerre Mondiale est directement liée à un assassinat d'un archiduc d'Autriche en viste à Sarajevo. L'éclatement de l'ex-Yougoslavie a marqué toute la mémoire des européens durant les années 90. Oui, il y avait de quoi faire ...
Est-ce alors la faute d'un procédé narratif maladroit et pompeux ? Est-ce plutôt le dessin qui semble pauvre et pataud ? Que dire de cet humour omniprésent même sur des sujets très grave liés à la souffrance de tout un peuple : peut-on rire de tout sans vergogne ? ...
Bref, tout cela ne m'a pas convaincu sans condescendance aucune. Nous avons là un album parfaitement dispensable.
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L'Art Invisible
L'idée était très bonne et je suis sure qu'en conférence, avec quelqu'un de vivant en face de moi pour me présenter tout ça, j'aurais adoré, mais le support BD de cet Art Invisible ne m'a pas du tout emballée : je ne compte pas le nombre d'essais à mon actif pour tenter d'arriver à la dernière page (j'avoue, à l'heure où j'écris ces mots, je n'ai pas encore réussi…) ni le nombre de fois où j'ai piqué du nez au cours de ma lecture… Notamment lorsque l'auteur tente de replacer ça dans le contexte artistique en général… Et pourtant certains passages sont très intéressants, notamment ceux sur l'ellipse ou la notion du temps, l'équilibre entre les mots et le dessin et je me surprends aujourd'hui à regarder d'un autre œil les BD que je lis. Empruntez le pour vous faire une idée, je ne regrette pas ce que j'y ai trouvé mais le plaisir de lecture était souvent bien ténu.
Coeur de Papier
Mouais, bof… L'objet a un charme indéniable : belle couverture toilée, dessins soignés et fioritures autour des cases qui font leur petit effet, bouilles expressives des enfants, grande et mystérieuse maison avec ses pièces interdites, etc. Mais l'histoire est tout de même décevante au final car on n'en apprend pas assez pour s'attacher aux personnages et avoir réellement envie de lire la suite. Le début est assez étrange et intrigant, mais dès que les enfants mettent les pieds dans cet espèce d'univers parallèle, tout devient trop absurde pour attirer ma sympathie et pas assez pour susciter mon intérêt… Sans moi pour la suite.
Le Casse - Le troisième jour
Assez dérouté par ce deuxième volume consacré aux casses inoubliables. Certes le dessin de Guérineau est toujours aussi bon mais je me suis ennuyé à la lecture de cet opus. J'avais plus l'impression d'assiter à une pièce de théatre qu'à une superproduction sur le casse du siècle. Très peu d'action (voire aucune) ne rythme ce récit, ponctué de dialogues voire de monologues interminables... d'où un album bavard où chaque case ne repose que sur le dialogue entre uniquement deux personnages. Le rôle de Marie-Madeleine, et le parti pris des auteurs sur la version évangélique sont certes intéressants mais pour ma part cela ne m'a guère enthousiasmé. En outre, certains personnages ou certaines situations, comme la représentation de Judas ou la réaction des deux sentinelles romaines, sont si caricaturaux que la lecture en devient génante (voir la page 57 par exemple). Reste le dessin soigné de Guérineau dans un genre où on ne l'attendait pas et une superbe mise en couleur de Delf (les scènes de nuit sont particulièrement réussies). Donc bof sans plus comme bd. Dommage car cette série, prévue en 6 one shot, repose sur des auteurs confirmés.
Agence touristes
Dans la collection "Drôles de métiers", voici les agences touristiques. Et voilà une série de plus d'humour à la chaine, sans passion. C'est malheureux car ce n'est pas drôle. Le travail de commande se ressent trop. Certaines séries de ce type sont réussies car de vrais professionnels ou habitués du ou des métiers abordés y ont participé, mais là on sent des gags recyclés, des clichés, des a priori de gens du commun qui n'ont qu'une vague idée du travail d'agent touristique. Tant et si bien que les gags n'ont vraiment pas réussi à me faire rire, à peine quelques sourires vite oubliés. Par contre, je trouve le dessin sympa. J'aime bien ce style et ces couleurs un tout petit peu désaturées. Même s'il est très classique dans son genre, il arrive à me rendre les personnages plutôt sympathiques. C'est tout ce qui fait que je ne trouve pas cette BD simplement nulle.
Heaven's Door
Mon avis rejoindra peu ou prou celui de cac. J'ai cru au départ qu'il s'agissait d'un one shot contenant une histoire complète. Une sorte de truc apocalyptique impliquant des gamins et des tortues. Ou quelque chose d'approchant. Et puis quand la seconde histoire m'est apparue très différente, je me suis dit que je commençais à ne rien comprendre (oui, il était tard, j'avais un insomnie, mais ça ne garantit pas l'intégrité de l'allumage des neurones). Et puis à la cinquième histoire je me suis demandé ce que fumait l'auteur. Parce que soit c'était impropre à la consommation, soit c'était des parpaings. Les histoires sont carrément barrées, même si celles impliquant les deux "enfants" était réellement originale et intéressante dans sa construction et son sujet. Comme cac je suis assez circonspect quant à l'utilité de publier la dernière histoire (laquelle peut presque, en plus, se lire dans les deux sens) à l'européenne. Peut-être pour en rajouter dans le côté déjanté, destroy, subversif ou complexe de l'ensemble ? peut-être. Je retiendrai cependant un joli dessin, très lisible.
Assassin's Creed
Je suis assez circonspect quant à cette oeuvre de commande. Je ne connais pas l'univers du jeu original, mais ça ne me donne pas forcément envie de me plonger dedans. Ce tome 1 est en effet assez embrouillé, les péripéties s'enchaînent sans véritable logique, on saute plusieurs fois dans le temps -en ce qui concerne la trame principale- sans justification réelle. Quant à la partie "virtuelle", il s'agit de courts laps de temps sans aucune énergie, malgré les efforts de Defali pour varier ses cadrages et les éclairages. A noter que trois coloristes différents ont travaillé sur ce tome, et même si on reconnaît la palette de Raphael Hédon, à l'oeuvre sur Le Chant des Stryges, il n'y a pas vraiment d'unité en termes de teintes. Defali n'est pas loin de son meilleur niveau, mais avec un scénario assez inepte, pas sûr que cela suffise. Bref, une oeuvre de commande qui me semble assez dispensable, même pour les aficionados du jeu...
La Vengeance du Comte Skarbek
Comme vous le suggère ma note, je ne suis pas entièrement convaincu par la collaboration de Sente et Rosinsky père. Il est clair que cette BD est bien enrobée sous le dessin attrayant du talentueux dessinateur, mais qui devient amère quand on goutte au scénario. Le postulat est pourtant intéressant. Un peintre qui a du fuir la capitale quelques années auparavant revient pour se venger. Certes la vengeance n'est pas en soi un élément nouveau, mais la tournure qu'elle prend ici se fera au contraire à la lumière de la justice. En effet, le coup du tribunal est bien pensé; mais bien que l'idée soit audacieuse, la réalisation est à la traine. Comme le dit Altaïr, la narration nuit considérablement au dynamisme de l'ensemble. La multiplication des voies off enferme cette BD dans un rythme assez lent. Certes les flashbacks sont nombreux et l'histoire reposent sur ce procédé, mais c'est très maladroit dans l'ensemble. Passons aussi sur les ficelles inutiles, comme le fait d'introduire Chopin dans cette histoire (j'étais déjà à moitié certain de l'identité du fameux cousin bien avant la fin du premier tome), ou encore des insinuations très lourdingues sur la prétendue paternité du fameux roman de Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, auquel ce diptyque se veut être un hommage flamboyant. Je ne jugerai pas du plagiat possible puisque mes souvenirs du roman remontent un âge peu avancé, à cet âge où le roman susdit n'est pas d'un attrait farouche. Quant aux ficelles de l'histoire, elles sont bien trop visibles, et l'on anticipe bien trop souvent les futures dires de l'accusateur. Je terminerai par un mot sur le dessin de Rosinsky. Bien différent de ses réalisations sur Thorgal, il est dans un premier temps très agréable à contempler. Pourtant, avec le temps, et je ne saurais dire réellement pourquoi, il m'est apparu fade et sans saveur. Moi qui pensais en ouvrant le premier tome me régaler avec le graphisme, j'ai été déçu. Les faciès manquent d'expression, et le tout, sans donner l'impression d'être figé, manque de dynamisme. Au final, c'est une lecture décevante. Pas catastrophique, mais pas non plus suffisamment intéressant ni surprenant pour m'encourager à lire les pages suivantes. Ca se laisse lire mais le plaisir n'est pas là. Note finale: 2.5
L'Invention de Morel
Je trouve que le postulat de départ était très intéressant. On arrive vraiment à entrer dans l'histoire de ce fugitif qui vient se perdre sur une île mystérieuse. Par la suite, on se dit que l'invention de Morel est vraiment une projection étrange. Nous aurons des réponses à nos questions mais rien ne se passera réellement comme on le souhaitait. Il y a comme une direction à la fois mi-poétique, mi-onirique qui s'empare de ce récit. On s'éloigne de la science-fiction qui était pourtant le postulat de base. Dès lors, le lecteur deviendra le contemplateur d'une imagerie répétitive sans âme. On n'y croira pas une seule seconde malgré tout l'énergie déployée par l'auteur pour nous faire ressentir une atmosphère atypique. Sans doute l'adaptation de cette oeuvre littéraire était difficile. A défaut d'être inaccessible, on ne parvient pas à ressentir des émotions à l'image de cet homme isolé qui tombe amoureux d'une image. Pas mauvais mais sans âme ...
Bloody September
"Bloody September", la couverture et le titre sont évocateurs mais je n'avais pas fait le rapprochement tout de suite. L'histoire commence une nuit de décembre 2000 à New York, une femme vêtue d'un imperméable et pieds nus se jette du haut d'un immeuble. L'histoire se poursuit avec le réveil de l'inspecteur Pezzulo, dans le Queens, flic cinquantenaire amer et blasé depuis l'accident de sa femme, aujourd'hui paralysée. C'est lui qui va mener l'enquête qui va le conduire d'abord dans le milieu de la pornographie puis sur les traces de Ed, un dangereux tueur en série nécrophile. Le récit est divisé en chapitres de longueur variable égrenant les mois comme un compte à rebours vers le dénouement final. Le suspens est bien mené, les pièces s'imbriquant au fur et à mesure. Les personnages sont expressifs et les émotions sont plutôt bien rendues entre le flic mélancolique et le tueur en série sournois et torturé. Ca se lit tellement bien que j'ai été surpris par la fin en oubliant le contexte dans lequel se déroule cette histoire. Du coup la conclusion arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, même l'épilogue de deux planches laisse un goût de trop peu. Côté dessin on a le droit à un trait "haché" avec des portraits réalistes qui, combinés aux couleurs froides, renforcent l'impression d'angoisse. La fin m'ayant un peu déçu je ne mettrais qu'un 2/5.
Ouya Pavlé
Ce récit qui raconte sous l'angle amusé d'une figure mythologique serbe les pages sombres de la tumultueuse histoire des Balkans aurait pu être intéressant. Le pari était audacieux mais le résultat est décevant. En effet, ce livre va insinuer en vous un ennui extrêmement puissant. Ce n'est guère captivant alors que l'Histoire de cette région l'est en réalité. La Première Guerre Mondiale est directement liée à un assassinat d'un archiduc d'Autriche en viste à Sarajevo. L'éclatement de l'ex-Yougoslavie a marqué toute la mémoire des européens durant les années 90. Oui, il y avait de quoi faire ... Est-ce alors la faute d'un procédé narratif maladroit et pompeux ? Est-ce plutôt le dessin qui semble pauvre et pataud ? Que dire de cet humour omniprésent même sur des sujets très grave liés à la souffrance de tout un peuple : peut-on rire de tout sans vergogne ? ... Bref, tout cela ne m'a pas convaincu sans condescendance aucune. Nous avons là un album parfaitement dispensable.