En ce qui concerne le dessin, je n’ai aucun reproche à faire. Cette ligne claire est belle, précise et agréable dans ses décors. Les personnages sont bien typés et les rôles féminins sont séduisants.
Pour le scénario, par contre …
Au début, la dimension fantastique m’intriguait. Malheureusement, l’absence d’explications claires a vite entraîné chez moi un sentiment de frustration. Rien ne m’énerve plus qu’un concept fantastique auquel je ne comprends rien !
Et lorsque je me décide à simplifier le concept (en le réduisant à une simple opposition entre le bien, organique et basé sur la capacité à rêver, et le mal, matériel et destructeur de rêves), le côté aventuresque de la série se résume à peu de choses. Alors, bon, ce n’est pas déplaisant mais pas vraiment trépidant non plus.
Reste l’univers étrange, une galerie de personnages bien diversifiée (et certains d’entre eux m’ont intrigué) et, surtout, le dessin de Beja très agréable à l’œil pour me mener au bout des deux tomes.
Pas suffisant pour me convaincre ou hors de ma portée, je ne sais trop.
NB : à la fin du second tome, nous avons droit à une interview des deux auteurs. Une interview bien utile, d’ailleurs, qui m’a permis de mieux comprendre leur démarche et de mieux connaître leurs goûts personnels, influencés par le surréalisme entre autres.
Dommage qu’elle ne m’ait pas permis de mieux comprendre le concept.
Grosse déception que cette lecture, en fait je ne savais pas qu’il s’agissait d’une des références de Batman avant de lire l’opus et j’ai ouvert en me disant qu’enfin je devais m’intéresser à l’un des Batman puisque ce site en est richement loti et généralement en bien.
Le début de Batman me paraissait donc un bon moyen de commencer, force est de constater que la déception fut grande. Et tandis que j’écris ce commentaire je m’aperçois que cet album ferait parti des références du genre, là çà me refroidit complètement.
Graphiquement, le trait sommaire laisse le lecteur sur sa faim, pas d’ambiance noire, pas de contrastes graphiques ou de découpages tonitruants, rien que du maladroit parfois flou mal colorisé… La ville n’apparait pas contrastée et nous ne voyons aucune différence entre les bas fonds, les hautes sociétés vérolées, les réceptions hype, les impasses miteuses. La faute à un trait emprunté et manquant de ligne ou de courbe avec une exagération de hachures ou disons de segments non linéaires.
Quand au scénario, il dégage une certaine lourdeur des personnages absolument surprenante. Evidemment cela fait du bien de voir un batman pas tout puissant, mais du coup ses façons de s’en sortir ne paraissent pas normales et très chanceuses (pour ne pas dire scénarisées). Alors oui l’intrigue sur le commissaire et la création de ce personnage est intéressante, il s’agit d’ailleurs à mon sens du seul point positif de l’album, celui qui fait que l’on ne referme pas le livre et que l’on va au bout.
Déçu, très déçu par cet opus que d’aucun trouve culte, j’ai limite envie de continuer ma découverte de ce domaine. Préférant garder en mémoire Burton et Nolan qui enrichissent considérablement ce que j’ai pu lire ici (aussi bien graphiquement que scénaristiquement).
Très beau dessin, encore que les personnages ont tous la même gueule et que les filles, gros nichons et gros culs, soient très vulgaires.
Les avions sont beaux, les scènes de combat bien rendues mais c'est historiquement inexact (par exemple : pas de Uhu sur le front est).
Quant à l'histoire, là on sombre dans le roman cucul et pour tout dire le scénario est très plat et même niais avec ses personnages invraisemblables, le bon héros pas nazi, la pulpeuse poupée russe communiste, etc...
Je ne pense pas que le troisième tome relève le niveau, c'est déjà trop tard.
Franchement, c'est mauvais, et pourtant cette série était pleine de promesses. On nous propose un monde HF, plutôt bien imaginé : une terre recouverte d'une ville, Dandale, dans laquelle la guilde des cartographes, qui en recense les moindres recoins, dispose d'un savoir, et donc d'un pouvoir considérable. Archim est l'un de ces cartographes et est envoyé aux quatre coins de ce monde pour réaliser des missions, et sera confronté à des difficultés variées. C'est propre, c'est cohérent et plutôt bien construit, Archim devient un personnage sympathique, et le tandem qu'il forme avec le trublion Olivre, bien que classique, est plutôt agréable.
Ouais, sauf que ça, c'est au début... Parce que bien vite, tout devient confus, avec une histoire de sapientistes qui veulent infiltrer les pouvoirs de Dandale, Archim étant envoyé pour les démasquer et découvrir leurs motivations. On s'éloigne déjà un peu de la trame générale, le fait qu'Archim soit cartographe n'apporte absolument plus rien à l'histoire, un garçon boucher aurait tout aussi bien fait l'affaire. La trame générale devient incompréhensible, les enchaînements sont pour le moins foireux et l'idée originelle, à défaut d'être originale, se vide petit à petit de sa substance. Dans le même temps, l'orientation et la trajectoire du récit sont modifiées, le caractère heroic fantasy cédant sa place à un style SF nettement moins bien maîtrisé. Bref, le lecteur (en l'occurrence moi) est perdu, et a du mal à recoller les morceaux. L'univers présenté dans le dernier tome n'a plus rien à voir avec celui du premier, et l'ensemble forme une masse informe... J'ai particulièrement été perdu par des personnages qui polluent le récit : Jedruth et Lumille, Denicalés dont on se demande ce qu'il vient faire dans les deux derniers tomes tellement il ne sert à rien, Camerlot dont j'ai encore du mal à comprendre les motivations et même la relation entre Archim et Olivre connaît des hauts et des bas sans véritablement savoir pourquoi.
Et puis, il faut dire aussi que le ton de cette série devient vraiment lourdingue, notamment à partir des 3ème et 4ème tomes. On ne peut qu'être surpris par la place des femmes (en l'occurrence femelles) dans cette série : elles se battent pour savoir laquelle va coucher avec qui, ou sont tout simplement nymphomanes. La série devient transpirante de vulgarité gratuite, d'un ton qui se veut sulfureux mais qui n'en reste qu'au stade du graveleux. La vulgarité, lorsqu'elle s'inscrit dans une histoire construite et lorsqu'elle est maîtrisée, ne me dérange pas plus que cela, mais là, c'est gratuit et cela ne sert à rien. En fait, on se rend compte que Lumille et Jedruth ne servent pas à grand chose dans ce récit, c'est une maladresse de plus à porter au crédit de l'auteur.
Le dessin paraît sympathique dans le premier tome, même si les barbes des vieux semblent taillés à la règles et que les visages sont trop anguleux. Mais je m'en suis particulièrement lassé, surtout lorsque les femmes font leur apparition, tout en rondeurs par devant et par derrière. Les couleurs semblent peu appuyées et tout semble du coup fadasse. J'ai pourtant été charmé par les univers du premier tome (la découverte de Dandale), du troisième (cette forêt luxuriante et incongrue) et du cinquième tome (les ballons donnent un côté aérien à l'ensemble). Les autres m'ont paru plutôt banal et le sixième tome franchement laid.
J'ai presque du mal à accepter qu'Arleston soit à l'origine de cette oeuvre. Heureusement, pour se faire pardonner, il nous a inventé Lanfeust.
Voilà donc une série bien décevante, dans laquelle le réel intérêt porté par le premier tome s'estompe rapidement pour laisser la place à une histoire sans envergure et peu cohérente. Et puis je vous laisse apprécier à sa juste valeur la dernière phrase de la série : " on vide nos verres et on remplit nos femmes", tellement révélatrice de toute la classe de cette série.
L'humour coquin est l'une des spécialités des éditions Joker. Entre les plutôt bonnes histoires de Dany (Ca vous intéresse ?) et les inégales mais globalement décevantes Blagues Coquines, Seron se classe malheureusement dans le deuxième cas avec les présents recueils de blagues illustrées.
En effet, on sait depuis Les Petites Femmes et depuis les poses aguicheuses de certains de ses personnages féminins dans Les Petits Hommes que Seron apprécie les coquines et aime dessiner des femmes toutes en courbes, aux lèvres aussi arrogantes que la poitrine rebondie, ou vice-versa. Son dessin, même s'il peut lasser à la longue, s'accorde très bien avec le mélange d'érotisme et d'humour de ce type de blagues.
Malheureusement, ces planches ne sont ni excitantes ni drôles.
Le premier tome recueille un certain nombre d'adaptations de blagues plus ou moins connues. Elles ne sont hélas vraiment pas terribles ou alors trop connues ou convenues pour être encore drôles.
Le second tome présente des gags un peu plus personnalisés. Visiblement il ne s'agit pas cette fois d'un recueil disparate d'illustrations de blagues connues, en tout cas pas connues par moi. Les gags ne se révèlent pas plus drôles pour autant. Ils sont régulièrement franchement lourds, ou tombent simplement à plat, même si certains pourraient faire un peu sourire.
Bref, c'est une lecture qui peut faire passer le temps quand on n'a rien d'autre sous la main, mais elle n'est franchement pas terrible ni en matière d'érotisme ni d'humour.
Il ne ressort pas grand chose de cette BD.
Concernant le dessin, je ne suis pas un grand fan, mais il se prête bien au récit.
Côté scénario, l'auteur se focalise sur un très court moment de l'histoire d'Auschwitz, alors que le sujet est bien plus complexe que ce qui est présenté dans cette oeuvre. On ne peut pas parler d'un sujet aussi dramatique sans le replacer un minimum dans le contexte historique. A part montrer des scènes de violence et d'horreur sans explications, cette BD est malheureusement "vide d'Histoire".
Et c'est bien dommage, le sujet méritait mieux.
Les dessins sont classiques pour un genre policier/humoristique et assez sympathiques, ils collent bien au genre humoristique et dynamique. Sur ça, rien à dire.
L'idée de base semble assez bonne : se servir de 2 flics complètement à la ramasse pour faire une satire de la société américaine. Ils ont chacun des tares propres et une commune : ils sont raides dingues de la célèbre journaliste d'investigation de la chaine de TV locale. Mais... Des clichés à gogo et des gags très, très répétitifs rendent vite cette série vraiment ennuyante. Les auteurs n'arrivent pas à se renouveler et on a l'impression de relire continuellement la même histoire. De plus, les personnages ne sont pas fouillés, dès le premier tome, nous connaissons tout d'eux et ils n'évoluent plus du tout, que ce soit dans leur personnalité ou bien dans leur histoire personnelle.
Franchement, dans un genre proche, je conseille plutôt la série Soda, qui est plus développée dans le scénario et un peu moins déjantée (après, il en faut pour tous les goûts).
Je dirais que la lecture du premier tome suffit amplement pour se rendre compte de ce que peut être la série et ensuite la qualité ne fait que baisser.
Le premier mot qui me vient à l’esprit pour qualifier cette bd est "vaine".
L’idée est pourtant chouette. Imaginez un pauv’ gars qui trime toute la journée pour gagner des miettes. Sa seule échappatoire : la lecture. Seules les remontrances de son patron le ramènent à la dure réalité de sa vie misérable. Le récit alterne séquences imaginaires et réelles. L’ensemble se laisse lire (bien même) mais ne décolle pas. Jusqu’au moment où l’employé fait une rencontre fortuite : un clodo lui remet un roman aux propriétés particulières constitué de pages blanches. Le récit s’écrit au fur et à mesure de l’imagination du lecteur. Je pensais avoir trouvé enfin un point d’ancrage pour faire partir l’histoire. Mais en vain. Ce ressort narratif ne sera pas exploité et le récit se termine comme il a commencé, sur une aventure romancée de l’employé.
Je cherche encore quel peut être l’intérêt d’une telle bd et où l’auteur a-t-il voulu nous entrainer.
Note : 2.5/5
Cette série n'avait pas de raison particulière de me déplaire mais j'ai été franchement déçu par le rythme décousu des histoires et le trop grand nombre d'invraisemblances dans les scénarios.
L'idée de départ est pourtant assez originale. L'héroïne est en effet une jeune femme au comportement de garçon manqué, en permanence flanquée d'une salopette et de grosses godasses, travaillant dans une casse et grande amatrice de bagnoles. Ce type de personnage m'a un peu fait penser à Franka, elle aussi d'origine flamande, femme de tête qui vit des aventures policières grand public et que l'auteur n'hésite pas à légèrement dénuder par-ci par-là pour insister sur son indéniable physique sexy.
Par contre, il est bien difficile d'évaluer l'âge réelle de cette fameuse Sam. Elle fréquente encore le lycée, son meilleur ami a un physique de gamin, mais en même temps, elle a un petit boulot, sait conduire, a un corps de femme mûre...
Le dessin n'est d'ailleurs pas mauvais en matière de femmes dénudées. Il l'est cependant moins concernant la régularité des planches. Malgré son style semi-réaliste, les perspectives sont souvent étranges, avec des éléments d'avant-plan et d'arrière-plan qui semblent changer indépendamment de taille. Parfois les personnages paraissent plus grands que les véhicules à leurs côtés, ou aussi grands que les bâtiments, tandis que d'autres fois ils paraissent rapetissés. L'encrage lui aussi manque de consistance même s'il devient un peu plus maîtrisé au fil des tomes.
Une particularité du personnage de Sam m'a franchement gêné à la lecture. Les auteurs parsèment leurs albums de planches où elle part dans des rêveries éveillées, imaginant des fantasmes d'aventure et de fantastique aussitôt annihilés par un rappel à la réalité de ses proches. Une ou deux fois, ce type de digression fantasmatique peut passer, mais régulièrement répétés album après album, et à chaque fois clos d'une manière identique par une Sam toujours aussi surprise, c'est lassant et cela brise franchement le rythme de lecture des intrigues.
Parlons-en justement des intrigues, c'est là où le bât blesse le plus. Il s'agit à chaque fois de petites enquêtes policières sans grande envergure, à la manière d'aventures pour la jeunesse. Cela pourrait aller, d'autant plus que les auteurs jouent souvent la carte de l'humour, mais l'accumulation d'incohérences et de facilités dans les scénarios en gâche vraiment l'intérêt. Trop de péripéties sont gratuites tandis que certains dénouements d'action paraissent complètement sortis du chapeau.
Une drôle de lecture qui m'a semblé ne pas avoir trouvé comment se poser, quelque part entre récit jeunesse ou récit plus adulte, avec une héroïne parfois enfantine, parfois mûre et sexy, et un graphisme entre semi-réalisme et style franco-belge à gros nez. De toute manière, même si elle avait vraiment trouvé son public, l'inconsistance des scénarios n'aurait pas permis d'en faire quelque chose de bon à mon goût.
Mouiche … Je suis méfiant quand je vois une nouvelle série made by Crisse. Il est le champion toute catégorie pour les entamer sans réussir à les clôturer.
Les ingrédients sont presque toujours les mêmes, à savoir une quête à accomplir par une femme (jolie de préférence, c’est plus vendeur). Ici, les ingrédients de base sont : une île, une indigène et un inconnu présentant d’étranges tatouages. On y ajoute un petit soupçon de magie (les tikis) et la mayonnaise … ne prend pas. Normal, y a pas d’œuf. La trame est pauvre et use de poncifs avec une partie du clan qui voit d’un mauvais œil l’arrivée de cet inconnu tatoué. Ben tiens ! Le final réoriente le récit de manière surprenante mais pas bien originale. Pour les gribouillis, Crisse s’est adjoint les services de Ood Serrière. Vu son style graphique proche de celui de Crisse, on comprend mieux son choix. Mais le dessin manque cruellement d’âme. Il est terriblement impersonnel. Et les couleurs sont trop diluées.
C’est clairement de la bd pour ados. Moi, j’ai passé l’âge.
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Les Compagnons du Rêve
En ce qui concerne le dessin, je n’ai aucun reproche à faire. Cette ligne claire est belle, précise et agréable dans ses décors. Les personnages sont bien typés et les rôles féminins sont séduisants. Pour le scénario, par contre … Au début, la dimension fantastique m’intriguait. Malheureusement, l’absence d’explications claires a vite entraîné chez moi un sentiment de frustration. Rien ne m’énerve plus qu’un concept fantastique auquel je ne comprends rien ! Et lorsque je me décide à simplifier le concept (en le réduisant à une simple opposition entre le bien, organique et basé sur la capacité à rêver, et le mal, matériel et destructeur de rêves), le côté aventuresque de la série se résume à peu de choses. Alors, bon, ce n’est pas déplaisant mais pas vraiment trépidant non plus. Reste l’univers étrange, une galerie de personnages bien diversifiée (et certains d’entre eux m’ont intrigué) et, surtout, le dessin de Beja très agréable à l’œil pour me mener au bout des deux tomes. Pas suffisant pour me convaincre ou hors de ma portée, je ne sais trop. NB : à la fin du second tome, nous avons droit à une interview des deux auteurs. Une interview bien utile, d’ailleurs, qui m’a permis de mieux comprendre leur démarche et de mieux connaître leurs goûts personnels, influencés par le surréalisme entre autres. Dommage qu’elle ne m’ait pas permis de mieux comprendre le concept.
Batman - Année Un (Year One)
Grosse déception que cette lecture, en fait je ne savais pas qu’il s’agissait d’une des références de Batman avant de lire l’opus et j’ai ouvert en me disant qu’enfin je devais m’intéresser à l’un des Batman puisque ce site en est richement loti et généralement en bien. Le début de Batman me paraissait donc un bon moyen de commencer, force est de constater que la déception fut grande. Et tandis que j’écris ce commentaire je m’aperçois que cet album ferait parti des références du genre, là çà me refroidit complètement. Graphiquement, le trait sommaire laisse le lecteur sur sa faim, pas d’ambiance noire, pas de contrastes graphiques ou de découpages tonitruants, rien que du maladroit parfois flou mal colorisé… La ville n’apparait pas contrastée et nous ne voyons aucune différence entre les bas fonds, les hautes sociétés vérolées, les réceptions hype, les impasses miteuses. La faute à un trait emprunté et manquant de ligne ou de courbe avec une exagération de hachures ou disons de segments non linéaires. Quand au scénario, il dégage une certaine lourdeur des personnages absolument surprenante. Evidemment cela fait du bien de voir un batman pas tout puissant, mais du coup ses façons de s’en sortir ne paraissent pas normales et très chanceuses (pour ne pas dire scénarisées). Alors oui l’intrigue sur le commissaire et la création de ce personnage est intéressante, il s’agit d’ailleurs à mon sens du seul point positif de l’album, celui qui fait que l’on ne referme pas le livre et que l’on va au bout. Déçu, très déçu par cet opus que d’aucun trouve culte, j’ai limite envie de continuer ma découverte de ce domaine. Préférant garder en mémoire Burton et Nolan qui enrichissent considérablement ce que j’ai pu lire ici (aussi bien graphiquement que scénaristiquement).
Le Grand Duc
Très beau dessin, encore que les personnages ont tous la même gueule et que les filles, gros nichons et gros culs, soient très vulgaires. Les avions sont beaux, les scènes de combat bien rendues mais c'est historiquement inexact (par exemple : pas de Uhu sur le front est). Quant à l'histoire, là on sombre dans le roman cucul et pour tout dire le scénario est très plat et même niais avec ses personnages invraisemblables, le bon héros pas nazi, la pulpeuse poupée russe communiste, etc... Je ne pense pas que le troisième tome relève le niveau, c'est déjà trop tard.
Les Maîtres Cartographes
Franchement, c'est mauvais, et pourtant cette série était pleine de promesses. On nous propose un monde HF, plutôt bien imaginé : une terre recouverte d'une ville, Dandale, dans laquelle la guilde des cartographes, qui en recense les moindres recoins, dispose d'un savoir, et donc d'un pouvoir considérable. Archim est l'un de ces cartographes et est envoyé aux quatre coins de ce monde pour réaliser des missions, et sera confronté à des difficultés variées. C'est propre, c'est cohérent et plutôt bien construit, Archim devient un personnage sympathique, et le tandem qu'il forme avec le trublion Olivre, bien que classique, est plutôt agréable. Ouais, sauf que ça, c'est au début... Parce que bien vite, tout devient confus, avec une histoire de sapientistes qui veulent infiltrer les pouvoirs de Dandale, Archim étant envoyé pour les démasquer et découvrir leurs motivations. On s'éloigne déjà un peu de la trame générale, le fait qu'Archim soit cartographe n'apporte absolument plus rien à l'histoire, un garçon boucher aurait tout aussi bien fait l'affaire. La trame générale devient incompréhensible, les enchaînements sont pour le moins foireux et l'idée originelle, à défaut d'être originale, se vide petit à petit de sa substance. Dans le même temps, l'orientation et la trajectoire du récit sont modifiées, le caractère heroic fantasy cédant sa place à un style SF nettement moins bien maîtrisé. Bref, le lecteur (en l'occurrence moi) est perdu, et a du mal à recoller les morceaux. L'univers présenté dans le dernier tome n'a plus rien à voir avec celui du premier, et l'ensemble forme une masse informe... J'ai particulièrement été perdu par des personnages qui polluent le récit : Jedruth et Lumille, Denicalés dont on se demande ce qu'il vient faire dans les deux derniers tomes tellement il ne sert à rien, Camerlot dont j'ai encore du mal à comprendre les motivations et même la relation entre Archim et Olivre connaît des hauts et des bas sans véritablement savoir pourquoi. Et puis, il faut dire aussi que le ton de cette série devient vraiment lourdingue, notamment à partir des 3ème et 4ème tomes. On ne peut qu'être surpris par la place des femmes (en l'occurrence femelles) dans cette série : elles se battent pour savoir laquelle va coucher avec qui, ou sont tout simplement nymphomanes. La série devient transpirante de vulgarité gratuite, d'un ton qui se veut sulfureux mais qui n'en reste qu'au stade du graveleux. La vulgarité, lorsqu'elle s'inscrit dans une histoire construite et lorsqu'elle est maîtrisée, ne me dérange pas plus que cela, mais là, c'est gratuit et cela ne sert à rien. En fait, on se rend compte que Lumille et Jedruth ne servent pas à grand chose dans ce récit, c'est une maladresse de plus à porter au crédit de l'auteur. Le dessin paraît sympathique dans le premier tome, même si les barbes des vieux semblent taillés à la règles et que les visages sont trop anguleux. Mais je m'en suis particulièrement lassé, surtout lorsque les femmes font leur apparition, tout en rondeurs par devant et par derrière. Les couleurs semblent peu appuyées et tout semble du coup fadasse. J'ai pourtant été charmé par les univers du premier tome (la découverte de Dandale), du troisième (cette forêt luxuriante et incongrue) et du cinquième tome (les ballons donnent un côté aérien à l'ensemble). Les autres m'ont paru plutôt banal et le sixième tome franchement laid. J'ai presque du mal à accepter qu'Arleston soit à l'origine de cette oeuvre. Heureusement, pour se faire pardonner, il nous a inventé Lanfeust. Voilà donc une série bien décevante, dans laquelle le réel intérêt porté par le premier tome s'estompe rapidement pour laisser la place à une histoire sans envergure et peu cohérente. Et puis je vous laisse apprécier à sa juste valeur la dernière phrase de la série : " on vide nos verres et on remplit nos femmes", tellement révélatrice de toute la classe de cette série.
T'as d' beaux yeux, tu sais !
L'humour coquin est l'une des spécialités des éditions Joker. Entre les plutôt bonnes histoires de Dany (Ca vous intéresse ?) et les inégales mais globalement décevantes Blagues Coquines, Seron se classe malheureusement dans le deuxième cas avec les présents recueils de blagues illustrées. En effet, on sait depuis Les Petites Femmes et depuis les poses aguicheuses de certains de ses personnages féminins dans Les Petits Hommes que Seron apprécie les coquines et aime dessiner des femmes toutes en courbes, aux lèvres aussi arrogantes que la poitrine rebondie, ou vice-versa. Son dessin, même s'il peut lasser à la longue, s'accorde très bien avec le mélange d'érotisme et d'humour de ce type de blagues. Malheureusement, ces planches ne sont ni excitantes ni drôles. Le premier tome recueille un certain nombre d'adaptations de blagues plus ou moins connues. Elles ne sont hélas vraiment pas terribles ou alors trop connues ou convenues pour être encore drôles. Le second tome présente des gags un peu plus personnalisés. Visiblement il ne s'agit pas cette fois d'un recueil disparate d'illustrations de blagues connues, en tout cas pas connues par moi. Les gags ne se révèlent pas plus drôles pour autant. Ils sont régulièrement franchement lourds, ou tombent simplement à plat, même si certains pourraient faire un peu sourire. Bref, c'est une lecture qui peut faire passer le temps quand on n'a rien d'autre sous la main, mais elle n'est franchement pas terrible ni en matière d'érotisme ni d'humour.
Auschwitz
Il ne ressort pas grand chose de cette BD. Concernant le dessin, je ne suis pas un grand fan, mais il se prête bien au récit. Côté scénario, l'auteur se focalise sur un très court moment de l'histoire d'Auschwitz, alors que le sujet est bien plus complexe que ce qui est présenté dans cette oeuvre. On ne peut pas parler d'un sujet aussi dramatique sans le replacer un minimum dans le contexte historique. A part montrer des scènes de violence et d'horreur sans explications, cette BD est malheureusement "vide d'Histoire". Et c'est bien dommage, le sujet méritait mieux.
Spoon & White
Les dessins sont classiques pour un genre policier/humoristique et assez sympathiques, ils collent bien au genre humoristique et dynamique. Sur ça, rien à dire. L'idée de base semble assez bonne : se servir de 2 flics complètement à la ramasse pour faire une satire de la société américaine. Ils ont chacun des tares propres et une commune : ils sont raides dingues de la célèbre journaliste d'investigation de la chaine de TV locale. Mais... Des clichés à gogo et des gags très, très répétitifs rendent vite cette série vraiment ennuyante. Les auteurs n'arrivent pas à se renouveler et on a l'impression de relire continuellement la même histoire. De plus, les personnages ne sont pas fouillés, dès le premier tome, nous connaissons tout d'eux et ils n'évoluent plus du tout, que ce soit dans leur personnalité ou bien dans leur histoire personnelle. Franchement, dans un genre proche, je conseille plutôt la série Soda, qui est plus développée dans le scénario et un peu moins déjantée (après, il en faut pour tous les goûts). Je dirais que la lecture du premier tome suffit amplement pour se rendre compte de ce que peut être la série et ensuite la qualité ne fait que baisser.
Des vies formidables
Le premier mot qui me vient à l’esprit pour qualifier cette bd est "vaine". L’idée est pourtant chouette. Imaginez un pauv’ gars qui trime toute la journée pour gagner des miettes. Sa seule échappatoire : la lecture. Seules les remontrances de son patron le ramènent à la dure réalité de sa vie misérable. Le récit alterne séquences imaginaires et réelles. L’ensemble se laisse lire (bien même) mais ne décolle pas. Jusqu’au moment où l’employé fait une rencontre fortuite : un clodo lui remet un roman aux propriétés particulières constitué de pages blanches. Le récit s’écrit au fur et à mesure de l’imagination du lecteur. Je pensais avoir trouvé enfin un point d’ancrage pour faire partir l’histoire. Mais en vain. Ce ressort narratif ne sera pas exploité et le récit se termine comme il a commencé, sur une aventure romancée de l’employé. Je cherche encore quel peut être l’intérêt d’une telle bd et où l’auteur a-t-il voulu nous entrainer.
Sam
Note : 2.5/5 Cette série n'avait pas de raison particulière de me déplaire mais j'ai été franchement déçu par le rythme décousu des histoires et le trop grand nombre d'invraisemblances dans les scénarios. L'idée de départ est pourtant assez originale. L'héroïne est en effet une jeune femme au comportement de garçon manqué, en permanence flanquée d'une salopette et de grosses godasses, travaillant dans une casse et grande amatrice de bagnoles. Ce type de personnage m'a un peu fait penser à Franka, elle aussi d'origine flamande, femme de tête qui vit des aventures policières grand public et que l'auteur n'hésite pas à légèrement dénuder par-ci par-là pour insister sur son indéniable physique sexy. Par contre, il est bien difficile d'évaluer l'âge réelle de cette fameuse Sam. Elle fréquente encore le lycée, son meilleur ami a un physique de gamin, mais en même temps, elle a un petit boulot, sait conduire, a un corps de femme mûre... Le dessin n'est d'ailleurs pas mauvais en matière de femmes dénudées. Il l'est cependant moins concernant la régularité des planches. Malgré son style semi-réaliste, les perspectives sont souvent étranges, avec des éléments d'avant-plan et d'arrière-plan qui semblent changer indépendamment de taille. Parfois les personnages paraissent plus grands que les véhicules à leurs côtés, ou aussi grands que les bâtiments, tandis que d'autres fois ils paraissent rapetissés. L'encrage lui aussi manque de consistance même s'il devient un peu plus maîtrisé au fil des tomes. Une particularité du personnage de Sam m'a franchement gêné à la lecture. Les auteurs parsèment leurs albums de planches où elle part dans des rêveries éveillées, imaginant des fantasmes d'aventure et de fantastique aussitôt annihilés par un rappel à la réalité de ses proches. Une ou deux fois, ce type de digression fantasmatique peut passer, mais régulièrement répétés album après album, et à chaque fois clos d'une manière identique par une Sam toujours aussi surprise, c'est lassant et cela brise franchement le rythme de lecture des intrigues. Parlons-en justement des intrigues, c'est là où le bât blesse le plus. Il s'agit à chaque fois de petites enquêtes policières sans grande envergure, à la manière d'aventures pour la jeunesse. Cela pourrait aller, d'autant plus que les auteurs jouent souvent la carte de l'humour, mais l'accumulation d'incohérences et de facilités dans les scénarios en gâche vraiment l'intérêt. Trop de péripéties sont gratuites tandis que certains dénouements d'action paraissent complètement sortis du chapeau. Une drôle de lecture qui m'a semblé ne pas avoir trouvé comment se poser, quelque part entre récit jeunesse ou récit plus adulte, avec une héroïne parfois enfantine, parfois mûre et sexy, et un graphisme entre semi-réalisme et style franco-belge à gros nez. De toute manière, même si elle avait vraiment trouvé son public, l'inconsistance des scénarios n'aurait pas permis d'en faire quelque chose de bon à mon goût.
Thalulaa
Mouiche … Je suis méfiant quand je vois une nouvelle série made by Crisse. Il est le champion toute catégorie pour les entamer sans réussir à les clôturer. Les ingrédients sont presque toujours les mêmes, à savoir une quête à accomplir par une femme (jolie de préférence, c’est plus vendeur). Ici, les ingrédients de base sont : une île, une indigène et un inconnu présentant d’étranges tatouages. On y ajoute un petit soupçon de magie (les tikis) et la mayonnaise … ne prend pas. Normal, y a pas d’œuf. La trame est pauvre et use de poncifs avec une partie du clan qui voit d’un mauvais œil l’arrivée de cet inconnu tatoué. Ben tiens ! Le final réoriente le récit de manière surprenante mais pas bien originale. Pour les gribouillis, Crisse s’est adjoint les services de Ood Serrière. Vu son style graphique proche de celui de Crisse, on comprend mieux son choix. Mais le dessin manque cruellement d’âme. Il est terriblement impersonnel. Et les couleurs sont trop diluées. C’est clairement de la bd pour ados. Moi, j’ai passé l’âge.