Sans doute, cette série ne méritait pas une telle note, j'en ai conscience. J'ai pourtant déjà lu pire. Mais ces histoires de vengeance qui riment toujours avec l'Ouest sauvage me laissent perplexe.
Pourquoi pas 4 drôles de dames dans l'Ouest accompagnées par un chasseur de prime style Mac Queen et l'indien de service, américain s'il vous plaît ? Et il fallait un shérif véreux. La mayonnaise ne prend pas, désolé !
En l'espèce, je reproche surtout la construction du scénario. On perd vite le fil conducteur de ce récit. Et puis, dans le même genre, il n'y a pas de comparaison possible avec l'excellent Western de Rosinski et Van Hamme.
Mon avis correspond à une intégrale T3 datant de 1994 éditée chez Soleil.
Elle couvre la période du 1er août 1937 au 23 juillet 1939.
Je vais faire court : je me suis forcé à terminer ces 104 pages.
On voit clairement que la BD a évolué, non seulement sur le dessin, mais également sur la narration : ici c'est très lourd, beaucoup de textes off sont utilisés pour résumer, prendre des raccourcis, etc... : au final les images sont figées.
Cette BD n'est plus jeune et dire qu'elle a mal vieilli est peu dire !!!
Je pense que cette édition s'adresse aux nostalgiques mais aura du mal à plaire aux nouvelles générations.
Un one shot sans consistance, ni saveur.
Les histoires sont dépourvues de contenu intéressant, les chutes sont fades voir inexistantes.
Le dessin est correct, très fin et assez réaliste.
Il est malheureusement souillé par une colorisation qui donne l'impression d'avoir été faite sous l'emprise de substances hallucinogènes... Des couleurs très kitchs, non appropriées, etc...
Le tout sonne creux et n'apporte pas la moindre émotion au lecteur.
Le genre de BD que l'on regrette presque d'avoir ouvert.
Difficile de mettre plus, je n'ai vraiment pas aimé ce one-shot.
On est loin des autres productions de Davodeau que sont Rural ! et Les Mauvaises gens.
J'aime ces récits sociaux car ils sont constructifs, documentaires et instructifs.
Ce que je n'ai malheureusement pas trouvé dans "Anticyclone".
Le scénario ne tient pas debout, ça ne mène nul part.
Les personnages ne sont pas du tout crédibles. Je suis peut être passé à côté, mais y avait-il quelque chose à trouver ?
A éviter, cet auteur vaut beaucoup mieux que cette BD.
Le dessin de Levallois est très intéressant. Mais voilà, je n'ai strictement rien compris à l'histoire... S'il y a d'ailleurs une histoire. Je n'affectionne pas particulièrement les Bds d'anticipation, ni les récits surréalistes. J'ai été servi.
J'avoue n'avoir jamais pris le temps de me farcir Hellboy, et ne pas être un super gros fan des oeuvres de Mignola que j'ai pu lire jusqu'ici. J'ai quand même lu ce recueil parce qu'il était court, et je dois le dire sans détour, j'ai vraiment détesté.
Je suis à peu près d'accord avec Ro sur bien des points, mais le trouve bien indulgent sur la qualité globale de l'album vu la faiblesse des histoires qu'il contient ! Certes la première histoire est la meilleure, dommage qu'elle soit quand même sans aucun intérêt...
Trop courts, idiots, pas drôles (même l'histoire signée Steve "Sam & Max" Purcell ne m'a pas arraché un sourire !), ces petits exercices de style d'autoparodie ou pastiche de Lovecraft sentent mauvais le fond de tiroir moisi qu'on ressort maintenant que le nom de Mignola peut faire vendre à peu près n'importe quoi.
Bref, à réserver aux inconditionnels de l'auteur, dont je ne suis clairement pas.
Après la lecture du second tome.
Comme la note l'atteste, je n'ai vraiment pas aimé cette BD.
Seul le dessin s'en sort et encore : les couleurs sont parfois incompréhensibles et hideuses...
Le scénario est tout sauf original, il est décousu, les faits d'armes sont insignifiants, etc....
Quand on s'engouffre dans ce style, il vaut mieux avoir des arguments en béton, ce que je n'ai pas su déceler dans le cas présent.
A oublier.
Hé !… Ho !… Faut arrêter de déconner, là !…
J’ai déjà lu des scénarios emberlificotés à l’extrême, d’une nullité affligeante, mais celui-ci doit être dans le top 5 de la connerie. C’est vraiment n’importe quoi !… du pif, paf, pouf, je te tape… et que je te balance une rocket sur la pomme… boum… hahaha… c’est pas moi, c’était un pantin…
NULLISSIME !…qui est Kim, qui est Donovan, quelles sont ces bases, le pourquoi, les « agresseurs »… tout cela nous est appris très laborieusement au fil de pages fort décousues narrativement. Si encore il y avait des flash-back pour essayer d’expliquer le pourquoi du comment. Ben non !… A toi, lecteur, de te débrouiller avec le contenu et de t’en faire une idée. Rien ne tient, l’impression d’un assez grand nombre d’idées (assez simplistes d’ailleurs) mises bout à bout sans relais réels entre elles.
Dur à lire dans sa simplicité. Serres (désolé, je râle très rarement sur un auteur) y va d’un véritable n’importe quoi non structuré.
Le dessin ?… Figurez-vous que c’est la couverture qui m’a attiré. Jolie. Vraiment. Dans un style graphique me rappelant ces bons vieux comics US. Mais à l’intérieur ! Pas que c’est la débâcle, mais presque. Un trait nerveux, certes, parfois bien enlevé lorsque Serres dessine hélicos, avions, véhicules divers… mais pour ce qui est des personnages, c’est plutôt tristounet. Proportions, mimiques, gestuelle me font penser par moments (et ils sont nombreux) au graphisme d’un débutant. Et c’est sans compter la colorisation : des visages jaune-orangé (ça vous a un de ces charmes !…)
Tout ça pour ?.. à vrai dire je n’en sais rien. Ou plutôt si : une des rares BD que j’ai lu deux fois d’affilée (si ! si !) pour me rendre compte d’une sorte de néant qu’elle représente. A la limite, des « djeunes » d’une dizaine d’années pourraient éventuellement apprécier les explosions qui parsèment l’album. Mais pour les autres ? Bien que : l’album pourrait être exhibé pour montrer ce qu’il NE FAUT PAS faire en BD.
Une bonne chose quand même : un deuxième tome est annoncé (Terreur sur les Andes). Il n’a jamais été édité. TANT MIEUX ! Nul. Point. Je dis et maintiens !
J'aime bien le dessin de Serge Salma, je trouve qu'il a une certaine personnalité. Et j'aime bien sa série Nathalie. Je me suis donc dit qu'il n'y avait pas de raison que je n'aime pas cette BD d'humour là. Mais non...
Le dessin est toujours sympa mais... mais qu'est-ce que ce n'est pas drôle ! De tout un album, j'ai vaguement souri 2 fois, et le reste des gags m'a purement et simplement ennuyé. Ce sont soit des gags déjà vus, soit des gags tout simplement... plats, prévisibles, sans originalité. A lire cette Bd, on dirait vraiment qu'il n'y a pas grand chose à dire en prenant pour héros un crabe.
Bref, je ne déteste pas cette BD, mais vraiment je n'en ai rien retiré du tout et je me suis rapidement mis à feuilleter les pages plutôt qu'à en prendre le moindre plaisir.
A bien des égards, "Le ciel au-dessus de Bruxelles" m'a fait beaucoup réfléchir. A la fin de la lecture du dernier tome, je ressentais une sourde mais hésitante répulsion envers ce qui venait de me sauter à la figure. Mettre des mots sur mes sentiments à l'égard de cette BD n'a pas été chose aisée.
Mais tout d'abord, petite parenthèse sur la couverture du tome 1 : Yslaire semble reprendre trait pour trait une très célèbre photographie de Paris -Les Amoureux- d'un non moins célèbre photographe décédé il y a peu, Robert Doisneau (Merci Katz).
Au niveau de l'aspect graphique, cette BD n'est pas déplaisante. Le trait est précis, mais suffisamment brouillon pour conférer une certaine personnalité "brut-de-décoffrage" au dessin. L'utilisation d'une palette de couleurs pastel est judicieuse, avec une utilisation du jeu de lumière et des ombres assez réussie ; le traitement graphique dans son ensemble sert donc à merveille une ambiance faussement mélancolique (qui ne tardera pas à virer au pornographique, nous le verrons).
Cependant, que faut-il penser de l'usage de plusieurs polices de caractères différentes pour indiquer la langue parlée par les protagonistes ? Si la trouvaille est habile, elle se retourne contre l'auteur. Habile car cela permet de montrer qu'un personnage parle une autre langue (par exemple quand Fadhya parle arabe), tout en le comprenant nous-mêmes ; mais risqué car à la limite de l'illisible, et surtout le "système" perd de sa cohérence car quand Edwin parle, on peut avoir l'impression qu'il parle hébreu ou que sais-je encore, alors qu'il parle français. Bref, un beau mic-mac que tout cela (et je ne parle même pas des images informatisées sinon on n'a pas fini).
Venons-en maintenant au fait, c'est-à-dire l'histoire proprement dite.
Alors, si on résume, c'est un Juif (qui l'est sans vraiment l'être), qui porte plusieurs noms (?), et qui arrive à Bruxelles en 2003 en pleine manifestation anti-guerre en Irak, après avoir été abattu dans un camp de concentration durant la Seconde Guerre Mondiale (??). Il rencontre une jeune femme voilée qui est en fait une kamikaze et qui est destinée par son frère (!) à se faire sauter devant la Commission Européenne pour protester contre la guerre (???), et il l'aborde comme s'il la connaissait déjà (?!). S'ensuit une relation amour-haine...
Bref, vous l'aurez compris, à première vue, du grand n'importe quoi.
A première vue seulement ? Oui et non (c'est là que ça se corse).
Car il apparaît bien que derrière cette histoire de fantôme sur le retour (qui n'est pas celui que l'on croit ahah) et d'accélération temporelle, dont d'ailleurs je n'ai rien compris (si tant est qu'il y avait quelque chose à comprendre), Yslaire brandit son bâton de pélerin, comme pour nous hurler : "La guerre, c'est pas bien !"
Et pour nous le prouver, il nous fait cette hallucinante mais bien réelle analogie, qui va enfler et exploser dans le tome 2 : aux images de guerre sorties tout droit de CNN et autres Al Jazeera, l'auteur oppose les ébats pantagruéliques de nos deux tourtereaux. Ce ne sont pas de simples scènes d'amour -ça aurait été encore quelque peu légitime-, mais de la pornographie, carrément vulgaire qui plus est. Et heureusement que certains passages sont racontés plutôt que montrés (il y a dû y avoir de la censure de la part de l'éditeur). C'est dommage de sombrer dans une telle vulgarité, parce qu'il aurait été tellement plus subtil de peindre les sentiments amoureux : le moment où Fadhya tombe amoureuse de Edwin est ainsi tellement touchant.
Mais ce qu'on est censé comprendre, c'est qu'à l'obscénité soi-disant purement formelle des ébats amoureux s'oppose l'obscénité véritable de la guerre. Certes oui. Mais comme Spooky, on serait tenté de répondre : "mais on s'en fout un peu, non ?"
Je rajouterais même que ce qui est véritablement obscène là-dedans, ce sont les partis-pris initiaux de l'auteur pour nous persuader de la justesse de son propos, qui en lui-même est tout à fait honorable.
Ainsi, on a droit à une accumulation de clichés qui, sous couvert d'un propos fort, actuel et "engagé", passent de fait assez bien.
Les policiers belges sont tournés en ridicule, et la "beurette" (comme Yslaire le dit lui-même) obligée par son frère islamiste de jouer à la kamikaze, que dire... Mais à un cliché en répond un autre, car le plus agaçant, ça reste encore ce personnage de Juif (non-juif), "forcément victime" comme le dit Cassidy, et qui semble posséder la science infuse (ainsi que le don de réminiscence psychique). Une vraie tête à claques.
Bref, même si le parallèle entre la guerre en Irak et la prise de Babylone dans l'Antiquité est intéressant -quoique peu évident-, "Le ciel au-dessus de Bruxelles" ne semble se résumer qu'à une énième variation, gargantuesque si elle en est, sur le thème "faisons l'amour pas la guerre". Pas de quoi fouetter un chat...
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Fleurs carnivores
Sans doute, cette série ne méritait pas une telle note, j'en ai conscience. J'ai pourtant déjà lu pire. Mais ces histoires de vengeance qui riment toujours avec l'Ouest sauvage me laissent perplexe. Pourquoi pas 4 drôles de dames dans l'Ouest accompagnées par un chasseur de prime style Mac Queen et l'indien de service, américain s'il vous plaît ? Et il fallait un shérif véreux. La mayonnaise ne prend pas, désolé ! En l'espèce, je reproche surtout la construction du scénario. On perd vite le fil conducteur de ce récit. Et puis, dans le même genre, il n'y a pas de comparaison possible avec l'excellent Western de Rosinski et Van Hamme.
Flash Gordon
Mon avis correspond à une intégrale T3 datant de 1994 éditée chez Soleil. Elle couvre la période du 1er août 1937 au 23 juillet 1939. Je vais faire court : je me suis forcé à terminer ces 104 pages. On voit clairement que la BD a évolué, non seulement sur le dessin, mais également sur la narration : ici c'est très lourd, beaucoup de textes off sont utilisés pour résumer, prendre des raccourcis, etc... : au final les images sont figées. Cette BD n'est plus jeune et dire qu'elle a mal vieilli est peu dire !!! Je pense que cette édition s'adresse aux nostalgiques mais aura du mal à plaire aux nouvelles générations.
La Traque (Marc-Renier)
Un one shot sans consistance, ni saveur. Les histoires sont dépourvues de contenu intéressant, les chutes sont fades voir inexistantes. Le dessin est correct, très fin et assez réaliste. Il est malheureusement souillé par une colorisation qui donne l'impression d'avoir été faite sous l'emprise de substances hallucinogènes... Des couleurs très kitchs, non appropriées, etc... Le tout sonne creux et n'apporte pas la moindre émotion au lecteur. Le genre de BD que l'on regrette presque d'avoir ouvert.
Anticyclone
Difficile de mettre plus, je n'ai vraiment pas aimé ce one-shot. On est loin des autres productions de Davodeau que sont Rural ! et Les Mauvaises gens. J'aime ces récits sociaux car ils sont constructifs, documentaires et instructifs. Ce que je n'ai malheureusement pas trouvé dans "Anticyclone". Le scénario ne tient pas debout, ça ne mène nul part. Les personnages ne sont pas du tout crédibles. Je suis peut être passé à côté, mais y avait-il quelque chose à trouver ? A éviter, cet auteur vaut beaucoup mieux que cette BD.
Noé
Le dessin de Levallois est très intéressant. Mais voilà, je n'ai strictement rien compris à l'histoire... S'il y a d'ailleurs une histoire. Je n'affectionne pas particulièrement les Bds d'anticipation, ni les récits surréalistes. J'ai été servi.
L'Homme à la tête de vis
J'avoue n'avoir jamais pris le temps de me farcir Hellboy, et ne pas être un super gros fan des oeuvres de Mignola que j'ai pu lire jusqu'ici. J'ai quand même lu ce recueil parce qu'il était court, et je dois le dire sans détour, j'ai vraiment détesté. Je suis à peu près d'accord avec Ro sur bien des points, mais le trouve bien indulgent sur la qualité globale de l'album vu la faiblesse des histoires qu'il contient ! Certes la première histoire est la meilleure, dommage qu'elle soit quand même sans aucun intérêt... Trop courts, idiots, pas drôles (même l'histoire signée Steve "Sam & Max" Purcell ne m'a pas arraché un sourire !), ces petits exercices de style d'autoparodie ou pastiche de Lovecraft sentent mauvais le fond de tiroir moisi qu'on ressort maintenant que le nom de Mignola peut faire vendre à peu près n'importe quoi. Bref, à réserver aux inconditionnels de l'auteur, dont je ne suis clairement pas.
Le Loup, l'Agneau et les Chiens de guerre
Après la lecture du second tome. Comme la note l'atteste, je n'ai vraiment pas aimé cette BD. Seul le dessin s'en sort et encore : les couleurs sont parfois incompréhensibles et hideuses... Le scénario est tout sauf original, il est décousu, les faits d'armes sont insignifiants, etc.... Quand on s'engouffre dans ce style, il vaut mieux avoir des arguments en béton, ce que je n'ai pas su déceler dans le cas présent. A oublier.
Kim Wolf
Hé !… Ho !… Faut arrêter de déconner, là !… J’ai déjà lu des scénarios emberlificotés à l’extrême, d’une nullité affligeante, mais celui-ci doit être dans le top 5 de la connerie. C’est vraiment n’importe quoi !… du pif, paf, pouf, je te tape… et que je te balance une rocket sur la pomme… boum… hahaha… c’est pas moi, c’était un pantin… NULLISSIME !…qui est Kim, qui est Donovan, quelles sont ces bases, le pourquoi, les « agresseurs »… tout cela nous est appris très laborieusement au fil de pages fort décousues narrativement. Si encore il y avait des flash-back pour essayer d’expliquer le pourquoi du comment. Ben non !… A toi, lecteur, de te débrouiller avec le contenu et de t’en faire une idée. Rien ne tient, l’impression d’un assez grand nombre d’idées (assez simplistes d’ailleurs) mises bout à bout sans relais réels entre elles. Dur à lire dans sa simplicité. Serres (désolé, je râle très rarement sur un auteur) y va d’un véritable n’importe quoi non structuré. Le dessin ?… Figurez-vous que c’est la couverture qui m’a attiré. Jolie. Vraiment. Dans un style graphique me rappelant ces bons vieux comics US. Mais à l’intérieur ! Pas que c’est la débâcle, mais presque. Un trait nerveux, certes, parfois bien enlevé lorsque Serres dessine hélicos, avions, véhicules divers… mais pour ce qui est des personnages, c’est plutôt tristounet. Proportions, mimiques, gestuelle me font penser par moments (et ils sont nombreux) au graphisme d’un débutant. Et c’est sans compter la colorisation : des visages jaune-orangé (ça vous a un de ces charmes !…) Tout ça pour ?.. à vrai dire je n’en sais rien. Ou plutôt si : une des rares BD que j’ai lu deux fois d’affilée (si ! si !) pour me rendre compte d’une sorte de néant qu’elle représente. A la limite, des « djeunes » d’une dizaine d’années pourraient éventuellement apprécier les explosions qui parsèment l’album. Mais pour les autres ? Bien que : l’album pourrait être exhibé pour montrer ce qu’il NE FAUT PAS faire en BD. Une bonne chose quand même : un deuxième tome est annoncé (Terreur sur les Andes). Il n’a jamais été édité. TANT MIEUX ! Nul. Point. Je dis et maintiens !
Surimi - Une vie de crabe
J'aime bien le dessin de Serge Salma, je trouve qu'il a une certaine personnalité. Et j'aime bien sa série Nathalie. Je me suis donc dit qu'il n'y avait pas de raison que je n'aime pas cette BD d'humour là. Mais non... Le dessin est toujours sympa mais... mais qu'est-ce que ce n'est pas drôle ! De tout un album, j'ai vaguement souri 2 fois, et le reste des gags m'a purement et simplement ennuyé. Ce sont soit des gags déjà vus, soit des gags tout simplement... plats, prévisibles, sans originalité. A lire cette Bd, on dirait vraiment qu'il n'y a pas grand chose à dire en prenant pour héros un crabe. Bref, je ne déteste pas cette BD, mais vraiment je n'en ai rien retiré du tout et je me suis rapidement mis à feuilleter les pages plutôt qu'à en prendre le moindre plaisir.
Le ciel au-dessus de Bruxelles
A bien des égards, "Le ciel au-dessus de Bruxelles" m'a fait beaucoup réfléchir. A la fin de la lecture du dernier tome, je ressentais une sourde mais hésitante répulsion envers ce qui venait de me sauter à la figure. Mettre des mots sur mes sentiments à l'égard de cette BD n'a pas été chose aisée. Mais tout d'abord, petite parenthèse sur la couverture du tome 1 : Yslaire semble reprendre trait pour trait une très célèbre photographie de Paris -Les Amoureux- d'un non moins célèbre photographe décédé il y a peu, Robert Doisneau (Merci Katz). Au niveau de l'aspect graphique, cette BD n'est pas déplaisante. Le trait est précis, mais suffisamment brouillon pour conférer une certaine personnalité "brut-de-décoffrage" au dessin. L'utilisation d'une palette de couleurs pastel est judicieuse, avec une utilisation du jeu de lumière et des ombres assez réussie ; le traitement graphique dans son ensemble sert donc à merveille une ambiance faussement mélancolique (qui ne tardera pas à virer au pornographique, nous le verrons). Cependant, que faut-il penser de l'usage de plusieurs polices de caractères différentes pour indiquer la langue parlée par les protagonistes ? Si la trouvaille est habile, elle se retourne contre l'auteur. Habile car cela permet de montrer qu'un personnage parle une autre langue (par exemple quand Fadhya parle arabe), tout en le comprenant nous-mêmes ; mais risqué car à la limite de l'illisible, et surtout le "système" perd de sa cohérence car quand Edwin parle, on peut avoir l'impression qu'il parle hébreu ou que sais-je encore, alors qu'il parle français. Bref, un beau mic-mac que tout cela (et je ne parle même pas des images informatisées sinon on n'a pas fini). Venons-en maintenant au fait, c'est-à-dire l'histoire proprement dite. Alors, si on résume, c'est un Juif (qui l'est sans vraiment l'être), qui porte plusieurs noms (?), et qui arrive à Bruxelles en 2003 en pleine manifestation anti-guerre en Irak, après avoir été abattu dans un camp de concentration durant la Seconde Guerre Mondiale (??). Il rencontre une jeune femme voilée qui est en fait une kamikaze et qui est destinée par son frère (!) à se faire sauter devant la Commission Européenne pour protester contre la guerre (???), et il l'aborde comme s'il la connaissait déjà (?!). S'ensuit une relation amour-haine... Bref, vous l'aurez compris, à première vue, du grand n'importe quoi. A première vue seulement ? Oui et non (c'est là que ça se corse). Car il apparaît bien que derrière cette histoire de fantôme sur le retour (qui n'est pas celui que l'on croit ahah) et d'accélération temporelle, dont d'ailleurs je n'ai rien compris (si tant est qu'il y avait quelque chose à comprendre), Yslaire brandit son bâton de pélerin, comme pour nous hurler : "La guerre, c'est pas bien !" Et pour nous le prouver, il nous fait cette hallucinante mais bien réelle analogie, qui va enfler et exploser dans le tome 2 : aux images de guerre sorties tout droit de CNN et autres Al Jazeera, l'auteur oppose les ébats pantagruéliques de nos deux tourtereaux. Ce ne sont pas de simples scènes d'amour -ça aurait été encore quelque peu légitime-, mais de la pornographie, carrément vulgaire qui plus est. Et heureusement que certains passages sont racontés plutôt que montrés (il y a dû y avoir de la censure de la part de l'éditeur). C'est dommage de sombrer dans une telle vulgarité, parce qu'il aurait été tellement plus subtil de peindre les sentiments amoureux : le moment où Fadhya tombe amoureuse de Edwin est ainsi tellement touchant. Mais ce qu'on est censé comprendre, c'est qu'à l'obscénité soi-disant purement formelle des ébats amoureux s'oppose l'obscénité véritable de la guerre. Certes oui. Mais comme Spooky, on serait tenté de répondre : "mais on s'en fout un peu, non ?" Je rajouterais même que ce qui est véritablement obscène là-dedans, ce sont les partis-pris initiaux de l'auteur pour nous persuader de la justesse de son propos, qui en lui-même est tout à fait honorable. Ainsi, on a droit à une accumulation de clichés qui, sous couvert d'un propos fort, actuel et "engagé", passent de fait assez bien. Les policiers belges sont tournés en ridicule, et la "beurette" (comme Yslaire le dit lui-même) obligée par son frère islamiste de jouer à la kamikaze, que dire... Mais à un cliché en répond un autre, car le plus agaçant, ça reste encore ce personnage de Juif (non-juif), "forcément victime" comme le dit Cassidy, et qui semble posséder la science infuse (ainsi que le don de réminiscence psychique). Une vraie tête à claques. Bref, même si le parallèle entre la guerre en Irak et la prise de Babylone dans l'Antiquité est intéressant -quoique peu évident-, "Le ciel au-dessus de Bruxelles" ne semble se résumer qu'à une énième variation, gargantuesque si elle en est, sur le thème "faisons l'amour pas la guerre". Pas de quoi fouetter un chat...