2.5
J'ai un peu de la difficulté à donner une note globalement parce qu'il y a du bon et du moins bon.
Déjà, le scénario est pas trop mal et j'aime bien l'idée de départ. Je trouve juste que c'est un peu long et qu'au final c'est encore une fois une histoire mettant en vedette un personnage de comics qui est traité de manière spéciale, alors que c'est juste une autre histoire de plus mettant en vedette le personnage et qu'on aurait pu la placer dans sa série principale sans problème.
Non parce que vu que c'était un des premiers titres qui lançait une collection vertigo (qui n'a pas duré longtemps d'ailleurs) et scénarisé par un écrivain que je ne connais pas, mais qui semble un peu connu....Ben je m'attendais à plus qu'une énième histoire de John Constantine....C'est pas mauvais et l'écrivain évite les pièges récurrents des écrivains qui pensent que la BD et les romans ont les mêmes codes et du coup on se retrouve avec plein de textes narratifs. Ça ne se voit pas du tout que le scénariste n'était pas un habitué des comics. C'est juste que bon c'est un peu routinier si on connait bien John Constantine, il y a rien de vraiment spécial dans le scénario.
Mais le plus gros problème est le dessin que je n'ai pas du tout aimé. Du coup, même si je trouve des qualités au scénario, je ne suis jamais vraiment rentré dans le récit à cause de ce style de dessin que je trouve un peu moche. La lecture de l'album a donc été peu palpitante et j'ai dû m'y reprendre à deux fois pour réussir à le finir.
J'ai eu un mal de chien pour venir à bout de la lecture de ce récit de près de 400 pages.
C'est quelque peu difficile à catégoriser, pas vraiment roman graphique ni vraiment humour même s'il y a beaucoup d'absurde dans ces planches et dans les textes de la préface ainsi que les quelques pages de notes en fin d'ouvrage, que je ne me suis pas donné la peine de lire en entier.
Il était dans la sélection officielle du dernier festival d'Angoulême 2025 mais n'a pas du séduire les foules si je suis le premier à le poster ici. La couverture est à mon sens réussie et intrigante.
Cela narre la vie de Cornélius un chien humanoïde et ses amis, qui sont d'autres chiens comme Amir et Ployploy mais aussi une grenouille colocataire qui lui parle très mal sans qu'il réagisse. Son patron un poil tyrannique est aussi un chien qui se déplace en fauteuil roulant. C'est assez léger sur les premières pages, on sent un héros bonne pâte et quelques pages plus tard virent au thriller avec le rapt de son amie contre lequel Cornélius est impuissant. Toute la suite tourne autour des maladresses du héros et d'une demande de rançon des ravisseurs.
Marc Toricès est un auteur espagnol né en 1989. Il multiplie dans ces pages les styles graphiques et les genres. On est parfois perdu dans cette narration et pour savoir où l'auteur veut nous amener, cela ressemble à un empilement de pages réalisées à différents moments et pour différents supports comme des fanzines ou des strips de journaux. A tel point que je me suis demandé parfois si les pages n'étaient pas mélangées. On nous parle à un moment des Zangano comix dont on nous dit que cela peut se traduire par les comix du paresseux.
Dommage car l'auteur a un vrai talent graphique mais cela part dans tous les sens sans qu'on comprenne bien pourquoi alors que l'histoire est assez vide.
Bon, l'album a déchaîné les passions l'année dernière sur le site, je ne pouvais pas passer à côté !
Je ne connais pas le roman d'origine, je serais donc incapable de faire un quelconque comparatif entre les deux visions de ce même récit, mais de mon regard sans attente ni connaissance préalable particulière j'ai tout de même trouvé l'œuvre bonne.
C'est une œuvre post-apocalyptique qui, comme toute œuvre du genre, nous dépeint les travers de l'humain poussé à l'extrême lorsque les civilisations s'effondrent. C'est sale, monstrueux, les paysages sont désolés, inhospitaliers, et les quelques survivants commettent des actes tous plus immondes les uns que les autres. Tout le sel de ce récit vient justement du fait que nous suivons un père cherchant par tous les moyens à protéger son fils du monde qui l'entoure. Il tente de lui cacher du mieux qu'il peut les horreurs qu'ils croisent, l'empêche de le suivre dans les bâtiments devenus charniers, tente de lui présenter le monde dans un prisme manichéen où ils seraient les gentils et où tous-tes les autres seraient les méchants.
Leur quête à travers les États-Unis pour trouver un climat plus sain, plus viable, loin des incendies, des pillards et des pluies de cendre, est prenante. On craint à chaque instant, à chaque arrêt sur leur trajet. Chaque rencontre est un risque, chaque mort évitée une leçon cruelle pour le jeune enfant qui refuse pourtant toujours jusqu'au bout de devenir un monstre lui-même.
Ce qui démarque cet album d'autres récits post-apocalyptiques est indéniablement le magnifique travail graphique de Larcenet. Je ne lui connaissais que son style "gros nez" donc j'avoue avoir été bien surprise de voir ici ses traits bien plus durs, moins cartoonesques.
Le travail de la couleur est particulièrement intéressant, ne mélangeant que les teintes de noir, de gris, quelques fois de sépia et d'orange pour nous représenter cette menace du feu ayant brûlé le monde et étant toujours présente. Seuls de rares (très rares) éclats de couleurs vives brillent par moment, l'exemple le plus notable étant la canette de soda apparaissant presque comme un phare au milieu de toute cette grisaille.
C'est un bon album, pas de doute là-dessus, je comprends pourquoi tout le monde l'a apprécié. Je ménagerais tout de même mon enthousiasme quant à sa qualité, l'œuvre n'est pas non plus révolutionnaire (étant friande de récit post-apo j'ai déjà vu/lu des dizaines de récits présentant les mêmes problématiques, le même désespoir et le même contraste entre l'espoir enfantin et la désillusion et cruauté du monde adulte). Encore une fois, l'album brille ici surtout par le travail graphique de Larcenet, sans lui l’œuvre m'aurait semblé bien moins intéressante je pense.
L'album et son récit restent bons, j'insiste, je ne cherche pas à amoindrir ses qualités, mais pas la peine non plus de s'extasier et de crier au miracle face à une œuvre loin d'être aussi parfaite ou marquante que ce que j'avais pu entendre.
Encore une fois, pas lu le roman d'origine, mais je m'y essaierai volontiers car je me dis que les réflexions internes et les perceptions/narrations biaisées des personnages, propres à la dimension littéraire, doivent rendre le récit plus vivant, plus marquant.
(Note réelle 3,5)
À la manière de la série RG qui explorait les rouages des Renseignements Généraux avec l'appui d'un ancien de la maison, Intelligences propose une immersion similaire dans l'univers de la DGSI, épaulée ici par Hugo de Bénat, ex-agent du contre-espionnage français. La DGSI (Direction générale de la Sécurité intérieure) est l'équivalent français du FBI : une structure rattachée à la police, dédiée à la lutte contre le terrorisme et les ingérences étrangères, en collectant et transmettant des renseignements aux autorités compétentes. Nous sommes donc dans le domaine du contre-espionnage, non de l'espionnage. Dans cet album, il s'agit de coopérer avec le Mossad pour récupérer des données sensibles contenues dans l'ordinateur d'un ingénieur iranien en visite éclair en France… mais évidemment, rien ne se passe comme prévu.
Le résultat est un polar crédible et réaliste. Gontran Toussaint livre un dessin maîtrisé, proche du style de Philippe Francq pour Largo Winch, jusque dans la typographie. La mise en scène est soignée, centrée sur les personnages et leurs dialogues, davantage que sur l'action. Les décors plus dépouillés et les couleurs plus ternes renforcent le ton sérieux, au prix d'une certaine austérité visuelle.
J'ai apprécié le réalisme du récit et la découverte du fonctionnement interne de la DGSI, à mi-chemin entre une équipe policière classique et un service de renseignement menant des opérations audacieuses (comme implanter des outils informatiques indétectables dans du matériel étranger). Le contexte, fixé en 2019, évite les bouleversements géopolitiques récents (guerre à Gaza, isolement de la Russie, chute éventuelle de Bachar Al-Assad), ce qui donne un ton un peu daté mais renforce aussi la crédibilité du scénario et la possibilité qu'une partie de ces événements soit inspirée de faits réels.
Tout n'est pas irréprochable : certaines incohérences m'ont laissé dubitatif, comme l'absence d'images satellites pour vérifier une cible à bombarder ou la raison exacte du retour de l'ingénieur iranien, dont la mission semblait déjà accomplie. Malgré cela, l'histoire reste captivante et instructive, portée par des personnages solides, mêlant dimension humaine, intrigue policière et tension d'espionnage.
Flous artistiques est un récit choral où l'on suit un personnage en plein questionnement, qui rencontre quelqu'un lui racontant à son tour son histoire, ses propres doutes, et le moment où il ou elle a croisé une autre personne... laquelle racontera aussi son histoire, et ainsi de suite. On est ici dans le roman graphique dans ce qu'il a de plus stéréotypé : un enchaînement de récits qui rappellent les scénarios de films d'auteur, pleins de psychologie et d'histoires intimes.
Le format confirme cette impression : un album très épais (480 pages), découpé en quatre cases par page, illustré par le dessin assez médiocre de Dash Shaw. Heureusement, la mise en page est aérée et les dialogues ne s'éternisent pas, mais ça reste un gros volume, difficile à lire d'une seule traite.
Concrètement, arrivé à la moitié, j'en ai eu assez. Toutes les quarante pages, on passe d'un personnage au suivant, comme une succession de digressions dans les digressions. Si chaque histoire prise isolément n'est pas inintéressante et que l'ensemble est assez varié, je me surprenais à oublier ce qui était arrivé aux personnages rencontrés deux ou trois étapes plus tôt. Résultat : une vraie saturation à force de découvrir sans cesse de nouvelles histoires sans que les précédentes ne soient terminées.
Heureusement, c'est justement à la moitié de l'album que le concept se renverse : chaque digression trouve successivement sa conclusion, on remonte l'ordre des personnages, et les histoires se referment peu à peu. La frustration disparaît, mais les conclusions, elles, restent assez inégales. Certaines histoires paraissent anecdotiques, peu m'ont réellement parlé, et la fin de l'album n'apporte pas grand-chose de plus. Pas de grande apothéose, même si des personnages de différentes histoires réapparaissent dans le dernier tableau. Bref, rien de mémorable. Mais comme aucune histoire n'est vraiment ennuyeuse, j'ai quand même pu aller jusqu'au bout.
Note : 2.5/5
J'ai mis longtemps à lire cette série parce que j'avais un peu peur de lire une série aussi longue dont le dessin est uniquement composé de gravures. J'avais peur d'un truc figé et interminable au début.
Mes craintes se sont vite dissipées. Oui, à la lecture des premières pages étaient un peu déroutante, mais j'ai vite embarqué dans le récit grâce à la narration dynamique qui donne envie d'en savoir plus sur la Commune. La mise en scène est originale et l'idée d'utiliser des gravures est bien maitrisée. Comme je l'ai écrit, le scénario est prenant. L'auteur s'est bien documenté et on a droit à plusieurs extraits d'articles de journaux, poèmes et discours faits par les gens de l'époque. Certains risquent d'être surpris du comportement de quelques noms illustres durant la commune. Une autre bonne idée de l'auteur est qu'on le voit suivre la trace d'inconnus présents durant la commune. Tout son travail de recherches pour savoir ce que sont devenus quelques anonymes est vraiment passionnant.
En fait, je pense que pour apprécier cette série, il faut se mettre en tête qu'on va lire une série historique au ton normal comme Le Cri du Peuple de Tardi qui traitait de la même période historique (et dont l'auteur fait un clin d'œil dans le tome 3). Pour moi, on est plus dans une espèce de documentaire que dans une œuvre de fiction. On pourrait reprocher à l'auteur de pencher un peu trop du coté des communards (je ne suis pas un grand spécialiste, mais il me semble que la commune est une des périodes les plus controversée de l'histoire de France avec deux camps séparés qui défendent leur point de vue) , mais il défend bien son point de vue.
Je suis totalement étranger à l'univers des skinheads, qui restent pour moi presque une légende urbaine tant je n'ai jamais approché de près ou de loin ces groupes dont j'ignorais même qu'ils n'avaient pas encore disparu à la fin des années 1990. Mirador - Tête de mort a le mérite de proposer un témoignage rare et sincère, celui d'un ancien membre de ces groupuscules. David Cénou revient sur son passé, entre violence, bière, musique haineuse et ratonnades, avant la chute et une éventuelle rédemption qu'on ne verra pas ici. Ce regard de l'intérieur, sans fascination ni jugement appuyé, donne à l'album une certaine authenticité... mais son message reste flou.
On suit donc ce personnage de jeune skin qui transpire la haine et la violence malgré sa petite taille et son incapacité à se battre. On découvre son quotidien avec ses camarades de lutte et de beuverie, en particulier après un drame dont il semble être le complice. Mais rien ne vient expliquer comment il a pu devenir ce skin, ce qui l'a conduit à une telle haine et à un tel racisme : je ne saurai donc pas et ne comprendrai toujours pas comment on peut en arriver à cet extrémisme.
La narration, parfois décousue, rend la chronologie un peu confuse, mais le récit reste prenant, surtout grâce aux passages alternant entre souvenirs et garde-à-vue. L'ambiance des années 90 est bien restituée, et l'album éclaire aussi la diversité de ces mouvances extrémistes. On est frappé par l'absurdité de ces factions rivales qui se détestent autant qu'elles haïssent l'extérieur.
Graphiquement, le lavis de gris installe une atmosphère contrastée : la douceur du trait tranche avec la brutalité du propos, ce qui crée une tension intéressante, même si le dessin reste assez passe-partout et manque parfois de force.
Il en découle une lecture instructive, plus documentaire qu'émotionnelle, qui montre la descente aux enfers d'un jeune paumé en quête d'identité, sans expliquer hélas comment il en est arrivé là. La conclusion m'a également laissé perplexe, avec le sentiment flou qu'un message avait été vaguement glissé dans les deux dernières pages d'un épilogue un peu coupé du reste, mais sans que j'en comprenne bien la teneur. Un témoignage intéressant, même si j'aurais aimé qu'il dépasse l'anecdote pour offrir une réflexion plus approfondie sur ce passé.
3.5/5
Entre le 3 et le 4. Le premier tome de la série n'est pas forcément engageant, j'ai eu un peu de mal à rentrer dedans, jusqu'à me demander si ça valait le coup de continuer et de finir la série. J'ai persévéré, et finalement, j'ai bien fait, car cela s'améliore grandement, notamment dans le tome 2 qui est le meilleur à mon goût.
L'histoire concoctée par X.Dorison fait quelque peu froid dans le dos, tant elle pourrait se rapprocher de la réalité dans un futur proche. On passe par plusieurs sentiments en suivant le destin du personnage principal. Quant aux dessins de T. Allart, ils m'ont bien plu, avec une amélioration notable au travers des tomes.
Au final, HSE, c'est une série à lire, qui conte un futur où chacun peut réussir, mais à quel prix ? Les dérives de la société moderne de consommation sont assez bien abordées. Si vendre son âme au diable à un prix, quel est-il sur les marchés boursiers ?
(Ceci est mon premier avis sur le site, et sur les BDs en général. Je ne suis pas hyper doué ni à l'aise pour ce genre d'exercice. Soyez indulgents !)
Je ne connaissais pas Hermiston, ultime roman inachevé de Stevenson, et c'est par cette BD que je l'ai découvert. Jean Harambat y imagine une conclusion en s'appuyant sur les notes et intentions de l'écrivain. Le premier tome reprend fidèlement le texte de Stevenson et s'achève sur un cliffhanger, tandis que le second apporte une fin logique et crédible. Sur le fond, je trouve que l'ensemble fonctionne bien.
Sur la forme en revanche, je reste peu sensible au dessin de Harambat. Son style me rappelle celui de Daniel Casanave, mais en plus lâché, comme tracé trop vite. Il parvient à construire une narration claire et des visages expressifs, mais son trait trop brouillon ne me séduit pas et il rend mal, à mon goût, la beauté de la lande écossaise et l'élan tragique qui habitent Stevenson.
Malgré ces réserves graphiques, j'ai pris plaisir à la lecture. J'aime l'ambiance écossaise, ces récits isolés du monde, et l'atmosphère propre à Stevenson. Le premier tome, un peu lent à se mettre en place, séduit par son climat singulier. Le second, plus rythmé et riche en action, complète bien le tout en reprenant les éléments essentiels. Entre dilemmes moraux, affrontements avec le père et destinées brisées, cette bande dessinée réussit à restituer l'esprit de Stevenson.
Oh, jolie BD que voici ! Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, le titre et le dessin étant assez cryptiques sur le ton global. Mais très vite, on rentre de plein pied dans la comédie romantique et franchement, ça fait un bien fou !
Je ne suis pas du tout proche des hommes politiques, dont la présence m'exaspère généralement, mais je ne suis pas contre une bonne histoire qui arrive à me les rendre touchants. Tronchet propose quelque chose de simple, presque trop d'ailleurs par certains points, avec ce président "jeune con du centre" qui est piégé dans un engrenage politique, entouré de gens qui se servent de lui et le manipulent, de personnalités prêtes à prendre sa place et de faux-cul en tout genre. Et ce personnage sympathique, qui n'aspire au fond qu'à vivre une vie qui le satisfasse plutôt que de faire tout pour son image.
La BD parle explicitement de moments de la politique française qu'on peut s'amuser à identifier, de même que certaines têtes sont assez clairement des caricatures de la vraie vie (notamment les commentateurs sur le journal télévisé), mélangeant un petit jeu pour le lecteur à reconnaitre les détails à l'histoire qui reste finalement classique. Mais avec des personnages qui sont très vite sympathiques, ces mélanges de différents sujets politiques et un message global assez clair sur la question de remettre en question la façon dont notre politique se maintient en place, la BD reste un divertissement qui sait se faire intelligent lorsqu'il le faut, tout en étant toujours assez légère y compris dans son final, sympathique et qui évite le happy end classique. D'ailleurs l'histoire d'amour est carrément pas comme je l'imaginais et reste finalement assez légère tout du long.
Le dessin de Jean-Philippe Peyraud est assez efficace avec ce récit, jouant avec les couleurs en aplats pour facilement distinguer l'essentiel dans le cadre, tout en mettant en scène les moments de masse grouillante toujours affairée autour du président mais aussi les moments d'intimité en vidant le cadre. Les décors sont souvent esquissés, afin de laisser la pleine place aux personnages qui sont centraux au récit. La lecture est fluide, carrément amusante et prenante d'un bout à l'autre. Et vu le sujet, je ne m'attendais pas à autant aimer, donc oui, je met un petit 4* bien mérité !
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John Constantine Hellblazer - Dark entries
2.5 J'ai un peu de la difficulté à donner une note globalement parce qu'il y a du bon et du moins bon. Déjà, le scénario est pas trop mal et j'aime bien l'idée de départ. Je trouve juste que c'est un peu long et qu'au final c'est encore une fois une histoire mettant en vedette un personnage de comics qui est traité de manière spéciale, alors que c'est juste une autre histoire de plus mettant en vedette le personnage et qu'on aurait pu la placer dans sa série principale sans problème. Non parce que vu que c'était un des premiers titres qui lançait une collection vertigo (qui n'a pas duré longtemps d'ailleurs) et scénarisé par un écrivain que je ne connais pas, mais qui semble un peu connu....Ben je m'attendais à plus qu'une énième histoire de John Constantine....C'est pas mauvais et l'écrivain évite les pièges récurrents des écrivains qui pensent que la BD et les romans ont les mêmes codes et du coup on se retrouve avec plein de textes narratifs. Ça ne se voit pas du tout que le scénariste n'était pas un habitué des comics. C'est juste que bon c'est un peu routinier si on connait bien John Constantine, il y a rien de vraiment spécial dans le scénario. Mais le plus gros problème est le dessin que je n'ai pas du tout aimé. Du coup, même si je trouve des qualités au scénario, je ne suis jamais vraiment rentré dans le récit à cause de ce style de dessin que je trouve un peu moche. La lecture de l'album a donc été peu palpitante et j'ai dû m'y reprendre à deux fois pour réussir à le finir.
La Vie pleine de joie du triste chien Cornelius
J'ai eu un mal de chien pour venir à bout de la lecture de ce récit de près de 400 pages. C'est quelque peu difficile à catégoriser, pas vraiment roman graphique ni vraiment humour même s'il y a beaucoup d'absurde dans ces planches et dans les textes de la préface ainsi que les quelques pages de notes en fin d'ouvrage, que je ne me suis pas donné la peine de lire en entier. Il était dans la sélection officielle du dernier festival d'Angoulême 2025 mais n'a pas du séduire les foules si je suis le premier à le poster ici. La couverture est à mon sens réussie et intrigante. Cela narre la vie de Cornélius un chien humanoïde et ses amis, qui sont d'autres chiens comme Amir et Ployploy mais aussi une grenouille colocataire qui lui parle très mal sans qu'il réagisse. Son patron un poil tyrannique est aussi un chien qui se déplace en fauteuil roulant. C'est assez léger sur les premières pages, on sent un héros bonne pâte et quelques pages plus tard virent au thriller avec le rapt de son amie contre lequel Cornélius est impuissant. Toute la suite tourne autour des maladresses du héros et d'une demande de rançon des ravisseurs. Marc Toricès est un auteur espagnol né en 1989. Il multiplie dans ces pages les styles graphiques et les genres. On est parfois perdu dans cette narration et pour savoir où l'auteur veut nous amener, cela ressemble à un empilement de pages réalisées à différents moments et pour différents supports comme des fanzines ou des strips de journaux. A tel point que je me suis demandé parfois si les pages n'étaient pas mélangées. On nous parle à un moment des Zangano comix dont on nous dit que cela peut se traduire par les comix du paresseux. Dommage car l'auteur a un vrai talent graphique mais cela part dans tous les sens sans qu'on comprenne bien pourquoi alors que l'histoire est assez vide.
La Route
Bon, l'album a déchaîné les passions l'année dernière sur le site, je ne pouvais pas passer à côté ! Je ne connais pas le roman d'origine, je serais donc incapable de faire un quelconque comparatif entre les deux visions de ce même récit, mais de mon regard sans attente ni connaissance préalable particulière j'ai tout de même trouvé l'œuvre bonne. C'est une œuvre post-apocalyptique qui, comme toute œuvre du genre, nous dépeint les travers de l'humain poussé à l'extrême lorsque les civilisations s'effondrent. C'est sale, monstrueux, les paysages sont désolés, inhospitaliers, et les quelques survivants commettent des actes tous plus immondes les uns que les autres. Tout le sel de ce récit vient justement du fait que nous suivons un père cherchant par tous les moyens à protéger son fils du monde qui l'entoure. Il tente de lui cacher du mieux qu'il peut les horreurs qu'ils croisent, l'empêche de le suivre dans les bâtiments devenus charniers, tente de lui présenter le monde dans un prisme manichéen où ils seraient les gentils et où tous-tes les autres seraient les méchants. Leur quête à travers les États-Unis pour trouver un climat plus sain, plus viable, loin des incendies, des pillards et des pluies de cendre, est prenante. On craint à chaque instant, à chaque arrêt sur leur trajet. Chaque rencontre est un risque, chaque mort évitée une leçon cruelle pour le jeune enfant qui refuse pourtant toujours jusqu'au bout de devenir un monstre lui-même. Ce qui démarque cet album d'autres récits post-apocalyptiques est indéniablement le magnifique travail graphique de Larcenet. Je ne lui connaissais que son style "gros nez" donc j'avoue avoir été bien surprise de voir ici ses traits bien plus durs, moins cartoonesques. Le travail de la couleur est particulièrement intéressant, ne mélangeant que les teintes de noir, de gris, quelques fois de sépia et d'orange pour nous représenter cette menace du feu ayant brûlé le monde et étant toujours présente. Seuls de rares (très rares) éclats de couleurs vives brillent par moment, l'exemple le plus notable étant la canette de soda apparaissant presque comme un phare au milieu de toute cette grisaille. C'est un bon album, pas de doute là-dessus, je comprends pourquoi tout le monde l'a apprécié. Je ménagerais tout de même mon enthousiasme quant à sa qualité, l'œuvre n'est pas non plus révolutionnaire (étant friande de récit post-apo j'ai déjà vu/lu des dizaines de récits présentant les mêmes problématiques, le même désespoir et le même contraste entre l'espoir enfantin et la désillusion et cruauté du monde adulte). Encore une fois, l'album brille ici surtout par le travail graphique de Larcenet, sans lui l’œuvre m'aurait semblé bien moins intéressante je pense. L'album et son récit restent bons, j'insiste, je ne cherche pas à amoindrir ses qualités, mais pas la peine non plus de s'extasier et de crier au miracle face à une œuvre loin d'être aussi parfaite ou marquante que ce que j'avais pu entendre. Encore une fois, pas lu le roman d'origine, mais je m'y essaierai volontiers car je me dis que les réflexions internes et les perceptions/narrations biaisées des personnages, propres à la dimension littéraire, doivent rendre le récit plus vivant, plus marquant. (Note réelle 3,5)
Intelligences - Espionner, manipuler, trahir
À la manière de la série RG qui explorait les rouages des Renseignements Généraux avec l'appui d'un ancien de la maison, Intelligences propose une immersion similaire dans l'univers de la DGSI, épaulée ici par Hugo de Bénat, ex-agent du contre-espionnage français. La DGSI (Direction générale de la Sécurité intérieure) est l'équivalent français du FBI : une structure rattachée à la police, dédiée à la lutte contre le terrorisme et les ingérences étrangères, en collectant et transmettant des renseignements aux autorités compétentes. Nous sommes donc dans le domaine du contre-espionnage, non de l'espionnage. Dans cet album, il s'agit de coopérer avec le Mossad pour récupérer des données sensibles contenues dans l'ordinateur d'un ingénieur iranien en visite éclair en France… mais évidemment, rien ne se passe comme prévu. Le résultat est un polar crédible et réaliste. Gontran Toussaint livre un dessin maîtrisé, proche du style de Philippe Francq pour Largo Winch, jusque dans la typographie. La mise en scène est soignée, centrée sur les personnages et leurs dialogues, davantage que sur l'action. Les décors plus dépouillés et les couleurs plus ternes renforcent le ton sérieux, au prix d'une certaine austérité visuelle. J'ai apprécié le réalisme du récit et la découverte du fonctionnement interne de la DGSI, à mi-chemin entre une équipe policière classique et un service de renseignement menant des opérations audacieuses (comme implanter des outils informatiques indétectables dans du matériel étranger). Le contexte, fixé en 2019, évite les bouleversements géopolitiques récents (guerre à Gaza, isolement de la Russie, chute éventuelle de Bachar Al-Assad), ce qui donne un ton un peu daté mais renforce aussi la crédibilité du scénario et la possibilité qu'une partie de ces événements soit inspirée de faits réels. Tout n'est pas irréprochable : certaines incohérences m'ont laissé dubitatif, comme l'absence d'images satellites pour vérifier une cible à bombarder ou la raison exacte du retour de l'ingénieur iranien, dont la mission semblait déjà accomplie. Malgré cela, l'histoire reste captivante et instructive, portée par des personnages solides, mêlant dimension humaine, intrigue policière et tension d'espionnage.
Flous artistiques
Flous artistiques est un récit choral où l'on suit un personnage en plein questionnement, qui rencontre quelqu'un lui racontant à son tour son histoire, ses propres doutes, et le moment où il ou elle a croisé une autre personne... laquelle racontera aussi son histoire, et ainsi de suite. On est ici dans le roman graphique dans ce qu'il a de plus stéréotypé : un enchaînement de récits qui rappellent les scénarios de films d'auteur, pleins de psychologie et d'histoires intimes. Le format confirme cette impression : un album très épais (480 pages), découpé en quatre cases par page, illustré par le dessin assez médiocre de Dash Shaw. Heureusement, la mise en page est aérée et les dialogues ne s'éternisent pas, mais ça reste un gros volume, difficile à lire d'une seule traite. Concrètement, arrivé à la moitié, j'en ai eu assez. Toutes les quarante pages, on passe d'un personnage au suivant, comme une succession de digressions dans les digressions. Si chaque histoire prise isolément n'est pas inintéressante et que l'ensemble est assez varié, je me surprenais à oublier ce qui était arrivé aux personnages rencontrés deux ou trois étapes plus tôt. Résultat : une vraie saturation à force de découvrir sans cesse de nouvelles histoires sans que les précédentes ne soient terminées. Heureusement, c'est justement à la moitié de l'album que le concept se renverse : chaque digression trouve successivement sa conclusion, on remonte l'ordre des personnages, et les histoires se referment peu à peu. La frustration disparaît, mais les conclusions, elles, restent assez inégales. Certaines histoires paraissent anecdotiques, peu m'ont réellement parlé, et la fin de l'album n'apporte pas grand-chose de plus. Pas de grande apothéose, même si des personnages de différentes histoires réapparaissent dans le dernier tableau. Bref, rien de mémorable. Mais comme aucune histoire n'est vraiment ennuyeuse, j'ai quand même pu aller jusqu'au bout. Note : 2.5/5
Les Damnés de la Commune
J'ai mis longtemps à lire cette série parce que j'avais un peu peur de lire une série aussi longue dont le dessin est uniquement composé de gravures. J'avais peur d'un truc figé et interminable au début. Mes craintes se sont vite dissipées. Oui, à la lecture des premières pages étaient un peu déroutante, mais j'ai vite embarqué dans le récit grâce à la narration dynamique qui donne envie d'en savoir plus sur la Commune. La mise en scène est originale et l'idée d'utiliser des gravures est bien maitrisée. Comme je l'ai écrit, le scénario est prenant. L'auteur s'est bien documenté et on a droit à plusieurs extraits d'articles de journaux, poèmes et discours faits par les gens de l'époque. Certains risquent d'être surpris du comportement de quelques noms illustres durant la commune. Une autre bonne idée de l'auteur est qu'on le voit suivre la trace d'inconnus présents durant la commune. Tout son travail de recherches pour savoir ce que sont devenus quelques anonymes est vraiment passionnant. En fait, je pense que pour apprécier cette série, il faut se mettre en tête qu'on va lire une série historique au ton normal comme Le Cri du Peuple de Tardi qui traitait de la même période historique (et dont l'auteur fait un clin d'œil dans le tome 3). Pour moi, on est plus dans une espèce de documentaire que dans une œuvre de fiction. On pourrait reprocher à l'auteur de pencher un peu trop du coté des communards (je ne suis pas un grand spécialiste, mais il me semble que la commune est une des périodes les plus controversée de l'histoire de France avec deux camps séparés qui défendent leur point de vue) , mais il défend bien son point de vue.
Mirador - Tête de mort
Je suis totalement étranger à l'univers des skinheads, qui restent pour moi presque une légende urbaine tant je n'ai jamais approché de près ou de loin ces groupes dont j'ignorais même qu'ils n'avaient pas encore disparu à la fin des années 1990. Mirador - Tête de mort a le mérite de proposer un témoignage rare et sincère, celui d'un ancien membre de ces groupuscules. David Cénou revient sur son passé, entre violence, bière, musique haineuse et ratonnades, avant la chute et une éventuelle rédemption qu'on ne verra pas ici. Ce regard de l'intérieur, sans fascination ni jugement appuyé, donne à l'album une certaine authenticité... mais son message reste flou. On suit donc ce personnage de jeune skin qui transpire la haine et la violence malgré sa petite taille et son incapacité à se battre. On découvre son quotidien avec ses camarades de lutte et de beuverie, en particulier après un drame dont il semble être le complice. Mais rien ne vient expliquer comment il a pu devenir ce skin, ce qui l'a conduit à une telle haine et à un tel racisme : je ne saurai donc pas et ne comprendrai toujours pas comment on peut en arriver à cet extrémisme. La narration, parfois décousue, rend la chronologie un peu confuse, mais le récit reste prenant, surtout grâce aux passages alternant entre souvenirs et garde-à-vue. L'ambiance des années 90 est bien restituée, et l'album éclaire aussi la diversité de ces mouvances extrémistes. On est frappé par l'absurdité de ces factions rivales qui se détestent autant qu'elles haïssent l'extérieur. Graphiquement, le lavis de gris installe une atmosphère contrastée : la douceur du trait tranche avec la brutalité du propos, ce qui crée une tension intéressante, même si le dessin reste assez passe-partout et manque parfois de force. Il en découle une lecture instructive, plus documentaire qu'émotionnelle, qui montre la descente aux enfers d'un jeune paumé en quête d'identité, sans expliquer hélas comment il en est arrivé là. La conclusion m'a également laissé perplexe, avec le sentiment flou qu'un message avait été vaguement glissé dans les deux dernières pages d'un épilogue un peu coupé du reste, mais sans que j'en comprenne bien la teneur. Un témoignage intéressant, même si j'aurais aimé qu'il dépasse l'anecdote pour offrir une réflexion plus approfondie sur ce passé.
HSE - Human Stock Exchange
3.5/5 Entre le 3 et le 4. Le premier tome de la série n'est pas forcément engageant, j'ai eu un peu de mal à rentrer dedans, jusqu'à me demander si ça valait le coup de continuer et de finir la série. J'ai persévéré, et finalement, j'ai bien fait, car cela s'améliore grandement, notamment dans le tome 2 qui est le meilleur à mon goût. L'histoire concoctée par X.Dorison fait quelque peu froid dans le dos, tant elle pourrait se rapprocher de la réalité dans un futur proche. On passe par plusieurs sentiments en suivant le destin du personnage principal. Quant aux dessins de T. Allart, ils m'ont bien plu, avec une amélioration notable au travers des tomes. Au final, HSE, c'est une série à lire, qui conte un futur où chacun peut réussir, mais à quel prix ? Les dérives de la société moderne de consommation sont assez bien abordées. Si vendre son âme au diable à un prix, quel est-il sur les marchés boursiers ? (Ceci est mon premier avis sur le site, et sur les BDs en général. Je ne suis pas hyper doué ni à l'aise pour ce genre d'exercice. Soyez indulgents !)
Hermiston
Je ne connaissais pas Hermiston, ultime roman inachevé de Stevenson, et c'est par cette BD que je l'ai découvert. Jean Harambat y imagine une conclusion en s'appuyant sur les notes et intentions de l'écrivain. Le premier tome reprend fidèlement le texte de Stevenson et s'achève sur un cliffhanger, tandis que le second apporte une fin logique et crédible. Sur le fond, je trouve que l'ensemble fonctionne bien. Sur la forme en revanche, je reste peu sensible au dessin de Harambat. Son style me rappelle celui de Daniel Casanave, mais en plus lâché, comme tracé trop vite. Il parvient à construire une narration claire et des visages expressifs, mais son trait trop brouillon ne me séduit pas et il rend mal, à mon goût, la beauté de la lande écossaise et l'élan tragique qui habitent Stevenson. Malgré ces réserves graphiques, j'ai pris plaisir à la lecture. J'aime l'ambiance écossaise, ces récits isolés du monde, et l'atmosphère propre à Stevenson. Le premier tome, un peu lent à se mettre en place, séduit par son climat singulier. Le second, plus rythmé et riche en action, complète bien le tout en reprenant les éléments essentiels. Entre dilemmes moraux, affrontements avec le père et destinées brisées, cette bande dessinée réussit à restituer l'esprit de Stevenson.
Première Dame
Oh, jolie BD que voici ! Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, le titre et le dessin étant assez cryptiques sur le ton global. Mais très vite, on rentre de plein pied dans la comédie romantique et franchement, ça fait un bien fou ! Je ne suis pas du tout proche des hommes politiques, dont la présence m'exaspère généralement, mais je ne suis pas contre une bonne histoire qui arrive à me les rendre touchants. Tronchet propose quelque chose de simple, presque trop d'ailleurs par certains points, avec ce président "jeune con du centre" qui est piégé dans un engrenage politique, entouré de gens qui se servent de lui et le manipulent, de personnalités prêtes à prendre sa place et de faux-cul en tout genre. Et ce personnage sympathique, qui n'aspire au fond qu'à vivre une vie qui le satisfasse plutôt que de faire tout pour son image. La BD parle explicitement de moments de la politique française qu'on peut s'amuser à identifier, de même que certaines têtes sont assez clairement des caricatures de la vraie vie (notamment les commentateurs sur le journal télévisé), mélangeant un petit jeu pour le lecteur à reconnaitre les détails à l'histoire qui reste finalement classique. Mais avec des personnages qui sont très vite sympathiques, ces mélanges de différents sujets politiques et un message global assez clair sur la question de remettre en question la façon dont notre politique se maintient en place, la BD reste un divertissement qui sait se faire intelligent lorsqu'il le faut, tout en étant toujours assez légère y compris dans son final, sympathique et qui évite le happy end classique. D'ailleurs l'histoire d'amour est carrément pas comme je l'imaginais et reste finalement assez légère tout du long. Le dessin de Jean-Philippe Peyraud est assez efficace avec ce récit, jouant avec les couleurs en aplats pour facilement distinguer l'essentiel dans le cadre, tout en mettant en scène les moments de masse grouillante toujours affairée autour du président mais aussi les moments d'intimité en vidant le cadre. Les décors sont souvent esquissés, afin de laisser la pleine place aux personnages qui sont centraux au récit. La lecture est fluide, carrément amusante et prenante d'un bout à l'autre. Et vu le sujet, je ne m'attendais pas à autant aimer, donc oui, je met un petit 4* bien mérité !