Les dernier avis (86714 avis)

Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Zizi chauve-souris
Zizi chauve-souris

Little Suzie est une jeune fille espiègle aux cheveux roux indisciplinés qui vit seule avec sa mère célibataire et l'ombre d'un père qu'elle n'a jamais connu. Mais elle ne manque pas d'imagination pour troubler quelque peu la monotonie de son quotidien en bravant l'autorité de sa mère (trop cool) mais qui ne lui offre pas de téléphone portable (pas cool), en défiant également celle d'une maîtresse trop stricte et à s'adonnant à des jeux de garçon manqué dans la proche campagne qui lui sert d'immense terrain de jeu. Les aventures désopilantes et fantastiques commencent lors d'une rencontre inopinée avec une petite chauve-souris qui décide de s'installer dans la chevelure de Suzie (ou Zizi). L'animal est doté de paroles et ne garde pas sa langue en poche. C'est parti pour ce duo improbable qui va affronter toutes sortes de monstres nocturnes magiques.... Le pitch de l’infatigable Trondheim vous rappelle une autre série célèbre avec un petit garçon et son tigre ? Bingo et pas bingo car s'il y a effectivement quelques similitudes entre Zizi et Calvin et Hobbes par l'animal perçu uniquement par l'enfant et le modèle de strips, on s'en éloigne suffisamment pour avoir une aventure différente qui ravira les amateurs de l'humour acerbe du papa de Ralph Azham. Effectivement tout n'est pas drôle ou hilarant mais suffisamment haletant pour tenir en haleine avec une véritable construction de l'intrigue et une alternance assez loquace entre quotidien banal mais perturbé par les deux trublions et séquences diurnes emplies de fantastique et de poésie. Tout ne serait pas si agréable à la rétine sans le trait de Guillaume Bianco qui reprend ses meilleurs pinceaux pour nous offrir des illustrations du même calibre que sa propre série Billy Brouillard et les mêmes influences "timburtonesques". L'histoire s'emballe même en offrant quelques nouvelles possibilités dont celle fort intéressante pour Zizi de se transformer en jeune femme pour chaque pleine lune (et aller en discothèque par la même occasion) ou une intrigue amoureuse entre la chauve-souris et une simple souris. Il y a suffisamment de quoi se réjouir à la lecture de ces 3 tomes dont la conclusion semble assez ouverte. C'est en définitive un régal avec quelques personnages secondaires tout aussi bargeots les uns que les autres et un agréable moment à passer que vous offre ce duo de talents bien inspirés.

18/10/2019 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Angola Janga
Angola Janga

Cà et Là avait déjà publié un album de cet auteur sur le thème de l’esclavage au Brésil : Cumbe… ce dernier proposait des histoires courtes, et peut donc être vu comme un album « bonus » de la pièce de résistance que constitue « Angola Janga ». Voyez plutôt : 432 pages, glossaire détaillé de 4 pages, mini reportage en fin d’album proposant des textes, des cartes, une chronologie des évènements, une bibliographie de deux pages… Il s’agit vraiment d’un reportage détaillé, presque d’une thèse sur le sujet. Et le sujet est passionnant : l’esclavage au Brésil au 17ème siècle, et le fait que de nombreux esclaves s’étaient échappés et regroupés dans la jungle et avaient formé une sorte de royaume improvisé… avec une population de 30 000 habitants à un moment donné ! Vous imaginez bien que les colons des plantations ne voyaient pas ça d’un bon œil, et de nombreuses vagues d’attaques sanglantes ont finalement eu raison de ce rêve… au prix d’horreurs inimaginables, parfaitement retranscrites dans cet album. 432 pages, c’est long, mais pas aussi long qu’on pourrait le croire… il y a de nombreuses planches contemplatives et muettes, et l’ensemble est structuré en courts chapitres assez faciles à « digérer ». Je note quand même des petits soucis de narration qui rendent la lecture inutilement éprouvante : des enchainements pas très clairs, des scènes d’action souvent confuses, des sauts temporels sans aucun repère graphique, et de nombreux termes « techniques » nécessitant des aller-retours un peu pénibles entre l’histoire et le glossaire en fin d’album. La mise en image est donc mitigée : les planches sont belles, le noir et blanc est vraiment élégant… mais je note les petits soucis de lisibilité et clarté suscités. Une lecture pas forcément « facile », mais je suis content d’en être venu à bout. J’ai trouvé le dernier chapitre très beau, et rempli de symbolisme. J’ai appris beaucoup de choses sur cette période assez peu connue de l’Histoire de l’esclavage (même si l’auteur explique dans la postface qu’il y a une importante part de fiction, les faits rapportés officiellement étant maigres, et servant donc plutôt de pistes, d’indices). Un album remarquable.

18/10/2019 (modifier)
Couverture de la série Zaï Zaï Zaï Zaï
Zaï Zaï Zaï Zaï

« Zaï Zaï Zaï Zaï », c’est une page et demi de relative normalité avant de sombrer dans un flot jouissif de situations cocasses et absurdes. Fabcaro, auteur et anti-héros de cette histoire, fait tranquillement ses courses au supermarché. Au moment de passer à la caisse, il réalise qu’il a oublié sa carte de fidélité (ooouuuh le fourbe !)… il échappe de peu au vigile et parvient à fuir. S’engage alors une traque policière et médiatique pour le retrouver, l’arrêter et le condamner. La société observe la course-poursuite et chacun y va de son commentaire ou de son jugement. Cette chasse à l’homme débute plus ou moins comme ça : - Fais pas le con, lâche ce poireau… - Écoutez, je suis pas un bandit, je l’ai ma carte… - Du calme, pose ce poireau et tout se passera bien… - C’est juste qu’elle est dans mon autre pantalon… - Mais oui, du calme, pose ce poireau… Ne m’oblige pas à faire une roulade arrière… - Ne m’approchez pas ! - Attention il s’enfuit ! Roselyne, prévenez la direction… Il ne pourra pas aller bien loin… Symptomatique du ton général de « Zaï Zaï Zaï Zaï », ce type de dialogue m’éclate totalement ! C'est tellement con, mais si bon ! Quand on prend cet album dans les mains, sa sobriété ne présage pas du tout de son contenu. Après quelques pages, il serait même permis de se demander où l’auteur veut en venir, à tout le moins de se sentir désarçonné. Mais plus les pages défilent, plus le contenu et la force du scénario se révèlent. Avec ce one shot, Fabcaro ne se contente pas d'enchaîner des blagues absurdes. Il raconte surtout la traque d’un homme et le traitement de cet événement par les forces de l’ordre, les médias et l’opinion publique. Quel sens de l’observation ! La critique sociale est acerbe et tombe toujours juste. À chaque page, on sourit, on rit même. Le dessin constitue, malgré son côté austère, l’un des points forts de l’album et donne à l’ensemble un côté pince-sans-rire original et efficace. Le fait que les personnages soient peu détaillés permet de s’identifier et/ou de mieux relier ce que nous avons sous les yeux à sa propre vie/expérience. « Zaï Zaï Zaï Zaï » est certainement la meilleure bande dessinée d’humour absurde que j’aie pu lire. À découvrir et faire découvrir absolument ! Note réelle : 4.25/5

18/10/2019 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série La Jeune Fille et le Nègre
La Jeune Fille et le Nègre

Cette série comporte deux tomes au ton et au contenu différents même si tous deux abordent le même thème des demandeurs d'asile africains et de leur acceptation dans une famille bourgeoise européenne. Le premier tome prend pour personnage principal un père de famille belge dont la fille, tout juste majeure, est tombée amoureuse d'un Togolais qu'elle a rencontré dans un centre d'accueil pour demandeurs d'asile. C'est par ses yeux que nous découvrons le fameux prétendant et toute l’appréhension que le père ressent envers celui qui non seulement s'empare du cœur de sa fille chérie mais en plus est d'une culture tout à fait différente et dans une situation précaire. Rapidement il va surmonter ses a priori et s'attacher au personnage et à sa cause, et faire en sorte qu'il puisse voir accepter officiellement sa demande d'asile.. mais si possible sans que cela implique un mariage. Avec cet album, nous allons découvrir en partie la complexité de l'administration belge et son rejet des migrants, et en même temps les turpitudes d'un père en plein dilemme entre une acceptation complète de cet étranger venu "voler sa fille" et sa méfiance instinctive et culturelle. Cependant, tout du long de ce premier tome, le fameux Togolais reste un étranger mystérieux, certes attachant et sympathique mais lisse et sans passé, représenté simplement par sa tête ronde et toute noire et son sourire blanc. C'est dans le second tome seulement qu'on le découvre plus en profondeur. Et il permet au passage de combler quelques ellipses abruptes qui pouvaient surprendre à la lecture du premier tome mais qui sont expliquées dans le deuxième. Cet album se déroule dix ans plus tard et prend cette fois pour personnage principal la fameuse fille amoureuse. Désormais devenue mère elle aussi, elle raconte à sa propre fille sa relation avec cet homme dont on apprend très vite qu'il n'est pas resté dans sa vie. L'amoureux Togolais devient alors bien plus complexe, bien plus mature, et on apprend les malheurs de son passé et de la situation dans le Togo dictatorial du début des années 90. Et on est également mis face à la réalité de la vie, qui fait qu'un traumatisme physique et psychologique peut venir à bout d'une relation amoureuse aussi sincère soit-elle. J'ai été davantage intéressé par cette lecture que je le pensais. Au simple vu des couvertures et du titre, je croyais avoir affaire au récit d'une romance enjolivée et teintée de dénonciation du racisme ordinaire. Au lieu de cela, c'est une histoire bien plus mature, abordant des thèmes intéressants tels que la réaction d'un père face à la relation amoureuse de sa fille qu'il souhaite protéger, la situation des demandeurs d'asile en Belgique dans les années 90, les causes qui ont poussé ces fameux demandeurs d'asile Togolais à venir chercher asile en France et les conséquences sur leur propre vie intime. C'est intelligemment mené et raconté. Dommage que le dessin ne soit pas tout à fait à mon goût, mais il n'a pas empêché une agréable lecture.

18/10/2019 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série The Darkness
The Darkness

Je précise que je n'ai pas lu le tome 5. Je me suis intéressé à cette série parce qu'il y avait Garth Ennis comme premier scénariste de la série et si ça sent clairement l'oeuvre de commande, on retrouve un peu sa patte (par exemple, il y a un personnage de gros loser comme il semble les affectionner) et les dialogues sont bons comme c'est souvent le cas avec lui. Ça se passe dans le même univers que ''Witchblade'', une série que je n'ai pas lue, mais ce n'est pas trop grave. À noter qu'il y aura des crossovers avec ''Witchblade'' et qu'ils m'ont laissé indifférent (celui avec Batman aussi d'ailleurs). La prémisse de la série est intéressante et ça se laisse lire du moment qu'on accroche aux séries remplies d'action et de fan service. Personnellement, c'est le genre de comics que j'apprécie à petite dose et dont les différents numéros sont inégaux. Il y a des bonnes idées, mais les scénaristes ne font pas dans la finesse et le personnage principal me laisse indifférent. Le dessin est correct, mais je ne trouve pas les femmes sexy et du coup j'ai eu droit à plein de scènes avec des personnages féminins très peu vêtus qui m'ont laissé de marbre, surtout qu'elles ont toutes l'air d'avoir le même corps. Un truc ennuyeux est qu'on a souvent droit à des doubles pages où le dessin est en rotation 180 degrés et du coup il faut tourner le livre sur le côté pour pouvoir lire et ça m'énerve plus qu'autre chose.

18/10/2019 (modifier)
Par Ber
Note: 5/5
Couverture de la série Les Passagers du vent
Les Passagers du vent

Incontournable. Indispensable. Immanquable. Le premier cycle date des années 80 mais n’a pas pris une ride. La méticulosité de l’auteur l’a préservé des ravages des modes. Bourgeon nous raconte une histoire dans un décor finement planté et nous embarque avec son Isa à travers les océans découvrir les terres nouvelles et les horreurs dont les Hommes sont capables. Plus contemplatif, le second cycle était attendu au tournant. Ben, il tient largement la dragée haute au premier. Les décors de bayou et de plantations fourmillent de détails. Les traits des visages se sont affinés. Là encore, comment ne pas se laisser porter par Zabo et Isa dans cette Louisiane en guerre? Le troisième cycle me laisse plus circonspect. L’atmosphère du Montmartre de la Commune est parfaitement représentée. Bourgeon a construit, après recherches sur plans et photos d’époque une maquette du quartier pour s’assurer de la cohérence de ses décors. C’est très beau mais d’une telle précision et relève d’une telle exigence de fidélité que ça finit par manquer d’âme à mon goût. Espérons que, dans le second tome, le personnage de Klervi prenne un peu d’ampleur. Au-delà des immenses qualités du dessin, ce sont peut-être ces héroïnes en avance sur leur temps qui donnent un côté indémodable à cette BD.

17/10/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
Couverture de la série Alix Origines
Alix Origines

On se doit normalement de ne pas critiquer Alix. Ce n'est pas très convenable surtout sur ce site. En même temps, je n'avais pas du tout apprécié la version de Jacques Martin qui me renvoyait dans une bd totalement désuète et hors époque. Certes, on pourrait gloser sur l'apport à la bd historique mais finalement, tout ceci n'est qu'une question d'appréciation car soit on aime ou pas. Cette version junior d'Alix n'est finalement pas aussi mauvaise que cela sur le fond et sur la forme. On apprendra tout de même qu'il y avait des tribus gauloises qui se sont ralliées à Jules César dans sa lutte contre les tribus barbares. Le père d'Alix semble être un de ceux-là. La bd retrace les origines d'Alix ce qui peut présenter un certain intérêt pour les fans de ce héros au-delà d'une certaine exploitation commerciale. Certains hurlent déjà pour que Jacques Martin puisse revenir d'entre les morts. Je ne me joindrai pas à ce concert de lamentation. Le graphisme (loin de la ligne claire) semble moderniser cette vieille série poussièreuse. Il est clair que cela rajeunit véritablement Alix qui retrouve une cure de jouvence. Pour autant, le public visé sont les enfants de 8-10 ans. En fin d'album, il y aura même un dossier pédagogique assez intéressant.

17/10/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
Couverture de la série Nevada (Delcourt)
Nevada (Delcourt)

J'ai bien aimé ce western un peu moderne qui mélange l'Ouest américain et le Mexique désertique avec le début de l'age d'or hollywoodien et ses stars capricieuses. Une impressario embauche un cow-boy (archétype de l'anti-héros) afin de retrouver les stars à la dérive entre alcool et drogue. Tous les codes du western seront bien présents malgré tout. C'est une bd avec une bonne idée de départ mais qui est centrée sur l'action avant tout. La psychologie ne sera pas trop de mise. Le décor désertique est assez bien représenté pour qu'on puisse entrer dans cet univers. Il y a également quelques touches d'humour. C'est calibré pour être de la bd divertissement à l'état pur.

17/10/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
Couverture de la série Bécassine (Corbeyran)
Bécassine (Corbeyran)

Il est vrai que j'avais été sans pitié pour cette pauvre bécasse dans sa version d'origine qui faisait très vieille école. Il faut dire que je n'apprécie pas trop la bd des arrières grands-parents même si je sais qu'il faut respecter dignement toute oeuvre. Mais voilà, c'était très dépassé et plus du tout en phase avec notre époque. En voyant Corbeyran au scénario, j'ai été assez intrigué par cette nouvelle version plus moderne mais qui reprend les codes du passé. On ne change pas par exemple le costume de Bécassine ou ses expressions un peu niaises. Je dois bien avouer que même si cela reste assez bon enfant, c'est assez lisible notamment pour les plus jeunes qui peuvent alors redécouvrir ce personnage breton sympathique qui a souvent plein de bon sens. Il y a beaucoup d'humour et on passe un bon moment de lecture.

17/10/2019 (modifier)
Par LuluZifer
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Luminary
Luminary

En 1977, à deux endroits différents aux États-Unis se produisent des faits étranges et inexplicables. C'est une période de canicule assez intense et ces deux évènements vont peut-être changer la face du monde. Ce Luminary tome 1, c'est quand même un grand coup de soleil dans ta face ! Aussi bien du côté graphique, que du côté du scénario. Et c'est un beau duo que forment Luc Brunschwig et Stéphane Perger pour cet album marquant. Nous lirons l'album comme si nous étions en train de construire un puzzle puisque l'intrigue sera complètement exponentielle. Le récit s'articulera autour de 5 chapitres, composés chacun d'une vingtaine de pages, entrecoupés de différentes époques ce qui donnera du rythme à notre lecture. Ces changements d'époque seront bien mis en valeur, puisque Stéphane Perger adaptera sa mise en couleur et ses tons lumineux passeront en bichromie. Nous suivrons donc nos trois protagonistes principaux, souvent mis à mal, et nous redouterons pour eux la suite de leurs aventures car niveau émotion forte, nous serons servis. Puisque dans ce récit, tout feu tout flamme, Luc Brunschwing y mêle différents ingrédients assez pimentés comme de secrètes expériences gouvernementales, du racisme latent et délétère, du désir de vengeance, mais aussi une bonne dose de sentiments nobles et émouvants. C'est également une bel hommage au personnage Photonik, créé par Ciro Tota et publié dans le magazine Mustang, un super-héros français qui a marqué beaucoup de monde à l'époque de sa publication. Du coup, nous n'avons pas du tout le temps de nous ennuyer ! C'est très beau, lumineux (^^), la coloration est DINGUE, et l'histoire complètement captivante. Puis j'ai vraiment apprécié le format de l'album, un genre de comics prestige cartonné ! TOP ! Et bien évidemment, j'attends la suite avec impatience.

17/10/2019 (modifier)