Les derniers avis (39454 avis)

Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Demon Slave
Demon Slave

3.5 Je réécris mon avis parce qu'au fil du temps mon avis face à cette série est devenue plus positif. Cela reste du manga de pur divertissement pour garçons avec plein de combats et du fanservice, mais dans le genre je trouve que c'est dans le haut du panier. Il faut dire que le dessin est excellent et du coup les scènes de combats sont bien faites, les filles sont belles et j'adore les expressions rigolotes que les personnages ont par moment. C'est un dessin très expressif et dynamique. Le point fort du scénario est lorsqu'il exploite les relations entre les personnages même si c'est cliché par moment (ah les deux sœurs qui sont rivales, mais dans le fond elles s'adorent...c'est trop original, j'ai jamais vu ça de ma vie). Quant au fanservice, comme c'est souvent le cas avec les mangas, votre appréciation de l'œuvre va surtout dépendre si vous aimez les scènes sexys ou non. En gros, on est dans un monde dominé par des femmes fortes et lorsque le héros devient un esclave, il va les aider à combattre des monstres et à chaque fois il a droit à une récompense qui tourne la majorité du temps à de la perversion alors le rapport dominant-dominé change selon les scènes. On a aussi droit à des trucs qui risquent de dégouter certains lecteurs comme le coté incestueux de la grande sœur du héros ou le fait que certaines filles ne savent pas ce que non veut dire. Bon un point positif c'est qu'au moins la gamine de 10 ans ne fait rien de sexy, fait uniquement des trucs 'mignons' avec le gars (des câlins, des bisous sur la joue) et ne se retrouve pas à poil tout le temps comme les autres filles. Donc voilà le genre de manga de pur divertissement pour lecteur masculin hétéro (ou bisexuel et j'imagine que certaines lesbiennes ou bi doivent lire ça aussi).

16/03/2021 (MAJ le 08/03/2022) (modifier)
Couverture de la série Venezia
Venezia

Une belle réussite cette série. Je prends toujours autant de plaisir à la relire bien des années après sa parution. J’ai d’abord eu du mal avec le graphisme de Parme mais force et de constater qu’il sert superbement bien le récit, rendant le tout très dynamique et expressif. Trondheim apporte le scénario parfait pour le trait de son acolyte. Une histoire remplie de faux semblants dans une Venise alors aux proies des puissances du 16ème siècle, c’est drôle, dense et ça va à 100 à l’heure, le tout ponctué de dialogues savoureux. 2 tomes absolument jubilatoires. On retrouve un peu de cette magie dans le Spirou des mêmes auteurs.

07/03/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Bibliomule de Cordoue
La Bibliomule de Cordoue

J’ai moi aussi passé un excellent moment de lecture en compagnie de Tarid, Lubna et Marwan. Le contexte historique est passionnant (et approfondi dans une postface un peu lourde mais essentielle), et les thèmes abordés sont universels et intemporels : les méandres de la coexistence entre le pouvoir religieux et la connaissance scientifiques. Mais surtout, l’histoire reste divertissante malgré le sérieux historique. La narration est fluide et légère, le dessin est aéré, les dialogues se font discrets et sont emplis d’humour, et les personnages sont drôles et attachants au possible. J’ai avalé les 250 pages sans effort, sans me rendre compte que l’histoire m’instruisait tout en me divertissant. Un grand bravo aux auteurs, quelle maîtrise ! La conclusion nous rappelle que le combat est toujours d’actualité, et que si Internet rend le savoir plus accessible que jamais, son accès devrait être un droit humain, que certains pays ou groupes bafouent déjà. Un album essentiel en ce qui me concerne.

07/03/2022 (modifier)
Couverture de la série Et toi, quand est-ce que tu t'y mets ?
Et toi, quand est-ce que tu t'y mets ?

L’ambition des autrices lors de la réalisation de ces deux recueils est claire : parler du désir pour une femme de ne pas avoir d’enfants pour le premier tome, parler de l’importance du droit à pouvoir choisir de se faire avorter dans le deuxième tome. Et dans un cas comme dans l’autre, en parler de manière décomplexée, avec légèreté et en s’adressant en priorité aux personnes concernées (soit, en voyant large, les femmes entre 15 et 50 ans). L’objectif est à mes yeux pleinement atteint. Pourtant, je ne pense pas avoir ri franchement une seule fois, les gags n’ayant rien d’hilarant la plupart du temps. Mais voilà, j’ai adoré le ton général et l’art de déculpabiliser les lectrices (et lecteurs) qui partageraient le même sentiment que les deux personnages centraux de ces récits. Le fait que je partage totalement leur état d’esprit, leurs questionnements, leur effarement devant l’hypocrisie de certains arguments pro-natalité, leur colère face aux obstacles mis sur le chemin d’une femme désirant se faire avorter en respectant totalement la loi, oui cela a certainement joué un rôle dans mon appréciation ! Comme certains passages de l’intégrale qui développent cet aspect, j’ai eu le sentiment de retrouver dans ce récit des gens proches de moi (« comme si je retrouvais en vacances quelqu’un de mon village » comme le font dire très justement les autrices à l’une de leurs personnages). Oui, cette intégrale fait du bien. C’est un vrai album feelgood pourvu que l’on partage l’état d’esprit de ses autrices. Maintenant, que vient-il faire dans le catalogue de Fluide glacial, plus habitué à l’humour scatologique, sexiste et provocateur ? Ça, je ne sais pas dire. Mais pour ma part, je ne peux que répéter : j’ai vraiment bien aimé et je remercie les autrices d’avoir abordé ces sujets sur ce ton. Un intégrale à ranger près de certaines productions d’Aude Mermilliod (« Il fallait que je vous le dise », « Le Choeur des femmes ») car son approche plus légère le rend plus abordable à un large public. Et à partir du moment où un album a à mes yeux le potentiel pour pleinement atteindre son objectif, je ne peux dire que franchement bien !

07/03/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Sursis
Le Sursis

La Seconde Guerre mondiale est une source inépuisable d’inspiration pour des histories à hauteur d’homme. Jean-Pierre Gibrat nous propose ici un diptyque qui se déroule à Campeyrac, un village de l’Aveyron. Un jeune planqué qui a échappé au STO se cache, et depuis sa cachette, il observe ce qui se passe sur la place du village, juste sous sa fenêtre. Et le temps s’écoule lentement. Les saisons se succèdent et notre héros est toujours là, derrière ses persiennes. La guerre semble tellement loin de la vie paisible du village, du pastis et des parties de cartes à la Pagnol. Derrière cette apparente sérénité, les collabos surveillent et la résistance se prépare. Comme en opposition au drame de la guerre, Julien, notre héros, a pour seule préoccupation son amour pour la belle Cécile et sa jalousie envers d’éventuels prétendants. A travers ses différents personnages principaux ou secondaires, Gibrat dresse le portrait d’une micro-société avec ses courageux, ses couards, ses ambitieux, ses généreux, ses idéalistes… Chaque personnage est intéressant et dépeint avec subtilité et humour. On se croirait dans une pièce de théâtre. J’ai vraiment aimé le rythme paisible de ce diptyque, jusqu’à ce que la guerre fasse brutalement irruption dans la vie du village. Le dessin de Gibrat est magnifique, la finesse des traits, les couleurs douces et le jeu d’ombres et de lumière restituent parfaitement l’ambiance. Et pourtant, la guerre n’est pas si loin Gibrat sait nous rappeler sa présence par petites touches (le marché noir, la radio clandestine, le casque Adrian du mannequin, les jours sans alcool…). Tout à coup, l’armée allemande fait irruption sur la scène et l’histoire change de ton. Le scénario est bien construit et bien écrit, mais l’histoire d’amour (à faibles rebondissements) est quelque peu gentille. Le focus sur la jolie Cécile (qui ressemble tellement aux autres personnages féminins de Gibrat) fait disparaître toutes les autres jolies filles du village alors qu’il y a de nombreux personnages masculins. C’est assez étrange. Bref, c’est une très belle histoire, agréable à lire et aux dessins sublimes. Un régal pour les yeux.

07/03/2022 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Black Jake
Black Jake

Voilà un album admirable ! je vous le dis tout de go, tout est réuni pour passer un bon moment de lecture. Jack Brennan est un flic de Los Angeles. Un putain de flic ripoux et raciste qui se voit confier l’enquête sur le meurtre et le viol d’une religieuse. Il mène une vie de débauche le garçon entre les putes et la coke. Son coéquipier le couvre même quand il y a une bavure terrible. Il est divorcé - quelle surprise - et il ne prête pas trop d’attention à sa fille qu’il voit 1 fois tous les quinze jours. Sa dope il faut bien la payer alors il fait des paris hasardeux sur les matchs de baseball. Son bookmaker – un membre d’un gang latino des bas-fonds de la cité des anges n’est pas enclin a effacer son ardoise car vous l’avez compris , il a la poisse, il a perdu ! C’est le moment de vérité ! Le moment de payer l’addition de cette vie dissolue ! Je me suis régalé comme jamais à suivre les pérégrinations de ce flic peu recommandable mais au final attachant. Il s’engouffre dans un tourbillon infernal violent pour notre plus grand plaisir. C’est poisseux bien évidemment et bien noir. Le scénario tient en haleine tout au long des 152 planches de cet album avec de nombreux rebondissements. Côté graphisme le trait est rugueux mais ô combien sublime. C’est une vraie bonne pioche ce récit bien sombre. Vous ne pourrez pas refermer le bouquin avant d’avoir lu la fin. Je recommande vivement.

06/03/2022 (modifier)
Par Sam Cragg
Note: 4/5
Couverture de la série La Voie de Calliopée
La Voie de Calliopée

Quel drôle d'album que cette voie de Calliopée... Tout y est déroutant, étrange, décalé. Et pourtant en dépit de toutes ses "étrangetés", l'album se lit avec une grande fluidité. Le scénariste suit la logique du monde distordu qu'il a imaginé avec une telle rigueur qu'il ne perd jamais son lecteur, le guidant à travers le chaos des idées baroques qu'il jette en pâture à notre regard tout à tour curieux et stupéfait. Ici le décalage est partout. Ce qui a l'allure de la normalité se révèle bizarre ou absurde, incongru ou grotesque. A l'inverse, lorsqu'on est sûr qu'une situation va glisser dans la fantaisie, les auteurs nous ramènent à un réalisme inattendu. Le récit évolue donc tout du long sur un fil tendu entre l'absurde et le réalisme, développant une musique envoutante et entêtante qui nous fait perpétuellement osciller entre le premier et le second degré sans jamais savoir vraiment où l'on va poser le prochain pied. Le dessin de Paul Burckel est remarquable, suivant lui-même à son tour la dualité scénaristique évoquée précédemment. Les styles s'entrechoquent et se mêlent avec beaucoup de talent et d'à-propos. L'utilisation d'une élégante bichromie pour la mise en couleur donne à l'ensemble de la partie graphique un précieux cachet qui séduit durablement le regard. La voie de Calliopée est un très bel album qui nous conduit sur des chemins qu'on n'est pas habitué à fréquenter et c'est tant mieux car à la fin du voyage, on aimerait bien qu'il se poursuive, désolé de devoir quitter si tôt cette antiquité revisitée.

06/03/2022 (modifier)
Couverture de la série Souterrains
Souterrains

J’ai bien aimé cette histoire. Elle commence dans une ambiance à la Germinal de Zola, avec des mineurs exploités par un patron peu scrupuleux, certains tentant de construire une action collective et syndicale, tandis que d’autres se laissent plus ou moins acheter par les primes. Et puis, au bout d’un moment, tout ceci bascule au fond de la mine vers un fantastique qui nous permet de découvrir un monde souterrain, dans lequel les lutins ne sont pas forcément les gentils petits bonhommes vus ailleurs. Et ce qui est intéressant, c’est que le thème de la lutte des classes, omniprésent dans la première partie « extérieure », réapparait sous une autre forme dans la seconde souterraine. En plus de cet arrière-plan politique, la partie aventure est bien menée. Bref, un album recommandable, et ce d’autant plus que dessin et colorisation sont eux-aussi très réussis.

06/03/2022 (modifier)
Couverture de la série Lady Killer
Lady Killer

Eh bien, elle est étonnante cette Josie ! C’est une tueuse, mais qui possède quelques caractéristiques propres à la distinguer de ses confrères et consœurs de papier et d’écrans. Elle tue froidement, sans aucun état d’âme, n’use pas d’armes à feu (elle préfère généralement les lames – couteaux, hachoirs, tout y passe –, les cravates, ou autres objets divers), même si elle ne dédaigne pas les assassinats sanglants. Et il faut dire que chaque épisode contient des passages où l’hémoglobine gicle. Mais surtout, Josie mène une double vie. Et lorsqu’elle n’est pas en mission, c’est une femme au foyer des plus plan plan, avec un mari aimant, deux filles agitées. Elle fait les courses, la cuisine, gère les mômes. C’est une caricature de la ménagère américaine du début des années 1960. D’ailleurs de nombreuses scènes semblent tout droit sorties de publicités de l’époque (pour Moulinex ou autres chantres d’une société sexiste). Cet aspect est surjoué par les auteurs, et donne un cachet original à la série, et une personnalité complexe et perverse à Josie, qui passe allègrement d’une réunion Tupperware à un massacre à coups de marteau. C’est une sorte de Desparate Housewives déjanté (l’humour ayant été remplacé par une violence cynique). Elle met d’ailleurs un peu plus la main à la pâte dans le deuxième tome (où notre famille modèle a changé d’air et déménagé de Seattle en Floride), s’occupant elle-même du « nettoyage » des victimes (et là aussi, elle ne fait pas sa chochotte !). Il faut dire qu’elle travaille désormais pour son compte, sans perdre en sang froid ni en efficacité ! Bon, on peut reprocher à son mari d’être un peu trop naïf. Et la belle-mère germanique, qui la surveille et la déteste, manque quand même de volonté, se contentant de bougonner alors que contrairement à son fils, elle n’est pas dupe des mensonges de sa bru. Le fait qu’elle ne la dénonce pas (ou que Josie ne l’élimine pas pour couvrir ce risque) manque de crédibilité, mais bon. En tout cas les scénaristes lui donnent plus de consistance dans ce deuxième tome. Ah, j’allais oublier de dire que Josie est vraiment sexy… et les cliffhangers de la fin du deuxième tome donnent envie de connaitre la suite !

06/03/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Chat du kimono
Le Chat du kimono

Nancy Peña nous entraine dans un monde onirique à la poursuite d'un matou bien insaisissable. L'autrice prend appui sur un conte Japonais beau et triste pour nous faire voyager. Voyage géographique et artistique puisqu'elle nous invite à plusieurs représentations bien distinctes de l'image du chat par des artistes de différents pays. C'est à la fois un voyage poétique qui croise les destins de Matt le marin sensible, des Barnes et de Sherlock ( qui avait un chien) et un voyage réel qui doit résoudre une intrigue à la Conan Doyle. Nous allons au gré des allées et venues du chat mais aussi des visions hallucinogènes des uns et des autres. Rationnalistes purs et durs abstenez vous car ce voyage risque de vous faire tourner la tête. Nancy Peña y ajoute une atmosphère en noire et blanc sans qu'on sache vraiment qui est noir et qui est blanc. Son trait fluide privilégie le mouvement et l'expression des corps principalement dans la tristesse et l'abandon. Une oeuvre originale qui sort des productions ordinaires. 4+

06/03/2022 (modifier)