C'est un album surprenant à plus d'un titre. S'inscrivant dans la belle collection "Porn'Pop" de Glénat , la couverture intrigue de prime abord, avec cette image presque subliminale en double fond. Et puis, le scénario est d'une originalité désarmante.
En mettant en scène, deux femmes au caractère diamétralement opposé (une Charlie à la recherche du prince charmant, et une Mélina qui enchaine les coups d'un soir voire les coïts plus que furtifs), les auteurs nous entrainent dans une aventure qui dépasse les simples BD de cul auxquelles nous sommes habitués.
Car, il faut l'avouer, même si les scènes de sexe sont, sans jeu de mots, assez crues dans cet album, le récit repose sur un postulat qui nous fait relire l'histoire sous un autre angle, une fois l'histoire finie.
C'est très osé, très fort voire très dérangeant mais les auteurs exploitent à fond les phantasmes et perversions auxquelles je ne pensais même pas !
J'avais découvert il y a quelques dizaines années Grégory Mardon, avec Madame désire ?, et je trouve que son trait, loin du dessin réaliste, s’accommode parfaitement avec le scénario.
Malgré une pagination assez importante (110 pages), j'ai littéralement dévoré (sic!) cette bande dessinée à réserver à un public très très averti !
J'ai été séduit par cette série qui s'articule en histoires complètes en un tome. Elle s'inspire des contes classiques de Grimm et autres Perrault dans le sens où elle se base sur des trames narratives simples et proches des contes classiques : la méchante reine sorcière qui envoute la fille du roi pour le premier tome, ou encore une graine à trouver pour faire chanter l'oiseau magique qui fera revenir le beau temps sur le royaume pour ce qui est du second tome. Mais elle s'en détache par la personnalité des deux héros qui eux n'ont rien des princes charmants des fameux contes, bien au contraire, et pourtant ce sont bien eux qui viennent sauver la princesse ou le royaume en fin de compte.
Ce n'est pas dans l'originalité ou la profondeur de l'intrigue qu'il faut chercher son bonheur ici mais plutôt dans la grande qualité du graphisme, de la narration, des dialogues et des personnages.
Ce graphisme m'a rapidement séduit. J'aime son trait animalier forcément inspiré de l'animation Disney mais avec une vraie maîtrise comme savent en faire preuve une poignée d'auteurs adeptes de ces animaux anthropomorphes aux visages très expressifs. J'aime le soin apporté aux costumes, aux décors, aux mises en scènes, et à tous les plans en général. Je n'ai qu'un véritable regret qui vient de la colorisation, non pas qu'elle soit laide bien au contraire, mais elle manque de contraste et cela implique des cases légèrement difficiles à déchiffrer. C'est presque dommage car il y a un superbe travail dans la majorité d'entre elles mais on en vient à plisser les yeux pour essayer de profiter pleinement de tous les détails qui sont noyés dans les couleurs ou dans des teintes parfois trop sombres.
Comme dit plus haut, le scénario de fond des intrigues de chaque tome n'est pas des plus élaboré ou original, mais je les ai pourtant lues avec grand plaisir. J'aime la personnalité des protagonistes, notamment le fait que les deux héros ne soient pas tous blancs. Comme leurs noms le laissent d'ailleurs entendre, ce sont plutôt des margoulins et autres roublards ; ils ne sont d'ailleurs même pas de vrais amis et collaborent uniquement du fait des circonstances.
J'aime aussi les dialogues qui font régulièrement preuve d'un style légèrement soutenu, à la limite de la rime. Ce ne sont pas les dialogues formidables de De Cape et de Crocs mais il y a de l'idée.
Et globalement, c'est le plaisir simple de bonnes histoires sans fioriture, bien racontées, bien dessinées, et qui tiennent parfaitement en albums de 56 pages seulement. J'aime ce type de série.
Je ne pense pas avoir choisi l’ouvrage le plus facile pour découvrir Osamu Tezuka, jugez-en plutôt : 2 gros tomes soit un total d’environ 1 400 pages pour « L’Histoire des 3 Adolf » ! Et il m’a fallu plusieurs jours pour finir ce feuilletage !
Le début de ma lecture fut pénible. En fait, j’avais du mal à m’intéresser aux péripéties du personnage principal Togué. Ce journaliste japonais envoyé en Allemagne pour suivre les jeux olympiques de Berlin en 1936 et qui va par la suite assister à l’immense rassemblement des nazis lors du congrès de Nuremberg. Pendant son séjour en Europe, Togué va assister en quelque sorte au meurtre de son frère et héritera de lui de documents pouvant provoquer la chute d’Adolf Hitler. Mais, Togué va être poursuivi par les SS qui feront tout pour l’empêcher de les publier…
Voilà pour le commencement de cette histoire qui va nous emmener dans l’avant-guerre, la seconde guerre mondiale et même l’après ! Une vraie saga sur cette terrible époque où l’on voyagera entre le Japon et l’Allemagne en compagnie donc de ce journaliste et des Adolf : un métissé nippon allemand qui sera envoyé dans la jeunesse hitlérienne en Europe, un japonais juif et le fameux Hitler lui-même !
Osamu Tezuka a vraiment fait un travail de titan en concevant ce manga. En effet, rien ne manque pour un fan d’histoire : on suit l’avènement du Reich, l’entrée en guerre du Japon et des autres pays jusqu’à la capitulation de l’Axe… et même au-delà (je vous laisse la surprise) !
Comme je le décrivais plus haut, le premier tome me fut assez pénible à lire car j’avais du mal à me passionner par le chassé-croisé entre Togué et ses poursuivants. Et puis, dès le début, le « secret » d’Adolf Hitler me semblait tiré par les oreilles, je n’y croyais pas du tout. Et enfin, je ne trouvais pas exceptionnel le coup de patte d’Osamu Tezuka surtout lorsque celui-ci dessinait des expressions très exagérées (typique des mangas humoristiques) sur ses personnages (heureusement que ça n’arrivait pas souvent dans « L’Histoire des 3 Adolf »).
Et puis, vint la fin du 1er gros tome et son indispensable dossier rédigé par Didier Pasamonik et un journaliste japonais. Et là, ce fut le déclic car les nombreuses zones d’ombre qui m’étaient apparues lors de la lecture se sont vite dissipées ! Tout est expliqué dans le détail et on comprend ainsi ce que Osamu Tezuka a voulu retranscrire dans « L’histoire des 3 Adolf » : une œuvre riche et terriblement fidèle (si on met de côté la problématique du « secret » d’Adolf Hitler ») à la trame de la seconde guerre mondiale. Puis, le second gros tome me fut un vrai délice à lire, Osamu Tezuka concentre (enfin) son récit sur les relations entre ses principaux personnages ; les conséquences de la guerre sur le comportement de la population et l’activité des pays concernés… vraiment, cette lecture m’a fait ressentir pas mal d’émotions, pris aux tripes jusqu’à en penser plusieurs jours après avoir fini le feuilletage de ce manga.
On peut reprocher à « L’Histoire des 3 Adolfs » la présence de scènes violentes (viols, meurtres, tortures…), à la limite du supportable mais après réflexion, il s’avère que cela était nécessaire étant donné que ce fut -hélas- le cas… Sans ces séquences, comment aurait-on pu dénoncer les atrocités de cette guerre ? Comment aurait-on pu montrer la noirceur du genre humain ?
Je ne regrette pas du tout d’avoir lu « L’Histoire des 3 Adolf ». C’est un manga qui a su me procurer des émotions et me prendre par les tripes. De plus, ce récit m’a fait découvrir d’autre facettes qui m’étaient méconnues de la seconde guerre mondiale… Fan de récits historiques, je ressors époustouflé par cette lecture : indispensable !
J’ai bien aimé ce roman graphique. Tant au niveau du sujet (le fait de décider d’avoir un enfant passé 50 ans) que du ton employé (teinté d’ironie mais toujours bienveillant), j’ai été sensible à l’histoire de Frenk. Une histoire du quotidien grandement inspirée par la propre vie de l'auteur et il est difficile de faire plus roman graphique que ça, mais une histoire qui nous permet de nous questionner sur notre sentiment propre face à cette option, une histoire qui nous permet de découvrir les différences culturelles entre la France et les Pays-Bas, et le statut du père en devenir dans ce dernier pays.
Le dessin est agréable, la narration est fluide, le découpage est bon. Tout est à sa place et les pages défilent sans en avoir l’air, tout semble couler de source. On entre ainsi dans le quotidien des personnages, partageant leurs craintes (la perte de fertilité pour l’homme, le risque accru d’avoir un enfant handicapé), leur ressenti (le fait qu’aux Pays-Bas, le père en devenir n’a pas voix au chapitre et doit réellement se contenter d’un rôle d’accompagnateur de la mère), leurs émotions… Il y a des passages forts qui nous sont livrés avec une extrême pudeur et qui ne font que renforcer notre empathie pour les personnages. Il y a des passages légers qui nous font penser qu’avec ces mêmes personnages, on aimerait bien s’asseoir autour d’un verre pour discuter de tout et de rien.
Un pur roman graphique, donc, mais un bon roman graphique ! Il dispose de trop de qualités pour que je me limite à un simple « pas mal » même s’il ne renouvellera certainement pas le genre.
On retrouve Nicolas Wild et le pays qui lui est devenu cher, l’Afghanistan, dans ce qui pourrait être une suite de l’excellent Kaboul Disco. Sauf qu’ici Wild ne fait que mettre en image (en participant bien entendu à la « scénarisation ») le témoignage d’un reporter de guerre anglais, rencontré par hasard. Wild n’apparait que dans 2 ou 3 cases, lorsque la route de ce reporter, Sean Lagan, a croisé la sienne à Kaboul (on retrouve ainsi une ou deux scènes de Kaboul Disco présentées sous un angle différent).
Comme pour Kaboul Disco, la narration et le dessin de Wild sont fluides et agréables, la lecture est vraiment sympathique et recommandable. Le contexte a quelque peu changé, la tension a monté, et les talibans font monter la pression.
Mais, si j’ai bien aimé cette lecture (l’album attend peut-être encore une suite), je l’ai trouvé un chouia moins bien que Kaboul Disco. Peut-être le fait que Wild soit lui-même moins présent, et que donc l’autodérision joue moins, l’humour est un peu moins utilisé (même s’il y en a quand même et que certains passages sont très amusants – dans un contexte qui l’est pourtant beaucoup moins !).
Bon, ces bémols étant évoqués, ça reste quand même une lecture très plaisante, et je continuerai volontiers à lire les aventures de Nicolas Wild en Afghanistan, qu’elles aient lieu par procuration ou non.
Note réelle 3,5/5.
Entre Joe Sacco et Guy Delisle (sans doute plus proche du second), Nicolas Wild développe une sympathique œuvre mêlant reportage et roman graphique, avec une bonne dose d’humour et d’autodérision. Une autobiographie maligne, qui met ici à découvert un certain nombre de travers liés à la situation de l’Afghanistan depuis plusieurs décennies.
Bien sûr la société afghane elle-même – il y a une quinzaine d’années, mais beaucoup de choses ont perduré. Mais aussi sur tout le microcosme lié à « l’aide étrangère », que ce soit l’armée américaine (qu’on voit là faire de la propagande et former une armée de brique et de broc), ou les multiples ONG et autres sociétés privées, qui gravitent autour de l’aide humanitaire (et s’en servent parfois comme un business classique).
C’est instructif (pour tous les aspects présentés), et surtout la lecture est très agréable, fluide, grâce au ton employé par Wild, souvent très drôle en faux naïf gaffeur qui découvre peu à peu une réalité contrastée. C’est une sorte de journal de voyage d’un candide, mais qui est une bonne porte d’entrée vers des recherches plus pointues, ou des articles du Monde diplomatique. Wild nous montre des choses intéressantes, y compris sur lui-même.
Une lecture fortement recommandée en tout cas.
Une couverture que je trouve très réussie, un coup de cœur de mon libraire suivi d’un avis enthousiaste de Tomdelapampa sur ce site, il n’en fallait pas plus pour que je me laisse tenter… sans trop savoir dans quoi j’allais fourrer le nez.
En effet, allez savoir pourquoi, la couverture avait tendance à me suggérer un récit exotique tourné vers l’Inde alors que la présentation de l’album me parlait de mythologie nordique. Bonjour le grand écart ! Bon, à la lecture, pas de doute possible : nous sommes en pleine mythologie nordique mais le choix des couleurs apporte une lumière à laquelle on ne s’attend pas forcément quand on aborde ce genre de sujet.
Et au niveau du déroulé de l’intrigue, si on retrouve quelques personnages connus, il faut bien avouer que nous sommes très loin des lieux communs ! En effet, les auteurs nous plongent au milieu des géants, vaincus par les dieux mais pas disparus pour la cause… et toujours attachés aux humains. Le récit se développe alors autour d’une « championne » humaine protégée par un géant et s’étant liée d’amitié avec un viking venu conquérir ses terres. Les liens qui unissent les différents personnages et le rôle complexe donné à Loki figurent très certainement parmi les points forts de cette série.
Après une longue présentation de cet univers et des enjeux de l’opposition entre dieux et géants, le récit prend la forme d’une succession de combats dans l’arène. Là, j’ai cru que j’allais finir par me lasser, mais la trame ne cesse d’évoluer et le final permet de surprendre le lecteur tout en ouvrant une série de questionnements sur le bien et le mal.
Bon ! Je suis loin d’être un spécialiste de ce type de récit de fantasy à l’Américaine mais je pense que celui-ci se situe dans le haut du panier. Pour son originalité, pour l’évolution de ses personnages, pour son dessin et pour sa conclusion. Pour moi, c’est plus qu’un bête « pas mal ». Franchement bien, donc !
Une petite pépite méconnue cet album.
Plusieurs lectures depuis sa sortie et je me bidonne toujours autant.
On a affaire à de la Fantasy épique et humoristique, complètement con et crétin, j’adore.
On y suit 2 frères, Cotus et Léon, l’un guerrier et l’autre magicien, chargés bien malgré eux de sauver le monde ...
Quand on voit le niveau de nos 2 gugusses, on se dit que c’est pas perdu mais que c’est pas gagné gagné, je n’en dis pas plus.
Les dangers et rencontres montent crescendo jusqu’au final jouissif.
L’humour bête et méchant fonctionne à plein tube, quelques running gags du plus bel effet, ça ne plaira pas à tout le monde mais perso j’ai adhéré à 100%.
La partie graphique sert bien le récit et possède sa patte (inspirée de Mignola mais en plus grossier), j’ai bien aimé, quelques bonnes bouilles.
Je ne connais que cette œuvre des auteurs mais bravo à eux, ils ont su jouer avec les codes, une réussite à mes yeux.
Un one shot rondement mené, j’invite les amateurs du genre à le découvrir. Je serais curieux de connaître votre ressenti.
3,5+ et coup de cœur
Gilles Rochier est un auteur un peu à part dans la BD actuelle. Poète urbain, conteur insatiable de la banlieue qu'il vit au quotidien, il traîne également ses états d'âme dans une série d'histoires où il se met en scène.
C'est le cas de ce quatrième volet, après TMLP (Ta mère la pute), Temps mort et La Petite Couronne. Mais cette fois-ci, il passe à une autre dimension. Parce qu'il se rend compte de la vacuité, de la misère (matérielle et intellectuelle) qui l'entoure. Et de la fragilité de la vie. Tout l'album nous montre Gilles, l'alter ego de Rochier, qui s'énerve envers ses copains de toujours, se révolte contre l'absurdité de leur discours, qui se demande s'il va bien, pleure en silence son ami disparu presque dans l'indifférence. Gilles a le spleen, et on l'a avec lui. La banlieue est grise (enfin, en dégradés de bleu dans la BD), l'homme, même entouré de ses copains, est seul. Il ne peut partager ses sentiments avec personne, ni ses amis, ni ses parents... Quand on se pose deux minutes, on se dit qu'il n'y a aucune issue, aucun espoir... Pourtant, il suffirait de pas grand chose...
C'est un album plutôt fort, qui brasse de manière aussi simple que subtile plusieurs thèmes de société : la solitude, la vacuité, la précarité matérielle, mais aussi la gestion du deuil. L'album a même besoin de plusieurs lectures pour qu'on en saisisse toutes les subtilités. Avec "Faut faire le million", Rochier se pose une fois de plus comme témoin de son époque.
Tout le monde connait (ou pense connaitre) l'histoire qui sert de base à ce récit: une ville rongée par le puritanisme et soumise à une pression incroyable, des malentendus menant à la haine ordinaire, celle qui nous fait perdre ce que l'être humain a de plus cher: son libre-arbitre. Sur base de cet événement historique avéré, l'auteur propose une version un peu personnelle mais très efficace. C'est qu'il sait faire de la bande dessinée le bougre: un graphisme absolument magnifique, une mise en scène virtuose et un art de la narration parfaitement maîtrisé: on tourne les pages, comme envoûté, de plus en plus vite.
L’ambiguïté de ce livre important se situe au niveau de sa représentation. Car à la fermeture de l'ouvrage, deux sentiments s'opposent. Le premier, le sentiment de dégoût et de honte face aux faiblesses de l'homme et à son indécrottable manie de céder à la superstition et à la haine dès qu'il perd sa capacité à raisonner. De l'autre, un optimisme et un respect énorme face à sa capacité à créer du beau. Car c'est ce que Thomas Gilbert est parvenu à faire: créer de la pure beauté à partir d'un matériau sale et écœurant.
Une merveille.
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Amour cru
C'est un album surprenant à plus d'un titre. S'inscrivant dans la belle collection "Porn'Pop" de Glénat , la couverture intrigue de prime abord, avec cette image presque subliminale en double fond. Et puis, le scénario est d'une originalité désarmante. En mettant en scène, deux femmes au caractère diamétralement opposé (une Charlie à la recherche du prince charmant, et une Mélina qui enchaine les coups d'un soir voire les coïts plus que furtifs), les auteurs nous entrainent dans une aventure qui dépasse les simples BD de cul auxquelles nous sommes habitués. Car, il faut l'avouer, même si les scènes de sexe sont, sans jeu de mots, assez crues dans cet album, le récit repose sur un postulat qui nous fait relire l'histoire sous un autre angle, une fois l'histoire finie. C'est très osé, très fort voire très dérangeant mais les auteurs exploitent à fond les phantasmes et perversions auxquelles je ne pensais même pas ! J'avais découvert il y a quelques dizaines années Grégory Mardon, avec Madame désire ?, et je trouve que son trait, loin du dessin réaliste, s’accommode parfaitement avec le scénario. Malgré une pagination assez importante (110 pages), j'ai littéralement dévoré (sic!) cette bande dessinée à réserver à un public très très averti !
Tracnar & Faribol
J'ai été séduit par cette série qui s'articule en histoires complètes en un tome. Elle s'inspire des contes classiques de Grimm et autres Perrault dans le sens où elle se base sur des trames narratives simples et proches des contes classiques : la méchante reine sorcière qui envoute la fille du roi pour le premier tome, ou encore une graine à trouver pour faire chanter l'oiseau magique qui fera revenir le beau temps sur le royaume pour ce qui est du second tome. Mais elle s'en détache par la personnalité des deux héros qui eux n'ont rien des princes charmants des fameux contes, bien au contraire, et pourtant ce sont bien eux qui viennent sauver la princesse ou le royaume en fin de compte. Ce n'est pas dans l'originalité ou la profondeur de l'intrigue qu'il faut chercher son bonheur ici mais plutôt dans la grande qualité du graphisme, de la narration, des dialogues et des personnages. Ce graphisme m'a rapidement séduit. J'aime son trait animalier forcément inspiré de l'animation Disney mais avec une vraie maîtrise comme savent en faire preuve une poignée d'auteurs adeptes de ces animaux anthropomorphes aux visages très expressifs. J'aime le soin apporté aux costumes, aux décors, aux mises en scènes, et à tous les plans en général. Je n'ai qu'un véritable regret qui vient de la colorisation, non pas qu'elle soit laide bien au contraire, mais elle manque de contraste et cela implique des cases légèrement difficiles à déchiffrer. C'est presque dommage car il y a un superbe travail dans la majorité d'entre elles mais on en vient à plisser les yeux pour essayer de profiter pleinement de tous les détails qui sont noyés dans les couleurs ou dans des teintes parfois trop sombres. Comme dit plus haut, le scénario de fond des intrigues de chaque tome n'est pas des plus élaboré ou original, mais je les ai pourtant lues avec grand plaisir. J'aime la personnalité des protagonistes, notamment le fait que les deux héros ne soient pas tous blancs. Comme leurs noms le laissent d'ailleurs entendre, ce sont plutôt des margoulins et autres roublards ; ils ne sont d'ailleurs même pas de vrais amis et collaborent uniquement du fait des circonstances. J'aime aussi les dialogues qui font régulièrement preuve d'un style légèrement soutenu, à la limite de la rime. Ce ne sont pas les dialogues formidables de De Cape et de Crocs mais il y a de l'idée. Et globalement, c'est le plaisir simple de bonnes histoires sans fioriture, bien racontées, bien dessinées, et qui tiennent parfaitement en albums de 56 pages seulement. J'aime ce type de série.
L'Histoire des 3 Adolf
Je ne pense pas avoir choisi l’ouvrage le plus facile pour découvrir Osamu Tezuka, jugez-en plutôt : 2 gros tomes soit un total d’environ 1 400 pages pour « L’Histoire des 3 Adolf » ! Et il m’a fallu plusieurs jours pour finir ce feuilletage ! Le début de ma lecture fut pénible. En fait, j’avais du mal à m’intéresser aux péripéties du personnage principal Togué. Ce journaliste japonais envoyé en Allemagne pour suivre les jeux olympiques de Berlin en 1936 et qui va par la suite assister à l’immense rassemblement des nazis lors du congrès de Nuremberg. Pendant son séjour en Europe, Togué va assister en quelque sorte au meurtre de son frère et héritera de lui de documents pouvant provoquer la chute d’Adolf Hitler. Mais, Togué va être poursuivi par les SS qui feront tout pour l’empêcher de les publier… Voilà pour le commencement de cette histoire qui va nous emmener dans l’avant-guerre, la seconde guerre mondiale et même l’après ! Une vraie saga sur cette terrible époque où l’on voyagera entre le Japon et l’Allemagne en compagnie donc de ce journaliste et des Adolf : un métissé nippon allemand qui sera envoyé dans la jeunesse hitlérienne en Europe, un japonais juif et le fameux Hitler lui-même ! Osamu Tezuka a vraiment fait un travail de titan en concevant ce manga. En effet, rien ne manque pour un fan d’histoire : on suit l’avènement du Reich, l’entrée en guerre du Japon et des autres pays jusqu’à la capitulation de l’Axe… et même au-delà (je vous laisse la surprise) ! Comme je le décrivais plus haut, le premier tome me fut assez pénible à lire car j’avais du mal à me passionner par le chassé-croisé entre Togué et ses poursuivants. Et puis, dès le début, le « secret » d’Adolf Hitler me semblait tiré par les oreilles, je n’y croyais pas du tout. Et enfin, je ne trouvais pas exceptionnel le coup de patte d’Osamu Tezuka surtout lorsque celui-ci dessinait des expressions très exagérées (typique des mangas humoristiques) sur ses personnages (heureusement que ça n’arrivait pas souvent dans « L’Histoire des 3 Adolf »). Et puis, vint la fin du 1er gros tome et son indispensable dossier rédigé par Didier Pasamonik et un journaliste japonais. Et là, ce fut le déclic car les nombreuses zones d’ombre qui m’étaient apparues lors de la lecture se sont vite dissipées ! Tout est expliqué dans le détail et on comprend ainsi ce que Osamu Tezuka a voulu retranscrire dans « L’histoire des 3 Adolf » : une œuvre riche et terriblement fidèle (si on met de côté la problématique du « secret » d’Adolf Hitler ») à la trame de la seconde guerre mondiale. Puis, le second gros tome me fut un vrai délice à lire, Osamu Tezuka concentre (enfin) son récit sur les relations entre ses principaux personnages ; les conséquences de la guerre sur le comportement de la population et l’activité des pays concernés… vraiment, cette lecture m’a fait ressentir pas mal d’émotions, pris aux tripes jusqu’à en penser plusieurs jours après avoir fini le feuilletage de ce manga. On peut reprocher à « L’Histoire des 3 Adolfs » la présence de scènes violentes (viols, meurtres, tortures…), à la limite du supportable mais après réflexion, il s’avère que cela était nécessaire étant donné que ce fut -hélas- le cas… Sans ces séquences, comment aurait-on pu dénoncer les atrocités de cette guerre ? Comment aurait-on pu montrer la noirceur du genre humain ? Je ne regrette pas du tout d’avoir lu « L’Histoire des 3 Adolf ». C’est un manga qui a su me procurer des émotions et me prendre par les tripes. De plus, ce récit m’a fait découvrir d’autre facettes qui m’étaient méconnues de la seconde guerre mondiale… Fan de récits historiques, je ressors époustouflé par cette lecture : indispensable !
L'Année zéro
J’ai bien aimé ce roman graphique. Tant au niveau du sujet (le fait de décider d’avoir un enfant passé 50 ans) que du ton employé (teinté d’ironie mais toujours bienveillant), j’ai été sensible à l’histoire de Frenk. Une histoire du quotidien grandement inspirée par la propre vie de l'auteur et il est difficile de faire plus roman graphique que ça, mais une histoire qui nous permet de nous questionner sur notre sentiment propre face à cette option, une histoire qui nous permet de découvrir les différences culturelles entre la France et les Pays-Bas, et le statut du père en devenir dans ce dernier pays. Le dessin est agréable, la narration est fluide, le découpage est bon. Tout est à sa place et les pages défilent sans en avoir l’air, tout semble couler de source. On entre ainsi dans le quotidien des personnages, partageant leurs craintes (la perte de fertilité pour l’homme, le risque accru d’avoir un enfant handicapé), leur ressenti (le fait qu’aux Pays-Bas, le père en devenir n’a pas voix au chapitre et doit réellement se contenter d’un rôle d’accompagnateur de la mère), leurs émotions… Il y a des passages forts qui nous sont livrés avec une extrême pudeur et qui ne font que renforcer notre empathie pour les personnages. Il y a des passages légers qui nous font penser qu’avec ces mêmes personnages, on aimerait bien s’asseoir autour d’un verre pour discuter de tout et de rien. Un pur roman graphique, donc, mais un bon roman graphique ! Il dispose de trop de qualités pour que je me limite à un simple « pas mal » même s’il ne renouvellera certainement pas le genre.
Kaboul Requiem
On retrouve Nicolas Wild et le pays qui lui est devenu cher, l’Afghanistan, dans ce qui pourrait être une suite de l’excellent Kaboul Disco. Sauf qu’ici Wild ne fait que mettre en image (en participant bien entendu à la « scénarisation ») le témoignage d’un reporter de guerre anglais, rencontré par hasard. Wild n’apparait que dans 2 ou 3 cases, lorsque la route de ce reporter, Sean Lagan, a croisé la sienne à Kaboul (on retrouve ainsi une ou deux scènes de Kaboul Disco présentées sous un angle différent). Comme pour Kaboul Disco, la narration et le dessin de Wild sont fluides et agréables, la lecture est vraiment sympathique et recommandable. Le contexte a quelque peu changé, la tension a monté, et les talibans font monter la pression. Mais, si j’ai bien aimé cette lecture (l’album attend peut-être encore une suite), je l’ai trouvé un chouia moins bien que Kaboul Disco. Peut-être le fait que Wild soit lui-même moins présent, et que donc l’autodérision joue moins, l’humour est un peu moins utilisé (même s’il y en a quand même et que certains passages sont très amusants – dans un contexte qui l’est pourtant beaucoup moins !). Bon, ces bémols étant évoqués, ça reste quand même une lecture très plaisante, et je continuerai volontiers à lire les aventures de Nicolas Wild en Afghanistan, qu’elles aient lieu par procuration ou non. Note réelle 3,5/5.
Kaboul Disco
Entre Joe Sacco et Guy Delisle (sans doute plus proche du second), Nicolas Wild développe une sympathique œuvre mêlant reportage et roman graphique, avec une bonne dose d’humour et d’autodérision. Une autobiographie maligne, qui met ici à découvert un certain nombre de travers liés à la situation de l’Afghanistan depuis plusieurs décennies. Bien sûr la société afghane elle-même – il y a une quinzaine d’années, mais beaucoup de choses ont perduré. Mais aussi sur tout le microcosme lié à « l’aide étrangère », que ce soit l’armée américaine (qu’on voit là faire de la propagande et former une armée de brique et de broc), ou les multiples ONG et autres sociétés privées, qui gravitent autour de l’aide humanitaire (et s’en servent parfois comme un business classique). C’est instructif (pour tous les aspects présentés), et surtout la lecture est très agréable, fluide, grâce au ton employé par Wild, souvent très drôle en faux naïf gaffeur qui découvre peu à peu une réalité contrastée. C’est une sorte de journal de voyage d’un candide, mais qui est une bonne porte d’entrée vers des recherches plus pointues, ou des articles du Monde diplomatique. Wild nous montre des choses intéressantes, y compris sur lui-même. Une lecture fortement recommandée en tout cas.
Vei
Une couverture que je trouve très réussie, un coup de cœur de mon libraire suivi d’un avis enthousiaste de Tomdelapampa sur ce site, il n’en fallait pas plus pour que je me laisse tenter… sans trop savoir dans quoi j’allais fourrer le nez. En effet, allez savoir pourquoi, la couverture avait tendance à me suggérer un récit exotique tourné vers l’Inde alors que la présentation de l’album me parlait de mythologie nordique. Bonjour le grand écart ! Bon, à la lecture, pas de doute possible : nous sommes en pleine mythologie nordique mais le choix des couleurs apporte une lumière à laquelle on ne s’attend pas forcément quand on aborde ce genre de sujet. Et au niveau du déroulé de l’intrigue, si on retrouve quelques personnages connus, il faut bien avouer que nous sommes très loin des lieux communs ! En effet, les auteurs nous plongent au milieu des géants, vaincus par les dieux mais pas disparus pour la cause… et toujours attachés aux humains. Le récit se développe alors autour d’une « championne » humaine protégée par un géant et s’étant liée d’amitié avec un viking venu conquérir ses terres. Les liens qui unissent les différents personnages et le rôle complexe donné à Loki figurent très certainement parmi les points forts de cette série. Après une longue présentation de cet univers et des enjeux de l’opposition entre dieux et géants, le récit prend la forme d’une succession de combats dans l’arène. Là, j’ai cru que j’allais finir par me lasser, mais la trame ne cesse d’évoluer et le final permet de surprendre le lecteur tout en ouvrant une série de questionnements sur le bien et le mal. Bon ! Je suis loin d’être un spécialiste de ce type de récit de fantasy à l’Américaine mais je pense que celui-ci se situe dans le haut du panier. Pour son originalité, pour l’évolution de ses personnages, pour son dessin et pour sa conclusion. Pour moi, c’est plus qu’un bête « pas mal ». Franchement bien, donc !
Cotus et Léon
Une petite pépite méconnue cet album. Plusieurs lectures depuis sa sortie et je me bidonne toujours autant. On a affaire à de la Fantasy épique et humoristique, complètement con et crétin, j’adore. On y suit 2 frères, Cotus et Léon, l’un guerrier et l’autre magicien, chargés bien malgré eux de sauver le monde ... Quand on voit le niveau de nos 2 gugusses, on se dit que c’est pas perdu mais que c’est pas gagné gagné, je n’en dis pas plus. Les dangers et rencontres montent crescendo jusqu’au final jouissif. L’humour bête et méchant fonctionne à plein tube, quelques running gags du plus bel effet, ça ne plaira pas à tout le monde mais perso j’ai adhéré à 100%. La partie graphique sert bien le récit et possède sa patte (inspirée de Mignola mais en plus grossier), j’ai bien aimé, quelques bonnes bouilles. Je ne connais que cette œuvre des auteurs mais bravo à eux, ils ont su jouer avec les codes, une réussite à mes yeux. Un one shot rondement mené, j’invite les amateurs du genre à le découvrir. Je serais curieux de connaître votre ressenti. 3,5+ et coup de cœur
Faut faire le million
Gilles Rochier est un auteur un peu à part dans la BD actuelle. Poète urbain, conteur insatiable de la banlieue qu'il vit au quotidien, il traîne également ses états d'âme dans une série d'histoires où il se met en scène. C'est le cas de ce quatrième volet, après TMLP (Ta mère la pute), Temps mort et La Petite Couronne. Mais cette fois-ci, il passe à une autre dimension. Parce qu'il se rend compte de la vacuité, de la misère (matérielle et intellectuelle) qui l'entoure. Et de la fragilité de la vie. Tout l'album nous montre Gilles, l'alter ego de Rochier, qui s'énerve envers ses copains de toujours, se révolte contre l'absurdité de leur discours, qui se demande s'il va bien, pleure en silence son ami disparu presque dans l'indifférence. Gilles a le spleen, et on l'a avec lui. La banlieue est grise (enfin, en dégradés de bleu dans la BD), l'homme, même entouré de ses copains, est seul. Il ne peut partager ses sentiments avec personne, ni ses amis, ni ses parents... Quand on se pose deux minutes, on se dit qu'il n'y a aucune issue, aucun espoir... Pourtant, il suffirait de pas grand chose... C'est un album plutôt fort, qui brasse de manière aussi simple que subtile plusieurs thèmes de société : la solitude, la vacuité, la précarité matérielle, mais aussi la gestion du deuil. L'album a même besoin de plusieurs lectures pour qu'on en saisisse toutes les subtilités. Avec "Faut faire le million", Rochier se pose une fois de plus comme témoin de son époque.
Les Filles de Salem
Tout le monde connait (ou pense connaitre) l'histoire qui sert de base à ce récit: une ville rongée par le puritanisme et soumise à une pression incroyable, des malentendus menant à la haine ordinaire, celle qui nous fait perdre ce que l'être humain a de plus cher: son libre-arbitre. Sur base de cet événement historique avéré, l'auteur propose une version un peu personnelle mais très efficace. C'est qu'il sait faire de la bande dessinée le bougre: un graphisme absolument magnifique, une mise en scène virtuose et un art de la narration parfaitement maîtrisé: on tourne les pages, comme envoûté, de plus en plus vite. L’ambiguïté de ce livre important se situe au niveau de sa représentation. Car à la fermeture de l'ouvrage, deux sentiments s'opposent. Le premier, le sentiment de dégoût et de honte face aux faiblesses de l'homme et à son indécrottable manie de céder à la superstition et à la haine dès qu'il perd sa capacité à raisonner. De l'autre, un optimisme et un respect énorme face à sa capacité à créer du beau. Car c'est ce que Thomas Gilbert est parvenu à faire: créer de la pure beauté à partir d'un matériau sale et écœurant. Une merveille.