Je donne cette note à l'ensemble de la trilogie que je trouve cependant inégale, si je devais détailler mes cotes je mettrai 4 au premier tome, 3 à la femme piège, album très réussi graphiquement mais un peu ennuyeux par moments et 5 au dernier tome, absolument magistral, à tous points de vue, le propos, le dessin, l'humour et sa profonde originalité (ce qui n'était pas le cas du premier tome)... 6 ans séparent chaque album et on apprécie d'autant plus toute l'évolution de Bilal. A lire si vous êtes fana de science-fiction. Une précaution néanmoins, on est loin des séries sf d'aujourd'hui (façon Sillage, Travis ou Nash) qui s'adressent surtout à un public d'adolescents et présentent de l'action "à l'américaine". Cette trilogie s'adresse à un public plus adulte, il n'y a pratiquement pas d'action chez Bilal, pas vraiment de suspense non plus, tout semble baigné dans une certaine immobilité. C'est dû également au dessin par lequel chaque personnage semble avoir la consistance d'une statue. Certains reprochent cela à Bilal, comme si cela relevait d'un incompétence de sa part à donner plus de mouvement à ses personnages. Je pense au contraire que cet effet est purement volontaire de sa part, il l'a accentué, il en rit même dans le troisième tome lorsqu'un des personnages secondaires, atteint de cimentite aigüe (maladie inventée pour l'occasion), se désagrège en poussière.
Suite aux prix et aux hommages que cette BD a reçu, j'avais commandé cet album sans l'avoir vu. Lorsque je suis allé le chercher, c'est là que j'ai découvert le dessin en noir et blanc (des souris et des chats!!!), le petit format... et le prix $$$$$ (oui, je sais ! J'aurais dû m'informer avant!). Toujours est-il que...on l'avait commandé pour moi, j'ai donc assumé. Puis, au prix que je l'avais payé, je l'ai lu, même si ça ne m'attirais pas. Quelle surprise ! J'ai non seulement été captivé par le scénario mais aussi par le dessin. Je ne pensais pas que ce genre de dessin pouvait avoir un tel impact sur moi. À lire absolument !
C'est un premier album que signe ici Santos De Veracruz et quel album!!! Il faut dire qu'il est bien secondé avec Jorge Zentner comme scénariste (celui qui nous a donné entre autres "Le silence de Malka"). De Veracruz met en image cette histoire avec toute la fougue et la passion qui caractérise ses personnages. Plus je regarde ses dessins et ses couleurs, plus je trouve ça beau.
C'est comme un opéra en plusieurs actes inpiré tout au long de l'album par la musique, la danse et le chant populaire andalous. J'ai retrouvé sur internet et pu entendre ce que chante Paco (le personnage principal)lorsqu'il réusssit à performer le "cante vrai". C'est magnifique!
Alors là, je suis épaté ! Je connaissais Boucq par La Femme du magicien et Bouncer, c'est-à-dire en tant que dessinateur, mais alors Boucq au scénario (en plus du dessin), ça déménage !
Avec Jérôme Moucherot, on atteint des sommets dans l'absurde délirant, dans le nonsense. Assureur au quotidien, menant une vie de famille familiale, ayant un voisin un peu bricoleur dont le nom commence par Léonard et finit par "De Vinci", notre héros nous embarque dans univers résolument hors du commun, revisité avec bonheur par Boucq.
Le résultat est très très surprenant ! Quelque peu inégal aussi. J'ai adoré le tome 1 (), un peu moins le tome 2 (qui reste très bien), et encore un peu moins le tome 3 (en fait, malgré de très bonnes idées, je l'ai trouvé un peu long...). Le tome 4 pour sa part, m'a laissé un léger goût d'essoufflement... On y retrouve sous forme d'histoires courtes tout cet univers farfelu, mais voilà, on retrouve. :(
C'est un vrai bonheur que de voir "notre" quotidien ainsi mis en scène. Les jeux de mots, les situations, les points de vue sont très bien exploités.
Vraiment, je ne peux que vous conseiller de lire cette série, l'humour est très très décalé, et ça rafraichit !
Il est vrai que tout cela n'est pas fondamentalement original. D'innombrables romans et films ont déjà exploité ce thème.
Mais Taniguchi traite tout cela très bien et l'émotion est au rendez-vous, c'est ce qui compte, finalement.
De plus, j'aime beaucoup son découpage et le caractère apaisant de certaines cases. Cela nous change des mangas d'action.
On peut néanmoins regretter la manière dont Casterman l'a publié, pourquoi diviser en 3 tomes, ce qui n'en faisait qu'un au Japon? Et pourquoi inverser le sens de lecture, si c'est pour créer à certains endroits des problèmes de lecture?
Le monde de Daar, aussi loin que remontent les souvenirs des différents peuples qui l'habitent, a toujours été en guerre. Les trois Immortels, Zembria la cyclope, Barr-Find Main noire et Jargoth le parfumé, lancent à chaque croisée des deux soleils leurs armées dans une lutte sanglante et impitoyable, pour des raisons si anciennes que nul ne les connaît plus. Même les petits et malingres chninkels, réduits en esclavage par Barr-Find, doivent participer à l'immense carnage programmé. Mais à la fin d'une bataille, J'on le chninkel parvient miraculeusement à survivre. J'on s'extrait des monceaux de cadavres qui le recouvrent, et, oublié de tous, s'abandonne au désespoir. C'est alors que lui apparaît une étrange entité monolithique, qui se présente comme le Maître créateur des mondes et confie au jeune chninkel une mission : il doit ramener la paix dans le monde de Daar. Pour cela, l'entité lui accorde le Grand Pouvoir... Mais en quoi ce Grand pouvoir consiste-t-il ? Et comment diable J'on, misérable petit esclave, pourrait-il amener les redoutables Immortels à cesser leur querelle ?
"Le grand pouvoir du chninkel" est une extraordinaire bande dessinée. Sans doute l'une des meilleures à ce jour, si l'on en croit les avis de nombreux amateurs. Rééditée il y a peu sous forme de trois albums en couleur, cette oeuvre est sortie à l'origine en un volume unique, en noir et blanc. Sans affirmer que la réédition est nécessairement inférieure, l'édition originale a l'avantage de mettre en valeur la qualité du trait de Rosinski. L'auteur de "Thorgal" maîtrise pleinement son trait, d'autant qu'il sait en 1988 qu'aucun ajout de couleur ne viendra le modifier. Il y a donc un soin tout particulier accordé au jeu des ombres et des lumières, tant pour les décors que pour les personnages. Van Hamme, déjà complice de Rosisnski pour "Thorgal", livre un scénario d'une ambition et d'une virtuosité époustouflantes. Ceux qui critiquent aujourd'hui cet auteur à succès feraient bien de relire "Le grand pouvoir du Chninkel". Le scénariste s'y réapproprie les mythes bibliques (l'Ancien comme le nouveau Testament) : même si le parallèle avec Jésus et les évangiles est le plus évident, la rencontre de J'on avec le maitre créateur évoque plutôt Moïse, et le caractère de la divinité, jalouse et rancunière, évoque le dieu hébreu plus que le dieu chrétien. Une certaine connaissance des événements bibliques est nécessaire pour pleinement apprécier le travail de Van Hamme, mais son récit peut également se lire comme une formidable aventure, inventive et remarquablement menée.
Fondement de la civilisation occidentale, la Bible a profondément marqué de son empreinte la bande dessinée grâce à Rosinski et Van Hamme. Car "Le grand pouvoir du Chninkel", répétons-le, est l'une des oeuvres incontournables du genre, que les années n'ont aucunement altéré. Inutile de dire que sa lecture est indispensable si vous souhaitez revendiquer une culture bédéphile.
C'est vrai que les aventures délirantes de Jérôme Moucherot valent le coup d'être lues, et achetées... C'est un univers dans lequel les jeux de mots deviennent des images. C'est d'autant plus fascinant que le dessin de Boucq, en revanche, est très réaliste. Cela donne à cette série un cachet tout à fait inédit. C'est ce que Boucq a fait de mieux...
Et je suis d'accord avec The Patrick, "Les dents du recoin" est le meilleur de la série, à lui seul il mériterait 5 étoiles, mais les autres sont très bien aussi.
Excellente BD ! Malgre cela, je trouve que le dernier volume (6) a ete moins bien realise que les precedents. L'esprit est la mais la qualite des dessins est moins bonne. J'ai eu l'impression qu'il a ete fait plus rapidement ! La note de 5/5 n'est pas exageree. Je ne compte plus le nombre de fois que j'ai relu cette BD et a chaque fois c'est le meme plaisir. Bravo aux auteurs.
Sympa ce one-shot, si vous aimez les westerns, les ambiances poussiéreuses, les cow-boys et les beaux paysages, vous allez adorer!
L’histoire est sympa, facile à suivre, intéressante, bien construite, … mais un peu classique. Bon rien de grave hein, après tout c’est un western, on peut difficilement innover dans le genre. Donc chouette histoire! Les personnages sont biens décrits et réalistes, on a le riche, la prostituée, le héros faible, le dur à cuire, … toute la panoplie du bon western ! L’action est variée, poursuites, cache, combat, trahison, vengeance, … on ne s’ennuie pas…
Le dessin est excellent, que c’est beau, vraiment j’adore. Les couleurs collent vraiment à ce genre d’histoire, et les paysages sont magnifiques!
Voila, un western pas révolutionnaire mais très très bien, que je conseille à tous les fans du genre, et même aux autres! Achetez!
Qu'il me soit permis d'apporter ici ma pierre à l'édifice des critiques de "Blacksad" disponibles sur bdtheque. J'ai craqué comme tant d'autres après avoir lu des réactions de lecteurs enthousiastes, et si certains d'entre vous arrivent après la bataille (c'est-à-dire après l'effervescence liée à la parution d'une nouveauté), il serait dommage qu'ils ratent "Blacksad". Amis bédéphiles internautes, vous êtes impardonnables si vous n'avez pas lu cette étonnante bande dessinée espagnole !
On a rappelé avant moi la prestigieuse signature de la préface (Loisel himself qui s'essaye pour la première fois à cet exercice). On s'est longuement extasié sur un dessin effectivement époustouflant de maîtrise. Rarement la bande dessinée animalière aura trouvé pareil ambassadeur ! L'univers de "Blacksad" est proche de celui du Canardo de Benoît Sokal, en un peu moins glauque et desespéré tout de même. Et Blacksad n'est pas un anti-héros... Le parallèle n'a donc rien d'une filiation inavouée. Guarnido tient son propre style bien en plume, et risque d'en inspirer plus d'un à l'avenir. Le scénario de Canales, certes un brin en retrait par rapport au dessin (la tâche était rude...) reste fort réussi : la voix off installe très vite l'ambiance, les situations sont bien trouvées, les personnages sont remarquablement esquissés (oui, le dessin y est pour beaucoup, mais pas seulement !), le découpage est dynamique et il n'y a aucune fausse note du début à la fin.
Dessin splendide, fort bon scénario. On est bien en présence d'un des incontournables de l'année 2000, sur les talons d'un "From Hell" dans le top des albums de la fin du deuxième millénaire. Alors bonne lecture...
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La Trilogie Nikopol
Je donne cette note à l'ensemble de la trilogie que je trouve cependant inégale, si je devais détailler mes cotes je mettrai 4 au premier tome, 3 à la femme piège, album très réussi graphiquement mais un peu ennuyeux par moments et 5 au dernier tome, absolument magistral, à tous points de vue, le propos, le dessin, l'humour et sa profonde originalité (ce qui n'était pas le cas du premier tome)... 6 ans séparent chaque album et on apprécie d'autant plus toute l'évolution de Bilal. A lire si vous êtes fana de science-fiction. Une précaution néanmoins, on est loin des séries sf d'aujourd'hui (façon Sillage, Travis ou Nash) qui s'adressent surtout à un public d'adolescents et présentent de l'action "à l'américaine". Cette trilogie s'adresse à un public plus adulte, il n'y a pratiquement pas d'action chez Bilal, pas vraiment de suspense non plus, tout semble baigné dans une certaine immobilité. C'est dû également au dessin par lequel chaque personnage semble avoir la consistance d'une statue. Certains reprochent cela à Bilal, comme si cela relevait d'un incompétence de sa part à donner plus de mouvement à ses personnages. Je pense au contraire que cet effet est purement volontaire de sa part, il l'a accentué, il en rit même dans le troisième tome lorsqu'un des personnages secondaires, atteint de cimentite aigüe (maladie inventée pour l'occasion), se désagrège en poussière.
Maus
Suite aux prix et aux hommages que cette BD a reçu, j'avais commandé cet album sans l'avoir vu. Lorsque je suis allé le chercher, c'est là que j'ai découvert le dessin en noir et blanc (des souris et des chats!!!), le petit format... et le prix $$$$$ (oui, je sais ! J'aurais dû m'informer avant!). Toujours est-il que...on l'avait commandé pour moi, j'ai donc assumé. Puis, au prix que je l'avais payé, je l'ai lu, même si ça ne m'attirais pas. Quelle surprise ! J'ai non seulement été captivé par le scénario mais aussi par le dessin. Je ne pensais pas que ce genre de dessin pouvait avoir un tel impact sur moi. À lire absolument !
Flamenco
C'est un premier album que signe ici Santos De Veracruz et quel album!!! Il faut dire qu'il est bien secondé avec Jorge Zentner comme scénariste (celui qui nous a donné entre autres "Le silence de Malka"). De Veracruz met en image cette histoire avec toute la fougue et la passion qui caractérise ses personnages. Plus je regarde ses dessins et ses couleurs, plus je trouve ça beau. C'est comme un opéra en plusieurs actes inpiré tout au long de l'album par la musique, la danse et le chant populaire andalous. J'ai retrouvé sur internet et pu entendre ce que chante Paco (le personnage principal)lorsqu'il réusssit à performer le "cante vrai". C'est magnifique!
Jérôme Moucherot
Alors là, je suis épaté ! Je connaissais Boucq par La Femme du magicien et Bouncer, c'est-à-dire en tant que dessinateur, mais alors Boucq au scénario (en plus du dessin), ça déménage ! Avec Jérôme Moucherot, on atteint des sommets dans l'absurde délirant, dans le nonsense. Assureur au quotidien, menant une vie de famille familiale, ayant un voisin un peu bricoleur dont le nom commence par Léonard et finit par "De Vinci", notre héros nous embarque dans univers résolument hors du commun, revisité avec bonheur par Boucq. Le résultat est très très surprenant ! Quelque peu inégal aussi. J'ai adoré le tome 1 (
), un peu moins le tome 2 (qui reste très bien), et encore un peu moins le tome 3 (en fait, malgré de très bonnes idées, je l'ai trouvé un peu long...). Le tome 4 pour sa part, m'a laissé un léger goût d'essoufflement... On y retrouve sous forme d'histoires courtes tout cet univers farfelu, mais voilà, on retrouve. :(
C'est un vrai bonheur que de voir "notre" quotidien ainsi mis en scène. Les jeux de mots, les situations, les points de vue sont très bien exploités.
Vraiment, je ne peux que vous conseiller de lire cette série, l'humour est très très décalé, et ça rafraichit !
Le Journal de mon père
Il est vrai que tout cela n'est pas fondamentalement original. D'innombrables romans et films ont déjà exploité ce thème. Mais Taniguchi traite tout cela très bien et l'émotion est au rendez-vous, c'est ce qui compte, finalement. De plus, j'aime beaucoup son découpage et le caractère apaisant de certaines cases. Cela nous change des mangas d'action. On peut néanmoins regretter la manière dont Casterman l'a publié, pourquoi diviser en 3 tomes, ce qui n'en faisait qu'un au Japon? Et pourquoi inverser le sens de lecture, si c'est pour créer à certains endroits des problèmes de lecture?
Le Grand Pouvoir du Chninkel
Le monde de Daar, aussi loin que remontent les souvenirs des différents peuples qui l'habitent, a toujours été en guerre. Les trois Immortels, Zembria la cyclope, Barr-Find Main noire et Jargoth le parfumé, lancent à chaque croisée des deux soleils leurs armées dans une lutte sanglante et impitoyable, pour des raisons si anciennes que nul ne les connaît plus. Même les petits et malingres chninkels, réduits en esclavage par Barr-Find, doivent participer à l'immense carnage programmé. Mais à la fin d'une bataille, J'on le chninkel parvient miraculeusement à survivre. J'on s'extrait des monceaux de cadavres qui le recouvrent, et, oublié de tous, s'abandonne au désespoir. C'est alors que lui apparaît une étrange entité monolithique, qui se présente comme le Maître créateur des mondes et confie au jeune chninkel une mission : il doit ramener la paix dans le monde de Daar. Pour cela, l'entité lui accorde le Grand Pouvoir... Mais en quoi ce Grand pouvoir consiste-t-il ? Et comment diable J'on, misérable petit esclave, pourrait-il amener les redoutables Immortels à cesser leur querelle ? "Le grand pouvoir du chninkel" est une extraordinaire bande dessinée. Sans doute l'une des meilleures à ce jour, si l'on en croit les avis de nombreux amateurs. Rééditée il y a peu sous forme de trois albums en couleur, cette oeuvre est sortie à l'origine en un volume unique, en noir et blanc. Sans affirmer que la réédition est nécessairement inférieure, l'édition originale a l'avantage de mettre en valeur la qualité du trait de Rosinski. L'auteur de "Thorgal" maîtrise pleinement son trait, d'autant qu'il sait en 1988 qu'aucun ajout de couleur ne viendra le modifier. Il y a donc un soin tout particulier accordé au jeu des ombres et des lumières, tant pour les décors que pour les personnages. Van Hamme, déjà complice de Rosisnski pour "Thorgal", livre un scénario d'une ambition et d'une virtuosité époustouflantes. Ceux qui critiquent aujourd'hui cet auteur à succès feraient bien de relire "Le grand pouvoir du Chninkel". Le scénariste s'y réapproprie les mythes bibliques (l'Ancien comme le nouveau Testament) : même si le parallèle avec Jésus et les évangiles est le plus évident, la rencontre de J'on avec le maitre créateur évoque plutôt Moïse, et le caractère de la divinité, jalouse et rancunière, évoque le dieu hébreu plus que le dieu chrétien. Une certaine connaissance des événements bibliques est nécessaire pour pleinement apprécier le travail de Van Hamme, mais son récit peut également se lire comme une formidable aventure, inventive et remarquablement menée. Fondement de la civilisation occidentale, la Bible a profondément marqué de son empreinte la bande dessinée grâce à Rosinski et Van Hamme. Car "Le grand pouvoir du Chninkel", répétons-le, est l'une des oeuvres incontournables du genre, que les années n'ont aucunement altéré. Inutile de dire que sa lecture est indispensable si vous souhaitez revendiquer une culture bédéphile.
Jérôme Moucherot
C'est vrai que les aventures délirantes de Jérôme Moucherot valent le coup d'être lues, et achetées... C'est un univers dans lequel les jeux de mots deviennent des images. C'est d'autant plus fascinant que le dessin de Boucq, en revanche, est très réaliste. Cela donne à cette série un cachet tout à fait inédit. C'est ce que Boucq a fait de mieux... Et je suis d'accord avec The Patrick, "Les dents du recoin" est le meilleur de la série, à lui seul il mériterait 5 étoiles, mais les autres sont très bien aussi.
Le Chant des Stryges
Excellente BD ! Malgre cela, je trouve que le dernier volume (6) a ete moins bien realise que les precedents. L'esprit est la mais la qualite des dessins est moins bonne. J'ai eu l'impression qu'il a ete fait plus rapidement ! La note de 5/5 n'est pas exageree. Je ne compte plus le nombre de fois que j'ai relu cette BD et a chaque fois c'est le meme plaisir. Bravo aux auteurs.
On a tué Wild Bill
Sympa ce one-shot, si vous aimez les westerns, les ambiances poussiéreuses, les cow-boys et les beaux paysages, vous allez adorer! L’histoire est sympa, facile à suivre, intéressante, bien construite, … mais un peu classique. Bon rien de grave hein, après tout c’est un western, on peut difficilement innover dans le genre. Donc chouette histoire! Les personnages sont biens décrits et réalistes, on a le riche, la prostituée, le héros faible, le dur à cuire, … toute la panoplie du bon western ! L’action est variée, poursuites, cache, combat, trahison, vengeance, … on ne s’ennuie pas… Le dessin est excellent, que c’est beau, vraiment j’adore. Les couleurs collent vraiment à ce genre d’histoire, et les paysages sont magnifiques! Voila, un western pas révolutionnaire mais très très bien, que je conseille à tous les fans du genre, et même aux autres! Achetez!
Blacksad
Qu'il me soit permis d'apporter ici ma pierre à l'édifice des critiques de "Blacksad" disponibles sur bdtheque. J'ai craqué comme tant d'autres après avoir lu des réactions de lecteurs enthousiastes, et si certains d'entre vous arrivent après la bataille (c'est-à-dire après l'effervescence liée à la parution d'une nouveauté), il serait dommage qu'ils ratent "Blacksad". Amis bédéphiles internautes, vous êtes impardonnables si vous n'avez pas lu cette étonnante bande dessinée espagnole ! On a rappelé avant moi la prestigieuse signature de la préface (Loisel himself qui s'essaye pour la première fois à cet exercice). On s'est longuement extasié sur un dessin effectivement époustouflant de maîtrise. Rarement la bande dessinée animalière aura trouvé pareil ambassadeur ! L'univers de "Blacksad" est proche de celui du Canardo de Benoît Sokal, en un peu moins glauque et desespéré tout de même. Et Blacksad n'est pas un anti-héros... Le parallèle n'a donc rien d'une filiation inavouée. Guarnido tient son propre style bien en plume, et risque d'en inspirer plus d'un à l'avenir. Le scénario de Canales, certes un brin en retrait par rapport au dessin (la tâche était rude...) reste fort réussi : la voix off installe très vite l'ambiance, les situations sont bien trouvées, les personnages sont remarquablement esquissés (oui, le dessin y est pour beaucoup, mais pas seulement !), le découpage est dynamique et il n'y a aucune fausse note du début à la fin. Dessin splendide, fort bon scénario. On est bien en présence d'un des incontournables de l'année 2000, sur les talons d'un "From Hell" dans le top des albums de la fin du deuxième millénaire. Alors bonne lecture...