Coutoo, c'est avant tout Andreas, c'est à dire une maitrise des cases, des prises de vue et de l'agencement d'histoires en parallèle. C'est l'intelligence du dessin et de l'histoire demandant une attention constante du lecteur qui ne se sent pas pris pour un imbécile. Mais ici Andreas ne signe pas une oeuvre absconde comme certains de ses albums où l'on arrive pas à déméler l'histoire. Ici, c'est complexe mais limpide, originalement raconté et parfaitement fluide. De plus les personnages sont choisis et détaillés avec soin, les situations sont toujours surprenantes et au final on arrive à un polar étrange d'une qualité impressionnante. Du TRES grand Andreas.
Wow ! Quelle pièce que ce « ici même ». J’ai rarement lu un truc aussi tordu en bande dessinée, c’est étrange, bizarre, drôle (par moments), burlesque (par essence), poétique, surréaliste, politique (à ses heures), fantaisiste, magique, satirique.
J’ai pratiquement lu cette chose en une seule journée, tellement j’étais pris par ce délire. J’en ressors avec pleins d’images absurdes dans la tête, avec le souvenir de dialogues ciselés, dignes des grands maîtres de l’absurde (Ionesco, Jarry), et la certitude d’avoir lu un ouvrage hors du commun.
C'est bien simple, tout ce que j'ai lu ou relu le jour qui a suivi m'a paru fade et peu inspiré, c'est grave, docteur?
(Ne lisons pas les chefs d'oeuvre, cela fait redescendre tous les autres albums au rang de truc moyen).
Cet album, un des tous premiers de Trondheim, nous parle de... Trondheim. Il se veut en effet autobiographique, nous racontant certains de ses sentiments, de ses impressions, quelques parties de son travail, des scènes plus quotidiennes, en passant par quelques souvenirs d'enfance.
Les premiers mots m'ont frappé : "Comme si ce n'était pas suffisant de ne pas savoir bien dessiner, en plus je bâcle. Et même sachant que je bâcle, je continue à bâcler ; ce paradoxe me terrifie.". Pour moi qui adore le dessin de Trondheim - c'est quand même en partie à cause de lui si je suis devenu un gros fou de BD ! - ceci est frappant et donne le ton de l'album : place aux doutes, à l'autocritique dans toute son ampleur et aux états d'âme.
Ce qui est génial avec "Approximativement", c'est qu'on voit par les yeux de Trondheim, et quand il s'imagine une scène, on la voit. Cela donne quelques passages véritablement sa-vou-reux ! En plus on voit quelques idées reprises dans ses autres albums (je pense surtout à "Mildiou", et un peu aux Lapinots). A la fin de l'album vous aurez droit à un petit commentaire des gens présentés dans le livre, précisions, justifications ou rectifications, c'est bien drôle également.
Indispensable à tout membre du Lewis-fan-club, cet ouvrage présente une autre facette de son créateur. Se dévoilant un peu, exposant publiquement certains de ses sentiments tout en préservant largement d'autres parties de sa vie, préférant l'anecdotique et le quotidien à des choses plus synthétiques et générales, avec "Approximativement" Trondheim intrigue et donne envie de découvrir, sans oublier de faire rire, bien sûr, même si pour cela je vous recommanderais plutôt d'autres albums.
En tout cas, j'aime, et je conseille !
Ce livre s'inscrit dans la lignée de " Tante Henriette ou l'éloge de l'avarice ", puisqu'il est également composé de souvenirs de famille. Ceux-ci sont plus anciens et indirects, puisqu'ils ne sont pas ceux d'Isabelle Dethan. Mêlant à la fois les préoccupations enfantines et les réalités de la guerre vue par les civils, mêlant anecdotes et évènements historiques, ce récit est à la fois grave et léger, jamais pesant ni par excès d'insouciance ni par un excès de gravité. Le regard porté par l'auteur sur l'histoire est (presque) le même que pour " Tante Henriette... ", enfantin mais à travers une vision adulte.
Ce n'est qu'aux deux-tiers de l'album que l'on en comprend le titre. La raison en est émouvante, et est racontée sans une trace d'excès. Décidément, le ton de cet ouvrage est... " juste ".
Quant au dessin, on ne le présente plus. Le dessin (ici au lavis) d'Isabelle Dethan est beau, très expressif en quelques traits.
Je ne peux que vous recommander cet album, ainsi que TOUS ceux du même auteur !
Merci à toi kael! (pté encore une série à suivre à cause de lui!)
Que de surprise durant la lecture de livre ! C'est très captivant, ça va vite, très vite ce qui accentue encore l'intérêt, l'histoire est très riche en rebondissements, on part de plusieurs cotés à la fois et ça marche très bien !
Les dessins sont plus que corrects, ils sont bien, bon c'est vrai que les couleurs font un peu bizarres au début, mais ça passe finalement au fil de la lecture.
Bon allez hein on va bientôt avoir la suite ! Attendre encore attendre !
C'est une BD que j'affectionne beaucoup. Certes, l'histoire tout autant que la manière de raconter est tout ce qu'il y a de plus classique, mais on ne peut pas dire que ce n'est pas efficace. Il n'y a pas beaucoup de temps mort, l'action va rapidement et a le mérite de suivre un cours fluide qui ne semble pas être modifié au fur et à mesure. Bien que l'on a pas l'impression finale d'avoir compris tout à l'affaire, on n'a pas non plus le sentiment de ne pas avancer du tout. Chaque album révèle son lot de découverte et de surprise, nous laissant avec la volonté d'en savoir plus.
Le dessin lui aussi est efficace, mais on peut tout de même déplorer l'arrivée du coloriage informatique dans le 5eme tome. Même si on peut comprendre les raisons marketing (tant pour le coloriste que pour l'éditeur), et même si pris séparément ce n'est pas si moche que cela, il est difficile de ne pas faire la comparaison entre les premiers albums et les derniers et de trouver les derniers beaucoup plus froids ou tout simplement moins beaux. Que dirait on d'un peintre impressioniste utilisant l'ordinateur???
Finalement même si on peut déplorer de n'avoir la fin que dans un nombre incalculable d'année, le plaisir à la lecture de cette série est tel qu'il serait dommage de s'en priver, même sans la fin.
Ce petit album est finalement assez proche de son grand frère Dark knight. On y retrouve le même talent de Miller pour raconter, la même qualité pour rendre le personnage de Batman plus humain, avec ses défauts qui ne sont pas ici sa désillusion, mais plutot son traumatisme subi quand il était jeune. Sa détermination, ses premiers contacts avec la police et avec la population sont les scènes de cet opus de qualité. Du tout bon.
Pour commencer, j'adore le dessin. Je ne le trouve pas autant manga que cela, mais je trouve que c'est superbe. Le choix des vues, des couleurs et les effets choisis sont vraiment excellents. Les textes eux aussi sont vraiment bons, simples mais efficaces.
C'est un peu une fable sur la religion et sur la signification de la vie mais c'est surtout une histoire prenante qui semble simple au début et qui monte en puissance. Même si la fin peut paraitre exagérée, elle montre que l'album est beaucoup plus subtil qu'il n'y parait. Je remercie vivement un ami qui m'a fait découvrir ce one-shot merveilleux.
Un album étrange et dérangeant. Magique, raconté avec finesse, cet album choque par le contraste qu'il peut y avoir entre la naïveté de l'enfant et cette absence de repère en nos valeurs et même à notre ressenti physique.
Le dessin est personnel et l'utilisation des couleurs est fort judicieuse pour mettre en exergue les différentes situations et accentuer parfois l'impression étrange que l'on ressent dans ce monde. Les personnages sont tous fortement marqués et sont à la fois étranges et cohérents.
Un album sans équivalent, très attachant malgré la répulsion que l'on ne peut s'empécher d'avoir à certains moments et qui assurément ne laissera pas insensible. Voila une surprise de taille.
From Hell est un OVNI dans le monde de la BD comme seul Moore sait les créer.
Un bloc de ténèbres brut aux reflets rouge sang que l'on ne peut décemment pas aborder comme une BD classique.
De toute façon, cet ouvrage n'est pas d'un accès aisé, il demande clairement un investissement de la part du lecteur pour que ce dernier puisse se maintenir à flots dans la foule d'images et d'informations qui lui parviennent.
Le jeu en vaut largement la chandelle. La finesse des différentes intrigues, l'atmosphère oppressante et la vérité crue de l'univers nous immergent complètement dans les rues sinistres de White Chapel sur les pas de ce bon vieux Jack.
La masse et la qualité de la documentation et de la recherche produite par l'auteur relèvent plus de la thèse universitaire que du scénario de BD.
Un phénomène, donc.
Mais ce qui m'énerve (et ce qui fait, selon moi que From Hell n'est pas 'culte' ), c'est que les dessins sont franchement pourris (à la limite du foutage de gueule). Et qu'on ne vienne pas me dire qu'ils contribuent à l'ambiance, ils sont grossiers et imprécis, c'est tout.
C'est dommage, ça rend la lecture plus pénible qu'elle ne devrait l'être et rebute beaucoup de monde.
Je recommande quand même l'achat, mais pour un public courageux et déterminé (qui ne regrettera pas sa peine).
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Coutoo
Coutoo, c'est avant tout Andreas, c'est à dire une maitrise des cases, des prises de vue et de l'agencement d'histoires en parallèle. C'est l'intelligence du dessin et de l'histoire demandant une attention constante du lecteur qui ne se sent pas pris pour un imbécile. Mais ici Andreas ne signe pas une oeuvre absconde comme certains de ses albums où l'on arrive pas à déméler l'histoire. Ici, c'est complexe mais limpide, originalement raconté et parfaitement fluide. De plus les personnages sont choisis et détaillés avec soin, les situations sont toujours surprenantes et au final on arrive à un polar étrange d'une qualité impressionnante. Du TRES grand Andreas.
Ici même
Wow ! Quelle pièce que ce « ici même ». J’ai rarement lu un truc aussi tordu en bande dessinée, c’est étrange, bizarre, drôle (par moments), burlesque (par essence), poétique, surréaliste, politique (à ses heures), fantaisiste, magique, satirique. J’ai pratiquement lu cette chose en une seule journée, tellement j’étais pris par ce délire. J’en ressors avec pleins d’images absurdes dans la tête, avec le souvenir de dialogues ciselés, dignes des grands maîtres de l’absurde (Ionesco, Jarry), et la certitude d’avoir lu un ouvrage hors du commun. C'est bien simple, tout ce que j'ai lu ou relu le jour qui a suivi m'a paru fade et peu inspiré, c'est grave, docteur? (Ne lisons pas les chefs d'oeuvre, cela fait redescendre tous les autres albums au rang de truc moyen).
Approximativement
Cet album, un des tous premiers de Trondheim, nous parle de... Trondheim. Il se veut en effet autobiographique, nous racontant certains de ses sentiments, de ses impressions, quelques parties de son travail, des scènes plus quotidiennes, en passant par quelques souvenirs d'enfance. Les premiers mots m'ont frappé : "Comme si ce n'était pas suffisant de ne pas savoir bien dessiner, en plus je bâcle. Et même sachant que je bâcle, je continue à bâcler ; ce paradoxe me terrifie.". Pour moi qui adore le dessin de Trondheim - c'est quand même en partie à cause de lui si je suis devenu un gros fou de BD ! - ceci est frappant et donne le ton de l'album : place aux doutes, à l'autocritique dans toute son ampleur et aux états d'âme. Ce qui est génial avec "Approximativement", c'est qu'on voit par les yeux de Trondheim, et quand il s'imagine une scène, on la voit. Cela donne quelques passages véritablement sa-vou-reux ! En plus on voit quelques idées reprises dans ses autres albums (je pense surtout à "Mildiou", et un peu aux Lapinots). A la fin de l'album vous aurez droit à un petit commentaire des gens présentés dans le livre, précisions, justifications ou rectifications, c'est bien drôle également. Indispensable à tout membre du Lewis-fan-club, cet ouvrage présente une autre facette de son créateur. Se dévoilant un peu, exposant publiquement certains de ses sentiments tout en préservant largement d'autres parties de sa vie, préférant l'anecdotique et le quotidien à des choses plus synthétiques et générales, avec "Approximativement" Trondheim intrigue et donne envie de découvrir, sans oublier de faire rire, bien sûr, même si pour cela je vous recommanderais plutôt d'autres albums. En tout cas, j'aime, et je conseille !
Ingrid
Ce livre s'inscrit dans la lignée de " Tante Henriette ou l'éloge de l'avarice ", puisqu'il est également composé de souvenirs de famille. Ceux-ci sont plus anciens et indirects, puisqu'ils ne sont pas ceux d'Isabelle Dethan. Mêlant à la fois les préoccupations enfantines et les réalités de la guerre vue par les civils, mêlant anecdotes et évènements historiques, ce récit est à la fois grave et léger, jamais pesant ni par excès d'insouciance ni par un excès de gravité. Le regard porté par l'auteur sur l'histoire est (presque) le même que pour " Tante Henriette... ", enfantin mais à travers une vision adulte. Ce n'est qu'aux deux-tiers de l'album que l'on en comprend le titre. La raison en est émouvante, et est racontée sans une trace d'excès. Décidément, le ton de cet ouvrage est... " juste ". Quant au dessin, on ne le présente plus. Le dessin (ici au lavis) d'Isabelle Dethan est beau, très expressif en quelques traits. Je ne peux que vous recommander cet album, ainsi que TOUS ceux du même auteur !
L'Ombre de l'échafaud
Merci à toi kael! (pté encore une série à suivre à cause de lui!) Que de surprise durant la lecture de livre ! C'est très captivant, ça va vite, très vite ce qui accentue encore l'intérêt, l'histoire est très riche en rebondissements, on part de plusieurs cotés à la fois et ça marche très bien ! Les dessins sont plus que corrects, ils sont bien, bon c'est vrai que les couleurs font un peu bizarres au début, mais ça passe finalement au fil de la lecture. Bon allez hein on va bientôt avoir la suite ! Attendre encore attendre !
Le Chant des Stryges
C'est une BD que j'affectionne beaucoup. Certes, l'histoire tout autant que la manière de raconter est tout ce qu'il y a de plus classique, mais on ne peut pas dire que ce n'est pas efficace. Il n'y a pas beaucoup de temps mort, l'action va rapidement et a le mérite de suivre un cours fluide qui ne semble pas être modifié au fur et à mesure. Bien que l'on a pas l'impression finale d'avoir compris tout à l'affaire, on n'a pas non plus le sentiment de ne pas avancer du tout. Chaque album révèle son lot de découverte et de surprise, nous laissant avec la volonté d'en savoir plus. Le dessin lui aussi est efficace, mais on peut tout de même déplorer l'arrivée du coloriage informatique dans le 5eme tome. Même si on peut comprendre les raisons marketing (tant pour le coloriste que pour l'éditeur), et même si pris séparément ce n'est pas si moche que cela, il est difficile de ne pas faire la comparaison entre les premiers albums et les derniers et de trouver les derniers beaucoup plus froids ou tout simplement moins beaux. Que dirait on d'un peintre impressioniste utilisant l'ordinateur??? Finalement même si on peut déplorer de n'avoir la fin que dans un nombre incalculable d'année, le plaisir à la lecture de cette série est tel qu'il serait dommage de s'en priver, même sans la fin.
Batman - Année Un (Year One)
Ce petit album est finalement assez proche de son grand frère Dark knight. On y retrouve le même talent de Miller pour raconter, la même qualité pour rendre le personnage de Batman plus humain, avec ses défauts qui ne sont pas ici sa désillusion, mais plutot son traumatisme subi quand il était jeune. Sa détermination, ses premiers contacts avec la police et avec la population sont les scènes de cet opus de qualité. Du tout bon.
Gabrielle
Pour commencer, j'adore le dessin. Je ne le trouve pas autant manga que cela, mais je trouve que c'est superbe. Le choix des vues, des couleurs et les effets choisis sont vraiment excellents. Les textes eux aussi sont vraiment bons, simples mais efficaces. C'est un peu une fable sur la religion et sur la signification de la vie mais c'est surtout une histoire prenante qui semble simple au début et qui monte en puissance. Même si la fin peut paraitre exagérée, elle montre que l'album est beaucoup plus subtil qu'il n'y parait. Je remercie vivement un ami qui m'a fait découvrir ce one-shot merveilleux.
Elend
Un album étrange et dérangeant. Magique, raconté avec finesse, cet album choque par le contraste qu'il peut y avoir entre la naïveté de l'enfant et cette absence de repère en nos valeurs et même à notre ressenti physique. Le dessin est personnel et l'utilisation des couleurs est fort judicieuse pour mettre en exergue les différentes situations et accentuer parfois l'impression étrange que l'on ressent dans ce monde. Les personnages sont tous fortement marqués et sont à la fois étranges et cohérents. Un album sans équivalent, très attachant malgré la répulsion que l'on ne peut s'empécher d'avoir à certains moments et qui assurément ne laissera pas insensible. Voila une surprise de taille.
From Hell
From Hell est un OVNI dans le monde de la BD comme seul Moore sait les créer. Un bloc de ténèbres brut aux reflets rouge sang que l'on ne peut décemment pas aborder comme une BD classique. De toute façon, cet ouvrage n'est pas d'un accès aisé, il demande clairement un investissement de la part du lecteur pour que ce dernier puisse se maintenir à flots dans la foule d'images et d'informations qui lui parviennent. Le jeu en vaut largement la chandelle. La finesse des différentes intrigues, l'atmosphère oppressante et la vérité crue de l'univers nous immergent complètement dans les rues sinistres de White Chapel sur les pas de ce bon vieux Jack. La masse et la qualité de la documentation et de la recherche produite par l'auteur relèvent plus de la thèse universitaire que du scénario de BD. Un phénomène, donc. Mais ce qui m'énerve (et ce qui fait, selon moi que From Hell n'est pas 'culte' ), c'est que les dessins sont franchement pourris (à la limite du foutage de gueule). Et qu'on ne vienne pas me dire qu'ils contribuent à l'ambiance, ils sont grossiers et imprécis, c'est tout. C'est dommage, ça rend la lecture plus pénible qu'elle ne devrait l'être et rebute beaucoup de monde. Je recommande quand même l'achat, mais pour un public courageux et déterminé (qui ne regrettera pas sa peine).