Grand amateur de BDs historiques, j'ai vraiment été conquis par cette BD. Les couleurs et les dessins sont superbes, la psychologie des personnages est bien fouillée et le contexte historique est particulièrement bien retranscrit. Enfin, je trouve que la lente évolution psychologique de Neron est rendue avec crédibilité.
Bah je pensais pouvoir la poster celle-là, mais je finissais de la lire (hier) et j'ai vu que c'était déjà fait...
Personnellement je ne trouve pas ce nouvel opus aussi bien que Love My Life (qui reste mon gros coup de cœur) et que Indigo Blue... Sûrement aussi parce que je m'habitue au style de Ebine Yamaji. Le dessin est toujours aussi beau, voire même un peu plus travaillé, surtout pour le personnage de Niki.
Sur ma note, on peut dire que c'est très bon (quasiment du 5/5) mais que sur l'échelle Ebine Yamaji, j'ai préféré Love My Life... donc la note est à lire en comparaison.
L'histoire est je trouve un peu bancale, surtout au début, où l'héroïne se fait héberger un peu facilement au début... Par contre l'histoire d'amour de l'héroïne est très bien construite, et comme pour Indigo Blue, entre dans la complexité du genre humain et du sentiment amoureux avec beaucoup de finesse et de tendresse. C'est donc très agréable à lire. La relation avec le processus créatif donne pas mal de relief au manga, mais je trouve que ça pourrait être un peu plus poussé, surtout qu'on est dans la création de manga, et donc j'ai personnellement eu envie de plus d'implication de Ebine Yamaji, dans la relation que peut avoir une mangaka lesbienne qui écrit des histoires lesbiennes... J'ai trouvé que cette piste était très bonne, amusante et intrigante (il y a de l'Ebine Yamaji dans cette histoire) mais finalement pas mené jusqu'au bout. Surtout que l'on sent réellement que la vie du mangaka influe réellement sur la création de son œuvre, comme le prouve les nombreuses ressemblances entre Niki et Angie
Reste que les questions que pose ce manga sont vraiment fortes et délivrées avec beaucoup de sensibilité. J'apprécie vraiment aussi qu'Ebine Yamaji explore le thème de la parenté (par les parents de Keito très présents, et par la sublimation du père de Niki), thème qui est très en lien avec l'homosexualité, et qui est un fil rouge dans toutes ses œuvres (notamment dans la première histoire de Sweet Loving Baby). C'est donc quelque chose d'universel, de beau...
Un rêve un peu fou est d'un jour pouvoir rencontrer Ebine Yamaji, pour discuter de ses œuvres, de son histoire qui m'a l'air très présente dans ce qu'elle fait, tout simplement de la connaître car quelqu'un qui arrive à écrire des choses d'une telle force m'intrigue et me semble être quelqu'un de particulier. Je vais m'inscrire en cours de japonais (ou plus simplement travailler mon anglais de "flibustier" comme m'a dit un prof une fois).
En préambule, je dois bien avouer que j’avais un énorme à priori, celui de penser que Casterman puisse se dire "Tiens, mais c’est pas si mal ce que fait le petit Craig, on va pouvoir en faire de l’argent". Je craignais effectivement que la publication de ce carnet de voyage, non destiné à cette fin à l’origine, soit "forcée" par l’éditeur pour des raisons d’ordre financier (au vu du succès de Blankets), risquant ainsi de fausser les propos de son auteur. Cette réaction épidermique s’explique par ma méconnaissance de ce type d’oeuvres. J’étais dans le faux, je le reconnais (mea culpa). En effet, à la lecture, on ne peut douter de la sincérité de l’auteur, à la fois si forte, si touchante et si "vraie".
Ce carnet de voyage s’est tout simplement révélé passionnant ! Il permet de suivre Craig, débarquant de son Midwest et découvrant l’Europe et le Maroc à l'occasion de la tournée promotionnelle de "Blankets". Cet auteur est un boulimique du crayon, croquant sur le vif tout ce qui l’entoure (et avec quel talent !). Ces instantanés témoignent de sa passion pour les choses simples de la vie. Cela m’a permis aussi de mieux appréhender la personnalité de cet auteur, confronté à d’autres cultures (marocaine en particulier). Malgré que rien ne lui soit épargné en tant que touriste, il a la volonté d’aller vers les gens, de s’immiscer dans le quotidien d’inconnus. Ses rencontres ne sont d’ailleurs pas toujours heureuses. Je me suis un peu retrouvé lorsqu’il aborde le passage relatif à la visite des souks plutôt chahutée, ayant vécu à peu près la même chose dans un autre pays. Comme le souligne Craig, il est sans doute bon de rappeler que les endroits les plus touristiques ne sont pas propices pour se faire une idée vraie de l’hospitalité de la population.
Craig aborde aussi son "obsession de la religion" durant son enfance, sans doute influencée par l'éducation fondamentaliste reçue, ainsi que ses déceptions amoureuses . . . éléments centraux sur lesquels repose la trame de son oeuvre autobiographique. Ainsi, je vois Blankets avec un regard neuf et plus éclairé.
Sa propension à s’intéresser aux autres cultures que la sienne fait incontestablement de Craig un américain pas comme les autres.
Pour conclure, je dirais que si cette initiative de l’éditeur n’avait pas vu jour, de nombreux lecteurs auraient été privés de ce superbe ouvrage.
... et puis merci à Elveen qui, en me faisant découvrir d’autres styles narratifs, permet d’élargir mon champs de lecture (très limité il est vrai).
Je suis un grand fan de polars noirs - c'est l'essentiel de ma culture littéraire - et je retrouve dans Eiji tous ce que j'ai pu trouver dans ces polars.
Déjà, les meurtres sont carrément odieux - et je le pense vraiment. Les psychopathes sont de mise dans ce manga. Le scénario est en général assez bien fichu - j'ai déjà lu 6 enquêtes et je m'en porte pas plus mal... Il faut certes aimer le style mais bon, moi je trouve ça 'achement bien.
Quatrième tome d'Ebine Yamaji à paraître en France, Free Soul joue toujours sur une thématique commune, celle de l'homosexualité féminine. On peut donc d'abord avoir une impression de répétition par rapport aux précédents ouvrages, mais pourtant il n'en est rien. Certes le sujet de base reste le même. Mais il s'agit à chaque fois de variations, de traitements différents, intégrant des thèmes "secondaires" variés, et riches. Ici, de même que dans Indigo Blue le processus de création tient une part importante. L'auteur se met en quelque sorte en scène à travers Keito, son personnage. Keito est en effet une mangaka en devenir, et montre des relations intéressantes avec son personnage à elle, Angie. Les deux sont aussi (ir)réelles l'une que l'autre, et pourtant on fait bien la distinction... jusqu'à la fin ou un court chapitre vient brouiller/réajuster (selon la façon dont on envisage la chose) la perception du lecteur.
L'homosexualité dans tout ça n'est finalement qu'un thème parmi d'autre, une caractéristique de cette oeuvre. L'album en parle, bien sûr, mais d'une manière très naturelle, qui coule de source. Mais à vrai dire on s'en ficherait presque, puisqu'au-delà de l'aspect hétéro/bi/homosexualité, c'est bien d'amour qu'il s'agit, sous diverses formes. Amitié, attirance, amour, dépendance, illusion, rapport à ses parents, ses déclinaisons sont nombreuses.
Au final Free Soul n'est pas si facile que ça à lire. Derrière son dessin épuré, il se révèle dense et assez fouillis de prime abord. Mais justement, ce fouillis recèle une richesse intéressante, promettant une ou deux relectures riches.
Depuis le temps que je voulais lire quelques trucs du fameux Moore, c'est chose faite. Et c'est très bon comme je m'y attendais un peu même si le contenu de cette histoire n'est pas 100% Moorien je suppose. Angleterre, dictature, ça fait aussi référence aux camps de concentration pour homo et black, tout ce qui va pas, et voilà le vengeur masqué qui surgit. A vrai dire j'ai vu des tas de références possibles au cours de ma lecture, mais ça ne gâche pas trop le plaisir. J'ai le sentiment d'avoir eu un intérêt décroissant au cours de ma lecture, au départ assez accroché pour finir presque en train de compter combien de pages il restait. C'est peut-être du à ce phrasé du vengeur assez exaspérant (et heureusement que j'ai pas lu ça en VO, j'ai déjà eu du mal en français), ou au fait que j'étais un peu perdu dans les personnages et qui complote avec qui etc. car je n'ai pas lu cette intégrale d'une traite.
Bref assurément un must dans le genre bd orwellienne malgré ses petits défauts.
J'ai lu cette BD sans m'attendre à quoi que ce soit, juste parce que c'était du Trondheim, quoi. Et non seulement j'ai bien aimé mais en plus j'ai été pêté de rire par moments.
Le dessin de Trondheim, rien à dire, j'aime. Clair, facile à lire, plaisant, joli.
Quant au scénario, il est sensé s'adresser à des enfants mais franchement, je trouve qu'il s'adresse aussi voire plus directement aux adultes. Les histoires de chaque tome sont simples mais intelligemment racontées et très plaisantes. Et puis surtout il y a l'humour de Trondheim et moi j'adore.
Excellente petite série sans prétention.
Moi ce fut la révélation cette série. Je vais me lancer dans l’achat car pour le moment j’ai lu que les trois premiers tomes dans une bibliothèque mais j’en rêve la nuit et j’y pense tout le temps.
Alors oui l’histoire est bizarre, mais je trouve que l’originalité doit être récompensée et qui dit « bizarre » dit aussi, dans ce cas, « terriblement excitante ». J’avoue que j’ai hâte de lire la suite et même de déjà la relire car je suis persuadé d’être passé à côté de tas de détails.
Je mets pour le moment donc la note maximale tant pour l’histoire que pour les dessins, les clins d’oeils, l’humour et ce monde inventé de toute pièce qui fait rêver…ça fait tellement du bien de rêver de nos jours…
Un grand bravo à Turf que je ne connaissais pas jusque là…Courez découvrir cette série que l’on peut qualifier de splendide…
Je me suis mis enfin à lire Largo, série que l'on peut difficilement ignorer vu son succès commercial. En définitive, j'ai vraiment bien aimé! Comme on l'a dit précédemment, les cycles en deux albums sont une formule sympa qui permet au scénario de se développer, sans pour autant lancer le lecteur dans des suites interminables. Les intrigues proprement dites sont très agréables à suivre et jamais ennuyantes pour le lecteur et ce, malgré les nombreuses explications sur le monde financier. Bien sûr, cette série réunit les ingrédients habituels du thriller (tueurs à gage, poursuite en voiture, femmes sexy...) et n'est pas d'une grande originalité. Mais le tout, combiné à un bon dessin et des couleurs bien choisies, donne un résultat très efficace qui ravira bon nombre de lecteurs. Je précise que j'ai lu la série jusqu'au numéro 5, je ne peux donc pas juger de la qualité des derniers albums.
Héhé... voici un chouette petit album de Baloo, trouvé par hasard en fouinant dans les bouquineries bruxelloises. L’humour décalé et "absurde" n’est pas sans rappeler celui de La Mission infernale du même auteur... tout aussi délirant ! D'ailleurs Baloo se fait plaisir et ça se sent ! Le final, complètement inattendu, est bien dans le style de l’auteur.
Finalement, Baloo est en passe de réussir son challenge, à savoir de placer des éléphants dans chacune de ses histoires... Il lui reste encore la reprise de la série Petzi le petit ourson ! :)
Bref, voici une bonne petite bd à prix démocratique...
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Murena
Grand amateur de BDs historiques, j'ai vraiment été conquis par cette BD. Les couleurs et les dessins sont superbes, la psychologie des personnages est bien fouillée et le contexte historique est particulièrement bien retranscrit. Enfin, je trouve que la lente évolution psychologique de Neron est rendue avec crédibilité.
Free Soul
Bah je pensais pouvoir la poster celle-là, mais je finissais de la lire (hier) et j'ai vu que c'était déjà fait... Personnellement je ne trouve pas ce nouvel opus aussi bien que Love My Life (qui reste mon gros coup de cœur) et que Indigo Blue... Sûrement aussi parce que je m'habitue au style de Ebine Yamaji. Le dessin est toujours aussi beau, voire même un peu plus travaillé, surtout pour le personnage de Niki. Sur ma note, on peut dire que c'est très bon (quasiment du 5/5) mais que sur l'échelle Ebine Yamaji, j'ai préféré Love My Life... donc la note est à lire en comparaison. L'histoire est je trouve un peu bancale, surtout au début, où l'héroïne se fait héberger un peu facilement au début... Par contre l'histoire d'amour de l'héroïne est très bien construite, et comme pour Indigo Blue, entre dans la complexité du genre humain et du sentiment amoureux avec beaucoup de finesse et de tendresse. C'est donc très agréable à lire. La relation avec le processus créatif donne pas mal de relief au manga, mais je trouve que ça pourrait être un peu plus poussé, surtout qu'on est dans la création de manga, et donc j'ai personnellement eu envie de plus d'implication de Ebine Yamaji, dans la relation que peut avoir une mangaka lesbienne qui écrit des histoires lesbiennes... J'ai trouvé que cette piste était très bonne, amusante et intrigante (il y a de l'Ebine Yamaji dans cette histoire) mais finalement pas mené jusqu'au bout. Surtout que l'on sent réellement que la vie du mangaka influe réellement sur la création de son œuvre, comme le prouve les nombreuses ressemblances entre Niki et Angie Reste que les questions que pose ce manga sont vraiment fortes et délivrées avec beaucoup de sensibilité. J'apprécie vraiment aussi qu'Ebine Yamaji explore le thème de la parenté (par les parents de Keito très présents, et par la sublimation du père de Niki), thème qui est très en lien avec l'homosexualité, et qui est un fil rouge dans toutes ses œuvres (notamment dans la première histoire de Sweet Loving Baby). C'est donc quelque chose d'universel, de beau... Un rêve un peu fou est d'un jour pouvoir rencontrer Ebine Yamaji, pour discuter de ses œuvres, de son histoire qui m'a l'air très présente dans ce qu'elle fait, tout simplement de la connaître car quelqu'un qui arrive à écrire des choses d'une telle force m'intrigue et me semble être quelqu'un de particulier. Je vais m'inscrire en cours de japonais (ou plus simplement travailler mon anglais de "flibustier" comme m'a dit un prof une fois).
Carnet de voyage (Un américain en balade)
En préambule, je dois bien avouer que j’avais un énorme à priori, celui de penser que Casterman puisse se dire "Tiens, mais c’est pas si mal ce que fait le petit Craig, on va pouvoir en faire de l’argent". Je craignais effectivement que la publication de ce carnet de voyage, non destiné à cette fin à l’origine, soit "forcée" par l’éditeur pour des raisons d’ordre financier (au vu du succès de Blankets), risquant ainsi de fausser les propos de son auteur. Cette réaction épidermique s’explique par ma méconnaissance de ce type d’oeuvres. J’étais dans le faux, je le reconnais (mea culpa). En effet, à la lecture, on ne peut douter de la sincérité de l’auteur, à la fois si forte, si touchante et si "vraie". Ce carnet de voyage s’est tout simplement révélé passionnant ! Il permet de suivre Craig, débarquant de son Midwest et découvrant l’Europe et le Maroc à l'occasion de la tournée promotionnelle de "Blankets". Cet auteur est un boulimique du crayon, croquant sur le vif tout ce qui l’entoure (et avec quel talent !). Ces instantanés témoignent de sa passion pour les choses simples de la vie. Cela m’a permis aussi de mieux appréhender la personnalité de cet auteur, confronté à d’autres cultures (marocaine en particulier). Malgré que rien ne lui soit épargné en tant que touriste, il a la volonté d’aller vers les gens, de s’immiscer dans le quotidien d’inconnus. Ses rencontres ne sont d’ailleurs pas toujours heureuses. Je me suis un peu retrouvé lorsqu’il aborde le passage relatif à la visite des souks plutôt chahutée, ayant vécu à peu près la même chose dans un autre pays. Comme le souligne Craig, il est sans doute bon de rappeler que les endroits les plus touristiques ne sont pas propices pour se faire une idée vraie de l’hospitalité de la population. Craig aborde aussi son "obsession de la religion" durant son enfance, sans doute influencée par l'éducation fondamentaliste reçue, ainsi que ses déceptions amoureuses . . . éléments centraux sur lesquels repose la trame de son oeuvre autobiographique. Ainsi, je vois Blankets avec un regard neuf et plus éclairé. Sa propension à s’intéresser aux autres cultures que la sienne fait incontestablement de Craig un américain pas comme les autres. Pour conclure, je dirais que si cette initiative de l’éditeur n’avait pas vu jour, de nombreux lecteurs auraient été privés de ce superbe ouvrage. ... et puis merci à Elveen qui, en me faisant découvrir d’autres styles narratifs, permet d’élargir mon champs de lecture (très limité il est vrai).
Psychometrer Eiji
Je suis un grand fan de polars noirs - c'est l'essentiel de ma culture littéraire - et je retrouve dans Eiji tous ce que j'ai pu trouver dans ces polars. Déjà, les meurtres sont carrément odieux - et je le pense vraiment. Les psychopathes sont de mise dans ce manga. Le scénario est en général assez bien fichu - j'ai déjà lu 6 enquêtes et je m'en porte pas plus mal... Il faut certes aimer le style mais bon, moi je trouve ça 'achement bien.
Free Soul
Quatrième tome d'Ebine Yamaji à paraître en France, Free Soul joue toujours sur une thématique commune, celle de l'homosexualité féminine. On peut donc d'abord avoir une impression de répétition par rapport aux précédents ouvrages, mais pourtant il n'en est rien. Certes le sujet de base reste le même. Mais il s'agit à chaque fois de variations, de traitements différents, intégrant des thèmes "secondaires" variés, et riches. Ici, de même que dans Indigo Blue le processus de création tient une part importante. L'auteur se met en quelque sorte en scène à travers Keito, son personnage. Keito est en effet une mangaka en devenir, et montre des relations intéressantes avec son personnage à elle, Angie. Les deux sont aussi (ir)réelles l'une que l'autre, et pourtant on fait bien la distinction... jusqu'à la fin ou un court chapitre vient brouiller/réajuster (selon la façon dont on envisage la chose) la perception du lecteur. L'homosexualité dans tout ça n'est finalement qu'un thème parmi d'autre, une caractéristique de cette oeuvre. L'album en parle, bien sûr, mais d'une manière très naturelle, qui coule de source. Mais à vrai dire on s'en ficherait presque, puisqu'au-delà de l'aspect hétéro/bi/homosexualité, c'est bien d'amour qu'il s'agit, sous diverses formes. Amitié, attirance, amour, dépendance, illusion, rapport à ses parents, ses déclinaisons sont nombreuses. Au final Free Soul n'est pas si facile que ça à lire. Derrière son dessin épuré, il se révèle dense et assez fouillis de prime abord. Mais justement, ce fouillis recèle une richesse intéressante, promettant une ou deux relectures riches.
V pour Vendetta
Depuis le temps que je voulais lire quelques trucs du fameux Moore, c'est chose faite. Et c'est très bon comme je m'y attendais un peu même si le contenu de cette histoire n'est pas 100% Moorien je suppose. Angleterre, dictature, ça fait aussi référence aux camps de concentration pour homo et black, tout ce qui va pas, et voilà le vengeur masqué qui surgit. A vrai dire j'ai vu des tas de références possibles au cours de ma lecture, mais ça ne gâche pas trop le plaisir. J'ai le sentiment d'avoir eu un intérêt décroissant au cours de ma lecture, au départ assez accroché pour finir presque en train de compter combien de pages il restait. C'est peut-être du à ce phrasé du vengeur assez exaspérant (et heureusement que j'ai pas lu ça en VO, j'ai déjà eu du mal en français), ou au fait que j'étais un peu perdu dans les personnages et qui complote avec qui etc. car je n'ai pas lu cette intégrale d'une traite. Bref assurément un must dans le genre bd orwellienne malgré ses petits défauts.
Monstrueux...
J'ai lu cette BD sans m'attendre à quoi que ce soit, juste parce que c'était du Trondheim, quoi. Et non seulement j'ai bien aimé mais en plus j'ai été pêté de rire par moments. Le dessin de Trondheim, rien à dire, j'aime. Clair, facile à lire, plaisant, joli. Quant au scénario, il est sensé s'adresser à des enfants mais franchement, je trouve qu'il s'adresse aussi voire plus directement aux adultes. Les histoires de chaque tome sont simples mais intelligemment racontées et très plaisantes. Et puis surtout il y a l'humour de Trondheim et moi j'adore. Excellente petite série sans prétention.
La Nef des fous
Moi ce fut la révélation cette série. Je vais me lancer dans l’achat car pour le moment j’ai lu que les trois premiers tomes dans une bibliothèque mais j’en rêve la nuit et j’y pense tout le temps. Alors oui l’histoire est bizarre, mais je trouve que l’originalité doit être récompensée et qui dit « bizarre » dit aussi, dans ce cas, « terriblement excitante ». J’avoue que j’ai hâte de lire la suite et même de déjà la relire car je suis persuadé d’être passé à côté de tas de détails. Je mets pour le moment donc la note maximale tant pour l’histoire que pour les dessins, les clins d’oeils, l’humour et ce monde inventé de toute pièce qui fait rêver…ça fait tellement du bien de rêver de nos jours… Un grand bravo à Turf que je ne connaissais pas jusque là…Courez découvrir cette série que l’on peut qualifier de splendide…
Largo Winch
Je me suis mis enfin à lire Largo, série que l'on peut difficilement ignorer vu son succès commercial. En définitive, j'ai vraiment bien aimé! Comme on l'a dit précédemment, les cycles en deux albums sont une formule sympa qui permet au scénario de se développer, sans pour autant lancer le lecteur dans des suites interminables. Les intrigues proprement dites sont très agréables à suivre et jamais ennuyantes pour le lecteur et ce, malgré les nombreuses explications sur le monde financier. Bien sûr, cette série réunit les ingrédients habituels du thriller (tueurs à gage, poursuite en voiture, femmes sexy...) et n'est pas d'une grande originalité. Mais le tout, combiné à un bon dessin et des couleurs bien choisies, donne un résultat très efficace qui ravira bon nombre de lecteurs. Je précise que j'ai lu la série jusqu'au numéro 5, je ne peux donc pas juger de la qualité des derniers albums.
Two Gentlemen
Héhé... voici un chouette petit album de Baloo, trouvé par hasard en fouinant dans les bouquineries bruxelloises. L’humour décalé et "absurde" n’est pas sans rappeler celui de La Mission infernale du même auteur... tout aussi délirant ! D'ailleurs Baloo se fait plaisir et ça se sent ! Le final, complètement inattendu, est bien dans le style de l’auteur. Finalement, Baloo est en passe de réussir son challenge, à savoir de placer des éléphants dans chacune de ses histoires... Il lui reste encore la reprise de la série Petzi le petit ourson ! :) Bref, voici une bonne petite bd à prix démocratique...