Michel Plessix a eu une excellente idée de créer un deuxième cycle à cette série. Les personnages du Vent dans les Saules étaient si attachants que cela aurait été dommage de les quitter aussi vite.
C'est donc avec une joie non dissimulée que l'on retrouve, ici, Rat, Taupe et Crapeau. Dans cette histoire, nos personnages vont quitter leur chère campagne pour des contrées plus lointaines. Une décision difficile pour eux (surtout pour Rat) mais qui les conduira vers des aventures inédites où le mot Découverte prendra des allures aux parfums exotiques.
Ce second cycle n'a rien perdu en qualité et j'ai pris, à nouveau, beaucoup de plaisir à lire cet album. Dès les premières pages, on est captivé par le récit et j'avoue être impatient de connaître la suite.
Le dessin de Plessix est toujours aussi impeccable. Les saveurs de l'automne sont particulièrement bien rendues.
Le Vent dans les Sables est bien entendu à lire et à conseiller !
Houppeland est un diptyque qui sous ces abords humoristiques nous délivre un message terriblement réaliste.
Le scénario est franchement réussi. En résumé, Houppeland est un pays où la loi oblige les habitants à fêter Noël chaque jour de l'année.
A travers, ce récit, il est clair que le rapprochement avec nos habitudes sociales est inévitable. D'ailleurs, il ne faut pas aller très loin, il suffit de regarder ce qui se passe depuis une dizaine d'années, chaque 31 octobre : Nous fêtons Halloween à grandes pompes ! A ce train là, nous achèterons bientôt tous une dinde en Novembre pour fêter Tanksgiving et pourquoi pas, après cela, s'approprier une obscure tradition scandinave qui nous obligerait tous à se balader à poils ? Après tout, au diable la pudeur !
Après ce petit coup de gueule, j'aimerais revenir à cette histoire où le contexte dictatorial m'a fait curieusement penser à l'occupation pendant la seconde guerre mondiale. Il suffit de regarder les Joyeux Drills = Gestapo puis observez la tête du deuxième président élu (voir tome 2) qui avec sa mèche sur le coté ressemble fortement à un dictateur bien connu. Et bien-sûr, n'oublions pas la propagande et les dénonciations.
Sur le plan narratif, dès le début, on est captivé par cette histoire et je vous avoue avoir eu un petit faible pour le tome 2 qui m'a semblé plus aboutit.
Le dessin de Tronchet s'intègre parfaitement dans cette histoire et les couleurs sont très réussites.
Avec cette bd, l'auteur nous invite à lever la tête au delà des nuages, suivons son conseil.
Houppeland est un album de très grande qualité et c'est donc à lire, obligatoirement !
Ah ! Le Vent dans les Saules ! Cette série est vraiment du concentré de bonheur.
Adapté de l’œuvre de Kenneth Grahame, Plessix nous fait découvrir un univers bucolique et poétique où les animaux côtoient les humains dans une parfaite harmonie.
Faire la connaissance de Rat, Taupe et Crapaud est un réel plaisir sans oublier Blaireau, qui est intrigant à souhaits. De plus, en découvrant le milieu de vie de nos héros, on a parfois l'impression que les senteurs des fleurs sauvages titillent nos narines tellement l'atmosphère du récit reflète parfaitement le charme de nos campagnes.
J'ai particulièrement bien aimé le chapitre 5 où Taupe et Rat sont perdus dans la neige. Ce passage est, je pense, l'exemple le plus représentatif.
On vit donc au rythme des saisons et au fil des pages, on apprend à mieux connaître les protagonistes du récit qui ne manquent pas de caractère.
Le dessin de Michel Plessix est d'une finesse sans égal. Son trait subtil et apaisant donne beaucoup de réalisme à l'histoire.
Indiscutablement, Le Vent dans les Saules est une série à posséder et à lire... au coin du feu !
Un excellent dessin, et un scénario qui montre bien qu'il n'est pas besoin d'en rajouter, l'histoire est assez dramatique en elle-même. Les auteurs ont ici un regard relativement réaliste, objectif, et sans parti-pris sur la guerre d'Algérie ; un épisode de l'histoire de France un peu délaissé (peut-être encore trop polémique ?). Tout est bien réussi dans cette série, et le scénario est même si réaliste que j'ai douté qu'il s'agisse d'une fiction.
Deux tout petits bémols :
- la couleur, certainement choisie sciemment, mais qui confond un peu la neige et le sable.
- le ton parfois un tantinet moralisateur, comme si on était pas au courant que la guerre "c'est mal".
Mais ne vous arrêtez pas à ces détails et lisez cette oeuvre.
Alan Moore fait partie, selon moi, de ces rares auteurs à percevoir l’immense richesse de possibilités qu’offre le support de la BD. En effet, là où trop d’auteurs semblent considérer cet art comme un « gentil échauffement » avant la littérature ou le cinéma, ce scénariste britannique exploite littéralement tout ce que la bande dessinée peut permettre.
Tel un joueur d’échecs entré dans un match et conscient de toutes choses, ce génial auteur maîtrise et gère l’alliage texte-illustration comme s’il en était l’inventeur. Watchmen en particulier semble être l’œuvre d’un divin créateur qui se serait fixé, des décennies durant, la mission de présenter tout ce que la BD peut être !
La narration, les dialogues, les personnages, les décors,… Tout est en osmose, et ce n’est pas tout…
En plus de sa rigueur et de son intelligence presque insoutenable, Watchmen jouit aussi et surtout d’un scénario des plus gigantesques, des plus profonds et des plus aboutis qu’il m’ait été donné de lire ou de voir. La construction de celui-ci est d’une maîtrise quasi-insolente.
Du début glauque et mystérieux à la fin titanesque, l’auteur maintient le lecteur dans un état de contemplation et de béatitude grandissant.
L’univers imaginé ici par Alan Moore sidère par son envergure d’une part, et d’autre part par sa paradoxale crédibilité. En effet, le travail de dément qu’il a dû faire sur chaque personnalité, sur chaque existence de chacun des personnages, sur chaque lieu, sur chaque fait (, …) rend ce récit d’un réalisme et d’une profondeur inouïs.
Rien n’est superficiel dans Watchmen !
On sort de cette œuvre comme on sortirait d’un rêve achevé et particulièrement prenant, comme on quitterait une autre planète devenue familière.
Enfin, dernière remarque sur l’écriture, c’est cette objectivité fascinante dont Moore fait usage. Il décrit moult personnages, moult idées politiques, moult conceptions du monde, de la vie, de la science (, …) et ne prend jamais position. Il dépeint son univers de diverses manières et de divers points de vue, ce qui le rend encore plus crédible et abouti.
Watchmen jouit également, bien sûr, des qualités graphiques de Dave Gibbons dont le talent est loin d’être négligeable, tant sur les plans que sur les expressions.
Le découpage (mise en scène), enfin, est sans nul doute ce qui parfait l’œuvre au plus haut point. Il joue sur des parallèles stupéfiants entre les faits, les dialogues, les images, …
Bref : La divine harmonie entre le texte et l’image, la démesure incroyable du scénario, l’esthétique rigueur du graphisme, …
Watchmen ! Peut-être l’aboutissement de millénaires d’arts visuels et littéraires…
Déjà, le dessin est visuellement nettement plus agréable que celui de La Guerre Eternelle. Peut-être grâce à la couleur.
Ensuite, le scénario est toujours aussi béton. C’est plus de l’anticipation que de la simple science-fiction, et je le rapprocherais de 1984 ou du meilleur des mondes. Bref, il est génial.
Cependant, je trouve que cette BD (tout comme La guerre éternelle) n’est pas des plus captivantes, la faute doit être à la narration.
Mais lisez la quand-même, le scénario vaut vraiment le coup.
Pour tous les fans de la fantasy...
C'est extra, les dessins sont géniaux, les dialogues sont pleins d'humour et de fantaisie, les personnages sont des plus attachants, on se presse à lire une planche pour en commencer une nouvelle, c'est vraiment excellent !!!!
A lire absolument !
Toujours aussi féru d'exercices de style, Lécroart donne une nouvelle leçon d'OuBaPo avec ce petit album très réussi. Le principe n'est pas aussi "spectaculaire" que dans une album comme Cercle vicieux, mais le résultat est tout aussi brillant. Ici, ce sont les personnages qui, désireux d'entrer dans le monde de la BD grand public et racoleuse, s'appuient sur les jeux de la BD "élitiste" (d'où le titre). Détournements de planches issues d'autres BD, planches qui se lisent dans les deux sens, planches où il ne faut lire qu'une case sur deux, itération iconique et autres joyeusetés, le tout n'étant pas utilisé gratuitement pour faire le m'as-tu-vu, mais faisant partie intégrante du scénario. C'est très bien fait, c'est drôle, bref, c'est une lecture chaudement recommandée à ceux qui aiment la bande dessinée qui cherche à sortir un peu des sentiers battus sans pour autant verser dans le genre intello. Le seul petit bémol c'est que, comme souvent avec Lécroart, ce n'est pas vraiment le genre d'histoire dans laquelle on se replongera 10 fois avec plaisir. Je conseille quand même l'achat, en précisant que c'est une BD que vous risquez surtout de beaucoup prêter, mais pas de relire souvent.
Plus qu’une bédé, « Le complot » est un formidable travail de recherches sur « les protocoles des sages de Sion » de la part de Will Eisner.
Fruit d’une machination démoniaque de l’aristocratie Russe afin d’empêcher le tsar Nicolas II de s’ouvrir à l’occident, Will Eisner à partir de documents authentiques s’acharne à démonter les arguments des défenseurs de cet ouvrage hautement antisémite.
« Les protocoles des sages de Sion » est un recueil recopiant d’une autre façon un ouvrage de fiction « Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu » rédigé au 19ième siècle par un auteur français afin de critiquer l’empereur Napoléon III. A cette époque, la parution des « Protocoles des sages de Sion » avait pour objectif de manipuler la peur de la population contre le « péril juif ». Aujourd’hui encore et malgré de nombreuses comparutions dans des tribunaux qui ont catégoriquement classé ce recueil en propos mensongers, « les protocoles des sages de Sion » continuent d’être publiés dans de nombreux pays et d’être une référence pour les antisémites.
Il est inutile de s’attarder sur le dessin très lisible et très envoûtant de Will Eisner qui nous fait regretter plus que jamais la disparition de ce monument de la bédé, regardons un peu plus la façon dont l’auteur nous raconte la genèse de cet ouvrage. Tout au long de la bédé, Will Eisner a mis en scène les personnages clefs. Cette façon de narrer permet aux lecteurs de bien comprendre les mécanismes qui ont abouti aux « protocoles des sages de Sion » et d’éviter de l’égarer dans des considérations politiques extrêmement complexes de cette époque d’avant guerres mondiales. A l’image de la séquence où Will Eisner expose le comparatif des pages entre «les protocoles des sages de Sion » et le « Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu », l’auteur se montre très minutieux et très pointu dans ses arguments. C’est cela qui pourrait rendre assez pénible la lecture de cette bédé pour certains bédéphiles.
Pour ma part, c’est exactement le genre d’ouvrage qui me fait regretter que l’éducation nationale en premier lieu n’ait pas eu l’excellente idée de le proposer aux élèves. En fait, ce qui me fait peur dans cette histoire, c’est que je n’ai jamais eu connaissance de ce genre d’exemple de détournement de la presse à des fins diaboliques avant d’avoir lu cette bédé ! Tout cela me fait froid dans le dos, très froid !
LECTURE INDISPENSABLE !
Que c’est noir, mais que c’est drôle !!! Un humour bien décalé qui a certain moment m’a rappelé Garulfo (même si c’est dans un genre différent) J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette histoire. Le 3ieme album, est un peu en dessous des deux premiers en terme d’inventivité (moins d’humour, moins surprenant).
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Le Vent dans les Sables
Michel Plessix a eu une excellente idée de créer un deuxième cycle à cette série. Les personnages du Vent dans les Saules étaient si attachants que cela aurait été dommage de les quitter aussi vite. C'est donc avec une joie non dissimulée que l'on retrouve, ici, Rat, Taupe et Crapeau. Dans cette histoire, nos personnages vont quitter leur chère campagne pour des contrées plus lointaines. Une décision difficile pour eux (surtout pour Rat) mais qui les conduira vers des aventures inédites où le mot Découverte prendra des allures aux parfums exotiques. Ce second cycle n'a rien perdu en qualité et j'ai pris, à nouveau, beaucoup de plaisir à lire cet album. Dès les premières pages, on est captivé par le récit et j'avoue être impatient de connaître la suite. Le dessin de Plessix est toujours aussi impeccable. Les saveurs de l'automne sont particulièrement bien rendues. Le Vent dans les Sables est bien entendu à lire et à conseiller !
Houppeland
Houppeland est un diptyque qui sous ces abords humoristiques nous délivre un message terriblement réaliste. Le scénario est franchement réussi. En résumé, Houppeland est un pays où la loi oblige les habitants à fêter Noël chaque jour de l'année. A travers, ce récit, il est clair que le rapprochement avec nos habitudes sociales est inévitable. D'ailleurs, il ne faut pas aller très loin, il suffit de regarder ce qui se passe depuis une dizaine d'années, chaque 31 octobre : Nous fêtons Halloween à grandes pompes ! A ce train là, nous achèterons bientôt tous une dinde en Novembre pour fêter Tanksgiving et pourquoi pas, après cela, s'approprier une obscure tradition scandinave qui nous obligerait tous à se balader à poils ? Après tout, au diable la pudeur ! Après ce petit coup de gueule, j'aimerais revenir à cette histoire où le contexte dictatorial m'a fait curieusement penser à l'occupation pendant la seconde guerre mondiale. Il suffit de regarder les Joyeux Drills = Gestapo puis observez la tête du deuxième président élu (voir tome 2) qui avec sa mèche sur le coté ressemble fortement à un dictateur bien connu. Et bien-sûr, n'oublions pas la propagande et les dénonciations. Sur le plan narratif, dès le début, on est captivé par cette histoire et je vous avoue avoir eu un petit faible pour le tome 2 qui m'a semblé plus aboutit. Le dessin de Tronchet s'intègre parfaitement dans cette histoire et les couleurs sont très réussites. Avec cette bd, l'auteur nous invite à lever la tête au delà des nuages, suivons son conseil. Houppeland est un album de très grande qualité et c'est donc à lire, obligatoirement !
Le Vent dans les Saules
Ah ! Le Vent dans les Saules ! Cette série est vraiment du concentré de bonheur. Adapté de l’œuvre de Kenneth Grahame, Plessix nous fait découvrir un univers bucolique et poétique où les animaux côtoient les humains dans une parfaite harmonie. Faire la connaissance de Rat, Taupe et Crapaud est un réel plaisir sans oublier Blaireau, qui est intrigant à souhaits. De plus, en découvrant le milieu de vie de nos héros, on a parfois l'impression que les senteurs des fleurs sauvages titillent nos narines tellement l'atmosphère du récit reflète parfaitement le charme de nos campagnes. J'ai particulièrement bien aimé le chapitre 5 où Taupe et Rat sont perdus dans la neige. Ce passage est, je pense, l'exemple le plus représentatif. On vit donc au rythme des saisons et au fil des pages, on apprend à mieux connaître les protagonistes du récit qui ne manquent pas de caractère. Le dessin de Michel Plessix est d'une finesse sans égal. Son trait subtil et apaisant donne beaucoup de réalisme à l'histoire. Indiscutablement, Le Vent dans les Saules est une série à posséder et à lire... au coin du feu !
Azrayen'
Un excellent dessin, et un scénario qui montre bien qu'il n'est pas besoin d'en rajouter, l'histoire est assez dramatique en elle-même. Les auteurs ont ici un regard relativement réaliste, objectif, et sans parti-pris sur la guerre d'Algérie ; un épisode de l'histoire de France un peu délaissé (peut-être encore trop polémique ?). Tout est bien réussi dans cette série, et le scénario est même si réaliste que j'ai douté qu'il s'agisse d'une fiction. Deux tout petits bémols : - la couleur, certainement choisie sciemment, mais qui confond un peu la neige et le sable. - le ton parfois un tantinet moralisateur, comme si on était pas au courant que la guerre "c'est mal". Mais ne vous arrêtez pas à ces détails et lisez cette oeuvre.
Watchmen
Alan Moore fait partie, selon moi, de ces rares auteurs à percevoir l’immense richesse de possibilités qu’offre le support de la BD. En effet, là où trop d’auteurs semblent considérer cet art comme un « gentil échauffement » avant la littérature ou le cinéma, ce scénariste britannique exploite littéralement tout ce que la bande dessinée peut permettre. Tel un joueur d’échecs entré dans un match et conscient de toutes choses, ce génial auteur maîtrise et gère l’alliage texte-illustration comme s’il en était l’inventeur. Watchmen en particulier semble être l’œuvre d’un divin créateur qui se serait fixé, des décennies durant, la mission de présenter tout ce que la BD peut être ! La narration, les dialogues, les personnages, les décors,… Tout est en osmose, et ce n’est pas tout… En plus de sa rigueur et de son intelligence presque insoutenable, Watchmen jouit aussi et surtout d’un scénario des plus gigantesques, des plus profonds et des plus aboutis qu’il m’ait été donné de lire ou de voir. La construction de celui-ci est d’une maîtrise quasi-insolente. Du début glauque et mystérieux à la fin titanesque, l’auteur maintient le lecteur dans un état de contemplation et de béatitude grandissant. L’univers imaginé ici par Alan Moore sidère par son envergure d’une part, et d’autre part par sa paradoxale crédibilité. En effet, le travail de dément qu’il a dû faire sur chaque personnalité, sur chaque existence de chacun des personnages, sur chaque lieu, sur chaque fait (, …) rend ce récit d’un réalisme et d’une profondeur inouïs. Rien n’est superficiel dans Watchmen ! On sort de cette œuvre comme on sortirait d’un rêve achevé et particulièrement prenant, comme on quitterait une autre planète devenue familière. Enfin, dernière remarque sur l’écriture, c’est cette objectivité fascinante dont Moore fait usage. Il décrit moult personnages, moult idées politiques, moult conceptions du monde, de la vie, de la science (, …) et ne prend jamais position. Il dépeint son univers de diverses manières et de divers points de vue, ce qui le rend encore plus crédible et abouti. Watchmen jouit également, bien sûr, des qualités graphiques de Dave Gibbons dont le talent est loin d’être négligeable, tant sur les plans que sur les expressions. Le découpage (mise en scène), enfin, est sans nul doute ce qui parfait l’œuvre au plus haut point. Il joue sur des parallèles stupéfiants entre les faits, les dialogues, les images, … Bref : La divine harmonie entre le texte et l’image, la démesure incroyable du scénario, l’esthétique rigueur du graphisme, … Watchmen ! Peut-être l’aboutissement de millénaires d’arts visuels et littéraires…
Libre à jamais
Déjà, le dessin est visuellement nettement plus agréable que celui de La Guerre Eternelle. Peut-être grâce à la couleur. Ensuite, le scénario est toujours aussi béton. C’est plus de l’anticipation que de la simple science-fiction, et je le rapprocherais de 1984 ou du meilleur des mondes. Bref, il est génial. Cependant, je trouve que cette BD (tout comme La guerre éternelle) n’est pas des plus captivantes, la faute doit être à la narration. Mais lisez la quand-même, le scénario vaut vraiment le coup.
Lanfeust des Etoiles
Pour tous les fans de la fantasy... C'est extra, les dessins sont géniaux, les dialogues sont pleins d'humour et de fantaisie, les personnages sont des plus attachants, on se presse à lire une planche pour en commencer une nouvelle, c'est vraiment excellent !!!! A lire absolument !
L'Elite à la portée de tous
Toujours aussi féru d'exercices de style, Lécroart donne une nouvelle leçon d'OuBaPo avec ce petit album très réussi. Le principe n'est pas aussi "spectaculaire" que dans une album comme Cercle vicieux, mais le résultat est tout aussi brillant. Ici, ce sont les personnages qui, désireux d'entrer dans le monde de la BD grand public et racoleuse, s'appuient sur les jeux de la BD "élitiste" (d'où le titre). Détournements de planches issues d'autres BD, planches qui se lisent dans les deux sens, planches où il ne faut lire qu'une case sur deux, itération iconique et autres joyeusetés, le tout n'étant pas utilisé gratuitement pour faire le m'as-tu-vu, mais faisant partie intégrante du scénario. C'est très bien fait, c'est drôle, bref, c'est une lecture chaudement recommandée à ceux qui aiment la bande dessinée qui cherche à sortir un peu des sentiers battus sans pour autant verser dans le genre intello. Le seul petit bémol c'est que, comme souvent avec Lécroart, ce n'est pas vraiment le genre d'histoire dans laquelle on se replongera 10 fois avec plaisir. Je conseille quand même l'achat, en précisant que c'est une BD que vous risquez surtout de beaucoup prêter, mais pas de relire souvent.
Le complot
Plus qu’une bédé, « Le complot » est un formidable travail de recherches sur « les protocoles des sages de Sion » de la part de Will Eisner. Fruit d’une machination démoniaque de l’aristocratie Russe afin d’empêcher le tsar Nicolas II de s’ouvrir à l’occident, Will Eisner à partir de documents authentiques s’acharne à démonter les arguments des défenseurs de cet ouvrage hautement antisémite. « Les protocoles des sages de Sion » est un recueil recopiant d’une autre façon un ouvrage de fiction « Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu » rédigé au 19ième siècle par un auteur français afin de critiquer l’empereur Napoléon III. A cette époque, la parution des « Protocoles des sages de Sion » avait pour objectif de manipuler la peur de la population contre le « péril juif ». Aujourd’hui encore et malgré de nombreuses comparutions dans des tribunaux qui ont catégoriquement classé ce recueil en propos mensongers, « les protocoles des sages de Sion » continuent d’être publiés dans de nombreux pays et d’être une référence pour les antisémites. Il est inutile de s’attarder sur le dessin très lisible et très envoûtant de Will Eisner qui nous fait regretter plus que jamais la disparition de ce monument de la bédé, regardons un peu plus la façon dont l’auteur nous raconte la genèse de cet ouvrage. Tout au long de la bédé, Will Eisner a mis en scène les personnages clefs. Cette façon de narrer permet aux lecteurs de bien comprendre les mécanismes qui ont abouti aux « protocoles des sages de Sion » et d’éviter de l’égarer dans des considérations politiques extrêmement complexes de cette époque d’avant guerres mondiales. A l’image de la séquence où Will Eisner expose le comparatif des pages entre «les protocoles des sages de Sion » et le « Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu », l’auteur se montre très minutieux et très pointu dans ses arguments. C’est cela qui pourrait rendre assez pénible la lecture de cette bédé pour certains bédéphiles. Pour ma part, c’est exactement le genre d’ouvrage qui me fait regretter que l’éducation nationale en premier lieu n’ait pas eu l’excellente idée de le proposer aux élèves. En fait, ce qui me fait peur dans cette histoire, c’est que je n’ai jamais eu connaissance de ce genre d’exemple de détournement de la presse à des fins diaboliques avant d’avoir lu cette bédé ! Tout cela me fait froid dans le dos, très froid ! LECTURE INDISPENSABLE !
Spoogue
Que c’est noir, mais que c’est drôle !!! Un humour bien décalé qui a certain moment m’a rappelé Garulfo (même si c’est dans un genre différent) J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette histoire. Le 3ieme album, est un peu en dessous des deux premiers en terme d’inventivité (moins d’humour, moins surprenant).