Il y a près de 10 ans, une bande dessinée a tracé une trajectoire intrusive dans le paysage de la BD francophone. Cette série, c'est Fée et tendres automates. Scénarisée par Téhy, mais surtout dessinée par Béatrice Tillier. La fée de la bande dessinée. D'un coup de baguette magique, elle enchantait les yeux, basculait les cœurs, envahissait les âmes des lecteurs de bande dessinée. Béatrice nous a livré deux albums de pure poésie visuelle, d'une beauté graphique à couper le souffle. Puis la trajectoire météorique s'est interrompue. Béatrice n'avait plus le goût, plus l'envie. Des milliers de fans ont alors pleuré. Et sont restés en hibernation, en sommeil, attendant son retour.
Plus de cinq ans plus tard, la fée de la BD reprend son envol, réveillée par le sorcier Philippe Bonifay. Ensemble, ils nous content l'histoire d'un Père Noël sur le déclin, qui cherche à transmettre son patrimoine, sa tradition. L'histoire débute en hiver, un hiver qui aura duré cinq ans, pour ses fans. Quoi de mieux qu'une légende intemporelle, qu'un conte immortel, pour le retour de la fée de la bande dessinée ? Béatrice manie toujours aussi bien le pinceau, ses cases sont autant d'enchantements, l'histoire qu'elle illustre, en forme de conte noir, nous transporte encore dans des émotions indicibles...
Car il s'agit bien d'un conte, puisque d'un personnage malsain et criminel, une intervention inattendue va peut-être faire un homme bon... En ce qui me concerne je ne mets pas sur le même plan Claus et Georges, leurs situations et leurs trajectoires sont tellement différentes... Bien sûr, la morale n'est pas sauve dans cette histoire, et ce n'est pas le but de cette bande dessinée.
Merci, Béatrice et Philippe, c'est un très beau cadeau de Noël que vous nous faites là.
Cette BD est immanquable, pour ma part c'est une farce digne de Molière. Les dessins sont géniaux et le scénario ne s'essouffle pas malgré les 6 tomes, ce qui est rare maintenant (je trouve). Parfait cadeau aussi bien pour les amateurs de BD que pour les néophytes.
Culte !!!
C'est exactement le mot...
Des graphismes géniaux, magiques,
des lignes épurées,
des couleurs extraordinaires,
un scénario plein d'humour.
Bref, vraiment tout pour (me) plaire... Il y a trop de choses à dire.
Je le conseille vivement à... beaucoup de monde.
Pierre for ever
PS : merci encore aux concepteurs de ce site génial
Une aventure pas très connue et pourtant très forte du Batman.
Très forte et très puissante pour deux raisons.
Le dessin, d'abord. Les peintures de Scott Hampton dans cet album sont magnifiques. Flirtant avec Hopper, il réussit à transfigurer l'univers sombre et nocturne du Dark Knight de manière subtile et magistrale.
Le sujet, ensuite : les sévices sur enfants.
Le scénario d'Archie Goodwin aborde le problème sans fard, mais sans voyeurisme et manichéisme. Le parti-pris face à cette violence innommable est réaliste, et c'est un constat terriblement désespérant qui attend le protecteur de Gotham (et le lecteur).
"Cris dans la nuit" prouve que Batman reste le sujet phare lorsqu'on veut aborder les Super-héros sur un mode plus noir qu'à l'accoutumée.
(PS : malheureusement non réédité, je pense que cet album est aujourd’hui difficile à trouver)
La seule raison qui m'empêche de donner le maximum à cette série, c'est qu'elle est en cours depuis longtemps et la suite se fait un peu attendre. Néanmoins, on retrouve là un échantillon de ce que la SF sait proposer de mieux : du voyage, du rêve, de l'onirisme, ainsi qu'un peu de psychologie. Servi par le dessin anguleux et volontaire de Caza, influencé par la bd américaine, le caractère des personnages n'en ressort que mieux, le dynamisme est présent à chaque page. Cette histoire de quête initiatique dans un milieu préhistorique/futuriste fonctionne à merveille. A noter que les Mondes d'Arkadi contient sûrement un des personnages féminins les plus emblématiques de la BD à mon avis. Albe incarne à la fois la beauté et le mystère, la maturité et la responsabilité, sans tomber dans aucun des clichés, autrement dit, un personnage bien senti.
Je ne saurais trop recommander de lire cette série à condition d'être patient (et le film animé "les enfants de la pluie" vaut aussi le détour, quoique le ton soit un peu moins adulte).
Une histoire d'amour qui s'entoure, dans ce premier tome, d'une description sensible de la montée du nazisme en Allemagne. Une histoire simple, dramatique et belle bien servie par un bon dessin.
Tome 1 "Le travail du furet":
Un univers sombre comme je les aime.
Le furet (le héros) évolue dans un monde très proche du film "Blade Runner": des rues sombres, des sales gueules partout, des panneaux lumineux sur toutes les façades et bien sûr un temps dégueulasse.
Ce premier tome nous explique ce qu'est le boulot du furet dans la nécrozone ("il y a un autre nom pour la Nécrozone. La merde." dixit le furet).
Cette mise en place dure les trois quarts du volume sans que cela soit rébarbatif. Les premières intrigues arrivent vers la fin avec l'arrivée de Jos (une voisine, prostituée de son état) et son vieux pote Stéranko.
Ca met l'eau à la bouche...
NOTE 4,5
Tome 2 "Le furet et la colombe"
Au départ de ce tome, fini la nécrozone, bonjour la zone résidentielle (avec de la clarté, beaucoup moins de sales gueules quoique...). J'aime déjà moins.
Ensuite, et comme ça devient de plus en plus souvent le cas maintenant, des petits flash back pour nous montrer qui était le furet avant d'être le furet :) . Ca me gave...
Et au final, on a pas beaucoup avancé. Merde alors...
De plus deux choses m'ont marqué dans ce second tome: le furet est moins balèze que dans le 1 (il a fait un régime ou quoi?) et Jos n'a plus la même tête (l'auteur aurait pu nous dire si elle était passé chez le coiffeur)
NOTE 3
Au final c'est de la bonne science fiction pour les amateurs de Blade Runner.
Le tome 2 est moins bon que le 1er (c'est souvent le cas), mais je n'en veux pas aux auteurs qui ne font qu'adapter le roman de JP Andrevon (roman que je n'ai pas lu). Ils ne sont donc pas totalement libres au niveau du scénario.
Gipi est le "nouvel" auteur italien en vogue de l'année 2005. Je n'avais pas vraiment accroché lors d'un début de lecture à un autre de ses albums parus en cette fin d'année, Le local, mais autant dire que Extérieur nuit m'a bien plu. Déjà le dessin est superbe, c'est entièrement réalisé à la peinture à l'huile comme l'explique l'auteur en préface. L'album est un concentré de quelques nouvelles dont 5 inspirées du vécu de l'auteur, la dernière étant une pure fiction comme il l'explique en préface. C'est innovant, les textes sont bons, le graphisme est bon, la qualité d'édition est bonne.
J'ai maintenant envie de lire une histoire complète de Gipi permettant quelque chose de plus développé que dans ces courtes histoires.
Par rapport aux comics que je lis habituellement, les oeuvres d'Eisner ne font pas partie de mon genre de prédilection.
Pourtant, ce comic est magnifique.
Pour éviter la redite, je ne vais pas essayer de répéter les propos du posteur qui reflètent complètement mon ressenti.
Je vous invite donc à lire l'avis de Spooky un peu plus bas, qui donne une vision de fond complète de cette oeuvre (à mon avis bien entendu).
Alors que dire?
Qu'une fois de plus Will nous prouve qu'il était un grand? Qu'à la vision d'une de ses planches le mot artiste prend tout son sens?
Tout cela est évident.
Eisner nous offre un angle de vue inédit et cohérent de l'histoire de Fagin, et il réussit à casser un stéréotype en nous en offrant un autre, mais bien plus humain et chaleureux. Fagin est une crapule par la force des choses.
Une fois allégé des clichés absurdes de la représentation du "méchant juif" dans l'imagerie populaire, ce personnage prend du sens et gagne en crédibilité, il parait sous un jour nouveau, fragile et sensible, son visage affiche une bonhomie bienveillante... Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il ressemble au père Noël, mais il n'y a qu'un pas.
Au delà de tout ceci, Fagin le juif est une belle et émouvante histoire, l'ambiance est constituée de façon fantastique, si cela était nécessaire Will nous aurait donné une fois de plus une démonstration de son immense talent.
Une oeuvre salutaire je n'en sais rien, mais une superbe BD, ça j'en suis sûr!
Encore une fois, Junko Mizuno plonge un conte pour enfants dans son univers si particulier.
Dessins "mignons" (difficile de faire plus kawaï!), dialogues simples mais non dénués d'humour ni de pertinence et ambiance vraiment extraordinaire.
Après Cinderalla et Hansel & Gretel on peut penser que cette lecture soit lourde et ne donne guère de fraîcheur à l’œuvre de Mizuno. Détrompez-vous, une fois de plus c'est réussi, surprenant et divertissant.
Le style de Mizuno est superbe, une totale cohérence narrative, tout en simplicité où les dessins se marient admirablement aux textes.
À noter que dans cette illustration fantasmée du monde sous-marin, quelques cases offrent de petites scènes gores qui ne manquent pas d'effets.
Pour ce qui est de l'histoire, les moments drôles ne manquent pas, l'émotion est là et le final est splendide.
Bien sûr on peut penser que c'est juste une oeuvre trash et déjantée de plus, c'est vrai d'une certaine manière, mais tellement réducteur... Junko Mizuno nous offre plus que cela, sa vision est passionnée et originale. Un vrai plaisir rare et différent pour le lecteur.
Bien sûr je suis fan de l’œuvre de Junko Mizuno, je m'emporte... Pour moi c'est un auteur culte et j'attends ses prochaines oeuvres avec impatience, mais au moins une fois, il faut lire un de ses albums.
C'est si différent, si déroutant que ça en vaut la peine.
Et je recommande chaudement Cinderalla à qui voudrait découvrir cet univers.
À savoir que l'éditeur, IMHO, apporte un réel soin à ses bouquins. Ce manga est publié en sens de lecture occidental, voici ce qui est précisé sur la dernière page:
L'édition française de la Petite Sirène est une nouvelle vision de l’œuvre originale. L'auteur a non seulement renversé elle-même les images mais a aussi tenu à les recolorer et les redessiner.
C'est aussi valable pour les autres albums de Mizuno, et je pense que c'est loin d'être un détail négligeable.
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Mon voisin le Père Noël
Il y a près de 10 ans, une bande dessinée a tracé une trajectoire intrusive dans le paysage de la BD francophone. Cette série, c'est Fée et tendres automates. Scénarisée par Téhy, mais surtout dessinée par Béatrice Tillier. La fée de la bande dessinée. D'un coup de baguette magique, elle enchantait les yeux, basculait les cœurs, envahissait les âmes des lecteurs de bande dessinée. Béatrice nous a livré deux albums de pure poésie visuelle, d'une beauté graphique à couper le souffle. Puis la trajectoire météorique s'est interrompue. Béatrice n'avait plus le goût, plus l'envie. Des milliers de fans ont alors pleuré. Et sont restés en hibernation, en sommeil, attendant son retour. Plus de cinq ans plus tard, la fée de la BD reprend son envol, réveillée par le sorcier Philippe Bonifay. Ensemble, ils nous content l'histoire d'un Père Noël sur le déclin, qui cherche à transmettre son patrimoine, sa tradition. L'histoire débute en hiver, un hiver qui aura duré cinq ans, pour ses fans. Quoi de mieux qu'une légende intemporelle, qu'un conte immortel, pour le retour de la fée de la bande dessinée ? Béatrice manie toujours aussi bien le pinceau, ses cases sont autant d'enchantements, l'histoire qu'elle illustre, en forme de conte noir, nous transporte encore dans des émotions indicibles... Car il s'agit bien d'un conte, puisque d'un personnage malsain et criminel, une intervention inattendue va peut-être faire un homme bon... En ce qui me concerne je ne mets pas sur le même plan Claus et Georges, leurs situations et leurs trajectoires sont tellement différentes... Bien sûr, la morale n'est pas sauve dans cette histoire, et ce n'est pas le but de cette bande dessinée. Merci, Béatrice et Philippe, c'est un très beau cadeau de Noël que vous nous faites là.
De Cape et de Crocs
Cette BD est immanquable, pour ma part c'est une farce digne de Molière. Les dessins sont géniaux et le scénario ne s'essouffle pas malgré les 6 tomes, ce qui est rare maintenant (je trouve). Parfait cadeau aussi bien pour les amateurs de BD que pour les néophytes.
Garulfo
Culte !!! C'est exactement le mot... Des graphismes géniaux, magiques, des lignes épurées, des couleurs extraordinaires, un scénario plein d'humour. Bref, vraiment tout pour (me) plaire... Il y a trop de choses à dire. Je le conseille vivement à... beaucoup de monde. Pierre for ever PS : merci encore aux concepteurs de ce site génial
Batman - Des cris dans la nuit
Une aventure pas très connue et pourtant très forte du Batman. Très forte et très puissante pour deux raisons. Le dessin, d'abord. Les peintures de Scott Hampton dans cet album sont magnifiques. Flirtant avec Hopper, il réussit à transfigurer l'univers sombre et nocturne du Dark Knight de manière subtile et magistrale. Le sujet, ensuite : les sévices sur enfants. Le scénario d'Archie Goodwin aborde le problème sans fard, mais sans voyeurisme et manichéisme. Le parti-pris face à cette violence innommable est réaliste, et c'est un constat terriblement désespérant qui attend le protecteur de Gotham (et le lecteur). "Cris dans la nuit" prouve que Batman reste le sujet phare lorsqu'on veut aborder les Super-héros sur un mode plus noir qu'à l'accoutumée. (PS : malheureusement non réédité, je pense que cet album est aujourd’hui difficile à trouver)
Le Monde d'Arkadi
La seule raison qui m'empêche de donner le maximum à cette série, c'est qu'elle est en cours depuis longtemps et la suite se fait un peu attendre. Néanmoins, on retrouve là un échantillon de ce que la SF sait proposer de mieux : du voyage, du rêve, de l'onirisme, ainsi qu'un peu de psychologie. Servi par le dessin anguleux et volontaire de Caza, influencé par la bd américaine, le caractère des personnages n'en ressort que mieux, le dynamisme est présent à chaque page. Cette histoire de quête initiatique dans un milieu préhistorique/futuriste fonctionne à merveille. A noter que les Mondes d'Arkadi contient sûrement un des personnages féminins les plus emblématiques de la BD à mon avis. Albe incarne à la fois la beauté et le mystère, la maturité et la responsabilité, sans tomber dans aucun des clichés, autrement dit, un personnage bien senti. Je ne saurais trop recommander de lire cette série à condition d'être patient (et le film animé "les enfants de la pluie" vaut aussi le détour, quoique le ton soit un peu moins adulte).
Amours fragiles
Une histoire d'amour qui s'entoure, dans ce premier tome, d'une description sensible de la montée du nazisme en Allemagne. Une histoire simple, dramatique et belle bien servie par un bon dessin.
Les chroniques de Centrum
Tome 1 "Le travail du furet": Un univers sombre comme je les aime. Le furet (le héros) évolue dans un monde très proche du film "Blade Runner": des rues sombres, des sales gueules partout, des panneaux lumineux sur toutes les façades et bien sûr un temps dégueulasse. Ce premier tome nous explique ce qu'est le boulot du furet dans la nécrozone ("il y a un autre nom pour la Nécrozone. La merde." dixit le furet). Cette mise en place dure les trois quarts du volume sans que cela soit rébarbatif. Les premières intrigues arrivent vers la fin avec l'arrivée de Jos (une voisine, prostituée de son état) et son vieux pote Stéranko. Ca met l'eau à la bouche... NOTE 4,5 Tome 2 "Le furet et la colombe" Au départ de ce tome, fini la nécrozone, bonjour la zone résidentielle (avec de la clarté, beaucoup moins de sales gueules quoique...). J'aime déjà moins. Ensuite, et comme ça devient de plus en plus souvent le cas maintenant, des petits flash back pour nous montrer qui était le furet avant d'être le furet :) . Ca me gave... Et au final, on a pas beaucoup avancé. Merde alors... De plus deux choses m'ont marqué dans ce second tome: le furet est moins balèze que dans le 1 (il a fait un régime ou quoi?) et Jos n'a plus la même tête (l'auteur aurait pu nous dire si elle était passé chez le coiffeur) NOTE 3 Au final c'est de la bonne science fiction pour les amateurs de Blade Runner. Le tome 2 est moins bon que le 1er (c'est souvent le cas), mais je n'en veux pas aux auteurs qui ne font qu'adapter le roman de JP Andrevon (roman que je n'ai pas lu). Ils ne sont donc pas totalement libres au niveau du scénario.
Extérieur nuit
Gipi est le "nouvel" auteur italien en vogue de l'année 2005. Je n'avais pas vraiment accroché lors d'un début de lecture à un autre de ses albums parus en cette fin d'année, Le local, mais autant dire que Extérieur nuit m'a bien plu. Déjà le dessin est superbe, c'est entièrement réalisé à la peinture à l'huile comme l'explique l'auteur en préface. L'album est un concentré de quelques nouvelles dont 5 inspirées du vécu de l'auteur, la dernière étant une pure fiction comme il l'explique en préface. C'est innovant, les textes sont bons, le graphisme est bon, la qualité d'édition est bonne. J'ai maintenant envie de lire une histoire complète de Gipi permettant quelque chose de plus développé que dans ces courtes histoires.
Fagin le Juif
Par rapport aux comics que je lis habituellement, les oeuvres d'Eisner ne font pas partie de mon genre de prédilection. Pourtant, ce comic est magnifique. Pour éviter la redite, je ne vais pas essayer de répéter les propos du posteur qui reflètent complètement mon ressenti. Je vous invite donc à lire l'avis de Spooky un peu plus bas, qui donne une vision de fond complète de cette oeuvre (à mon avis bien entendu). Alors que dire? Qu'une fois de plus Will nous prouve qu'il était un grand? Qu'à la vision d'une de ses planches le mot artiste prend tout son sens? Tout cela est évident. Eisner nous offre un angle de vue inédit et cohérent de l'histoire de Fagin, et il réussit à casser un stéréotype en nous en offrant un autre, mais bien plus humain et chaleureux. Fagin est une crapule par la force des choses. Une fois allégé des clichés absurdes de la représentation du "méchant juif" dans l'imagerie populaire, ce personnage prend du sens et gagne en crédibilité, il parait sous un jour nouveau, fragile et sensible, son visage affiche une bonhomie bienveillante... Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il ressemble au père Noël, mais il n'y a qu'un pas. Au delà de tout ceci, Fagin le juif est une belle et émouvante histoire, l'ambiance est constituée de façon fantastique, si cela était nécessaire Will nous aurait donné une fois de plus une démonstration de son immense talent. Une oeuvre salutaire je n'en sais rien, mais une superbe BD, ça j'en suis sûr!
La Petite Sirène
Encore une fois, Junko Mizuno plonge un conte pour enfants dans son univers si particulier. Dessins "mignons" (difficile de faire plus kawaï!), dialogues simples mais non dénués d'humour ni de pertinence et ambiance vraiment extraordinaire. Après Cinderalla et Hansel & Gretel on peut penser que cette lecture soit lourde et ne donne guère de fraîcheur à l’œuvre de Mizuno. Détrompez-vous, une fois de plus c'est réussi, surprenant et divertissant. Le style de Mizuno est superbe, une totale cohérence narrative, tout en simplicité où les dessins se marient admirablement aux textes. À noter que dans cette illustration fantasmée du monde sous-marin, quelques cases offrent de petites scènes gores qui ne manquent pas d'effets. Pour ce qui est de l'histoire, les moments drôles ne manquent pas, l'émotion est là et le final est splendide. Bien sûr on peut penser que c'est juste une oeuvre trash et déjantée de plus, c'est vrai d'une certaine manière, mais tellement réducteur... Junko Mizuno nous offre plus que cela, sa vision est passionnée et originale. Un vrai plaisir rare et différent pour le lecteur. Bien sûr je suis fan de l’œuvre de Junko Mizuno, je m'emporte... Pour moi c'est un auteur culte et j'attends ses prochaines oeuvres avec impatience, mais au moins une fois, il faut lire un de ses albums. C'est si différent, si déroutant que ça en vaut la peine. Et je recommande chaudement Cinderalla à qui voudrait découvrir cet univers. À savoir que l'éditeur, IMHO, apporte un réel soin à ses bouquins. Ce manga est publié en sens de lecture occidental, voici ce qui est précisé sur la dernière page: L'édition française de la Petite Sirène est une nouvelle vision de l’œuvre originale. L'auteur a non seulement renversé elle-même les images mais a aussi tenu à les recolorer et les redessiner. C'est aussi valable pour les autres albums de Mizuno, et je pense que c'est loin d'être un détail négligeable.