C'est ce que j'appelle une excellente BD historique sans le poids rébarbatif que pourrait donner les références à cet épisode de la Guerre de Cent Ans.
Le scénario nous plonge dans le contexte rapidement où l'intrigue est des plus palpitantes. Le dessin est très bon et le choix de la palette couleurs s'adapte parfaitement au genre.
C'est sobre et efficace.
Depuis quelques années déjà, je suis presque quotidiennement les strips comiques et politiques de Ted Rall publiés aux USA et sur Internet. Je sais à quoi m'en tenir avec ce journaliste et humoriste : il est profondément anti-Bush, très cynique, très ironique et il dénonce en permanence l'utilisation du 11 Septembre par le gouvernement américain, la guerre en Afghanistan et bien sûr la guerre en Irak. Pour lui, Bush est un "Généralissimo" dont les deux seuls neurones sont nommés Guerre et Pétrole.
N'étant pas loin de partager l'ensemble de ses idées, c'est toujours avec le sourire ou un vrai rire franc que je lis ses strips mordants. Même si, à chaque fois, je suis obligé de me dire qu'il simplifie peut-être un peu trop les choses, qu'une attaque aussi directe et brutale contre Bush manque peut-être de recul. Mais dans l'ensemble, sans aborder l'aspect de la justesse politique de son discours, on ne peut pas nier que Ted Rall aie vraiment de l'humour et le sens de l'ironie. Et puis de telles attaques flattent tellement l'esprit de l'opposant typique Français à Bush et à ses manipulations guerrières que je ne vais pas m'en priver.
Passage Afghan, tel qu'il a été publié par La Boite à Bulles, est composé de deux livres en un, avec deux couvertures tête-bêche de chaque côté de l'album. D'un côté, une vraie BD en 48 pages racontant le reportage que Ted Rall a effectué en Afghanistan au début de la Guerre entre Alliance du Nord et Talibans, sous les bombardements des avions américains. De l'autre côté, Ted Rall revient sous la forme de textes, de photos et de strips comiques sur les mêmes évènements qu'il racontait en BD et y apporte une foule de données supplémentaires et d'explications.
Le dessin de Ted Rall est dans une veine de strips comiques publiés quotidiennement dans les journaux américains : ce n'est pas un dessin techniquement maîtrisé, il se contente de faire dans l'efficace et le compréhensible. Sur un sujet similaire, on ne peut s'empêcher de comparer Passage Afghan à Le Photographe de Guibert puisque dans les deux cas on aborde, avec photos à l'appui, un reportage dans des conditions très difficiles en Afghanistan, même si plusieurs années séparent les deux récits. Eh bien, on peut affirmer sans crainte que Passage Afghan est nettement moins esthétiquement réussi que Le Photographe.
Et pourtant, personnellement, et ça va faire bondir certains amateurs de Guibert, je préfère Passage Afghan à Le Photographe car en 48 pages, j'en ai appris bien plus et j'ai été nettement plus intéressé.
Le récit est fort, intéressant et drôle à la fois. Ted Rall raconte avec franchise et une bonne dose d'ironie son petit périple en tant que journaliste occidental aux abords de la Guerre. Il nous montre avec acidité l'aspect ubuesque de cette guerre où du jour au lendemain les Talibans se transforment en membres de l'Alliance du nord et vice-versa, où les américains bombardent à peu près tout le monde, où les occidentaux rivalisent de médiocrité, où les Afghans passent leur temps à racketter les occidentaux. Mais il raconte aussi et surtout la guerre, avec son lot de morts de tout côtés, morts qui seront également nombreux aux côtés de Ted Rall, parmi les journalistes qui l'ont accompagné. Sans manichéisme, il est implacable avec tous les partis en présence, dénonçant aussi bien la politique Américaine et le comportement des occidentaux dans leur ensemble que le comportement des Afghans eux-mêmes. Il montre surtout que cette guerre n'est qu'un leurre car les Talibans et l'Alliance du Nord ne sont pas seulement proches les uns des autres : ce sont strictement les mêmes personnes, changeant de camp au gré des évènements. Et bien sûr, c'est une dénonciation de la manipulation de l'information par la presse occidentale puisqu'on nous annonce la libération de l'Afghanistan, le départ des Talibans, mais « la plus grande réussite des Etats-Unis en Afghanistan a consisté à remplacer le pire régime du monde par l’anarchie et le chaos, et d’augmenter sensiblement le mépris des musulmans envers des Américains qu’ils considéraient déjà comme de la racaille. Les femmes portent toujours la burqa, la charia la plus radicale est toujours en vigueur, la nuit appartient aux bandes armées. »
Ce récit noir et pessimiste est raconté pourtant sur un ton humoristique, légèrement cynique. Mais la vérité dans cette guerre n'est-elle pas la plus belle des ironies ?
Le seul reproche que je puisse faire à ce reportage, c'est son aspect très largement politisé et trop directement anti-Bush car certaines affirmations de Ted Rall peuvent peut-être prêter à un peu de reflexion. Mais dans l'ensemble, c'est une vraie bouffée d'informations, de vérité, le tout raconté avec intelligence et humour.
Une série d'une exceptionnelle qualité, tant au niveau du scénario que du dessin. Ayroles s'attaque aux contes de fée qu'il parodie avec une certaine aisance.
Certains diront que le premier cycle est le meilleur des deux. Mais, à mon avis, les deux se valent. L'idée de faire revenir Garulfo avec le personnage de Romuald transformé en grenouille est une très ingénieuse. Les personnages de l'ogre et du lutin sont d'excellentes trouvailles.
Je ne suis pas un fan des séries à rallonge, mais là j'en viens à regretter qu'il n'y ait pas un troisième cycle.
J'ai hésité à mettre 5, mais à mon avis cette série est tout aussi bonne que l'autre oeuvre d'Ayroles De Cape et de Crocs.
Un style très nouveau, des couleurs qui pètent, un sens très chaotiques, des images fortes, vous l'avez compris je suis séduit. A un détail près, on sent quelques fois la tentation de la facilité scénaristique mais à la lecture du 2eme volume la sensation s'estompe un peu. Néanmoins 2 très beaux et riches albums in my collection.
Voici pour moi, LA référence en matière de science-fiction.
Que je m'explique...
Nous sommes plongés dans un univers gigantesque, ouvrant la porte à des possibilités infinies (seule l'imagination des auteurs est la limite).
Axle Munshine, notre héros, s'y promène à la recherche de la femme dont il rêve, puis de son père, puis... [je ne dévoile pas plus]
Dans ses péripéties, différentes histoires se développent : certaines ayant fortement trait à la quête principale, d'autre beaucoup moins (un peu à la X-Files: certains épisodes n'ont rien à voir avec l'intrigue principale). Ces histoires sont généralement amusantes et ponctuées de curiosités intergalactiques qui valent le détour.
Les points forts de Godard sont sans conteste son imagination et la manière dont il arrive à garder une cohérence à son univers et une fluidité dans son histoire.
Marv' a très bien résumé ce point, je cite : "si parfois l'histoire stagne ou se complique trop, Godard trouve toujours l'idée au bon moment pour débloquer le récit."
En effet, quand le lecteur commence à se lasser de l'intrigue principale, on dirait que Godard le sent et entraîne aussitôt Axle dans une nouvelle quête, relançant ainsi l'intérêt pour la série.
Maintenant, bien sûr, certains albums sont moins intéressants que d'autres (mais jamais inintéressants), mais sur 31 tomes, n'est-ce pas normal ?
Pour le dessin, là, je dirais qu'il n'est plus vraiment d'époque, qu'il a mal vieilli (Mais comme cette série débuta dans les années 70, je pense qu'il faut remettre cela dans son contexte). Je peux donc comprendre que ce dessin rebute certaines personnes. A celles-là, je dirais, foncez, vous ratez un chef d'oeuvre !!!
Tout ça pour dire, qu'après 31 tomes, j'en demande encore et que je voudrais que cette série ne s'arrête jamais (si elle reste de cette qualité, bien sûr).
J'aime beaucoup cette série pour le dessin de Yoann, notamment. Omond, le scénariste fait un pastiche des feuilletons populaires du XIXème siècle avec son lot de rebondissements surprenants. Il y a de vraies références au roman le mystérieux docteur Cornélius. De fait, le côté fantastique n'est pas absent du tout, avec les expériences de laboratoire.
La lutte entre passéistes et modernistes est assez amusante.
Une série que je conseille de découvrir, il semble qu'elle n'ait pas eu beaucoup de succès, ce qui est dommage.
Une série originale constituée de petites saynètes situées dans le milieu d'un club victorien anglais.
Les thèmes du meurtre, de la vengeance, dans ses formes les plus perverses sont les plus souvent utilisés. Concernant les histoires, cela va du correct au très bon. La chute est toujours assez bien réussie.
Une série que je conseille à ceux qui ne connaîtraient pas.
Je pense que l'on peut dire qu'Etienne Davodeau est passé maître dans l'art de créer des chroniques sociales. Les micro-univers, qu'il nous fait découvrir, sont souvent liés à l'émotion et à la pudeur et ce n'est pas Le Réflexe de Survie qui me démentira.
Une fois de plus, on retrouve des personnages hauts en couleurs, des gens ordinaires, du genre que l'on rencontre quotidiennement. Le scénario est bien ficelé et les personnages sont vraiment attachants. Le cadre rural où se déroule cette histoire est vraiment agréable et les protagonistes du récit ne manquent pas de caractère.
Au niveau du graphisme, rien à dire, le trait réaliste de Davodeau est toujours aussi convaincant.
A lire sans hésitation !
Nicolas Vadot et Olivier Guéret zigzaguent entre mondes extérieur et intérieur avec aisance et jeux de couleurs (pour permettre aux lecteurs de s’y retrouver). Nul doute que chez eux, l’Imaginaire ne se sent pas à l’étroit. Pour preuve, ils nous déversent des monceaux d’éléments, des pléiades de jeux de mots et une fourmilière de métaphores. Avec eux, exploration du cerveau rime avec déraison. On en redemande encore.
Sous de faux airs de bande dessinée enfantine, la série est riche d'éléments divers, orchestrés de mains de maîtres, réglés comme des mouvements d'horlogerie suisse. Une véritable analyse des sentiments humains est décortiquée sciemment par ces deux auteurs complémentaires. Analyse sociologique d'un côté, comportements politiques de l'autre, analyse des passions et des pulsions qui poussent des êtres, dans ce cas Simon Glonek, à agir d'une manière ou d'une autre. Pourquoi être heureux quand on a tout alors qu'on ne connaît pas le goût des autres ???
Si tout cela peut paraître bien sérieux, il n'en est rien; Troisième Degré oblige ! Le tout est bien parsemé de touches d'humour mais aussi de références diverses, musicales (Marc Lavoine, Daniel Balavoine, ...) comme cinématographiques (Heat).
Le graphisme a droit aussi à sa part de gâteau. Principalement au niveau de la construction qui passe très intelligemment du monde intérieur au monde extérieur. Le passage entre ces deux univers s'effectue avec une fluidité sans faille.
Bref, une belle série qu'on déguste avec plaisir et qui promet de belles perspectives d'avenir... à suivre donc avec plaisir !
La collection Aire Libre chez Dupuis possède quelques albums qui brillent au firmament des œuvres personnelles. « Quelques mois à l’Amélie » est de ces albums qui touchent à la corde sensible du lecteur. On suit les traces d’Aloys Clark et de Dorian dans un récit alternant flash-back et jeux de cache-cache, (re)découverte de soi et recherche de l’autre, … Aloys, romancier en mal d’inspiration voire en mal de vivre, trouvera sa muse en la personne de Dorian ; pas directement mais par l’entremise d’un livre dont il suivra le parcours à travers le sud-ouest de la France.
Ces 72 pages d’un récit très personnel de l’auteur de Luc Leroi (Casterman) se dévorent aussi bien pour le plaisir des yeux que pour celui des mots. La justesse du trait et des couleurs de Denis fait merveille et procure de véritables “moments”. La fluidité de son récit et la force de sa narration donnent même envie d’aller plus loin et de dévorer le roman qu’Aloys offrira à Marianne… Chose d’ailleurs possible car Denis s’est offert ce plaisir d’écrire le roman de son personnage (et de le faire publier). Quand la passion dépasse la fiction, J-C Denis donne à Dupuis un des plus beaux albums de son catalogue. Une réussite !
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Le Trône d'argile
C'est ce que j'appelle une excellente BD historique sans le poids rébarbatif que pourrait donner les références à cet épisode de la Guerre de Cent Ans. Le scénario nous plonge dans le contexte rapidement où l'intrigue est des plus palpitantes. Le dessin est très bon et le choix de la palette couleurs s'adapte parfaitement au genre. C'est sobre et efficace.
Passage Afghan
Depuis quelques années déjà, je suis presque quotidiennement les strips comiques et politiques de Ted Rall publiés aux USA et sur Internet. Je sais à quoi m'en tenir avec ce journaliste et humoriste : il est profondément anti-Bush, très cynique, très ironique et il dénonce en permanence l'utilisation du 11 Septembre par le gouvernement américain, la guerre en Afghanistan et bien sûr la guerre en Irak. Pour lui, Bush est un "Généralissimo" dont les deux seuls neurones sont nommés Guerre et Pétrole. N'étant pas loin de partager l'ensemble de ses idées, c'est toujours avec le sourire ou un vrai rire franc que je lis ses strips mordants. Même si, à chaque fois, je suis obligé de me dire qu'il simplifie peut-être un peu trop les choses, qu'une attaque aussi directe et brutale contre Bush manque peut-être de recul. Mais dans l'ensemble, sans aborder l'aspect de la justesse politique de son discours, on ne peut pas nier que Ted Rall aie vraiment de l'humour et le sens de l'ironie. Et puis de telles attaques flattent tellement l'esprit de l'opposant typique Français à Bush et à ses manipulations guerrières que je ne vais pas m'en priver. Passage Afghan, tel qu'il a été publié par La Boite à Bulles, est composé de deux livres en un, avec deux couvertures tête-bêche de chaque côté de l'album. D'un côté, une vraie BD en 48 pages racontant le reportage que Ted Rall a effectué en Afghanistan au début de la Guerre entre Alliance du Nord et Talibans, sous les bombardements des avions américains. De l'autre côté, Ted Rall revient sous la forme de textes, de photos et de strips comiques sur les mêmes évènements qu'il racontait en BD et y apporte une foule de données supplémentaires et d'explications. Le dessin de Ted Rall est dans une veine de strips comiques publiés quotidiennement dans les journaux américains : ce n'est pas un dessin techniquement maîtrisé, il se contente de faire dans l'efficace et le compréhensible. Sur un sujet similaire, on ne peut s'empêcher de comparer Passage Afghan à Le Photographe de Guibert puisque dans les deux cas on aborde, avec photos à l'appui, un reportage dans des conditions très difficiles en Afghanistan, même si plusieurs années séparent les deux récits. Eh bien, on peut affirmer sans crainte que Passage Afghan est nettement moins esthétiquement réussi que Le Photographe. Et pourtant, personnellement, et ça va faire bondir certains amateurs de Guibert, je préfère Passage Afghan à Le Photographe car en 48 pages, j'en ai appris bien plus et j'ai été nettement plus intéressé. Le récit est fort, intéressant et drôle à la fois. Ted Rall raconte avec franchise et une bonne dose d'ironie son petit périple en tant que journaliste occidental aux abords de la Guerre. Il nous montre avec acidité l'aspect ubuesque de cette guerre où du jour au lendemain les Talibans se transforment en membres de l'Alliance du nord et vice-versa, où les américains bombardent à peu près tout le monde, où les occidentaux rivalisent de médiocrité, où les Afghans passent leur temps à racketter les occidentaux. Mais il raconte aussi et surtout la guerre, avec son lot de morts de tout côtés, morts qui seront également nombreux aux côtés de Ted Rall, parmi les journalistes qui l'ont accompagné. Sans manichéisme, il est implacable avec tous les partis en présence, dénonçant aussi bien la politique Américaine et le comportement des occidentaux dans leur ensemble que le comportement des Afghans eux-mêmes. Il montre surtout que cette guerre n'est qu'un leurre car les Talibans et l'Alliance du Nord ne sont pas seulement proches les uns des autres : ce sont strictement les mêmes personnes, changeant de camp au gré des évènements. Et bien sûr, c'est une dénonciation de la manipulation de l'information par la presse occidentale puisqu'on nous annonce la libération de l'Afghanistan, le départ des Talibans, mais « la plus grande réussite des Etats-Unis en Afghanistan a consisté à remplacer le pire régime du monde par l’anarchie et le chaos, et d’augmenter sensiblement le mépris des musulmans envers des Américains qu’ils considéraient déjà comme de la racaille. Les femmes portent toujours la burqa, la charia la plus radicale est toujours en vigueur, la nuit appartient aux bandes armées. » Ce récit noir et pessimiste est raconté pourtant sur un ton humoristique, légèrement cynique. Mais la vérité dans cette guerre n'est-elle pas la plus belle des ironies ? Le seul reproche que je puisse faire à ce reportage, c'est son aspect très largement politisé et trop directement anti-Bush car certaines affirmations de Ted Rall peuvent peut-être prêter à un peu de reflexion. Mais dans l'ensemble, c'est une vraie bouffée d'informations, de vérité, le tout raconté avec intelligence et humour.
Garulfo
Une série d'une exceptionnelle qualité, tant au niveau du scénario que du dessin. Ayroles s'attaque aux contes de fée qu'il parodie avec une certaine aisance. Certains diront que le premier cycle est le meilleur des deux. Mais, à mon avis, les deux se valent. L'idée de faire revenir Garulfo avec le personnage de Romuald transformé en grenouille est une très ingénieuse. Les personnages de l'ogre et du lutin sont d'excellentes trouvailles. Je ne suis pas un fan des séries à rallonge, mais là j'en viens à regretter qu'il n'y ait pas un troisième cycle. J'ai hésité à mettre 5, mais à mon avis cette série est tout aussi bonne que l'autre oeuvre d'Ayroles De Cape et de Crocs.
Nyx
Un style très nouveau, des couleurs qui pètent, un sens très chaotiques, des images fortes, vous l'avez compris je suis séduit. A un détail près, on sent quelques fois la tentation de la facilité scénaristique mais à la lecture du 2eme volume la sensation s'estompe un peu. Néanmoins 2 très beaux et riches albums in my collection.
Le Vagabond des Limbes
Voici pour moi, LA référence en matière de science-fiction. Que je m'explique... Nous sommes plongés dans un univers gigantesque, ouvrant la porte à des possibilités infinies (seule l'imagination des auteurs est la limite). Axle Munshine, notre héros, s'y promène à la recherche de la femme dont il rêve, puis de son père, puis... [je ne dévoile pas plus] Dans ses péripéties, différentes histoires se développent : certaines ayant fortement trait à la quête principale, d'autre beaucoup moins (un peu à la X-Files: certains épisodes n'ont rien à voir avec l'intrigue principale). Ces histoires sont généralement amusantes et ponctuées de curiosités intergalactiques qui valent le détour. Les points forts de Godard sont sans conteste son imagination et la manière dont il arrive à garder une cohérence à son univers et une fluidité dans son histoire. Marv' a très bien résumé ce point, je cite : "si parfois l'histoire stagne ou se complique trop, Godard trouve toujours l'idée au bon moment pour débloquer le récit." En effet, quand le lecteur commence à se lasser de l'intrigue principale, on dirait que Godard le sent et entraîne aussitôt Axle dans une nouvelle quête, relançant ainsi l'intérêt pour la série. Maintenant, bien sûr, certains albums sont moins intéressants que d'autres (mais jamais inintéressants), mais sur 31 tomes, n'est-ce pas normal ? Pour le dessin, là, je dirais qu'il n'est plus vraiment d'époque, qu'il a mal vieilli (Mais comme cette série débuta dans les années 70, je pense qu'il faut remettre cela dans son contexte). Je peux donc comprendre que ce dessin rebute certaines personnes. A celles-là, je dirais, foncez, vous ratez un chef d'oeuvre !!! Tout ça pour dire, qu'après 31 tomes, j'en demande encore et que je voudrais que cette série ne s'arrête jamais (si elle reste de cette qualité, bien sûr).
La Voleuse du Père Fauteuil
J'aime beaucoup cette série pour le dessin de Yoann, notamment. Omond, le scénariste fait un pastiche des feuilletons populaires du XIXème siècle avec son lot de rebondissements surprenants. Il y a de vraies références au roman le mystérieux docteur Cornélius. De fait, le côté fantastique n'est pas absent du tout, avec les expériences de laboratoire. La lutte entre passéistes et modernistes est assez amusante. Une série que je conseille de découvrir, il semble qu'elle n'ait pas eu beaucoup de succès, ce qui est dommage.
Green Manor
Une série originale constituée de petites saynètes situées dans le milieu d'un club victorien anglais. Les thèmes du meurtre, de la vengeance, dans ses formes les plus perverses sont les plus souvent utilisés. Concernant les histoires, cela va du correct au très bon. La chute est toujours assez bien réussie. Une série que je conseille à ceux qui ne connaîtraient pas.
Le réflexe de survie
Je pense que l'on peut dire qu'Etienne Davodeau est passé maître dans l'art de créer des chroniques sociales. Les micro-univers, qu'il nous fait découvrir, sont souvent liés à l'émotion et à la pudeur et ce n'est pas Le Réflexe de Survie qui me démentira. Une fois de plus, on retrouve des personnages hauts en couleurs, des gens ordinaires, du genre que l'on rencontre quotidiennement. Le scénario est bien ficelé et les personnages sont vraiment attachants. Le cadre rural où se déroule cette histoire est vraiment agréable et les protagonistes du récit ne manquent pas de caractère. Au niveau du graphisme, rien à dire, le trait réaliste de Davodeau est toujours aussi convaincant. A lire sans hésitation !
Norbert l'imaginaire
Nicolas Vadot et Olivier Guéret zigzaguent entre mondes extérieur et intérieur avec aisance et jeux de couleurs (pour permettre aux lecteurs de s’y retrouver). Nul doute que chez eux, l’Imaginaire ne se sent pas à l’étroit. Pour preuve, ils nous déversent des monceaux d’éléments, des pléiades de jeux de mots et une fourmilière de métaphores. Avec eux, exploration du cerveau rime avec déraison. On en redemande encore. Sous de faux airs de bande dessinée enfantine, la série est riche d'éléments divers, orchestrés de mains de maîtres, réglés comme des mouvements d'horlogerie suisse. Une véritable analyse des sentiments humains est décortiquée sciemment par ces deux auteurs complémentaires. Analyse sociologique d'un côté, comportements politiques de l'autre, analyse des passions et des pulsions qui poussent des êtres, dans ce cas Simon Glonek, à agir d'une manière ou d'une autre. Pourquoi être heureux quand on a tout alors qu'on ne connaît pas le goût des autres ??? Si tout cela peut paraître bien sérieux, il n'en est rien; Troisième Degré oblige ! Le tout est bien parsemé de touches d'humour mais aussi de références diverses, musicales (Marc Lavoine, Daniel Balavoine, ...) comme cinématographiques (Heat). Le graphisme a droit aussi à sa part de gâteau. Principalement au niveau de la construction qui passe très intelligemment du monde intérieur au monde extérieur. Le passage entre ces deux univers s'effectue avec une fluidité sans faille. Bref, une belle série qu'on déguste avec plaisir et qui promet de belles perspectives d'avenir... à suivre donc avec plaisir !
Quelques Mois à l'Amélie
La collection Aire Libre chez Dupuis possède quelques albums qui brillent au firmament des œuvres personnelles. « Quelques mois à l’Amélie » est de ces albums qui touchent à la corde sensible du lecteur. On suit les traces d’Aloys Clark et de Dorian dans un récit alternant flash-back et jeux de cache-cache, (re)découverte de soi et recherche de l’autre, … Aloys, romancier en mal d’inspiration voire en mal de vivre, trouvera sa muse en la personne de Dorian ; pas directement mais par l’entremise d’un livre dont il suivra le parcours à travers le sud-ouest de la France. Ces 72 pages d’un récit très personnel de l’auteur de Luc Leroi (Casterman) se dévorent aussi bien pour le plaisir des yeux que pour celui des mots. La justesse du trait et des couleurs de Denis fait merveille et procure de véritables “moments”. La fluidité de son récit et la force de sa narration donnent même envie d’aller plus loin et de dévorer le roman qu’Aloys offrira à Marianne… Chose d’ailleurs possible car Denis s’est offert ce plaisir d’écrire le roman de son personnage (et de le faire publier). Quand la passion dépasse la fiction, J-C Denis donne à Dupuis un des plus beaux albums de son catalogue. Une réussite !