Chassez vos a priori ! Cette couverture, de prime abord peu avenante, dissimule une petite perle.
Dans une peinture sociale façon « document réalité », Pascal Rabaté scènarise le quotidien assez morose d’une modeste famille de provinciaux. Trois générations que composent, entre autre, une grand-mère grenouille de bénitier et un grand-père coco de la première heure, toujours prompts à se voler dans les plumes. Leur fille, mère au foyer dévouée, et son mari, chef de famille contenté, tolérant et discret, tous deux légèrement désabusés. Leurs enfants. Et, enfin, l’inévitable beau-frère, franchouillard avéré et lourdingue à souhait, et sa petite smala.
Spectateur des rituels de leur pauvre petite vie monotone, rythmée par les prises de bec des grands-parents, on se lasse, on critique, on se moque (et l’on se rassure). Pourtant, en faisant prendre de l’importance au futile, l’auteur nous rend leur routine un peu plus familière. On s’insinue alors doucement dans leur intimité et, malgré leurs défauts, ils nous deviennent progressivement plus attachants. On glisse de l’esquisse satirique au portrait de famille presque tendre.
Ces gens que l’on raillait, on les trouve finalement attendrissants, on aurait envie de les aimer.
Le trait de David Prudhomme est très simple, très épuré. Même si, en premier lieu, j’avoue l’avoir trouvé assez laid, on se rend vite compte qu’il est, en fait, d’une incroyable richesse.
Quelques lignes suffisent à rendre les visages et les corps très expressifs, et sublimer ainsi les attitudes les plus anodines. Ses couleurs, quant à elles, par instants « limite fades », adoucissent le côté caricatural du récit.
Un album vraiment très savoureux.
On attend impatiemment la suite, d’autant que le premier opus se clôt sur un coup de théâtre étonnant, laissant augurer bien du remue-ménage dans le clan…
Louée justement pour son unité de lieu, cette série met en scène Comanche, une jeune femme qui s'efforce de faire vivre son ranch, le triple-six. Elle est aidée par Red Dust, un cow-boy rapide de la gâchette, qui décide de lui apporter son soutien pour contrer une bande de tueurs décidée à chasser Comanche de la ville de Greenstone Falls.
Dust s'accapare la vedette, mais même dans les albums où Comanche ne joue que les seconds rôles, cesse-t-elle d'apparaître ? En effet, la jeune femme est résolument tournée vers l'avenir dans un ouest américain gagné par le modernisme.
Dust sans attaches cherche à tout prix à conserver son individualité et fuit la civilisation. Pourtant, paradoxalement, il ne cessera de revenir vers Comanche qui cristallise au final cette civilisation en marche.
Cette lutte des gens obsédés par le passé contre ceux acceptant l'avenir donne une touche nostalgique et crépusculaire qui est pour le moins originale dans le monde de la bande dessinée.
Le point d'orgue de la série est sans doute "Le ciel est rouge sur Laramie" où Dust se lance à la poursuite du meurtrier Dobbs. Cette chasse à l'homme devient rapidement une chasse à mort et donne une vision peu gratifiante de la violence, qui n'est que l'aboutissement d'une détérioration psychologique, Dust ayant été le témoin de trop d'atrocités pour épargner un tueur à sa merci.
Ceux qui souhaiteraient y voir une apologie de l'autodéfense oublieraient que Dust lui-même est tellement peu satisfait de son geste, qu'il est incapable de le reproduire dans le tome suivant.
Dust tente alors de se convaincre que la civilisation repousse la sauvagerie d'une terre sans lois et essaye de s'intégrer en devenant shérif adjoint, mais il ne pourra s'empêcher de fuir une dernière fois pour rechercher une certaine liberté, avant de retrouver le triple-six définitivement.
Greg réussit pleinement ses scénarios en créant des personnages plus vrais que nature sans jamais forcer le trait mais en soignant particulièrement l'aspect psychologique.
Hermann est à son affaire pour décrire un monde encore sauvage peu à peu gagné par la modernité, il le fait d'un trait puissant et très réaliste.
Michel Rouge lui succède avec un dessin proche de celui de Jean Giraud, mais très réussi. Malheureusement, Greg abandonne l'idée de la civilisation en marche pour rédiger des scénarios plus classiques, dont le ton est moins réussi que celui des albums d'Hermann.
Au final, une série indispensable dans l'univers du western.
Moi qui ne connaissais pas du tout ce que faisait Nicolas Witko, j'ai été agréablement surpris par cet ouvrage de science fiction mêlant habilement humour et suspense.
De plus, j'ai adoré le dessin et les couleurs très "nouvelle bd" ; On sent un vrai souci esthétique de la part de l'auteur, pour chaque page.
Cependant certains procédés de narration (ellipse, flash-back) parfois pas très clairs ont entraîné des confusions durant ma lecture.
A ce jour, Tensai Family Company, sous-titré "Génies en tous genres", est un des mangas les plus intelligents que j'ai lu, dans le genre "divertissant".
Je précise bien qu'il s'agit d'abord d'un divertissement, essentiellement basé sur l'humour (quoique pas toujours, il y a des moments assez sombres), et c'est ainsi qu'il faut prendre cette histoire, aux personnages parfois totalement improbables, mais qui sait denteler dans la finesse des psychologies.
C'est là, sans doute, une des grandes forces de Tensai Family Company : le doigté avec lequel l'auteure développe les sentiments et les relations réciproques de personnages pourtant tous aussi extraordinaires les uns que les autres, mais qui, finalement et de ce fait, finissent par nous devenir familiers, proches, et parfaitement compréhensibles. En deux mots : terriblement humains.
Dans le registre, je dois avouer avoir adoré l'infect Katsuyuki du premier tome. Un parfait anti-héros, qui n'a cependant rien d'un monstre. Et voilà qui change agréablement à la fois des héros trop parfaits, et des anti-héros super tourmentés, aux faces sombres, morbides, et ainsi de suite. Rien de cela avec Katsuyuki. Qui n'est rien d'autre que lumineusement détestable. Mais tellement jouissif...
« Quant au dessin ? » me direz-vous. Il est lui aussi lumineux. Un beau dessin, pur et épuré, dans le droit fil de la "ligne claire" du manga, pour oser une comparaison.
Sa fraîcheur sert parfaitement l'histoire, sauf dans les moments sombres, qu'elle atténue peut-être involontairement.
Après avoir achevé la lecture du sixième et dernier tome, et refermé cette oeuvre sur un dernier chapitre assez réjouissant, ainsi qu'une ultime planche qui laisse quelques questions en suspens (sur l'avenir de Yiling, plus particulièrement), je me suis finalement décidé de mettre un 5/5 à l'ensemble de la série.
"Culte!", voilà une expression que l'on devrait plutôt réserver à des séries possédant de la bouteille, qui ont influencé le secteur, et impressionné durablement les lecteurs (et auteurs...). Néanmoins, c'est en ayant bien mesuré la portée de ce qualificatif à la limite du divin, que j'en gratifie Tensai Family Company. En effet, bien qu'elle risque d'irriter un certain nombre de lecteurs (ce qui signifie d'abord qu'elle n'était pas faite pour eux), j'estime que cette série de Tomoko Ninomiya a tout le potentiel pour devenir culte.
Une série d'aventure classique mais réalisée par deux auteurs incontournables... Si classique que ça ?
De policier au départ, Bernard Prince choisit rapidement la marginalité pour louer ses services et ceux de son bateau "le Cormoran" à toutes sortes d'armateurs qui ne seront pas si clairs que ça. Accompagné du jeune orphelin Djinn qui lui a sauvé la mise au hasard d'une enquête, il ne tarde guère de s'adjoindre les services d'un vieil ivrogne, Barney Jordan, rencontré dans une Afrique encore coloniale.
Fameuse équipe, en vérité. Ces trois râleurs ne cessent de se fourrer dans les pires guêpiers aux quatre coins du monde, ce qui leur permet de croiser une brochette de vilains tout à fait charmante.
Classique alors ? Au modèle du gentil héros sans peur et sans reproche, avec éternelle fiancée et raie sur le côtés, sans oublier le triomphe modeste, Prince le marginal (et non pas le reporter, le super flic ou le mercenaire...) répond par une témérité confinant à la folie (consciente-cfr tome 7 : La fournaise des damnés), aventure amoureuse peu embarrassante sans lendemain (tome 10 : Le souffle de Moloch), crinière blanche ébouriffée (demandez à Hermann), voire scrupules à avoir sauvé un pauvre bougre rescapé d'un attentat qui se révèle n'être qu'un dictateur (tome 9 : Guérilla pour un fantôme).
Bref les apparences ne sont pas toujours ce que l'on croit. Toutefois, exotisme et bagarres sont au rendrez-vous.
Greg est très à l'aise pour écrire des scénarios intelligents, originaux et adultes, servis par son sens du dialogue irremplaçable.
Hermann se perfectionne sur cette série où son style impressionnant atteint sa maturité, faite de dynamisme et de puissance. On pourrait ajouter l'élégance du trait, c'était sa période pinceau précédent ses grandes séries campant des mondes plus glauques (Jeremiah, Les Tours de Bois-Maury).
La série a sans doute vieillie, difficile de croire en des aventuriers indépendants courant le monde dans une époque devenue bien raisonnable (?).
Reste que si l'esprit a changé, rien d'autre n'accuse son âge, et qu'il est difficile d'imaginer que l'on puisse être déçu par cette collection.
Ajoutons aussi une belle reprise signée Dany, période réaliste, très réussie.
Sévèrement jugée, une seconde relance signée Aidans ne démérite pourtant pas. Alors, demandez donc conseil à votre libraire, pour voir...
Je reviens du Mexique et je viens de relire cette bd.
Franchement c'est quand même énorme et la manière de mélanger les genres est fantastique, tout se tient.
Mais déjà, uniquement au niveau du scénario c'est génial : imaginez une coalition de mayas, aztèques, débarquant en Europe pour nous imposer leurs lois, car ils ont vu dans l'avenir que le jour où l'homme blanc débarquerait chez eux... leur fin serait proche.
Alors ils viennent et...
Pour moi une des meilleures séries d'heroic fantasy, devant Lanfeust De Troy en tout cas, ne serait-ce que pour la qualité du dessin.
Le scénario est très bon (la série n'est pas terminée).
Le codex est super sympa.
Outre la quête, le démon est fantastique, marrant, sans que le côté amusant soit bébête.
Je pense que cette série détrônera Lanfeust De Troy
Foncez !
Cette B.D. a malheureusement pas aboutit dans une série et on se demande comment ce journaliste Miller aurait continué ses démarches. Je ne vois pas très bien le rapport avec les mouettes mortes mais Bucquoy avait déjà écrit quelque chose de pareil avec les rats morts dans Le bal du rat mort.
Ici, les mouettes font du décor avec le vieux avec son chapeau qui est une sorte de sage. Le nain a un rôle de méchant ce qui est un peu caricatural quand même, si non je trouve que les personnages se situent bien par rapport à l'histoire.
Chef d'oeuvre de Jan Bucquoy!
Bien que démodée, cette Bande Dessinée est toujours actuelle en rapport avec les tueurs en série (Dutroux à été à Ostende) et la manipulation génétique: une multiplication de rats énormes a déjà été vu dans quelques capitales du monde (Mexico, Nairobi...). C'est donc scientifiquement possible.
Cependant on se demande si des rats pourraient être guidés télépathiquement par des humains. Par contre la psychanalyse dans l'histoire se fait de moins en moins pour guérir des criminels psychopathes. L'atmosphère dans cette Bande dessinée est bien des films d'horreurs (Roger Corman, Romero). Il faut de plus en plus pour faire peur aux gens à la télévision mais je pense que Le Bal du rat mort garde tous ses atouts.
N'oublions pas que Bucquoy est devenu réalisateur de cinéma après avec des films cultes comme "Camping Cosmos" qui se passe aussi à la côte belge.
La B.D. De Jan Bucquoy est inspiré par l'inter connectivité du temps et de l'espace. C'est donc du fantastique mais non de la science fiction.
Daniël Jaunes, jeune inspecteur à la police judiciaire de Bruxelles est appelé à Dinant et nommé. Il se plaint qu'à Dinant il se passe rien mais dans le train il a eu une conversation avec une dame qui lui racontait le meurtre de son fils par la gestapo. Une étrange lettre arrive chez lui avec sa carte de parti de Rex de 1938. A ce moment il n'était pas encore né...
Les dessins de Tito sont originaux et le texte de Bucquoy est intéressant à plusieurs reprises.
Il n'hésite pas à faire une référence au réalisme magique avec le film "Malpertuis" au cinéma de Dinant. Cette B.C. a tout pour être une histoire originale. On peut se plaindre des connotations politiques injustes, les uniformes qui ne sont pas correctes mais le tout est quand même réaliste.
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La Marie en plastique
Chassez vos a priori ! Cette couverture, de prime abord peu avenante, dissimule une petite perle. Dans une peinture sociale façon « document réalité », Pascal Rabaté scènarise le quotidien assez morose d’une modeste famille de provinciaux. Trois générations que composent, entre autre, une grand-mère grenouille de bénitier et un grand-père coco de la première heure, toujours prompts à se voler dans les plumes. Leur fille, mère au foyer dévouée, et son mari, chef de famille contenté, tolérant et discret, tous deux légèrement désabusés. Leurs enfants. Et, enfin, l’inévitable beau-frère, franchouillard avéré et lourdingue à souhait, et sa petite smala. Spectateur des rituels de leur pauvre petite vie monotone, rythmée par les prises de bec des grands-parents, on se lasse, on critique, on se moque (et l’on se rassure). Pourtant, en faisant prendre de l’importance au futile, l’auteur nous rend leur routine un peu plus familière. On s’insinue alors doucement dans leur intimité et, malgré leurs défauts, ils nous deviennent progressivement plus attachants. On glisse de l’esquisse satirique au portrait de famille presque tendre. Ces gens que l’on raillait, on les trouve finalement attendrissants, on aurait envie de les aimer. Le trait de David Prudhomme est très simple, très épuré. Même si, en premier lieu, j’avoue l’avoir trouvé assez laid, on se rend vite compte qu’il est, en fait, d’une incroyable richesse. Quelques lignes suffisent à rendre les visages et les corps très expressifs, et sublimer ainsi les attitudes les plus anodines. Ses couleurs, quant à elles, par instants « limite fades », adoucissent le côté caricatural du récit. Un album vraiment très savoureux. On attend impatiemment la suite, d’autant que le premier opus se clôt sur un coup de théâtre étonnant, laissant augurer bien du remue-ménage dans le clan…
Comanche
Louée justement pour son unité de lieu, cette série met en scène Comanche, une jeune femme qui s'efforce de faire vivre son ranch, le triple-six. Elle est aidée par Red Dust, un cow-boy rapide de la gâchette, qui décide de lui apporter son soutien pour contrer une bande de tueurs décidée à chasser Comanche de la ville de Greenstone Falls. Dust s'accapare la vedette, mais même dans les albums où Comanche ne joue que les seconds rôles, cesse-t-elle d'apparaître ? En effet, la jeune femme est résolument tournée vers l'avenir dans un ouest américain gagné par le modernisme. Dust sans attaches cherche à tout prix à conserver son individualité et fuit la civilisation. Pourtant, paradoxalement, il ne cessera de revenir vers Comanche qui cristallise au final cette civilisation en marche. Cette lutte des gens obsédés par le passé contre ceux acceptant l'avenir donne une touche nostalgique et crépusculaire qui est pour le moins originale dans le monde de la bande dessinée. Le point d'orgue de la série est sans doute "Le ciel est rouge sur Laramie" où Dust se lance à la poursuite du meurtrier Dobbs. Cette chasse à l'homme devient rapidement une chasse à mort et donne une vision peu gratifiante de la violence, qui n'est que l'aboutissement d'une détérioration psychologique, Dust ayant été le témoin de trop d'atrocités pour épargner un tueur à sa merci. Ceux qui souhaiteraient y voir une apologie de l'autodéfense oublieraient que Dust lui-même est tellement peu satisfait de son geste, qu'il est incapable de le reproduire dans le tome suivant. Dust tente alors de se convaincre que la civilisation repousse la sauvagerie d'une terre sans lois et essaye de s'intégrer en devenant shérif adjoint, mais il ne pourra s'empêcher de fuir une dernière fois pour rechercher une certaine liberté, avant de retrouver le triple-six définitivement. Greg réussit pleinement ses scénarios en créant des personnages plus vrais que nature sans jamais forcer le trait mais en soignant particulièrement l'aspect psychologique. Hermann est à son affaire pour décrire un monde encore sauvage peu à peu gagné par la modernité, il le fait d'un trait puissant et très réaliste. Michel Rouge lui succède avec un dessin proche de celui de Jean Giraud, mais très réussi. Malheureusement, Greg abandonne l'idée de la civilisation en marche pour rédiger des scénarios plus classiques, dont le ton est moins réussi que celui des albums d'Hermann. Au final, une série indispensable dans l'univers du western.
Kosmo
Moi qui ne connaissais pas du tout ce que faisait Nicolas Witko, j'ai été agréablement surpris par cet ouvrage de science fiction mêlant habilement humour et suspense. De plus, j'ai adoré le dessin et les couleurs très "nouvelle bd" ; On sent un vrai souci esthétique de la part de l'auteur, pour chaque page. Cependant certains procédés de narration (ellipse, flash-back) parfois pas très clairs ont entraîné des confusions durant ma lecture.
Tensai Family Company
A ce jour, Tensai Family Company, sous-titré "Génies en tous genres", est un des mangas les plus intelligents que j'ai lu, dans le genre "divertissant". Je précise bien qu'il s'agit d'abord d'un divertissement, essentiellement basé sur l'humour (quoique pas toujours, il y a des moments assez sombres), et c'est ainsi qu'il faut prendre cette histoire, aux personnages parfois totalement improbables, mais qui sait denteler dans la finesse des psychologies. C'est là, sans doute, une des grandes forces de Tensai Family Company : le doigté avec lequel l'auteure développe les sentiments et les relations réciproques de personnages pourtant tous aussi extraordinaires les uns que les autres, mais qui, finalement et de ce fait, finissent par nous devenir familiers, proches, et parfaitement compréhensibles. En deux mots : terriblement humains. Dans le registre, je dois avouer avoir adoré l'infect Katsuyuki du premier tome. Un parfait anti-héros, qui n'a cependant rien d'un monstre. Et voilà qui change agréablement à la fois des héros trop parfaits, et des anti-héros super tourmentés, aux faces sombres, morbides, et ainsi de suite. Rien de cela avec Katsuyuki. Qui n'est rien d'autre que lumineusement détestable. Mais tellement jouissif... « Quant au dessin ? » me direz-vous. Il est lui aussi lumineux. Un beau dessin, pur et épuré, dans le droit fil de la "ligne claire" du manga, pour oser une comparaison. Sa fraîcheur sert parfaitement l'histoire, sauf dans les moments sombres, qu'elle atténue peut-être involontairement. Après avoir achevé la lecture du sixième et dernier tome, et refermé cette oeuvre sur un dernier chapitre assez réjouissant, ainsi qu'une ultime planche qui laisse quelques questions en suspens (sur l'avenir de Yiling, plus particulièrement), je me suis finalement décidé de mettre un 5/5 à l'ensemble de la série. "Culte!", voilà une expression que l'on devrait plutôt réserver à des séries possédant de la bouteille, qui ont influencé le secteur, et impressionné durablement les lecteurs (et auteurs...). Néanmoins, c'est en ayant bien mesuré la portée de ce qualificatif à la limite du divin, que j'en gratifie Tensai Family Company. En effet, bien qu'elle risque d'irriter un certain nombre de lecteurs (ce qui signifie d'abord qu'elle n'était pas faite pour eux), j'estime que cette série de Tomoko Ninomiya a tout le potentiel pour devenir culte.
Bernard Prince
Une série d'aventure classique mais réalisée par deux auteurs incontournables... Si classique que ça ? De policier au départ, Bernard Prince choisit rapidement la marginalité pour louer ses services et ceux de son bateau "le Cormoran" à toutes sortes d'armateurs qui ne seront pas si clairs que ça. Accompagné du jeune orphelin Djinn qui lui a sauvé la mise au hasard d'une enquête, il ne tarde guère de s'adjoindre les services d'un vieil ivrogne, Barney Jordan, rencontré dans une Afrique encore coloniale. Fameuse équipe, en vérité. Ces trois râleurs ne cessent de se fourrer dans les pires guêpiers aux quatre coins du monde, ce qui leur permet de croiser une brochette de vilains tout à fait charmante. Classique alors ? Au modèle du gentil héros sans peur et sans reproche, avec éternelle fiancée et raie sur le côtés, sans oublier le triomphe modeste, Prince le marginal (et non pas le reporter, le super flic ou le mercenaire...) répond par une témérité confinant à la folie (consciente-cfr tome 7 : La fournaise des damnés), aventure amoureuse peu embarrassante sans lendemain (tome 10 : Le souffle de Moloch), crinière blanche ébouriffée (demandez à Hermann), voire scrupules à avoir sauvé un pauvre bougre rescapé d'un attentat qui se révèle n'être qu'un dictateur (tome 9 : Guérilla pour un fantôme). Bref les apparences ne sont pas toujours ce que l'on croit. Toutefois, exotisme et bagarres sont au rendrez-vous. Greg est très à l'aise pour écrire des scénarios intelligents, originaux et adultes, servis par son sens du dialogue irremplaçable. Hermann se perfectionne sur cette série où son style impressionnant atteint sa maturité, faite de dynamisme et de puissance. On pourrait ajouter l'élégance du trait, c'était sa période pinceau précédent ses grandes séries campant des mondes plus glauques (Jeremiah, Les Tours de Bois-Maury). La série a sans doute vieillie, difficile de croire en des aventuriers indépendants courant le monde dans une époque devenue bien raisonnable (?). Reste que si l'esprit a changé, rien d'autre n'accuse son âge, et qu'il est difficile d'imaginer que l'on puisse être déçu par cette collection. Ajoutons aussi une belle reprise signée Dany, période réaliste, très réussie. Sévèrement jugée, une seconde relance signée Aidans ne démérite pourtant pas. Alors, demandez donc conseil à votre libraire, pour voir...
Luxley
Je reviens du Mexique et je viens de relire cette bd. Franchement c'est quand même énorme et la manière de mélanger les genres est fantastique, tout se tient. Mais déjà, uniquement au niveau du scénario c'est génial : imaginez une coalition de mayas, aztèques, débarquant en Europe pour nous imposer leurs lois, car ils ont vu dans l'avenir que le jour où l'homme blanc débarquerait chez eux... leur fin serait proche. Alors ils viennent et...
Les Forêts d'Opale
Pour moi une des meilleures séries d'heroic fantasy, devant Lanfeust De Troy en tout cas, ne serait-ce que pour la qualité du dessin. Le scénario est très bon (la série n'est pas terminée). Le codex est super sympa. Outre la quête, le démon est fantastique, marrant, sans que le côté amusant soit bébête. Je pense que cette série détrônera Lanfeust De Troy Foncez !
Charles Miller
Cette B.D. a malheureusement pas aboutit dans une série et on se demande comment ce journaliste Miller aurait continué ses démarches. Je ne vois pas très bien le rapport avec les mouettes mortes mais Bucquoy avait déjà écrit quelque chose de pareil avec les rats morts dans Le bal du rat mort. Ici, les mouettes font du décor avec le vieux avec son chapeau qui est une sorte de sage. Le nain a un rôle de méchant ce qui est un peu caricatural quand même, si non je trouve que les personnages se situent bien par rapport à l'histoire.
Le Bal du rat mort
Chef d'oeuvre de Jan Bucquoy! Bien que démodée, cette Bande Dessinée est toujours actuelle en rapport avec les tueurs en série (Dutroux à été à Ostende) et la manipulation génétique: une multiplication de rats énormes a déjà été vu dans quelques capitales du monde (Mexico, Nairobi...). C'est donc scientifiquement possible. Cependant on se demande si des rats pourraient être guidés télépathiquement par des humains. Par contre la psychanalyse dans l'histoire se fait de moins en moins pour guérir des criminels psychopathes. L'atmosphère dans cette Bande dessinée est bien des films d'horreurs (Roger Corman, Romero). Il faut de plus en plus pour faire peur aux gens à la télévision mais je pense que Le Bal du rat mort garde tous ses atouts. N'oublions pas que Bucquoy est devenu réalisateur de cinéma après avec des films cultes comme "Camping Cosmos" qui se passe aussi à la côte belge.
Jaunes
La B.D. De Jan Bucquoy est inspiré par l'inter connectivité du temps et de l'espace. C'est donc du fantastique mais non de la science fiction. Daniël Jaunes, jeune inspecteur à la police judiciaire de Bruxelles est appelé à Dinant et nommé. Il se plaint qu'à Dinant il se passe rien mais dans le train il a eu une conversation avec une dame qui lui racontait le meurtre de son fils par la gestapo. Une étrange lettre arrive chez lui avec sa carte de parti de Rex de 1938. A ce moment il n'était pas encore né... Les dessins de Tito sont originaux et le texte de Bucquoy est intéressant à plusieurs reprises. Il n'hésite pas à faire une référence au réalisme magique avec le film "Malpertuis" au cinéma de Dinant. Cette B.C. a tout pour être une histoire originale. On peut se plaindre des connotations politiques injustes, les uniformes qui ne sont pas correctes mais le tout est quand même réaliste.