« La bombe familiale » est mon album « patte de mouche » préféré à ce jour. L’histoire est originale et rigolote au possible, avant de virer au cynique et à l’humour noir sur les quelques dernières pages. La dernière case est absolument géniale.
Le dessin est assez sobre pour du David B. mais je l’ai trouvé joli et bien adapté à l’histoire.
A lire !
Tome 1 :
«Le ciel au dessus de Bruxelles» reprend certains aspects du XXe ciel.com, par exemple en mélangeant images d’archives et dessins, en inscrivant l’origine de l’album dans un camp de concentration, ou en faisant référence aux anges et aux étoiles. Il existe une certaine filiation entre les deux albums. Mais alors que le XXe ciel faisait le tour des grands événements du siècle passé, le dernier album d’Yslaire s’inscrit dans l’actualité de l’après 11 septembre et raconte la rencontre improbable d’un Juif mort dans un camp de concentration et d’une beurette qui débarque à Bruxelles pour se faire exploser au milieu d’une manifestation contre la guerre en Irak. La relation d’amour et de haine qui se développe entre les deux protagonistes changera-t-elle le cours de l'histoire? Malgré certains aspects irritants (des policiers Bruxellois un peu trop clichés, un lettrage pseudo-arabe ou cyrillique dont on ne sait pas très bien s’il fait référence à d’autres langues ou à des accents, un traitement informatique des images qui n’est pas toujours des plus réussi, une notion du temps quelque peu farfelue, etc.), l’album accroche cependant l’intérêt du lecteur par le thème choisi, et surtout par la manière dont il est traité. Il s’agit du premier album de BD dont «l’héroïne» est une femme voilée, nourrissant des pensées terroristes. Une des rares BD francophones à traiter des jours qui ont succédés au 11 septembre et précédés la guerre en Irak. Yslaire marche sur des œufs mais s’en tire admirablement bien, sans trop de clichés ni de mélo, avec un peu de la triste mélancolie qui se dégageait du XXe ciel, et en prime une intrigue qui se développe mine de rien et laisse attendre la suite avec impatience. Il reste à souhaiter que le deuxième tome ne décevra pas les espoirs nourris lors de la lecture du premier.
Tome 2 :
Dans ce second et dernier tome, la provoc entamée dans l’album précédent est poussée à son paroxysme : l’obscénité des scènes d’amour et de sexe répond à celles de mort et de guerre qui s’étalent sur les écrans de TV ; les barbelés et les militaires d’un checkpoint Israéliens referment la BD qui s’ouvrait sur les barbelés et les tortionnaires d’un camp de concentration. Injustice face au palais de justice, ceinture d’explosifs et ceinture de chasteté, larmes contre foutre, mort contre orgasme, Yslaire fait son John Lennon et décline sa propre version de « faites l’amour, pas la guerre » avec un Roméo Juif, une Juliette Musulmane, et une fin toute Shakespearienne. Ce second tome fait beaucoup plus que répondre aux attentes en refermant les ouvertures du premier tome. Il réussit à créer la surprise en leur donnant un sens nouveau et en les inscrivant toutes dans une même ode à la paix, à l’amour et à la tolérance. Yslaire choque et provoque, mais avec une impudeur si décente et un respect si profond de ses personnages qu’on lui pardonne tout. Il signe ici, à mon avis, son meilleur album, et un des albums marquants de 2007.
Chaque album de Largo est un plaisir à lire. Très dépaysant et bourré d'action et de belles gonzesses ! Des aventures très agréables où Van Hamme nous initie aux mystères de la finance de façon assez claire pour des néophytes.
Francq a le don de nous transporter dans n'importe quel lieu de la planète en une case ou deux grâce à son dessin lumineux et très précis. Il arrive à nous montrer les lieux les plus reconnaissables d'une ville sans pour autant faire "carte postale", en intégrant parfaitement le décor à l'action. Si la topographie de tous les passages exotiques de Largo est aussi précise que celle de St Tropez dans "Les 3 yeux...", chapeau!
Pour la précision de la description des lieux, et "l'impression d'y être" que ça donne, Largo est un peu à la BD ce que S.A.S. est aux romans.
Le travail sur le texte et le dessin est si bien réussi que l'on entre dans l'histoire dès la 1ère vignette.
Dommage qu'on termine trop vite la lecture d'un album. Il faudrait des albums plus "denses". Le diptyque en 1 seul volume ! Mais peut-être que Francq ne pourrait y exprimer tout son talent ? Et surtout, mauvaise idée financière !
Une BD de SF sympa, basée sur une idée de départ plutôt alléchante : la possibilité de prévoir, voire même de contrôler le hasard grâce à de complexes calculs mathématiques. La pilule paraît un peu difficile à avaler, mais ce détail s’estompe une fois l’histoire commencée, tellement cette dernière est bien écrite et bourrée d’action. Le scénario de Christophe est très cohérent et finalement assez facile à suivre, ce qui est remarquable vu la complexité de l’intrigue. La fin m’a beaucoup plu (mais chut).
Bon, le style du dessin et la quantité d’action fait que cette BD n’est pas forcément le genre de BD que je préfère généralement. Elle est selon moi à ranger parmi les nombreuses BD polar/action/sf de Morvan par exemple. Mais malgré cela j’ai quand même passé un très bon moment de lecture, grâce à une intrigue bien construite et passionnante. A découvrir. Si le 2eme cycle sort (voir interview de l’auteur), je compte bien le lire :)
Je vous trouve un peu durs avec cette BD :)
L’ambiance polar hollywoodien devrait ravir les fans. L’intrigue est intéressante et présente tous les ingrédients du genre : un flic un peu loser, un flic pourri, une victime jeune et jolie, un mafioso, un politicien véreux… Bref, rien d’original, mais moi je suis bien rentré dans l’histoire. Le déroulement est assez lent, la lecture est facile, mais un peu gâchée par une abondance de textes « voix off » assez éprouvants.
Rien à dire sur le dessin, il sert bien l’histoire.
Voila, difficile d’en dire plus tellement ce polar est classique (mais efficace !). Les amateurs du genre apprécieront.
Je ne m’attendais pas du tout à être charmé à ce point par cette série, que je me suis fait prêter à reculons par un pote. Je m’attendais à un block buster sans charme, à une intrigue politico-religieuse compliquée et difficile à suivre… Je viens de finir le dernier tome, et je peux dire que « Le Décalogue » est tout simplement une de mes séries préférées, en tout cas la meilleure que j’ai lue depuis un bon moment.
Déjà, le principe est novateur et fonctionne à merveille. Les tomes sont plus ou moins indépendants, mais forment un tout racontant l’histoire d’une famille, de nos jours (dans le 1er tome) jusqu’à l’antiquité (dans le dernier tome). Cette chronologie inversée fonctionne à merveille, et en dévoile à chaque fois un peu plus sur ce mystérieux livre religieux. La fin est géniale, n’en fait pas trop, et fait froid dans le dos (mais je ne peux pas en dire plus !).
Les histoires religieuses sont à la mode, mais celle-ci sort vraiment son épingle du jeu. Elle est riche mais facile à suivre, parle de l’islam (ce qui change un peu des éternels complots sur le Christ), nous permet d’en apprendre beaucoup sur cette religion, et nous fait visiter des pays superbes (notamment l’Egypte).
Autre innovation : si le scénariste reste le même pour l’ensemble de la série, le dessinateur change à chaque tome. Résultat : les 10 tomes sont sortis en 2 ans à peine, et l’ensemble ne souffre pas trop d’incohérences graphiques.
Bref, pour moi cette série est parfaite, je n’ai absolument rien à redire. 5/5. Hop.
1967. La Chine, à l’apogée de la fièvre communiste. Exilé dans un camp de «rééducation», contrecoup d’un itinéraire personnel controversé, Li Fuzhi, insurgé prolétarien de la première heure, se souvient…
Des fragments de quarante ans d’une vie, réminiscences d’un (anti)héros, pièce plus ou moins volontaire d’une insurrection en marche, et qui ouvrent une fenêtre sur le passé effrayant d’une grande nation asiatique, sur le douloureux destin de son peuple.
Extrême-Orient ne possède ni vertus didactiques ni ambitions pédagogiques. Le contexte est livré quasi brut et ne s’appréhende que par bribes, dans une multiplicité d’ellipses. Sans références extérieures, il est quelquefois difficile de bien saisir les différents éléments et événements historiques. Pourtant, cela ne nuit pas au récit, lui évitant même quelques lourdeurs inutiles. Mieux, ce pseudo hermétisme restitue efficacement une sensation d'impuissance et d’embrigadement dans un irrésistible tourbillon, dans une marche en avant inéluctable de l’Histoire. Un théâtre cruel et grandiose où évoluent des acteurs anonymes écrasés par leur condition humaine.
Le style très beau et très personnel de F. Bourgeron accentue cette impression. Le fond nous raconte une révolution à l’échelle d’un pays, son graphisme nous la montre à l’échelle des hommes. De grandes cases aux couleurs souvent sombres et des hachures qui renforcent un côté froid, désespéré. Une ligne alerte, très caricaturale qui, si elle permet d’identifier les personnages, en annihile les expressions. Un miroir dévoilant, sans ambages, l'image de l’individu qui perd ses désirs et ses illusions, qui s’évanouit dans la masse résignée et dont la souffrance ininterrompue doit rester muette, balayée par le raz de marée d’une idéologie.
J’ai adoré le premier tome. Un poil plus modéré pour le second. Trop teinté d’onirisme à mon goût, il introduit une très légère note d’optimisme dans l’atmosphère noire de l’œuvre. Cela parasite un peu le «trip» que j’aurais préféré glauque d’un bout à l’autre du diptyque. Quoiqu’à bien y réfléchir, cela fournit peut-être un contre-pied qui en révèle encore mieux le désenchantement.
Superbement déprimant.
Sincèrement, ceux que je vois là n'ont acheté le livre que pour lire les BD dans les marges…
C'est CA que je trouve ridicule. Ce livre contient des espèces de règles de vie à l'usage des cons, plein de trucs qui font chier et qu'on fait tous sans faire attention etc…
Maintenant si vous achetez un livre "500 idées" SANS lire les idées MAIS en lisant seulement les petites bds… Vous savez y'a pas que les dessins et les crobars dans la vie...
(Bon ça c'est dit, pas mal de gens devraient se le lire ce truc, tiens)
L'humour touche, l'humour est drôle, pas comme l'humour "fin" qui fait à peine sourire, c'est du gros gras de masse, un blockbuster du genre : au moins, ça fait rire.
L'histoire découpée en shakras de 100% au total qu'il faut exploser pour devenir un type en or, dès que y'a une couille ben tu passe au shakra suivant et tu recommence à 0. (Là faut suivre la bd dans les marges)
Donc oui, je persiste et signe c'est le genre de book que j'offrirais (pas à un bédéphile vu qu'il veut que des Béééédééééés !) à un pote juste pour le plaisir de le taquiner.
Après avoir acheté l'intégrale en prévision du film à sortir (bonne initiative de l'éditeur qui a dû en écouler un paquet d'ailleurs), je m'y suis plongé quelques semaines plus tard et quelques jours avant d'aller voir le dit film dans une salle obscure aux sièges rouges.
Le succès critique de ce récit est certain et la quasi unanimité de ses lecteurs soulignent l'humour et l'atypicité du sujet de la vie iranienne d'il y a 20-30 ans vue de surcroît par le prisme d'une jeune indigène. Alors le récit autobiographique est bien construit, drôle, riche d'informations sur cette période pour nous autres petits européens dont les médias ne peuvent pas reporter la vie quotidienne, encore moins à l'époque qu'avec les moyens d'aujourd'hui. Qu'on aime ou pas ce dessin, la narration doit suffire à se délecter de cette histoire, réelle, bien que romancée.
Bref un très bon livre, je précise pour finir que cette conclusion s'applique au film même si des coupes par rapport au livre ont dû être faites, des choix ont été décidés pour rentrer dans le format d'un long-métrage.
Force est de constater que si Baudoin se contente de pondre un magnifique dessin, on part sur de meilleures bases que lorsqu'il est également au scénario. Ca devient très réussi quand Fred Vargas lui propose un polar bien rodé que ne reniera pas un autre adepte du genre qu'est David Chauvel. On découvre ici une sale histoire, au départ un simple vol à la tire qui va attirer bien des ennuis à ses auteurs, un serial killer est sur leur trace. Celui-ci est très méthodique, le rituel du meurtre et sa mise en scène est nécessaire comme beaucoup de tueurs en série. On suit alors un jeu du chat et de la souris, et du chien de garde entre les flics, le jeune voleur un peu paumé Grégoire et sa victime qui ne compte pas en rester là devant tel affront.
On sent venir le dénouement environ 30 ou 40 pages avant, déroulement logique et bien ficelé.
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La bombe familiale
« La bombe familiale » est mon album « patte de mouche » préféré à ce jour. L’histoire est originale et rigolote au possible, avant de virer au cynique et à l’humour noir sur les quelques dernières pages. La dernière case est absolument géniale. Le dessin est assez sobre pour du David B. mais je l’ai trouvé joli et bien adapté à l’histoire. A lire !
Le ciel au-dessus de Bruxelles
Tome 1 :
«Le ciel au dessus de Bruxelles» reprend certains aspects du XXe ciel.com, par exemple en mélangeant images d’archives et dessins, en inscrivant l’origine de l’album dans un camp de concentration, ou en faisant référence aux anges et aux étoiles. Il existe une certaine filiation entre les deux albums. Mais alors que le XXe ciel faisait le tour des grands événements du siècle passé, le dernier album d’Yslaire s’inscrit dans l’actualité de l’après 11 septembre et raconte la rencontre improbable d’un Juif mort dans un camp de concentration et d’une beurette qui débarque à Bruxelles pour se faire exploser au milieu d’une manifestation contre la guerre en Irak. La relation d’amour et de haine qui se développe entre les deux protagonistes changera-t-elle le cours de l'histoire? Malgré certains aspects irritants (des policiers Bruxellois un peu trop clichés, un lettrage pseudo-arabe ou cyrillique dont on ne sait pas très bien s’il fait référence à d’autres langues ou à des accents, un traitement informatique des images qui n’est pas toujours des plus réussi, une notion du temps quelque peu farfelue, etc.), l’album accroche cependant l’intérêt du lecteur par le thème choisi, et surtout par la manière dont il est traité. Il s’agit du premier album de BD dont «l’héroïne» est une femme voilée, nourrissant des pensées terroristes. Une des rares BD francophones à traiter des jours qui ont succédés au 11 septembre et précédés la guerre en Irak. Yslaire marche sur des œufs mais s’en tire admirablement bien, sans trop de clichés ni de mélo, avec un peu de la triste mélancolie qui se dégageait du XXe ciel, et en prime une intrigue qui se développe mine de rien et laisse attendre la suite avec impatience. Il reste à souhaiter que le deuxième tome ne décevra pas les espoirs nourris lors de la lecture du premier.
Tome 2 :
Dans ce second et dernier tome, la provoc entamée dans l’album précédent est poussée à son paroxysme : l’obscénité des scènes d’amour et de sexe répond à celles de mort et de guerre qui s’étalent sur les écrans de TV ; les barbelés et les militaires d’un checkpoint Israéliens referment la BD qui s’ouvrait sur les barbelés et les tortionnaires d’un camp de concentration. Injustice face au palais de justice, ceinture d’explosifs et ceinture de chasteté, larmes contre foutre, mort contre orgasme, Yslaire fait son John Lennon et décline sa propre version de « faites l’amour, pas la guerre » avec un Roméo Juif, une Juliette Musulmane, et une fin toute Shakespearienne. Ce second tome fait beaucoup plus que répondre aux attentes en refermant les ouvertures du premier tome. Il réussit à créer la surprise en leur donnant un sens nouveau et en les inscrivant toutes dans une même ode à la paix, à l’amour et à la tolérance. Yslaire choque et provoque, mais avec une impudeur si décente et un respect si profond de ses personnages qu’on lui pardonne tout. Il signe ici, à mon avis, son meilleur album, et un des albums marquants de 2007.
Largo Winch
Chaque album de Largo est un plaisir à lire. Très dépaysant et bourré d'action et de belles gonzesses ! Des aventures très agréables où Van Hamme nous initie aux mystères de la finance de façon assez claire pour des néophytes. Francq a le don de nous transporter dans n'importe quel lieu de la planète en une case ou deux grâce à son dessin lumineux et très précis. Il arrive à nous montrer les lieux les plus reconnaissables d'une ville sans pour autant faire "carte postale", en intégrant parfaitement le décor à l'action. Si la topographie de tous les passages exotiques de Largo est aussi précise que celle de St Tropez dans "Les 3 yeux...", chapeau! Pour la précision de la description des lieux, et "l'impression d'y être" que ça donne, Largo est un peu à la BD ce que S.A.S. est aux romans. Le travail sur le texte et le dessin est si bien réussi que l'on entre dans l'histoire dès la 1ère vignette. Dommage qu'on termine trop vite la lecture d'un album. Il faudrait des albums plus "denses". Le diptyque en 1 seul volume ! Mais peut-être que Francq ne pourrait y exprimer tout son talent ? Et surtout, mauvaise idée financière !
La Métaphore du Papillon
Une BD de SF sympa, basée sur une idée de départ plutôt alléchante : la possibilité de prévoir, voire même de contrôler le hasard grâce à de complexes calculs mathématiques. La pilule paraît un peu difficile à avaler, mais ce détail s’estompe une fois l’histoire commencée, tellement cette dernière est bien écrite et bourrée d’action. Le scénario de Christophe est très cohérent et finalement assez facile à suivre, ce qui est remarquable vu la complexité de l’intrigue. La fin m’a beaucoup plu (mais chut). Bon, le style du dessin et la quantité d’action fait que cette BD n’est pas forcément le genre de BD que je préfère généralement. Elle est selon moi à ranger parmi les nombreuses BD polar/action/sf de Morvan par exemple. Mais malgré cela j’ai quand même passé un très bon moment de lecture, grâce à une intrigue bien construite et passionnante. A découvrir. Si le 2eme cycle sort (voir interview de l’auteur), je compte bien le lire :)
The Girl from Ipanema
Je vous trouve un peu durs avec cette BD :) L’ambiance polar hollywoodien devrait ravir les fans. L’intrigue est intéressante et présente tous les ingrédients du genre : un flic un peu loser, un flic pourri, une victime jeune et jolie, un mafioso, un politicien véreux… Bref, rien d’original, mais moi je suis bien rentré dans l’histoire. Le déroulement est assez lent, la lecture est facile, mais un peu gâchée par une abondance de textes « voix off » assez éprouvants. Rien à dire sur le dessin, il sert bien l’histoire. Voila, difficile d’en dire plus tellement ce polar est classique (mais efficace !). Les amateurs du genre apprécieront.
Le Décalogue
Je ne m’attendais pas du tout à être charmé à ce point par cette série, que je me suis fait prêter à reculons par un pote. Je m’attendais à un block buster sans charme, à une intrigue politico-religieuse compliquée et difficile à suivre… Je viens de finir le dernier tome, et je peux dire que « Le Décalogue » est tout simplement une de mes séries préférées, en tout cas la meilleure que j’ai lue depuis un bon moment. Déjà, le principe est novateur et fonctionne à merveille. Les tomes sont plus ou moins indépendants, mais forment un tout racontant l’histoire d’une famille, de nos jours (dans le 1er tome) jusqu’à l’antiquité (dans le dernier tome). Cette chronologie inversée fonctionne à merveille, et en dévoile à chaque fois un peu plus sur ce mystérieux livre religieux. La fin est géniale, n’en fait pas trop, et fait froid dans le dos (mais je ne peux pas en dire plus !). Les histoires religieuses sont à la mode, mais celle-ci sort vraiment son épingle du jeu. Elle est riche mais facile à suivre, parle de l’islam (ce qui change un peu des éternels complots sur le Christ), nous permet d’en apprendre beaucoup sur cette religion, et nous fait visiter des pays superbes (notamment l’Egypte). Autre innovation : si le scénariste reste le même pour l’ensemble de la série, le dessinateur change à chaque tome. Résultat : les 10 tomes sont sortis en 2 ans à peine, et l’ensemble ne souffre pas trop d’incohérences graphiques. Bref, pour moi cette série est parfaite, je n’ai absolument rien à redire. 5/5. Hop.
Extrême Orient
1967. La Chine, à l’apogée de la fièvre communiste. Exilé dans un camp de «rééducation», contrecoup d’un itinéraire personnel controversé, Li Fuzhi, insurgé prolétarien de la première heure, se souvient… Des fragments de quarante ans d’une vie, réminiscences d’un (anti)héros, pièce plus ou moins volontaire d’une insurrection en marche, et qui ouvrent une fenêtre sur le passé effrayant d’une grande nation asiatique, sur le douloureux destin de son peuple. Extrême-Orient ne possède ni vertus didactiques ni ambitions pédagogiques. Le contexte est livré quasi brut et ne s’appréhende que par bribes, dans une multiplicité d’ellipses. Sans références extérieures, il est quelquefois difficile de bien saisir les différents éléments et événements historiques. Pourtant, cela ne nuit pas au récit, lui évitant même quelques lourdeurs inutiles. Mieux, ce pseudo hermétisme restitue efficacement une sensation d'impuissance et d’embrigadement dans un irrésistible tourbillon, dans une marche en avant inéluctable de l’Histoire. Un théâtre cruel et grandiose où évoluent des acteurs anonymes écrasés par leur condition humaine. Le style très beau et très personnel de F. Bourgeron accentue cette impression. Le fond nous raconte une révolution à l’échelle d’un pays, son graphisme nous la montre à l’échelle des hommes. De grandes cases aux couleurs souvent sombres et des hachures qui renforcent un côté froid, désespéré. Une ligne alerte, très caricaturale qui, si elle permet d’identifier les personnages, en annihile les expressions. Un miroir dévoilant, sans ambages, l'image de l’individu qui perd ses désirs et ses illusions, qui s’évanouit dans la masse résignée et dont la souffrance ininterrompue doit rester muette, balayée par le raz de marée d’une idéologie. J’ai adoré le premier tome. Un poil plus modéré pour le second. Trop teinté d’onirisme à mon goût, il introduit une très légère note d’optimisme dans l’atmosphère noire de l’œuvre. Cela parasite un peu le «trip» que j’aurais préféré glauque d’un bout à l’autre du diptyque. Quoiqu’à bien y réfléchir, cela fournit peut-être un contre-pied qui en révèle encore mieux le désenchantement. Superbement déprimant.
500 idées pour être un type en or
Sincèrement, ceux que je vois là n'ont acheté le livre que pour lire les BD dans les marges… C'est CA que je trouve ridicule. Ce livre contient des espèces de règles de vie à l'usage des cons, plein de trucs qui font chier et qu'on fait tous sans faire attention etc… Maintenant si vous achetez un livre "500 idées" SANS lire les idées MAIS en lisant seulement les petites bds… Vous savez y'a pas que les dessins et les crobars dans la vie... (Bon ça c'est dit, pas mal de gens devraient se le lire ce truc, tiens) L'humour touche, l'humour est drôle, pas comme l'humour "fin" qui fait à peine sourire, c'est du gros gras de masse, un blockbuster du genre : au moins, ça fait rire. L'histoire découpée en shakras de 100% au total qu'il faut exploser pour devenir un type en or, dès que y'a une couille ben tu passe au shakra suivant et tu recommence à 0. (Là faut suivre la bd dans les marges) Donc oui, je persiste et signe c'est le genre de book que j'offrirais (pas à un bédéphile vu qu'il veut que des Béééédééééés !) à un pote juste pour le plaisir de le taquiner.
Persepolis
Après avoir acheté l'intégrale en prévision du film à sortir (bonne initiative de l'éditeur qui a dû en écouler un paquet d'ailleurs), je m'y suis plongé quelques semaines plus tard et quelques jours avant d'aller voir le dit film dans une salle obscure aux sièges rouges. Le succès critique de ce récit est certain et la quasi unanimité de ses lecteurs soulignent l'humour et l'atypicité du sujet de la vie iranienne d'il y a 20-30 ans vue de surcroît par le prisme d'une jeune indigène. Alors le récit autobiographique est bien construit, drôle, riche d'informations sur cette période pour nous autres petits européens dont les médias ne peuvent pas reporter la vie quotidienne, encore moins à l'époque qu'avec les moyens d'aujourd'hui. Qu'on aime ou pas ce dessin, la narration doit suffire à se délecter de cette histoire, réelle, bien que romancée. Bref un très bon livre, je précise pour finir que cette conclusion s'applique au film même si des coupes par rapport au livre ont dû être faites, des choix ont été décidés pour rentrer dans le format d'un long-métrage.
Les Quatre Fleuves
Force est de constater que si Baudoin se contente de pondre un magnifique dessin, on part sur de meilleures bases que lorsqu'il est également au scénario. Ca devient très réussi quand Fred Vargas lui propose un polar bien rodé que ne reniera pas un autre adepte du genre qu'est David Chauvel. On découvre ici une sale histoire, au départ un simple vol à la tire qui va attirer bien des ennuis à ses auteurs, un serial killer est sur leur trace. Celui-ci est très méthodique, le rituel du meurtre et sa mise en scène est nécessaire comme beaucoup de tueurs en série. On suit alors un jeu du chat et de la souris, et du chien de garde entre les flics, le jeune voleur un peu paumé Grégoire et sa victime qui ne compte pas en rester là devant tel affront. On sent venir le dénouement environ 30 ou 40 pages avant, déroulement logique et bien ficelé.