Je suis toujours accro à ce scénario palpitant, mais le dessin et les couleurs sont… assez laids. Je remarque une très nette dégradation graphique, rien avoir avec les superbes planches des premiers cycles et surtout les belles couleurs (d’Isabelle Merlet). Tout ceci me fait penser à une autre série où il y a une grosse dégradation graphique (Chroniques de la lune noire).
Mais "Le Chant des Stryges" reste pour moi une très bonne bd. Vivement la suite et le dénouement de ce polar brillant.
Je ne sais pas trop quoi dire à part que j’ai trouvé ça excellent et que ça me donne énormément envie de lire les autres séries de cette collection.
Forcément le scénario et le talent de narrateur de Giroud y sont pour beaucoup et c’est dans le registre historique que je l’apprécie tout particulièrement. Toutes les séquences en flash-backs sont criantes de vérité, l’histoire du 20ème siècle m’ayant toujours passionné, j’ai vraiment été pris dans l’enquête de ce jeune français à la recherche de son passé. Certes, très rapidement on ne comprend plus trop l’intérêt direct de ses recherches mais vu le flot de péripéties dans lequel il est emporté, ses réactions y faisant suite sont tout à fait crédibles.
Je me dis juste que pour la fin il aurait pu éviter de trop nous mettre sur la voie, j’ai trouvé ça un peu téléphoné.
Le graphisme est vraiment excellent, des visages simples aux expressions justes dans des décors très détaillés, on s’attache vite aux personnages. A côté de ça, on ne s’ennuie pas et chaque tome comporte son lot de révélations ; du tout bon.
J’ai beaucoup aimé le concept de cette collection et, en témoignent les avis positifs concernant les autres séries, il sera bon de surveiller les prochaines parutions.
Putain de boulot...
Partir tous les jours pour faire un boulot de merde, c'est une sensation que beaucoup d'entre nous connaissent. Ici Efix illustre et adapte le roman de Jean-Pierre Levaray, qui livre son témoignage sur 30 ans de trime à l'usine (Total ?).
C'est un électrochoc. Bien sûr, si vous êtes bien informé(e)(s), vous savez que la vie en usine est rude, qu'il y a beaucoup d'accidents, des suicides, des dépressions à la chaîne... Mais il vous manquait un témoignage fort.
Le voilà, ce témoignage. On aurait plutôt vu un Etienne Davodeau dans ce genre d'exercice, lui qui est un peu la tête de pont de la BD engagée et sociale. Mais c'est Efix qui se colle au dessin, fidèle de la maison Petit à Petit, mais aussi et surtout auteur entier, libre d'esprit, et ancien ouvrier. Son style très rond n'a pas, de prime abord, d'atomes crochus avec ce type d'histoire. Mais c'est un maître du noir et blanc, et l'on oublie bien vite son style lorsqu'on est pris par une histoire, comme c'est le cas ici.
Les ambiances, les expressions, les cadrages, tout est très bon, et l'on passe un très bon moment de lecture, et de réflexion. Iannick en parle bien mieux que moi, mais croyez-moi, c'est une excellente BD.
Voici une autre série soldée par Glénat, et encore une fois, j’ai vraiment été surpris par sa qualité.
C’est vrai que le premier contact avec le dessin est plutôt repoussant. Malgré le style réaliste, je trouve les visages, les corps et les décors déformés, tordus. Le rendu général fait un peu « sale » et le tout ne s’arrange pas avec le changement de dessinateur sur le 4ème tome. Pourtant, quand on noue le dessin et le scénario, tout semble correspondre parfaitement.
Le récit va se dérouler sur une période assez longue allant de l’avant 2nde guerre mondiale à la fin de celle-ci. On va suivre le destin croisé de 2 hommes issus de 2 univers antagonistes : le premier venant de la classe ouvrière, cherchant à tout prix la fortune et le second venant d’une famille bourgeoise prêt à tout pour défendre ces idées généreuses et loin de ses origines.
Le contexte d’avant-guerre est parfaitement rendu : lutte des classes, changements politiques, l’approche de la guerre. La narration est vraiment très voir trop dense mais le récit se concentre vraiment sur ses 2 hommes qui vont en quelque sorte échanger leur place sans jamais le savoir. Je ne dis rien sur le final de cette série qui est vraiment très réussi, mais il laisse forcément un goût amer dans la bouche.
Je ne saurai que conseiller la lecture de cette excellente série. Un point c’est tout !
J’ai profité de la grande braderie de Glénat en début d’année pour découvrir cette série que je n’aurais certainement pas lu sinon. A la fin de ma lecture, je me suis dit que ça aurait été quand même dommage.
Dans un pays imaginaire situé en Afrique, le scénariste nous plonge au plus profond d’un monde complètement pourri où la seule méthode qui convient pour arriver à ses fins est la corruption. Dans ce contexte, nous allons suivre les pérégrinations de 2 flics qui vont tout faire pour mener à bien leur enquête.
Même si les noms utilisés pour les pays ou villes sont complètement imaginaires, cette série est une énorme critique de ce qui peut se passer en Afrique, avec une vision très « noire » des choses. L’ensemble est souvent assez confus et on a un peu de mal à suivre l’intrigue mais en s’accrochant on pourra apprécier la richesse des dialogues et des personnages vraiment « vivants »… De plus, malgré la confusion, l’intrigue est vraiment bien ficelée et intéressante.
Les dessins sont tout à fait dans le ton africain, avec des personnages qui ont de vrais « tronches » même s’ils sont parfois difficilement reconnaissables. C’est dommage car c’est un défaut qui se cumule avec le côté confus de l’intrigue. Pour le reste, c’est du tout bon. L'auteur a su jouer sur les couleurs chaudes pour rendre le côté étouffant de la chaleur de ce continent. Son trait est vraiment vivant et apporte de l’énergie au récit.
Une très bonne découverte que cette série, j’en conseille la lecture et préviens qu’il faut parfois s’accrocher pour ne pas se perdre en route.
La dénomination "fou", on la retrouve un peu partout dans cette série.
Turf a ici créé un univers personnel complètement baroque... et fou. Son petit royaume d'Eauxfolles est ses personnages sont riches, bien fournis en détails et -surtout- bénéficient d'une très belle palette de couleurs.
Cette "nef" m'a montré une vraie force créatrice de l'auteur, tant dans le développement de ses histoires que dans son graphisme.
Cette série est une sorte d'heureux mélange de genres où l'on peut y retrouver qui une sorte de films fantastiques ou de SF des années 50, qui de vieilles séries animées, de vieux jouets en métal comme j'en ai connu au tout début des années 60 (de vieux machins que l'on "remontait" avec une clé).
Cette "nef" est vraiment inspirée, bénéficie d'un traitement textuel et graphique qui fait que l'on s'y attache d'entrée. Que faut-il demander de plus que de passer un très bon moment de lecture, hein ?...
La claque, une bd d'enfer à se procurer le plus rapidement possible. Fan de Tarantino et d'un univers noir et malsain jetez-vous dessus.
Le scénario est très bon et les dialogues sont percutants, le dessin est très bien approprié à ce style de scénario et les couleurs reflètent parfaitement l'atmosphère.
Bref, ça sent la bd culte à plein nez et c'est tant mieux.
Ma côte 4,5/5.
Enchaînés est encore une série que j’ai découvert par l’intermédiaire des nombreux avis positifs la concernant.
En fait, j’avais déjà remarqué ces albums grâce aux couvertures qui attirent l’œil mais à chaque feuilletage rapide, les dessins me laissaient vraiment perplexe. Après lecture, je dois dire que ce n’est pas le point fort de la série. Le style réaliste n’est pas toujours très bien maîtrisé et on peut remarquer des défauts de proportions sur les corps et de perspectives sur les visages. L’ensemble a un petit côté austère mais au final l’ambiance générale, ce qui est le principal, est bien rendue.
Au niveau du scénario, la trame de départ est vraiment originale : 4 personnes qui ont toutes des vies difficiles se retrouvent au milieu d’un jeu malsain pouvant leur rapporter gros mais leur demandant de tuer une autre personne. Ce qu’ils ne savent pas c’est que chacun doit tuer un autre participant. Callède commence le récit en nous décrivant de façon très réussie les différents personnages, qui sont certes caricaturaux dans la décadence, mais paraissent réels. Il alterne ensuite entre les différents protagonistes et montre l’évolution de chacun face à ses doutes, ses craintes, ses rêves. Le côté psychologique est très travaillé, bien maîtrisé et donne une certaine profondeur à la lecture. Au final, on se retrouve devant un récit souvent noir, glauque, qui met en avant les dérives de l’être humain. J’ai par contre un petit regret sur le déroulement du dernier tome, pas sur la fin que j’ai trouvée assez réussie, mais sur des passages assez longs qui n’apportent pas grand-chose.
Callède est vraiment un de mes scénaristes préférés, qui sait à chaque fois traiter son sujet du bon côté, avec les bons éléments. Comme beaucoup, je ne peux que conseiller cette série.
Ca, j'aime vraiment bien !...
Une très belle série qui débute dans l'hebdo "Pilote" n° 666 du 10 Août 1972. Sous forme de récits complets de quelques 8/10 pages, elle se terminera dans le n° 706 du 17 Mai 1973, ce après 7 "épisodes".
Ces mange-bitume, c'est une sorte de vision du début des années 2000 avec quasi 30 ans d'avance !
Lob avait imaginé l'importance de plus en plus grande que la voiture allait occuper dans la vie de tous les jours. Avec 30 ans d'avance, il créait déjà des véhicules confortables équipés de TV, d'ordinateurs, d'écrans ; des véhicules où l'on peut travailler au vu de l'impossibilité croissante de se déplacer facilement sur un réseau routier de plus en plus encombré.
A l'époque, Bielsa a créé graphiquement ces sortes de "concept cars" que l'on peut déjà retrouver sur nos routes actuelles.
Bien entendu, un scénario de base a été créé pour donner plus de relief à ces histoires. J'avais ainsi découvert un monde régi par la mécanique, un monde où les hommes vivent quasi tout le temps dans leurs véhicules. J'ai suivi deux flics -Holster et Baudrier (!)- dans leur surveillance aérienne de ces "voitures-maisons" ; des véhicules conduits par des gens de plus en plus solitaires dans leur comportement, de plus en plus indépendants, de plus en plus insupportables aussi...
Une chouette série de récits réunis en un seul album et qui fait se poser des questions en fin de lecture. Est-ce que tout ceci ne pourrait pas devenir réalité dans un futur assez proche ?... mais non, mais non... En êtes-vous bien sûr ?...
Il m’est assez difficile de donner mon avis sur l’écorché. Oui j’ai aimé c’est sur, mais cette série mérite t-elle 4 étoiles ou seulement 3 ? Difficile à dire.
Mon sentiment final est quand même très positif. J’ai passé un bon moment et j’ai aimé le scénario. J’ai aimé le secret que l’on découvre dans le tome 2. C’est bien amené, je ne m’y attendais pas trop. Ce qui est fort c’est qu’au vue de l’énergie mise en œuvre par certains personnages pour garder ce secret on pouvait s’attendre à quelque chose d’une ampleur terrible, une révélation extraordinaire. Eh finalement non, c’est juste une histoire de famille, mais c’est bien raconté et j’ai beaucoup aimé.
Parallèlement je ne me suis pas senti attaché au personnage de Tristan, ni ému par son histoire pourtant pas facile. J’ai du pas mal revenir en arrière dans ma lecture pour être sur de bien tout comprendre, surtout dans le premier tome ou tout n’est pas encore très clair.
Le dessin est plutôt bon, je reconnais aisément le talent du dessinateur, mais ce n’est pas vraiment le style que j’affectionne le plus en BD.
Mais comme d’habitude, j’ai passé un bon avec la série des « secrets ».
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Le Chant des Stryges
Je suis toujours accro à ce scénario palpitant, mais le dessin et les couleurs sont… assez laids. Je remarque une très nette dégradation graphique, rien avoir avec les superbes planches des premiers cycles et surtout les belles couleurs (d’Isabelle Merlet). Tout ceci me fait penser à une autre série où il y a une grosse dégradation graphique (Chroniques de la lune noire). Mais "Le Chant des Stryges" reste pour moi une très bonne bd. Vivement la suite et le dénouement de ce polar brillant.
Secrets - Le Serpent sous la glace
Je ne sais pas trop quoi dire à part que j’ai trouvé ça excellent et que ça me donne énormément envie de lire les autres séries de cette collection. Forcément le scénario et le talent de narrateur de Giroud y sont pour beaucoup et c’est dans le registre historique que je l’apprécie tout particulièrement. Toutes les séquences en flash-backs sont criantes de vérité, l’histoire du 20ème siècle m’ayant toujours passionné, j’ai vraiment été pris dans l’enquête de ce jeune français à la recherche de son passé. Certes, très rapidement on ne comprend plus trop l’intérêt direct de ses recherches mais vu le flot de péripéties dans lequel il est emporté, ses réactions y faisant suite sont tout à fait crédibles. Je me dis juste que pour la fin il aurait pu éviter de trop nous mettre sur la voie, j’ai trouvé ça un peu téléphoné. Le graphisme est vraiment excellent, des visages simples aux expressions justes dans des décors très détaillés, on s’attache vite aux personnages. A côté de ça, on ne s’ennuie pas et chaque tome comporte son lot de révélations ; du tout bon. J’ai beaucoup aimé le concept de cette collection et, en témoignent les avis positifs concernant les autres séries, il sera bon de surveiller les prochaines parutions.
Putain d'usine
Putain de boulot... Partir tous les jours pour faire un boulot de merde, c'est une sensation que beaucoup d'entre nous connaissent. Ici Efix illustre et adapte le roman de Jean-Pierre Levaray, qui livre son témoignage sur 30 ans de trime à l'usine (Total ?). C'est un électrochoc. Bien sûr, si vous êtes bien informé(e)(s), vous savez que la vie en usine est rude, qu'il y a beaucoup d'accidents, des suicides, des dépressions à la chaîne... Mais il vous manquait un témoignage fort. Le voilà, ce témoignage. On aurait plutôt vu un Etienne Davodeau dans ce genre d'exercice, lui qui est un peu la tête de pont de la BD engagée et sociale. Mais c'est Efix qui se colle au dessin, fidèle de la maison Petit à Petit, mais aussi et surtout auteur entier, libre d'esprit, et ancien ouvrier. Son style très rond n'a pas, de prime abord, d'atomes crochus avec ce type d'histoire. Mais c'est un maître du noir et blanc, et l'on oublie bien vite son style lorsqu'on est pris par une histoire, comme c'est le cas ici. Les ambiances, les expressions, les cadrages, tout est très bon, et l'on passe un très bon moment de lecture, et de réflexion. Iannick en parle bien mieux que moi, mais croyez-moi, c'est une excellente BD.
Les Morin-Lourdel
Voici une autre série soldée par Glénat, et encore une fois, j’ai vraiment été surpris par sa qualité. C’est vrai que le premier contact avec le dessin est plutôt repoussant. Malgré le style réaliste, je trouve les visages, les corps et les décors déformés, tordus. Le rendu général fait un peu « sale » et le tout ne s’arrange pas avec le changement de dessinateur sur le 4ème tome. Pourtant, quand on noue le dessin et le scénario, tout semble correspondre parfaitement. Le récit va se dérouler sur une période assez longue allant de l’avant 2nde guerre mondiale à la fin de celle-ci. On va suivre le destin croisé de 2 hommes issus de 2 univers antagonistes : le premier venant de la classe ouvrière, cherchant à tout prix la fortune et le second venant d’une famille bourgeoise prêt à tout pour défendre ces idées généreuses et loin de ses origines. Le contexte d’avant-guerre est parfaitement rendu : lutte des classes, changements politiques, l’approche de la guerre. La narration est vraiment très voir trop dense mais le récit se concentre vraiment sur ses 2 hommes qui vont en quelque sorte échanger leur place sans jamais le savoir. Je ne dis rien sur le final de cette série qui est vraiment très réussi, mais il laisse forcément un goût amer dans la bouche. Je ne saurai que conseiller la lecture de cette excellente série. Un point c’est tout !
Les Corruptibles
J’ai profité de la grande braderie de Glénat en début d’année pour découvrir cette série que je n’aurais certainement pas lu sinon. A la fin de ma lecture, je me suis dit que ça aurait été quand même dommage. Dans un pays imaginaire situé en Afrique, le scénariste nous plonge au plus profond d’un monde complètement pourri où la seule méthode qui convient pour arriver à ses fins est la corruption. Dans ce contexte, nous allons suivre les pérégrinations de 2 flics qui vont tout faire pour mener à bien leur enquête. Même si les noms utilisés pour les pays ou villes sont complètement imaginaires, cette série est une énorme critique de ce qui peut se passer en Afrique, avec une vision très « noire » des choses. L’ensemble est souvent assez confus et on a un peu de mal à suivre l’intrigue mais en s’accrochant on pourra apprécier la richesse des dialogues et des personnages vraiment « vivants »… De plus, malgré la confusion, l’intrigue est vraiment bien ficelée et intéressante. Les dessins sont tout à fait dans le ton africain, avec des personnages qui ont de vrais « tronches » même s’ils sont parfois difficilement reconnaissables. C’est dommage car c’est un défaut qui se cumule avec le côté confus de l’intrigue. Pour le reste, c’est du tout bon. L'auteur a su jouer sur les couleurs chaudes pour rendre le côté étouffant de la chaleur de ce continent. Son trait est vraiment vivant et apporte de l’énergie au récit. Une très bonne découverte que cette série, j’en conseille la lecture et préviens qu’il faut parfois s’accrocher pour ne pas se perdre en route.
La Nef des fous
La dénomination "fou", on la retrouve un peu partout dans cette série. Turf a ici créé un univers personnel complètement baroque... et fou. Son petit royaume d'Eauxfolles est ses personnages sont riches, bien fournis en détails et -surtout- bénéficient d'une très belle palette de couleurs. Cette "nef" m'a montré une vraie force créatrice de l'auteur, tant dans le développement de ses histoires que dans son graphisme. Cette série est une sorte d'heureux mélange de genres où l'on peut y retrouver qui une sorte de films fantastiques ou de SF des années 50, qui de vieilles séries animées, de vieux jouets en métal comme j'en ai connu au tout début des années 60 (de vieux machins que l'on "remontait" avec une clé). Cette "nef" est vraiment inspirée, bénéficie d'un traitement textuel et graphique qui fait que l'on s'y attache d'entrée. Que faut-il demander de plus que de passer un très bon moment de lecture, hein ?...
Jazz Maynard
La claque, une bd d'enfer à se procurer le plus rapidement possible. Fan de Tarantino et d'un univers noir et malsain jetez-vous dessus. Le scénario est très bon et les dialogues sont percutants, le dessin est très bien approprié à ce style de scénario et les couleurs reflètent parfaitement l'atmosphère. Bref, ça sent la bd culte à plein nez et c'est tant mieux. Ma côte 4,5/5.
Enchaînés
Enchaînés est encore une série que j’ai découvert par l’intermédiaire des nombreux avis positifs la concernant. En fait, j’avais déjà remarqué ces albums grâce aux couvertures qui attirent l’œil mais à chaque feuilletage rapide, les dessins me laissaient vraiment perplexe. Après lecture, je dois dire que ce n’est pas le point fort de la série. Le style réaliste n’est pas toujours très bien maîtrisé et on peut remarquer des défauts de proportions sur les corps et de perspectives sur les visages. L’ensemble a un petit côté austère mais au final l’ambiance générale, ce qui est le principal, est bien rendue. Au niveau du scénario, la trame de départ est vraiment originale : 4 personnes qui ont toutes des vies difficiles se retrouvent au milieu d’un jeu malsain pouvant leur rapporter gros mais leur demandant de tuer une autre personne. Ce qu’ils ne savent pas c’est que chacun doit tuer un autre participant. Callède commence le récit en nous décrivant de façon très réussie les différents personnages, qui sont certes caricaturaux dans la décadence, mais paraissent réels. Il alterne ensuite entre les différents protagonistes et montre l’évolution de chacun face à ses doutes, ses craintes, ses rêves. Le côté psychologique est très travaillé, bien maîtrisé et donne une certaine profondeur à la lecture. Au final, on se retrouve devant un récit souvent noir, glauque, qui met en avant les dérives de l’être humain. J’ai par contre un petit regret sur le déroulement du dernier tome, pas sur la fin que j’ai trouvée assez réussie, mais sur des passages assez longs qui n’apportent pas grand-chose. Callède est vraiment un de mes scénaristes préférés, qui sait à chaque fois traiter son sujet du bon côté, avec les bons éléments. Comme beaucoup, je ne peux que conseiller cette série.
Les Mange-bitume
Ca, j'aime vraiment bien !... Une très belle série qui débute dans l'hebdo "Pilote" n° 666 du 10 Août 1972. Sous forme de récits complets de quelques 8/10 pages, elle se terminera dans le n° 706 du 17 Mai 1973, ce après 7 "épisodes". Ces mange-bitume, c'est une sorte de vision du début des années 2000 avec quasi 30 ans d'avance ! Lob avait imaginé l'importance de plus en plus grande que la voiture allait occuper dans la vie de tous les jours. Avec 30 ans d'avance, il créait déjà des véhicules confortables équipés de TV, d'ordinateurs, d'écrans ; des véhicules où l'on peut travailler au vu de l'impossibilité croissante de se déplacer facilement sur un réseau routier de plus en plus encombré. A l'époque, Bielsa a créé graphiquement ces sortes de "concept cars" que l'on peut déjà retrouver sur nos routes actuelles. Bien entendu, un scénario de base a été créé pour donner plus de relief à ces histoires. J'avais ainsi découvert un monde régi par la mécanique, un monde où les hommes vivent quasi tout le temps dans leurs véhicules. J'ai suivi deux flics -Holster et Baudrier (!)- dans leur surveillance aérienne de ces "voitures-maisons" ; des véhicules conduits par des gens de plus en plus solitaires dans leur comportement, de plus en plus indépendants, de plus en plus insupportables aussi... Une chouette série de récits réunis en un seul album et qui fait se poser des questions en fin de lecture. Est-ce que tout ceci ne pourrait pas devenir réalité dans un futur assez proche ?... mais non, mais non... En êtes-vous bien sûr ?...
Secrets - L'écorché
Il m’est assez difficile de donner mon avis sur l’écorché. Oui j’ai aimé c’est sur, mais cette série mérite t-elle 4 étoiles ou seulement 3 ? Difficile à dire. Mon sentiment final est quand même très positif. J’ai passé un bon moment et j’ai aimé le scénario. J’ai aimé le secret que l’on découvre dans le tome 2. C’est bien amené, je ne m’y attendais pas trop. Ce qui est fort c’est qu’au vue de l’énergie mise en œuvre par certains personnages pour garder ce secret on pouvait s’attendre à quelque chose d’une ampleur terrible, une révélation extraordinaire. Eh finalement non, c’est juste une histoire de famille, mais c’est bien raconté et j’ai beaucoup aimé. Parallèlement je ne me suis pas senti attaché au personnage de Tristan, ni ému par son histoire pourtant pas facile. J’ai du pas mal revenir en arrière dans ma lecture pour être sur de bien tout comprendre, surtout dans le premier tome ou tout n’est pas encore très clair. Le dessin est plutôt bon, je reconnais aisément le talent du dessinateur, mais ce n’est pas vraiment le style que j’affectionne le plus en BD. Mais comme d’habitude, j’ai passé un bon avec la série des « secrets ».