Chaplin

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Le premier biopic BD consacré au roi du burlesque


1900 - 1913 : Du début du XXe siècle aux prémices de la première guerre mondiale 1914 - 1918 : La Première Guerre Mondiale 1919 - 1929 : L'Après-Guerre et les Années Folles Biographies Cinéma

Octobre 1912. Charles Spencer Chaplin débarque aux États-Unis la tête pleine de rêves et d’ambition. Son nom, il le voit déjà en gros sur la 5e avenue. Comment un garçon, né dans un quartier pauvre de Londres, de deux parents artistes ratés, père alcoolique, mère folle, a pu devenir, à 25 ans, le plus grand cinéaste de son temps, en mettant Hollywood ses pieds ; l’inventeur du cinéma moderne, un créateur visionnaire et un acteur d’exception, légende vivante, porte-parole des misérables, des moins que rien, des vagabonds, et producteur immensément riche, artiste engagé dans tous les combats de son temps, dictatorial avec les siens, et que son amour des femmes rend un colosse aux pieds d’argile dans l’Amérique puritaine. C’est cette conquête de l’Amérique que retracera ce premier volume. D’une vie de misère à la Oliver Twist à la gloire absolue d’un géant, adulé de New York à San Francisco que vient déjà menacer la passion de la chair et l’engagement politique. Cette première aventure débute en 1910 quand il quitte l’Angleterre pour les Etats-Unis et se termine vers 1920, en pleine notoriété puisqu’il est déjà une des personnalités les plus connues au monde.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 18 Septembre 2019
Statut histoire Série en cours (3 tomes prévus) 1 tome paru
Dernière parution : Moins d'un an
Couverture de la série Chaplin
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26/10/2019 | Blue boy
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Par Blue boy
Note: 3/5
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Si tout le monde connaît bien cette icône du cinéma muet qu’est Charlot, peu connaissent réellement le personnage qui l’incarnait, Charlie Chaplin. Né dans un quartier miséreux de parents au destin cabossé, tous deux artistes de music-hall, l’acteur avait commencé très tôt à se produire sur scène. Alors que sa carrière tardait à décoller dans la vieille Angleterre victorienne, il prit la décision de se rendre aux Etats-Unis, terre de tous les possibles, son obsession étant de devenir riche et célèbre. C’est Hollywood, alors en phase de devenir le centre incontournable de l’industrie du cinéma, qui, en détectant son sens exceptionnel du burlesque, lui permit de propulser sa carrière vers des hauteurs inégalées jusqu’alors. Il y eut le revers de la médaille avec par la suite moult polémiques, la toute première émanant de la presse britannique qui lui reprocha d’avoir traversé l’Atlantique afin d’échapper à la mobilisation lors du premier conflit mondial de 1914-18. C’est donc David François qui s’est vu confié la mission de redonner vie en dessin à Sir Charles Spencer Chaplin. De façon presque logique, puisqu’à la lumière de sa bibliographie, l’auteur de De Briques & de Sang et de Un homme de joie semble avoir un goût particulier pour la Belle époque. Son trait, tout en ondulations fantasques et dynamiques, possède une qualité un rien désuète tout à fait adaptée à un tel récit, que vient rehausser une colorisation soignée. Dans une mise en page plutôt créative, David François s’en donne à cœur joie pour dessiner les scènes muettes, souvent burlesques — avec un joli clin d’œil au « Dictateur » où l’on voit Charlot, croyant à un avenir plein de promesses, s’amuser avec une Lune-ballon sous la voûte étoilée. La représentation pleine page des vues urbaines est splendide, notamment celle, fantasmée, de l’arrivée à New York de Chaplin, ce qui permet de mesurer tout le talent de l’auteur. Ce qui fonctionne moins, en revanche, c’est la façon dont est présentée la star. Le lecteur pourra être surpris voire déconcerté de le voir sous les traits d’un jeune homme élancé au visage en lame de couteau, avec des petits yeux de renard, pas spécialement avenant en séducteur arrogant… Un décalage énorme avec l’image que l’on peut avoir de « notre Charlot », ce petit bonhomme attachant à l’allure cocasse, bloquant toute empathie pour ce dernier dans ses mauvaises passes. Un parti pris qui nuit à la crédibilité de l’histoire, si authentique soit-elle. Toute en respectant la chronologie, le scénario de Laurent Seksik, co-auteur avec Guillaume Sorel d’une excellente bio sur Stefan Zweig (Les Derniers Jours de Stefan Zweig), fait la part belle aux anecdotes. Entrecoupée des digressions muettes de David François, la narration peine toutefois à nous offrir des moments véritablement forts et marquants. C’est un peu dommage, même si à la fin de ce premier tome, l’envie de connaître la suite de ce triptyque annoncé subsiste.

26/10/2019 (modifier)