L’avantage d’un site comme BDTHEQUE, c’est qu’il vous permet de faire des découvertes comme celle-ci. Cette série commence à dater un peu, aussi l’on m’a offert l’intégrale…
Pour moi, amateur de bulles bien pleines autant que de beaux dessins, ce format a été l’idéal pour découvrir cette œuvre. Une heure de lecture et de pur régale pour les yeux dans un silence religieux…
C’est une belle histoire pour ceux qui ont encore l’envie de rêver (c’est notre cas non ? Lecteurs de rêves que nous sommes !) à travers les yeux d’un enfant baigné par les histoires merveilleuses de son grand père qui l’aident à surmonter les peurs liées à la mort d’un être cher et d’un père inconnu qu’il aimerait tant retrouver.
Forcément les rêves sont confus, et parfois dans le récit, et même jusqu'à la dernière planche, l’on se perd un peu, mais l’on se sent bien. L’univers riche et ce petit personnage si tendre vous accroche à l’histoire qui ne tombe jamais dans la monotonie.
On y parle de maladie, d’espoir sans pour autant tomber dans le gnangnan ou la morale. L’univers est sombre, dure, un peu une atmosphère des romans sur l’Angleterre du 19ème qui fait son effet.
Alors forcément, si vous êtes amateurs de blasters et autres massacres héroïco-fantastico-mégahéros, cette trilogie n’est pas pour vous, mais si justement vous avez envie d’un peu de poésie dans un monde de brutes, vous serez vraiment sous le charme. A conseiller aussi à de jeunes lecteurs (12-13ans) qui trouveront une belle histoire, des passages qui font peur et de beaux dessins, de quoi les rendre accros à la BD !
Je ne suis pas du tout fan de films d'horreur et je n'en regarde jamais, mais j'ai bien aimé cette série. Tout d'abord, le dessin est excellent et rend à merveille l'atmosphère lugubre du récit. On rentre tout de suite dans le ton de l'histoire.
Le scénario est rempli de clichés qu'on voit souvent dans les films de ce genre si j'en crois des amateurs, mais il est très intéressant à lire car l'auteur réussit à nous captiver avec des personnages qui ont une psychologie bien montrée et maîtrisée.
Excellente série fantastique mettant en vedette l'un des héros les plus mystérieux que j'ai vus de ma vie. Le scénario est un peu lent au début, mais il devient passionnant au fil des pages et on veut tout de suite lire la suite. Le dessin est excellent et rend la série très réaliste. J'adore surtout la manière dont Algernon est dessiné. Ça lui donne un air sympathique.
J'ai un petit faible pour les deux tomes de "Sept Coeurs d'Arran" qui contiennent un scénario dont je ne peux pas décrocher et un dessin qui reprend à merveille l'atmosphère lourde et lugubre de l'île. Il faut absolument lire ces deux tomes !
Il faut savoir que "les pionniers du Nouveau Monde" sont divisés en deux cycles distincts, tellement différents de par l'histoire contée mais aussi la qualité que l'on pourrait croire qu'il s'agit de deux BD différentes.
1er cycle:
Je m'attacherais premièrement à analyser le premier cycle, qui s'étend du premier tome jusqu'au sixième opus.
Nous sommes au Canada, en "Nouvelle-France" plus exactement, en plein milieu du XVIIIème siècle. La guerre fait rage entre la France et l'Angleterre. L'enjeu des combats est la domination de l'Amérique du Nord, et par là-même, de son lucratif trafic des fourrures.
En ces temps tourmentés s'agitent toute une série de personnages qui s'efforcent soit de pouvoir vivre tranquillement, soit de satisfaire leurs ambitions en profitant au mieux de la situation. Malgré tout, leurs désirs respectifs seront emportés, sinon contrariés, par le flot des événements.
Les hommes et femmes ainsi présentés, bons ou mauvais, sont incroyablement attachants, car ils sont tout comme nous torturés par des envies contradictoires. Tel personnage, heureux de vivre enfin avec la femme aimée, rêve cependant de grands espaces sauvages. Telle autre, amoureuse de ce dernier, tantôt aspire à l'adorer tantôt le hait de toutes ses forces. Certains personnages -secondaires en particulier- ont la capacité de porter une force émotionnelle rare.
Ce sont ces contradictions caractérielles, ces oppositions vindicatives, ces passions refoulées, ces ambitions ruinées qui rendent ces personnages si "humains": c'est le principale intérêt de la série entière.
Le contexte de la guerre de Sept Ans est aussi très intéressant. C'est la toile de fond de ce premier cycle, autour de laquelle tournent toutes les péripéties. Parfois, certaines planches qui nous montrent des scènes de batailles ou les souffrances de la guerre sont magnifiques. Je pense en effet à la première page du premier album, ou quelques planches du sixième tome. Ce contexte permet de donner au premier cycle un grand souffle épique: l'écho des batailles sanglantes, les malheurs de la guerre, mais aussi le parfum de l'aventure, voire de l'épopée...
On peut trouver le dessin moyen. Mais moi, je l'ai trouvé superbe, surtout dans le premier tome, les couleurs sont magnfiques: elles montrent de manière sanglante le contexte de combats et de désordre. les couleurs rouges montrent de façon criarde la passion qui ici emporte tout.
Bref, ce premier cycle est "culte" pour moi: outre un contexte historique captivant, les personnages, par leurs personnalités attachantes car si proches de nous et leur force émotionnelle, m'ont marqué de façon indélébile.
2ème cycle:
Passons maintenant au second cycle. Le grand mot est: déception.
Tout d'abord le dessinnatuer change, et le dessin avec, il devient plus tempéré, plus clair, moins tourmenté. Fini la passion qui transpirait de chaque page.
Fini aussi la guerre, donc plus de fil conducteur pour guider les péripéties. Les aventures se font aussi plus compliquées, plus difficle à comprendre, car elles se prolongent sur plusieurs albums, et les personnages principaux vivent des aventures sur deux continents différents: plus d'unité de lieu, plus d'unité de temps, plus d'unité d'action; cette grande tragédie qu'était "Les Pionniers du Nouveau monde" ne se résume plus quà des petites aventures rocambolesques et peu crédibles.
Les personnages paraissent plus sages, moins extravagants, donc moins attachants.
C'est enfin le signe d'un essouflement général affectant la série, qui ne parvient plus à trouver sa voie.
En définitive, ce second cycle est "bof", assez ennuyeux.
Voilà pourquoi je mets la note générale de "franchement bien". Cette BD, quand bien même elle ne serait pas un chef-d'oeuvre sur la longue durée, est digne d'intérêt, en particulier le premier cycle.
"les Pionniers du Nouveau Monde", ou quand la petite histoire rencontre la grande...
Superbe conte poétique avec un traitement de la passion très fort, encore une fois je suis bernée par l'imagination des auteurs. J'ai fini l'intégrale hier soir et je peux dire que tout m'a plu et que rien dans le scénario ne m'a dérangé.
J'ai une seule critique concernant le troisième tome, le regard de la fée n'a plus le même éclat que dans les deux premiers, dommage c'est peut-être ce tout petit détail qui m'a gêné pour pouvoir mettre le coup de cœur.
3,5
Ce récit est en fait une fable contemporaine. Ne cherchez pas d’explications rationnelles aux phénomènes car l’auteur laisse une série de zones d’ombres ; par exemple, on ne saura pas pourquoi le héros « Arrête-la-pluie-Man » a le pouvoir d’arrêter la pluie.
Trois personnages centraux se croisent dans ce conte moderne : le héros au pouvoir si particulier ; Valéry une sorte de jeune entrepreneur dynamique et novateur ; enfin, Leila jeune fille mystérieuse qui semble vivre d’une manière insouciante en compagnie d’un crapaud du nom de Froggy (à qui on laissera le mot de la fin).
Il y a un petit côté Amélie Poulain dans ce livre : par la description d’un Paris rêvé et fantasmé ; où le bonheur et l’amour semblent être à portée de mains. Un livre qui redonnera un peu de baume au cœur à ceux qui vivent dans la grisaille actuelle car il se termine par une jolie note d’espoir.
Haaaa, Thorgal
C’est vraiment ma première collection avec XIII, que j’avais commencée il y a maintenant plus de 15 ans… Je partage l’avis de beaucoup ici sur la séparation de l’œuvre en deux parties : La magique et son pays Qa qui vaut son 5/5 et la deuxième moitié jusqu'à l’épilogue du 29 qui peine à maintenir un intérêt et surtout perd la magie de la narration.
Un peu comme XIII justement, ce sont les seconds rôles qui finalement prennent le pas sur le héros trop pâlichon et caricatural. Un héros qui à force de dire qu’il en a marre d’être un héros se discrédite et se rend « chia… » pour être poli. Ici c’est vraiment Kriss de Valnor l’héroïne et qui est le fil d’Ariane de la série et aussi sa vraie couleur.
Les créateurs l’ont sûrement compris puisque pour le 30ème tome, celui qui lance la transition de la saga, le spectre de Kriss refait surface et laisse présager encore une longue série au delà même de Jolan le nouveau héro.
30ème tome justement : Une bonne surprise je dois dire ! Le dessin est plus beau que jamais et les couleurs magnifiques, c'est une vraie réussite graphique. Pour le scénario, on reste dans la lignée des derniers tomes, sans grande surprise justement, mais quelques révélations suffisent à pousser jusqu’au suivant… Album de transition donc, mais qui se laisse déguster quand même. Le petit Jolan est quasi inexistant même si l’album porte son nom, mais finalement, ce n’est pas plus mal. Cependant, le 31 devra vraiment mais alors vraiment mettre le paquet pour ne pas faire sombrer la série, car là, il n’y aura plus d’excuses…
Que dire de cette pseudo-suite au « sursis » ? Une merveille proche du chef d’œuvre par le dessin d’une beauté irréprochable (les vues sur Paris ainsi que celles avec le canal sont sublimes). Une qualité réellement irréprochable.
Nous suivons ici les destins de jeunes gens dans le Paris de l'Occupation racontés par un Gibrat au sommet de son art. Ses couleurs délicates et sa maîtrise des ambiances en clair-obscur installent un climat troublant. Que dire également de ses personnages féminins qui affichent une sensualité toujours aussi délicieuse?
La fin de l’histoire fait merveilleusement la jonction avec le « sursis » et offre une autre perspective. De plus, on apprend qui est le corbeau et tout se tient. Une histoire simple mais agréable à suivre? Derrière l'apparente légèreté du récit, cette oeuvre incite le lecteur à une réflexion sur l'engagement personnel.
Note Dessin : 5/5 – Note Scénario : 4/5 – Note Globale : 4.5/5
On ne peut pas résister aux charmes de cette Miss Endicott, une sorte de croisement entre Marry Poppins et Amélie Poulain dans un monde à la Harry Potter où on pourrait croiser également Elephant Man.
On va faire la connaissance de Prudence qui est une "conciliatrice" fort sympathique reprenant le relais de sa défunte mère. Une activité qu'elle mènera tambour battant de nuit car ses journées sont consacrées à son travail de préceptrice. Sa naïveté ainsi que sa générosité nous touchent. Enfin un personnage qui a de la consistance et qu'on va aimer !
Ses aventures nous entraînent vers une sorte de Cour des Miracles cachée sous le Londres victorien. Avec son ombrelle, elle défie toute une galerie de "freaks" qui se prépare à une révolution.
J'ai particulièrement apprécié cette absence de narration. Cela permet de suivre l'héroïne pas à pas sans florilèges. L'action est constamment fluide. On ressent véritablement l'atmosphère de cette capitale anglaise avec ses pubs et ses lieux mal famés.
Le dessin est particulièrement mature avec un cadrage impeccable. J'ai aimé les expressions du visage de la Miss. C'est étonnant de réalisme et cela la rend encore plus sympathique. Bref, c'est la BD de la rentrée incontestablement ! Excellent diptyque steampunk et victorien...
Le second tome révèle un affrontement entre le bien et le mal dans la plus pure tradition. Il y a un peu de la magie du premier tome qui s'évapore, c'est incontestable.
Le personnage de la mère est totalement insupportable. Je n'aime pas les méthodes expéditives et cela se veut conciliatrice! Notre héroine apparaît également en retrait par rapport au premier opus et c'est bien dommage!
Par ailleurs, le récit ne se termine pas aussi bien qu'on pouvait l'espérer. On se pose encore des interrogations. Y aura t'il une suite?
Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 3/5 - Note Globale: 3.5/5
Jacob le cafard est le second volet de la trilogie du "Pacte avec Dieu". Il constitue à lui seul un récit complet. Un vrai conte urbain assez poignant!
Nous suivons la chronique de différents personnages dans le quartier du Bronx à New-York au moment de la grande dépression de 1929 notamment celui de Jacob Shtarakash, un homme simple, qui lutte chaque jour pour mettre sa famille à l'abri du besoin. Mais il va être rattrapé par la Grande Dépression puis la Seconde Guerre mondiale. Il va faire la difficile expérience d'une vie d'émigré aux Etats-Unis. En effet, il assiste à l'émergence de l'antisémitisme et doit dès lors faire face à des évènnements qui le dépassent.
Tout y est d'un point de vue historique. On suit la vie de ces personnages et en même temps l'Histoire de l'Amérique en proie avec le communisme et la misère. On perçoit également des échos d'une Allemagne nazie qui a commencé la chasse à l'homme...
Cette BD reste avant tout un combat existentiel, le Bronx n'occupant le statut que de simples décors.
Will Eisner semble être au sommet de son art avec cette oeuvre véritablement mâture. Ce portrait bouleversant du quotidien des habitants du quartier du Bronx mérite toute votre attention.
Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
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MangeCoeur
L’avantage d’un site comme BDTHEQUE, c’est qu’il vous permet de faire des découvertes comme celle-ci. Cette série commence à dater un peu, aussi l’on m’a offert l’intégrale… Pour moi, amateur de bulles bien pleines autant que de beaux dessins, ce format a été l’idéal pour découvrir cette œuvre. Une heure de lecture et de pur régale pour les yeux dans un silence religieux… C’est une belle histoire pour ceux qui ont encore l’envie de rêver (c’est notre cas non ? Lecteurs de rêves que nous sommes !) à travers les yeux d’un enfant baigné par les histoires merveilleuses de son grand père qui l’aident à surmonter les peurs liées à la mort d’un être cher et d’un père inconnu qu’il aimerait tant retrouver. Forcément les rêves sont confus, et parfois dans le récit, et même jusqu'à la dernière planche, l’on se perd un peu, mais l’on se sent bien. L’univers riche et ce petit personnage si tendre vous accroche à l’histoire qui ne tombe jamais dans la monotonie. On y parle de maladie, d’espoir sans pour autant tomber dans le gnangnan ou la morale. L’univers est sombre, dure, un peu une atmosphère des romans sur l’Angleterre du 19ème qui fait son effet. Alors forcément, si vous êtes amateurs de blasters et autres massacres héroïco-fantastico-mégahéros, cette trilogie n’est pas pour vous, mais si justement vous avez envie d’un peu de poésie dans un monde de brutes, vous serez vraiment sous le charme. A conseiller aussi à de jeunes lecteurs (12-13ans) qui trouveront une belle histoire, des passages qui font peur et de beaux dessins, de quoi les rendre accros à la BD !
Comptine d'Halloween
Je ne suis pas du tout fan de films d'horreur et je n'en regarde jamais, mais j'ai bien aimé cette série. Tout d'abord, le dessin est excellent et rend à merveille l'atmosphère lugubre du récit. On rentre tout de suite dans le ton de l'histoire. Le scénario est rempli de clichés qu'on voit souvent dans les films de ce genre si j'en crois des amateurs, mais il est très intéressant à lire car l'auteur réussit à nous captiver avec des personnages qui ont une psychologie bien montrée et maîtrisée.
Algernon Woodcock
Excellente série fantastique mettant en vedette l'un des héros les plus mystérieux que j'ai vus de ma vie. Le scénario est un peu lent au début, mais il devient passionnant au fil des pages et on veut tout de suite lire la suite. Le dessin est excellent et rend la série très réaliste. J'adore surtout la manière dont Algernon est dessiné. Ça lui donne un air sympathique. J'ai un petit faible pour les deux tomes de "Sept Coeurs d'Arran" qui contiennent un scénario dont je ne peux pas décrocher et un dessin qui reprend à merveille l'atmosphère lourde et lugubre de l'île. Il faut absolument lire ces deux tomes !
Les Pionniers du Nouveau Monde
Il faut savoir que "les pionniers du Nouveau Monde" sont divisés en deux cycles distincts, tellement différents de par l'histoire contée mais aussi la qualité que l'on pourrait croire qu'il s'agit de deux BD différentes. 1er cycle:
Je m'attacherais premièrement à analyser le premier cycle, qui s'étend du premier tome jusqu'au sixième opus.
Nous sommes au Canada, en "Nouvelle-France" plus exactement, en plein milieu du XVIIIème siècle. La guerre fait rage entre la France et l'Angleterre. L'enjeu des combats est la domination de l'Amérique du Nord, et par là-même, de son lucratif trafic des fourrures.
En ces temps tourmentés s'agitent toute une série de personnages qui s'efforcent soit de pouvoir vivre tranquillement, soit de satisfaire leurs ambitions en profitant au mieux de la situation. Malgré tout, leurs désirs respectifs seront emportés, sinon contrariés, par le flot des événements.
Les hommes et femmes ainsi présentés, bons ou mauvais, sont incroyablement attachants, car ils sont tout comme nous torturés par des envies contradictoires. Tel personnage, heureux de vivre enfin avec la femme aimée, rêve cependant de grands espaces sauvages. Telle autre, amoureuse de ce dernier, tantôt aspire à l'adorer tantôt le hait de toutes ses forces. Certains personnages -secondaires en particulier- ont la capacité de porter une force émotionnelle rare.
Ce sont ces contradictions caractérielles, ces oppositions vindicatives, ces passions refoulées, ces ambitions ruinées qui rendent ces personnages si "humains": c'est le principale intérêt de la série entière.
Le contexte de la guerre de Sept Ans est aussi très intéressant. C'est la toile de fond de ce premier cycle, autour de laquelle tournent toutes les péripéties. Parfois, certaines planches qui nous montrent des scènes de batailles ou les souffrances de la guerre sont magnifiques. Je pense en effet à la première page du premier album, ou quelques planches du sixième tome. Ce contexte permet de donner au premier cycle un grand souffle épique: l'écho des batailles sanglantes, les malheurs de la guerre, mais aussi le parfum de l'aventure, voire de l'épopée...
On peut trouver le dessin moyen. Mais moi, je l'ai trouvé superbe, surtout dans le premier tome, les couleurs sont magnfiques: elles montrent de manière sanglante le contexte de combats et de désordre. les couleurs rouges montrent de façon criarde la passion qui ici emporte tout.
Bref, ce premier cycle est "culte" pour moi: outre un contexte historique captivant, les personnages, par leurs personnalités attachantes car si proches de nous et leur force émotionnelle, m'ont marqué de façon indélébile.
2ème cycle:
Passons maintenant au second cycle. Le grand mot est: déception.
Tout d'abord le dessinnatuer change, et le dessin avec, il devient plus tempéré, plus clair, moins tourmenté. Fini la passion qui transpirait de chaque page.
Fini aussi la guerre, donc plus de fil conducteur pour guider les péripéties. Les aventures se font aussi plus compliquées, plus difficle à comprendre, car elles se prolongent sur plusieurs albums, et les personnages principaux vivent des aventures sur deux continents différents: plus d'unité de lieu, plus d'unité de temps, plus d'unité d'action; cette grande tragédie qu'était "Les Pionniers du Nouveau monde" ne se résume plus quà des petites aventures rocambolesques et peu crédibles.
Les personnages paraissent plus sages, moins extravagants, donc moins attachants.
C'est enfin le signe d'un essouflement général affectant la série, qui ne parvient plus à trouver sa voie.
En définitive, ce second cycle est "bof", assez ennuyeux.
Voilà pourquoi je mets la note générale de "franchement bien". Cette BD, quand bien même elle ne serait pas un chef-d'oeuvre sur la longue durée, est digne d'intérêt, en particulier le premier cycle.
"les Pionniers du Nouveau Monde", ou quand la petite histoire rencontre la grande...
Fée et tendres Automates
Superbe conte poétique avec un traitement de la passion très fort, encore une fois je suis bernée par l'imagination des auteurs. J'ai fini l'intégrale hier soir et je peux dire que tout m'a plu et que rien dans le scénario ne m'a dérangé. J'ai une seule critique concernant le troisième tome, le regard de la fée n'a plus le même éclat que dans les deux premiers, dommage c'est peut-être ce tout petit détail qui m'a gêné pour pouvoir mettre le coup de cœur.
Il fera beau demain
3,5 Ce récit est en fait une fable contemporaine. Ne cherchez pas d’explications rationnelles aux phénomènes car l’auteur laisse une série de zones d’ombres ; par exemple, on ne saura pas pourquoi le héros « Arrête-la-pluie-Man » a le pouvoir d’arrêter la pluie. Trois personnages centraux se croisent dans ce conte moderne : le héros au pouvoir si particulier ; Valéry une sorte de jeune entrepreneur dynamique et novateur ; enfin, Leila jeune fille mystérieuse qui semble vivre d’une manière insouciante en compagnie d’un crapaud du nom de Froggy (à qui on laissera le mot de la fin). Il y a un petit côté Amélie Poulain dans ce livre : par la description d’un Paris rêvé et fantasmé ; où le bonheur et l’amour semblent être à portée de mains. Un livre qui redonnera un peu de baume au cœur à ceux qui vivent dans la grisaille actuelle car il se termine par une jolie note d’espoir.
Thorgal
Haaaa, Thorgal C’est vraiment ma première collection avec XIII, que j’avais commencée il y a maintenant plus de 15 ans… Je partage l’avis de beaucoup ici sur la séparation de l’œuvre en deux parties : La magique et son pays Qa qui vaut son 5/5 et la deuxième moitié jusqu'à l’épilogue du 29 qui peine à maintenir un intérêt et surtout perd la magie de la narration. Un peu comme XIII justement, ce sont les seconds rôles qui finalement prennent le pas sur le héros trop pâlichon et caricatural. Un héros qui à force de dire qu’il en a marre d’être un héros se discrédite et se rend « chia… » pour être poli. Ici c’est vraiment Kriss de Valnor l’héroïne et qui est le fil d’Ariane de la série et aussi sa vraie couleur. Les créateurs l’ont sûrement compris puisque pour le 30ème tome, celui qui lance la transition de la saga, le spectre de Kriss refait surface et laisse présager encore une longue série au delà même de Jolan le nouveau héro. 30ème tome justement : Une bonne surprise je dois dire ! Le dessin est plus beau que jamais et les couleurs magnifiques, c'est une vraie réussite graphique. Pour le scénario, on reste dans la lignée des derniers tomes, sans grande surprise justement, mais quelques révélations suffisent à pousser jusqu’au suivant… Album de transition donc, mais qui se laisse déguster quand même. Le petit Jolan est quasi inexistant même si l’album porte son nom, mais finalement, ce n’est pas plus mal. Cependant, le 31 devra vraiment mais alors vraiment mettre le paquet pour ne pas faire sombrer la série, car là, il n’y aura plus d’excuses…
Le Vol du Corbeau
Que dire de cette pseudo-suite au « sursis » ? Une merveille proche du chef d’œuvre par le dessin d’une beauté irréprochable (les vues sur Paris ainsi que celles avec le canal sont sublimes). Une qualité réellement irréprochable. Nous suivons ici les destins de jeunes gens dans le Paris de l'Occupation racontés par un Gibrat au sommet de son art. Ses couleurs délicates et sa maîtrise des ambiances en clair-obscur installent un climat troublant. Que dire également de ses personnages féminins qui affichent une sensualité toujours aussi délicieuse? La fin de l’histoire fait merveilleusement la jonction avec le « sursis » et offre une autre perspective. De plus, on apprend qui est le corbeau et tout se tient. Une histoire simple mais agréable à suivre? Derrière l'apparente légèreté du récit, cette oeuvre incite le lecteur à une réflexion sur l'engagement personnel. Note Dessin : 5/5 – Note Scénario : 4/5 – Note Globale : 4.5/5
Miss Endicott
On ne peut pas résister aux charmes de cette Miss Endicott, une sorte de croisement entre Marry Poppins et Amélie Poulain dans un monde à la Harry Potter où on pourrait croiser également Elephant Man. On va faire la connaissance de Prudence qui est une "conciliatrice" fort sympathique reprenant le relais de sa défunte mère. Une activité qu'elle mènera tambour battant de nuit car ses journées sont consacrées à son travail de préceptrice. Sa naïveté ainsi que sa générosité nous touchent. Enfin un personnage qui a de la consistance et qu'on va aimer ! Ses aventures nous entraînent vers une sorte de Cour des Miracles cachée sous le Londres victorien. Avec son ombrelle, elle défie toute une galerie de "freaks" qui se prépare à une révolution. J'ai particulièrement apprécié cette absence de narration. Cela permet de suivre l'héroïne pas à pas sans florilèges. L'action est constamment fluide. On ressent véritablement l'atmosphère de cette capitale anglaise avec ses pubs et ses lieux mal famés. Le dessin est particulièrement mature avec un cadrage impeccable. J'ai aimé les expressions du visage de la Miss. C'est étonnant de réalisme et cela la rend encore plus sympathique. Bref, c'est la BD de la rentrée incontestablement ! Excellent diptyque steampunk et victorien... Le second tome révèle un affrontement entre le bien et le mal dans la plus pure tradition. Il y a un peu de la magie du premier tome qui s'évapore, c'est incontestable. Le personnage de la mère est totalement insupportable. Je n'aime pas les méthodes expéditives et cela se veut conciliatrice! Notre héroine apparaît également en retrait par rapport au premier opus et c'est bien dommage! Par ailleurs, le récit ne se termine pas aussi bien qu'on pouvait l'espérer. On se pose encore des interrogations. Y aura t'il une suite? Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 3/5 - Note Globale: 3.5/5
Jacob le Cafard (55 Dropsie avenue, le Bronx)
Jacob le cafard est le second volet de la trilogie du "Pacte avec Dieu". Il constitue à lui seul un récit complet. Un vrai conte urbain assez poignant! Nous suivons la chronique de différents personnages dans le quartier du Bronx à New-York au moment de la grande dépression de 1929 notamment celui de Jacob Shtarakash, un homme simple, qui lutte chaque jour pour mettre sa famille à l'abri du besoin. Mais il va être rattrapé par la Grande Dépression puis la Seconde Guerre mondiale. Il va faire la difficile expérience d'une vie d'émigré aux Etats-Unis. En effet, il assiste à l'émergence de l'antisémitisme et doit dès lors faire face à des évènnements qui le dépassent. Tout y est d'un point de vue historique. On suit la vie de ces personnages et en même temps l'Histoire de l'Amérique en proie avec le communisme et la misère. On perçoit également des échos d'une Allemagne nazie qui a commencé la chasse à l'homme... Cette BD reste avant tout un combat existentiel, le Bronx n'occupant le statut que de simples décors. Will Eisner semble être au sommet de son art avec cette oeuvre véritablement mâture. Ce portrait bouleversant du quotidien des habitants du quartier du Bronx mérite toute votre attention. Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5