(D’avance désolé pour ce long préambule)
J’ai découvert ce site hier et depuis, par l’intermédiaire des avis des lecteurs j’essaie de me replonger dans mes propres impressions quand j’ai découvert pour la première fois, et dans cet ordre, des œuvres telles que le "Dark Knight" de Miller (Aedena/Dargaud 1986, 2 tomes), les Watchmen de Moore (Zenda 1987), "Elektra" de Miller et Sienkiewicz (Delcourt 1989) ainsi que le Marshal Law et le Sláine de Mills (Zenda 1989 aussi).
Chambérien de naissance, je rageais chaque année de ne jamais apercevoir ne serait-ce que l’ombre d’un artiste de comics sur la liste des présents au festival automnal de la bande dessinée de ma ville. Et là, paf ! En 1989, Grenoble inaugure son premier (et unique ?) festival international de la bande dessinée en voyant les choses en grand : stand Marvel où de charmantes hôtesses distribuent gratuitement le premier tome du "Stray Toaster" de Sienkiewicz, présence et dédicaces de ce dernier, d’Alan Moore, de Dave Gibbons, de Mazzuchelli qui venait de cosigner avec Miller "Batman Year One", Bernet et Abuli (Torpedo), et j'en passe, que du fantasme de fanboy !
Ces œuvres qui ont accompagné mon passage à l’age adulte ont profondément modelé mes goûts et exigences en matières de BD pour les quelques 20 années suivantes : je n’achetais plus de BD par séries mais avant tout par auteur (en v.o. puisqu’on ne peut pas dire que la publication de ces œuvres en France aient provoqué un engouement communicatif même, si ma mémoire ne me trompe pas, Watchmen a été primé à Angoulème).
Mais venons-en à mon avis sur Elektra ("Assassin" en v.o.). Déjà je souhaiterais amicalement corriger le postulat de départ présenté dans l’avis précédent qui correspond au postulat d’origine du personnage (du temps de ses premières apparitions dans "Daredevil") mais qui n’a aucun rapport avec les ressorts dramatiques développés dans cet épisode où Elektra doit faire échec à un complot visant à s’emparer de la présidence des Etats-Unis (et absolument pas à venger qui que ce soit).
Comme souvent dans les avis que j’ai déjà lus sur Miller ou Moore sur le site, on met en garde le lecteur sur la difficulté à rentrer dans leurs œuvres à cause de leurs densités ou de leurs complexités. Si c’est un ressenti réel ce n’est bien sûr pas sujet à débat. Par contre de là à en faire un point négatif je trouve cela dommage. Pour la défense de Miller sur ce coup-là, quand il a commencé à recevoir les planches que Sienkiewicz avait tiré de son script, il a dû procéder à beaucoup de réécritures afin de s’y adapter. En effet, le dessinateur était en pleine phase d’expérimentation (il venait de traumatiser les lecteurs de "New Mutants" en imposant un encrage tout à fait novateur pour une production mainstream destinée aux gamins) et il s’essayait pour la première fois avec "Elektra" et "Daredevil"(guerre et amour) à la couleur peinte et aux photo-collages.
Pour ma part je trouve que cette complexité et cette densité sont un des principaux atouts de la BD. Elle m’a permis de prendre à chaque fois un nouveau plaisir à la relecture (comme beaucoup je n’ai pas saisi tous les détails du premier coup et certains flashback ou prises de contrôle de corps sont effectivement très subtils) et le procédé de narration qui permet d’être tour à tour dans l’esprit d’Elektra et celui de Garret est tout simplement jouissif. Et puis, même à la première lecture, n’est-on finalement pas récompensé au centuple par cette magnifique page finale (spécialité de Miller sur beaucoup de ses œuvres) ?
Ce que j’aimerais aussi souligner ici, et cela concerne autant Miller que Moore, ce sont toujours des BD extrêmement bien écrites, que se soit au niveau de la progression dramatique (ou savoir ce que contiendra la dernière page en même temps que l’on scénarise la première) et des dialogues/monologues des personnages (la punch line qui tue tend même à l’obsessionnel chez Miller).
Après bien sûr, il faut que l’histoire/l’idée intéresse ou plaise et comme je suis là pour donner mon avis, celui-ci se résume bien par ces 5 étoiles.
Rémy
Culte ? Sans problème ! De tous les travaux d’ Alan Moore, Swamp Thing est ce que je préfère le plus après les Watchmen en terme d’émotions procurées.
Culte, mais achat non conseillé ? Je m’explique :
Delcourt appuie sa publication sur la réédition américaine de Swamp Thing en N&B. Et je trouve ce choix très discutable. Si Swamp thing est paru à l’origine en couleur (coloriste Tajana Wood) à une période ou la qualité de papier et d’impression des comics laissait franchement à désirer, la réédition de qualité en paperback couleur du run de Moore en 6 tomes aurait pu servir de base à la parution française. Sachant que la mise en couleur a été pensée par les auteurs, on perd une bonne partie de leurs intentions et surtout une bonne partie de l’ambiance.
Je vais donner quelques exemples pour bien illustrer mon propos :
- prenons la page d’ouverture du tome 2 de Delcourt : Woodrue y imagine un personnage martelant une vitre, en évoquant une quantité extraordinaire de sang. C’est une page qui à l’origine, en couleur, utilise des teintes bleutées dans toutes les cases, mettant en évidence le rouge du sang qui s’étale sur les vitres (et celui du vin dans le verre que tient Woodrue). Ce contraste clairement voulu par les auteurs, a quasiment disparu de la version N&B.
- la page 73 de ce même tome, illustre le contraste permanent qu’il y a entre la couleur verte de Swamp Thing (et de son environnement naturel) et le fait que ses yeux soient rouges ainsi que le fond de ses onomatopées. Swamp Thing parle peu, mais lorsqu’il parle, ce fond rouge accentue systématiquement la puissance que dégage le personnage.
- page 96 et 258 : on assiste à 2 couchers d’un Soleil rouge primaire, avec à nouveau dans la version d’origine, un contraste vert/rouge saisissant. Sans compter que page 258, ce Soleil, son reflet ainsi que les dégradés du ciel ont complètement disparus dans la version N&B.
- pour finir d’enfoncer le coup avec cet aspect, il y a un numéro entier de Swamp Thing (« My Blue Heaven ») où ce dernier se retrouve sur une planète bleue, au sens littéral du terme (le sol, la végétation, lui-même, tout est bleu). Que va-t-il rester de cette idée dans la version Delcourt ?
J’ai aussi détecté par hasard un soucis dans la pagination : les planches des pages 237 et 238 de la version Delcourt ont été conçues à l’origine pour se faire face (c’est une seule et même planche). Un saut de page aurait été le bienvenu (ce qui est fait dans les paperback américains) Les anglophones avertis savent ce qui leur reste à faire …
Je débuterais (enfin) mon avis, en rectifiant l’avis précédent par rapport aux dessinateurs. En fait, les aventures de la créature du marais ne sont pas alternativement dessinées par Totleben et Bissette : Stephen Bissette est le dessinateur, John Totleben est l’encreur. Le remplacement de Bissette est souvent assuré par Rick Veitch (plus rarement par Shawn Mac Manus), et celui de Totleben par Alfredo Alcala, et c’est cela qui explique les changements de style pendant le run de Moore. En tout cas, Swamp Thing n’est jamais aussi beau que lorsqu’il est pris en charge par le duo principal, et ce, principalement du fait d’un encrage d’une grande finesse dans les détails.
Swamp Thing constitue le premier travail (et le plus long de sa carrière) de Moore pour un éditeur de comics américain. C’est avec cette œuvre, et bien avant Watchmen, qu’il va d’ailleurs se faire un nom dans le domaine, et montrer qu’il est un auteur « bankable » (au moment où il reprend la série, les ventes sont moribondes, il va en faire un best seller, couronnés d’Awards en tout genre).
Pour correctement appréhender cette BD, il faut quand même avoir à l’esprit que Swamp Thing est avant tout un comics « d’horreur », pas de Super Héros (même s’il vit dans le même monde que Batman ou Superman) et que c’est sous cet angle que Moore va aborder le personnage. Ce qui fait la grande réussite de l’approche de Moore, ce sera surtout de mélanger horreur et poésie, pour produire des images qui imprègneront la mémoire du lecteur pour de longues années. En ce qui me concerne, la planche de la page 298 du tome 2 (qui fait écho à celle de la page 258 ), me hante depuis la première fois où je l’ai lu, et me met quasiment à chaque fois dans le même état émotionnel que le héros (il pleure).
De plus, c’est avec ce personnage que Moore va commencer à expérimenter au niveau des techniques narratives. C'est donc très souvent innovant et surprenant (comme d’habitude jamais au détriment de l’histoire qu’il raconte) mais toujours dans le but de mieux transmettre des sensations aux lecteurs (« Rite de printemps » et son orgasme végétal, « Loving the Alien » qui nous unie à la psyché d’une entité extraterrestre). Quand au coté « horreur », il est très réussi, et quand c’est glauque, c’est vraiment glauque (et dérangeant ! J’ai à l’esprit un duel éternel entre 2 pistoleros fantomatiques, dont les chairs sont arrachées petit à petit par chaque balle tirée).
En résumé, que du bonheur de lecture, et ce, sur près de 1000 pages quand même !
Ps : c’est aussi dans cette BD que sera créé le personnage de John Constantine avant qu’il ait sa propre série.
Grandiose, captivant et ambitieux sont les termes que j’utiliserais pour décrire le travail entrepris par les auteurs avec cette série.
L’histoire, loin d’être banale, fait appel à des thèmes tels que la conscience écologique, l’histoire naturelle, la recherche scientifique et ses conséquences, et à bien d’autres sujets qui font de cette série un ouvrage de très grande qualité.
Si le premier tome est celui de l’introduction, il met en place les différents protagonistes et le fait fort bien, à l’aide notamment de flash-backs. Le lecteur est intrigué, curieux, et subit un suspens adroitement établi.
Les dessins et couleurs sont magnifiques, des profondeurs des océans aux paysages désertiques, en passant par la montagne, le travail proposé est splendide.
Prévue en cinq tomes (huit au départ, l'info nous a été confirmée par l'auteur, Mr C. Bec en personne!), j’attends avec impatience la suite, croisons les doigts chez humano…
Rien à faire, je devais compléter un ou deux autres titres mais j’étais inexorablement attiré par les couvertures pour le moins exubérantes des tomes de cette série. Ma première motivation était une nouvelle acquisition se démarquant sensiblement de ce que je possède déjà. Résultat : j’ai craqué et je ne regrette absolument pas le pari tenu!
J’ai été incroyablement happé par cette lecture, qui m’a subtilement entraîné dans cet univers gothico-sadique, où l’Ordre des choses est complètement chamboulé : où les plus violents sont les élites gouvernantes, où les plus vieux sont les plus jeunes, où les plus laids sont les plus beaux, et je passe encore d’autres caractéristiques du monde créé qui apportent une richesse toute singulière au scénario. Sans être incroyablement compliqué, ce dernier est bien rythmé de complots et combats plus extraordinaires les uns que les autres.
Les dessins ? Je pense que le nécessaire se trouve déjà dans les avis précédents : la beauté graphique est sublime et la mise en page l’est tout autant. Contrairement aux Chroniques de la lune noire, je trouve ici que les dessins sont plus précis et ne souffrent absolument pas d’un aspect brouillon dont souffrait cette première série.
Si le récit s’adresse clairement à un public adulte, je n’ai pas cette impression d’une vulgarité gratuite et mal placée ; les dialogues s’inscrivent clairement dans le monde luciférien inventé. Cette BD ne s’adresse également pas exclusivement à un public issu de la culture gothique.
Génial tout simplement ! J’en redemande…
Après la lecture des 5 tomes.
Le 5/5 n'est pas loin...
C'est franchement bluffant : l'humour pourtant absurde retombe toujours sur ses pattes !!!
C'est admirablement construit, les personnages sont tous plus attachants les uns que les autres.
Le dessin malgré sa simplicité m'a vraiment séduit. Les couleurs sont vives mais bien choisies.
Un must au niveau de la BD humoristique, j'ai avalé les 5 tomes d'une traite sans temps mort et avec un plaisir énorme.
J'en redemande. Je vais m'attaquer aux autres séries Donjon.
Une lecture très passionnante sur l'univers de l'enseignement dont je ne connais pas grand chose à part ce qui se passe en classe. Ça demande beaucoup plus d'organisation que je ne pensais et en particulier si on est un remplaçant.
Les anecdotes que raconte Martin Vidberg sont très intéressantes et certaines sont sympathiques (les sorties de ski). N'étant pas un élève à problèmes, je découvre comment vivent ce type d'élèves et l'environnement des écoles chargées de les rééduquer. On sent que l'auteur veut surtout nous montrer les problèmes que rencontrent les professeurs à cause des enfants turbulents et de l'administration qui ne fonctionne pas très bien. C'est terriblement touchant et j'ai relu ce one-shot des dizaines de fois sans sentir de lacement.
Quant au dessin, il est très sympathique
J'ai connu Alan Moore avec Watchmen, V pour Vendetta et Swamp Thing, et donc, le premier titre vraiment "super héros" du Barbu de Northhampton que j'ai lu est Captain Britain (je mets volontairement de coté le one shot Batman Souriez). Avant de le relire, j'en avais un souvenir de quelque chose d'assez sombre pour du super héros "main stream", et le fait d'y trouver un des vilains les plus terrifiants qu'il m'avait été donné de lire.
Et la très agréable relecture de cette BD n'a fait que confirmer ces premières impressions.
Ceux qui sont familiers de l'arc "days of future past" des x-men ("futur antérieur" me semble-t-il en v.o., de Claremont et Byrne) se retrouveront en terrain connu en arpentant cette réalité alternative où les surhommes ont été traqués, enfermés et/ou purement éradiqués (c'en est d'ailleurs troublant de similitudes par certains cotés). Une réalité alternative créée par un seul "mutant" aux pouvoirs démesurés (et là, c'est à l'arc "apocalypse" des X-men auquel on pensera, troublantes similitudes comprises, mais cette fois dans l'autre sens), capable de façonner le monde par la seule volonté de sa pensée.
Mais c'est surtout une création de ce mutant, le cybiote (?) Fury, qui va retenir une bonne partie de notre attention, et s'il ne devait me rester qu'une seule image de cette histoire, c'est justement celle de Fury.
Avec lui, Moore reprend le concept du Terminator, et le pousse réellement jusqu'à l'extrême, c'est à dire un point, où même le lecteur aguerri d'histoires de surhomme sera persuadé que le héros ne pourra pas survivre à une confrontation. Il faut dire que Moore est bien aidé dans cette tâche par l'aspect qu'Alan Davis a donné à leur Cybiote implacable.
Je dirais aussi beaucoup de bien de la narration en générale, qui alterne les points de vues et donc les ambiances dans l'histoire. Cette dernière est prenante du début à la fin (un début sur les chapeaux de roues comme expliqué dans l'avis précédent) car justement, la qualité des méchants fait qu'on ne peut pas en prévoir l'issue.
Pour la petite histoire, cette BD doit être aussi la première où Moore s'essaye à la confrontation d'un héros et de ses équivalents venus d'une multitude de mondes parallèles (voir Suprême et Tom Strong en particulier).
Une série qui nous dévoile une bonne intrigue. Les dessins sont vraiment beaux et le scénario accroche bien le lecteur. Je la note en tout cas dans mes futurs achats, la relecture est toujours plaisante à chaque fois.
Après la lecture des 5 tomes.
Visiblement, cette série divise dans les avis.
Personnellement, j'ai vraiment apprécié l'ensemble que je trouve cohérent malgré les changements d'auteurs.
Graphiquement et scénaristiquement, il existe de meilleurs séries. Mais "Le Serment de l'Ambre" n'en demeure pas moins une bonne série qui privilégie le rythme et le mouvement.
Le cinquième tome et sa fin peuvent paraître décalés par rapport aux 4 premiers tomes mais la chute n'en demeure pas moins efficace, même si elle fait consensuelle et universelle.
Ma note retranscrit le plaisir de lecture que m'a apporté cette série.
Une bonne série HF incontournable à mes yeux.
Après lecture des 4 tomes.
Beaucoup de choses ont été dites sur cette série.
Je ferai du coup assez court :
Dessin : excellent, un vrai régal pour les yeux.
Scénario : très bien ficelé, mais j'attendais plus du 4ème tome...
Remarque : j'ai depuis investi sur le coffret et les BD avec des couvertures spécifiques : une petite merveille, Glénat aurait du le rééditer plutôt qu'une intégrale.
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Elektra - Assassin
(D’avance désolé pour ce long préambule) J’ai découvert ce site hier et depuis, par l’intermédiaire des avis des lecteurs j’essaie de me replonger dans mes propres impressions quand j’ai découvert pour la première fois, et dans cet ordre, des œuvres telles que le "Dark Knight" de Miller (Aedena/Dargaud 1986, 2 tomes), les Watchmen de Moore (Zenda 1987), "Elektra" de Miller et Sienkiewicz (Delcourt 1989) ainsi que le Marshal Law et le Sláine de Mills (Zenda 1989 aussi). Chambérien de naissance, je rageais chaque année de ne jamais apercevoir ne serait-ce que l’ombre d’un artiste de comics sur la liste des présents au festival automnal de la bande dessinée de ma ville. Et là, paf ! En 1989, Grenoble inaugure son premier (et unique ?) festival international de la bande dessinée en voyant les choses en grand : stand Marvel où de charmantes hôtesses distribuent gratuitement le premier tome du "Stray Toaster" de Sienkiewicz, présence et dédicaces de ce dernier, d’Alan Moore, de Dave Gibbons, de Mazzuchelli qui venait de cosigner avec Miller "Batman Year One", Bernet et Abuli (Torpedo), et j'en passe, que du fantasme de fanboy ! Ces œuvres qui ont accompagné mon passage à l’age adulte ont profondément modelé mes goûts et exigences en matières de BD pour les quelques 20 années suivantes : je n’achetais plus de BD par séries mais avant tout par auteur (en v.o. puisqu’on ne peut pas dire que la publication de ces œuvres en France aient provoqué un engouement communicatif même, si ma mémoire ne me trompe pas, Watchmen a été primé à Angoulème). Mais venons-en à mon avis sur Elektra ("Assassin" en v.o.). Déjà je souhaiterais amicalement corriger le postulat de départ présenté dans l’avis précédent qui correspond au postulat d’origine du personnage (du temps de ses premières apparitions dans "Daredevil") mais qui n’a aucun rapport avec les ressorts dramatiques développés dans cet épisode où Elektra doit faire échec à un complot visant à s’emparer de la présidence des Etats-Unis (et absolument pas à venger qui que ce soit). Comme souvent dans les avis que j’ai déjà lus sur Miller ou Moore sur le site, on met en garde le lecteur sur la difficulté à rentrer dans leurs œuvres à cause de leurs densités ou de leurs complexités. Si c’est un ressenti réel ce n’est bien sûr pas sujet à débat. Par contre de là à en faire un point négatif je trouve cela dommage. Pour la défense de Miller sur ce coup-là, quand il a commencé à recevoir les planches que Sienkiewicz avait tiré de son script, il a dû procéder à beaucoup de réécritures afin de s’y adapter. En effet, le dessinateur était en pleine phase d’expérimentation (il venait de traumatiser les lecteurs de "New Mutants" en imposant un encrage tout à fait novateur pour une production mainstream destinée aux gamins) et il s’essayait pour la première fois avec "Elektra" et "Daredevil"(guerre et amour) à la couleur peinte et aux photo-collages. Pour ma part je trouve que cette complexité et cette densité sont un des principaux atouts de la BD. Elle m’a permis de prendre à chaque fois un nouveau plaisir à la relecture (comme beaucoup je n’ai pas saisi tous les détails du premier coup et certains flashback ou prises de contrôle de corps sont effectivement très subtils) et le procédé de narration qui permet d’être tour à tour dans l’esprit d’Elektra et celui de Garret est tout simplement jouissif. Et puis, même à la première lecture, n’est-on finalement pas récompensé au centuple par cette magnifique page finale (spécialité de Miller sur beaucoup de ses œuvres) ? Ce que j’aimerais aussi souligner ici, et cela concerne autant Miller que Moore, ce sont toujours des BD extrêmement bien écrites, que se soit au niveau de la progression dramatique (ou savoir ce que contiendra la dernière page en même temps que l’on scénarise la première) et des dialogues/monologues des personnages (la punch line qui tue tend même à l’obsessionnel chez Miller). Après bien sûr, il faut que l’histoire/l’idée intéresse ou plaise et comme je suis là pour donner mon avis, celui-ci se résume bien par ces 5 étoiles. Rémy
Swamp Thing
Culte ? Sans problème ! De tous les travaux d’ Alan Moore, Swamp Thing est ce que je préfère le plus après les Watchmen en terme d’émotions procurées. Culte, mais achat non conseillé ? Je m’explique : Delcourt appuie sa publication sur la réédition américaine de Swamp Thing en N&B. Et je trouve ce choix très discutable. Si Swamp thing est paru à l’origine en couleur (coloriste Tajana Wood) à une période ou la qualité de papier et d’impression des comics laissait franchement à désirer, la réédition de qualité en paperback couleur du run de Moore en 6 tomes aurait pu servir de base à la parution française. Sachant que la mise en couleur a été pensée par les auteurs, on perd une bonne partie de leurs intentions et surtout une bonne partie de l’ambiance. Je vais donner quelques exemples pour bien illustrer mon propos : - prenons la page d’ouverture du tome 2 de Delcourt : Woodrue y imagine un personnage martelant une vitre, en évoquant une quantité extraordinaire de sang. C’est une page qui à l’origine, en couleur, utilise des teintes bleutées dans toutes les cases, mettant en évidence le rouge du sang qui s’étale sur les vitres (et celui du vin dans le verre que tient Woodrue). Ce contraste clairement voulu par les auteurs, a quasiment disparu de la version N&B. - la page 73 de ce même tome, illustre le contraste permanent qu’il y a entre la couleur verte de Swamp Thing (et de son environnement naturel) et le fait que ses yeux soient rouges ainsi que le fond de ses onomatopées. Swamp Thing parle peu, mais lorsqu’il parle, ce fond rouge accentue systématiquement la puissance que dégage le personnage. - page 96 et 258 : on assiste à 2 couchers d’un Soleil rouge primaire, avec à nouveau dans la version d’origine, un contraste vert/rouge saisissant. Sans compter que page 258, ce Soleil, son reflet ainsi que les dégradés du ciel ont complètement disparus dans la version N&B. - pour finir d’enfoncer le coup avec cet aspect, il y a un numéro entier de Swamp Thing (« My Blue Heaven ») où ce dernier se retrouve sur une planète bleue, au sens littéral du terme (le sol, la végétation, lui-même, tout est bleu). Que va-t-il rester de cette idée dans la version Delcourt ? J’ai aussi détecté par hasard un soucis dans la pagination : les planches des pages 237 et 238 de la version Delcourt ont été conçues à l’origine pour se faire face (c’est une seule et même planche). Un saut de page aurait été le bienvenu (ce qui est fait dans les paperback américains) Les anglophones avertis savent ce qui leur reste à faire … Je débuterais (enfin) mon avis, en rectifiant l’avis précédent par rapport aux dessinateurs. En fait, les aventures de la créature du marais ne sont pas alternativement dessinées par Totleben et Bissette : Stephen Bissette est le dessinateur, John Totleben est l’encreur. Le remplacement de Bissette est souvent assuré par Rick Veitch (plus rarement par Shawn Mac Manus), et celui de Totleben par Alfredo Alcala, et c’est cela qui explique les changements de style pendant le run de Moore. En tout cas, Swamp Thing n’est jamais aussi beau que lorsqu’il est pris en charge par le duo principal, et ce, principalement du fait d’un encrage d’une grande finesse dans les détails. Swamp Thing constitue le premier travail (et le plus long de sa carrière) de Moore pour un éditeur de comics américain. C’est avec cette œuvre, et bien avant Watchmen, qu’il va d’ailleurs se faire un nom dans le domaine, et montrer qu’il est un auteur « bankable » (au moment où il reprend la série, les ventes sont moribondes, il va en faire un best seller, couronnés d’Awards en tout genre). Pour correctement appréhender cette BD, il faut quand même avoir à l’esprit que Swamp Thing est avant tout un comics « d’horreur », pas de Super Héros (même s’il vit dans le même monde que Batman ou Superman) et que c’est sous cet angle que Moore va aborder le personnage. Ce qui fait la grande réussite de l’approche de Moore, ce sera surtout de mélanger horreur et poésie, pour produire des images qui imprègneront la mémoire du lecteur pour de longues années. En ce qui me concerne, la planche de la page 298 du tome 2 (qui fait écho à celle de la page 258 ), me hante depuis la première fois où je l’ai lu, et me met quasiment à chaque fois dans le même état émotionnel que le héros (il pleure). De plus, c’est avec ce personnage que Moore va commencer à expérimenter au niveau des techniques narratives. C'est donc très souvent innovant et surprenant (comme d’habitude jamais au détriment de l’histoire qu’il raconte) mais toujours dans le but de mieux transmettre des sensations aux lecteurs (« Rite de printemps » et son orgasme végétal, « Loving the Alien » qui nous unie à la psyché d’une entité extraterrestre). Quand au coté « horreur », il est très réussi, et quand c’est glauque, c’est vraiment glauque (et dérangeant ! J’ai à l’esprit un duel éternel entre 2 pistoleros fantomatiques, dont les chairs sont arrachées petit à petit par chaque balle tirée). En résumé, que du bonheur de lecture, et ce, sur près de 1000 pages quand même ! Ps : c’est aussi dans cette BD que sera créé le personnage de John Constantine avant qu’il ait sa propre série.
Carthago
Grandiose, captivant et ambitieux sont les termes que j’utiliserais pour décrire le travail entrepris par les auteurs avec cette série. L’histoire, loin d’être banale, fait appel à des thèmes tels que la conscience écologique, l’histoire naturelle, la recherche scientifique et ses conséquences, et à bien d’autres sujets qui font de cette série un ouvrage de très grande qualité. Si le premier tome est celui de l’introduction, il met en place les différents protagonistes et le fait fort bien, à l’aide notamment de flash-backs. Le lecteur est intrigué, curieux, et subit un suspens adroitement établi. Les dessins et couleurs sont magnifiques, des profondeurs des océans aux paysages désertiques, en passant par la montagne, le travail proposé est splendide. Prévue en cinq tomes (huit au départ, l'info nous a été confirmée par l'auteur, Mr C. Bec en personne!), j’attends avec impatience la suite, croisons les doigts chez humano…
Requiem - Chevalier Vampire
Rien à faire, je devais compléter un ou deux autres titres mais j’étais inexorablement attiré par les couvertures pour le moins exubérantes des tomes de cette série. Ma première motivation était une nouvelle acquisition se démarquant sensiblement de ce que je possède déjà. Résultat : j’ai craqué et je ne regrette absolument pas le pari tenu! J’ai été incroyablement happé par cette lecture, qui m’a subtilement entraîné dans cet univers gothico-sadique, où l’Ordre des choses est complètement chamboulé : où les plus violents sont les élites gouvernantes, où les plus vieux sont les plus jeunes, où les plus laids sont les plus beaux, et je passe encore d’autres caractéristiques du monde créé qui apportent une richesse toute singulière au scénario. Sans être incroyablement compliqué, ce dernier est bien rythmé de complots et combats plus extraordinaires les uns que les autres. Les dessins ? Je pense que le nécessaire se trouve déjà dans les avis précédents : la beauté graphique est sublime et la mise en page l’est tout autant. Contrairement aux Chroniques de la lune noire, je trouve ici que les dessins sont plus précis et ne souffrent absolument pas d’un aspect brouillon dont souffrait cette première série. Si le récit s’adresse clairement à un public adulte, je n’ai pas cette impression d’une vulgarité gratuite et mal placée ; les dialogues s’inscrivent clairement dans le monde luciférien inventé. Cette BD ne s’adresse également pas exclusivement à un public issu de la culture gothique. Génial tout simplement ! J’en redemande…
Donjon Parade
Après la lecture des 5 tomes. Le 5/5 n'est pas loin... C'est franchement bluffant : l'humour pourtant absurde retombe toujours sur ses pattes !!! C'est admirablement construit, les personnages sont tous plus attachants les uns que les autres. Le dessin malgré sa simplicité m'a vraiment séduit. Les couleurs sont vives mais bien choisies. Un must au niveau de la BD humoristique, j'ai avalé les 5 tomes d'une traite sans temps mort et avec un plaisir énorme. J'en redemande. Je vais m'attaquer aux autres séries Donjon.
Le Journal d'un remplaçant
Une lecture très passionnante sur l'univers de l'enseignement dont je ne connais pas grand chose à part ce qui se passe en classe. Ça demande beaucoup plus d'organisation que je ne pensais et en particulier si on est un remplaçant. Les anecdotes que raconte Martin Vidberg sont très intéressantes et certaines sont sympathiques (les sorties de ski). N'étant pas un élève à problèmes, je découvre comment vivent ce type d'élèves et l'environnement des écoles chargées de les rééduquer. On sent que l'auteur veut surtout nous montrer les problèmes que rencontrent les professeurs à cause des enfants turbulents et de l'administration qui ne fonctionne pas très bien. C'est terriblement touchant et j'ai relu ce one-shot des dizaines de fois sans sentir de lacement. Quant au dessin, il est très sympathique
Captain Britain - La Fin du Monde
J'ai connu Alan Moore avec Watchmen, V pour Vendetta et Swamp Thing, et donc, le premier titre vraiment "super héros" du Barbu de Northhampton que j'ai lu est Captain Britain (je mets volontairement de coté le one shot Batman Souriez). Avant de le relire, j'en avais un souvenir de quelque chose d'assez sombre pour du super héros "main stream", et le fait d'y trouver un des vilains les plus terrifiants qu'il m'avait été donné de lire. Et la très agréable relecture de cette BD n'a fait que confirmer ces premières impressions. Ceux qui sont familiers de l'arc "days of future past" des x-men ("futur antérieur" me semble-t-il en v.o., de Claremont et Byrne) se retrouveront en terrain connu en arpentant cette réalité alternative où les surhommes ont été traqués, enfermés et/ou purement éradiqués (c'en est d'ailleurs troublant de similitudes par certains cotés). Une réalité alternative créée par un seul "mutant" aux pouvoirs démesurés (et là, c'est à l'arc "apocalypse" des X-men auquel on pensera, troublantes similitudes comprises, mais cette fois dans l'autre sens), capable de façonner le monde par la seule volonté de sa pensée. Mais c'est surtout une création de ce mutant, le cybiote (?) Fury, qui va retenir une bonne partie de notre attention, et s'il ne devait me rester qu'une seule image de cette histoire, c'est justement celle de Fury. Avec lui, Moore reprend le concept du Terminator, et le pousse réellement jusqu'à l'extrême, c'est à dire un point, où même le lecteur aguerri d'histoires de surhomme sera persuadé que le héros ne pourra pas survivre à une confrontation. Il faut dire que Moore est bien aidé dans cette tâche par l'aspect qu'Alan Davis a donné à leur Cybiote implacable. Je dirais aussi beaucoup de bien de la narration en générale, qui alterne les points de vues et donc les ambiances dans l'histoire. Cette dernière est prenante du début à la fin (un début sur les chapeaux de roues comme expliqué dans l'avis précédent) car justement, la qualité des méchants fait qu'on ne peut pas en prévoir l'issue. Pour la petite histoire, cette BD doit être aussi la première où Moore s'essaye à la confrontation d'un héros et de ses équivalents venus d'une multitude de mondes parallèles (voir Suprême et Tom Strong en particulier).
Rapaces
Une série qui nous dévoile une bonne intrigue. Les dessins sont vraiment beaux et le scénario accroche bien le lecteur. Je la note en tout cas dans mes futurs achats, la relecture est toujours plaisante à chaque fois.
Le Serment de l'Ambre
Après la lecture des 5 tomes. Visiblement, cette série divise dans les avis. Personnellement, j'ai vraiment apprécié l'ensemble que je trouve cohérent malgré les changements d'auteurs. Graphiquement et scénaristiquement, il existe de meilleurs séries. Mais "Le Serment de l'Ambre" n'en demeure pas moins une bonne série qui privilégie le rythme et le mouvement. Le cinquième tome et sa fin peuvent paraître décalés par rapport aux 4 premiers tomes mais la chute n'en demeure pas moins efficace, même si elle fait consensuelle et universelle. Ma note retranscrit le plaisir de lecture que m'a apporté cette série. Une bonne série HF incontournable à mes yeux.
Le Troisième Testament
Après lecture des 4 tomes. Beaucoup de choses ont été dites sur cette série. Je ferai du coup assez court : Dessin : excellent, un vrai régal pour les yeux. Scénario : très bien ficelé, mais j'attendais plus du 4ème tome... Remarque : j'ai depuis investi sur le coffret et les BD avec des couvertures spécifiques : une petite merveille, Glénat aurait du le rééditer plutôt qu'une intégrale. Bilan : une série exemplaire terminée et un achat conseillé.