Les derniers avis (9612 avis)

Par Ro
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Seuls
Seuls

Seuls est une des rares séries actuellement en cours de publication que je considère comme Cultes. J'attends chaque nouveau tome avec impatience et surtout une grande curiosité, très désireux de savoir où les auteurs vont nous emmener. J'aime beaucoup le dessin de Gazzotti et je suis un grand fan des scénarios de Vehlmann, je partais donc sur un à-priori positif sur cette BD. Pourtant, j'avais des craintes au tout début de la série car la trame était au départ assez simple et légèrement vide. Elle s'est néanmoins énormément étoffée, prenant à chaque nouveau tome davantage d'ampleur et d'originalité, tout en maintenant une narration parfaitement impeccable et très prenante. Le postulat de départ est une thématique SF assez courante : que se passerait-il si nous nous retrouvions seuls sur Terre, si tous les êtres humains disparaissaient d'un coup sauf nous ? Seule originalité, quoiqu'elle rappelle fortement le livre "Sa Majesté des mouches", les survivants sont ici des enfants. Par la suite, cependant, ce cadre un peu post-apocalyptique prend une tournure vraiment innovante et surprenante qui se développe encore plus à partir du second cycle. Excellente narration, bons dialogues, très bon dessin, j'ai tout de suite été pris dans le récit. Celui-ci se déroule sans anicroche, avec réalisme mais aussi légèreté car il n'oublie pas qu'il s'adresse autant aux adultes qu'aux jeunes lecteurs. Il s'offre en outre le luxe de dispenser quelques moments d'humour qui m'ont bien fait rire ou au moins sourire. C'est prenant, bien raconté. Et on s'attache rapidement à chacun des membres de ce petit groupe d'enfants. Bref, après un premier tome introductif, un second tome plus tourné vers l'action mais à nouveau fort bien construit, les tomes 3 et 4 introduisent de nouveaux personnages et font tout doucement avancer l'intrigue globale, y apportant des éléments clés qu'on comprendra mieux plus tard. Et c'est à partir du tome 5 que se dévoile une énorme part du mystère qui va modifier grandement la donne. La révélation est forte et l'intrigue va énormément gagner en ampleur par la suite. Plus les tomes avancent et plus les réponses amènent de nouvelles questions et de nouveaux mystères. Ce sont sans arrêt de éléments nouveaux qui donnent clairement envie de lire la suite. A cela s'ajoute une ambiance survival-horror au ton léger qui me donne parfois l'impression de lire une version pour adolescents de Walking Dead, tout aussi captivant tout en offrant une intrigue nettement plus axée sur le fantastique et avec des idées souvent étonnantes. Tout se tient et c'est bien foutu, carrément prenant. Clairement un must, pour les jeunes comme les moins jeunes !

09/03/2007 (MAJ le 29/10/2015) (modifier)
Par Ro
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ralph Azham
Ralph Azham

Les 7 premiers tomes de la série Ralph Azham forment son premier cycle d'une histoire qui m'aura fait davantage vibrer de tome en tome. Depuis la fin de la saga Donjon, c'est cette série là qui m'apporte la bouffée d'heroic-fantasy, d'aventure débridée et de fantaisie tout court dont j'ai besoin. Tout d'abord, cette bande dessinée séduit par son graphisme. Le style de Trondheim y est comme à son habitude, rond, faussement enfantin et en tout cas très plaisant à mes yeux. Je m'amuse à y retrouver beaucoup de tics graphiques de l'auteur tels que ses lunes, arbres, rochers et personnages animaliers. Il s'y ajoute en plus les excellentes couleurs de Brigitte Findakly qui rehaussent superbement les pages et les couvertures de l'album. Du beau boulot ! Quant au récit, après un premier tome de mise en place, il s'entame pour de bon à partir du second album. Le personnage de Ralph Azham est original même si son côté anti-héros peut paraître frustrant, limite agaçant. Ses aventures et misères dans son village natal manquent un peu d'envergure, on a envie d'en savoir davantage sur tout le monde qui l'entoure. Et de l'envergure, le récit en prend très vite dès le début du second tome, avec un récit dense et prenant. Trondheim y crée et entretient un vrai mystère autour de ces jeunes qui "bleuissent" en gagnant des pouvoirs aléatoires, de cette étrange quête de l'Elu et surtout sur les raisons pour lesquelles certains semblent s'y opposer dangereusement. Au fil des tomes, le scénario gagne en ampleur. Les intrigues de chacun d'entre eux sont denses, le rythme ne ralentit pas et la donne change souvent radicalement d'un épisode au suivant, tout en conservant un fil rouge prenant et qu'on constate d'autant mieux construit quand on lit la série d'emblée. Il se passe beaucoup de choses et la trame d'ensemble se tisse agréablement et sûrement. Lewis Trondheim maîtrise son scénario et, à part une toute petite incohérence sur un bracelet magique qui parfois permet de soulever un troll géant ou tirer un bateau et d'autres fois est bloqué par les bras de simples soldats, tout se tient du début à la fin de la série. Et pour finir, les amateurs de cet auteur y retrouveront son ton légèrement caustique, son humour qui pointe le bout de son nez en permanence et sa hantise des intrigues attendues et stéréotypées. Pour la considérer parmi mes séries cultes, j'attendais une conclusion qui viendrait la clore en beauté le premier cycle, m'apportant, je l’espérais, la même dose de nostalgie que j'ai pu avoir sur le final d’œuvres telles que La Quête de l'Oiseau du Temps. Le tome 7 m'apporte cette conclusion, en tout cas cette fin de cycle, avec une intrigue dense et mouvementée se terminant comme je l'aime. Il y a un peu moins d'émotion que je l'espérais, Trondheim n'étant pas un grand expansif, mais c'est une très bonne fin, tout à fait satisfaisante, et je suis resté un moment sur la grande dernière case et ses belles couleurs. C'est désormais une série que je range soigneusement auprès de mes séries cultes et je pense me faire le plaisir de la relire très bientôt. Ajout après lecture du tome 8 : Avec ce 8e tome, Lewis Trondheim entame un nouveau cycle pour Ralph Azham. Ce ne seront pas des histoires en un tome comme je l'imaginais au départ mais bien une nouvelle intrigue à suivre. Nous retrouvons notre héros dans la situation qu'il avait réussi à se construire en fin de cycle précédent, qui n'était pas vraiment un happy-end mais plus un intéressant compromis. Assumant ses nouvelles responsabilités, Ralph fait pourtant le choix de continuer à voyager beaucoup et c'est ainsi qu'il va tomber sur une menace nouvelle et étonnante. On replonge immédiatement dans l'ambiance de la série qui garde son ton si spécial, un peu désabusé, un peu ironique et en même temps enclin à la grande aventure de l'heroïc-fantasy. J'y ai retrouvé ce que j'aime dans les scénarios de Trondheim : le fait qu'il sait toujours nous prendre par surprise, ne jamais suivre les chemins tous tracés et les intrigues convenues. C'est bien foutu, prenant, attisant la curiosité, les personnages ont une vraie consistance et on a envie de voir ce qu'il va se passer après. A noter en outre que Ralph commence à s'entourer d'une équipe de plus en plus conséquente aux pouvoirs intéressants. C'est donc toujours une série dont j'attends avec impatience la parution de chaque nouveau tome.

27/03/2011 (MAJ le 29/10/2015) (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Allan Barte contre les zombies
Allan Barte contre les zombies

Je ne connaissais pas le boulot d'Allan Barte, mais la couverture sympathique et la perspective de voir un auteur se faire malmener par des morts-vivants avaient un je-ne-sais-quoi d'alléchant. Et l'intérieur est raccord avec l'emballage : c'est marrant, déjanté parfois, surprenant par moments, même si on a l'impression que Barte a un peu écrit son histoire au fil de l'eau, gardant ainsi une certaine fraîcheur, pas comme certains de ses protagonistes, si vous voyez ce que je veux dire... Le style graphique d'Allan Barte est simpliste, mais il ne manque pas d'expressivité, ce qui est une vraie qualité. On sent tout de même l'influence de Trondheim, qui l'a pris sous son aile à une époque, et le jeune homme a bien pris son envol. Bref, c'est bien sympa.

28/10/2015 (modifier)
Par bab
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Traquemage
Traquemage

Quelle drôle d’histoire que celle de ce berger qui prête serment de débarrasser le monde de la magie après s’être fait décimer son troupeau. Mais j’adhère complètement. C’est barré juste comme il faut, avec un humour qui fonctionne parfaitement. Au scénario, Lupano (dont j’apprécie de plus en plus la production) nous livre une histoire drôle (donc), en utilisant les codes du genre heroic fantasy pour en faire une histoire complétement décalée mais surtout qui fonctionne. On entre sans tarder dans l’épopée déjantée de ce producteur de fromage qui s’est juré de débarrasser le monde des mages nuisibles. Au dessin, c’est surprenant au premier abord, mais la richesse des cases et des détails m’ont rapidement affranchi de mes primes réserves sur le style. Et au final, je trouve l’ensemble très bien équilibré. C’est fouillé et précis. Graphiquement très lisible. A la lecture de ce premier tome, je suis pour l’heroic fantasy rurale. Et je dirais même que je la recommande sans réserve. A lire en savourant un pécadou bien fait pour une expérience compléte.

28/10/2015 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dossiers Michel Vaillant
Dossiers Michel Vaillant

Avec les dessins de Jean Graton, chaque album raconte la vie et les faits d'un grand personnage de l'histoire de l'automobilisme, du cinéma, de la culture populaire. Oui, je sais, on n'aime pas beaucoup Michel Vaillant en France... Mais au delá des préjugès, le dessin est rigoureux, les faits réels, et une merveilleuse nostalgie naît de ces lectures. Mon coup de coeur s'adresse surtout aux trois premiers albums.

27/10/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mille parages - Fragments bourlingatoires d'ici et d'ailleurs
Mille parages - Fragments bourlingatoires d'ici et d'ailleurs

Si le voyage pour vous se résume à traverser la rue pour aller acheter une baguette cette BD n'est pas pour vous. Si au contraire le voyage vous fait rêver, si l'autre sous quelques latitudes que se soit vous intéresse alors vous devez lire cette suite, ces fragments de vies aux quatre coins du monde. A l'origine, ces récits sont parus dans plusieurs revues et Quai des Bulles a eu la bonne idée de les réunir dans cette BD qui nous propose une suite de saynètes qui nous emportent vers des ailleurs ordinaires, souvent extraordinaires. L'auteur, Simon Hureau, n'est en aucun cas un touriste ! C'est un voyageur qui, loin de rechercher le sensationnel ou l’esbroufe, se contente de ce qu'il rencontre sur son chemin. Les ambiances l’intéresse, la nature, les monuments, les animaux -particulièrement les insectes-, tout est source d'émerveillement. Lorsqu'en plus une rencontre parfois insolite se fait il nous croque des instants de vie d'où s'échappent des petits moments de grâce ou de poésie. L'humour parfois involontaire des situations arrive par la naïveté, la candeur de l'auteur qui n'hésite pas à se mettre lui même en scène dans des moments de galères. Moderne Candide à la rencontre de l'autre, Simon Hureau nous offre une respiration, une plage de "zénitude" face à un monde stressé ou tout va trop vite. Aux amoureux du monde, à ceux qui veulent découvrir l'autre je ne saurais que trop conseiller ces fragments bourlinguatoires dont je fais mon coup de cœur. A vivre trop vite, on en arrive à oublier l'essentiel.

25/10/2015 (MAJ le 26/10/2015) (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Lune et l'autre
Lune et l'autre

Se laisser prendre et emporter par cette histoire empreinte d'onirisme, de magie et finalement d'espoir. C'est aussi un récit ou les destins se mêlent, s'entrecroisent dans une trame complexe faite de retours en arrière. Un peu intrigué au départ sur les toutes premières cases, le lecteur s'attend à une énième histoire de fonctionnaire japonais surbooké, mais très vite l'auteur par deux ou trois images chocs nous plonge dans tout autre chose. A peine le temps de s'habituer à cette nouvelle ambiance qu'encore une fois le récit prend plaisir à nous perdre en route. Au départ bobine de fils emmêlés le scénario entreprend lentement, dans une atmosphère finalement lumineuse, de nous révéler le cheminement des personnages. Cette histoire finalement ordinaire d'un homme, d'une femme et d'une petite fille qui se cherchent sur un chemin où la magie et la violence ont leur part, dégage une ambiance feutrée qui prend son temps. Le dessin est au diapason. Bien sûr, l'influence de Miyazaki se fait sentir et quelques éléments lui rendent directement hommage mais il n'y a pas ici de bête copié collé. Après ma lecture le sentiment qui domine est d'avoir lu une histoire pas si drôle que ça mais empreinte de beaucoup d'espoir et d'humanité. L'auteur dont c'est le premier titre est à mon avis à suivre de près. Au fait il s'appelle Gabriel Germain.

21/10/2015 (modifier)
Couverture de la série Bestiarius
Bestiarius

Lorsque le chef éditeur de Kazé demanda à Masasumi Kakizaki quel nouveau projet celui-ci avait en tête, l’auteur du très remarqué western Green Blood lui parla de ses envies d’Histoire et de Rome antique. Kazé proposant un catalogue davantage orienté vers les shonens, on s’imagine les yeux ronds que devait faire l’éditeur devant cette annonce. Mais il y aura aussi des créatures fantastiques et de l’action précise Kakizaki, « ouf ! », l’éditeur est soulagé. Voilà comment est né Bestiarius, série de fantasy historique prévue en trois volumes. Bestiarius propose en réalité plusieurs histoires mettant en scène pour chacune d’elles de nouveaux personnages. Cette absence de fil conducteur peut être perçu comme un point faible car le format court de chaque histoire oblige l’auteur a souvent accélérer son récit quitte à laisser le lecteur tâtonner dans le noir au début. Ce manque de liant est en fait surtout présent dans la première histoire où les scènes s’enchaînent sans temps mort, la tension et la montée en puissance du scénario n’ont pas le temps de se faire. Ceci peut néanmoins s’expliquer par les contraintes d’éditeur où il faut tout de suite captiver le lecteur pour espérer voir commercialiser la suite. Je n’ai pas ressenti ce problème sur les deux arcs suivants où l’auteur prend enfin le temps de pauser le rythme. Dans cette réalité alternative, créatures et monstre fantastiques existent et vivent librement. Du moins jusqu’à ce que Rome, toute puissante et conquérante, décide d’envoyer ses légions les anéantir. Les survivants sont asservis et envoyés au Colisée pour servir de divertissements aux populares et optimates. Là, ils combattent des gladiateurs d’un genre différents, des bestiarii, dont Finn et Zénon, puis Arthur et Elaine ensuite, sont les principaux protagonistes. La première histoire nous conte la destinée de Finn, orphelin, fils de légionnaire, entraîné par le puissant Durandal, la dernière créature Wyvern encore en vie. 85 après JC : Tandis que Finn fort de son entraînement ayant fait de lui le meilleur des bestiarius est la nouvelle vedette du public, l’empereur psychopathe Domitien souhaite le voir combattre son mentor pour son propre plaisir. Mais Finn, qui considère son mentor presque comme un père acceptera t-il de le combattre sachant que le vainqueur de ce duel gagnera sa liberté ? Seconde histoire : la dernière poche de résistance crétoise tombe suite à la mort de Minotaure, chef de la résistance. Son fils le pacifique minotaure Talos est fait esclave et sert dans les cuisines d’un Ludus de Rome tandis que son frère adoptif humain, Zénon, est promis aux arènes comme bestiarius. 73 après JC : sur une idée probablement inspirée de la série télé Spartacus, la domina Arianna, femme du sénateur Crassus, fait de Zénon, le champion de l’arène, son escorte et l’invite dans les tribunes. Là, stupéfaction, son frère le gentil et inexpérimenté Talos s’apprête à combattre lui aussi dans l’arène pour le plaisir sadique de la noblesse. Comment réagira Zénon ? Va-t-il se ranger du côté de la gloire et de la richesse et rester aux côté d’Arianna ? Ou va-t-il se ranger du côté de son frère, seul contre tous ? Deuxième tome, troisième arc : En 86 après JC dans un petit village d’Albion, quatre amis humains et non-humains, Arthur et Elaine, Galahad le gobelin et Pan le faune, vivent en harmonie et la saine camaraderie. Jusqu’au jour où les armées romaines envahissent et brûlent leur village. Elaine se laisse capturer pour permettre à ses amis de s’enfuir. Arthur et ses potes vont prêter serment, coûte que coûte ils feront tout pour retrouver Elaine. Ils vont donc voir des héros bien connus du premier volume qui les entraîneront et feront d’eux des guerriers capables de surmonter les épreuves à venir. Un an plus tard ils retrouvent Elaine qui a bien changé, cette dernière est devenue une grande bestiarius et la protégée de Domitien. Lavage de cerveau ou quoi, Elaine se retourne contre ses anciens amis. Cliffhanger, à suivre dans le volume 3. Différentes histoires, chacune se déroulant en d’autres temps en d’autres lieux, mais avec des héros qui s’entrecroisent à la manière d’un récit choral qui devrait trouver sa conclusion dans le volume 3 (et dernier ?). Kakizaki n’est pas aussi bon scénariste que dessinateur et pourtant il arrive à très bien mélanger les codes du shonen nekketsu et ceux du seinen, histoire que tout le monde s’y retrouve. Pour le côté shonen, les personnages véhiculent des valeurs diablement intéressantes que j’adore toujours lire et m'identifier : l’amitié fraternel plus fort que les simples liens du sang et le dévouement et sacrifice qu’il engendre, le courage face à l’adversité, la rédemption, l’esprit aventureux, des rêves et des espoirs utopiques d’un monde meilleur. Avec le côté shonen on traite du spectre positif des émotions humaines mais le récit fait aussi la part belle au seinen où du côté de l’Empereur Domitien, de Lépide, d’Arianna et des légions romaines on y voit aussi le pire de l’humanité. Un aspect seinen qui est renforcé par le graphisme de Kakizaki et son encrage très profond, nuances de noir, de blanc et de gris, des personnages et des décors qui font très réaliste. Son dessin minutieux et extrêmement détaillé sur les premiers plans est un pur régal pour les yeux. Je suis devenu un vrai amateur du style Kakizaki, aussi bon sur les illustrations en couleurs des premières pages que sur le design des humains dont j’apprécie à la fois le style réaliste des adultes que le style « Final Fantasy IX » des enfants ; et tout autant magnifique sur le bestiaire. L’occasion de livrer des scènes d’action de grandes classes avec bottes secrètes et grosses giclées de sang contre Manticore, Béhémoth, Wyvern, Cyclope, Orques, etc dans une arène théâtre d'exploits homériques. Un bestiaire grandement inspiré de la mythologie gréco-romaine et des contes arthuriens. On peut du coup redire ou du moins regretter le format choisi pour les bouquins, à peine plus grand qu’un livre de poche. Je sais qu’il y a plein de mangas dans le même cas mais avec un dessin de cette qualité, c’est vraiment gâché. Vraiment, de chouettes histoires anachroniques et humanistes qui certes, ne surprendront pas les lecteurs affirmés de fantasy car on reste dans quelque chose de très classique, mais c’est divertissant, addictif si les valeurs susmentionnées vous parlent, et plutôt cohérent au final.

20/10/2015 (modifier)
Par zébu
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Ambulance 13
L'Ambulance 13

Dans cette série nous suivons le parcours du capitaine Bateloup, jeune bourgeois de bonne famille engagé dans les premières heures du conflit comme responsable d'une unité d'ambulanciers. Il va très vite découvrir les horreurs de la guerre. Ce qui m'a frappé en premier lieu, c'est le fait que tous les personnages servent de faire valoir à des sujets historiques relatifs à cette sombre période. Ainsi on entrevoit pêle-mêle l'horreur des combats, la dure vie dans les tranchées, la terreur du soldat avant de monter à l'assaut, la stupidité des gradés prêts à sacrifier des centaines de vie pour leur gloire personnelle, le fanatisme idiot de certains, la délation, l'injustice face à des situations comme celles des fusillés pour l'exemple, le racisme d'une armée blanche envers ses soldats coloniaux, les gueules cassées, la vie à l'arrière, les magouilles politiques, et enfin comment la guerre change irrémédiablement le caractère des hommes. J'ai un peu le sentiment que l'auteur veut nous dire : "Certes il s'agit d'un récit avec des personnages fictifs mais la plupart des choses que je décris se sont véritablement produites." Cela fait maintenant un siècle que ce conflit meurtrier a eu lieu et cette oeuvre me fait penser à une sorte de devoir de mémoire. Bref, pour moi qui aime les séries historiques, il s'agit là d'une oeuvre puissante, complète et très bien écrite car d'une justesse remarquable ; le tout desservi par des dessins et une coloration d'une qualité indéniable. A découvrir absolument.

19/10/2015 (modifier)
Couverture de la série Nous partîmes 500
Nous partîmes 500

J’ai découvert récemment le travail de Clément Vuillier avec son très original et réussi Le Voyage Céleste Extatique, ce qui m’a donné envie de voir ce qu’il avait publié auparavant. C’est donc avec plaisir que j’ai pu dégotter cet album, lui aussi publié chez un petit éditeur. Ce qui implique un prix élevé, mais aussi un travail éditorial très soigné. Si la couverture à rabats est une sérigraphie en couleurs, j’ai retrouvé dans cet album ce qui m’avait séduit dans Le Voyage Céleste Extatique, à savoir un superbe dessin en Noir et Blanc, très géométrique, minutieux, foisonnant dans des détails alors que souvent les décors sont presque effacés. Alors, comme la citation du Cid de Corneille qui donne son titre à l’album nous le laisse penser, il s’agit là d’une plus ou moins longue hécatombe. Dès les premières pages, on découvre un grand nombre de soldats dans des navires, au milieu d’un océan. Puis ils s’échouent, et de là, les uns après les autres, une fois la terre ferme atteinte, ils meurent, en traversant des milieux hostiles (forêts denses, déserts arides, montagnes glacées, paysages volcaniques. Les éléments les éliminent, dans une sorte de compte à rebours assez froid : ils vont vers leur destin, comme des robots ou des zombies, sans montrer d’inquiétude ni se poser de question, dans un monde lui aussi « froid », où les règnes minéral et végétal dominent (très peu d’animaux et aucun autre être humain visibles). On est là un peu dans un univers proche de certains films de Werner Herzog sur les conquistadors se perdant dans l’infini de la jungle (comme « Aguirre la colère de Dieu »), ou alors pour rester dans la Bande Dessinée, le beau triptyque Pour L'Empire (là aussi un voyage sans fin et empreint d’une rêverie brumeuse). Bon, une fois l’intrigue résumée, autant dire qu’elle n’est que secondaire. En effet, ces hommes – dont on ne distingue pas le corps, recouvert intégralement d’une armure, et dont la tête est remplacée par une pointe – ne sont là que pour « traverser » le décor. Comme pour Le Voyage Céleste Extatique, c’est le voyage (ici totalement muet) qui est au cœur de ce livre. Un voyage là aussi mental autant que physique. Qui magnifie le dessin de Vuillier (dont je suis vraiment fan !), et qui nous emporte loin sur le frêle esquif de notre imagination. Je ne sais si c’est de la gravure ou du « simple » dessin, mais j’attends de pied – et d’œil ! – ferme ses prochaines publications ! Album atypique (à feuilleter avant d’acheter je pense), mais je vous recommande d’y jeter plus qu’un coup d’œil.

18/10/2015 (modifier)