Eh bien, voilà un album plutôt bien fichu, et qui mérite vraiment le détour !
Le dessin d’abord est très réussi. Une belle exploitation de Noir et Blanc, un trait réaliste et sombre – mais très lisible. Sans fioriture, cet aspect graphique réussi rend la lecture fluide (relativement rapide malgré près de 200 pages) et agréable. Certains dessins, au lavis, sont vraiment superbes, et m’ont fait penser au travail de Victor Hugo.
Pour ce qui est de l’intrigue, c’est là aussi une réussite, avec une histoire mêlant aspects atypiques et aventure et road movie plus classiques.
Les passages faisant le parallèle entre Mike et Miguel de Cervantès sont généralement très réussis, avec quelques échanges savoureux (le jeu de mot entre automate et Ottoman, combattus par l’un ou l’autre est assez bien senti). Les passages faisant apparaître les deux Cervantès dialoguant sont aussi bien amenés.
Le personnage de Mike, sorte d’illuminé partant en croisade « au quart de tour », contre la censure, la société puritaine et mercantile américaine, les banques et autres rapaces de l’après crise des sub-primes, les racistes ou les télévangélistes, est très attachant. La chasse à l’homme dont il est l’objet (sans forcément s’en rendre compte), avec de petites touches humoristiques (l’hyper sérieux shérif) et un côté absurde, ajoute au côté picaresque de l’aventure.
Autour – mais aussi au cœur – de l’histoire, Lax brasse un certain nombre de thèmes, tous traités de manière intelligente et intelligible. Le traumatisme des anciens combattants (survivants mais handicapés, qui peinent à « se réinsérer ») tout d’abord.
C’est aussi une défense de la grande littérature (et une attaque de la censure, mais aussi du conformisme et de la paresse intellectuelle). La liste des auteurs et/ou œuvres que Mike tente de sauver – quitte à les « enterrer » est d’une grande qualité. Je reste par contre dubitatif par rapport à la probabilité de trouver, dans un pénitencier américain, une édition de Don Quichotte avec illustrations de Gustave Doré, en grand format !
On peut y voir aussi une déclaration d’amour à un certain cinéma, celui de Ford et ses grands espaces, les territoires Navajos (dont les dessins de Lax, superbes, peuvent compléter les non moins superbes photographies prises il y a près d’un siècle et demi par E. S. Curtis). Hommage aussi – référence tout du moins – à certains chefs d’œuvre de la RKO (King Kong)…
Le regard porté par Lax – et Mike, son « porte regard » – sur les laissés pour compte, ruinés des sub-primes, Indiens des réserves (même si les Navajos sont loin d’être les plus mal lotis) est plein d’empathie.
Alors, combat perdu d’avance ? Oui et non. Comment va finir la cavale de Mike, on s’en ficherait presque. Comme des moulins à vent qu’il combat (voir la charge ubuesque du chevalier Mike contre des rochers, accompagné de son Sancho péruvien, plus ou moins otage du délire de Mike).
Ce qui compte, c’est la soif de vie retrouvée par Mike, les rencontres plus ou moins éphémères, mais terriblement humaines (un flirt avec la prothésiste, une discussion et un regard complice avec une lectrice, la fraternité avec des Navajos) : l’amour de la liberté, des grands espaces de Monument Valley à ceux de l’imagination, qui s’étendent à l’infini.
A lire absolument !
Ce livre est un accident.
Accident de parcours puisqu'il se veut le début, la suite et la fin de Trois fils du même auteur.
Pourquoi donc le dissocier de la série dite d'origine ? C'est bien simple, Trois fils était conçu comme le premier tome d'une trilogie qui n'aura jamais lieu. Ce n'est pas pour autant une série abandonnée puisque le présent ouvrage fait effectivement office de séquelle et de préquelle MAIS qu'il peut se lire complètement indépendamment du livre d'origine.
Ce tour de force, suffisamment rare pour être souligné, on le doit à Ludovic Debeurme qui a déjà fait ses armes chez le même éditeur mais également chez Futuropolis avec Lucille et Renée.
Parti timidement de "3 Fils" en aquarelle et avec un style peu bavard mais peu avare en poésie, Debeurme renoue avec son style d'origine essentiellement constituée de traits de crayons de couleur (comme ne le laisse pas supposer l'austère couverture) et le résultat me laisse pantois : c'est simplement magnifique.
On passe à 160 pages pour un résultat qui prend aux tripes et qu'il est difficile de reposer sans en arriver à l'ultime page.
Le tour de force est effectivement de revenir sur les origines de ces trois fils, de garder le fil même pour quiconque n'aura pas lu son oeuvre précédente et d'en trouver une unité parfaite.
Après il faut aimer les récits un peu barrés avec moult références de fratrie, de stigmates et de spiritualité déviante rappelant l'inoubliable prédicateur Bliss Blister de Charles Burns dans son recueil Fleur de peau.
Il s'agit surtout du portrait de trois adolescents et de la peur d'un Père effrayant et imprévisible, de leurs états d’âme, de leur propre identité et de leur éveil à la sexualité dans un univers pas forcément clément mais suffisamment mystérieux pour en lire davantage.
Debeurme use de styles différents passant de la bande dessinée à l'illustration avec un sens du découpage qui frôle le respect absolu.
Macabre, beau et moderne, le récit use de métaphores et de pertes de repères sans jamais abandonner le lecteur grâce à une construction adroite.
C'est un véritable coup de cœur dont la réalisation éditoriale est juste magnifique. Les trois frères deviennent des symboles dissociables d'une jeunesse en totale rupture avec une éducation pieuse.
Les mots me manquent pour décrire un tel univers que Ludovic Debeurme a su synthétiser et rendre accessible pour tous les curieux sensibles au charme latent de ses dessins maitrisés à la perfection.
Voici une œuvre indépendante dont vous risquez vite de devenir dépendant qu'il ne faudrait pas louper !
Que voilà un joli recueil de nouvelles !
DesSeins, dont le titre est tout sauf anodin et la majuscule du deuxième S encore moins nous propose sept portraits de femme signés… par un homme. Olivier Pont, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’est pas un inconnu dans le monde de la bande dessinée même si on ne le connait que très peu dans ce registre. Personnellement, je trouve qu’il signe là un bel album, sensible, touchant, dans la lignée de ce que peut faire Zidrou, par exemple.
De seins, il sera donc question tout au long de ces sept portraits, des seins symboles de féminité, parfois trop lourds à porter, parfois trop stigmatisés. Olivier Pont joue joliment du silence pour nous surprendre et nous entrainer là où l’on ne s’y attendait pas toujours. A une occasion, j’ai trouvé qu’il versait dans la facilité, dans la caricature. Pour le reste, l’auteur signe un sans-faute à mes yeux.
Au niveau du dessin comme du découpage, il s’agit là aussi d’un travail frôlant la perfection. Les histoires disposent de l’espace nécessaire pour se développer tout en restant très concentrées (format de la nouvelle oblige). Le dessin est clair, immédiat et séduisant. Le travail sur les regards est soigné et permet de faire passer beaucoup d’informations sans commentaires inutiles.
Un album que je ne peux que vous recommander.
Cela faisait un moment que je tournais autour de cet album. Et puis, je l'ai acheté dans sa version toilée, de très bonne qualité, comme savent le faire les éditions Bamboo.
Et puis ce one shot (j'arrête , le plus possible, de me lancer dans des séries interminables) est signé de Morice et Quella-Guyot, les auteurs d'un très original et remarquable Papeete 1914 consacré, entre autre, à un épisode de la Grande Guerre.
Justement, nous replongeons ici , non dans les tranchées, mais dans cette période vécue sur une île bretonne, ressemblant étrangement à l'ïle de Houat (pour ceux qui connaissent)
A travers Maël, facteur ad hoc, nous découvrons le quotidien de cette île où tout les hommes sont partis combattre, tous sauf un, Maël qui saura à travers des astuces et des mensonges, réconforter ces femmes seules.
La grande qualité de cette histoire réside dans ce personnage de Maël, pour lequel, au fil de la lecture, nous éprouvons de moins en moins de sympathie; mais aussi dans le chapitre de conclusion, qui donne envie de relire l'ensemble sous un nouvel éclairage. C'est osé, malin et surtout très intelligent, cette conclusion.
Reste un autre point positif de l'album que j'avais, je crois déjà souligné lors du précédent diptyque, la qualité du dessin ...de véritables cartes postales parfois...un dessin magnifique doublé de couleurs fort réussies, cet album ne fait que ravir le breton, amateur de bd que je suis.
La guerre de 14 vue autrement..........lisez-le.
Cela faisait longtemps que je n'avais pas autant aimé un comic moderne !
En effet, je trouve que de nos jours les comics de super-héros prenent un peu trop au sérieux et qu'on a droit à des trucs sombres. Ce n'est pas le cas ici avec Harley Quinn qui fait une grande place à l'humour et qui ne se prend jamais au sérieux.
J'adore le personnage d'Harley Quinn et j'avais bien hate de la voir évoluer en solo. Le Joker n'est pas très présent dans ce premier tome et on voit surtout Poison Ivy ainsi que des nouveaux personnages. Il faut dire qu'elle ne vit plus à Gotham, mais à New York. D'ailleurs le seul reproche que je puisse faire à cette série c'est que j'aurais bien aimé la voir interagir avec des personnages que je connais comme Batman ou des supervilains comme Double Face ou le Pingouin. Mais bon j'aime tellement sa relation avec Poison Ivy que ce détail ne me dérange pas trop.
J'aime bien aussi comme Harley Quinn ne joue pas les super-villaines dans ses aventures et essaye surtout de faire le bien même si sa manière de faire le bien est un peu différente de la norme. L'humour m'a bien fait rire et franchement c'est à lire si on aime le personnage.
Pour ce qui est du dessin, je commence à m'habituer au style moderne des comics et donc ce ne m'a pas trop derangé. Je le trouve bien dynamique. Il est à note que dans la première histoire plusieurs dessinateurs ont illustré une page chacun (dont Bruce Timm) et le résultat est intéressant.
« Ruines » est un roman graphique à multiple facettes, qui nous raconte une histoire relationnelle assez traditionnelle, mais dans un contexte politique intéressant.
George et Samantha décident de passer une année sabbatique à Oaxaca (Mexique) pour se ressourcer, se retrouver émotionnellement et affectueusement. Cet aspect de l’histoire est bien vu, et raconté subtilement. La fin m’a beaucoup plu, elle est relativement inattendue, juste, et finalement assez positive. Je n’en dirai pas plus.
Mais « Ruines », c’est aussi un voyage dépaysant nous faisant découvrir ce pays magnifique, et un mini-documentaire sur l’instabilité politique locale. Le mélange est adroit et digeste, et la lecture fluide et agréable malgré le nombre conséquent de pages (330 !) Le voyage d’un papillon migrateur se greffe sur la trame principale, même si j’ai trouvé cet aspect de l’histoire finalement assez anecdotique.
La narration est aux petits oignons, et la mise en image est superbe. Les planches recèlent de détails, le découpage ingénieux participe grandement à la fluidité de l’histoire, et la mise en couleur est magistrale. L’ensemble est vraiment esthétique et on prend beaucoup de plaisir à admirer les paysages ruraux, les scènes urbaines, les bâtiments historiques… admirez donc les quelques planches de la galerie !
Un album recommandable pour les amateurs du genre.
Jean-Paul Eid est un des rares auteurs que je connaisse qui réussit à allier scénarios et constructions à contraintes et histoires lisibles et intéressantes. Qualités qu’il partage avec Etienne Lécroart et Marc-Antoine Mathieu. C’est avec ce dernier qu’il a le plus d’accointance (il lui rendra d’ailleurs hommages dans Le Fond du Trou en faisant apparaître un Julius au milieu de son album délirant et très réussi).
Comme MAM, Jean-Paul Eid multiplie les jeux autour du support, n’hésitant pas utiliser la transparence des pages, les scénarios que le lecteur peut modifier à sa guise, des personnages étant envoyés une quinzaine de pages plus loin, etc… C’est très ludique, très original, et le plus souvent très drôle !
J’avoue apprécier beaucoup cet auteur, qui regroupe dans cet album la plupart des histoires de Jérome Bigras publiées dans le magazine canadien CROC (en y ajoutant quelques inédits).
Bigras est un bonhomme jovial et bien en chair (qui traine une tondeuse nommée Rex ! comme « objet de compagnie » – d’où le titre), et qui vit dans un lotissement pavillonnaire de banlieue tout à fait quelconque. Sauf que lui ne l’est pas, quelconque – il s’y refuse, et qu’il va vivre des aventures parfois proches dans l’esprit de celles que « vit » un autre aventurier de Bande Dessinée à la noix, Raymond Calbuth.
Inventives, drôles, intelligentes, mais aussi totalement farfelues, loufoques et cons, ces aventures de Jérome Bigras – et de sa tondeuse Rex ! méritent nettement mieux que le relatif anonymat dans lequel elles végètent. Plus de 120 pages de délire absurde et surréaliste vraiment à découvrir !
Nouvel opus de qualité dans la collection "Latitudes" de chez Ki-oon !
L'auteur (Takashi Murakami), déjà connu pour Le Chien Gardien d'étoiles (que je n'ai pas lu), nous offre ici un récit constitué d'une série d'histoires courtes toutes reliées entre elles dans le temps et dans l'histoire d'une famille marquée par le drame de la perte d'un être cher.
Personnellement ce n'est pas le premier récit qui m'a le plus marquée, même si ce qu'il raconte est particulièrement horrible (la perte d'une enfant dans un accident de la route et le coma puis l'état végétatif de son conjoint également victime de l'accident). J'ai commencé à être touchée par la poésie et la force du récit dans les dernière pages de cette première partie (quand le mari quitte son état de coma et "laisse partir" son enfant - et donc comprend ce qu'il se passe) et dans toutes les autres histoires qui nous sont contées dans ce recueil : l'histoire du grand père lorsqu'il était jeune, la vie de la jeune maman qui tente de s'occuper de son mari, la vie des grands parents, etc...
L'oiseau Bleu est un récit qui prend de l'ampleur et de l'épaisseur au fil des pages, une histoire dont les fils se croisent et se recroisent chapitre après chapitre et qui sait toucher le lecteur tout en subtilité, bref : une petite perle à lire absolument.
Je n'ai pas lu de Tif et Tondu, mais ayant toujours aimé les méchants bien campés, j'ai été attiré par cette série et bien m'en a pris.
Choc est clairement un personnage très intéressant, avec sa part de mystère, de folie mais aussi d'élégance et de panache.
L'histoire est très bien mené, fluide, avec son lot d'intrigues et d'actions. Le dessin est classique de la BD franco-belge, lisible et agréable à mon goût.
Vivement le tome 2.
Hey les gars et les filles ! vous avez aimé Le Château des étoiles, grande fresque, grosse baffe, hommage à la fois à Jules Vernes et Miyazaki avec des couleurs hallucinantes, dans des pastels de fous et avec des fulgurances de planches telles qu'Alex Alice sait nous en créer depuis longue date.
Ici certains crierons au plagiat, à la petite panne de neurones qui fait qu'un auteur s'inspire d'un sujet pour en faire un succédané. Alors oui, Valp, cet auteur dont je n'avais jamais entendu causer, a lu "Le Château" sus nommé. Est-ce un hommage , une pâle copie, un crime de lèse majesté ? Non point, vilains que vous êtes et prompts à la critique, ce récit, premier d'une série qui s'annonce redoutable, est au-delà de cela, parce que oui on sent une patte, une personnalité derrière tout cela. Un trait sûr, un sens de l'intrigue digne d'un vieux routard.
Le trait évidement n'est pas sans rappeler celui de Mister Alice mais un poil plus sombre, moins pastel. Je dirais que le dessin est un brin plus gras, mais sans que cette connotation soit péjorative. Certes il y a moins de grandes envolées graphiques, mais j'ai véritablement apprécié cette histoire, steampunk, oui mais sachant instiller une curieuse ambiance des vieux films hollywoodiens des années 40.
Pour ce premier avis, vous résumerai-je l'histoire ? Non ! Sachez seulement qu'elle est tout sauf niaise, que les personnages possèdent l'épaisseur qui convient, qu'il n'y a pas de bêtes raccourcis scénaristiques, que c'est fluide et divertissant et que le fond qu nous appelons parfois background est parfaitement réussi. J'oubliais pour vous convaincre totalement que de vilains automates en veulent à notre charmante héroïne dont les pommettes rougeoyantes sont finalement assez jolies.
Pour en revenir à notre Château dont les critiques dithyrambiques ne laissaient que peu de place à la critique, j'invite tous ceux qui ont apprécié l’œuvre d' A. Alice à jeter plus qu'un coup d’œil à celle-ci qui deviendra, je le parie, quelque chose de très fort, plus sombre, moins transgénérationnel peut être mais ô combien réjouissant. J'invite tous mes petits camarades à se ruer sur la chose et, cochon qui s'en dédit, j'épluche les patates à vie à Angoulême si vous n'aimez pas.
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Nos enjeux environnementaux
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Nos enjeux culturels et sociétaux
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Un certain Cervantès
Eh bien, voilà un album plutôt bien fichu, et qui mérite vraiment le détour ! Le dessin d’abord est très réussi. Une belle exploitation de Noir et Blanc, un trait réaliste et sombre – mais très lisible. Sans fioriture, cet aspect graphique réussi rend la lecture fluide (relativement rapide malgré près de 200 pages) et agréable. Certains dessins, au lavis, sont vraiment superbes, et m’ont fait penser au travail de Victor Hugo. Pour ce qui est de l’intrigue, c’est là aussi une réussite, avec une histoire mêlant aspects atypiques et aventure et road movie plus classiques. Les passages faisant le parallèle entre Mike et Miguel de Cervantès sont généralement très réussis, avec quelques échanges savoureux (le jeu de mot entre automate et Ottoman, combattus par l’un ou l’autre est assez bien senti). Les passages faisant apparaître les deux Cervantès dialoguant sont aussi bien amenés. Le personnage de Mike, sorte d’illuminé partant en croisade « au quart de tour », contre la censure, la société puritaine et mercantile américaine, les banques et autres rapaces de l’après crise des sub-primes, les racistes ou les télévangélistes, est très attachant. La chasse à l’homme dont il est l’objet (sans forcément s’en rendre compte), avec de petites touches humoristiques (l’hyper sérieux shérif) et un côté absurde, ajoute au côté picaresque de l’aventure. Autour – mais aussi au cœur – de l’histoire, Lax brasse un certain nombre de thèmes, tous traités de manière intelligente et intelligible. Le traumatisme des anciens combattants (survivants mais handicapés, qui peinent à « se réinsérer ») tout d’abord. C’est aussi une défense de la grande littérature (et une attaque de la censure, mais aussi du conformisme et de la paresse intellectuelle). La liste des auteurs et/ou œuvres que Mike tente de sauver – quitte à les « enterrer » est d’une grande qualité. Je reste par contre dubitatif par rapport à la probabilité de trouver, dans un pénitencier américain, une édition de Don Quichotte avec illustrations de Gustave Doré, en grand format ! On peut y voir aussi une déclaration d’amour à un certain cinéma, celui de Ford et ses grands espaces, les territoires Navajos (dont les dessins de Lax, superbes, peuvent compléter les non moins superbes photographies prises il y a près d’un siècle et demi par E. S. Curtis). Hommage aussi – référence tout du moins – à certains chefs d’œuvre de la RKO (King Kong)… Le regard porté par Lax – et Mike, son « porte regard » – sur les laissés pour compte, ruinés des sub-primes, Indiens des réserves (même si les Navajos sont loin d’être les plus mal lotis) est plein d’empathie. Alors, combat perdu d’avance ? Oui et non. Comment va finir la cavale de Mike, on s’en ficherait presque. Comme des moulins à vent qu’il combat (voir la charge ubuesque du chevalier Mike contre des rochers, accompagné de son Sancho péruvien, plus ou moins otage du délire de Mike). Ce qui compte, c’est la soif de vie retrouvée par Mike, les rencontres plus ou moins éphémères, mais terriblement humaines (un flirt avec la prothésiste, une discussion et un regard complice avec une lectrice, la fraternité avec des Navajos) : l’amour de la liberté, des grands espaces de Monument Valley à ceux de l’imagination, qui s’étendent à l’infini. A lire absolument !
Un Père vertueux
Ce livre est un accident. Accident de parcours puisqu'il se veut le début, la suite et la fin de Trois fils du même auteur. Pourquoi donc le dissocier de la série dite d'origine ? C'est bien simple, Trois fils était conçu comme le premier tome d'une trilogie qui n'aura jamais lieu. Ce n'est pas pour autant une série abandonnée puisque le présent ouvrage fait effectivement office de séquelle et de préquelle MAIS qu'il peut se lire complètement indépendamment du livre d'origine. Ce tour de force, suffisamment rare pour être souligné, on le doit à Ludovic Debeurme qui a déjà fait ses armes chez le même éditeur mais également chez Futuropolis avec Lucille et Renée. Parti timidement de "3 Fils" en aquarelle et avec un style peu bavard mais peu avare en poésie, Debeurme renoue avec son style d'origine essentiellement constituée de traits de crayons de couleur (comme ne le laisse pas supposer l'austère couverture) et le résultat me laisse pantois : c'est simplement magnifique. On passe à 160 pages pour un résultat qui prend aux tripes et qu'il est difficile de reposer sans en arriver à l'ultime page. Le tour de force est effectivement de revenir sur les origines de ces trois fils, de garder le fil même pour quiconque n'aura pas lu son oeuvre précédente et d'en trouver une unité parfaite. Après il faut aimer les récits un peu barrés avec moult références de fratrie, de stigmates et de spiritualité déviante rappelant l'inoubliable prédicateur Bliss Blister de Charles Burns dans son recueil Fleur de peau. Il s'agit surtout du portrait de trois adolescents et de la peur d'un Père effrayant et imprévisible, de leurs états d’âme, de leur propre identité et de leur éveil à la sexualité dans un univers pas forcément clément mais suffisamment mystérieux pour en lire davantage. Debeurme use de styles différents passant de la bande dessinée à l'illustration avec un sens du découpage qui frôle le respect absolu. Macabre, beau et moderne, le récit use de métaphores et de pertes de repères sans jamais abandonner le lecteur grâce à une construction adroite. C'est un véritable coup de cœur dont la réalisation éditoriale est juste magnifique. Les trois frères deviennent des symboles dissociables d'une jeunesse en totale rupture avec une éducation pieuse. Les mots me manquent pour décrire un tel univers que Ludovic Debeurme a su synthétiser et rendre accessible pour tous les curieux sensibles au charme latent de ses dessins maitrisés à la perfection. Voici une œuvre indépendante dont vous risquez vite de devenir dépendant qu'il ne faudrait pas louper !
DesSeins
Que voilà un joli recueil de nouvelles ! DesSeins, dont le titre est tout sauf anodin et la majuscule du deuxième S encore moins nous propose sept portraits de femme signés… par un homme. Olivier Pont, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’est pas un inconnu dans le monde de la bande dessinée même si on ne le connait que très peu dans ce registre. Personnellement, je trouve qu’il signe là un bel album, sensible, touchant, dans la lignée de ce que peut faire Zidrou, par exemple. De seins, il sera donc question tout au long de ces sept portraits, des seins symboles de féminité, parfois trop lourds à porter, parfois trop stigmatisés. Olivier Pont joue joliment du silence pour nous surprendre et nous entrainer là où l’on ne s’y attendait pas toujours. A une occasion, j’ai trouvé qu’il versait dans la facilité, dans la caricature. Pour le reste, l’auteur signe un sans-faute à mes yeux. Au niveau du dessin comme du découpage, il s’agit là aussi d’un travail frôlant la perfection. Les histoires disposent de l’espace nécessaire pour se développer tout en restant très concentrées (format de la nouvelle oblige). Le dessin est clair, immédiat et séduisant. Le travail sur les regards est soigné et permet de faire passer beaucoup d’informations sans commentaires inutiles. Un album que je ne peux que vous recommander.
Facteur pour femmes
Cela faisait un moment que je tournais autour de cet album. Et puis, je l'ai acheté dans sa version toilée, de très bonne qualité, comme savent le faire les éditions Bamboo. Et puis ce one shot (j'arrête , le plus possible, de me lancer dans des séries interminables) est signé de Morice et Quella-Guyot, les auteurs d'un très original et remarquable Papeete 1914 consacré, entre autre, à un épisode de la Grande Guerre. Justement, nous replongeons ici , non dans les tranchées, mais dans cette période vécue sur une île bretonne, ressemblant étrangement à l'ïle de Houat (pour ceux qui connaissent) A travers Maël, facteur ad hoc, nous découvrons le quotidien de cette île où tout les hommes sont partis combattre, tous sauf un, Maël qui saura à travers des astuces et des mensonges, réconforter ces femmes seules. La grande qualité de cette histoire réside dans ce personnage de Maël, pour lequel, au fil de la lecture, nous éprouvons de moins en moins de sympathie; mais aussi dans le chapitre de conclusion, qui donne envie de relire l'ensemble sous un nouvel éclairage. C'est osé, malin et surtout très intelligent, cette conclusion. Reste un autre point positif de l'album que j'avais, je crois déjà souligné lors du précédent diptyque, la qualité du dessin ...de véritables cartes postales parfois...un dessin magnifique doublé de couleurs fort réussies, cet album ne fait que ravir le breton, amateur de bd que je suis. La guerre de 14 vue autrement..........lisez-le.
Harley Quinn
Cela faisait longtemps que je n'avais pas autant aimé un comic moderne ! En effet, je trouve que de nos jours les comics de super-héros prenent un peu trop au sérieux et qu'on a droit à des trucs sombres. Ce n'est pas le cas ici avec Harley Quinn qui fait une grande place à l'humour et qui ne se prend jamais au sérieux. J'adore le personnage d'Harley Quinn et j'avais bien hate de la voir évoluer en solo. Le Joker n'est pas très présent dans ce premier tome et on voit surtout Poison Ivy ainsi que des nouveaux personnages. Il faut dire qu'elle ne vit plus à Gotham, mais à New York. D'ailleurs le seul reproche que je puisse faire à cette série c'est que j'aurais bien aimé la voir interagir avec des personnages que je connais comme Batman ou des supervilains comme Double Face ou le Pingouin. Mais bon j'aime tellement sa relation avec Poison Ivy que ce détail ne me dérange pas trop. J'aime bien aussi comme Harley Quinn ne joue pas les super-villaines dans ses aventures et essaye surtout de faire le bien même si sa manière de faire le bien est un peu différente de la norme. L'humour m'a bien fait rire et franchement c'est à lire si on aime le personnage. Pour ce qui est du dessin, je commence à m'habituer au style moderne des comics et donc ce ne m'a pas trop derangé. Je le trouve bien dynamique. Il est à note que dans la première histoire plusieurs dessinateurs ont illustré une page chacun (dont Bruce Timm) et le résultat est intéressant.
Ruines
« Ruines » est un roman graphique à multiple facettes, qui nous raconte une histoire relationnelle assez traditionnelle, mais dans un contexte politique intéressant. George et Samantha décident de passer une année sabbatique à Oaxaca (Mexique) pour se ressourcer, se retrouver émotionnellement et affectueusement. Cet aspect de l’histoire est bien vu, et raconté subtilement. La fin m’a beaucoup plu, elle est relativement inattendue, juste, et finalement assez positive. Je n’en dirai pas plus. Mais « Ruines », c’est aussi un voyage dépaysant nous faisant découvrir ce pays magnifique, et un mini-documentaire sur l’instabilité politique locale. Le mélange est adroit et digeste, et la lecture fluide et agréable malgré le nombre conséquent de pages (330 !) Le voyage d’un papillon migrateur se greffe sur la trame principale, même si j’ai trouvé cet aspect de l’histoire finalement assez anecdotique. La narration est aux petits oignons, et la mise en image est superbe. Les planches recèlent de détails, le découpage ingénieux participe grandement à la fluidité de l’histoire, et la mise en couleur est magistrale. L’ensemble est vraiment esthétique et on prend beaucoup de plaisir à admirer les paysages ruraux, les scènes urbaines, les bâtiments historiques… admirez donc les quelques planches de la galerie ! Un album recommandable pour les amateurs du genre.
Jérôme Bigras
Jean-Paul Eid est un des rares auteurs que je connaisse qui réussit à allier scénarios et constructions à contraintes et histoires lisibles et intéressantes. Qualités qu’il partage avec Etienne Lécroart et Marc-Antoine Mathieu. C’est avec ce dernier qu’il a le plus d’accointance (il lui rendra d’ailleurs hommages dans Le Fond du Trou en faisant apparaître un Julius au milieu de son album délirant et très réussi). Comme MAM, Jean-Paul Eid multiplie les jeux autour du support, n’hésitant pas utiliser la transparence des pages, les scénarios que le lecteur peut modifier à sa guise, des personnages étant envoyés une quinzaine de pages plus loin, etc… C’est très ludique, très original, et le plus souvent très drôle ! J’avoue apprécier beaucoup cet auteur, qui regroupe dans cet album la plupart des histoires de Jérome Bigras publiées dans le magazine canadien CROC (en y ajoutant quelques inédits). Bigras est un bonhomme jovial et bien en chair (qui traine une tondeuse nommée Rex ! comme « objet de compagnie » – d’où le titre), et qui vit dans un lotissement pavillonnaire de banlieue tout à fait quelconque. Sauf que lui ne l’est pas, quelconque – il s’y refuse, et qu’il va vivre des aventures parfois proches dans l’esprit de celles que « vit » un autre aventurier de Bande Dessinée à la noix, Raymond Calbuth. Inventives, drôles, intelligentes, mais aussi totalement farfelues, loufoques et cons, ces aventures de Jérome Bigras – et de sa tondeuse Rex ! méritent nettement mieux que le relatif anonymat dans lequel elles végètent. Plus de 120 pages de délire absurde et surréaliste vraiment à découvrir !
L'Oiseau Bleu
Nouvel opus de qualité dans la collection "Latitudes" de chez Ki-oon ! L'auteur (Takashi Murakami), déjà connu pour Le Chien Gardien d'étoiles (que je n'ai pas lu), nous offre ici un récit constitué d'une série d'histoires courtes toutes reliées entre elles dans le temps et dans l'histoire d'une famille marquée par le drame de la perte d'un être cher. Personnellement ce n'est pas le premier récit qui m'a le plus marquée, même si ce qu'il raconte est particulièrement horrible (la perte d'une enfant dans un accident de la route et le coma puis l'état végétatif de son conjoint également victime de l'accident). J'ai commencé à être touchée par la poésie et la force du récit dans les dernière pages de cette première partie (quand le mari quitte son état de coma et "laisse partir" son enfant - et donc comprend ce qu'il se passe) et dans toutes les autres histoires qui nous sont contées dans ce recueil : l'histoire du grand père lorsqu'il était jeune, la vie de la jeune maman qui tente de s'occuper de son mari, la vie des grands parents, etc... L'oiseau Bleu est un récit qui prend de l'ampleur et de l'épaisseur au fil des pages, une histoire dont les fils se croisent et se recroisent chapitre après chapitre et qui sait toucher le lecteur tout en subtilité, bref : une petite perle à lire absolument.
Choc
Je n'ai pas lu de Tif et Tondu, mais ayant toujours aimé les méchants bien campés, j'ai été attiré par cette série et bien m'en a pris. Choc est clairement un personnage très intéressant, avec sa part de mystère, de folie mais aussi d'élégance et de panache. L'histoire est très bien mené, fluide, avec son lot d'intrigues et d'actions. Le dessin est classique de la BD franco-belge, lisible et agréable à mon goût. Vivement le tome 2.
Les Fantômes de Neptune
Hey les gars et les filles ! vous avez aimé Le Château des étoiles, grande fresque, grosse baffe, hommage à la fois à Jules Vernes et Miyazaki avec des couleurs hallucinantes, dans des pastels de fous et avec des fulgurances de planches telles qu'Alex Alice sait nous en créer depuis longue date. Ici certains crierons au plagiat, à la petite panne de neurones qui fait qu'un auteur s'inspire d'un sujet pour en faire un succédané. Alors oui, Valp, cet auteur dont je n'avais jamais entendu causer, a lu "Le Château" sus nommé. Est-ce un hommage , une pâle copie, un crime de lèse majesté ? Non point, vilains que vous êtes et prompts à la critique, ce récit, premier d'une série qui s'annonce redoutable, est au-delà de cela, parce que oui on sent une patte, une personnalité derrière tout cela. Un trait sûr, un sens de l'intrigue digne d'un vieux routard. Le trait évidement n'est pas sans rappeler celui de Mister Alice mais un poil plus sombre, moins pastel. Je dirais que le dessin est un brin plus gras, mais sans que cette connotation soit péjorative. Certes il y a moins de grandes envolées graphiques, mais j'ai véritablement apprécié cette histoire, steampunk, oui mais sachant instiller une curieuse ambiance des vieux films hollywoodiens des années 40. Pour ce premier avis, vous résumerai-je l'histoire ? Non ! Sachez seulement qu'elle est tout sauf niaise, que les personnages possèdent l'épaisseur qui convient, qu'il n'y a pas de bêtes raccourcis scénaristiques, que c'est fluide et divertissant et que le fond qu nous appelons parfois background est parfaitement réussi. J'oubliais pour vous convaincre totalement que de vilains automates en veulent à notre charmante héroïne dont les pommettes rougeoyantes sont finalement assez jolies. Pour en revenir à notre Château dont les critiques dithyrambiques ne laissaient que peu de place à la critique, j'invite tous ceux qui ont apprécié l’œuvre d' A. Alice à jeter plus qu'un coup d’œil à celle-ci qui deviendra, je le parie, quelque chose de très fort, plus sombre, moins transgénérationnel peut être mais ô combien réjouissant. J'invite tous mes petits camarades à se ruer sur la chose et, cochon qui s'en dédit, j'épluche les patates à vie à Angoulême si vous n'aimez pas.