Les derniers avis (9612 avis)

Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Trashed
Trashed

Derf Backderf est en train de devenir un des mes auteurs préférés. Après son excellent one shot sur Jeff Dahmer, il livre un travail qui réussit le tour de force d'être encore meilleur que son travail sur le célèbre tueur en série qu'il a côtoyé (d'ailleurs il parle un peu de Jeff dans ses notes vu qu'il a jeté les restes de sa première victime dans les ordures et seulement que quelques mois avant que l'auteur soit devenu éboueur, ça fait un peu peur!). Donc cet album mélange le documentaire (il y a quelques pages qui nous montrent comment les ordures sont gérées et l'auteur fait des réflexions sur le problème de la surconsommation qui fait en sorte qu'il y ait beaucoup d'ordures) et le roman graphique vu qu'on suit les mésaventures de deux nouveaux éboueurs durant une année. Cette histoire est basée sur l'expérience que l'auteur a vécue quoique cela reste de la fiction. Ainsi, l'action ne se passe pas en 1979-1980, mais de nos jours et les noms sont changés (les deux personnages principaux ressemblent à l'auteur et un des potes vu dans le livre sur Dahmer). J'ai vraiment trouvé cette lecture palpitante et j'ai même relu certaines scènes plusieurs fois. Non seulement c'est intéressant de voir ce qui peut arriver dans la vie d'un éboueur municipal américain (ordures trop lourdes, magouilles dans le monde municipal, etc.), mais en plus c'est très marrant. L'auteur décrit une belle galerie de personnages hauts en couleurs (mention spéciale pour le vieux de la fourrière complètement cinglé) et son humour marche très bien. J'ai beaucoup ri en lisant les malheurs des éboueurs même si au fond je les respectais car ce n'est pas un métier que je voudrais faire ! Le dessin est du pur underground américain et j'aime bien le style de l'auteur. C'est vraiment une des meilleures bandes dessinées que j'ai lue depuis longtemps et j'espère qu'il deviendra un jour un classique.

10/12/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Crime qui est le tien
Le Crime qui est le tien

3.5 Un des meilleurs (le meilleur?) one-shot de Zidrou qui nous montre ici tout le talent dont il est capable. L'histoire démarre tout doucement et au fil des pages je suis tombée sous le charme de cette histoire. En gros, un type se cache depuis qu'on l'a accusée du meurtre de sa femme et puis un jour son frère meurt en avouant le crime et donc il revient dans sa ville natale remplie de souvenir. Il y a aussi un côté un peu 'Halloween Blues'" vu que le type peut communiquer avec le fantôme de sa femme quoique je ne suis pas certains si c'est vraiment un fantôme ou son imagination. Le récit est très bien maitrisé et les points forts sont l'ambiance et la psychologie des personnages qui semblent totalement réalistes. Il ne faut pas s'attendre à un thriller remplit d'actions, mais si on entre dans l'ambiance du récit cela se lit très bien . Le dessin est sympathique.

08/12/2015 (modifier)
Couverture de la série Carnets de thèse
Carnets de thèse

J’ai trouvé cet album amusant et effrayant à la fois. Ce parcours du combattant, ce chemin de croix sur lequel l’héroïne perd illusion, santé, emploi, temps et argent nous est raconté avec beaucoup de dérision, ce qui allège la note. Il n’empêche qu’à y réfléchir à deux fois, le constat est dramatique. Cet album parvient donc à concilier un aspect documentaire avec une dimension divertissante (oui, je me suis beaucoup amusé en lisant l’album). Il alarme sur un phénomène qui a de quoi déranger sans sombrer dans la déprime totale. Coté dessin, Tiphaine Rivière va à l’essentiel. On ne peut pas dire que ce soit mal dessiné mais le trait est quand même assez raide, les expressions de visages sont peu soignées, les décors sont des plus secondaires (même si, de ce point de vue, j'ai déjà vu bien pire). Ce style convient cependant très bien au ton donné à l’album. Nous sommes dans un roman graphique documentaire, le but est de transmettre un message sans nous saouler (mais bien en nous divertissant), pas de nous faire rêver. A lire, très certainement. Je ne dirais pas que j’en ferais une priorité d’achat mais j’aurais mauvaise grâce de vous en dissuader l’acquisition.

03/12/2015 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Intrus
Les Intrus

Pour ma première incursion dans l'univers d'Adrian Tomine, je dois avouer que cet essai est en tous points réussi. Proche des récits de Daniel Clowes et en particulier David Boring que j'affectionne particulièrement, Tomine utilise des techniques similaires pour dépeindre un quotidien morne et banal dans une Amérique d'aujourd'hui avec des dons de cartoonistes vraiment épatants, mélangeant gaufriers et couleurs, noir et blanc et découpage en strips selon l'humeur. Ce recueil de 6 histoires n'est pas réellement pour tout le monde tant la mélancolie qui s'en détache devient rapidement perceptible et malgré de jolis dialogues ajoutant ici et là de l'humour ou du malaise. Bref la vie dans toute sa subtilité... Les histoires qui forment ce recueil sont toutes à la fois différentes et épatantes. Que Tomine décrive la passion envahissante d'un jardinier pour un concept de sculptures végétales affreuses ou le quotidien pas évident d'une étudiante dont son sosie est une star du porno, ses récits font mouche. Et lorsqu'il habille ses récits d'une touche d'émotion avec ce court monologue d'une mère à son fils justifiant son abandon ou d'une gamine bègue se découvrant une nouvelle passion pour les stands ups et au coeur d'une famille brisée par la maladie, c'est réellement le coeur serré que l'on peut comprendre la portée de ces relations humaines si simples et si touchantes à la fois. L'histoire d'un vétéran militaire essayant en vain de renouer avec son passé perdu dans son ancien appartement ou la vie de couple d'une loser et d'un dealer quadra m'ont laissé un peu plus de marbre mais uniquement parce qu'elles sont légèrement en dessous du niveau de qualité des autres récits. Finalement les intrus c'est vous, eux, moi... Tous ces gens qui passent et essayent un peu de vivre en harmonie avec leur quotidien... Ce livre n'est effectivement pas une ode à la joie de vivre mais peut aider à mieux digérer la pilule et se révèle finalement en tous points exemplaire.

02/12/2015 (modifier)
Couverture de la série Les Chemins de Compostelle
Les Chemins de Compostelle

Pas facile… Pas facile de traduire en quelques mots les sentiments particuliers que cet album a fait naître en moi. Des sentiments étranges et parfois contradictoires qui rendent totalement subjective mon opinion quant à ce premier tome. Tout d’abord, il y a l’auteur. Jean-Claude Servais fait partie de ceux qui m’ont ouvert à la bande dessinée réaliste. Je l’ai découvert avec « La Tchalette » il y a bien longtemps, il me parlait d’un monde qui m’est proche puisque nous sommes tous deux voisins et attachés à « notre » terre d’Ardennes, terre de légendes, terre de culture… Je suis donc toujours resté attentif à la sortie de ses albums mais ses dernières productions m’ont déçu. Je pense devoir remonter à « L'Assassin qui parle aux oiseaux » pour retrouver une œuvre de l’auteur dont le scénario me semblait réellement prenant. De ses talents d’illustrateur, par contre, je n’ai jamais douté et chacune de ses productions m’a toujours séduit de ce point de vue. Et pourtant, avec ce premier tome, Jean-Claude Servais m’a touché avant tout par ses propos. Non que le scénario soit d’une grande originalité, et il demeure dans un univers proche de celui de ses autres œuvres, mais il y a dans toute la construction de cette œuvre une volonté de parler de transmission. Transmission de savoir entre un grand-père brasseur autant qu’alchimiste et sa petite-fille, surtout. Transmission de relai entre cette même jeune femme et Tendre Violette, l’œuvre phare de l’auteur, dont elle suit le chemin. Ce récit cherche donc à relier le passé et le présent. Même la visite de la Grand’Place de Bruxelles est l’occasion pour l’auteur de nous montrer combien le passé de la ville marque encore ses bâtiments d’un empreinte matérielle mais aussi, et surtout (pour certains initiés) spirituelle. Spirituel, le mot est lâché. Et il fait peur tant il est aujourd’hui rattaché à la religion. Et de religion, il en sera question via cette pèlerine débutant son voyage depuis le Mont Saint-Michel ! Mais par-delà un attachement à l’une ou l’autre église, la spiritualité qui se dégage de l’album tient plus de l’attachement à la terre, du devoir d’humilité de l’homme face à celle-ci. Le discours se veut écologique et moral, il peut irriter par son côté académique. Il m’a plu par sa sincérité, par cette volonté profonde de l’auteur de nous transmettre un savoir, une vision, par cette envie de nous faire partager ce qui, à ses yeux, constitue le sens profond de la vie. De notre propre vie mais aussi et surtout de la Vie en général. La volonté de transmettre du grand-père à sa fille devient alors écho de cette même volonté de l’auteur envers ses lecteurs. Et les interventions de Violette provoquent une mise en abyme propice au questionnement. Et si cette série était la dernière œuvre de l’auteur ? Et s’il s’agissait pour lui de nous léguer un peu de sa sagesse ? Un peu de son amour pour la terre et les gens simples ? Beaucoup de promesses donc, avec ce premier tome. J’espère vraiment que la suite du récit continuera dans cette lignée, avec une recherche introspective de l’auteur mais aussi une volonté de plonger le lecteur dans une démarche similaire, par-delà les péripéties du voyage. Surtout, je serais déçu si ce récit devait basculer dans une intrigue policière digne d’un fait divers. Jean-Claude Servais m’a ici fait entrevoir un fil narratif bien plus philosophique et personnel, et le fait que la série soit prévue en 7 tomes ne fait qu’accentuer mon sentiment qu’il s’agit d’une quête spirituelle de sa part. J’attends la suite avec autant d’appréhension que d’impatience. PS : côté dessin, c’est toujours aussi académiquement bon. Les représentations de la Grand’Place de Bruxelles sont superbes, tout comme celles du Mont Saint-Michel. Et le début de pèlerinage depuis la Gaume donne une fois de plus l’occasion à l’auteur d’illustrer sa région tel un immense jardin ouvert sur le monde. Petite mise à jour après la lecture du deuxième tome : Jean-Claude Servais conserve une certaine cohérence dans sa démarche et cet album est en lien direct avec l'oeuvre au noir (première phase de la transmutation alchimique). La notion de mort est très présente au travers du destin des personnages les plus présents et on sent chez chacun d'eux une évolution, une transmutation en devenir. Par contre, l'auteur apporte au récit un aspect fantastique qui ne m'a pas spécialement convaincu. Je trouve que là, par rapport à ce que je pensais être sa démarche initiale, il s'égare et ne peut empêcher son amour des légendes et des univers fantasmagoriques de prendre le dessus. Un petit bémol, donc, pour ce deuxième tome. Mais le récit me plait toujours et l'accent mis ici sur l'étrange lien qui unit Bretagne et Ardennes m'a beaucoup plu. A suivre...

12/03/2015 (MAJ le 02/12/2015) (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Grand Méchant Renard
Le Grand Méchant Renard

Voici d’après moi l’antidote tout trouvé pour oublier la morosité ambiante, surtout à l’approche des fêtes. Pourtant, de prime abord, on se dit que le dessin, ça fait un peu déjà vu. Et puis des gags avec des animaux qui parlent, c’est pour les enfants, non ? Eh bien une fois dépassés ces aprioris, on pourra vérifier qu’il n’en est rien, et qu’il ne faudra guère de pages avant de sentir son corps - défendant - secoué d’authentiques fous-rires qui dureront jusqu’à la conclusion, en tous cas en ce qui me concerne. Benjamin Renner joue avec bonheur et légèreté sur les problèmes d’identité de ce renard, contraint d’élever des poussins qui le prennent pour sa mère, alors qu’au départ il souhaitait juste les couver puis les engraisser pour les dévorer ensuite. Problème : notre goupil est très sentimental et finit par se résigner à ce rôle de maman improvisée. Comment dans ces conditions se faire respecter comme le prédateur qu’il est censé être vis-à-vis de la gente animale ? Réalisateur de films d’animation (« Ernest et Célestine ») et auteur d’un blog, Benjamin Renner publie avec Delcourt sa deuxième bande dessinée, et c’est une totale réussite. Visiblement, son expérience dans l’animation transparaît clairement dans cet ouvrage, qui évoque irrésistiblement Tex Avery ou les meilleurs Looney Tunes. D’un minimalisme étudié où tout le piquant est dans l’expression désopilante des personnages, le dessin se cale à merveille avec des dialogues très flegmatiques pour entamer une succession de gags hyper punchy, et l’absence de cases n’est nullement un problème. Les animaux ont chacun des caractères bien marqués qui les rendent pour la plupart attachants. Assurément, « Le Grand Méchant Renard » s’impose comme un de mes gros coups de cœur de l’année. Une vraie bombe comique !!!

01/12/2015 (modifier)
Par Ned C.
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Moi, BouzarD
Moi, BouzarD

Guillaume Bouzard nous livre là un album de bonne facture (comme la majorité du temps). J'ai beaucoup ri à la lecture de cet album. Le ton y est cynique et ce n'est pas pour me déplaire. Bouzard se raconte mais sans se prendre au sérieux, toujours avec cette légèreté et cette authenticité qui en font sa force de narration. J'ai particulièrement aimé (j'ai même pleuré de rire) l'histoire où est relatée l'expérience LSD qui tourne mal. Achat conseillé.

30/11/2015 (modifier)
Par Ned C.
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Combats
Combats

Avec son dernier album "Combats", Daniel Goossens ne déroge pas à la règle et nous livre encore un album de très bonne facture. Le grand format fait honneur à la qualité de son dessin, qui prend davantage vie grâce à la mise en couleurs. Comme d'habitude c'est hilarant, varié dans les thèmes abordés et généreux dans la façon de les aborder. Les habitations des héros de BD, la France attaquée par le Groland, la consommation abusive de littérature,... tout y est prétexte à s'amuser du grotesque des situations et des personnages. Nous y retrouvons évidemment Georges et Louis pour notre plus grand bonheur. Je conseille bien entendu l'achat, comme tout livre de Goossens.

30/11/2015 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Tempête au haras
Tempête au haras

Chris Donner, auteur de littérature jeunesse, s’associe ici avec Jérémie Moreau pour adapter son propre roman. On n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Si je ne connaissais pas le travail de l’écrivain, je connaissais par contre celui de Jérémy Moreau avec l’excellent album « Le Singe de Hartlepool » qu’il avait réalisé avec Wilfrid Lupano. Si le propos n’a rien à voir, l’universalité du sujet traité reste par contre de mise. Chris Donner nous plonge ici dans le quotidien d’un haras normand tenu par un couple de Français. Il est la propriété d’un riche Allemand suffisant, qui est peut-être le seul bémol que je trouve à cet album. Ce genre de personnage m’insupporte, mais là c’est plus le côté caricatural de son trait qui m’a par moment agacé. Sorti de ce détail, le reste de l’album est parfaitement maîtrisé, tant pour ce qui est de la narration ou du dessin. Le plus marquant reste bien sûr le personnage de Jean-Philippe, notre jeune personnage principal. Si le dur quotidien dû à son handicap forge sa force de caractère, son destin à la fois tragique et magique en fait un récit proche du conte malgré une réalité et un quotidien très pesants. C’est ce qui rend d’ailleurs d’autant plus fortes les scènes où il s’évade sur le dos de son cheval Tonnerre, tout cela renforcé par une mise en couleur audacieuse et percutante de Jérémy Moreau. Voilà donc une très bonne BD, tant par le sujet abordé que par la façon de le traiter, surtout pour un album destiné à la jeunesse. Ça fait plaisir de voir que nos têtes blondes ont aussi le droit à de très bons albums, où l’originalité graphique et les sujets abordés sont intelligents et bien traités.

30/11/2015 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Robin des Bois (Robin)
Robin des Bois (Robin)

cette série était passée presque inaperçue lors de sa sortie chez 12bis il y a déjà quelques années. Mais le rachat du catalogue par Glénat et la ressortie en intégrale permettant une nouvelle visibilité à ce Robin des Bois. Pierre Boisserie s'est attachée à remettre dans le bon sens les bribes de légende, et à combler certains trous avec son talent d'auteur. Si l'on est bien sûr dans de la fiction à 99%, cette nouvelle sauce permet de mieux comprendre les antagonismes et les jeux de pouvoir entre les personnages, qu'ils soient -presque- anonymes ou promis à un avenir royal. Tous les acteurs sont donc là, et même leurs entourages, oubliés par la légende mais dont l'action permet de bien ceinturer l'histoire. Côté dessin je trouve le boulot d'Héloret de bonne qualité, dans une veine semi-réaliste propre et sans bavure. Je suis un peu plus réservé sur les visages, de Robin et Marianne en particulier, que je trouve un peu... difformes. Bref, un triptyque de qualité, plaisant à suivre et bien écrit. Un petit bémol aux Editions Glénat, qui auraient pu profiter de cette réédition pour corriger les petites pétouilles orthographiques et grammaticales qui persistaient dans le troisième tome en particulier.

29/11/2015 (modifier)