J’aurai pu passer à côté de cette série car de prime abord en feuilletant cette BD, si le dessin est incontestablement à mon goût, je n’ai pas du tout été séduit par la colorisation et j’allais la reposer sur sa pile et passer mon chemin quand j’ai remarqué l’édition en noir et blanc à proximité. Et là, je dois dire que j’avais l’impression de découvrir une œuvre différente. Les dessins y sont magnifiés, comme libérés de leur écrasante étreinte. Je vous conseille vivement à découvrir cette édition qui m’a convaincu à l’achat et qui d’ailleurs est bien plus qualitative que l’édition couleur.
Côté scénario, le début de cette histoire a vraiment piqué ma curiosité, c’est plutôt bien imaginé et assez dynamique mais il est difficile d’en écrire plus à ce stade, ce premier tome servant avant tout à planter les décors et à susciter l’intérêt. De ce point de vue-là c’est vraiment réussi puisque il me tarde déjà de connaitre les aventures de Travis et de découvrir ce qui est arrivé à Nikola Tesla. J’en espère donc beaucoup et espère que les autres tomes feront l’objet de tirages en noir et blanc !
J'ai pour l'heure lu les trois premiers tomes (le 4 vient tout juste de sortir), et c'est l'un de mes mangas préférés du moment.
Le pitch de départ est simple, mais c'est le traitement et la personnalité du héros (qui est presque un anti-héros) qui l'amène sur des standards plus élevés. En effet il s'agit d'un bonhomme assez simple, limite idiot, qui veut devenir un super-héros mais n'oublie pas la vie quotidienne : il fait les tâches ménagères, s'intéresse aux promos au supermarché, etc. La galerie des monstres présentée est là aussi assez marrante, clairement parodique, ce qui là encore fait sortir ce shônen du tout-venant du genre.
Le dessin de Yusuke Murata est franchement très bon, ses scènes d'action sont assez lisibles, et il y a de la régularité dans ses personnages.
Curieux de continuer à rigoler en lisant la suite.
Quelle dame ! Bon sang ! Quel parcours ! Que de rencontres ! Quelle grandeur d’âme !
C’est vraiment mon cri du cœur après la lecture de cette biographie. Je ne connaissais pas grand-chose de Joséphine Baker. Grâce à cet album, j’ai rencontré un personnage hors du commun. Avec un tel phénomène, les auteurs tenaient un sujet en or. Mais encore fallait-il éviter les traditionnels pièges de la biographie pour rendre ce récit passionnant.
Et, tout comme sur Kiki de Montparnasse, ils relèvent le gant avec talent, humour et humanité. Pourtant, l’album se présente comme une biographie traditionnelle et l’on suit dans un ordre résolument chronologique les différentes étapes de la vie de Joséphine Baker. Mais tout cela nous est raconté avec un tel naturel, une telle simplicité que l’on se croirait face à une gentille fiction plutôt que devant un récit historique. Et alors que, sur l’ensemble de sa carrière, Joséphine Baker va croiser un nombre incroyable de célébrités, ce qui aurait pu ressembler à une énumération fastidieuse de noms connus se transforme en une ronde étourdissante de rencontres étonnantes. J’en suis sorti grisé, légèrement étourdi pour tout dire ! Comment peut-on rencontrer autant de personnes dans une seule vie ? Comment peut-on accomplir autant de choses avec des journées de 24 heures ? Cette accumulation d’événements et de rencontres ont quelque chose d’enivrant dont je me suis repu.
La structure du récit, en chapitres plus ou moins courts, procure un sentiment de manque qui pousse a toujours lire un chapitre de plus avant de faire une pause. Résultat : alors que l’album est copieux, il se lit en peu de temps, tant il est difficile de l’abandonner en cours de route.
Le dessin, en noir et blanc, est très expressif et confère une ambiance joyeuse, enjouée même si certains passages ne prêtent pas vraiment à rire. Mais là encore, le trait se fait alors plus sombre sans perdre de son expressivité. Ce style, pas très rigoureux diront certains, convient parfaitement à mes yeux pour illustrer ce type de biographie plus centrée sur l’âme des personnages que sur la nature de la pierre qui couvrait tel bâtiment (ce qui ne nous empêchera pas de reconnaître les lieux traversés, mais en conservant l’idée que l’essentiel ici, ce sont les personnages).
Le copieux dossier en fin d’album permet de revenir plus en détail sur les faits marquants de la vie de Joséphine Baker mais aussi et surtout sur les différentes personnalités (de Luis Bunuel à Georges Simenon en passant par Grace Kelly, Le Corbusier, Jean-Claude Brialy ou Colette).
Seul petit reproche que l’on pourrait faire : les auteurs évitent toute polémique vis-à-vis de leur personnage, ne retenant que les côtés positifs de Joséphine Baker et occultant certains aspects moins reluisants de sa personnalité. Cet album doit donc plus être vu comme un hommage à la grande dame que comme une biographie rigoureusement complète.
Si le mérite de l’ouvrage revient d’abord à Jean Teulé, qui a effectué un travail de recherche conséquent sur la vie de Charles IX, révélant des faits peu connus de l’Histoire officielle, Richard Guérineau peut se targuer d’en avoir extrait toute la substantifique moelle pour l’accommoder avec brio aux codes du neuvième art. Si cela reste une œuvre de fiction, toutes les anecdotes sont authentiques, selon les propres termes de Jean Teulé, seul le surnom du roi qui a inspiré le titre est inventé. « Charly 9 » confirme le côté espiègle de l’écrivain qui en outre réhabilite d’une certaine manière ce souverain qui dut endosser seul le fardeau du massacre de la Saint Barthélemy, alors qu’au départ il y était opposé. Encore jeune et malléable, il le fit sous la pression de sa machiavélique mère Catherine de Médicis mais fut rongé ensuite par la culpabilité puis la folie, et ce jusqu’à sa mort, moins de deux ans après le tragique événement.
Le récit en lui-même est vraiment passionnant et devrait rallier même les plus rétifs à l’Histoire. Une qualité renforcée par le traitement graphique plutôt original de Richard Guérineau, dans les limites du style issu de l’école franco-belge. Ce dernier s’en amuse d’ailleurs beaucoup avec quelques clins d’œil savoureux (Johan et Pirlouit, Lucky Luke), créant un contraste saisissant entre la quête de légèreté du Roi, déplacée mais compréhensible, et une atmosphère très assombrie par le massacre qu’il a lui-même ordonné, à laquelle l’auteur du « Chant des Stryges » sait insuffler la noirceur nécessaire. La mise en couleur y est pour beaucoup, alternant des styles chromatiques variés tout au long du livre en fonction du contexte, limitée à des dominantes rouge et noir pour les scènes les plus sanglantes. Tout cela produit quelque chose d’extrêmement vivant voire frénétique, ce qui correspond peut-être bien à l’état d’esprit de « Charly », à qui il ne restait que la folie après son acte sanglant.
Et c’est bien ce roi ordinaire à la réputation sulfureuse, d’une nature influençable (il faut dire qu’il n’avait que 22 ans lors de la St Barthélemy), dépeint comme amateur de chasse et de poésie, qui risque de marquer le néophyte, et ce pour longtemps. A la lecture de l’ouvrage, on découvre un homme à la fois détestable dans sa violence et attachant dans sa fantaisie et sa fragilité, au fur et à mesure de son glissement vers la paranoïa. En outre, ce roi ne se privait pas de jurer à tout bout de champ et s’adonnait aux joies du sexe de plus en plus ouvertement alors qu’il sentait le souffle de la mort se rapprocher de lui. Peu à peu, le lecteur un tant soit peu sensible se sentira pris d’empathie pour cet être à la dérive (sans pour autant l’absoudre de ses actes), à l’évidence trop jeune pour connaître les affres du pouvoir (surtout dans un tel contexte). Sa déchéance fut aussi courte qu’effrayante, presque surnaturelle, comme si le sang versé lors de la St Barthélemy lui sortait par les pores de la peau, marquée par une solitude déchirante que sa mère dépourvue d’états d’âme ne chercha aucunement à combler. Tout cela est accentué par le dessin, qui rend compte de façon saisissante de la constante métamorphose du souverain tout au long du récit, Tout comme ses cheveux s’ébouriffent avec la folie, ses joues se creusent avec la maladie. Au crépuscule de sa vie, à 23 ans seulement, Charles IX avait l’aspect d’un vieillard.
Cet épisode peu glorieux de l’Histoire de France traité ici nous rappelle l’absurdité des guerres de religion et la nécessité de combattre l’intolérance et l’obscurantisme. Il suffira d’une allusion bien placée (dont je préfère laisser la surprise au lecteur) pour établir une passerelle entre cette époque et la nôtre, qui semble traverser une phase de crispations identitaires peu réjouissantes, en particulier dans la « République bénie de France » de 2016.
En un mot comme en cent, « Charly 9 » est une lecture chaudement recommandée. Non seulement par sa qualité graphique et son souci de restituer les faits historiques (les anecdotes sur le jour de l’an, les 1er avril et 1er mai, la mode vestimentaire…), mais aussi par la force du récit et le personnage finalement haut en couleurs de Charles IX. Quant à savoir si cela le réhabilite, chacun aura son avis sur la question…
Un 3/5 d'attente. Le premier tome est prometteur mais j'attends la suite.
Le lycée d'une petite ville normale du Minnesota -un état semi-rural loin des grandes métropoles- se retrouve soudain déplacé... quelque part.
Sur une autre planète sans doute, deux lunes évoluant dans un ciel aux couleurs étranges. Une forêt plus étrange encore, et pleine de mystérieux dangers- entoure désormais le bâtiment où se retrouvent piégés quelques centaines d'élèves et de professeurs.
L'occasion rêvée de creuser sous les apparences ternes de ces américains moyens, tout occupés jusque là de leurs petits rêves, de leur apparence, de leur popularité et de leur réussite scolaire ou sociale. Une fois disparu le cadre légal, vont se faire jour des ambitions plus brutales ou des qualités plus profondes qu'on ne l'aurait cru.
Le scénariste s'est offert une grosse douzaine de personnages principaux, que nous suivons en parallèle, dans une histoire à la Lost, où des rebondissements improbables relancent l'action et poussent les personnages dans leurs retranchements.
Qui sont par exemple ces guerriers aux allures germaniques qu'un groupe d'élèves croise dans la forêt ?
Alors, comme dans toute saga américaine, il semble y avoir un vaste schéma, une volonté mystérieuse, une incroyable vérité derrière l'apparence incohérence des choses. Qui a pris possession du jeune geek hautain et solitaire du lycée ? Quels sont ces msytérieuses constructions de pierre avec lesquelles il semble dialoguer ?
Comme dans Lost, des flashbacks permettent de mieux comprendre l'histoire de nos personnages, qui ils étaient et quels liens les unissaient "avant". Autant de moments de normalité qui permettent de reactiver le sentiment d'étrangeté du nouveau monde.
Malgré un dessin un peu rigide et pas toujours rigoureux, et des couleurs criardes, on se laisse prendre et on tourne les pages en attendant de sursauter.
Rien de si original dans le schéma de départ (des gens normaux lancés dans un monde anormal), rien d'extraordinaire dans la trame narrative. Mais l'histoire est bien emmenée et les personnages sont crédibles. L'auteur a trouvé le ton juste pour dépeindre les frustrations, les envies, les doutes d'une génération au bord de l'âge adulte mais aussi de ceux qui, déjà établis et voyant passer les années, s'interrogent encore sur le sens à donner à leur vie.
Comme quoi, une bonne histoire, ce sont d'abord de bons personnages.
Un début très encourageant !
N'allez pas chercher dans Sex story un récit érotique, pornographique ou même coquin. Ce livre est un pur documentaire, parlant à des adultes de sujets adultes à la fois sans tabou mais également sans rien de malsain. Et c'est non seulement très intéressant mais également très drôle.
J'ai envie de rapprocher cet album d'Economix, excellent ouvrage du même éditeur qui permettait de découvrir de l'antiquité à nos jours toute l'évolution de l'économie et de sa science. Philippe Brenot est psychiatre, anthropologue, sexologue et auteur de nombreux ouvrages sur la sexualité. Comme Michael Goodwin pour Economix, il connait très bien son sujet. Et avec Sex story, c'est une entrée réussie dans le domaine de la bande dessinée. Car il a su parfaitement vulgariser sans rendre vulgaire.
Laetitia Coryn se charge du dessin et je l'ai trouvé délicieux. Tout en restant simple et fluide à la lecture, elle offre des personnages très expressifs et très vivants. Son style introduit une grosse dose d'humour qui permet d'excellente manière l'assimilation du côté documentaire du texte. Même si son dessin est sans ambiguïté sur les scènes représentées, ce n'est jamais graveleux ni sordide. L'association du texte et du dessin reste en permanence légère et malgré la densité de l'album on ne s'y ennuie pas.
Cela parle de sexe oui mais aussi très largement de la société humaine dans son ensemble puisque c'est elle qui motivera les mœurs de ses membres. On assistera ainsi à l'évolution de celles-ci de la préhistoire à nos jours et on constatera combien l'opinion des humains sur la chose sexuelle a évolué au fil du temps, oscillant en permanence entre liberté et répression, avec en quasi permanence cependant une domination de l'homme sur la femme.
On peut éventuellement reprocher à l'ouvrage d'avoir une vision occidentale de la chose puisque le récit suit le cours européen de l'Histoire avec le parcours classique Mésopotamie-Egypte-Grèce-Rome puis Europe de l'Ouest sans aborder ou presque les mœurs en Asie, en Afrique Noire ou ailleurs. Mais même en se contentant de cette vision là du monde, il y a déjà énormément à raconter et à apprendre.
L'humour distillé au fil des cases m'a beaucoup plu et j'ai franchement ri bien des fois. Le rire se fait un peu plus rare au fil du temps car les explications documentaires deviennent plus complexes politiques mais les auteurs s'efforcent tout de même de rester toujours légers et d'essayer d'amener le sourire aussi souvent que possible.
Une lecture que je recommande chaudement, drôle et instructive, et qui ne choquera que les plus puritains d'entre nous. Comme Freud, ce coincé du cul ! :)
Eh bien quelle claque ces deux albums !
Décidément Loo Hui Phang est vraiment une scénariste à suivre de près !
A la fois initiatique, historique et travail de mémoire, avec "Cent mille journées de prières", Loo Hui Phang signe une magnifique histoire, toute en nuance et subtilité, profonde, humaine, sensible et universelle par les thèmes qu'elle aborde. Le récit est habilement construit, patiemment, comme la longue quête de vérité du jeune Louis au travers duquel on vit cette histoire, et la grande Histoire. Le dessin simple et reposant, très efficace et collant parfaitement au récit, répond à la même profondeur grâce à une habile mise en scène et une grande place laissée à l’introspection du personnage comme du lecteur. Un tandem totalement complémentaire et en parfaite harmonie.
Je ne savais rien de cette histoire avant de lire, sauf la préface du livre premier mais curieusement — et tant mieux pour moi — c'est comme si je l'avais mise de côté dans ma tête pendant ma lecture. Je déconseille de la lire avant, mais plutôt après la BD. Et pour cette raison je ne parlerais pas des thèmes abordés, pour laisser toute l'ampleur du récit vous prendre à votre tour.
Gros coup de cœur pour cette œuvre qui va rejoindre les BD qui m'auront le plus marqué dans ma collection ! Merci aux auteurs pour leur travail...
4,5/5
Jusque là, chez les macaques, le chef, c'était le plus fort, un point c'est tout. Mais voilà qu'un jour débarque du ciel un singe bizarrement accoutré et tenant des propos étranges. Il serait porteur de la parole de « Diou ». Et c'est là que les ennuis commencent.
Fable satirique, « Le crépuscule des idiots » est une charge violente à l'encontre de la religion et son rapport avec la politique, le pouvoir et l'oppression. En grande forme graphique, Krassinsky sublime le propos de ses aquarelles naturalistes qui, belle ironie, nous invitent à la contemplation.
J’ai beaucoup aimé cette lecture.
Tout d’abord, il y a cette excellente idée de raconter cette biographie à la manière d’un conte. Le sujet s’y prête on ne peut mieux et la narration est excellente, nous plongeant dans une ambiance faussement désinvolte et naïve.
Et puis, il y a le trait de Nathalie Ferlut. Séduisant, amusant, frais, dynamique, libre et spontané, ce trait est habillement mis en valeur par une colorisation soignée et audacieuse. Rien que les apparitions de la petite fée ronde et lumineuse valent l’achat du livre !
Enfin, et mine de rien, ce récit est une véritable biographie, qui ne cache rien de la vie du célèbre écrivain tout en traçant un portrait réaliste de l’époque.
Clairement, c’est une réussite à tous points de vue. Une des meilleures biographies qui m’ait été donné de lire, vive, amusante, intelligente.
J’ai trouvé le récit intéressant et, sans connaître l’œuvre originale, l’adaptation de Denis Lapière m’est apparue solide et cohérente. Je n’ai pas eu le sentiment de lire un résumé ou une œuvre tronquée. La progression dramatique et fluide et chaque personnage dispose de suffisamment d’espace pour se développer.
Au niveau du dessin, j’avoue ne pas être réellement fan de ce style car je le trouve trop peu vivant. Rien à voir avec le talent de Aude Samama, qui est immense, mais invariablement, je me pose des questions sur l’adéquation entre ce style de peinture et le besoin de dynamisme de la bande dessinée. Ceci dit, le rythme narratif et le style assez introspectif du récit permettent de passer outre l’aspect figé du dessin.
Le thème du récit est son point fort. Ce n’est pas joyeux, voire même désespérant à plus d’un niveau de lecture, cela demeure d’actualité même si bien inscrit dans son époque, et l’ironie de son final apporte encore un peu de vin à l’ivresse.
Pas mal du tout, donc. A essayer très certainement, et si le style graphique de Aude Samama vous plait, je pense que vous pouvez l’acheter les yeux fermés (pour les autres, une lecture ou du moins un feuilletage poussé préalable est peut-être plus prudent).
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Les Trois Fantômes de Tesla
J’aurai pu passer à côté de cette série car de prime abord en feuilletant cette BD, si le dessin est incontestablement à mon goût, je n’ai pas du tout été séduit par la colorisation et j’allais la reposer sur sa pile et passer mon chemin quand j’ai remarqué l’édition en noir et blanc à proximité. Et là, je dois dire que j’avais l’impression de découvrir une œuvre différente. Les dessins y sont magnifiés, comme libérés de leur écrasante étreinte. Je vous conseille vivement à découvrir cette édition qui m’a convaincu à l’achat et qui d’ailleurs est bien plus qualitative que l’édition couleur. Côté scénario, le début de cette histoire a vraiment piqué ma curiosité, c’est plutôt bien imaginé et assez dynamique mais il est difficile d’en écrire plus à ce stade, ce premier tome servant avant tout à planter les décors et à susciter l’intérêt. De ce point de vue-là c’est vraiment réussi puisque il me tarde déjà de connaitre les aventures de Travis et de découvrir ce qui est arrivé à Nikola Tesla. J’en espère donc beaucoup et espère que les autres tomes feront l’objet de tirages en noir et blanc !
One-Punch Man
J'ai pour l'heure lu les trois premiers tomes (le 4 vient tout juste de sortir), et c'est l'un de mes mangas préférés du moment. Le pitch de départ est simple, mais c'est le traitement et la personnalité du héros (qui est presque un anti-héros) qui l'amène sur des standards plus élevés. En effet il s'agit d'un bonhomme assez simple, limite idiot, qui veut devenir un super-héros mais n'oublie pas la vie quotidienne : il fait les tâches ménagères, s'intéresse aux promos au supermarché, etc. La galerie des monstres présentée est là aussi assez marrante, clairement parodique, ce qui là encore fait sortir ce shônen du tout-venant du genre. Le dessin de Yusuke Murata est franchement très bon, ses scènes d'action sont assez lisibles, et il y a de la régularité dans ses personnages. Curieux de continuer à rigoler en lisant la suite.
Joséphine Baker
Quelle dame ! Bon sang ! Quel parcours ! Que de rencontres ! Quelle grandeur d’âme ! C’est vraiment mon cri du cœur après la lecture de cette biographie. Je ne connaissais pas grand-chose de Joséphine Baker. Grâce à cet album, j’ai rencontré un personnage hors du commun. Avec un tel phénomène, les auteurs tenaient un sujet en or. Mais encore fallait-il éviter les traditionnels pièges de la biographie pour rendre ce récit passionnant. Et, tout comme sur Kiki de Montparnasse, ils relèvent le gant avec talent, humour et humanité. Pourtant, l’album se présente comme une biographie traditionnelle et l’on suit dans un ordre résolument chronologique les différentes étapes de la vie de Joséphine Baker. Mais tout cela nous est raconté avec un tel naturel, une telle simplicité que l’on se croirait face à une gentille fiction plutôt que devant un récit historique. Et alors que, sur l’ensemble de sa carrière, Joséphine Baker va croiser un nombre incroyable de célébrités, ce qui aurait pu ressembler à une énumération fastidieuse de noms connus se transforme en une ronde étourdissante de rencontres étonnantes. J’en suis sorti grisé, légèrement étourdi pour tout dire ! Comment peut-on rencontrer autant de personnes dans une seule vie ? Comment peut-on accomplir autant de choses avec des journées de 24 heures ? Cette accumulation d’événements et de rencontres ont quelque chose d’enivrant dont je me suis repu. La structure du récit, en chapitres plus ou moins courts, procure un sentiment de manque qui pousse a toujours lire un chapitre de plus avant de faire une pause. Résultat : alors que l’album est copieux, il se lit en peu de temps, tant il est difficile de l’abandonner en cours de route. Le dessin, en noir et blanc, est très expressif et confère une ambiance joyeuse, enjouée même si certains passages ne prêtent pas vraiment à rire. Mais là encore, le trait se fait alors plus sombre sans perdre de son expressivité. Ce style, pas très rigoureux diront certains, convient parfaitement à mes yeux pour illustrer ce type de biographie plus centrée sur l’âme des personnages que sur la nature de la pierre qui couvrait tel bâtiment (ce qui ne nous empêchera pas de reconnaître les lieux traversés, mais en conservant l’idée que l’essentiel ici, ce sont les personnages). Le copieux dossier en fin d’album permet de revenir plus en détail sur les faits marquants de la vie de Joséphine Baker mais aussi et surtout sur les différentes personnalités (de Luis Bunuel à Georges Simenon en passant par Grace Kelly, Le Corbusier, Jean-Claude Brialy ou Colette). Seul petit reproche que l’on pourrait faire : les auteurs évitent toute polémique vis-à-vis de leur personnage, ne retenant que les côtés positifs de Joséphine Baker et occultant certains aspects moins reluisants de sa personnalité. Cet album doit donc plus être vu comme un hommage à la grande dame que comme une biographie rigoureusement complète.
Charly 9
Si le mérite de l’ouvrage revient d’abord à Jean Teulé, qui a effectué un travail de recherche conséquent sur la vie de Charles IX, révélant des faits peu connus de l’Histoire officielle, Richard Guérineau peut se targuer d’en avoir extrait toute la substantifique moelle pour l’accommoder avec brio aux codes du neuvième art. Si cela reste une œuvre de fiction, toutes les anecdotes sont authentiques, selon les propres termes de Jean Teulé, seul le surnom du roi qui a inspiré le titre est inventé. « Charly 9 » confirme le côté espiègle de l’écrivain qui en outre réhabilite d’une certaine manière ce souverain qui dut endosser seul le fardeau du massacre de la Saint Barthélemy, alors qu’au départ il y était opposé. Encore jeune et malléable, il le fit sous la pression de sa machiavélique mère Catherine de Médicis mais fut rongé ensuite par la culpabilité puis la folie, et ce jusqu’à sa mort, moins de deux ans après le tragique événement. Le récit en lui-même est vraiment passionnant et devrait rallier même les plus rétifs à l’Histoire. Une qualité renforcée par le traitement graphique plutôt original de Richard Guérineau, dans les limites du style issu de l’école franco-belge. Ce dernier s’en amuse d’ailleurs beaucoup avec quelques clins d’œil savoureux (Johan et Pirlouit, Lucky Luke), créant un contraste saisissant entre la quête de légèreté du Roi, déplacée mais compréhensible, et une atmosphère très assombrie par le massacre qu’il a lui-même ordonné, à laquelle l’auteur du « Chant des Stryges » sait insuffler la noirceur nécessaire. La mise en couleur y est pour beaucoup, alternant des styles chromatiques variés tout au long du livre en fonction du contexte, limitée à des dominantes rouge et noir pour les scènes les plus sanglantes. Tout cela produit quelque chose d’extrêmement vivant voire frénétique, ce qui correspond peut-être bien à l’état d’esprit de « Charly », à qui il ne restait que la folie après son acte sanglant. Et c’est bien ce roi ordinaire à la réputation sulfureuse, d’une nature influençable (il faut dire qu’il n’avait que 22 ans lors de la St Barthélemy), dépeint comme amateur de chasse et de poésie, qui risque de marquer le néophyte, et ce pour longtemps. A la lecture de l’ouvrage, on découvre un homme à la fois détestable dans sa violence et attachant dans sa fantaisie et sa fragilité, au fur et à mesure de son glissement vers la paranoïa. En outre, ce roi ne se privait pas de jurer à tout bout de champ et s’adonnait aux joies du sexe de plus en plus ouvertement alors qu’il sentait le souffle de la mort se rapprocher de lui. Peu à peu, le lecteur un tant soit peu sensible se sentira pris d’empathie pour cet être à la dérive (sans pour autant l’absoudre de ses actes), à l’évidence trop jeune pour connaître les affres du pouvoir (surtout dans un tel contexte). Sa déchéance fut aussi courte qu’effrayante, presque surnaturelle, comme si le sang versé lors de la St Barthélemy lui sortait par les pores de la peau, marquée par une solitude déchirante que sa mère dépourvue d’états d’âme ne chercha aucunement à combler. Tout cela est accentué par le dessin, qui rend compte de façon saisissante de la constante métamorphose du souverain tout au long du récit, Tout comme ses cheveux s’ébouriffent avec la folie, ses joues se creusent avec la maladie. Au crépuscule de sa vie, à 23 ans seulement, Charles IX avait l’aspect d’un vieillard. Cet épisode peu glorieux de l’Histoire de France traité ici nous rappelle l’absurdité des guerres de religion et la nécessité de combattre l’intolérance et l’obscurantisme. Il suffira d’une allusion bien placée (dont je préfère laisser la surprise au lecteur) pour établir une passerelle entre cette époque et la nôtre, qui semble traverser une phase de crispations identitaires peu réjouissantes, en particulier dans la « République bénie de France » de 2016. En un mot comme en cent, « Charly 9 » est une lecture chaudement recommandée. Non seulement par sa qualité graphique et son souci de restituer les faits historiques (les anecdotes sur le jour de l’an, les 1er avril et 1er mai, la mode vestimentaire…), mais aussi par la force du récit et le personnage finalement haut en couleurs de Charles IX. Quant à savoir si cela le réhabilite, chacun aura son avis sur la question…
The Woods
Un 3/5 d'attente. Le premier tome est prometteur mais j'attends la suite. Le lycée d'une petite ville normale du Minnesota -un état semi-rural loin des grandes métropoles- se retrouve soudain déplacé... quelque part. Sur une autre planète sans doute, deux lunes évoluant dans un ciel aux couleurs étranges. Une forêt plus étrange encore, et pleine de mystérieux dangers- entoure désormais le bâtiment où se retrouvent piégés quelques centaines d'élèves et de professeurs. L'occasion rêvée de creuser sous les apparences ternes de ces américains moyens, tout occupés jusque là de leurs petits rêves, de leur apparence, de leur popularité et de leur réussite scolaire ou sociale. Une fois disparu le cadre légal, vont se faire jour des ambitions plus brutales ou des qualités plus profondes qu'on ne l'aurait cru. Le scénariste s'est offert une grosse douzaine de personnages principaux, que nous suivons en parallèle, dans une histoire à la Lost, où des rebondissements improbables relancent l'action et poussent les personnages dans leurs retranchements. Qui sont par exemple ces guerriers aux allures germaniques qu'un groupe d'élèves croise dans la forêt ? Alors, comme dans toute saga américaine, il semble y avoir un vaste schéma, une volonté mystérieuse, une incroyable vérité derrière l'apparence incohérence des choses. Qui a pris possession du jeune geek hautain et solitaire du lycée ? Quels sont ces msytérieuses constructions de pierre avec lesquelles il semble dialoguer ? Comme dans Lost, des flashbacks permettent de mieux comprendre l'histoire de nos personnages, qui ils étaient et quels liens les unissaient "avant". Autant de moments de normalité qui permettent de reactiver le sentiment d'étrangeté du nouveau monde. Malgré un dessin un peu rigide et pas toujours rigoureux, et des couleurs criardes, on se laisse prendre et on tourne les pages en attendant de sursauter. Rien de si original dans le schéma de départ (des gens normaux lancés dans un monde anormal), rien d'extraordinaire dans la trame narrative. Mais l'histoire est bien emmenée et les personnages sont crédibles. L'auteur a trouvé le ton juste pour dépeindre les frustrations, les envies, les doutes d'une génération au bord de l'âge adulte mais aussi de ceux qui, déjà établis et voyant passer les années, s'interrogent encore sur le sens à donner à leur vie. Comme quoi, une bonne histoire, ce sont d'abord de bons personnages. Un début très encourageant !
L'incroyable Histoire du sexe (Sex story)
N'allez pas chercher dans Sex story un récit érotique, pornographique ou même coquin. Ce livre est un pur documentaire, parlant à des adultes de sujets adultes à la fois sans tabou mais également sans rien de malsain. Et c'est non seulement très intéressant mais également très drôle. J'ai envie de rapprocher cet album d'Economix, excellent ouvrage du même éditeur qui permettait de découvrir de l'antiquité à nos jours toute l'évolution de l'économie et de sa science. Philippe Brenot est psychiatre, anthropologue, sexologue et auteur de nombreux ouvrages sur la sexualité. Comme Michael Goodwin pour Economix, il connait très bien son sujet. Et avec Sex story, c'est une entrée réussie dans le domaine de la bande dessinée. Car il a su parfaitement vulgariser sans rendre vulgaire. Laetitia Coryn se charge du dessin et je l'ai trouvé délicieux. Tout en restant simple et fluide à la lecture, elle offre des personnages très expressifs et très vivants. Son style introduit une grosse dose d'humour qui permet d'excellente manière l'assimilation du côté documentaire du texte. Même si son dessin est sans ambiguïté sur les scènes représentées, ce n'est jamais graveleux ni sordide. L'association du texte et du dessin reste en permanence légère et malgré la densité de l'album on ne s'y ennuie pas. Cela parle de sexe oui mais aussi très largement de la société humaine dans son ensemble puisque c'est elle qui motivera les mœurs de ses membres. On assistera ainsi à l'évolution de celles-ci de la préhistoire à nos jours et on constatera combien l'opinion des humains sur la chose sexuelle a évolué au fil du temps, oscillant en permanence entre liberté et répression, avec en quasi permanence cependant une domination de l'homme sur la femme. On peut éventuellement reprocher à l'ouvrage d'avoir une vision occidentale de la chose puisque le récit suit le cours européen de l'Histoire avec le parcours classique Mésopotamie-Egypte-Grèce-Rome puis Europe de l'Ouest sans aborder ou presque les mœurs en Asie, en Afrique Noire ou ailleurs. Mais même en se contentant de cette vision là du monde, il y a déjà énormément à raconter et à apprendre. L'humour distillé au fil des cases m'a beaucoup plu et j'ai franchement ri bien des fois. Le rire se fait un peu plus rare au fil du temps car les explications documentaires deviennent plus complexes politiques mais les auteurs s'efforcent tout de même de rester toujours légers et d'essayer d'amener le sourire aussi souvent que possible. Une lecture que je recommande chaudement, drôle et instructive, et qui ne choquera que les plus puritains d'entre nous. Comme Freud, ce coincé du cul ! :)
Cent mille journées de prières
Eh bien quelle claque ces deux albums ! Décidément Loo Hui Phang est vraiment une scénariste à suivre de près ! A la fois initiatique, historique et travail de mémoire, avec "Cent mille journées de prières", Loo Hui Phang signe une magnifique histoire, toute en nuance et subtilité, profonde, humaine, sensible et universelle par les thèmes qu'elle aborde. Le récit est habilement construit, patiemment, comme la longue quête de vérité du jeune Louis au travers duquel on vit cette histoire, et la grande Histoire. Le dessin simple et reposant, très efficace et collant parfaitement au récit, répond à la même profondeur grâce à une habile mise en scène et une grande place laissée à l’introspection du personnage comme du lecteur. Un tandem totalement complémentaire et en parfaite harmonie. Je ne savais rien de cette histoire avant de lire, sauf la préface du livre premier mais curieusement — et tant mieux pour moi — c'est comme si je l'avais mise de côté dans ma tête pendant ma lecture. Je déconseille de la lire avant, mais plutôt après la BD. Et pour cette raison je ne parlerais pas des thèmes abordés, pour laisser toute l'ampleur du récit vous prendre à votre tour. Gros coup de cœur pour cette œuvre qui va rejoindre les BD qui m'auront le plus marqué dans ma collection ! Merci aux auteurs pour leur travail... 4,5/5
Le Crépuscule des Idiots
Jusque là, chez les macaques, le chef, c'était le plus fort, un point c'est tout. Mais voilà qu'un jour débarque du ciel un singe bizarrement accoutré et tenant des propos étranges. Il serait porteur de la parole de « Diou ». Et c'est là que les ennuis commencent. Fable satirique, « Le crépuscule des idiots » est une charge violente à l'encontre de la religion et son rapport avec la politique, le pouvoir et l'oppression. En grande forme graphique, Krassinsky sublime le propos de ses aquarelles naturalistes qui, belle ironie, nous invitent à la contemplation.
Andersen, les ombres d'un conteur
J’ai beaucoup aimé cette lecture. Tout d’abord, il y a cette excellente idée de raconter cette biographie à la manière d’un conte. Le sujet s’y prête on ne peut mieux et la narration est excellente, nous plongeant dans une ambiance faussement désinvolte et naïve. Et puis, il y a le trait de Nathalie Ferlut. Séduisant, amusant, frais, dynamique, libre et spontané, ce trait est habillement mis en valeur par une colorisation soignée et audacieuse. Rien que les apparitions de la petite fée ronde et lumineuse valent l’achat du livre ! Enfin, et mine de rien, ce récit est une véritable biographie, qui ne cache rien de la vie du célèbre écrivain tout en traçant un portrait réaliste de l’époque. Clairement, c’est une réussite à tous points de vue. Une des meilleures biographies qui m’ait été donné de lire, vive, amusante, intelligente.
Martin Eden
J’ai trouvé le récit intéressant et, sans connaître l’œuvre originale, l’adaptation de Denis Lapière m’est apparue solide et cohérente. Je n’ai pas eu le sentiment de lire un résumé ou une œuvre tronquée. La progression dramatique et fluide et chaque personnage dispose de suffisamment d’espace pour se développer. Au niveau du dessin, j’avoue ne pas être réellement fan de ce style car je le trouve trop peu vivant. Rien à voir avec le talent de Aude Samama, qui est immense, mais invariablement, je me pose des questions sur l’adéquation entre ce style de peinture et le besoin de dynamisme de la bande dessinée. Ceci dit, le rythme narratif et le style assez introspectif du récit permettent de passer outre l’aspect figé du dessin. Le thème du récit est son point fort. Ce n’est pas joyeux, voire même désespérant à plus d’un niveau de lecture, cela demeure d’actualité même si bien inscrit dans son époque, et l’ironie de son final apporte encore un peu de vin à l’ivresse. Pas mal du tout, donc. A essayer très certainement, et si le style graphique de Aude Samama vous plait, je pense que vous pouvez l’acheter les yeux fermés (pour les autres, une lecture ou du moins un feuilletage poussé préalable est peut-être plus prudent).