Les derniers avis (9710 avis)

Par vidal
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Calcutta
Calcutta

Magnifique d'humour et d’autodérision car vu le nom de l'écrivain c'est un indien ! J'ai appris plein de choses sur l'Inde les mœurs et us et coutumes très étranges pour nous occidentaux comme le malheur et le déshonneur de mourir chez soi !!!!

24/02/2017 (modifier)
Par Chéreau
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Neska du clan du lierre
Neska du clan du lierre

Voilà longtemps que je n'avais pas eu un tel coup de coeur pour une série ! Au point d'avoir embarqué les deux tomes sur un rayonnage de ma librairie préférée après en avoir seulement feuilleté quelques pages et sans en avoir jamais entendu parler auparavant. Tout est réussi dans cette série dont je ne connaissais même pas l'auteur. Mais Louise Joor a les qualités des plus grands. Son histoire est remarquablement écrite et prenante, construite avec rigueur et intelligence, sans temps morts. On devine une vaste histoire et de grands mystères derrière le récit à hauteur de personnages qui occupe chaque album. Louise Joor a d'ailleurs reussi à créer un monde très original, où les deux-pattes, des humains d'1 cm de haut voisinent avec les insectes et les escargots. Huit clans se partagent ce monde et ne se rencontrent qu'au marché des coccinelles, lieu d'echanges, de rencontres, de retrouvailles autour des spectacles qui rappellent les traditions partagées mais aussi lieu de jalousies, de trahisons, de négociations secrètes... Ce marché des coccinelles est la grande réussite du premier tome. Mais d'où viennent les deux-pattes ? Les légendes sur leurs origines, racontées par le clan du papillon, ont-elles un fond de vérité ? Pourquoi les vieux récits parlent-ils des Immenses, ces humains d'une taille gigantesque par rapport aux deux-pattes ? Pourquoi tout le monde croit-il sûils ont disparu ? Et pourquoi alors Neska en a-t-elle vu un, qui a enlevé sa maman ? Le personnage de Neska, adolescente enthousiaste et courageuse mais qui se cherche encore, est une très jolie héroïne, attachante surtout pour les lecteurs préado, qui s'identifient immédiatement. Les autres personnages, les parents de Neska, sa sœur, les autres clans... sont tout aussi bien campés et sympathiques. Tout cet univers est servi par un dessin ligne claire soigné et précis, qui fait une large part à des décors de qualité, une gageure pour une histoire à hauteur de brin d'herbe ! La colorisation est claire et lisible, les dialogues naturels et limpides. Tous ces atouts réunis font de Neska du clan du lierre une lecture idéale pour des lecteurs de 8 à 16 ans environ.

20/02/2017 (modifier)
Couverture de la série Don Quichotte (Rob Davis)
Don Quichotte (Rob Davis)

Je n’ai jamais lu l’œuvre de Cervantès, mais j’en connais – comme presque tout le monde – les grandes lignes. Mais il me semble que même si – ce qui semble être le cas d’après la préface – Davis n’a pas trahi cette œuvre, il n’est pas nécessaire de bien la connaître pour apprécier ce diptyque. En effet, Rob Davis en a fait une histoire truculente, pleine de poésie, de folie douce, avec un personnage insensible au regard des autres, qui va au-delà de ses rêves, que des lectures ont alimentés. Les passages loufoques alternent avec des moments plus intimistes, lorsque Don Quichotte et Sancho élaborent des plans sur la comète. La narration est excellente – avec des commentaires en voix off ironiques. Quelques passages (vers la fin du premier tome) flirtent avec le théâtre de boulevard à la Guitry. Dans le second tome, une mise en abîme voit les personnages commenter le premier tome, ceci ajoutant à l’effet comique de ces aventures picaresques. Le dessin est très bon, parfaitement raccord avec le ton brinqueballant de l’intrigue et avec les personnages ubuesques (Ubu me semble très proche de Quichotte finalement). Et la colorisation est elle aussi originale et très sympa. La maquette des éditions Warum est très belle (je déplore quand même une dizaine de coquilles – essentiellement dans le second tome). Bref, une courte série que je vous encourage vraiment à découvrir !

19/02/2017 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Anniversaire de Kim Jong-Il
L'Anniversaire de Kim Jong-Il

Contrairement à ce que pourrait laisser croire le titre, cette bande dessinée n’est pas vraiment consacrée au dictateur nord-coréen, se contentant de le placer en filigrane, telle une ombre sinistre planant sur chaque citoyen. Le scénariste Aurélien Ducoudray s’est plutôt attaché à décrire la vie d’un enfant ordinaire, en se basant sur les témoignages écrits de rescapés des abominables camps de redressement nord-coréens, qui n’ont rien à envier aux camps nazis de la Seconde guerre mondiale. Très fluide, l’histoire commence presque comme un ouvrage de propagande où seule l’ironie sous-jacente empêche de croire totalement aux bienfaits du régime, pour basculer progressivement vers l’effroi et finir dans l’horreur. Le dessin de Mélanie Allag, qui a beaucoup travaillé dans l’illustration jeunesse, est en parfaite adéquation avec l’esprit du livre. Le récit à la première personne se lit non seulement avec les mots du jeune Jun Sang mais également à travers ses yeux. Au début, le garçonnet vénère sans conditions le dictateur par le biais du héros national, une sorte de Captain America nord-coréen, jusqu'à que les premières failles apparaissent dans cette réalité artificielle, trop « belle » pour être vraie. Suivant le fil scénaristique et le regard de Jun Sang, les couleurs, vives et fraîches au début, perdent peu à peu leur éclat pour finalement virer au noir et blanc. De même, les visages se creusent lentement sous l’effet de la malnutrition et de la pénurie alimentaire, après que les parents du garçon aient perdu leur emploi dans les usines locales. Le style graphique, en apparence enfantin, vient apporter au récit une touche de légèreté et candeur, qui par un effet de contraste saisissant, fait ressortir toute la cruauté du régime de Kim Jong-il. « L’Anniversaire de Kim Jong-il » est une des très bonnes surprises éditoriales de l’année 2016, rappelant l’ouvrage de Guy Delisle, Pyongyang, différent dans son traitement mais tout aussi édifiant à travers les faits relatés sur ce pays figé dans une époque révolue. Une situation qui ne semble pas à la veille de changer, au vu de l’attitude du terrifiant « Kim Jong Junior » - dont le visage s’apparente à celui d’un gros bébé capricieux grandi trop vite -, et des actualités qui nous proviennent régulièrement de ce coin de l’Asie. A noter la réussite de la couverture, représentant le portrait-puzzle du dictateur composé de panneaux soutenus par des enfants, un dictateur dont le sourire est brisé par le jeune Jun Sang, curieux de voir ce qu’il y a derrière son « panneau-prison »…

18/02/2017 (modifier)
Couverture de la série Petite histoire des colonies françaises
Petite histoire des colonies françaises

Même si j’ai déjà avisé la quasi-totalité de leurs autres productions, c’est par le premier tome de cette série que j’avais découvert le travail de ce duo très complémentaire, qui codirige les éditions Flblb, chez qui ils ont produit quelques belles pépites. D’emblée, j’ai été captivé par leur travail, et je relis encore avec un très grand plaisir cette série, même si la surprise ne joue plus. Ma seule surprise en l'avisant est de voir le peu d'avis postés sur cette série, plus de dix ans après ses débuts ! Le principe – repris dans la plupart de leurs autres séries – est de mettre en perspective, en appui, le texte très corrosif et ironique de Grégory Jarry, avec le dessin minimaliste d’Otto T. Et cela fonctionne ! Sous couvert de nous conter, de manière badine, avec force second degré et tirades ironiques la colonisation, Grégory Jarry (qui s’est visiblement documenté) réalise un implacable réquisitoire contre cette même colonisation (ses justifications, ses méthodes, ses suites actuelles…), bien sûr, mais aussi contre son image, la propagande qui l’a idéalisée ou aseptisée : il joue des images d’Epinal, avec un ton faussement bonhomme, un narrateur (aux traits successifs de de Gaulle, de Mitterrand [et épisodiquement de leurs successeurs], tous les deux franchement décontractés et très cyniques) semblant nous faire des clins d’œil au milieu de sa présentation. Un texte engagé donc, mais absolument pas rébarbatif. D’abord parce que l’ironie domine, Jarry glissant pas mal d’anecdotes absurdes, du n’importe quoi assumé, au milieu de faits réels. Mais ensuite et surtout grâce aux dessins d’Otto T. Des personnages minimalistes donc, très souvent agités, nerveux, qui jouent des scénettes rigolotes, qui prennent tout leur sens en les confrontant au texte de Jarry (l’inverse est aussi vrai). Un travail en symbiose donc, très réussi, qui offre un bon moment de détente sérieuse, ou de déconne instructive, comme on veut. C’est en tout cas une série que je vous recommande très chaudement (allez voir ensuite les autres séries du duo !). Un travail déjà récompensé, qui a donné lieu à des expositions (à Angoulême je crois) et qui mérite vraiment le détour ! Une intégrale a plus récemment paru, mais je ne sais pas si ce format à l’italienne est adapté à un unique album d’une telle épaisseur.

18/02/2017 (modifier)
Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Deux Vies de Baudouin
Les Deux Vies de Baudouin

Fabien Toulmé, l'auteur de l'excellent Ce n'est pas toi que j'attendais remet le couvert avec un nouveau récit émouvant. Il est ici question de Baudouin un trentenaire enfermé dans la routine de son quotidien. Comme tellement de gens en fin de compte, il est prisonnier d'un boulot auquel il consacre beaucoup trop de temps, alors que celui-ci ne lui permet absolument pas de s'épanouir. Métro, boulot, dodo, factures. Il est proche de son frère, un baroudeur qui n'a de cesse de le pousser à prendre sa vie en main et de la vivre pleinement. Lorsqu'il découvre qu'il est atteint d'une maladie incurable, il va tout plaquer pour vivre ses rêves avant qu'il ne soit trop tard. Le personnage est bien trouvé, on s'identifie tellement facilement à lui. La relation avec son frère est elle aussi un élément important qui amène des sourires et une petite dose d'humour. Cela contrebalance bien avec les moments plus émouvants du récit. Tellement de gens vont se reconnaître dans la routine de Baudouin. Combien de personnes ne se plaisent pas dans leur job et se demandent régulièrement si le moment n'est pas venu de changer totalement de voie. Inévitablement cet album nous amène à nous poser des questions sur notre propre vie. Ce récit véhicule plein d'émotions, permet de s'interroger, de se remettre en question et douter un peu. Mais ce n'est pas un livre de philo, c'est beaucoup mieux. Tout ça s'accompagne d'une histoire qu'on suit avec grand intérêt et on ne voit pas passer les 270 pages. Et même si on s'attend à ce que l'histoire se conclue par une pirouette de ce genre, la fin fait quand même son petit effet. Un album qui vous touche, qui vous fait réfléchir sur la routine du quotidien, sur le sens de la vie, sur le bonheur, sur beaucoup de choses en fait. Une réussite sur toute la ligne.

17/02/2017 (modifier)
Couverture de la série Gaia
Gaia

Je découvre cet auteur avec cet album, et j’en ressors enchanté ! J’en ai vraiment pris plein les yeux. C’est un album avec un relativement grand format, totalement muet, excepté des titres de chapitre, incrustés comme en filigrane dans les paysages. Cela se lit donc rapidement, même si l’on passe beaucoup de temps à admirer les dessins, vraiment superbes et très fournis. Beaucoup de planches ressemblent à des vues au microscope, avec des micro-organismes, mais aussi à des peintures d’artistes naïfs, avec moult détails, un trait foisonnant, un dessin quasi médiumnique que j’ai vraiment beaucoup aimé. Pour le reste, comme l’indique un peu le titre, et les divers sous titres des chapitres, Thierry Cheyrol se lance dans une vaste épopée lyrique – même si muette et somme toute modeste – de la création. De la planète Terre (mais aussi de son satellite, on part plusieurs fois dans l’espace), dans sa globalité, mais aussi avec l’apparition des divers éléments, le feu avec les volcans, l’eau source de vie, etc. Cette cosmogonie qui part de la cellule et aboutit à l’univers, qui de la partie mène au tout, est franchement captivante. C’est du beau travail, et, même s’il faut être réceptif à ce genre d’œuvre, son originalité et la réussite de ce projet devrait pousser les plus curieux à franchir le pas : voilà bien une bien belle illustration de ce qu’est la vie sur Terre, à la fois fragile et explosive, massive et singulière, végétale, animal et minérale. Gaia vit, vibre et se métamorphose à l’infini, sous le trait inspiré de Cheyrol. Chapeau bas monsieur Cheyrol, et merci encore à l’éditeur de permettre à ce genre d’album atypique de voir le jour, et de trouver ses lecteurs.

16/02/2017 (modifier)
Couverture de la série La Colère de Fantômas
La Colère de Fantômas

Fantomas est un très long feuilleton qui a enchanté les lecteurs du début du XXème siècle, et ce sur un large spectre allant du lectorat populaire à celui des avant-gardes (Breton adorait les films de Feuillade, Desnos en a tiré des poèmes, l’a adapté en feuilleton radiophonique, et on peut même penser que son personnage de Corsaire sanglot de « La liberté ou l’amour ! » s’en inspire). C’est hélas – malgré quelques grimaces réussies de de Funès, uniquement la version nunuche des films de Hunebelle qui s’est imposée dans les mémoires des dernières générations (Jean Marais plombant de son mauvais jeu le personnage de Fandor). Mais c’est clairement vers la verve, la folie et la liberté des romans d’Allain et Souvestre que lorgne le scénario d’Olivier Bocquet, et c’est tant mieux ! C’est en tout cas une bien belle réussite, avec une intrigue rythmée par la geste du prince du crime, qui se joue de la police et des valeurs de la société, ridiculisées par l’insolence de Fantômas. Le dessin de Julie Rocheleau est surprenant, original. J’avoue avoir eu besoin d’un temps d’adaptation pour m’y faire, mais je le trouve totalement raccord avec le ton adopté par Bocquet. Et la colorisation est, elle aussi, tout à fait réussie. La fin ouverte peut laisser envisager une suite. Mais ce triptyque se suffit à lui-même, et je vous en recommande chaudement lecture et achat.

16/02/2017 (modifier)
Par SkAmby
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Teckel
Le Teckel

Cet album est vraiment surprenant. A la première lecture je me suis demandé pourquoi je lisais cette BD. Referme donc ce bouquin... A la deuxième lecture, j'ai eu la révélation ! Si le fond est intéressant, c'est surtout dans la forme que l'objet est saisissant. Jean-Pierre Marielle est dans la place !! Oui vous avez bien lu, notre chère Guy est tout à fait ce genre de personnage, brut, bourrin, caractériel, matcho, bref, un ancien légionnaire... De prime abord complétement méprisable... Au fil des pages, on surprend notre anti-héros à citer de la poésie, à faire preuve d'une "grande" culture (particulière), à s’émouvoir, à pleurer, vomir également. Le traitement qui est fait autour de ce personnage fonctionne totalement. Le Teckel est imprévisible et impulsif, cela rend la lecture d'autant plus intéressante. Pour avoir lu les 3 tomes, c'est un vrai coup de cœur. Cette série reste toutefois à aborder en connaissance de cause (l'humour est totalement caustique, décapant) sans quoi vous risqueriez de passer à côté de ce petit bijoux.

10/02/2017 (modifier)
Couverture de la série Capitaine Mulet
Capitaine Mulet

Une nouvelle fois, les éditions 2024 publient une œuvre originale et aboutie, en lui offrant un très bel écrin : c’est vraiment une très belle réalisation que celle-ci ! Le capitaine Mulet dont il est question ici défie la réalité, ou plutôt se construit une réalité qui tente de s’accommoder de celle des autres. En cela on a là clairement un démarcage de Don Quichotte, Sancho Panca étant ici remplacé par Bienvenu, le second de Mulet, à la fois souffre-douleur et suiveur d’un être sur lequel la folie laisse une empreinte à la fois indélébile et diaphane. L’histoire est censée se passer en 1457 – c’est-à-dire, et ce n’est à mon avis pas un hasard, au tournant de la modernité, dans un long moyen-âge finissant. Pas très malin (c’est le moins que l’on puisse dire !), Mulet doit se racheter aux yeux du roi de France (et aussi, occasionnellement échapper à son courroux), et il se lance dans une expédition au long court, entouré d’un équipage (presque aussi crétin que lui !), dont son second, Bienvenu. Rapidement, la réalité s’efface au profit de la volonté et/ou de l’imagination de Mulet, et l’expédition se transforme en voyage épique (beaucoup de l’Odyssée ici), coupé d’aventures comiques et absurdes (on retrouve ici son côté Don Quichotte). C’est une douce folie humoristique (mais n’attendez pas de francs éclats de rire) vraiment chouette à lire. Et ce d’autant plus que Sophie Guerrive use d’un Noir et Blanc presque stylisé parfois, très simple à lire. L’iconographie est aussi souvent fidèle aux critères de cette fin du moyen-âge dans lequel elle souhaite ancrer son histoire. Ainsi de certaines cartes marines, des plans de cité en à-plat (la perspective n’était alors pas encore maîtrisée), ou d’une planche s’inspirant des « riches heures du duc de Berry ». Une chouette histoire que je vous recommande chaudement. Et, pour ceux qui auraient aimé, jetez un coup d’œil à certaines œuvres qui devraient elles aussi vous plaire, car assez proches dans l’esprit je trouve : La Fille maudite du capitaine pirate ou certains albums de Clément Vuillier. MAJ: Je viens de découvrir que Sophie Guerrive avait déjà produit de très belles planches inspirées de l'imaginaire et de la cartographie médiévales avec le recueil d'illustrations "Médiévales" paru chez ION (après un autre recueil chez le même éditeur, "Marines", consacré aux naufrages, avec là aussi une approche s'inspirant des portulans et cartes marines médiévales, avec un dessin fourmillant de détails). Tout ceci est à découvrir !

17/01/2017 (MAJ le 09/02/2017) (modifier)