Richard Guérineau donne une suite à son Charly 9, je crois que c'était inévitable. Et comme j'avais apprécié l'ensemble sans en cautionner tous les aspects, ici en revanche je suis pleinement satisfait. Guérineau se lâche tout seul sans scénariste derrière lui, et use d'un dialogue beaucoup plus conforme avec un beau français d'époque, sans qu'il soit pour autant pesant et pénible.
Le plus étonnant, c'est qu'il a parfaitement respecté tout l'aspect historique qui sert de fond à son récit, tout est vrai, c'est une période de l'Histoire de France très critique, Charles IX ayant légué à son frère Henri III un royaume malade des guerres de Religion et d'une Saint-Barthélémy funeste qui a fait rejaillir sur la monarchie un vent de cruauté sanglante. Ce roi, le plus intelligent des 3 fils de Catherine de Médicis ayant régné, a dû affronter bien des vicissitudes, des difficultés et des complots contre sa politique, qu'il lui a été houleux de diriger le pays. Je connais parfaitement cette période, je l'ai beaucoup étudiée pour savoir que ce dernier Valois a fait tout ce qu'il a pu pour obtenir la paix et apaiser les tensions entre huguenots et catholiques. Mais il y avait trop de forces contre lui, le poids était trop lourd.
Je crois que Guérineau a su bien faire sentir tout ça au lecteur, il donne un aperçu très complexe du royaume de cette époque. Si on est passionné comme moi par cette période, on est aux anges, mais si on est peu connaisseur, on risque d'être un peu largué tant les rouages de la politique sont compliqués et tant il y de protagonistes que Guérineau fait défiler, tous pourtant très connus... entre Catherine la reine-mère, la soeur Margot, François d'Alençon le frère gênant, Henriot qui n'est encore que roi de Navarre, Henri de Guise, les Mignons Joyeuse, O, Epernon, Quélus etc et bien d'autres encore, ça fait beaucoup de monde. Les événements ou faits sont rapportés assez fidèlement, tels l'assassinat du duc de Guise ou la bataille de Coutras...
Je trouve que Guérineau a été beaucoup plus sérieux dans son traitement que sur Charly 9 qui suivait le bouquin de Teulé ; ici, il est libre d'interpréter l'Histoire à sa façon mais en la respectant beaucoup plus. D'ailleurs il use de procédés identiques vus dans Charly 9, notamment les styles graphiques différents (j'adore la parodie de l' Histoire de France en Bandes Dessinées) et un certain humour. Il ne peut éviter 1 ou 2 parodies graphiques un peu limite, mais dans l'ensemble, le résultat est plus intéressant que dans Charly 9.
Sur la personnalité du roi, on a beaucoup exagéré son côté maniéré, ses "mignardises " et sa soi-disant homosexualité, alors qu'il était un roi sans doute précieux, peut-être légèrement efféminé mais aimant aussi les femmes. On sait qu'il a honoré plus d'une fois la reine Louise pour qui il avait une réelle affection, et d'ailleurs celle-ci le lui rendra après sa mort, conservant un deuil sincère et durable.
Guérineau sacrifie donc à 2 ou 3 reprises sur quelques tenues excentriques, mais c'est pour amuser la galerie, Henri étant plus porté sur une certaine élégance, il n'y a qu'à voir les tableaux le représentant toujours fardé mais impeccable et en habit d'homme, au contraire du futur Henri IV qui lui sentait l'écurie et avait des frusques parfois négligées.
Guérineau inclut aussi des mots historiques apocryphes ou les détourne de façon amusante, il en oublie aussi de plus fameux. Bref, son approche de ce règne et d'un roi qui commence à être réhabilité par les historiens, est fort subtile. Je m'attendais à plein de dérives un peu connes comme il l'a fait sur Charly 9, à une exagération gratuite sur l'homosexualité et les Mignons, mais point, à part 2 ou 3 trucs sans importance. L'ouvrage est de bonne facture sur le plan historique, c'est ce qui me réjouit.
Au niveau graphique, c'est également très agréable, j'aime ce dessin semi-réaliste qui reproduit bien les personnages connus et les édifices avec une bonne dynamique dans la mise en page. L'épilogue dessiné dans un style caricatural imité de Dick Browne, est jubilatoire avec Montaigne et Pierre de l'Estoile qui "arrangent" le dernier mot d'Henri lors de son assassinat par le moine fanatique Jacques Clément. C'est en effet ce mot qui a traversé la postérité, et je gage que beaucoup d'autres en divers siècles ont été enjolivés de même façon.
Au final, même si Guérineau a donné sa vision personnelle de ce roi, il a quand même suivi de belle façon l'Histoire de France et n'a pas détourné grand chose, il a même oublié les anachronismes et a non seulement atténué le côté homosexuel du roi, mais a aussi introduit des détails intéressants sur de petits éléments réels (les braguettes, le bilboquet etc..). C'est donc un ouvrage plus sérieux tout en ayant recours aux mêmes recettes qui ont fait le succès de Charly 9, qui déboulonne la mauvaise réputation de ce roi, un subtil équilibre entre le biopic historique et le ton décalé propre à l'auteur.
Lorsque j'ai refermé cette bande dessinée après l'avoir lue, la première chose qui m'est venu à l'esprit c'est, clairement : "mais qu'est ce que c'est que ce truc ?".
On en fait pas tous les dimanches matin des bds comme "l'Odeur des Garçons Affamés", véritable objet manuscrit non-identifié, sorte de "western sous psychotropes" à la croisée des chemins entre le soap opera, le western et le récit fantastique.
Ici le décor est vaste, vertigineusement vaste puisqu'il s'agit du grand Ouest américain, encore vierge et inapprivoisé, ou s'épanouissent des autochtones momentanément épargnés de la frénésie industrielle et démograhique WASP par la guerre de Sécession qui vient de se terminer.
Trois aventuriers, cependant, sillonnent la région afin de reconnaître le terrain en vue d'une future exploitation : Stingley, l'entrepreneur véreux, Oscar Forrest le "garçon" de ferme et Milton, photographe irlandais chargé d'immortaliser la beauté sauvage de ce territoire poussiéreux. C'est l'occasion pour ces individus aux caractères différents d'affronter leur point de vue et leur philosophie : d'aucuns piaffent cyniquement d'impatience en songeant aux seuls bénéfices pécuniers à envisager, d'autres se drapent sous l'écologie politique et les droits de l'homme, soucieux de garder cet Eden loin des vices du monde moderne qui vient. Au fil des pages les liens se créent , des secrets bien cachés éclatent au grand jour, certains masques tombent et le ton tourne progressivement vers le fantastique. Hallucinations, rêves étranges hantés d'ectoplasmes, délires visuels, ce chamboulement d'ambiance déroute et charme tout en un, l'oeuvre mue pour se transformer en méta-western.
L'intérêt (à mon sens du moins) de cette BD vient du fait qu'elle ose dépoussiérer les codes d'un genre relativement figé en sortant des sentiers battus. Le bizarre côtoie le familier : les Comanches mutiques et inquiétants brouillent les photographies de manière inexplicable et les chasseurs de primes dissimulent d'affreuses têtes de vampire sous des chapeaux à long bord. Le dessin, relativement simple et minimaliste, est atypique pour un western, plus habitué à des planches sales et fouillées à la Moebius.
C'est un pari risqué de la part de Frederik Peeters et Loo Hui Phang, elle rendra cette BD forcément clivante et rebutera peut être les puristes.
Pour ma part je la considère comme un exercice de style franchement réussi, qui tire tout son sel de son particularisme. Vivement conseillé.
Qui a dit que le western était un genre sclérosé et éteint ?
Le début de la série est vraiment très bon à mes yeux. L’histoire est intrigante. Au niveau des personnages, il a un jeu de miroir entre les différents membres de la famille (un père samouraï japonais/une mère sorcière irlandaise – 2 enfants, l’une a hérité des dons de guerrier de son père et du physique de sa mère, et l’autre c’est l’inverse) qui, là aussi, suscite la curiosité.
Et très vite, l’univers se révèle riche. Le récit mêle aventure médiévale dans un Japon fantasmé et fantastique, les scènes de combat sont nombreuses et Isabellae charcute gaiement. Elle se retrouve bien vite affublée de compagnons de voyage aux intérêts divers. Cette multiplication des personnages permet de garder une Isabellae très sombre tandis que d’autres apportent des notes d’humour de ci de là. Le fait qu’elle voit son père sous la forme d’un fantôme tandis qu’elle croise très vite un être volant dont on ne connait pas l’origine apporte une dimension fantastique au récit qui le différencie des autres.
Au final, il s’agit d’un vrai melting-pot dans lequel récit de samouraï et légendes celtes se retrouvent liés. De ce point de vue, cette aventure est on ne peut plus originale.
La série se scinde clairement en deux cycles, le premier a pour cadre principal le Japon tandis que le deuxième voit la majeure partie de son action se dérouler en Irlande. Ces deux cycles sont intimement liés. Il est illusoire de croire pouvoir lire le second cycle sans avoir lu le premier tandis que ne lire que le premier vous privera de bien des explications données au terme du second.
A titre personnel, après avoir été emballé par les deux premiers tomes, j’avoue que mon intérêt a décru (mais j’ai toujours attendu la sortie de l’album suivant avec envie). En cause, une surabondance de combats qui, finalement, n’apportent pas grand-chose au récit. De plus, j’ai parfois eu du mal à voir où les auteurs voulaient en venir. La narration est en effet parfois confuse et certains éléments de l’intrigue ne trouvent leur signification qu’en toute fin du récit. J’ai cependant beaucoup apprécié le fait que tous les éléments trouvent leur place dans une belle conclusion. De plus, cette fin est une vraie fin. On quitte Isabellae finalement satisfait et sans cette désagréable impression que les auteurs ne nous ont pas tout dit pour se ménager la possibilité d’une suite à rallonge.
Finalement, c’est une série qu’il m’a plu de suivre et que j’aimerai bien relire posément maintenant que je sais de quoi il retourne exactement. Pas un chef d’œuvre mais une série attachante et originale.
Dans les années 1930, quelques part dans le bassin minier du Nord-pas-de-Calais, la routine suit son cours pour Henri, son beau-frère Lucien et sa petite famille, tous deux mineurs de charbon. Entre un boulot harassant mal payé sans protection sociale, les conflits avec la direction patronale et la peur des réductions d’effectifs, ce n’est pas la joie tous les jours mais la vie étant ainsi faite, chacun tente de trouver des motifs de satisfaction. Pour Henri c’est plutôt contestation ouvrière, théories marxistes et bibine le soir au bar Chez Moustache. Pour Lucien c’est plutôt la famille avant tout et philosophie terrienne sans faire de vague. Lorsque ce dernier accepte de rejoindre une nouvelle équipe de miniers chargés de tester une innovation « high-tech », un poste mieux rémunéré faisant miroiter une évolution hiérarchique ; sa relation d’amitié commence à sentir le souffre avec Henri qui y voit une trahison et pressent une cabale patronale pour les remplacer tous. Quand Lucien prend conscience de la supercherie et qu’il s’est fait dupé, il tente un geste désespéré en voulant tout faire exploser. Mais il se rate, lui et ses camarades Tobiaz, Andrezj, le vieux, la corneille et le porion, se retrouvent abîmer dans un monde fantastique qu’ils ne soupçonnaient pas…
J’ai sincèrement pris un grand plaisir à la lecture avec cette histoire fraîche d’un auteur qui casse les codes et barrières des genres. Cela débute comme un récit social tout ce qu’il y a de plus classique sur la dureté et la précarité du statut du mineur de charbon, avec son lot d’imageries à la Germinale, les corons et barreaux, la descente dans les puits, les chevalements, etc. Mais aussi le thème des conflits sociaux qui virent à l’empoignade entre ouvriers syndiqués et chiens de garde à la botte du patronat. Le contexte historique est bien rendu donc même si volontairement stéréotypé. Aussi avec la thématique du remplacement de l’homme par la machine, on se souvient qu’il s’agit d’une problématique bien plus ancienne qu’on ne le pense et pas seulement présente dans nos récits d’anticipation d’aujourd’hui, mais qui déjà pouvait se poser à l’époque (ou au XVIIIème siècle et la navette volante de John Kay qui révolutionna le métier à tisser par exemple).
On pense alors que le récit prend le chemin de la science-fiction (sans oublier le teasing horrifique de l’intro) avec ce robot esclave-minier asimovien ingénieusement conceptualisé que je nommerai pour la forme mini-S.A.M. parce qu’il me rappelle le mécha géant de la série du même nom. Et puis « PAF ! », l’histoire prend le lecteur à contre-pied et bascule dans un remake de Daylight où le but va être de retrouver la lumière du soleil. À partir de ce quatrième chapitre Romain Baudy reprend presque les codes de la Portal Fantasy puisque, tout en étant définitivement dans une histoire Fantastique, nous avons des personnages qui explorent un monde secondaire merveilleux, par moment « médiéval », et dont ils sont totalement ignorants. La faune et la flore n’ont rien de commun avec ce qu’ils connaissent, toute retraite est impossible, et ils vont y jouer le rôle quasi « cliché » du héros prophétique libérateur. Le background fantaisiste ne manque pas de sel avec ce brassage des mythologies germanique et nordique où les Jötunn géants fusionnent avec les Nibelungen souterrains. La recherche est poussée jusqu’au runes qui ont une véritable signification et ne sont pas mises là juste parce que ça fait jolie : l’Othila la rune de pouvoir pour commander, et Uruz, la force. L’idée que des mineurs humains croisent des créatures mythologiques caractérisées pour leur travail des métaux est d’ailleurs plutôt cocasse.
Voilà, je trouve l’intrigue très bien construite et pensée : la mise en abyme est chouette car si malheureusement pour Zola il n’y aura pas de « grand soir » dans le monde du dessus, nos héros pourront toujours se la jouer Sergio Leone et refaire Il était une fois la révolution chez les Jötunn. D’ailleurs pour la mise en abyme, peut-être que je pars en live mais je me demande si l’auteur n’a pas lu le Moi, Asimov de l’écrivain éponyme qui évoquait entre autres dans cette autobiographie ses origines juives puis un échange où il s’était opposé à Elie Wiesel qui était disons pour faire court, « obsédé » par l’Holocauste, que les juifs, parce que persécutés étaient bons et innocents par essence. Asimov lui avait répliqué que les juifs étaient persécutés parce qu’en position de faiblesse et qui sait s’ils s’étaient retrouvés de l’autre côté du manche… que le phénomène de persécution est universelle et que de persécutés certains passent à persécuteurs en un clin d’œil lorsqu’ils sont les plus forts comme le démontrent des comportements extrémistes d’israéliens envers les palestiniens. Et je me suis demandé avec mini-S.A.M. le robot asimovien briseur de chaînes du joug des nains/ewoks qui ont fuit les persécutions des vénitiens pour persécuter à leur tour les Jötunn/Nibelungen, si… enfin bon, peut-être est-ce tiré par les cheveux.
Romain Baudy qui est entre autres choses designer sur la jolie série animé jeunesse "Wafku", démontre qu’il a plus d’une corde à son arc et est capable de se muer en auteur complet. Nous avons entre les mains un véritable roman graphique de plus d’une centaine de pages où parfois le dessinateur nous régale avec des dessins en pleine page totalement gratuits, que d’autres auraient réduit à cause de la limitation en 48 planches. Il y a parfois une fausse impression d’être en présence d’un héritier de Mike Mignola avec un encrage profond lorsqu’on s’enfonce dans la mine (proche du Dessous - La Montagne des morts de Bones). J’ai apprécié les jeux d’ombre entre encrage et couleurs qui donnent un rendu très riche, ainsi que cette variété dans le trait entre décors bien détaillés et physionomie des personnages parfois simple, vieille école. Toutefois, l’œuvre parfaite n’existant pas, j’ai relevé quelques scories qui m’ont dérangées :
- Certaines proportions entre tête et corps ne sont pas toujours nickel en début d’album.
- Pas très convaincu par le changement brutal de comportement de Lucien qui passe trop vite de père de famille responsable à dangereux poseur de bombe.
- Les dialogues des personnages lors de la découverte de la créature manquent de naturel et de surprise (genre « OK y a une grosse bestiole… what else ? »).
- Le coup de poing du Jötunn sur Lucien façon One-Punch Man qui ne fait que l’assommer alors que dessiner comme ça, il aurait dû se faire écrabouiller.
- Les lutins qui parlent un français moderne impeccable alors qu’enfermer depuis des siècles sous terre. Un défaut qui m’agace toujours dans ce genre d’histoire.
Une découverte surprenante qui m’envoie ravi. Un des tops de 2017.
J’avais découvert le talent de Julie Rocheleau avec l’excellente série « La Colère de Fantômas » scénarisée par Olivier Bocquet et j’étais donc assez impatient de retrouver son coup de crayon si singulier. C’est cette fois-ci sur un scénario de Vero Cazot qu’elle laisse libre court à son savoir-faire et c’est de nouveau plus qu’une réussite !
« Betty Boob » aborde pourtant le thème difficile du cancer du sein mais de façon intelligente et subtile. Fi d’un pathos qui aurait pu plomber le sujet, Vero Cazot réussit le tour de force de nous faire rire d’un sujet grave et d’une façon plus générale de traiter de la différence et de son acceptation sociale, le tout sans un mot ! Vive la magie des BD muettes quand tout cela est conduit avec brio !
C’est là que le talent de Julie Rocheleau rentre en jeu, il n’y a qu’à voir cette magnifique couverture qui donne le ton. Et la suite n’est pas en reste ! Que se soient les découpages, les trouvailles graphiques pour souligner le propos ou l’expressivité des personnages, tout concoure à une fluidité narrative des plus efficace et ravit nos mirettes ! Et puis quel bonheur de retrouver ce style si particulier de Julie. J’adore son trait et son utilisation et la palette de couleurs qu’elle manie qui donnent à son dessin un style si particulier et une identité graphique reconnaissable au premier coup d’œil.
Bref, c’est une nouvelle fois conquis que je sors de cette lecture que je ne peux que chaudement vous recommander !
Lorsque j'ai commencé la lecture de cette bande dessinée , je ne savais pas où je m'embarquais. Et bien, je n'ai pas lâché ce livre jusqu'à la dernière page. Véritablement passionnant de bout en bout.
La vie d'Alexandre Jacob, scénarisée par le talentueux Matz, m'a enthousiasmé. "Gentleman cambrioleur" avant l'heure, Alexandre Jacob a traversé le XXième siècle avec plus ou moins de bonheur. Mais quelle vie il a eu, digne d'un roman !
Du mouvement ouvrier aux sombres anarchistes, aux préparations des vols (Ah! la visite "amicale" chez Pierre Loti) en passant par la guerre de 39-45 et le bagne de Cayenne (qu'Albert Londres contribuera à fermer), tout y est!
Et le tout parfaitement mis en scène par Matz, qui en ancrant le récit à partir d'un prétoire, donne encore plus de force à cette incroyable aventure.
Dès le début, on sympathise avec le jeune Alexandre, dans un Marseille formidablement dessiné par Chemineau.
Car Léonard Chemineau illustre de manière magistrale cette aventure (dessin et couleurs sont superbes)
C'est sans aucun doute, une des meilleures bandes dessinées que j'ai lu depuis ce début d'année.
Alors, achetez- la, empruntez- la, volez- là mais lisez cette bd !
Vous ne serez pas déçu du voyage.
Bien content de voir enfin paraître en français ce manga que je suis depuis quelques années.
Le genre 'monster girls' est populaire au Japon depuis quelques années et on voit plusieurs manga et anime mettant en vedettes des filles monstres mignons et sexy. Ce manga est un des meilleurs dans cette catégorie, mais il faut aimer les ecchis ce qui est mon cas vu que je suis juste un gros pervers (et en plus j’arrête pas de faire des fautes d’orthographe donc je dois avoir aucune âme !)
C'est un manga divertissant où il ne faut pas trop se poser de questions du genre comment le gouvernement a pu tenir l’existence des monstres secrète vu la taille de plusieurs et en plus certaines espèces ont besoin d'hommes pour se reproduire ! C'est aussi un pur manga harem avec les clichés habituels du genre le harem devient plus grand au fil des chapitres.
Je trouve que le scénario est prenant, drôle et fait partie du haut du panier dans la catégorie ecchi. Les personnages sont attachants et j'ai vraiment du plaisir à lire les aventures de ce harem. J'aime beaucoup comment l'auteur construit son univers, notamment lorsqu'il montre comment fonctionne la psychologie et le corps d'un monstre (donc lorsqu'une fille monstre a une grosse poitrine, il y a une raison !). Le dessin est aussi d'excellente qualité et les filles sont bien dessinées (les gars aussi mais je m'en fous).
Il y a beaucoup de fanservice et comme souvent avec les ecchis j'ai des problèmes avec certaines scènes. On retrouve à peu près tous les principaux fantasmes de mangas ecchis et il y a des trucs que je n'aime pas. Il y a un peu trop de scènes de molestations (même si c'est pour de rire) à mon goût et de plus une des filles ressemble à une petite fille, ce qui est malheureusement un truc récurrent dans les mangas de ce genre. La fille en question est attachante et sympathique comme toutes les autres filles monstres, j'ai juste pas envie de voir une fille qui semble n'avoir jamais eu de puberté nue !
Malgré cela, c'est un manga que je lis avec plaisir. Je conseille de lire la série si le ecchi ne vous dérange pas. C'est clair que si les mangas où un groupe de filles tombent amoureuses du même gars et se retrouvent nues toutes les 5 pages vous emmerde, c'est pas une série pour vous !
Après une énième relecture du cultissime Gunnm, je décide enfin d’en faire un petit avis.
Je fais court car la série est déjà très largement commentée et plébiscitée sur le site.
Gunnm, c’est la symbiose parfaite d’un univers post-apocalyptique immersif, d’une héroïne grandiose, d’une histoire haletante et de combats dantesques.
Graphiquement déjà, le manga en impose. Au-delà de la très grande qualité des dessins, Kishiro a réussi à créer un monde incroyablement dense et cohérent, au visuel très original, jouissant d’un dynamisme et d’une expressivité parfaits.
Les nombreux personnages sont pour la plupart intéressants et charismatiques mais c’est bien Gally et de loin qui est le plus réussi. Attachante, complexe et imprévisible, ambigüe parfois, elle accroche très vite le lecteur au manga, en dépit d’un début d’intrigue un peu « bateau » (une combattante amnésique à la recherche de son passé). L’histoire prend heureusement très vite beaucoup d'ampleur.
Chef d’œuvre de la SF, Gunnm est une série puissante et incontournable !
J'ai bien aimé ce dernier Larcenet qui sait se renouveler à chaque fois. C'est en effet un peu différent de ce qu'il fait d'habitude. L'humour est généralement son genre de prédilection. Là, nous avons droit à une enquête policière sur un mystérieux gros personnage qui a sans doute commis l'irréparable. Les deux policiers veulent connaître les causes profondes d'un tel acte. Le suspect raconte alors l'histoire de sa vie sur un mode éminemment subjectif et c'est bien triste...
La maîtrise narrative est parfaite. Les dialogues ainsi que les réflexions formulées sont du haut de gamme. Nous avons encore une oeuvre supérieure à la moyenne. Pas étonnant vu son auteur assez talentueux. Il excelle véritablement. En ce qui me concerne, il est devenu le maître incontesté de la BD en France. Le talent n'est même plus à démontrer. C'est vrai qu'il agace par son arrogance. Cependant, il n'y a qu'à juger sur pièce pour voir ce dont il est capable. Les plus grands ont souvent été critiqués.
Il est clair que la laideur est ici revendiquée. Il n'y a qu'à voir la couverture. Bref, les détracteurs ne manqueront pas pour descendre en flèche cette œuvre et qui nous expliqueront qu'ils se sont ennuyés. Mais comment peut-on s'ennuyer devant cela alors qu'on peut s'extasier devant des productions insipides ? Oui, il faut avoir un certain niveau pour juger et tout le monde ne l'a pas, c'est ainsi. Mais respect également pour la médiocrité qui fait également partie de ce monde et qu'il faut bien accepter. Ne vous laissez pas abuser car nous avons là l'ébauche d'un chef-d'œuvre.
J'ai été touché par cette œuvre qui parle de différence et de solitude, du mécanisme implacable qui explique le passage à l'acte. Il y a de la profondeur qui fait défaut à tant d'autres réalisations. Plus qu'une explosion, Blast est un véritable cri qui vient de l'intérieur !
A noter l'existence d'une intégrale qui est parfaite sur la forme malgré ses 800 pages. On a l'impression de lire un très gros roman. Inutile de préciser que j'ai acquis cet objet magnifique. J'en ai profité pour relire cette œuvre. Au sortir de cette lecture, il n'y a pas photo: c'est véritablement culte. Je rehausse par conséquent ma note.
Note dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.5/5
J’ai enfin pris connaissance de l’œuvre qui révolutionne actuellement le genre des histoires de zombies. Cela faisait un bon petit moment que je voulais mettre la main dessus. C’était pour moi la dernière série d’importance que je n’avais pas encore lue à ce jour. Je dois avouer que j’ai adoré littéralement. Le scénario est terriblement efficace. Je comprends que le cinéma ait également des visées. D'ailleurs, la série a fait un carton dans un genre qui n'est pourtant pas populaire chez la ménagère de moins de 50 ans. J'avoue aisément posséder toutes les intégrales et que c'est l'une de mes séries préférés. Cependant, c'est bien la bd qui m'a amené à la TV et non l'inverse.
L’action ne sera pas pour autant omniprésente. L’auteur laisse le temps au récit de s’installer sur une ambiance de fin du monde. J’ai juste déploré que le début commence sur une idée déjà exploitée par le film 28 jours plus tard de Danny Boyle. Fort heureusement, le reste va se démarquer assez rapidement. On dévore littéralement chaque tome. Je constate également que cela reste bon même sur la durée. Il y a une virtuosité dans l’écriture de chaque scène qu’on ne peut qu’admirer. Le travail est remarquable également d’un point de vue graphique.
Il y a un côté terriblement humain qui n’est pas habituel au genre. On découvre toute une galerie de personnages avec leur psychologie propre ainsi que leurs réactions face aux difficultés rencontrées. Par ailleurs, le danger semble émaner de partout. Il y a un côté imprévisible qui fait frissonner. Le tome 8 marque d'ailleurs un sommet inégalé. On se rend compte que tout est malheureusement possible dans l'horreur. Le tome 14 nous rappelle également qu'aucun personnage principal n'est à l'abri. On regrettera la disparition de personnages qu'on aimait bien mais il y a toujours les autres. Rick demeure le pilier central. L'auteur a une formidable capacité à renouveler le récit pour maintenir le suspense à son comble.
Le tome 22 marque une rupture également temporelle qui relance tout l'intérêt de la série. Que dire également du tome 24 dont la fin nous laisse véritablement sans voix ? On passe certes d'un ennemi terrifiant à l'autre. Cependant, cela sera un véritable rebondissement du scénario que l'on n'attendait pas. Il ne s'agit plus de survivre face à un psychopathe mais c'est plutôt un choix de civilisation sur un mode de reconstruction du monde.
Le tome 26 marque le retour d'un grand méchant que l'on attendait plus. Il revient encore plus machiavélique et fou que jamais. Il faut dire que le public l'aime bien et en redemande. Je connais dans mon entourage une femme fou d'amour pour lui: c'est dire. On est juste un peu étonné de la direction prise par le scénario. C'est un virage à 180 degré. Il est vrai que le tome 27 apporte encore des revirements, des situations inattendues. On regrette juste la disparition un peu trop brutale d'un leader pour les chuchoteurs mais qui sera vite remplacé. On atteint encore des sommets dans la lecture plaisir ce que confirme d'ailleurs le tome 28 alors qu'au niveau de la série TV, on constate un véritable essoufflement à partir de la saison 7. Je suis bluffé par le fait que les scénaristes ont su redynamiser la série après autant de tomes.
J’aimerais pouvoir encore découvrir des séries de cette intensité et de cette qualité. Je sais que cela va devenir de plus en plus rare… J'ai acheté toute la série d'un seul coup : c'est dire que je n'avais pas eu un tel coup de cœur depuis fort longtemps. C'est une série que je qualifie de culte car elle va révolutionner le genre. Et puis et surtout, au fil des tomes, on sent une montée d'intensité qui ne se dément pas après pourtant plus de 20 tomes. C'est tout bonnement extraordinaire !
Note Dessin: 4.25/5 - Note scénario: 4.75/5 - Note Globale: 4,5/5
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Henriquet - L'homme-reine
Richard Guérineau donne une suite à son Charly 9, je crois que c'était inévitable. Et comme j'avais apprécié l'ensemble sans en cautionner tous les aspects, ici en revanche je suis pleinement satisfait. Guérineau se lâche tout seul sans scénariste derrière lui, et use d'un dialogue beaucoup plus conforme avec un beau français d'époque, sans qu'il soit pour autant pesant et pénible. Le plus étonnant, c'est qu'il a parfaitement respecté tout l'aspect historique qui sert de fond à son récit, tout est vrai, c'est une période de l'Histoire de France très critique, Charles IX ayant légué à son frère Henri III un royaume malade des guerres de Religion et d'une Saint-Barthélémy funeste qui a fait rejaillir sur la monarchie un vent de cruauté sanglante. Ce roi, le plus intelligent des 3 fils de Catherine de Médicis ayant régné, a dû affronter bien des vicissitudes, des difficultés et des complots contre sa politique, qu'il lui a été houleux de diriger le pays. Je connais parfaitement cette période, je l'ai beaucoup étudiée pour savoir que ce dernier Valois a fait tout ce qu'il a pu pour obtenir la paix et apaiser les tensions entre huguenots et catholiques. Mais il y avait trop de forces contre lui, le poids était trop lourd. Je crois que Guérineau a su bien faire sentir tout ça au lecteur, il donne un aperçu très complexe du royaume de cette époque. Si on est passionné comme moi par cette période, on est aux anges, mais si on est peu connaisseur, on risque d'être un peu largué tant les rouages de la politique sont compliqués et tant il y de protagonistes que Guérineau fait défiler, tous pourtant très connus... entre Catherine la reine-mère, la soeur Margot, François d'Alençon le frère gênant, Henriot qui n'est encore que roi de Navarre, Henri de Guise, les Mignons Joyeuse, O, Epernon, Quélus etc et bien d'autres encore, ça fait beaucoup de monde. Les événements ou faits sont rapportés assez fidèlement, tels l'assassinat du duc de Guise ou la bataille de Coutras... Je trouve que Guérineau a été beaucoup plus sérieux dans son traitement que sur Charly 9 qui suivait le bouquin de Teulé ; ici, il est libre d'interpréter l'Histoire à sa façon mais en la respectant beaucoup plus. D'ailleurs il use de procédés identiques vus dans Charly 9, notamment les styles graphiques différents (j'adore la parodie de l' Histoire de France en Bandes Dessinées) et un certain humour. Il ne peut éviter 1 ou 2 parodies graphiques un peu limite, mais dans l'ensemble, le résultat est plus intéressant que dans Charly 9. Sur la personnalité du roi, on a beaucoup exagéré son côté maniéré, ses "mignardises " et sa soi-disant homosexualité, alors qu'il était un roi sans doute précieux, peut-être légèrement efféminé mais aimant aussi les femmes. On sait qu'il a honoré plus d'une fois la reine Louise pour qui il avait une réelle affection, et d'ailleurs celle-ci le lui rendra après sa mort, conservant un deuil sincère et durable. Guérineau sacrifie donc à 2 ou 3 reprises sur quelques tenues excentriques, mais c'est pour amuser la galerie, Henri étant plus porté sur une certaine élégance, il n'y a qu'à voir les tableaux le représentant toujours fardé mais impeccable et en habit d'homme, au contraire du futur Henri IV qui lui sentait l'écurie et avait des frusques parfois négligées. Guérineau inclut aussi des mots historiques apocryphes ou les détourne de façon amusante, il en oublie aussi de plus fameux. Bref, son approche de ce règne et d'un roi qui commence à être réhabilité par les historiens, est fort subtile. Je m'attendais à plein de dérives un peu connes comme il l'a fait sur Charly 9, à une exagération gratuite sur l'homosexualité et les Mignons, mais point, à part 2 ou 3 trucs sans importance. L'ouvrage est de bonne facture sur le plan historique, c'est ce qui me réjouit. Au niveau graphique, c'est également très agréable, j'aime ce dessin semi-réaliste qui reproduit bien les personnages connus et les édifices avec une bonne dynamique dans la mise en page. L'épilogue dessiné dans un style caricatural imité de Dick Browne, est jubilatoire avec Montaigne et Pierre de l'Estoile qui "arrangent" le dernier mot d'Henri lors de son assassinat par le moine fanatique Jacques Clément. C'est en effet ce mot qui a traversé la postérité, et je gage que beaucoup d'autres en divers siècles ont été enjolivés de même façon. Au final, même si Guérineau a donné sa vision personnelle de ce roi, il a quand même suivi de belle façon l'Histoire de France et n'a pas détourné grand chose, il a même oublié les anachronismes et a non seulement atténué le côté homosexuel du roi, mais a aussi introduit des détails intéressants sur de petits éléments réels (les braguettes, le bilboquet etc..). C'est donc un ouvrage plus sérieux tout en ayant recours aux mêmes recettes qui ont fait le succès de Charly 9, qui déboulonne la mauvaise réputation de ce roi, un subtil équilibre entre le biopic historique et le ton décalé propre à l'auteur.
L'Odeur des garçons affamés
Lorsque j'ai refermé cette bande dessinée après l'avoir lue, la première chose qui m'est venu à l'esprit c'est, clairement : "mais qu'est ce que c'est que ce truc ?". On en fait pas tous les dimanches matin des bds comme "l'Odeur des Garçons Affamés", véritable objet manuscrit non-identifié, sorte de "western sous psychotropes" à la croisée des chemins entre le soap opera, le western et le récit fantastique. Ici le décor est vaste, vertigineusement vaste puisqu'il s'agit du grand Ouest américain, encore vierge et inapprivoisé, ou s'épanouissent des autochtones momentanément épargnés de la frénésie industrielle et démograhique WASP par la guerre de Sécession qui vient de se terminer. Trois aventuriers, cependant, sillonnent la région afin de reconnaître le terrain en vue d'une future exploitation : Stingley, l'entrepreneur véreux, Oscar Forrest le "garçon" de ferme et Milton, photographe irlandais chargé d'immortaliser la beauté sauvage de ce territoire poussiéreux. C'est l'occasion pour ces individus aux caractères différents d'affronter leur point de vue et leur philosophie : d'aucuns piaffent cyniquement d'impatience en songeant aux seuls bénéfices pécuniers à envisager, d'autres se drapent sous l'écologie politique et les droits de l'homme, soucieux de garder cet Eden loin des vices du monde moderne qui vient. Au fil des pages les liens se créent , des secrets bien cachés éclatent au grand jour, certains masques tombent et le ton tourne progressivement vers le fantastique. Hallucinations, rêves étranges hantés d'ectoplasmes, délires visuels, ce chamboulement d'ambiance déroute et charme tout en un, l'oeuvre mue pour se transformer en méta-western. L'intérêt (à mon sens du moins) de cette BD vient du fait qu'elle ose dépoussiérer les codes d'un genre relativement figé en sortant des sentiers battus. Le bizarre côtoie le familier : les Comanches mutiques et inquiétants brouillent les photographies de manière inexplicable et les chasseurs de primes dissimulent d'affreuses têtes de vampire sous des chapeaux à long bord. Le dessin, relativement simple et minimaliste, est atypique pour un western, plus habitué à des planches sales et fouillées à la Moebius. C'est un pari risqué de la part de Frederik Peeters et Loo Hui Phang, elle rendra cette BD forcément clivante et rebutera peut être les puristes. Pour ma part je la considère comme un exercice de style franchement réussi, qui tire tout son sel de son particularisme. Vivement conseillé. Qui a dit que le western était un genre sclérosé et éteint ?
Isabellae
Le début de la série est vraiment très bon à mes yeux. L’histoire est intrigante. Au niveau des personnages, il a un jeu de miroir entre les différents membres de la famille (un père samouraï japonais/une mère sorcière irlandaise – 2 enfants, l’une a hérité des dons de guerrier de son père et du physique de sa mère, et l’autre c’est l’inverse) qui, là aussi, suscite la curiosité. Et très vite, l’univers se révèle riche. Le récit mêle aventure médiévale dans un Japon fantasmé et fantastique, les scènes de combat sont nombreuses et Isabellae charcute gaiement. Elle se retrouve bien vite affublée de compagnons de voyage aux intérêts divers. Cette multiplication des personnages permet de garder une Isabellae très sombre tandis que d’autres apportent des notes d’humour de ci de là. Le fait qu’elle voit son père sous la forme d’un fantôme tandis qu’elle croise très vite un être volant dont on ne connait pas l’origine apporte une dimension fantastique au récit qui le différencie des autres. Au final, il s’agit d’un vrai melting-pot dans lequel récit de samouraï et légendes celtes se retrouvent liés. De ce point de vue, cette aventure est on ne peut plus originale. La série se scinde clairement en deux cycles, le premier a pour cadre principal le Japon tandis que le deuxième voit la majeure partie de son action se dérouler en Irlande. Ces deux cycles sont intimement liés. Il est illusoire de croire pouvoir lire le second cycle sans avoir lu le premier tandis que ne lire que le premier vous privera de bien des explications données au terme du second. A titre personnel, après avoir été emballé par les deux premiers tomes, j’avoue que mon intérêt a décru (mais j’ai toujours attendu la sortie de l’album suivant avec envie). En cause, une surabondance de combats qui, finalement, n’apportent pas grand-chose au récit. De plus, j’ai parfois eu du mal à voir où les auteurs voulaient en venir. La narration est en effet parfois confuse et certains éléments de l’intrigue ne trouvent leur signification qu’en toute fin du récit. J’ai cependant beaucoup apprécié le fait que tous les éléments trouvent leur place dans une belle conclusion. De plus, cette fin est une vraie fin. On quitte Isabellae finalement satisfait et sans cette désagréable impression que les auteurs ne nous ont pas tout dit pour se ménager la possibilité d’une suite à rallonge. Finalement, c’est une série qu’il m’a plu de suivre et que j’aimerai bien relire posément maintenant que je sais de quoi il retourne exactement. Pas un chef d’œuvre mais une série attachante et originale.
Souterrains
Dans les années 1930, quelques part dans le bassin minier du Nord-pas-de-Calais, la routine suit son cours pour Henri, son beau-frère Lucien et sa petite famille, tous deux mineurs de charbon. Entre un boulot harassant mal payé sans protection sociale, les conflits avec la direction patronale et la peur des réductions d’effectifs, ce n’est pas la joie tous les jours mais la vie étant ainsi faite, chacun tente de trouver des motifs de satisfaction. Pour Henri c’est plutôt contestation ouvrière, théories marxistes et bibine le soir au bar Chez Moustache. Pour Lucien c’est plutôt la famille avant tout et philosophie terrienne sans faire de vague. Lorsque ce dernier accepte de rejoindre une nouvelle équipe de miniers chargés de tester une innovation « high-tech », un poste mieux rémunéré faisant miroiter une évolution hiérarchique ; sa relation d’amitié commence à sentir le souffre avec Henri qui y voit une trahison et pressent une cabale patronale pour les remplacer tous. Quand Lucien prend conscience de la supercherie et qu’il s’est fait dupé, il tente un geste désespéré en voulant tout faire exploser. Mais il se rate, lui et ses camarades Tobiaz, Andrezj, le vieux, la corneille et le porion, se retrouvent abîmer dans un monde fantastique qu’ils ne soupçonnaient pas… J’ai sincèrement pris un grand plaisir à la lecture avec cette histoire fraîche d’un auteur qui casse les codes et barrières des genres. Cela débute comme un récit social tout ce qu’il y a de plus classique sur la dureté et la précarité du statut du mineur de charbon, avec son lot d’imageries à la Germinale, les corons et barreaux, la descente dans les puits, les chevalements, etc. Mais aussi le thème des conflits sociaux qui virent à l’empoignade entre ouvriers syndiqués et chiens de garde à la botte du patronat. Le contexte historique est bien rendu donc même si volontairement stéréotypé. Aussi avec la thématique du remplacement de l’homme par la machine, on se souvient qu’il s’agit d’une problématique bien plus ancienne qu’on ne le pense et pas seulement présente dans nos récits d’anticipation d’aujourd’hui, mais qui déjà pouvait se poser à l’époque (ou au XVIIIème siècle et la navette volante de John Kay qui révolutionna le métier à tisser par exemple). On pense alors que le récit prend le chemin de la science-fiction (sans oublier le teasing horrifique de l’intro) avec ce robot esclave-minier asimovien ingénieusement conceptualisé que je nommerai pour la forme mini-S.A.M. parce qu’il me rappelle le mécha géant de la série du même nom. Et puis « PAF ! », l’histoire prend le lecteur à contre-pied et bascule dans un remake de Daylight où le but va être de retrouver la lumière du soleil. À partir de ce quatrième chapitre Romain Baudy reprend presque les codes de la Portal Fantasy puisque, tout en étant définitivement dans une histoire Fantastique, nous avons des personnages qui explorent un monde secondaire merveilleux, par moment « médiéval », et dont ils sont totalement ignorants. La faune et la flore n’ont rien de commun avec ce qu’ils connaissent, toute retraite est impossible, et ils vont y jouer le rôle quasi « cliché » du héros prophétique libérateur. Le background fantaisiste ne manque pas de sel avec ce brassage des mythologies germanique et nordique où les Jötunn géants fusionnent avec les Nibelungen souterrains. La recherche est poussée jusqu’au runes qui ont une véritable signification et ne sont pas mises là juste parce que ça fait jolie : l’Othila la rune de pouvoir pour commander, et Uruz, la force. L’idée que des mineurs humains croisent des créatures mythologiques caractérisées pour leur travail des métaux est d’ailleurs plutôt cocasse. Voilà, je trouve l’intrigue très bien construite et pensée : la mise en abyme est chouette car si malheureusement pour Zola il n’y aura pas de « grand soir » dans le monde du dessus, nos héros pourront toujours se la jouer Sergio Leone et refaire Il était une fois la révolution chez les Jötunn. D’ailleurs pour la mise en abyme, peut-être que je pars en live mais je me demande si l’auteur n’a pas lu le Moi, Asimov de l’écrivain éponyme qui évoquait entre autres dans cette autobiographie ses origines juives puis un échange où il s’était opposé à Elie Wiesel qui était disons pour faire court, « obsédé » par l’Holocauste, que les juifs, parce que persécutés étaient bons et innocents par essence. Asimov lui avait répliqué que les juifs étaient persécutés parce qu’en position de faiblesse et qui sait s’ils s’étaient retrouvés de l’autre côté du manche… que le phénomène de persécution est universelle et que de persécutés certains passent à persécuteurs en un clin d’œil lorsqu’ils sont les plus forts comme le démontrent des comportements extrémistes d’israéliens envers les palestiniens. Et je me suis demandé avec mini-S.A.M. le robot asimovien briseur de chaînes du joug des nains/ewoks qui ont fuit les persécutions des vénitiens pour persécuter à leur tour les Jötunn/Nibelungen, si… enfin bon, peut-être est-ce tiré par les cheveux. Romain Baudy qui est entre autres choses designer sur la jolie série animé jeunesse "Wafku", démontre qu’il a plus d’une corde à son arc et est capable de se muer en auteur complet. Nous avons entre les mains un véritable roman graphique de plus d’une centaine de pages où parfois le dessinateur nous régale avec des dessins en pleine page totalement gratuits, que d’autres auraient réduit à cause de la limitation en 48 planches. Il y a parfois une fausse impression d’être en présence d’un héritier de Mike Mignola avec un encrage profond lorsqu’on s’enfonce dans la mine (proche du Dessous - La Montagne des morts de Bones). J’ai apprécié les jeux d’ombre entre encrage et couleurs qui donnent un rendu très riche, ainsi que cette variété dans le trait entre décors bien détaillés et physionomie des personnages parfois simple, vieille école. Toutefois, l’œuvre parfaite n’existant pas, j’ai relevé quelques scories qui m’ont dérangées : - Certaines proportions entre tête et corps ne sont pas toujours nickel en début d’album. - Pas très convaincu par le changement brutal de comportement de Lucien qui passe trop vite de père de famille responsable à dangereux poseur de bombe. - Les dialogues des personnages lors de la découverte de la créature manquent de naturel et de surprise (genre « OK y a une grosse bestiole… what else ? »). - Le coup de poing du Jötunn sur Lucien façon One-Punch Man qui ne fait que l’assommer alors que dessiner comme ça, il aurait dû se faire écrabouiller. - Les lutins qui parlent un français moderne impeccable alors qu’enfermer depuis des siècles sous terre. Un défaut qui m’agace toujours dans ce genre d’histoire. Une découverte surprenante qui m’envoie ravi. Un des tops de 2017.
Betty Boob
J’avais découvert le talent de Julie Rocheleau avec l’excellente série « La Colère de Fantômas » scénarisée par Olivier Bocquet et j’étais donc assez impatient de retrouver son coup de crayon si singulier. C’est cette fois-ci sur un scénario de Vero Cazot qu’elle laisse libre court à son savoir-faire et c’est de nouveau plus qu’une réussite ! « Betty Boob » aborde pourtant le thème difficile du cancer du sein mais de façon intelligente et subtile. Fi d’un pathos qui aurait pu plomber le sujet, Vero Cazot réussit le tour de force de nous faire rire d’un sujet grave et d’une façon plus générale de traiter de la différence et de son acceptation sociale, le tout sans un mot ! Vive la magie des BD muettes quand tout cela est conduit avec brio ! C’est là que le talent de Julie Rocheleau rentre en jeu, il n’y a qu’à voir cette magnifique couverture qui donne le ton. Et la suite n’est pas en reste ! Que se soient les découpages, les trouvailles graphiques pour souligner le propos ou l’expressivité des personnages, tout concoure à une fluidité narrative des plus efficace et ravit nos mirettes ! Et puis quel bonheur de retrouver ce style si particulier de Julie. J’adore son trait et son utilisation et la palette de couleurs qu’elle manie qui donnent à son dessin un style si particulier et une identité graphique reconnaissable au premier coup d’œil. Bref, c’est une nouvelle fois conquis que je sors de cette lecture que je ne peux que chaudement vous recommander !
Le Travailleur de la nuit
Lorsque j'ai commencé la lecture de cette bande dessinée , je ne savais pas où je m'embarquais. Et bien, je n'ai pas lâché ce livre jusqu'à la dernière page. Véritablement passionnant de bout en bout. La vie d'Alexandre Jacob, scénarisée par le talentueux Matz, m'a enthousiasmé. "Gentleman cambrioleur" avant l'heure, Alexandre Jacob a traversé le XXième siècle avec plus ou moins de bonheur. Mais quelle vie il a eu, digne d'un roman ! Du mouvement ouvrier aux sombres anarchistes, aux préparations des vols (Ah! la visite "amicale" chez Pierre Loti) en passant par la guerre de 39-45 et le bagne de Cayenne (qu'Albert Londres contribuera à fermer), tout y est! Et le tout parfaitement mis en scène par Matz, qui en ancrant le récit à partir d'un prétoire, donne encore plus de force à cette incroyable aventure. Dès le début, on sympathise avec le jeune Alexandre, dans un Marseille formidablement dessiné par Chemineau. Car Léonard Chemineau illustre de manière magistrale cette aventure (dessin et couleurs sont superbes) C'est sans aucun doute, une des meilleures bandes dessinées que j'ai lu depuis ce début d'année. Alors, achetez- la, empruntez- la, volez- là mais lisez cette bd ! Vous ne serez pas déçu du voyage.
Monster Musume
Bien content de voir enfin paraître en français ce manga que je suis depuis quelques années. Le genre 'monster girls' est populaire au Japon depuis quelques années et on voit plusieurs manga et anime mettant en vedettes des filles monstres mignons et sexy. Ce manga est un des meilleurs dans cette catégorie, mais il faut aimer les ecchis ce qui est mon cas vu que je suis juste un gros pervers (et en plus j’arrête pas de faire des fautes d’orthographe donc je dois avoir aucune âme !) C'est un manga divertissant où il ne faut pas trop se poser de questions du genre comment le gouvernement a pu tenir l’existence des monstres secrète vu la taille de plusieurs et en plus certaines espèces ont besoin d'hommes pour se reproduire ! C'est aussi un pur manga harem avec les clichés habituels du genre le harem devient plus grand au fil des chapitres. Je trouve que le scénario est prenant, drôle et fait partie du haut du panier dans la catégorie ecchi. Les personnages sont attachants et j'ai vraiment du plaisir à lire les aventures de ce harem. J'aime beaucoup comment l'auteur construit son univers, notamment lorsqu'il montre comment fonctionne la psychologie et le corps d'un monstre (donc lorsqu'une fille monstre a une grosse poitrine, il y a une raison !). Le dessin est aussi d'excellente qualité et les filles sont bien dessinées (les gars aussi mais je m'en fous). Il y a beaucoup de fanservice et comme souvent avec les ecchis j'ai des problèmes avec certaines scènes. On retrouve à peu près tous les principaux fantasmes de mangas ecchis et il y a des trucs que je n'aime pas. Il y a un peu trop de scènes de molestations (même si c'est pour de rire) à mon goût et de plus une des filles ressemble à une petite fille, ce qui est malheureusement un truc récurrent dans les mangas de ce genre. La fille en question est attachante et sympathique comme toutes les autres filles monstres, j'ai juste pas envie de voir une fille qui semble n'avoir jamais eu de puberté nue ! Malgré cela, c'est un manga que je lis avec plaisir. Je conseille de lire la série si le ecchi ne vous dérange pas. C'est clair que si les mangas où un groupe de filles tombent amoureuses du même gars et se retrouvent nues toutes les 5 pages vous emmerde, c'est pas une série pour vous !
Gunnm
Après une énième relecture du cultissime Gunnm, je décide enfin d’en faire un petit avis. Je fais court car la série est déjà très largement commentée et plébiscitée sur le site. Gunnm, c’est la symbiose parfaite d’un univers post-apocalyptique immersif, d’une héroïne grandiose, d’une histoire haletante et de combats dantesques. Graphiquement déjà, le manga en impose. Au-delà de la très grande qualité des dessins, Kishiro a réussi à créer un monde incroyablement dense et cohérent, au visuel très original, jouissant d’un dynamisme et d’une expressivité parfaits. Les nombreux personnages sont pour la plupart intéressants et charismatiques mais c’est bien Gally et de loin qui est le plus réussi. Attachante, complexe et imprévisible, ambigüe parfois, elle accroche très vite le lecteur au manga, en dépit d’un début d’intrigue un peu « bateau » (une combattante amnésique à la recherche de son passé). L’histoire prend heureusement très vite beaucoup d'ampleur. Chef d’œuvre de la SF, Gunnm est une série puissante et incontournable !
Blast
J'ai bien aimé ce dernier Larcenet qui sait se renouveler à chaque fois. C'est en effet un peu différent de ce qu'il fait d'habitude. L'humour est généralement son genre de prédilection. Là, nous avons droit à une enquête policière sur un mystérieux gros personnage qui a sans doute commis l'irréparable. Les deux policiers veulent connaître les causes profondes d'un tel acte. Le suspect raconte alors l'histoire de sa vie sur un mode éminemment subjectif et c'est bien triste... La maîtrise narrative est parfaite. Les dialogues ainsi que les réflexions formulées sont du haut de gamme. Nous avons encore une oeuvre supérieure à la moyenne. Pas étonnant vu son auteur assez talentueux. Il excelle véritablement. En ce qui me concerne, il est devenu le maître incontesté de la BD en France. Le talent n'est même plus à démontrer. C'est vrai qu'il agace par son arrogance. Cependant, il n'y a qu'à juger sur pièce pour voir ce dont il est capable. Les plus grands ont souvent été critiqués. Il est clair que la laideur est ici revendiquée. Il n'y a qu'à voir la couverture. Bref, les détracteurs ne manqueront pas pour descendre en flèche cette œuvre et qui nous expliqueront qu'ils se sont ennuyés. Mais comment peut-on s'ennuyer devant cela alors qu'on peut s'extasier devant des productions insipides ? Oui, il faut avoir un certain niveau pour juger et tout le monde ne l'a pas, c'est ainsi. Mais respect également pour la médiocrité qui fait également partie de ce monde et qu'il faut bien accepter. Ne vous laissez pas abuser car nous avons là l'ébauche d'un chef-d'œuvre. J'ai été touché par cette œuvre qui parle de différence et de solitude, du mécanisme implacable qui explique le passage à l'acte. Il y a de la profondeur qui fait défaut à tant d'autres réalisations. Plus qu'une explosion, Blast est un véritable cri qui vient de l'intérieur ! A noter l'existence d'une intégrale qui est parfaite sur la forme malgré ses 800 pages. On a l'impression de lire un très gros roman. Inutile de préciser que j'ai acquis cet objet magnifique. J'en ai profité pour relire cette œuvre. Au sortir de cette lecture, il n'y a pas photo: c'est véritablement culte. Je rehausse par conséquent ma note. Note dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.5/5
Walking Dead
J’ai enfin pris connaissance de l’œuvre qui révolutionne actuellement le genre des histoires de zombies. Cela faisait un bon petit moment que je voulais mettre la main dessus. C’était pour moi la dernière série d’importance que je n’avais pas encore lue à ce jour. Je dois avouer que j’ai adoré littéralement. Le scénario est terriblement efficace. Je comprends que le cinéma ait également des visées. D'ailleurs, la série a fait un carton dans un genre qui n'est pourtant pas populaire chez la ménagère de moins de 50 ans. J'avoue aisément posséder toutes les intégrales et que c'est l'une de mes séries préférés. Cependant, c'est bien la bd qui m'a amené à la TV et non l'inverse. L’action ne sera pas pour autant omniprésente. L’auteur laisse le temps au récit de s’installer sur une ambiance de fin du monde. J’ai juste déploré que le début commence sur une idée déjà exploitée par le film 28 jours plus tard de Danny Boyle. Fort heureusement, le reste va se démarquer assez rapidement. On dévore littéralement chaque tome. Je constate également que cela reste bon même sur la durée. Il y a une virtuosité dans l’écriture de chaque scène qu’on ne peut qu’admirer. Le travail est remarquable également d’un point de vue graphique. Il y a un côté terriblement humain qui n’est pas habituel au genre. On découvre toute une galerie de personnages avec leur psychologie propre ainsi que leurs réactions face aux difficultés rencontrées. Par ailleurs, le danger semble émaner de partout. Il y a un côté imprévisible qui fait frissonner. Le tome 8 marque d'ailleurs un sommet inégalé. On se rend compte que tout est malheureusement possible dans l'horreur. Le tome 14 nous rappelle également qu'aucun personnage principal n'est à l'abri. On regrettera la disparition de personnages qu'on aimait bien mais il y a toujours les autres. Rick demeure le pilier central. L'auteur a une formidable capacité à renouveler le récit pour maintenir le suspense à son comble. Le tome 22 marque une rupture également temporelle qui relance tout l'intérêt de la série. Que dire également du tome 24 dont la fin nous laisse véritablement sans voix ? On passe certes d'un ennemi terrifiant à l'autre. Cependant, cela sera un véritable rebondissement du scénario que l'on n'attendait pas. Il ne s'agit plus de survivre face à un psychopathe mais c'est plutôt un choix de civilisation sur un mode de reconstruction du monde. Le tome 26 marque le retour d'un grand méchant que l'on attendait plus. Il revient encore plus machiavélique et fou que jamais. Il faut dire que le public l'aime bien et en redemande. Je connais dans mon entourage une femme fou d'amour pour lui: c'est dire. On est juste un peu étonné de la direction prise par le scénario. C'est un virage à 180 degré. Il est vrai que le tome 27 apporte encore des revirements, des situations inattendues. On regrette juste la disparition un peu trop brutale d'un leader pour les chuchoteurs mais qui sera vite remplacé. On atteint encore des sommets dans la lecture plaisir ce que confirme d'ailleurs le tome 28 alors qu'au niveau de la série TV, on constate un véritable essoufflement à partir de la saison 7. Je suis bluffé par le fait que les scénaristes ont su redynamiser la série après autant de tomes. J’aimerais pouvoir encore découvrir des séries de cette intensité et de cette qualité. Je sais que cela va devenir de plus en plus rare… J'ai acheté toute la série d'un seul coup : c'est dire que je n'avais pas eu un tel coup de cœur depuis fort longtemps. C'est une série que je qualifie de culte car elle va révolutionner le genre. Et puis et surtout, au fil des tomes, on sent une montée d'intensité qui ne se dément pas après pourtant plus de 20 tomes. C'est tout bonnement extraordinaire ! Note Dessin: 4.25/5 - Note scénario: 4.75/5 - Note Globale: 4,5/5