Un seul avis pour cette bande dessinée!
Je ne vais pas m'extasier 100 000 ans. Mais les dessins de Boucq sont particulièrement réussis dans cette série. Les jeux avec l'eau, les courses dans les couloirs, tout est hypnotisant. Mais pourquoi le 3ème tome ne sort-il pas, c'est encore une histoire d'économiquement viable? Avec des auteurs comme Boucq et Jodorowsky qui sont sûrs de faire acheter n'importe quoi à une ribambelle de gens? La lassitude des auteurs peut-être... Et le respect des lecteurs qui sont sans nouvelles, alors?
Bref j'attends ce fameux troisième tome.
Je trouve cette bd aussi marquante que "Sos bonheur", sur un thème voisin mais dans un tout autre style, beaucoup plus mystique et poétique. On peut être poétique et dérangeant.
Si quelqu'un a des nouvelles qu'il me prévienne, merci.
Série splendide aux multiples qualités. Les personnages importants sont nombreux, répondant à des poncifs précis mais les transcendant en ne tombant jamais dans la caricature grossière. Le graphisme est simple mais répond parfaitement à l'ambiance nécessaire à l'histoire (plans géniaux pour les scènes critiques) et aux textes. Les textes, sont l'un des points forts de cette série. Mitonnés et ciselés, il donnent une touche théâtrale, grandiose, aux héros et aux situations.
Mais je crois bien que ce que j'apprécie le plus, c'est cette capacité à monter une tension jusqu'à son paroxysme, à, par une mise en scène savamment construite, faire cavaler l'action sans temps mort jusqu'à un final étourdissant. Les deux scènes (parmi tant d'autre) qui sont caractéristiques de ce talent sont celle de la montée à la lune dans l'acte V et, surtout, la longue exploration de l'île des sélénites dans le quatrième. De la première page à la fin, le récit n'est qu'une exploration progressive du mystère vers son accomplissement dans une scène qui restera pour moi longtemps une référence.
En bref, de le genre BD d'aventure drôle, un must sans vraiment d'équivalent.
P.S. : ceci est écrit alors qu'elle n'est pas finie (on en est au tome 5). J'éspère ne pas avoir à réviser mon jugement à la lecture du prochain.
Je ne les ai pas tous lus, mais c'est vraiment une série impresionnante. Un bon mélange de styles. Entre les Méta-barons et Buck Danny, mais avec beaucoup plus de nuances dans les personnages, et beaucoup mieux ficelé.
En fait la comparaison ne vaut pas, et pourtant j'étais fan des deux. Les explications scientifiques sont assez marrantes, meme si je n'ai pas encore lu là où ça risque de devenir intéressant. Je ne comprends pas pourquoi sa sortie a fait aussi peu de bruit.
Content que les votes soient aussi unanimes, cette bd le mérite vraiment je pense.
Merci à l'auteur.
Tragédie, poésie, romantisme (à la Hugo, pas à la collection Arlequin)...
Amour, violence, cruauté, folie...
Dessin magnifique, couleurs épurées...
Bref, un sommet du neuvième art, merci Yslaire!
Quelle MERVEILLE !
Ca faisait longtemps que je n'avais pas eu un tel coup de coeur pour une bd !
Par où commencer ? Le scénario merveilleux, aux sommets de la créativité ? Les dessins doux, simples, épurés, mais tellement facinants ? Le ton romantique (ou sens littéraire du terme), émouvant, hypnotisant ? Les personnages sensibles mais forts, à fleur de peau ?
TOUT est parfait dans cette bande dessinée pourtant peu connue. La délicatesse de la narration n'altère pas la passion du propos, la violence et l'ambiguité des sentiments, la modernité des dialogues...
Foncez vite chez votre libraire et dévorez cette merveille de poésie !
Deux petits sites qui pourront intéresser les fans voulant faire connaître la série, et ceux qui voudront la découvrir : http://candelmag.site.voila.fr/
http://candelabres.site.voila.fr/
Ce n'est pas conseillé de mettre 5/5, mais là ça le vaut largement.
Au vu des nombreux avis, il n'y a rien à dire ^^ mais bon c'est bien de rappeler la beauté des dessins, le scénario de tueur, les jeux de mots énormes, pleins de références et autres anachronismes. Plus on la lit plus on trouve de nouvelles choses.
Juste une chose, faut pas non plus pousser le bouchon trop loin à dire que cette BD révolutionne la fantasy, car il y a un seul et unique ouvrage qui la révolutionnait et c'est "le Seigneurs des Anneaux".
Lanfeust fait partie comme tant d'autre du genre, mais en aucun cas n'est le début de quelque chose : cette oeuvre reste dans la continuité.
J'adore cette BD! Déjà pour les superbes tableaux de Ledroit (ce ne sont pas des dessins tellement c'est magnifique!), le style, gothique à souhait nous plonge réellement dans l'histoire de Requiem!
Ensuite, à la fin de ce 4ème tome, une seule chose nous vient à l'esprit : LA SUIIIIIIIIIITE!!! Rhaa, mais pourquoi ça se termine comme ça!
Esthétisme, violence, gore, humour etc., que de superlatifs pour qualifier la puissance de cette extraordinaire BD!
Je ne peux laisser laisser cette magnifique série subir ainsi les affronts d'une critique négative. En effet, "Naüja" ne manque en rien de qualité. Les deux derniers tomes ayant été suffisament défendus, c'est au premier que je vais m'attacher. Celui-ci plonge le lecteur dans un univers frais très dépaysant. C'est le souffle des steppes que j'ai ressenti à la lecture de ce tome. Et c'est là tout ce qui fait le charme de cette bd, elle apporte une bouffée d'air à un lecteur lassé d'heroïc fantasy lourde d'hormones mâles pas toujours de très bon goût, ou asphixié par les univers SF sombres et désespérés... Cette fraîcheur tend bien vite vers l'épopée puis le conte. C'est cette évolution habile des styles du récit, de l'aventure classique au conte et à la legende, qui donne à cet ouvrage aux dessins et aux couleurs sublimes toute sa valeur.
Une lecture que je recommande chaudement.
Ah, voilà une très bonne bd, qu’est ce que je dis, culte !
"Candélabres" ne brille pas par son dessin, lisse, simple, pauvre en décors, mais plutôt par son excellent scénario.
Le scénario est original, il est très agréable à lire et très accrochant, j’ai lu les trois tomes qui composent pour l’instant cette série d’un seul coup, sans m’autoriser une pause entre les albums, ce que je fais habituellement. Le scénario est tellement bien qu’après la lecture des trois tomes, j’ai tout de suite voulu me renseigner pour savoir quand paraîtra le tome 4 et puis par la même occasion le tome 5 qui finira la série.
Enfin les couleurs sont un peu fades, le ton est un peu vieux à mon goût, mais cela ne change rien à la lecture.
Cependant, il reste beaucoup de questions essentielles qui restent sans réponses. Qui sont les Candélabres ? Comment sont-ils apparus sur Terre ? Qui est Paul ? J’espère que la scénariste Algésiras saura nous donner des réponses pas bidon, mais vu son imagination, je pense qu’on peut lui faire confiance.
Bref, une série trop méconnue mais extraordinairement bien.
Il en est de certaines illustrations de couverture comme d'un croissant à la frangipane sur le présentoir d'une boulangerie : on craque, sans réfléchir, ça semble si bon. "Où le regard ne porte pas..." s'ouvre sur une toile de Magritte. Ce dessin extraordinaire, bleu comme l'enfer, aux deux enfants suspendus dans le vide, est le plus beau que j'ai vu depuis, peut-être, le premier tome de Blacksad. (attention, l'image fournie pas BDP n'est pas la bonne : le lettrage du titre a changé, et surtout s'inscrit en blanc sur le bleu, petit nuage accroché aux rêves des deux gamins...)
Un album double, déjà, à peine plus cher qu'un format standard... Olivier Pont aux dessins : tiens, c'est lui qui a réalisé cette couverture ? Le mec qui dessine les guides de La Honte, avec ces filles anguleuses qui ont toutes la même tête ? Vous pouvez ricaner, un peu, jusqu'à ce que les décors vous agrippent le regard pour ne plus vous faire penser à autre chose pendant les 90 pages du récit. C'est l'explosion du cadre, les collines italiennes arides et écrasées de soleil qui cherchent à déborder des frontières du livre : Pont est un grand gosse avec une boîte de peinture, qui s'amuse à reproduire la démesure du paysage ouvert devant lui. Toute l'italie paysanne du début du siècle m'a envahi les narines, je me suis retrouvé en plein Carlo Lévi, comme si "Le Christ s'est arrêté à Eboli" avait soudain croisé les collines de Pagnol. La chaleur, le bleu azur de la méditerrannée qui se confond avec celui du ciel, le mode de vie des paysans rudes et incultes, attachés à la terre de leur clan... impression étrange de voir un album de Philippe Francq qui aurait lâché règles et compas pour mettre de la rondeur partout, jusque dans les escarpes rocheuses des petites criques où se baignent les quatre héros.
Un univers foisonnant de personnages secondaires, depuis le père citadin effectuant son "retour à la terre" et persuadé de faire fortune dans la pêche grâce au progrès, dans lequel on ne peut s'empêcher de retrouver Jean de Florette avec qui il partage le même optimisme fanatique et le goût des calculs prévisionnels, jusqu'au chef de clan incapable de raisonner autrement qu'en termes de tradition et d'autarcie, que l'on pourrait croire sorti de Astérix en Corse.
Au coeur de l'histoire de ces adultes qui s'affrontent, moins pour la possession de la terre que pour une question d'incompréhension séculaire, les auteurs m'ont régalé de la naissance d'un amour encore incertain entre deux gamins, William le citadin, venu de Londres avec son père, et Lisa, adorable Lisa aux cheveux noirs qui connaît tous recoins de la garrigue. On pense à Pagnol, une nouvelle fois, pour l'amitié qui se crée entre Marcel et Lili, le coureur des collines... Quelle pudeur dans les regards, dans les sentiments ! Quelle justesse de ton aussi : là où certains font tomber amoureux des personnages le temps d'une page puis passent à autre chose, les auteurs font durer les rapports de tendresse chez ces enfants qui n'ont encore que dix ans. Tout est dans les attitudes, dans le non-dit : c'est dans les silences que l'histoire prend réellement forme, à la manière d'un récit de Larcenet... cet album, c'est Larcenet qui aurait dessiné un scénario de Claude Sautet. Les expressions des enfants, leurs visages, leurs petits gestes presque invisibles aux yeux des autres... C'est scandaleux d'être aussi doué, d'émouvoir à ce point avec une histoire qui n'a pas d'intrigue proprement dite, en dehors du mystère qui semble réunir les quatre enfants. On retiendra de nombreuses scènes déjà cultes, n'en doutez pas : les enfants qui jouent à "GeooOOOoorges" avec des herbes de provence, la tronche fabuleuse de l'âne à qui ont insère un piment rouge dans la rotondité charnue en guise d'épreuve initiatique, ou encore une poignée de main entre deux hommes, si discrète que personne ne la remarque, et qui scelle une amitié au premier regard.
Les dialogues sont en accord avec le reste : sans faute. Le récit, tout à tour raconté par William ou Lisa, se laisse porter par des réflexions enfantines parfaitement écrites, où décidément Pagnol aurait sa place. Ce n'est ni puéril ni infantile : c'est simplement "juste", tel que cela doit l'être, et souvent très drôle, aussi. Qui s'en plaindra ?
Une critique honteusement longue pour un album qui se défend très bien de lui-même. Ces derniers temps Dargaud semble décidé à publier de grandes bandes dessinées de qualité, et après Le Combat Ordinaire, "Où le regard ne porte pas..." est la première à m'émouvoir à ce point. La fin, aussi triste qu'elle est excitante, m'a achevé. Je compte déjà les jours d'ici le deuxième et probablement dernier tome.
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Face de Lune
Un seul avis pour cette bande dessinée! Je ne vais pas m'extasier 100 000 ans. Mais les dessins de Boucq sont particulièrement réussis dans cette série. Les jeux avec l'eau, les courses dans les couloirs, tout est hypnotisant. Mais pourquoi le 3ème tome ne sort-il pas, c'est encore une histoire d'économiquement viable? Avec des auteurs comme Boucq et Jodorowsky qui sont sûrs de faire acheter n'importe quoi à une ribambelle de gens? La lassitude des auteurs peut-être... Et le respect des lecteurs qui sont sans nouvelles, alors? Bref j'attends ce fameux troisième tome. Je trouve cette bd aussi marquante que "Sos bonheur", sur un thème voisin mais dans un tout autre style, beaucoup plus mystique et poétique. On peut être poétique et dérangeant. Si quelqu'un a des nouvelles qu'il me prévienne, merci.
De Cape et de Crocs
Série splendide aux multiples qualités. Les personnages importants sont nombreux, répondant à des poncifs précis mais les transcendant en ne tombant jamais dans la caricature grossière. Le graphisme est simple mais répond parfaitement à l'ambiance nécessaire à l'histoire (plans géniaux pour les scènes critiques) et aux textes. Les textes, sont l'un des points forts de cette série. Mitonnés et ciselés, il donnent une touche théâtrale, grandiose, aux héros et aux situations. Mais je crois bien que ce que j'apprécie le plus, c'est cette capacité à monter une tension jusqu'à son paroxysme, à, par une mise en scène savamment construite, faire cavaler l'action sans temps mort jusqu'à un final étourdissant. Les deux scènes (parmi tant d'autre) qui sont caractéristiques de ce talent sont celle de la montée à la lune dans l'acte V et, surtout, la longue exploration de l'île des sélénites dans le quatrième. De la première page à la fin, le récit n'est qu'une exploration progressive du mystère vers son accomplissement dans une scène qui restera pour moi longtemps une référence. En bref, de le genre BD d'aventure drôle, un must sans vraiment d'équivalent. P.S. : ceci est écrit alors qu'elle n'est pas finie (on en est au tome 5). J'éspère ne pas avoir à réviser mon jugement à la lecture du prochain.
Universal War One
Je ne les ai pas tous lus, mais c'est vraiment une série impresionnante. Un bon mélange de styles. Entre les Méta-barons et Buck Danny, mais avec beaucoup plus de nuances dans les personnages, et beaucoup mieux ficelé. En fait la comparaison ne vaut pas, et pourtant j'étais fan des deux. Les explications scientifiques sont assez marrantes, meme si je n'ai pas encore lu là où ça risque de devenir intéressant. Je ne comprends pas pourquoi sa sortie a fait aussi peu de bruit. Content que les votes soient aussi unanimes, cette bd le mérite vraiment je pense. Merci à l'auteur.
Sambre
Tragédie, poésie, romantisme (à la Hugo, pas à la collection Arlequin)... Amour, violence, cruauté, folie... Dessin magnifique, couleurs épurées... Bref, un sommet du neuvième art, merci Yslaire!
Candélabres
Quelle MERVEILLE ! Ca faisait longtemps que je n'avais pas eu un tel coup de coeur pour une bd ! Par où commencer ? Le scénario merveilleux, aux sommets de la créativité ? Les dessins doux, simples, épurés, mais tellement facinants ? Le ton romantique (ou sens littéraire du terme), émouvant, hypnotisant ? Les personnages sensibles mais forts, à fleur de peau ? TOUT est parfait dans cette bande dessinée pourtant peu connue. La délicatesse de la narration n'altère pas la passion du propos, la violence et l'ambiguité des sentiments, la modernité des dialogues... Foncez vite chez votre libraire et dévorez cette merveille de poésie ! Deux petits sites qui pourront intéresser les fans voulant faire connaître la série, et ceux qui voudront la découvrir : http://candelmag.site.voila.fr/ http://candelabres.site.voila.fr/
Lanfeust de Troy
Ce n'est pas conseillé de mettre 5/5, mais là ça le vaut largement. Au vu des nombreux avis, il n'y a rien à dire ^^ mais bon c'est bien de rappeler la beauté des dessins, le scénario de tueur, les jeux de mots énormes, pleins de références et autres anachronismes. Plus on la lit plus on trouve de nouvelles choses. Juste une chose, faut pas non plus pousser le bouchon trop loin à dire que cette BD révolutionne la fantasy, car il y a un seul et unique ouvrage qui la révolutionnait et c'est "le Seigneurs des Anneaux". Lanfeust fait partie comme tant d'autre du genre, mais en aucun cas n'est le début de quelque chose : cette oeuvre reste dans la continuité.
Requiem - Chevalier Vampire
J'adore cette BD! Déjà pour les superbes tableaux de Ledroit (ce ne sont pas des dessins tellement c'est magnifique!), le style, gothique à souhait nous plonge réellement dans l'histoire de Requiem! Ensuite, à la fin de ce 4ème tome, une seule chose nous vient à l'esprit : LA SUIIIIIIIIIITE!!! Rhaa, mais pourquoi ça se termine comme ça! Esthétisme, violence, gore, humour etc., que de superlatifs pour qualifier la puissance de cette extraordinaire BD!
Naüja
Je ne peux laisser laisser cette magnifique série subir ainsi les affronts d'une critique négative. En effet, "Naüja" ne manque en rien de qualité. Les deux derniers tomes ayant été suffisament défendus, c'est au premier que je vais m'attacher. Celui-ci plonge le lecteur dans un univers frais très dépaysant. C'est le souffle des steppes que j'ai ressenti à la lecture de ce tome. Et c'est là tout ce qui fait le charme de cette bd, elle apporte une bouffée d'air à un lecteur lassé d'heroïc fantasy lourde d'hormones mâles pas toujours de très bon goût, ou asphixié par les univers SF sombres et désespérés... Cette fraîcheur tend bien vite vers l'épopée puis le conte. C'est cette évolution habile des styles du récit, de l'aventure classique au conte et à la legende, qui donne à cet ouvrage aux dessins et aux couleurs sublimes toute sa valeur. Une lecture que je recommande chaudement.
Candélabres
Ah, voilà une très bonne bd, qu’est ce que je dis, culte ! "Candélabres" ne brille pas par son dessin, lisse, simple, pauvre en décors, mais plutôt par son excellent scénario. Le scénario est original, il est très agréable à lire et très accrochant, j’ai lu les trois tomes qui composent pour l’instant cette série d’un seul coup, sans m’autoriser une pause entre les albums, ce que je fais habituellement. Le scénario est tellement bien qu’après la lecture des trois tomes, j’ai tout de suite voulu me renseigner pour savoir quand paraîtra le tome 4 et puis par la même occasion le tome 5 qui finira la série. Enfin les couleurs sont un peu fades, le ton est un peu vieux à mon goût, mais cela ne change rien à la lecture. Cependant, il reste beaucoup de questions essentielles qui restent sans réponses. Qui sont les Candélabres ? Comment sont-ils apparus sur Terre ? Qui est Paul ? J’espère que la scénariste Algésiras saura nous donner des réponses pas bidon, mais vu son imagination, je pense qu’on peut lui faire confiance. Bref, une série trop méconnue mais extraordinairement bien.
Où le regard ne porte pas...
Il en est de certaines illustrations de couverture comme d'un croissant à la frangipane sur le présentoir d'une boulangerie : on craque, sans réfléchir, ça semble si bon. "Où le regard ne porte pas..." s'ouvre sur une toile de Magritte. Ce dessin extraordinaire, bleu comme l'enfer, aux deux enfants suspendus dans le vide, est le plus beau que j'ai vu depuis, peut-être, le premier tome de Blacksad. (attention, l'image fournie pas BDP n'est pas la bonne : le lettrage du titre a changé, et surtout s'inscrit en blanc sur le bleu, petit nuage accroché aux rêves des deux gamins...) Un album double, déjà, à peine plus cher qu'un format standard... Olivier Pont aux dessins : tiens, c'est lui qui a réalisé cette couverture ? Le mec qui dessine les guides de La Honte, avec ces filles anguleuses qui ont toutes la même tête ? Vous pouvez ricaner, un peu, jusqu'à ce que les décors vous agrippent le regard pour ne plus vous faire penser à autre chose pendant les 90 pages du récit. C'est l'explosion du cadre, les collines italiennes arides et écrasées de soleil qui cherchent à déborder des frontières du livre : Pont est un grand gosse avec une boîte de peinture, qui s'amuse à reproduire la démesure du paysage ouvert devant lui. Toute l'italie paysanne du début du siècle m'a envahi les narines, je me suis retrouvé en plein Carlo Lévi, comme si "Le Christ s'est arrêté à Eboli" avait soudain croisé les collines de Pagnol. La chaleur, le bleu azur de la méditerrannée qui se confond avec celui du ciel, le mode de vie des paysans rudes et incultes, attachés à la terre de leur clan... impression étrange de voir un album de Philippe Francq qui aurait lâché règles et compas pour mettre de la rondeur partout, jusque dans les escarpes rocheuses des petites criques où se baignent les quatre héros. Un univers foisonnant de personnages secondaires, depuis le père citadin effectuant son "retour à la terre" et persuadé de faire fortune dans la pêche grâce au progrès, dans lequel on ne peut s'empêcher de retrouver Jean de Florette avec qui il partage le même optimisme fanatique et le goût des calculs prévisionnels, jusqu'au chef de clan incapable de raisonner autrement qu'en termes de tradition et d'autarcie, que l'on pourrait croire sorti de Astérix en Corse. Au coeur de l'histoire de ces adultes qui s'affrontent, moins pour la possession de la terre que pour une question d'incompréhension séculaire, les auteurs m'ont régalé de la naissance d'un amour encore incertain entre deux gamins, William le citadin, venu de Londres avec son père, et Lisa, adorable Lisa aux cheveux noirs qui connaît tous recoins de la garrigue. On pense à Pagnol, une nouvelle fois, pour l'amitié qui se crée entre Marcel et Lili, le coureur des collines... Quelle pudeur dans les regards, dans les sentiments ! Quelle justesse de ton aussi : là où certains font tomber amoureux des personnages le temps d'une page puis passent à autre chose, les auteurs font durer les rapports de tendresse chez ces enfants qui n'ont encore que dix ans. Tout est dans les attitudes, dans le non-dit : c'est dans les silences que l'histoire prend réellement forme, à la manière d'un récit de Larcenet... cet album, c'est Larcenet qui aurait dessiné un scénario de Claude Sautet. Les expressions des enfants, leurs visages, leurs petits gestes presque invisibles aux yeux des autres... C'est scandaleux d'être aussi doué, d'émouvoir à ce point avec une histoire qui n'a pas d'intrigue proprement dite, en dehors du mystère qui semble réunir les quatre enfants. On retiendra de nombreuses scènes déjà cultes, n'en doutez pas : les enfants qui jouent à "GeooOOOoorges" avec des herbes de provence, la tronche fabuleuse de l'âne à qui ont insère un piment rouge dans la rotondité charnue en guise d'épreuve initiatique, ou encore une poignée de main entre deux hommes, si discrète que personne ne la remarque, et qui scelle une amitié au premier regard. Les dialogues sont en accord avec le reste : sans faute. Le récit, tout à tour raconté par William ou Lisa, se laisse porter par des réflexions enfantines parfaitement écrites, où décidément Pagnol aurait sa place. Ce n'est ni puéril ni infantile : c'est simplement "juste", tel que cela doit l'être, et souvent très drôle, aussi. Qui s'en plaindra ? Une critique honteusement longue pour un album qui se défend très bien de lui-même. Ces derniers temps Dargaud semble décidé à publier de grandes bandes dessinées de qualité, et après Le Combat Ordinaire, "Où le regard ne porte pas..." est la première à m'émouvoir à ce point. La fin, aussi triste qu'elle est excitante, m'a achevé. Je compte déjà les jours d'ici le deuxième et probablement dernier tome.