Un en mot comme en cent, je ne peux exprimer les émotions qui ont été déclenchées par la lecture de "Maus".
Un chef d'oeuvre de témoignage humain tellement puissant.
J'ai lu pas mal d'ouvrages concernant cette période de l'histoire. Aucun n'est aussi criant de douleur que Maus.
Je suppose que le dessin, d'une part, y est pour beaucoup dans ce ressenti et d'autre part, le fait que l'auteur retranscrive dans cette souffrance celle de la communication père-fils.
La métamorphose des personnages humains en animaux adoucit la chronique racontée, mais n'enlève rien à l'effroi éprouvé.
Bref, beaucoup de sentiments troubles à la lecture de ce livre. Au-delà de me sentir directement concernée par cette époque peu glorieuse de l'humanité, je reprends conscience de l'horreur à chaque lecture.
"Maus" est une "oeuvre cicatrice" qui doit marquer les esprits au-delà du temps et des générations successives. Laisser cette empreinte indélébile dans notre âme pour que jamais ne se reproduise une telle tragédie, qui est loin d'être un détail, est le premier objectif à mon sens de ce livre.
Le second est de démontrer la difficulté de communication qui peut exister au sein d'une famille et tout le mal-être que cela engendre.
Le poids des maux, le choc des mots et des non-dits.
Mes fils ont lu et réellement apprécié "Maus". Ils y ont découvert une part de l'histoire, qu'ils abordent au collège, d'une manière atypique. Ils ont vécu à travers leur lecture une aventure fondée sur une réalité effrayante et en sont ressortis grandis avec l'esprit un peu plus ouvert au monde. Par ailleurs, leur professeur d'histoire-géo a recommandé à toute la classe de lire ce livre. Il faut quand même reconnaître qu'il est rare que la bande dessinée fasse une entrée aussi unanime dans le milieu scolaire. Et cela me réjouit pour l'éducation de nos enfants.
A lire et relire absolument.
Fabuleuse série!
Les dessins sont très beaux et les couleurs, qui donnent tout leur charme aux dessins, sont magnifiques. Le style de Masbou est original et bien sympathique!
Le scénario est attrayant. On suit avec plaisir les personnages dans leurs aventures. Ces personnages sont d'ailleurs superbes. On s'y attache. Ce serait presque des amis.
De nombreuses références littéraires - en particulier au théâtre du XVIIème siècle - viennent agrémenter l'histoire, et cela de manière très fine et plaisante.
Mais la plus grande force de cette BD, ce sont les dialogues! C'est inimaginable comme ils sont pleins de justesse, de force et d'humour!
A LIRE ABSOLUMENT!
Quelle merveille! C'est vraiment fabuleux!
J'ai dévoré les deux tomes d'un coup, impossible de lâcher une fois que j'avais commencé! C'est très beau, une histoire très touchante, servie par un dessin très fin. Les expressions des personnages et leurs regards sont très bien dessinés. Le récit est d'une fluidité remarquable.
Le mot qui me vient à l'esprit pour décrire ce manga est "émotion". D'abord les émotions que l'on ressent avec le personnage. On vit les événements avec le héros, on partage ses joies, ses tristesses, ses peurs, ses doutes... Et puis les émotions que l'on ressent après avoir refermé le livre. Car on ne sort pas intact d'une telle lecture! On se pose des questions sur soi-même, notre passé, ce qu'on aurait voulu en changer, notre présent aussi et ce qui est vraiment important pour nous.
Laissez-vous vibrer au rythme de ce récit si prenant!
Ah "jeux pour mourir" ! Peu de BDs m'ont bouleversée à ce point.
Si je faisais une critique formelle, je lui trouverais des tas de défauts, notamment sur le plan graphique (la couleur n'est pas le fort de Tardi et les dessins paraissent "trop gros"). Je lui trouverais des tas de qualités aussi : l'histoire est rendue passionnante de bout en bout par un Tardi toujours sublime au niveau de la narration.
Mais au fond on s'en balance. Cette histoire prend aux tripes, noue la gorge, donne les larmes aux yeux. C'est ça qui compte.
Une de mes BDs préférées.
Le génie a ceci de particulier qu'il est incomparable. Déjà avec From Hell, Alan Moore nous laissait époustouflé. Mais avec "Watchmen", on reste hagard, assommé, ahuri. "Watchmen" dépasse de plusieurs ordres de grandeur l'écrasante majorité de tout ce qui existe actuellement en bande dessinée. Moore veut faire quelque chose ? Qu'à cela ne tienne, il se lance dedans corps et âme, et sans compromission réalise ce qu'il veut faire comme il le veut, le jet sur le papier d'un esprit démesuré qui brasse concepts et narration avec une aisance facile, comme si cela lui était naturel depuis toujours. De quoi rappeler à l'humilité beaucoup de créateurs, tous domaines confondus. (vous aurez compris que ceci est mon impression, pas nécessairement la réalité :))
Car "Watchmen", c'est un monument. Rien que par la taille : 12 livrets d'une bonne trentaine de pages, agrémentés à chaque fois d'un petit dossier complémentaire, cela promet une lecture longue. Très longue. En plus en VO, le langage de la rue est relativement malaisé à comprendre.
"Watchmen" parle (entre autres !) de super-héros. Mais de super-héros vieux, usés, dépassés, à la retraite. De super-héros plus jeunes aussi, mais mis à l'écart, oubliés, soumis à la loi, et eux aussi perdus, désorientés. De super-héros humains, qui doivent faire de la musculation, s'entraîner incessamment pour rester en forme. De super-héros qui, comme Rorschach, n'ont rien de super-héroïque mais sont au contraire complètement humains. De super-héros qui malgré tout présentent une différence avec l'humanité, ce qui soulève immédiatement le problème de la différence, de la cohabitation, du rejet, thème qui est présent en toile de fond dans "Watchmen". Ouvrage apparemment fondateur, le sujet a depuis été repris par bien d'autres (voir Powers et Kingdom Come, entre autres), preuve de l'originalité et de l'intérêt de la chose, comme pour Tolkien dans un domaine voisin.
Malgré tout, l'inrigue principale paraît mince, a posteriori, et on pourrait même le résumer en quelques petites lignes. Car ce qui fait l'incomparable richesse de "Watchmen", ce n'est pas le fil directeur de l'album, enquête certes bien menée, intéressante, mais finalement pas renversante. Non, ce qui fait cette richesse, c'est l'incroyable galerie de ces personnages absolument superbes, l'absolu cynisme d'Alan Moore, qui à travers ce livre nous jette à la face un regard froid et réaliste sur notre monde, sur la politique à grande échelle, sur nous en tant qu'humains, sur nos croyances et leurs raisons d'être.
Je ne vais pas entrer dans les détails, ce serait long et lassant, mais chacun des personnages principaux a une personnalité extrêmement marquée et marquante, symbolisant de façon parfois à peine couverte diverses notions pas du tout édulcorées (cf le Docteur Manhattan, quasi-omnipotent, et pourtant presque totalement impuissant, l'image même de Dieu, comme cela est suggéré tout du long). Moore, sous des dessous de fiction, la joue ici à la dure, à la réaliste, à la crédible, que même les meilleures saisons de X-Files peuvent aller se rhabiller.
De plus, les petits dossiers à la fin de chaque chapitre (dont la lecture est largement dispensable la première fois) sont très intéressants. Adoptant le point de vue de différents personnages (le Nite Owl original, le professeur Milton Glass...), ou montrant des documents annexes (coupures de journaux, casier judiciaire de Rorschach...), ils permettent de creuser l'univers dépeint, de lancer de nombreuses pistes pour le lecteur intéressé, et tout simplement d'entrer encore plus dans l'oeuvre et la réflexion associée. Loin d'être superflus, ils sont réellement enrichissants.
Rien que cela fait de "Watchmen" une lecture démesurément riche, trop en tout cas pour tout saisir en une seule fois.
Mais ce n'est pas tout. Il y a la mise en scène... elle aussi d'une richesse impressionnante... Découpage (pourtant a priori très austère, basé sur un gaufrier 3 x 3), cadrages, symboles leitmotivs, scènes en arrière-plan, utilisation d'une thématique pour chacun des douze livrets (c'est particulièrement visible pour le chapitre 4, sur Docteur Manhattan), chevauchement de la narration pour deux histoires différentes (le comics que lit le gamin, où le héros essaie déséspérément de revenir à Davidstown, dont les textes s'appliquent également -- mais avec une autre signification -- à l'histoire en cours, et dont le final éclaire cette même histoire d'une lumière intéressante), doubles-sens en pagaille (graphiques et textuels), etc. Bref, au niveau de la composition, c'est là encore impressionnant... La facilité avec laquelle cela semble être fait me rappelle d'ailleurs un peu David Lodge, qui n'hésite pas à utiliser allègrement à sa façon les genres littéraires existants.
Les couleurs par contre, il faut bien le dire, sont absolument ignobles. :( Palette chromatique plus que limitée et pétante à déchirer les yeux, aplats massifs, c'en est presque repoussant. Et le dessin, pas mauvais mais très standard façon comics quelconque, n'arrange pas vraiment les choses. :(
Alors malgré ce panégyrique, je ne mets que 4/5, car en effet le tout est très dense, beaucoup trop pour pouvoir être apprécié à sa juste valeur à la 1ère lecture... ce qui laisse entendre que ce sera très probablement culte à ma deuxième lecture. :)
- richesse de l'oeuvre : 5/5 (je n'ai pas encore vu mieux !)
- mise en scène : 5/5
- dessin : 3/5
- couleurs : 1/5
- plaisir de lecture : 4/5
Un dernier mot, sur la comparaison qui semble être faite par certains de "Watchmen" et Kingdom Come. Les deux ont en commun une certaine thématique (l'intégration des super héros parmi l'humanité, avec tous les problèmes que cela comporte, aux niveaux personnel et politique), mais là où le premier présente une véritable richesse littéraire dans sa forme, rare même parmi les meilleurs romans, et profitant bien de la spécifité du médium bande dessinée, là où on sent l'esprit d'horloger d'Alan Moore avec un regard d'une profondeur fascinante, critique, cynique, décortiquant notre monde pour le retranscrire, le second -- bien qu'à mon avis excellent -- est très nettement plus terre à terre, plus premier degré... Mais à lire tout de même. :)
J'ai découvert "Blueberry" en fouillant dans la collection imposante de bd de mon père. Je crois que je devais avoir quelque chose comme 10 ans lorsque je suis devenu fan. Quand j'étais ado, je prenais le temps de lire tous les épisodes en ordre chronologique. Aujourd'hui, il m'arrive encore de lire "Blueberry"; je crois que je ne pourrai probablement jamais m'en passer. Je ne sais pas combien fois je l'ai lu, sûrement plus qu'il n'en faut.
J'ai relu les 3 tomes de "Planètes" entre hier et aujourd'hui...
Ils m'ont vraiment touché, très profondement, plus encore que lors de ma première lecture.
Bizarrement, je ne trouve pas particulièrement les mots, alors que j'ai une envie très forte de vous faire partager ce que j'y ai ressenti, ce qu'ils m'ont apporté.
Si "Quartier Lointain" dévoile une belle réflexion sur les relations au sein de la famille via l'histoire personnelle, si "Ikkyu" nous offre à lire des trésors de "spiritualité", au sens noble du terme, ("noble" au sens non prétentieux du terme ;) ), et de liberté par une traversée de l'Histoire nippone, "Planètes" nous parle simplement de l'humain, de ses craintes, de ses sentiments, en éclairant cette exposition sous un nouvel angle, un tantinet futuriste, qui n'est pas du tout une fin ici (telle qu'elle devrait toujours être) : la science-fiction.
Mais l'ensemble est aussi bien plus que cela, car nous y retrouvons l'exploration de la personne via l'histoire personnelle et la famille, et "Planètes" dispose aussi clairement ce que j'oserai appeler une dimension "spirituelle".
Etant humain moi-même, je suis concerné, et ces trois volumes, d'une "densité" extrêmement rare, sont venus m'apporter beaucoup de choses à un moment un peu étrange de mon existence... "Planètes" va bien au-delà du simple divertissement... le genre de manga qu'il est agréable "d'oublier", pour le redécouvrir, et selon notre contexte, forcement différent, nous prenne autrement. Il y a tant de choses dedans en plus, que certaines qui nous ont échappé ou moins frappé se feront plus fortes.
Enfin, et j'arrêterai là mon texte plus que décousu, je soulignerai une dernière dimension de l'humain omniprésente dans la série : l'humour. "Planètes" nous extirpe de "profondes" larmes (j'insiste sur le profondes, on n'est pas ému parce que "c'est triste" ou parce que "c'est booo", juste parce que c'est vrai...) et nous fait souvent rire.
A noter que les personnages féminins présents sont d'une consistance qui en ramène beaucoup d'autres à leur statut de potiches... elles sont donc géniales. :)
Vous l'aurez compris, ce manga va pour moi au-delà de la grande majorité, parmis mes gros gros coups de coeur.
Génialisme!!! C'est un shonen qui suit certaines règles, je veux bien. Mais "Naruto" a réellement quelque chose en plus. L'univers est fantastique, les persos sont nombreux, attachants et charismatiques, les dessins sublimes et appliqués.
"Hunter X Hunter" est un manga culte dans l'univers du shonen, c'est indéniable. L'univers que Togashi a créé est vraiment fantastique, on est très vite pris dedans, et dans mon cas je peux vous dire que jai vraiment du mal à m'en défaire.
Ensuite j'ai pu lire des critiques des tomes 17 ou 18 au niveau de la qualité du dessin, mais ce qui n'a pas été dit, c'est que la qualité du dessin est mauvaise uniquement lorsque le chapitre est prépublié (dans le magazine Jump, en l'occurence). Ils sont ensuite retouchés par l'auteur.
Une dernière chose, la comparaison avec DBZ est un peu exagérée, les personnages et la progression sont totalement différents.
Je vous trouve tous injustes avec ce bijou! Seulement quatre étoiles? Il vaut plus que ça, c'est du très très grand comics! On peut certes avoir un intérêt variable pour la vie de Thompson, mais la manière y est! La forme est magistrale! Quel dommage que le traducteur (ou l'éditeur?) se soit senti obligé de nous traduire le titre "Blankets" par "Manteau de neige"... Pour que nous échappe la cohérence et la subtilité de l'oeuvre? Parce que « Blankets », cela désigne aussi bien la neige que la couverture offerte par Raina et qui donne sa structure narrative à l'oeuvre. Enfin, tout ça ne dira pas grand chose à ceux qui ne l'ont pas encore lu... A ceux-là, je dirais juste : ne vous laissez pas abuser par le fait que cet album soit annoncé comme la chronique d'un premier amour. Ne dire que ça de ce comics est déjà une simplification abusive. La force de l'oeuvre, c'est qu'elle parle de toute une vie, non seulement de cette première histoire d'amour, mais plus généralement du passage de l'adolescence à l'âge adulte, du rapport de l’individu au monde. Formellement, c'est une oeuvre d'une richesse inouïe, sur le plan de l'émotion aussi, même si on est plus dans la retenue et le sentiment doux-amer que dans la pleurnicherie facile.
La présence du religieux ne m'a pas du tout gêné. C'est un vecteur comme un autre pour se poser des questions métaphysiques. En plus, cela permet de comprendre l'archaïsme de la pensée chrétienne américaine (leurs cours de catéchismes ressemblent à ceux que suivaient ma grand-mère au début du siècle...). Craig Thompson a dû se libérer de tout ça et c'est tant mieux.
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Maus
Un en mot comme en cent, je ne peux exprimer les émotions qui ont été déclenchées par la lecture de "Maus". Un chef d'oeuvre de témoignage humain tellement puissant. J'ai lu pas mal d'ouvrages concernant cette période de l'histoire. Aucun n'est aussi criant de douleur que Maus. Je suppose que le dessin, d'une part, y est pour beaucoup dans ce ressenti et d'autre part, le fait que l'auteur retranscrive dans cette souffrance celle de la communication père-fils. La métamorphose des personnages humains en animaux adoucit la chronique racontée, mais n'enlève rien à l'effroi éprouvé. Bref, beaucoup de sentiments troubles à la lecture de ce livre. Au-delà de me sentir directement concernée par cette époque peu glorieuse de l'humanité, je reprends conscience de l'horreur à chaque lecture. "Maus" est une "oeuvre cicatrice" qui doit marquer les esprits au-delà du temps et des générations successives. Laisser cette empreinte indélébile dans notre âme pour que jamais ne se reproduise une telle tragédie, qui est loin d'être un détail, est le premier objectif à mon sens de ce livre. Le second est de démontrer la difficulté de communication qui peut exister au sein d'une famille et tout le mal-être que cela engendre. Le poids des maux, le choc des mots et des non-dits. Mes fils ont lu et réellement apprécié "Maus". Ils y ont découvert une part de l'histoire, qu'ils abordent au collège, d'une manière atypique. Ils ont vécu à travers leur lecture une aventure fondée sur une réalité effrayante et en sont ressortis grandis avec l'esprit un peu plus ouvert au monde. Par ailleurs, leur professeur d'histoire-géo a recommandé à toute la classe de lire ce livre. Il faut quand même reconnaître qu'il est rare que la bande dessinée fasse une entrée aussi unanime dans le milieu scolaire. Et cela me réjouit pour l'éducation de nos enfants. A lire et relire absolument.
De Cape et de Crocs
Fabuleuse série! Les dessins sont très beaux et les couleurs, qui donnent tout leur charme aux dessins, sont magnifiques. Le style de Masbou est original et bien sympathique! Le scénario est attrayant. On suit avec plaisir les personnages dans leurs aventures. Ces personnages sont d'ailleurs superbes. On s'y attache. Ce serait presque des amis. De nombreuses références littéraires - en particulier au théâtre du XVIIème siècle - viennent agrémenter l'histoire, et cela de manière très fine et plaisante. Mais la plus grande force de cette BD, ce sont les dialogues! C'est inimaginable comme ils sont pleins de justesse, de force et d'humour! A LIRE ABSOLUMENT!
Quartier lointain
Quelle merveille! C'est vraiment fabuleux! J'ai dévoré les deux tomes d'un coup, impossible de lâcher une fois que j'avais commencé! C'est très beau, une histoire très touchante, servie par un dessin très fin. Les expressions des personnages et leurs regards sont très bien dessinés. Le récit est d'une fluidité remarquable. Le mot qui me vient à l'esprit pour décrire ce manga est "émotion". D'abord les émotions que l'on ressent avec le personnage. On vit les événements avec le héros, on partage ses joies, ses tristesses, ses peurs, ses doutes... Et puis les émotions que l'on ressent après avoir refermé le livre. Car on ne sort pas intact d'une telle lecture! On se pose des questions sur soi-même, notre passé, ce qu'on aurait voulu en changer, notre présent aussi et ce qui est vraiment important pour nous. Laissez-vous vibrer au rythme de ce récit si prenant!
Jeux pour mourir
Ah "jeux pour mourir" ! Peu de BDs m'ont bouleversée à ce point. Si je faisais une critique formelle, je lui trouverais des tas de défauts, notamment sur le plan graphique (la couleur n'est pas le fort de Tardi et les dessins paraissent "trop gros"). Je lui trouverais des tas de qualités aussi : l'histoire est rendue passionnante de bout en bout par un Tardi toujours sublime au niveau de la narration. Mais au fond on s'en balance. Cette histoire prend aux tripes, noue la gorge, donne les larmes aux yeux. C'est ça qui compte. Une de mes BDs préférées.
Watchmen
Le génie a ceci de particulier qu'il est incomparable. Déjà avec From Hell, Alan Moore nous laissait époustouflé. Mais avec "Watchmen", on reste hagard, assommé, ahuri. "Watchmen" dépasse de plusieurs ordres de grandeur l'écrasante majorité de tout ce qui existe actuellement en bande dessinée. Moore veut faire quelque chose ? Qu'à cela ne tienne, il se lance dedans corps et âme, et sans compromission réalise ce qu'il veut faire comme il le veut, le jet sur le papier d'un esprit démesuré qui brasse concepts et narration avec une aisance facile, comme si cela lui était naturel depuis toujours. De quoi rappeler à l'humilité beaucoup de créateurs, tous domaines confondus. (vous aurez compris que ceci est mon impression, pas nécessairement la réalité :)) Car "Watchmen", c'est un monument. Rien que par la taille : 12 livrets d'une bonne trentaine de pages, agrémentés à chaque fois d'un petit dossier complémentaire, cela promet une lecture longue. Très longue. En plus en VO, le langage de la rue est relativement malaisé à comprendre. "Watchmen" parle (entre autres !) de super-héros. Mais de super-héros vieux, usés, dépassés, à la retraite. De super-héros plus jeunes aussi, mais mis à l'écart, oubliés, soumis à la loi, et eux aussi perdus, désorientés. De super-héros humains, qui doivent faire de la musculation, s'entraîner incessamment pour rester en forme. De super-héros qui, comme Rorschach, n'ont rien de super-héroïque mais sont au contraire complètement humains. De super-héros qui malgré tout présentent une différence avec l'humanité, ce qui soulève immédiatement le problème de la différence, de la cohabitation, du rejet, thème qui est présent en toile de fond dans "Watchmen". Ouvrage apparemment fondateur, le sujet a depuis été repris par bien d'autres (voir Powers et Kingdom Come, entre autres), preuve de l'originalité et de l'intérêt de la chose, comme pour Tolkien dans un domaine voisin. Malgré tout, l'inrigue principale paraît mince, a posteriori, et on pourrait même le résumer en quelques petites lignes. Car ce qui fait l'incomparable richesse de "Watchmen", ce n'est pas le fil directeur de l'album, enquête certes bien menée, intéressante, mais finalement pas renversante. Non, ce qui fait cette richesse, c'est l'incroyable galerie de ces personnages absolument superbes, l'absolu cynisme d'Alan Moore, qui à travers ce livre nous jette à la face un regard froid et réaliste sur notre monde, sur la politique à grande échelle, sur nous en tant qu'humains, sur nos croyances et leurs raisons d'être. Je ne vais pas entrer dans les détails, ce serait long et lassant, mais chacun des personnages principaux a une personnalité extrêmement marquée et marquante, symbolisant de façon parfois à peine couverte diverses notions pas du tout édulcorées (cf le Docteur Manhattan, quasi-omnipotent, et pourtant presque totalement impuissant, l'image même de Dieu, comme cela est suggéré tout du long). Moore, sous des dessous de fiction, la joue ici à la dure, à la réaliste, à la crédible, que même les meilleures saisons de X-Files peuvent aller se rhabiller. De plus, les petits dossiers à la fin de chaque chapitre (dont la lecture est largement dispensable la première fois) sont très intéressants. Adoptant le point de vue de différents personnages (le Nite Owl original, le professeur Milton Glass...), ou montrant des documents annexes (coupures de journaux, casier judiciaire de Rorschach...), ils permettent de creuser l'univers dépeint, de lancer de nombreuses pistes pour le lecteur intéressé, et tout simplement d'entrer encore plus dans l'oeuvre et la réflexion associée. Loin d'être superflus, ils sont réellement enrichissants. Rien que cela fait de "Watchmen" une lecture démesurément riche, trop en tout cas pour tout saisir en une seule fois. Mais ce n'est pas tout. Il y a la mise en scène... elle aussi d'une richesse impressionnante... Découpage (pourtant a priori très austère, basé sur un gaufrier 3 x 3), cadrages, symboles leitmotivs, scènes en arrière-plan, utilisation d'une thématique pour chacun des douze livrets (c'est particulièrement visible pour le chapitre 4, sur Docteur Manhattan), chevauchement de la narration pour deux histoires différentes (le comics que lit le gamin, où le héros essaie déséspérément de revenir à Davidstown, dont les textes s'appliquent également -- mais avec une autre signification -- à l'histoire en cours, et dont le final éclaire cette même histoire d'une lumière intéressante), doubles-sens en pagaille (graphiques et textuels), etc. Bref, au niveau de la composition, c'est là encore impressionnant... La facilité avec laquelle cela semble être fait me rappelle d'ailleurs un peu David Lodge, qui n'hésite pas à utiliser allègrement à sa façon les genres littéraires existants. Les couleurs par contre, il faut bien le dire, sont absolument ignobles. :( Palette chromatique plus que limitée et pétante à déchirer les yeux, aplats massifs, c'en est presque repoussant. Et le dessin, pas mauvais mais très standard façon comics quelconque, n'arrange pas vraiment les choses. :( Alors malgré ce panégyrique, je ne mets que 4/5, car en effet le tout est très dense, beaucoup trop pour pouvoir être apprécié à sa juste valeur à la 1ère lecture... ce qui laisse entendre que ce sera très probablement culte à ma deuxième lecture. :) - richesse de l'oeuvre : 5/5 (je n'ai pas encore vu mieux !) - mise en scène : 5/5 - dessin : 3/5 - couleurs : 1/5 - plaisir de lecture : 4/5 Un dernier mot, sur la comparaison qui semble être faite par certains de "Watchmen" et Kingdom Come. Les deux ont en commun une certaine thématique (l'intégration des super héros parmi l'humanité, avec tous les problèmes que cela comporte, aux niveaux personnel et politique), mais là où le premier présente une véritable richesse littéraire dans sa forme, rare même parmi les meilleurs romans, et profitant bien de la spécifité du médium bande dessinée, là où on sent l'esprit d'horloger d'Alan Moore avec un regard d'une profondeur fascinante, critique, cynique, décortiquant notre monde pour le retranscrire, le second -- bien qu'à mon avis excellent -- est très nettement plus terre à terre, plus premier degré... Mais à lire tout de même. :)
Blueberry
J'ai découvert "Blueberry" en fouillant dans la collection imposante de bd de mon père. Je crois que je devais avoir quelque chose comme 10 ans lorsque je suis devenu fan. Quand j'étais ado, je prenais le temps de lire tous les épisodes en ordre chronologique. Aujourd'hui, il m'arrive encore de lire "Blueberry"; je crois que je ne pourrai probablement jamais m'en passer. Je ne sais pas combien fois je l'ai lu, sûrement plus qu'il n'en faut.
Planètes
J'ai relu les 3 tomes de "Planètes" entre hier et aujourd'hui... Ils m'ont vraiment touché, très profondement, plus encore que lors de ma première lecture. Bizarrement, je ne trouve pas particulièrement les mots, alors que j'ai une envie très forte de vous faire partager ce que j'y ai ressenti, ce qu'ils m'ont apporté. Si "Quartier Lointain" dévoile une belle réflexion sur les relations au sein de la famille via l'histoire personnelle, si "Ikkyu" nous offre à lire des trésors de "spiritualité", au sens noble du terme, ("noble" au sens non prétentieux du terme ;) ), et de liberté par une traversée de l'Histoire nippone, "Planètes" nous parle simplement de l'humain, de ses craintes, de ses sentiments, en éclairant cette exposition sous un nouvel angle, un tantinet futuriste, qui n'est pas du tout une fin ici (telle qu'elle devrait toujours être) : la science-fiction. Mais l'ensemble est aussi bien plus que cela, car nous y retrouvons l'exploration de la personne via l'histoire personnelle et la famille, et "Planètes" dispose aussi clairement ce que j'oserai appeler une dimension "spirituelle". Etant humain moi-même, je suis concerné, et ces trois volumes, d'une "densité" extrêmement rare, sont venus m'apporter beaucoup de choses à un moment un peu étrange de mon existence... "Planètes" va bien au-delà du simple divertissement... le genre de manga qu'il est agréable "d'oublier", pour le redécouvrir, et selon notre contexte, forcement différent, nous prenne autrement. Il y a tant de choses dedans en plus, que certaines qui nous ont échappé ou moins frappé se feront plus fortes. Enfin, et j'arrêterai là mon texte plus que décousu, je soulignerai une dernière dimension de l'humain omniprésente dans la série : l'humour. "Planètes" nous extirpe de "profondes" larmes (j'insiste sur le profondes, on n'est pas ému parce que "c'est triste" ou parce que "c'est booo", juste parce que c'est vrai...) et nous fait souvent rire. A noter que les personnages féminins présents sont d'une consistance qui en ramène beaucoup d'autres à leur statut de potiches... elles sont donc géniales. :) Vous l'aurez compris, ce manga va pour moi au-delà de la grande majorité, parmis mes gros gros coups de coeur.
Naruto
Génialisme!!! C'est un shonen qui suit certaines règles, je veux bien. Mais "Naruto" a réellement quelque chose en plus. L'univers est fantastique, les persos sont nombreux, attachants et charismatiques, les dessins sublimes et appliqués.
Hunter X Hunter
"Hunter X Hunter" est un manga culte dans l'univers du shonen, c'est indéniable. L'univers que Togashi a créé est vraiment fantastique, on est très vite pris dedans, et dans mon cas je peux vous dire que jai vraiment du mal à m'en défaire. Ensuite j'ai pu lire des critiques des tomes 17 ou 18 au niveau de la qualité du dessin, mais ce qui n'a pas été dit, c'est que la qualité du dessin est mauvaise uniquement lorsque le chapitre est prépublié (dans le magazine Jump, en l'occurence). Ils sont ensuite retouchés par l'auteur. Une dernière chose, la comparaison avec DBZ est un peu exagérée, les personnages et la progression sont totalement différents.
Blankets - Manteau de neige
Je vous trouve tous injustes avec ce bijou! Seulement quatre étoiles? Il vaut plus que ça, c'est du très très grand comics! On peut certes avoir un intérêt variable pour la vie de Thompson, mais la manière y est! La forme est magistrale! Quel dommage que le traducteur (ou l'éditeur?) se soit senti obligé de nous traduire le titre "Blankets" par "Manteau de neige"... Pour que nous échappe la cohérence et la subtilité de l'oeuvre? Parce que « Blankets », cela désigne aussi bien la neige que la couverture offerte par Raina et qui donne sa structure narrative à l'oeuvre. Enfin, tout ça ne dira pas grand chose à ceux qui ne l'ont pas encore lu... A ceux-là, je dirais juste : ne vous laissez pas abuser par le fait que cet album soit annoncé comme la chronique d'un premier amour. Ne dire que ça de ce comics est déjà une simplification abusive. La force de l'oeuvre, c'est qu'elle parle de toute une vie, non seulement de cette première histoire d'amour, mais plus généralement du passage de l'adolescence à l'âge adulte, du rapport de l’individu au monde. Formellement, c'est une oeuvre d'une richesse inouïe, sur le plan de l'émotion aussi, même si on est plus dans la retenue et le sentiment doux-amer que dans la pleurnicherie facile. La présence du religieux ne m'a pas du tout gêné. C'est un vecteur comme un autre pour se poser des questions métaphysiques. En plus, cela permet de comprendre l'archaïsme de la pensée chrétienne américaine (leurs cours de catéchismes ressemblent à ceux que suivaient ma grand-mère au début du siècle...). Craig Thompson a dû se libérer de tout ça et c'est tant mieux.